Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Accords de libre-échange : le FN s’en moque

Premier constat : sur les grands sujets que la candidate Marine Le Pen met en avant en France pour dénoncer l’Europe et ses « diktats », comme la directive travailleurs détachés ou les accords de libre-échange type Tafta ou Ceta, les eurodéputés frontistes ne paraissent pas franchement mobilisés. Entre les discours fervents à destination des électeurs français et la réalité des votes au Parlement, c’est parfois le grand écart. Déjà, en avril 2014, lors de la précédente législature, Marine Le Pen avait choisi de s’abstenir, plutôt que de voter contre la directive sur les travailleurs détachés, malgré ses critiques virulentes contre ladite directive en France. En mars 2016, à nouveau, l’eurodéputé LR Jérôme Lavrilleux a publiquement dénoncé l’absence de l’ensemble des frontistes lors d’un débat au Parlement sur les travailleurs détachés.

Même observation en ce qui concerne les accords de libre-échange. Le 28 mai 2015, la commission « Commerce international » – dont Marine Le Pen est membre titulaire – se prononce sur le projet d’accord de libre-échange transatlantique, ce fameux Tafta que la patronne du FN ne cesse de pourfendre dans ces discours. Mais elle n’a pas jugé bon de faire le déplacement. Ni d’ailleurs son suppléant d’alors, Aymeric Chauprade. Bis repetita en janvier 2017, lorsque la commission Commerce international est saisie de l’accord de commerce entre Europe et Canada, le Ceta, qui contient les mêmes dispositions controversées que le Tafta. Marine Le Pen veut bien faire le déplacement pour voter contre le Ceta en plénière devant les caméras, mais quand il s’agit de mener les batailles concrètes en commission, elle a visiblement mieux à faire. Pendant ce temps, organisations non gouvernementales, mouvements sociaux et eurodéputés de gauche et écologistes se mobilisaient.

Lutter contre les délocalisations : Marine Le Pen s’y refuse

Toujours dans le domaine commercial, une importante bataille se livre en mai 2016 au sujet de la Chine. La Commission aussi bien que le Conseil européen envisagent alors d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché. Cela aurait davantage ouvert les portes des marchés européens aux produits chinois, à un moment où de nombreux secteurs industriels souffrent de la concurrence chinoise et de son dumping social. Les eurodéputés votent finalement une résolution appelant la Commission à refuser à la Chine ce statut d’économie de marché. Les parlementaires frontistes se sont abstenus...

C’est encore pire en ce qui concerne les délocalisations industrielles, un autre cheval de bataille du parti d’extrême-droite en France. En octobre dernier, suite à l’annonce de la fermeture d’une usine Caterpillar en Belgique et à la menace de fermeture de l’usine Alstom de Belfort, le Parlement européen adopte une résolution sur la lutte contre la désindustrialisation en Europe. Cette fois, les eurodéputés frontistes votent carrément contre, à l’exception de Florian Philippot.

Le « secret des affaires » protégeant les multinationales : le FN vote pour

L’un des votes qui a le plus été reproché aux eurodéputés frontistes est leur soutien à la directive « secret des affaires », adoptée par le Parlement européen au printemps 2016 malgré une campagne virulente de la société civile, des journalistes et des syndicats (lire notre article). Ce texte comporte des risques graves de régression en matière de droit à l’information et expose tous ceux qui s’intéresseraient de trop près aux activités des entreprises à des poursuites judiciaires. Là encore, les invectives répétées du FN contre les lobbys et le manque de transparence des institutions européennes ne l’empêchent pas de valider un texte en contradiction flagrante avec ces beaux discours. D’autant plus que la directive a été directement inspirée par des cabinets de lobbying au service de grandes multinationales, qui ont travaillé main dans la main avec la Commission, comme l’a montré une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory. C’est peut-être pourquoi Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et lui aussi eurodéputé, a cherché ultérieurement à prétendre, face à des journalistes, que le FN n’avait en fait pas voté pour cette directive…

Pourquoi les députés FN soutiennent-ils une telle mesure favorable aux multinationales, à leurs stratégies de contournement de l’impôt, à leurs pratiques néfastes en matière sociale ou environnementale ? Sans doute parce que le parti d’extrême droite s’accorde avec la vision du monde de certains grands groupes français qui se sentent menacés par la concurrence « étrangère ». Les révélations des Panama Papers, quelques jours auparavant, ont aussi probablement joué un rôle. Des proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon – ancien militant du groupuscule néofasciste violent Gud – et l’expert-comptable Nicolas Crochet, ont ainsi été mis en cause. Ils avaient recouru à des montages financiers « offshore » pour mettre à l’abri dans des paradis fiscaux des fonds provenant de leur société Riwal, principal prestataire du FN pour sa communication. Le but de l’opération était, selon leur propre aveu au Monde, d’« échapper à la pression médiatique ». La directive « secret des affaires » compliquera ce type d’investigations.

Renforcer le pouvoir des salariés : le FN vote contre

Malgré leur rhétorique sur les attaques contre les travailleurs, les eurodéputés frontistes ne sont pas tendres envers les syndicats. Lors du vote de la résolution du Parlement européen sur les affaires Alstom et Caterpillar, ils ont rejeté une série d’amendements visant à renforcer les droits des salariés et de leurs représentants face aux restructurations et aux licenciements boursiers, et à les associer plus étroitement à la définition des stratégies des entreprises.

Lors de l’adoption de la loi travail en France en 2016, alors même que Marine Le Pen dénonçait publiquement le texte, les sénateurs FN David Rachline et Stéphane Ravier ont cherché à y inclure en douce, avant de les retirer, plusieurs amendements visant à réduire les droits syndicaux, notamment dans les petites entreprises, et supprimer certains droits sociaux comme le compte pénibilité. De quoi ravir le patronat.

Droits des femmes et égalité au travail : le FN vote contre

La défense des droits des travailleuses et de l’égalité au travail ne semble pas compatible avec la vision du monde du Front national. Comme le rappellent l’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès dans un petit livre, ou la journaliste Marine Turchi dans un article plus ancien pour Mediapart, les parlementaires FN s’opposent systématiquement aux efforts du Parlement européen dans ce domaine. Ils « ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement européen depuis 2014 visant à renforcer les droits des femmes, écrit Pervenche Bérès. Ils sont opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100 % ; ils sont contre un salaire égal entre les femmes et les hommes à compétences égales. » L’eurodéputé frontiste Dominique Martin a défendu en séance la « liberté des femmes de ne pas travailler » et de « s’occuper de leur foyer », à laquelle il faudrait accorder selon lui une importance au moins égale à celle de l’égalité salariale.

Prévenir les cancers professionnels : le FN vote contre

Le Front national est tout aussi absent sur les questions de santé et de sécurité au travail. Une proposition de directive sur les cancers au travail est actuellement en cours de discussion au Parlement. Les eurodéputés de la commission Emploi ont souhaité renforcer la proposition très faible élaborée par la Commission (lire notre article), en fixant des seuils d’exposition plus stricts et en incluant de nouvelles substances dans la liste des produits potentiellement toxiques. Les deux députés FN qui siègent dans cette commission, Dominique Martin et Joëlle Ménil, sont parmi les rares à s’y être opposés. On verra quelle sera leur attitude lors du vote en plénière.

Lutter contre l’évasion fiscale : le FN vote contre

Une grande partie des votes négatifs des eurodéputés FN contre des mesures visant à défendre les travailleurs et les classes défavorisées semblent motivés par le refus de toute avancée sociale dès lors qu’elle se situe au niveau européen. Ils rendent Bruxelles et l’euro responsables de la détresse sociale que connaissent de nombreux Français, mais contribuent dans le même temps à bloquer toutes les tentatives d’atténuer le carcan néolibéral qui pèse aujourd’hui sur l’Europe.

Quand bien même ils ne cessent de dénoncer l’évasion fiscale des multinationales – du moins quand elles sont états-uniennes –, ils ont refusé de voter en faveur d’une résolution du Parlement, adoptée en décembre 2015, sur la lutte contre l’évasion fiscale en améliorant « la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôts sur les sociétés au sein de l’Union ». Explication de ce refus ? Cela risquait d’encourager une évolution vers une « union fiscale ».

Socle européen des droits sociaux : le FN vote contre

En janvier dernier, ils ont tous voté contre la proposition de créer un « socle européen des droits sociaux ». Ce socle est destiné à compléter l’architecture européenne et à lutter contre le dumping social en formalisant un seuil minimal de droits sociaux en deçà desquels les États membres ne devraient pas descendre. Les parlementaires frontistes considèrent qu’il s’agit d’une atteinte inacceptable à la souveraineté nationale.

De manière similaire, ils ont voté en septembre 2016 contre une résolution du Parlement européen sur la lutte contre le dumping social en Europe, au motif que la seule et unique solution à ce problème était selon eux de supprimer la directive sur les travailleurs détachés [1]. Ils refusent donc de s’associer de quelque manière que ce soit aux efforts mis en œuvre par le Parlement européen pour l’améliorer. Il est vrai que de nombreuses voix à gauche sont sceptiques sur ces efforts, mais c’est surtout en raison de l’opposition des pays d’Europe de l’Est, et non par refus de principe d’une action à l’échelle européenne.

Toujours selon la même logique, les eurodéputés FN « ont voté contre la proposition d’un registre commercial transparent et accessible de toutes les entreprises de l’Union ; contre, encore, la création d’une agence européenne du transport routier, chargée de faire appliquer correctement la législation de l’Union et de promouvoir la coopération entre tous les États membres sur ces questions », rappelle encore Pervenche Bérès. Pour le FN, visiblement, mieux vaut pas de solution qu’un début de solution européenne.

Olivier Petitjean

NOTE : Cet article a été amendé le vendredi 21 avril pour donner les références des absences de Marine Le Pen en commission Commerce international, et préciser qu’elle a bien fait le déplacement pour voter en plénière contre le Ceta.
Vu de l’étranger. Marine Le Pen est loin d’avoir perdu

La candidate du Front national lors de la soirée du 23 avril, après l’annonce de sa qualification au second tour.  REUTERS/Charles Platiau

Si, pour la plupart des journaux étrangers, Emmanuel Macron est déjà considéré comme le prochain chef de l’État français, une partie des médias internationaux s’interroge : le Front national est-il vraiment si loin du pouvoir ?

 LA PRÉSIDENTIELLE 2017 VUE PAR LA PRESSE ÉTRANGÈRETOUS LES ARTICLES SUR NOTRE SITE SPÉCIAL

Dès les premières estimations, dimanche soir, Benoît Hamon et François Fillon n’ont pas tergiversé et ont appelé à voter Emmanuel Macron. Le candidat d’En Marche ! se retrouve largement en tête des intentions de vote au second tour contre Marine Le Pen et une grande partie de la presse étrangère le voit déjà chef de l’État français. Malgré tout, certains doutent, conscients que les sondages se sont trompés lors du Brexit et de l’élection américaine en 2016.

Ainsi, la Neue Zürcher Zeitung, quotidien suisse germanophone, affirme qu’aujourd’hui “on ne peut plus compter sur la formation inconditionnelle d’un ‘Front républicain’ contre l’extrême droite, et une victoire de Le Pen est de l’ordre du possible, dans l’hypothèse où un certain nombre de citoyens déçus décident de voter pour elle et où un certain nombre d’électeurs de gauche s’abstiennent”. Et le journal suisse de donner ses conseils au candidat Macron pour que ce scénario ne se produise pas : “S’il veut obtenir une victoire convaincante, Macron devra affûter son profil. Être modéré, cela ne fait pas tout.”

Attention au ras-le-bol

Les ralliements des partis traditionnels n’ont pas non plus totalement convaincu De Morgen. Pour le journal flamand, l’ancien ministre de l’Économie est le favori uniquement parce qu’il a “la grande qualité de ne pas être Le Pen”.

Que feront les fillonnistes élitistes, profondément de droite et attachés à leur identité ? Quant aux électeurs qui, par ras-le-bol, ont voté pour le candidat de gauche radicale Mélenchon, pourraient-ils être tentés par le ras-le-bol façon Front national ? Qui se déplace pour un candidat de second choix ?”

Ce sentiment de révolte palpable dans la société française inquiète également le site d’information tunisien Kapitalis. Il reste ainsi à Emmanuel Macron à “l’emporter sur la représentante d’une France révoltée, voulant le changement coûte que coûte, quitte à remettre tout en cause, le système d’antan en premier”. Et Kapitalis de prévoir que “les surprises ne sont pas encore finies” dans cette élection aux si nombreux rebondissements.

Une fin de campagne “brutale et éprouvante”

Les deux semaines à venir seront cruciales, estime de son côté le quotidien anglophone de Singapour The Straits Times, qui souligne que rien n’est encore joué dans le duel entre les deux prétendants à l’Élysée. Certes, le résultat du scrutin est rassurant pour “ceux qui craignaient que les politiques extrémistes étaient sur le point de balayer l’Europe”. Pour autant poursuit-il, “la campagne des deux prochaines semaines sera à la fois brutale et éprouvante”.

Madame Le Pen est bien meilleure en campagne que M. Macron”, qui n’a jamais eu de mandat d’élu ou participé à une élection nationale, précise le journal singapourien. “Elle bénéficie d’un atout majeur : ses supporters sont très fidèles et disciplinés et devraient voter dans deux semaines, alors que les électeurs potentiels de Macron sont moins loyaux.”

À LIRE AUSSI Vu d’Espagne. Les Français ont le destin de l’Europe entre leurs mains

Le journal conservateur polonais Rzeczpospolita va même jusqu’à imaginer le scénario du pire pour cet entre-deux-tours, qui pourrait profiter au Front national. “Aujourd’hui, si vous croyez en un Dieu chrétien, priez pour que vos frères musulmans gardent la paix dans les prochaines deux semaines, écrit le quotidien de Varsovie. Ces derniers dans leur propre intérêt, eux aussi, devraient prier dans la même intention. Tout acte de violence, toute fusillade ou attentat peut affaiblir Emmanuel Macron et renforcer l’excellent résultat électoral de Marine Le Pen.”

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