Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale








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Mais ce n’est pas tout, l’État social va aider davantage les familles aisées.

Reprenant des propositions de François Fillon, Marine Le Pen propose, au nom d’une « politique nataliste », de « rehausser progressivement le plafond du quotient familial, de rétablir la demi-part des veuves et veufs et la défiscalisation de la majoration des pensions de retraites pour les parents de famille nombreuses » (proposition 54). Rien n’est prévu pour les familles pauvres qui ont vu leur situation s’aggraver pendant la crise.

Un programme défavorable aux salariés, qui s’attaque violemment aux syndicats

Deux mesures en faveur du patronat s’attaquent aux droits des salariés, au nom de la simplification administrative (propositions 44 et 45). Le Medef et la CGPME en rêvent, le FN le promet ! D’abord, la suppression du compte pénibilité. Le compte personnel de prévention de la pénibilité, pourtant peu ambitieux, peine à s’appliquer dans les entreprises13. Il mobilise un tableau détaillé de critères objectivables de pénibilité et prévoit des mesures de prévention et d’aménagement de l’emploi. Il ouvre droit à des formations de reconversion, à un passage à temps partiel sans perte de salaire, ou encore à une retraite anticipée.

Le FN voudrait le remplacer par une « évaluation personnalisée » du médecin du travail. Or ce dernier, souvent salarié de (et donc subordonné à) l’employeur, ne peut que rarement observer les effets de la pénibilité, les pathologies survenant tard, souvent juste après la retraite.

Le FN prévoit aussi que le compte pénibilité n’ouvre droit qu’à une « majoration des annuités de retraite », empêchant ainsi toute politique de prévention et d’aménagement des postes : pour le FN, s’ils finissent par être en incapacité de travailler, les salariés usés n’auront qu’à partir plus tôt ! Ensuite, toujours au nom de la simplification administrative, c’est l’affaiblissement des institutions représentatives du personnel qui est programmé, comme dans le projet de François Fillon, obéissant lui aussi aux demandes du patronat.

Dans les entreprises de 50 à 300 salariés, ces instances seraient fusionnées « (hors représentation syndicale) en une structure unique conservant les mêmes compétences ». La simplification a bon dos. Les syndicats sont clairement dans la ligne de mire du FN, qui voudrait faire renaître les syndicats maison et mettre les autres au pas.

Au nom d’une prétendue « véritable liberté syndicale », la proposition 10 veut supprimer le « monopole de 13 Voir B. Bissuel (2017) « Compte prévention de la pénibilité : le patronat traîne des pieds », 3 janvier 2017. 9 représentativité ». Or ce monopole n’existe plus puisque la représentativité est aujourd’hui mesurée par les résultats des syndicats aux élections professionnelles. Il s’agit en réalité d’émietter la représentation des salariés dans les entreprises, et de renforcer le pouvoir patronal.

Ce serait le retour des syndicats maison contrôlés par les employeurs. Ces syndicats qui se prétendaient « libres », comme la Confédération française du travail (CFT) puis la Confédération des syndicats libres (CSL), étaient en réalité des syndicats corporatistes, « dirigés par des hommes liés aux partis de droite et d’extrême droite, auxquels il fournissait des colleurs d’affiche, voire, parfois, des candidats aux élections locales » 14. Loin de défendre les intérêts des salariés, ils étaient aux ordres des patrons. Prétendant à l’exclusivité et opposants déclarés à la CGT, ils n’hésitaient pas à entrer dans des confrontations violentes lors de grèves.

Le programme du FN propose enfin d’étendre le contrôle de l’État sur les syndicats : sous couvert de « moraliser la vie syndicale », il s’agit de mettre en place « un contrôle public du financement des syndicats ». Ces méthodes sont éprouvées en dictature : les syndicats qui ont pris position contre le FN, et les salariés dans leur ensemble, auraient du souci à se faire si elles étaient appliquées. Dans l’ensemble, la liberté des citoyens, ne sortirait vraisemblablement pas grandie si le programme du FN se mettait en place.

La liberté d’expression pourrait par exemple souffrir de la simplification des « procédures visant à faire reconnaître la diffamation ou l’injure » (proposition 7). Un programme xénophobe, entretenant l’amalgame

Le programme du FN est un programme xénophobe.

Il est fait pour diviser. Au nom de la situation de l’emploi en France, tout est envisagé pour empêcher les étrangers de s’y installer ou de s’y maintenir. Il s’agit de « rétablir les frontières nationales et de sortir de l’espace Schengen » (proposition 24), en laissant tout de même passer les travailleurs frontaliers (le projet évoque sans autre précisions un mystérieux « dispositif particulier pour les travailleurs frontaliers »). Il s’agit surtout de limiter drastiquement l’immigration légale (propositions 25 à 27), pour la ramener « à un solde annuel de 10 000 », contre 67 000 en 2015 selon l’Insee, un niveau déjà historiquement bas. Cela passe par des mesures faisant reculer les droits des étrangers : empêcher le regroupement familial et l’acquisition de nationalité française par mariage (qualifiée d’« automatique » alors qu’elle ne l’est pas), mais aussi revenir au droit du sang (acquisition de nationalité française « uniquement par la filiation » ou par naturalisation). Les étrangers ne pourraient acquérir la nationalité française que par une naturalisation à des conditions « plus exigeantes »

De même, sous couvert de « revenir à l’esprit initial du droit d’asile » (proposition 28), le programme du FN le fait pratiquement disparaître. Il exige qu’il ne soit accordé « qu’à la suite de demandes déposées dans les ambassades et consulats français dans les pays d’origine ou les pays limitrophes », alors que les personnes menacées dans leur pays ne peuvent pas toujours se rendre sans risque dans une ambassade ou un consulat. Si l’on ajoute le projet de « rendre impossible la régularisation ou la naturalisation des étrangers en situation illégale » (proposition 25), les réfugiés sans accès aux voies de migration légales ne pourront plus demander l’asile en France.

Enfin, ce programme de division dresse des frontières entre les un.es (les Français.es) et les autres (désignés par les termes d’« immigration incontrôlée », d’« étrangers en situation illégale », etc.). Il mobilise des stéréotypes qui entretiennent l’amalgame entre « terrorisme », « fondamentalismes islamistes » et « étrangers ». Ces stéréotypes sont de nature à renforcer les discriminations, notamment dans le domaine de l’emploi. 2.

Le modèle productif : un mix de protectionnisme et d’intervention publique, aux antipodes de l’écologie

Le FN mise sur la magie du « patriotisme économique », pour instaurer une « France prospère ». Son modèle productif combine un souverainisme et un protectionnisme « patriote » au service du patronat, à une politique de réindustrialisation de l’économie, notamment dans le domaine militaire… et à une « vraie fausse » transition écologique. Un souverainisme magique Quel est pour le FN le contenu de la « souveraineté nationale », première proposition du programme ? Elle consiste, sous couvert de négociation et de référendum, à provoquer le démantèlement de l'Union européenne.

Il ne s’agit pas de reconstruire des coopérations renouvelées (économiques, sociales, écologiques ou scientifiques) avec des partenaires européens comme dans le programme la France insoumise défendu par Jean-Luc Mélenchon15. Il s’agit de défaire l’Union européenne en faisant triompher l’Europe des frontières et des nationalismes. C’est le rêve de Poutine.

Le programme envisage de négocier un projet européen qui assure « l’indépendance de la France (…) et qui serve l’intérêt des peuples »… Cela réduirait l’Union européenne à un partenariat commercial qui n’a pratiquement aucune chance d’être validé par les représentants des 28 États membres. C’est donc à « un référendum sur notre appartenance à l’Union européenne » qu’il faudrait s’attendre

. Et le programme 15 du FN repose entièrement sur l’hypothèse d’un vote pour une sortie de l’Union européenne et de l’euro. C’est un programme de Frexit qui n’explique nullement comment cette sortie s’organiserait. À l’arrivée, comme par magie, la France serait souveraine et prospère, ronronnant sous la perfusion du « financement direct du Trésor par la Banque de France » (proposition 43). On peut bien sûr souhaiter que la France s’émancipe du carcan économique de l’Europe actuelle, qui empêche de mener des politiques macroéconomiques de relance (ou même d’orientation) de l’activité.

a sortie de l’Union européenne et/ou la sortie de l’euro peuvent faire partie des moyens de cette émancipation. Mais pour une économie ouverte comme celle de la France, il serait irresponsable de ne pas organiser la transition, de ne pas anticiper ses possibles effets négatifs et chercher à les contenir en préparant de nouvelles coopérations. Or le projet du FN ne prévoit rien de tel. Sous couvert de négociation et de vote, il ne cherche pas à reconstruire des coopérations sur de nouvelles bases. Il entend juste démanteler l’Union européenne, sans anticiper les crises (politique, bancaire, économique et sociale) qui pourraient survenir.

Un protectionnisme « patriote »

Sous la bannière du « patriotisme économique » (propositions 35 à 39), le protectionnisme du programme du FN s’articule à son souverainisme. Il n’a rien de social. Le programme de Jean-Luc Mélenchon veut instaurer un « protectionnisme solidaire », favorable aux salariés du monde entier, par exemple en intégrant « le respect des règles fondamentales de l’Organisation internationale du travail dans les accords commerciaux » 16. Celui de Marine Le Pen recherche la compétitivité des entreprises.

Le FN imagine que son protectionnisme, qu’il qualifie on ne sait trop pourquoi d’« intelligent », couplé au « rétablissement d’une monnaie nationale », va booster la compétitivité des entreprises. Certaines propositions sont pourtant anecdotiques ou déjà en vigueur, comme l’étiquetage obligatoire de l’origine des produits. D’autres le sont moins, comme la suppression des « contraintes européennes », l’obligation de réserver « la commande publique aux entreprises françaises » et « aux PME » (sauf écart de prix déraisonnable), ou encore la protection des secteurs « stratégiques et porteurs par un contrôle des investissements étrangers qui portent atteinte aux intérêts nationaux ».

Ces mesures peuvent avoir un intérêt s’il s’agit de protéger les consommateurs ou certains secteurs, ou encore de mieux orienter l’activité. Mais elles peuvent conduire les partenaires commerciaux à adopter des mesures de rétorsion susceptibles de peser très lourd pour un pays comme la France, qui exporte 30 % de son PIB. Cette possibilité n’est pas envisagée dans le programme. La seule amélioration du pouvoir d’achat présentée dans le détail s’appuie sur un curieux transfert : une « contribution sociale » de 3 % sur les importations financerait une « prime de pouvoir d’achat (PPA) à destination des bas revenus et des petites retraites » (proposition 58).

Réindustrialisation, notamment dans le domaine militaire

Côté politique industrielle, c’est un « plan de réindustrialisation » rapprochant « l’industrie et l’État stratège » qui est mis en avant et présenté comme une victoire de « l’économie réelle » sur la « finance spéculative » (proposition 34). Mais la manière dont ce partenariat public-privé échapperait à la finance n’est pas précisée. La réindustrialisation entend s’appuyer sur la promotion des « secteurs stratégiques de la recherche et de l’innovation » en augmentant « de 30 % le budget public de la recherche »… et en offrant de nouvelles déductions fiscales aux donateurs privés17 (proposition 41). Elle prévoit, en lien avec la politique consistant à réaffirmer « l’unité » de la Métropole avec l’Outre-mer, un « vaste plan stratégique d’investissement » autour de la mer, porté par « un grand ministère de l’Outre-mer et de la mer » (proposition 42). Mais le programme du FN insiste surtout sur la sécurité et le développement de l’industrie militaire.

L’investissement sécuritaire du FN, à défaut d’être chiffré, promet d’être de grande ampleur, et peu soucieux de l’État de droit. Il s’agit notamment de « réarmer massivement les forces de l’ordre », en les dotant non seulement de moyens humains et matériels, mais aussi d’une immunité face à la justice, « par la présomption de légitime défense » (proposition 12). Le programme militaire (propositions 118 à 122) est en lien avec les options politiques du FN : « quitter le commandement militaire intégré de l’Otan », assurer à la France « une capacité de défense autonome dans tous les domaines », et « rendre à la France son rôle de puissance de stabilité et d’équilibre ».

Cela passe par le déploiement d’une « offre industrielle française », décrite dans le plus grand détail : le budget de la défense, qui s’élève aujourd’hui à plus de 32 milliards d’euros (ce qui représente 1,77 % PIB), serait porté à 2 % du PIB dès la première année18, puis à 3 % à la fin du quinquennat, avec non seulement un développement des armements mais aussi une hausse des effectifs et le « rétablissement progressif d’un service militaire ». La vraie fausse transition écologique du FN En matière agricole, le programme du FN est un mix d’isolationnisme économique et de mesures habituellement plutôt soutenues par les écologistes et la gauche.

Notons 17 Ces déductions fiscales existent déjà dans le cadre de fondations : elles permettent notamment d’obtenir 75 % de déduction fiscale sur l’ISF. 18 Notons que dans le cadre de l’Otan, la France s’est jusqu’ici engagée à porter son effort militaire à 2 % du PIB d’ici 2025. 13 que la sortie de l’Union européenne soulève le problème de la sortie de la Politique agricole commune, dont la France est le premier bénéficiaire en Europe, à hauteur de 9 milliards d’euros. Le FN entend la remplacer par une énigmatique « Politique agricole française » qui garantirait des subventions « avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales ». Mais le texte ne dit pas si la politique agricole française romprait avec la logique productiviste de la Pac. Le financement de cette politique de soutien aux agriculteurs français, expression de l’application du « patriotisme économique aux produits agricoles français », n’est pas précisé.

Parmi les mesures qui sont plutôt défendues à gauche, on trouve le refus « des traités de libre-échange » comme le Traité de libre-échange transatlantique (Tafta), le soutien aux producteurs « par la commande publique », et le développement des circuits courts (propositions 125 à 130). L’inspiration écologique n’est qu’apparente, et s’arrête là où elle pourrait gêner les intérêts du patronat. À y regarder d’un peu plus près, les propositions (131 à 137) concernant l’environnement et la « transition énergétique » sont tout sauf écologistes.

La transition énergétique dont il est question n’en est d’ailleurs pas une.

Certes, le programme envisage de promouvoir la production et la consommation de proximité, une politique d’« isolation de l’habitat » et le développement des « filières françaises des énergies renouvelables (solaire, biogaz, bois…) ». Mais il prévoit aussi (sans autre explication) « un moratoire immédiat sur l’éolien ». Surtout, il n’est pas question de réduire la part du nucléaire, bien au contraire puisque le projet prévoit de « maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française », et va jusqu’à « refuser la fermeture de la centrale de Fessenheim ». Enfin, s’il envisage, au nom du principe de précaution, d’interdire l’exploitation des gaz de schiste, il prévoit de « soutenir une filière française de l’hydrogène » qu’il qualifie d’« énergie propre » ; or tout dépend de la manière dont cet hydrogène est produit – aujourd’hui, il provient pour l’essentiel des énergies fossiles, polluantes.
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