Atelier d’écriture débouchant sur la réalisation en binôme d’une nouvelle fantastique








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Choisir Un debut


Intro :

Commencer !!!! L’horreur, souvent, pour l’écrivain (au sens de celui qui écrit !!! Donc vous aussi !)… Par quoi commencer ? Comment commencer ? Que dévoiler, et donc que garder pour la suite ?

Face à l’angoisse de la feuille blanche, voila quelques exemples, pour vous montrer que toutes les options sont possibles, en terme d’entrée en matière… On peut même commencer par la fin !!!

Alors inspirez-vous de vos lectures, des films que vous connaissez - pas forcément fantastiques, d’ailleurs !- car quel que soit le genre, l’Incipit (comme l’on se plait à appeler les premières lignes d’un récit écrit) a toujours le même – difficile ! – objectif : accrocher le lecteur et le plonger dans la suite !!!

Entre autres possibilités, vous pouvez…

Commencer le récit de manière indirecte, en ayant recours à des extraits de documents écrits (presse, journal intime, correspondance…) : Le recours à la chose écrite plonge le lecteur dans un sentiment de réel (les écrits sont concrets !!!). Ne dit-on pas « les écrits restent »


L’ Incipit de Dracula de Bram Stoker débute par un extrait de journal (note de bas de page précise que les mots sont extraits du journal de Johnathan Harker). Le livre dans son ensemble est d’ailleurs constitué d’un entremêlement de journaux (de voyage, presse) et d’échanges épistolaires entre les différents protagonistes… Pur lire la suite : http://www.ebooksgratuits.com/pdf/stoker_dracula.pdf

Les premières pages de la BD La Fièvre d’Urbicande, de la série Les cités Obscures de Schuiten et Peters… ne sont pas une BD… mais bien une lettre écrite par l’architecte Eugen Robik à l’attention des Hautes Instances de la ville pour défendre son projet de réalisation d’un ultime pont pour relier la rive droite à la rive gauche de la ville (ou inversement, je ne sais plus !:¤)

La Première séquence du film Sleepy Hollow de Tim Burton reprend ce procédé : Le film commence avec un gros plan sur le testament qui sera à l’origine d’une série de meurtres…

Incipit d’Escamotage, de Richard Matheson, joue sur tous les niveaux… L’auteur s’amuse ici à mélanger les genres : il commence d’abord par indiquer la source (le cahier d’écolier), puis à l’intérieur d’un cadre quotidien, adopte un ton dramatique (« ce serait la fin ») : la tension monte alors d’un cran… Mais elle retombe bien vite - un paragraphe plus tard -, avec une clarification qui déçoit les attentes du lecteur persuadé d’avoir affaire à du sensationnel : Une dispute conjugale au sujet de l’argent… Quoi de plus banal, en sorte…

Débuter plongé en plein dans la banalité du quotidien : Là encore, c’est une manière d’immerger le lecteur dans une réalité très « commune », et donc d’accentuer la sensation d’étrangeté lors de l’apparition du fait inhabituel par un effet de contraste… C’est là la définition du fantastique selon Caillois : « une irruption insolite, presque insupportable dans le monde réel »

L’Incipit The Ring, de Koji Suzuki nous plonge dans le fantastique moderne… Le choix de la grande ville, de ses immeubles est lui-même porteur de sens, puisqu’il oriente le lecteur vers le sentiment d’indifférence suscité par les grands ensembles…

L’Incipit de Le jeu de bouton, de Richard Matheson place lui aussi le lecteur dans le triste train-train (remarquez l’allitération !;¤) de notre quotidien (journée boulot, fatigue du soir, préparation du repas, habitudes…)

Débuter par l’élément perturbateur : cela a comme effet de casser la chronologie : le narrateur opère alors un retour sur le passé (Flashback) pour raconter les événements précédant la rupture de la situation initiale...

Dès l’Incipit de La métamorphose de Kafka, le narrateur se réveille et découvre - avec nous - ce qui va faire basculer sa vie… Lire la suite sur :http://www.ebooksgratuits.com/pdf/kafka_la_metamorphose.pdf


Débuter par la fin du récit, ce qui, bien sûr introduit de fait la notion de narrateur omniscient : en effet, parvenu après le dénouement de l’intrigue, le narrateur dispose de tout le recul nécessaire à l’analyse de la situation

Dans l’Incipit de Le chat noir, d’Edgar Alan Poe, le narrateur s’adresse directement à son lecteur, le prévenant qu’il devine d’ores et déjà ses pensées, et que de toutes façons, il n’attend rien de lui… cela fait un peu penser à une sorte de confession, comme pour libérer sa conscience (je n’attends, ni ne sollicite la créance… Demain je meurs… et aujourd’hui je voudrais juste décharger mon âme…)… Le narrateur se trouve donc bien placé après un acte – lequel nous est présenté comme à priori condamnable… Lire la suite sur : http://www.ebooksgratuits.com/pdf/poe_nouvelles_histoires_extraordinaires.pdf


Débuter en annonçant une catastrophe à venir :

Cela peut se faire de manière explicite : C’est le cas de Poe, dans le Chat noir… Le narrateur nous annonce dès le départ une « très étrange et pourtant très familière histoire que je vais coucher par écrit »

Mais le sinistre peut également nous être suggéré par la forme elle-même… Au cinéma, c’est forcément plus « visible » : La première séquence de Shining de Kubrick est un long plan vertical, en plongée totale, et qui suit la voiture tout au long de son cheminement vers l’hôtel Overlook. C’est là un plan que l’on retrouvera par la suite, lorsque Jack Torrence se penche sur la maquette du labyrinthe, lui-même annonciateur du drame à venir dans le labyrinthe végétal à la fin du film…

Autre exemple cinématographique, absolument pas dans le registre fantastique, mais qui néanmoins peut se révéler intéressant quand aux moyens de suggérer un événement à venir : Les premières images du film Elephant, de Gus Van Sant, montrent un ciel qui au fil du temps, se charge, et la nuit qui envahit l’écran… une image très évocatrice de la dégradation de la situation à venir…une préfiguration de l’imminence du chaos…


Incipit Le chat noir de Poe

Dans la première séquence de Shining de Kubrick

La première séquence de Elephant de Van Sant


Choisir une fin


Intro

Comment terminer sa nouvelle…

Tout d’abord, soyons bien clair… les apparences sont trompeuses (et vous le savez bien, vous adeptes – et désormais artisans! – du fantastique !). La fin d’un récit se décide dès le début !!!! Ce n’est que lorsque vous aurez trouvé un dénouement que vous pourrez imaginer le chemin vous menant du point de départ au point d’arrivée… Application directe de ce principe : Sur ce site, la partie « Choisir une fin » apparaît bien avant « construire son récit » !

Comme pour toute œuvre narrative, la fin porte une lourde responsabilité : ne pas laisser le lecteur indifférent… Elle peut émouvoir, choquer, surprendre, terroriser, amuser, mais en aucun cas ennuyer… C’est sur ces quelques phrases que vous allez quitter votre lecteur, alors soignez-les particulièrement !

Concernant les nouvelles, on les associe souvent à la chute (fin inattendue)… Mais d’autres dénouements sont possibles !!! Votre fin peut-être malheureuse (mort, folie…) ou heureuse (le héros s’en sort indemne), mais dans ce cas, les forces surnaturelles peuvent réapparaître à tout moment (on retrouve un état d’équilibre … mais instable…). Il arrive aussi que le héros ou le narrateur doute : Etait-ce une illusion, un mauvais rêve ou bien réellement des forces irrationnelles ? Ce doute est souvent renforcé par la présence d’une marque (objet, blessures) qui tendent à prouver que l’aventure a bien eu lieu… Mais surtout, gardez-vous bien de donner une explication définitive des événements, au risque de vous mettre Tzvetan Todorov (et vos profs aussi !) à dos…


Laisser planer le doute sur la part irrationnelle du phénomène… Etait-ce un mauvais rêve, une illusion, ou bien réellement une manifestation surnaturelle ? Bien souvent, le récit ne fournit pas de réponse finale… Et c’est là l’essence même du fantastique selon Todorov : « Le fantastique, c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. »


La couleur tombée du ciel, de HP Lovecraft, évoque un étrange phénomène survenu dans une vallée près de la ville imaginaire d’Arkham. Venu pour étudier la réalisation d’un barrage en amont de ladite vallée, le narrateur – ingénieur – est confronté à des rumeurs concernant une malédiction affectant les lieux… Guidé par l’un des rescapés du sinistre, il va devoir affronter les évidences… Et lors de son départ, son esprit cartésien semble avoir accepté une certaine part d’ombre…

Terminer sur un événement fantastique annoncé… Visant le même effet que l’exemple précèdent, c’est là une manière de laisser le lecteur seul « juge » des faits… et donc d’hésiter entre explication rationnelle et interprétation surnaturelle…

On retrouve ce procédé dans la nouvelle Le serpent du rêve de Robert E. Howard (père de Conan le Barbare) dans laquelle le narrateur relate une curieuse expérience : Un homme, en proie depuis sa tendre enfance au même rêve obsédant, voit chaque jour la menace de ce rêve se faire de plus en plus précise (Un serpent gigantesque le poursuit dans la savane…). La nouvelle se termine par une mort violente très ambiguë…

Le serpent du rêve de Robert E. Howard p377

Réactiver la piste du fantastique, à l’aide d’un objet… L’objet, c’est le concret, la preuve de ce qui s’est passé !!! Ainsi, souvent, à l’issue de la manifestation surnaturelle, l’auteur décide de laisser une marque (objet, blessure…) qui prouve que l’aventure n’a été ni rêve ni illusion…

Dans la nouvelle Le K, de Dino Buzzati, un jeune marin, poursuivi toute sa vie durant par une forme noire inquiétante dans le sillon de son bateau, se décide à en finir avec « son » monstre… Lors de l’affrontement final, le K – c’est le monstre – remet au jeune héros une perle de mer, symbole de prospérité, en gage de sa bienveillance… La nouvelle s’achève dans la confusion, avec la mort inexpliquée du marin… et entre les doigts de son squelette… un petit galet arrondi… lire la nouvelle dans son intégralité sur : http://lewebpedagogique.com/isiblog/le-k-une-nouvelle-de-dino-buzzati/


Laisser le lecteur sur le qui vive… Véritable fin ouverte, ce choix permet à la fois de rassurer le lecteur sur le court terme, mais de l’inquiéter sur le moyen-long terme…Dans la nouvelle de Lovecraft « Celui qui chuchotait dans les ténèbres », illustrée chez Rackham par Alberto Breccia, le héros venu pour rencontrer un homme persuadé d’être menacé par des êtres venus des étoiles parvient in extremis à échapper à ces créatures… Certes, le héros sauve sa peau, mais les dernières phrases n’ont pourtant rien de la happy end…Le danger est toujours là !


Dernière planche de Lovecraft « Celui qui murmurait… »

Terminer par un retour à l’état initial (Structure narrative en boucle…)… où bien montrer que l’histoire est un éternel recommencement

Dans un album du duo Fred Bernard et François Roca - l’Homme bonsaï -, un arbre gigantesque enraciné sur un bateau pirate dérive sur l’océan… Descendus sur ce vaisseau-fantôme, le capitaine O’Murphy et deux de ses hommes sont alors interpellés par l’arbre, qui se révèle être un homme végétal… Après leur avoir raconté son histoire, la créature demande la mort, non sans avoir au préalable, discrètement assuré sa descendance…en faisant tomber une graine en germe sur la tête se ses auditeurs… L’histoire peut se répéter…

L’homme bonsaï, de Fred Bernard et François Roca
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