Livre de bord








télécharger 63.67 Kb.
titreLivre de bord
date de publication20.03.2018
taille63.67 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos

LIVRE DE BORD




13. TUNISIE

Semaine du jeudi 7 au mercredi 13 février 2002 (en Tunisie, première semaine)

Jeudi 7 février 2002, 19 heures, aéroport de Marseille-Provence. Je repars pour un nouveau voyage, trois semaines en Tunisie, grand tour prévu en voiture, tout seul… Je m'étais déjà rendu dans ce pays une dizaine de jours exactement 8 ans auparavant, en février 1994. Dieu que j'avais eu froid par moment!

87 kilos, je tiens la forme, mais continue mon régime... Rien à voir avec le voyage, me direz-vous. Mais si! Car ce n'est pas toujours facile de résister aux odeurs et aux mets délicieux de certains pays...
BREVE INTRO SUR LA TUNISIE:

163610 km², un peu plus du tiers de la France, et 10 millions d'habitants, dont 98% d'Arabes (de religion musulmane).

600 kilomètres de plages, faible relief (point culminant à 1554 mètres) et sud désertique.

Sites historiques importants et histoire touffue: les Phéniciens, les Romains, les Vandales puis les Arabes (dès l'an 646) sont passés par là. Puis ce fut la colonisation italienne et surtout française, et enfin l'indépendance en 1956.

Ce pays libéral (sur le plan économique) voit sa croissance évoluer de presque 5% par an: développement de l'industrie, de l'agriculture et du tourisme (7% du PIB, plus de 5 millions de touristes chaque année, surtout des Allemands, Anglais et Français).

Pour en savoir plus, je conseille deux sites: www.tunisie.com et www.tunisie.online.fr .

Je n'en dirai pas plus. Partons à sa découverte…

20H55, même horaire qu'en France l'hiver: j'atterris sur l'île de Djerba, Djerba la douce…

Il fait bien plus froid qu'à Marseille...

Taxi jusqu'à Houmt-Souk, ville principale de Djerba, petit hôtel charmant dans un ancien fondouk (caravanserail) habilement restauré.

Je suis réveillé ce vendredi dès 5H15 par le muezzin: c'est l'appel à la prière. J'ai mal dormi: malgré mes boules Quiès, j'ai toute la nuit entendu des portes claquer sous l'effet d'un vent violent. Et quel froid! Ce n'est pas chauffé et il y a un sacré courant d'air! Ca commence bien...

Je me rends au bureau d'Europcar dès 8H30, ma voiture devant m'être remise à 9 heures. Là, on me l'annonce pour 10 heures, car ils sont en train de la réviser et de la nettoyer. Du coup, je vais chez le coiffeur. A 10 heures, la voiture est là: une Fiat Uno d'une saleté extraordinaire, du jamais vu. Je la refuse et le commis me dit d'attendre 5 minutes, le temps de la nettoyer; il revient à 11H30, avec une voiture toujours poussiéreuse, mais nettement plus propre quand même, m'expliquant qu'il a dû changer le moteur de l'essuie-glace. Bon, moi j'ai perdu ma matinée, et du coup je me vois offrir une demi-journée supplémentaire de location. Ceci dit, si je n'avais pas loué chez Nouvelles-Frontières mais directement à l'aéroport de Djerba, j'aurais payé presque deux fois moins cher (la concurrence!) et aurais eu ma voiture de suite, et sans doute avec un poste de radio (ma voiture n'est pas équipée, c'est trop cher!). A savoir... De plus, je m'apercevrai trop tard que le klaxon ne fonctionne pas et que je perds mon silencieux, qui ne l'est plus... Ca commence bien...

Midi: marché hebdomadaire de Midoun, bof! Et puis, malgré le vent violent, la pluie commence à tomber. Ca commence bien...

Je rejoins l'embarcadère pour le continent, déjeune bien dans un petit restaurant pour pas cher (environ 4 euros le poulet/frites/salades et pain délicieux), puis attends le bac pour traverser. Une bonne cinquantaine de voitures devant moi, le bac est arrêté à cause du vent, je me gèle et lis, beaucoup de mes prédécesseurs font demi-tour pour prendre le pont du sud de l'île, détour de 100 kilomètres. Moi j'attends, me retrouve en quatrième position et embarque sur le premier bac qui repart après 4 heures d'attente, vers 17 heures. 20 minutes de traversée; il me reste 86 kilomètres à parcourir, vers le nord, pour Gabès, alors que je devais dormir à Sfax, 135 kilomètres plus loin. Ca commence bien...

La nuit tombe vers 18 heures, je ne suis pas arrivé. Je n'aime pas rouler la nuit mais, en plus, ici, les gens sont imprudents, surtout les taxis et les vélos sans éclairage. Nuit noire. Et mes phares sont très mal réglés: le gauche éclaire à 3 mètres devant moi, le droit cherche la lune! Ca commence bien...

Gadès, 100000 habitants, petit hôtel sympa, à 8 euros, conseillé par mon Guide du Routard (en couleur le guide cette année, s'il vous plaît!). Enfin! Quelle journée! 135 kilomètres au compteur. Allez, promis, je ne rouspèterai plus désormais...
Samedi, je me lève plus reposé. Pas de chauffage non plus, c'est une denrée rare en Tunisie (non, je ne rouspète pas, je constate...).

115 kilomètres de bonne route jusqu'à Sfax, seconde ville du pays, 400000 habitants. Partie de la matinée dans la médina, très belle, entourée de remparts de 2 kilomètres de long et datant du neuvième siècle. Souks animés et promenade plaisante; excellent musée et belles mosquées.

Le soleil est au rendez-vous par intermittence, le temps se réchauffe un peu. Déjeuner au bord de la route de mouton braisé, pain et salade. Arrêt à El Jem où domine un amphithéâtre colossal, le troisième en dimension du monde romain, construit à la fin du second siècle: 430 mètres de circonférence, contenance de 30000 spectateurs, bien plus grand que ceux de Nîmes ou Arles. Il est fort bien conservé, imposant, une merveille d'une beauté stupéfiante...

Plus tard, Mahdia, charmant village blanc aux ruelles étroites, sur la côte méditerranéenne. Belle mosquée et cimetière marin (musulman) qui s'étend sur plusieurs centaines de mètres, lumineux avec ses milliers de petites tombes blanches tournées vers La Mecque (l'Arabie c'est où, dîtes? Par là, mec... Ah ah ah!).

Juste avant la nuit, je rejoins Monastir, ville balnéaire "allemande". Même la fiche que je remplis à l'hôtel est en schleu. Chambre sur la plage, bien et... chauffée! Enfin! A priori, je suis le seul client de l'hôtel…

325 kilomètres parcourus aujourd'hui, mais je n'ai pas rattrapé mon retard...

Dimanche. Nuit excellente, bercée par les vagues, je me serais cru à Niolon! Lever de soleil splendide, d'un rouge vif, genre Marrakech. Ciel limpide. Balade très fraîche, au petit matin, seul dans les rues: Ribat (forteresse), magnifique et immense mausolée de Bourguiba (l'ancien président), cimetière marin, belles mosquées, mais médina quelconque. Ce qui me surprend ici, c'est la propreté qui règne, les grands espaces bien entretenus, typiquement allemand tout ça, et pour cause...

Au fait, en Tunisie, contrairement à la plupart des pays musulmans, le week-end est le samedi/dimanche et non le vendredi/samedi. Surprenant.

Route vers Sousse, la troisième ville du pays, 200000 habitants. La médina est entourée d'imposants remparts du neuvième siècle. L'intérieur est vraiment authentique, agréable: petites ruelles où l'on se perd facilement, hommes attablés au café, buvant leur thé à la menthe ou fumant la chicha, femmes, certaines à demi-voilées, aux vêtements superbes, faisant leurs provisions, et puis les odeurs... Ah, les odeurs: senteurs d'épices, de pâtisseries arabes, de parfums locaux, de viande qui grille... Et puis les souks: ceux des bijoux, des épices, du cuir, des poteries, du cuivre, de la vannerie, des tapis... L'artisanat est riche en Tunisie et, de plus, les objets créés sont souvent très beaux.

Les touristes arrivent vers 11 heures. Toujours dans la médina, je visite Dar Essid, une superbe maison-musée du quinzième siècle, aux riches décorations, d'où j'ai une vue superbe sur la médina et la ville moderne.

Route. Se succèdent stations balnéaires, hôtels de luxe et plages, sans grand intérêt (surtout en ce moment). Le temps s'est bien radouci aujourd'hui, je quitte même mon pull un moment...

Joli village de pêcheurs, Hergla. Eaux limpides et bleus de différents tons.

Je quitte le bord de mer: oliviers, cactus, bergers, moutons à grosse queue (qui retient la graisse, ce qui lui permet de résister à la sécheresse, comme le dromadaire), femmes aux habits hauts en couleurs, zones désertiques par endroit... J'arrive à Enfida trop tard, vers 13 heures: le marché hebdomadaire se termine déjà. Mais ce que j'en vois et déjà très intéressant: gens de différentes ethnies, étalages de toutes sortes... Marché aux moutons, c'est bientôt l'Aïd el Adha (fête du mouton, le 22 février). Poussière et rafales de vent, il fait chaud. Je suis maintenant à 100 kilomètres au sud de Tunis, la capitale (pour les ignares...).

Route de montagne sauvage et authentique (c'est à dire à 10000 lieues des plages touristiques), oliviers toujours, et bergers, moutons, tiens, des chèvres aussi... Village perché de Takrouna, d'où la vue est vraiment panoramique; mais pas de photo possible, le vent et la poussière n'embellissant pas le paysage.

Plus loin, Zaghouan, gros village agricole. Jeradou, autre village perché. Et, de retour sur la côte, Nabeul, ville très touristique où je passerai la nuit, après 230 kilomètres de route aujourd'hui.

Délicieuse journée, vraiment...

Lundi, beau temps, bien dormi (mais chauffage défaillant). De mon balcon, belle vue sur Nabeul, ville blanche aux immeubles bas, et sur la mer. Deux heures d'Internet... Puis, à 11 heures, je repars vers Hammamet, à 20 kilomètres au sud, visiter la petite médina. Trop touristique à mon goût, harcèlement des vendeurs: "Pour le plaisir des yeux...", disent-ils. Refrain connu.

Déjeuner copieux pour 2 euros à Beni Khiar, après Nabeul. Je roule ensuite jusqu'au nord de la péninsule du Cap Bon. Korba et ses flamants roses. Paysages agricoles, bien verts. Oliviers, toujours. A Kelibia, une forteresse byzantine du sixième siècle, haut perchée, imposante, belle, domine la vallée.

Kerkouane: quelques vestiges de la seule ville punique découverte jusqu'à présent, cinquième siècle avant Jésus-Christ. Pas trop d'intérêt; pour amateur de vieilles pierres seulement.

Fin d'après-midi: visite des grottes puniques d'El Haouaria, où je décide de dormir (pas dans les grottes, dans un hôtel, évidemment). En fait, il s'agit de carrières où les Romains ont puisé entre le huitième et le premier siècle avant JC pour construire Carthage, notamment. Très joli cadre, mais vent frisquet.

A l'hôtel, je constate (et on me confirme) que beaucoup de Tunisiens musulmans boivent de l'alcool (mais pas le vendredi). La Tunisie est d'ailleurs un grand producteur de vin. Le patron m'offre un brick à l'oeuf et au thon. Je me régale et pense à mes amis Vito et Olga qui ne manquent pas de m'en préparer lorsque je vais les voir.

135 kilomètres aujourd'hui.

Mardi, temps couvert. Route du Cap Bon vers Tunis, au sud-ouest. A Korbous, arrêt à une source thermale, chaude et sulfureuse, qui se jette dans la mer. Route coupée, 20 kilomètres de détour. Zut!

Midi, bac entre Rades et La Goulette, les deux ports de Tunis. 5 minutes de traversée, pas plus.

Carthage. Déception. Les différents sites romains, qui s'étendent entre les villas des riches Tunisiens, ne présentent qu'un intérêt mineur. Je préfère encore l'ex-cathédrale Saint Louis, imposante mais un peu vide, construite sur le lieu de la mort présumée de Saint Louis et contenant ses reliques.

Carthage, créée en 814 avant notre ère, fut quand même la grande rivale de Rome, dépassant 1 million d'habitants. Réduite en cendre en 146 avant JC, à la fin de la troisième guerre punique, elle renaquit 24 ans plus tard par la volonté de Rome qui décida d'y installer une colonie. Mais elle disparaîtra de nouveau vers le huitième siècle.

Fin d'après-midi à Sidi Bou Saïd, village tout blanc et bleu s'étalant sur une colline face à la mer. L'endroit le plus touristique de Tunisie. Ruelles en pente, belle architecture locale, vue splendide, un régal.

20 kilomètres plus loin, Tunis. Embouteillage dans le centre, difficulté pour rouler sans klaxon et pour me garer. Hôtel assez confortable à 20 euros avec TV câblée (A2 et M6) et, surtout, chauffage. Je découvre que les jeux olympiques d'hiver ont débuté. Voisins bruyants jusqu'à 23 heures. L'hôtel idéal existe t'il?

180 kilomètres parcourus aujourd'hui.

Mercredi, 5H44, jolie polyphonie de muezzins. Bien reposé malgré tout, merci Monsieur Quiès. Petit-déjeuner inclus dans le tarif, pas de régime ce matin encore...

Temps superbe. Dès 8 heures à la découverte de la médina, où je passe la matinée: nombreux souks, belles mosquées, medersas et palais. Magasins d'artisanat et terrasses panoramiques, belle vue.

Dans la ville moderne, copieux déjeuner pour 3 euros: salade, couscous d'agneau et yaourt; je n'en peux plus... Visite de quelques lieux intéressants, puis repos à l'hôtel. Europcar envoie une équipe à deux reprises pour réparer mon klaxon, en vain. Je perds ainsi plusieurs heures. Je dois finalement passer demain à l'agence à 8 heures pour récupérer un autre véhicule. Dans quel état?

Fin de ma première semaine en Tunisie. Déjà, que le temps passe vite! J'ai parcouru 1005 kilomètres... J'ai dû bronzer un peu, aussi.

Semaine du jeudi 14 au mercredi 20 février 2002 (en Tunisie, seconde semaine)

Jeudi. Tunis me rappelle quelque chose, je cherche. Ah oui! Marseille vers le cours Belsunce: mêmes visages, mêmes costumes, mêmes étalages, même saleté, même cacophonie... Je ne suis pas beaucoup dépaysé!

Circulation impossible en ville, 45 minutes pour faire un petit kilomètre et rejoindre le bureau d'Europcar. Là, désagréable surprise, le véhicule qu'on me propose est bien pire que le précédent: portière emboutie d'un côté, aile emboutie de l'autre, plafonnier ne marchant pas et, surtout, une vraie poubelle à l'intérieur, avec mégots de cigarettes au sol, mies de pain partout, papiers froissés et j'en passe. Je refuse cette voiture et l'on me répond que si je ne suis pas content je n'ai qu'à retourner me plaindre à Djerba! Là, je me mets vraiment en colère: à cause d'Europcar, j'ai perdu ma première journée vendredi, j'ai perdu ma journée d'hier, je perds encore du temps ce matin et on se fiche de moi! Durant la dispute, les deux employés du bureau me frappent et me jettent à terre. Résultat: blessure au genou, pouce de la main droite foulé, douleur au poignet et au dos. Je pars en clopinant jusqu'au commissariat de police déposer une plainte, deux policiers m'accompagnent à l'agence, puis nous repartons au commissariat avec un des employés. Le rapport est rédigé en arabe et je dois le signer (je fais toutefois des réserves, ne sachant pas ce qui y est écrit réellement). L'inspecteur de police m'a dissuadé de porter plainte, disant que cela ne servirait à rien (d'autant plus que l'employé d'Europcar a l'air de bien connaître la police...). D'après eux, la seule solution est de m'arranger à l'amiable, ce que je finis de faire: Europcar change ma voiture pour une Fiat Punto, propre et d'une catégorie supérieure et m'offre deux jours de plus pour compenser les deux et demi que j'ai perdus, car il est déjà midi. Quelle compensation! D'autant plus que je ne pourrais pas utiliser ces jours supplémentaires. Bravo le service et l'accueil Europcar! Je n'en resterai toutefois pas là et règlerai l'affaire avec Nouvelles Frontières à mon retour.

En attendant, fracassé, je repars difficilement et quitte Tunis au volant de ma nouvelle voiture.

Raf-raf, à 70 kilomètres, est un petit village où je déjeune au bord d'une plage tranquille. Bon repas. Et il fait très beau.

15 heures. Bizerte, son vieux port, sa petite médina et son architecture coloniale, française. Je ne m'y attarde pas.

Je longe le lac Ichkeul, me rends au Cap Serrat puis arrive de nuit à Tabarka. Je me fais arrêter trois fois sur la route par la police: un phare ne marche pas. Décidément, j'ai la poisse! Europcar ne vérifie donc jamais ses voitures! Je ne suis pas verbalisé, mais on me somme de réparer ce problème demain matin.

J'arrive à l'hôtel complètement épuisé. 305 kilomètres de route aujourd'hui.

Vendredi, je suis toujours bien mal en point. Je visite Tabarka de bonne heure. Ce village de pêcheurs de 10000 habitants, situé à quelques kilomètres de l'Algérie, se transforme rapidement par le désir du gouvernement qui veut en faire la troisième station balnéaire du pays. Du coup, des immeubles et des hôtels poussent de partout, dommage. En fait, pas grand chose à voir, si ce n'est que l'endroit est joli. Je passe presque une heure chez Europcar, mon phare est réparé.

Route vers le sud, le long de la frontière algérienne. Montagnes et vallées bien vertes, puis plaines. Au Kef, très belle vue depuis la casbah ottomane du dix-septième siècle. Malheureusement, il ne fait pas beau aujourd'hui, le ciel est bien voilé. Autour de la casbah, rues en pente et en escaliers, quelques monuments intéressants et promenade agréable. Bon couscous dans un petit restaurant.

Après-midi au site romain de Dougga, assez étendu et bien conservé. Le soleil apparaît. J'ai du mal à visiter, souffrant surtout de ma jambe droite et du dos qui m'occasionne une gêne respiratoire importante. Quant à mon pouce, il a doublé de volume. Les médicaments me calment peu et c'est vraiment la galère.

Je roule ensuite jusqu'à Siliana, où je passe la nuit. 270 kilomètres parcourus aujourd'hui.

Bien dormi, malgré la douleur. Ce samedi, le temps est encore gris. Je passe par Makthar, à 900 mètres d'altitude, et aperçois à travers la clôture les ruines de la forteresse numide datant de 300 avant JC et transformée en site romain par Jules César en 46 avant JC.

Plus loin, je me balade dans le village berbère de La Kesra, avant de rejoindre Kairouan. Mais je souffre tellement du dos que je dois m'arrêter une heure sur le bord de la route. Et pourtant je me soigne!

Vers 13 heures, j'entre à Kairouan, 105000 habitants, la capitale spirituelle de Tunisie et première ville sainte du Mahgreb, fondée vers 671. J'ai du mal à m'y repérer et à trouver mon hôtel, le nom des rues n'étant pas marqués! J'y arrive finalement une heure plus tard et déjeune à côté.

Après-midi à parcourir la belle médina fortifiée, presque pas de touristes, quelques types collants, mais c'est beau, assez calme, et certains monuments sont magnifiques. Je connaissais déjà cette ville, qui m'avait enchanté en 1994.

Le soir, deux heures d'Internet, mais j'ai beaucoup de mal à rester assis et je souffre énormément. Je décide que si d'ici deux jours cela ne va pas mieux, je contacterai mon assurance pour me faire rapatrier, car je suis vraiment inquiet pour mon dos et mes douleurs pulmonaires. C'est la vie!

En tout cas, je file me coucher ce soir dès 21H30. Je n'ai pas beaucoup roulé aujourd'hui: cent soixante-dix kilomètres. Dans la rue, bonne ambiance du samedi soir et musique dans les bars. Hommes ivres aussi.

Dimanche. Bonne nuit, malgré mes douleurs dos/poumon. Ciel bleu.

7H30: le soleil se lève sur les remparts de la médina et éclaire la grande mosquée, superbe, dont je ne peux visiter que la cour. Puis je me perds dans les ruelles, je me dirige au pif (et avec le mien, je n'ai pas trop de mal...). C'est très calme, aucun touriste, les commerçants ouvrent leurs rideaux et sortent tapis, poteries et autres artisanats. Ici, la spécialité est le makroud, une pâtisserie à base de dattes ou de figues (meilleur): un délice! J'en achète un demi-kilo (ouille, mon régime!). Arrêt dans une pharmacie: boîte de Profenid, anti-inflammatoire qui, je l'espère, me soulagera.

Retour à l'hôtel à 9 heures, petit-déjeuner, puis départ vers le sud-ouest.

Vers El Houareb, les femmes portent de magnifiques vêtements. Nombreux troupeaux de moutons, bergers et bergères.

Déjeuner à Sbeïtla, puis visite du site romain où subsistent encore des monuments majestueux: arc de triomphe, temples, mosaïques. Très bel endroit!

La route entre Sidi Bouzid et Meknissy, que j'emprunte par le plus pur des hasards, est magnifique (du romain "magnus"). Plus tard, un policier m'arrête et me demande de le transporter jusqu'à Gafsa, où je me rends; comment refuser? Je le surveille du coin de l'œil car, vers Nabeul, j'avais pris un auto-stoppeur d'une vingtaine d'année qui était parti sans que je m'en aperçoive avec un sac en plastique que j'avais à côté de moi. Il a dû faire une drôle de gueule plus tard, en l'ouvrant: c'était mon sac-poubelle (j'en ai toujours un dans ma voiture, afin de ne rien jeter par la fenêtre).

Arrivée de nuit à Gafsa, 60000 habitants, où je dépose le policier devant mon hôtel. Hôtel minable d'ailleurs: sale, pas d'eau chaude, pas de douche... Bon, ce n'est que pour une nuit! En tout cas, le Profenid pris à midi a vraiment fait effet: je n'ai pratiquement plus de douleurs, incroyable!

J'ai finalement passé une excellente journée. 315 kilomètres quand même.

Nuit un peu fraîche (pas de chauffage) et je me réveille frais (sic) et dispo ce lundi. Presque plus de douleurs non plus. Très beau temps aujourd'hui. Promenade d'une heure dans Gafsa: reste de casbah, palmeraie, grande mosquée vue de l'extérieur, pas grand chose en fait!

Route pour El Guetar, puis très mauvaise piste de Bou Saad à Sened. Par contre, les paysages sont magnifiques: montagnes et vallées, petits villages berbères perdus. Je croise même, monté sur un âne, un adolescent blond comme les blés!

Midi. Retour à Gafsa, que je traverse, et déjeuner à Metlaoui, ville de 27000 habitants, dans une région très riche en phosphate. Le patron du restaurant est bien sympathique, mais alors quel bavard!

Je ne vous ai pas beaucoup parlé des Tunisiens; bon, c'est vrai, vous en connaissez tous (en France). Alors, rapidement: la grande majorité de ceux que j'ai rencontrés ici ont été aimables, parlent correctement le français (ce qui n'est pas le cas des jeunes) et m'ont toujours bien renseigné, sans pour cela attendre quelque chose en échange. Ils sont tous contents de leur situation et de celle de la Tunisie, pays à la croissance forte et continue, et ils aiment leur président, qui passe pourtant à l'étranger pour un dictateur. Ils vont même jusqu'à affirmer que seul un dictateur peut diriger un pays arabe (c'est souvent le cas d'ailleurs). Bon, je ne m'étendrai pas plus sur ce sujet, car la politique est un peu tabou ici (et Internet est surveillé...). Pour conclure, le Tunisien m'apparaît en général sympathique...

Après déjeuner, balade rapide jusqu'aux gorges de Selja, puis route aride vers Midès, une oasis à la frontière algérienne. Le vieux village, complètement en ruine, est entouré de profonds ravins. Le lieu est très chouette, hormis les détritus qui traînent de partout et les stands d'artisanat touristique qui n'ont que faire dans ce paysage (mais il faut bien gagner sa vie...). Deux films ont été en partie tourné ici: "Fort Saganne" et "Le patient anglais".

Un peu plus loin, à Tamerza, même type de paysage: vieux village abandonné, palmeraie et 4x4 des tours-opérateurs. Belle vue depuis la route qui surplombe l'oasis. Je trouve à dormir dans un des bungalows en bambou d'un hôtel au gérant fort aimable, à côté de la palmeraie.

Aujourd'hui, de nombreux enfants (et même des adultes) m'ont demandé des cadeaux: stylos, bonbons, dinars... C'est assez désagréable. Méfaits du tourisme ou d'une mauvaise éducation? Le débat est lancé...

300 kilomètres tout juste parcourus aujourd'hui, pas un de plus, pas un de moins!

Mardi. Excellente nuit. Petit vent matinal frisquet et ciel gris. Quelques gouttes de pluie. Balade agréable juste en-dessous de l'hôtel: petite cascade, gorges étroites et beau paysage (ah, s'il y avait du soleil!). Et puis personne à cette heure, à part deux ou trois vendeurs. Quelle tranquillité! Vraiment une bonne étape, un très joli endroit!

9 heures: arrivée à Chebika. Devant le vieux village en ruine, pas moins de 34 4x4 de tours-opérateurs (Nouvelles Frontières, Fram et autres locaux), une invasion! Ils se lèvent tôt, quand même, les groupes de touristes! Je me faufile entr-eux, bien content d'être tout seul, moi. Faut voir les gens, à la queue leu leu, dans leurs gros manteaux (un pull suffit!), le turban autour de la tête et les grosses chaussures de marche aux pieds! Ils s'y croient vraiment! Bon, j'arrête là mes critiques (d'autant plus qu'il m'arrive aussi de voyager en groupe), mais vraiment ça m'a bien fait sourire (narquoisement).

Reste que l'endroit est superbe, la vue porte loin sur les gorges et l'oasis. Et, comme j'ai entendu plusieurs guides le répéter: "Ici, c'est dromadairement beau!".

50 kilomètres de route à travers le désert, le Chott el Gharsa, qui est en fait un bassin qui descend à 20 mètres en-dessous du niveau de la mer et qui peut partiellement se remplir d'eau en hiver. Quelques petits oueds asséchés traversent la route. Je croise 38 4x4 de touristes, tout blancs, tout neufs (les 4x4, pas les touristes)!

Petit arrêt à Tozeur où je réserve une chambre d'hôtel et donne 6 pellicules photo à développer, puis continuation jusqu'à Nefta, 22 kilomètres plus loin.

11H30. Nefta, 19000 habitants, porte du Sahara, appelée aussi "La princesse du désert", ville construite autour d'une oasis de 400000 palmiers et arbres fruitiers, irriguée jadis par 152 sources d'eau aujourd'hui tarie. Nefta, c'est aussi le second centre religieux de Tunisie (après Kairouan): on y compte près de 20 mosquées et de 100 marabouts (tombeaux d'hommes saints).

Et le soleil apparaît enfin, alors que je contemple depuis une hauteur la palmeraie. Promenade dans les petites rues presque désertes de la vieille ville, à la recherche des beautés architecturales: une porte bleue décorée par ici, un marabout tout blanc par là, une main de fatima sur une maison, un minaret qui s'élève haut vers le ciel... (c'était mon moment romantique!)

Après déjeuner, je me perds (vraiment) dans la palmeraie, je ne trouve plus la sortie... Les dattes de Nefta sont réputées pour être les meilleures dattes du Sahara, il faudra que je les goutte. Une heure plus tard, je retrouve enfin ma voiture et retourne à Tozeur.

Tozeur, 36000 habitants, est connue pour avoir été le quartier général de Rommel durant la seconde guerre mondiale: je me promène longuement, nonchalamment, dans le dédale de vieilles rues près de la palmeraie. Quelques petits groupes de touristes, pas trop, sauf au musée Dar-Cheraït où ils sont plus d'une cinquantaine à suivre leur guide. Moi j'attends derrière. Pénible!

Il faut dire que Tozeur est une ville très touristique, sauf en été lorsqu'il y fait excessivement chaud: c'est une des portes du Sahara, et de très nombreux hôtels s'échelonnent sur la route dite "touristique". Moi, j'ai préféré dormir au centre-ville, près des autochtones.

En début de soirée, je m'installe à l'hôtel, récupère mes photos, ai du mal à trouver un Café-Internet et passe deux heures connecté (j'ai reçu 9 messages en quatre jours, mais pas de nouvelles de la famille!).

Retour à l'hôtel avant 21 heures et classement de mes photos, certaines bien réussies (je me flatte...), d'autres malheureusement surexposées.

140 kilomètres au compteur.

Mercredi, temps superbe. Traversée du Chott el Djerid sur une centaine de kilomètres: désert de pierres, de terre et de sel, une ancienne mer intérieure. Je croise de nombreux autocars de touristes et 4x4 d'agence. Par hasard, un détour m'emmène au petit village de Bechri, où se tient un marché très coloré: les femmes sont magnifiquement habillées de robes avec des bandes de différentes couleurs parsemées de fils d'or.

Traversée de Kebili et poursuite plein sud, route traversant le désert, de sable cette fois-ci, bordée par quelques bleds. Dans cette région, la population plante sans cesse des feuilles de palmiers en haut des dunes pour éviter l'avancement du désert, avec des résultats médiocres. Avec le vent fréquent et le réchauffement de la planète, c'est mal parti pour eux...

Premiers dromadaires sur le bord de la route: c'est pour les touristes qui descendent ici par cars entiers..

Fin de matinée: El Fouar, jour de marché, puis Sabria, petit village envahi par le sable. Derrière les dunes, quoi donc? Des dunes, et encore des dunes à perte de vue... Comme vous le savez, puisque vous avez tous bien étudiés à l'école, le Sahara est le plus grand désert du monde: il s'étend sur 8 millions de km² (15 fois la France!), mais ne compte que 150000 habitants (ça va, ils ont la place...). Et il peut y faire 50 degrés en été!

Déjeuner sommaire à Zaafrane: une fois n'est pas coutume, ce n'est pas très bon... Je parcours l'après-midi les alentours de Douz, grande oasis de 45000 habitants où se déroule le mercredi après-midi (donc aujourd'hui) et surtout le jeudi matin le grand marché hebdomadaire. Mon hôtel se trouve d'ailleurs au pied du marché: belle chambre avec grand lit propre, salle de bain et petit-déjeuner pour... un peu plus de 6 euros!

295 kilomètres aujourd'hui, et 1795 parcourus au cours de cette seconde semaine de voyage qui s'achève.

Derniers jours en Tunisie, du jeudi 21 au lundi 25 février 2002

Jeudi, le soleil brille toujours, mais il souffle un petit vent froid. Dérangements intestinaux, sans doute dus à mon déjeuner de la veille.

7H30: la marché aux animaux est un peu décevant. Que deux dromadaires et trois chevaux! Par contre une multitude de moutons (c'est demain qu'on les égorge, pour l'Aïd, remémoration du sacrifice d'Abraham) et quelques chèvres. A côté, les marchés de la fripe (les vêtements de seconde main qui viennent de France et font le bonheur des gens en Afrique), des ustensiles et des fruits et légumes. En fait, on trouve pratiquement de tout ici. Une chose surprenante: très nombreux hommes et enfants faisant leur marché, mais aucune femme, vraiment aucune! Quelques Noirs vraiment très noirs: ce sont les descendants des anciens esclaves soudanais, assez nombreux dans la région. J'achète des dattes, "C'est moins cher, dis...".

9 heures, je repars: ma route traverse le désert vers l'est jusqu'à Matmata, à une centaine de kilomètres. Je voulais descendre jusqu'à Ksar-Ghilane, mais cela se révèle impossible sans 4x4, tant pis! Le paysage, plat, est un peu lassant, mais la route est assez bonne.

10H30, arrêt à Tamezret, vieux village berbère bâti sur une colline. D'en haut, belle vue sur le Sahara et les montagnes environnantes. Près d'ici, dans ce paysage lunaire, ont été jouées de nombreuses scènes de "La guerre des étoiles".

12 kilomètres plus loin, Matmata, village en partie troglodytique, habité par les Berbères Matmatas, justement. Ils ont creusé des puits de 5 à 10 mètres de profondeurs et d'une dizaine de mètres de diamètre et, en bas, ont de nouveau creusé leurs pièces d'habitation. Ainsi, c'est chaud l'hiver et frais l'été. Pas cons les mecs! (qui l'aurait cru?)

Je visite un hôtel récent construit de la même façon, c'est vraiment magnifique. Seul problème de la région, pour les touristes: il est impossible de s'arrêter sans que trois ou quatre jeunes surgissent et se proposent comme guides, on ne peut plus s'en débarrasser, à force c'est vraiment lassant! En plus, aujourd'hui et demain, il n'y a pas école à cause de l'Aïd, alors les enfants s'y mettent et mendient: "cadeaux, bonbons, stylos, argent...". Pénible...

Je me balade dans de petits villages environnants, tout est de couleur ocre, partout: Haddes, Techine, où je visite un vieux moulin à huile, sous terre, qui fonctionne toujours, mu par un cheval.

Après déjeuner, route de montagne, puis piste caillouteuse jusqu'à Médénine, en passant par le vieux village de Toujane et celui de Metameur. Dans ce dernier, subsistent de nombreux ghorfas: ce sont d'anciens greniers à grains arrondis, parfois sur plusieurs étages. Je visite un hôtel assez luxueux installé dedans.

18 heures, arrivée à Medenine, ville sans charme de 40000 habitants. Je m'installe dans un petit hôtel sans prétention, mais propre. Promenade au centre et une heure d'Internet.

J'ai quitté la région désertique mais, me direz-vous, je n'en ai pas profité: pas de balade en 4x4 dans les dunes, pas de promenades à dos de dromadaire. C'est vrai: mais je serai normalement dans une vingtaine de jours dans le désert libyen et, là, croyez-moi, j'en profiterai...

230 kilomètres au compteur ce jour.

Vendredi, 5H15. Les mosquées avoisinantes rivalisent d'appels à la prière: le vendredi est non seulement le jour le plus important des musulmans mais, aujourd'hui, en plus, c'est le début de l'Aïd, dont je vous ai déjà parlé.

7H30. Le soleil brille, mais un petit vent froid souffle. Les rues sont désertes; j'ai du mal à trouver ma route et personne pour me renseigner...

8H00. Ma voiture roule à travers la campagne et les montagnes ocres. Je suis dedans (précision indispensable).

8H30. Promenade pédestre dans les ruines du Ksar Souamaa, très mal conservé. Plusieurs femmes accompagnent des moutons (encore vivants).

9H. Les villages commencent à s'animer: à la sortie de la mosquée, des groupes (familles?) se rassemblent dans les rues, chahutent, mangent et prennent des boissons gazeuses.

10H. Visite du Ksar Hedada, grand et bien retapé: il a en effet servi de lieu de tournage pour le village "Mos Espa" de la planète galactique "Tatooine" (Tataouine) dans l'épisode "La menace fantôme" de "La guerre des étoiles". Les nombreux greniers enchevêtrés sont splendides.

10H30. Une pensée émue pour ces pauvres moutons que des hommes égorgent devant chez eux et dont les femmes enterrent le sang. Combien de millions d'entre eux sont-ils immolés aujourd'hui dans le Maghreb? Certains immolent aussi des chèvres ou des chameaux (dans les déserts), voire des bœufs (pour les plus riches).

11H. Détour par le vieux village de Guermessa, situé dans un environnement splendide, digne du Colorado. Tiens, un dinosaure sur le sommet!

11H30. Un autre vieux village: Chenini. Khalel, un jeune de 15 ans, se met au milieu de ma route et se propose d'office comme guide. J'accepte, après tout c'est un jour de fête aujourd'hui, alors pourquoi ne pas lui faire plaisir? Du haut du village, la vue est superbe. Puis, à ma demande, Khalel m'emmène chez lui, me présente sa famille (seulement 4 de ses 9 frères et sœurs sont présents), m'a fait visiter sa maison. Je discute avec son père, un agriculteur-éleveur, qui m'explique qu'il n'a pas plu ici depuis plus de 4 ans, un vrai désastre! La maman m'offre une bonne assiette de mouton accompagné de tomates, pommes de terre et pain. La viande n'est sans doute pas contrôlée, mais tant pis, comment pourrais-je refuser? En tout cas, c'est fort bon. Le pain, mais peut-être l'ai-je déjà dit, est la base de la nourriture tunisienne; il n'est pas cher, car la farine est subventionnée par le gouvernement, afin que tous les habitants du pays puissent toujours manger correctement.

14H. Adieux à cette sympathique famille, récompense à Khalel. Heureux d'avoir partagé un petit bout de vie d'une famille tunisienne de la campagne. Direction Douirat, autre vieux village perché sur un piton montagneux et abandonné. Magnifique!

15H. Le Ksar Ouled Debbab est immense et contient de nombreuses ghorfas. Dommage qu'un groupe de jeunes locaux empêche toute visite tranquille.

17H. Arrivée à Tataouine, ville de 60000 habitants sans intérêt particulier, sauf celui d'être jumelée avec le village galactique Mos Espa, bien après Mars (entre Avril et Mai?).

180 kilomètres au compteur et une très bonne journée.

Samedi. Ciel bleu et moins de vent. A 8 heures, je suis déjà au Ksar Ouled Soltane, 23 kilomètres au sud de Tataouine. C'est le plus beau de tous, vraiment: les greniers s'échelonnent sur 4 étages, des escaliers parcourent les façades dans tous les sens, superbe. Et, en plus, c'est tranquille, personne pour m'enquiquiner...

Retour sur Tataouine, que je traverse, et route vers Ben Guerdane, 85 kilomètres à l'est. Paysage sauvage, plantations d'oliviers envahies par le sable. J'atteins Ben Guerdane vers 10 heures: d'ici, je ne suis qu'à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne. Je repasserai par là dans trois semaines pour rejoindre Tripoli. La ville par elle-même ne présente aucun intérêt pour les touristes.

40 minutes plus tard, je suis à Zarzis, une station balnéaire touristique sur le bord de la Méditerranée, 100000 habitants. Ville toute blanche, nombreux hôtels éparpillés le long de la plage. Visite rapide. Puis je longe la côte et traverse la "chaussée romaine", longue de 7 kilomètres, qui rallie l'île de Djerba. Retour à la case départ, avec six jours d'avance sur mon planning.

Difficulté de trouver un restaurant ouvert en ce second jour de fête. Puis je visite l'île en la parcourant dans tous les sens: beaucoup d'oliviers et palmiers, des maisons basses typiques, des zones désertiques et de grands (très grands) hôtels. Djerba est agréable et attachante, en tout cas sous le soleil et en cette saison.

A l'aéroport, Tunisair accepte de modifier la date de retour de mon billet non modifiable: je rentrerai donc ce lundi matin à Marseille, et je suis content (je suis toujours content de rentrer mais, une semaine après, l'envie de repartir est déjà la plus forte...).

Sur la côte ouest, j'assiste à un superbe coucher de soleil. Puis je rentre me reposer dans une sympathique petite pension de famille à Houmt-Souk.

370 kilomètres au compteur, dont la moitié sur l'île, qui ne mesure pourtant que 25 kilomètres sur 22. C'est vous dire si j'ai vadrouillé...

Dimanche. Le soleil est toujours au rendez-vous. Dès 8 heures, je visite Houmt-Souk, la principale ville de Djerba, mais c'est encore désert et les souks commencent à peine à ouvrir. Du coup, je passe plus d'une heure d'Internet...

Ensuite, visite de la belle synagogue de la Griba, appartenant à la communauté juive de Djerba. L'entrée en est normalement gratuite, mais quelqu'un ne manquera pas de vous rappeler à plusieurs reprises de laisser un don; en fait, il ne vous lâchera pas tant que vous n'aurez rien donné. Il faut bien justifier sa réputation… Plus loin, à Guellala, un fabuleux musée a ouvert l'année dernière: reconstitution d'une cinquantaine de scènes de la vie traditionnelle de l'île et de la Tunisie en général. Très chouette…

Retour à Houmt-Souk pour le déjeuner: couscous aux calamars, une spécialité du coin.

L'après-midi, visite du musée des arts et traditions populaires, situé dans une ancienne et belle zaouïa du dix-huitième siècle. Il complète bien celui de ce matin. Puis je me balade dans la campagne environnante jusqu'au coucher du soleil, d'un rouge éclatant, avant de retourner à l'hôtel.

Encore 140 kilomètres parcourus aujourd'hui…

Lundi, je suis à l'aéroport dès 7 heures et rends ma voiture de location avant de m'envoler pour Marseille à 8H45.

Et, à midi, je suis chez moi…
CONCLUSION: 19 jours d'un voyage intéressant, un beau pays, 3730 kilomètres parcourus, plus de 300 photos prises, quelques blessures, une barbe blanche de 10 jours (difficulté pour me raser avec le main droite) et, grosse déception, aucun kilo de perdu…


- F I N D U R E C I T -




similaire:

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com