Album de vers anciens 1890-1900








télécharger 66.81 Kb.
titreAlbum de vers anciens 1890-1900
date de publication21.03.2018
taille66.81 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
Paul VALÉRY
Album de vers anciens 1890-1900
(1920)
Recueil d’une vingtaine de poèmes

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La fileuse

«Lilia.... neque nent

«Assise, la fileuse au bleu de la croisée

Où le jardin mélodieux se dodeline ;

Le rouet ancien qui ronfle l'a grisée.
Lasse, ayant bu l'azur, de filer la câline

Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,

Elle songe, et sa tête petite s'incline.
Un arbuste et l'air pur font une source vive

Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose

De ses pertes de fleurs le jardin de l'oisive.
Une tige, où le vent vagabond se repose,

Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,

Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.
Mais la dormeuse file une laine isolée ;

Mystérieusement l'ombre frêle se tresse

Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.
Le songe se dévide avec une paresse

Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,

La chevelure ondule au gré de la caresse...
Derrière tant de fleurs, l'azur se dissimule,

Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :

Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.
Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,

Parfume ton front vague au vent de son haleine

Innocente, et tu crois languir... Tu es éteinte
Au bleu de la croisée où tu filais la laine
Commentaire
Auprès de la fenêtre donnant sur le jardin en fleurs, une jeune fileuse s'assoupit ; peu à peu le soir tombe et elle s'endort profondément, dans la pénombre.

Sur ce thème très simple, le disciple de Mallarmé et des symbolistes enlaça tout un jeu de notations subtiles et de correspondances délicates, rehaussées par le recours à une forme assez rare, la tierce rime. L'impression de douceur et de grâce évanescente est suggérée par une versification adroite : rimes exclusivement féminines, usage savant de l'enjambement et des coupes, et, surtout, allitérations expressives. Tout cela ne va pas sans mièvrerie ; mais nous savons aujourd'hui à quelle parfaite maîtrise devaient aboutir ces exercices de virtuose.

L’épigraphe latine signifie «Les lis [ne travaillent] ni ne filent» (évangile selon saint Matthieu, VI, 28).

Le vers 2 présente une correspondance entre sensations visuelles et auditives.

«Se dodeline» signifie «se balance avec douceur».

«Ayant bu l’azur» : parce qu'elle a bu l'azur (rêverie pure et délicate).

La chevelure est «câline» car il s’agit de la laine, d'une douceur caressante, fixée autour de la quenouille.

«Évasive» signifie «qui échappe à».

Au vers 7, s'épanouit une image.

«Délicieuse» est un adjectif à valeur adverbiale (comme «magnifique» au vers 12).

Les «pertes de fleurs» sont des pétales qui se détachent de l'arbuste sous l'action de la brise («air pur»).

Le salut de la fleur au rouet est «vain» puisqu’il se renouvelle sans cesse (comme “L’ample palme ne se lasse / Des appels ni des adieux», “Palme”, vers 27).

«Grâce étoilée» s’explique parce que la fleur gracieuse est ouverte en forme d'étoile.

«L’ombre frêle se tresse» : le fil est immobile, mais son ombre se déplace, et paraît se tresser sous les doigts.

La chevelure est «crédule» au «doux fuseau, c’est-à-dire obéit docilement au fuseau que la main assoupie caresse encore.

«L’azur se dissimule», c’est-à-dire le jour tombe, toutes les teintes vont se modifier.

Le vers 20 est une apostrophe à la jeune fille.

Le mot «rose» peut désigner soit une fleur soit une rosace (voir “Sainte” de Mallarmé) : par un trait assez recherché, la rosace deviendrait une vraie rose.

Le «front» est «vague», c’est-à-dire indistinct ou plongé dans le songe.

«Languir», c’est s’assoupir, somnoler.

«Tu es éteinte» : tu es tout à fait endormie.

Le dernier vers reprend le premier, mais le temps du verbe n’est plus le même. Dans une version primitive, le dernier vers était : «Mais la Morte se croit la fileuse ancienne».

On peut lire dans le poème une métaphore de l’écriture.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Suivent neuf sonnets où se mêlent les influences du Parnasse et du symbolisme.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Hélène
Commentaire
Le poème reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque. On décelait l’emprise de Heredia et l’influence de Mallarmé dans le langage même :

«Azur ! c'est moi... Je viens des grottes de la mort

Entendre l'onde se rompre aux degrés sonores».

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Orphée
Sonnet
... Je compose en esprit, sous les myrtes, Orphée

L'Admirable !... Le feu, des cirques purs descend ;

Il change le mont chauve en auguste trophée

D'où s'exhale d'un dieu l'acte retentissant.
Si le dieu chante, il rompt le site tout-puissant ;

Le soleil voit l'horreur du mouvement des pierres ;

Une plainte inouïe appelle éblouissants

Les hauts murs d'or harmonieux d'un sanctuaire.
Il chante, assis au bord du ciel splendide, Orphée !

Le roc marche, et trébuche ; et chaque pierre fée

Se sent un poids nouveau qui vers l'azur délire !
D'un Temple à demi nu le soir baigne l’essor,

Et soi-même il s'assemble et s'ordonne dans l'or

À l'âme immense du grand hymne sur la lyre !
Commentaire
Ce sonnet évoque la légende d'Orphée, poète et musicien, dont la lyre charmait les animaux féroces et faisait s'incliner les arbres, en semblant la mêler avec celle d'Amphion. Il reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque. Son thème est l’union de l’inspiration et de la construction. Valéry.

Vers 2 : «Le feu», ce sont les flammes du couchant.

Vers 6 : «Horreur» signifie caractère sacré et effrayant.

Vers 7 : «La plainte» est «inouïe» parce qu’on ne l'a jamais entendue. «Appelle» signifie «fait surgir».

La première rédaction parut dans “L'ermitage”, en mars 1891, la seconde dans le recueil.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Naissance de Vénus
Commentaire
Le poème reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Féerie
Commentaire
Le poème reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Même féerie

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Baignée

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Au bois dormant

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
César
Commentaire
Par son marbre sonore, le poème rappelait encore la technique parnassienne, l’emprise de Heredia.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le bois amical
Commentaire
Le poème reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque. Ces ennéasyllabes chastement homosexuels rappelaient Verlaine :

«Nous avons pensé des choses pures

Côte à côte, le long des chemins,

Nous nous sommes tenus par les mains

Sans dire... parmi les fleurs obscures
Mais Valéry a écarté du recueil d’autres poèmes, eux aussi d’influence verlainienne mais trop catholiques : ‘’La suave agonie’’ et ‘’Le jeune prêtre’’.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Les vaines danseuses
Commentaire
Le poème reflétait, par son inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque. On note surtout l'influence de Mallarmé, aussi bien dans le choix du thème que dans celui du titre (“La fileuse”, “Les vaines danseuses”, “Narcisse parle”, “Air de Sémiramis”).

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Un feu distinct

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Narcisse parle

«Car la nuit parle à demi-voix, proche et lointaine,

Aux calices pleins d'ombre et de sommeils légers.

Mais la lune s’amuse aux myrtes allongées
Commentaire
Dans ses “Métamorphoses” (III, 6), le poète latin Ovide avait traité la légende de Narcisse, le bel adolescent qui s'éprend de son image reflétée par les eaux et, se détournant de tout autre amour, se perd, jusqu'à en mourir, dans la contemplation de lui-même. Ce personnage, qui personnifiait le poète, hanta Valéry qui le reprit plusieurs fois dans sa carrière.

On note l'influence de Mallarmé :
«Ô frères ! tristes lys, je languis de beauté

Pour m'être désiré dans votre nudité

Et vers vous, Nymphe, nymphe, ô nymphe des fontaines.

Je viens au pur silence offrir mes larmes vaines...».
On y pressent la préoccupation dominante de la vie intérieure, l’intimité de soi à soi, l’orgueilleux refus de la servitude amoureuse et l’ambition architecturale qui allaient nourrir les poèmes futurs.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Épisode

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Vue

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Valvins
Sonnet

Si tu veux dénouer la forêt qui t'aère

Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es

Dans la fluide yole, à jamais littéraire,

Traînant quelques soleils ardemment situés
Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse

Émue, ou pressentant l'après-midi chanté,

Selon que le grand bois trempe une longue tresse,

Et mélange ta voile au meilleur de l'été.
Mais toujours près de toi que le silence livre

Aux cris multipliés de tout le brut azur,

L'ombre de quelque page éparse d'aucun livre
Tremble, reflet de voile vagabonde sur

La poudreuse peau de la rivière verte

Parmi le long regard de la Seine entr'ouverte.
Commentaire
Mallarmé avait une maison de campagne à Valvins, localité située à l'est de Fontainebleau, sur les bords de la Seine, qui coule le long de la forêt et sur laquelle il aimait canoter («la fluide yole»). Dans ce poème, qui marque l’influence du maître et qui lui avait été offert en 1897, Valéry s'adresse à lui.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Été
Commentaire
La personnalité méditerranéenne du jeune poète s’y manifesta.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Profusion du soir
Commentaire
Ce sont quatre-vingt-quatorze vers panoramiques.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Anne
Commentaire
Le corps d'Anne aurait pu tomber dans des bras amoureux, mais voici qu'il est tombé dans le sommeil, et le poète équilibre, compare les deux possibles, en faisant pencher la balance sous la plénitude et la perfection du second, comme on le voit aux cinquième et sixième strophes :
Au hasard ! à jamais dans le sommeil sans hommes,

Pur des tristes éclairs de leurs embrassements,

Elle laisse rouler les grappes et les pommes

Puissantes, qui pendaient aux treilles d'ossements,
Qui riaient, dans leur ambre appelant les vendanges,

Et dont le nombre d'or de riches mouvements

Invoquait la vigueur et les gestes étranges

Que pour tuer l'amour inventent les amants.


Ces deux stances baudelairiennes réalisent les deux possibles, le corps endormi, soustrait aux hommes comme celui de Narcisse et de la jeune Parque, et le corps éveillé dans les gestes qui morcellent et tuent l'intégrité de l'amour.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Air de Sémiramis
Commentaire
C’est un poème d'une belle allure parnassienne, dans lequel s'exalte l’idée de la construction. On pourrait faire de Sémiramis la suite et l'antithèse des deux ‘’Dormeuses’’. Valéry disait à Anne : N'éveille pas pour l'amour ce corps dont le repos contient, pour un regard, toutes les idées pures de l'amour, ni cette âme qui, occupée aux enfers, y communique avec l'être du monde et vit avec les Mères ; demeure endormie comme la Nuit de Michel-Ange ; que tes fruits roulent, diamants, pour le monde minéral, éternel, où règne l'Hérodiade mallarméenne ! Mais, quand l'Aurore t'appelle à la belle architecture, aux chantiers de l'art, de la page ou de l'homme, quand tu te nommes Sémiramis, éveille-toi !

Existe ! Sois enfin toi-même, dit l'Aurore.

Ô grande âme, il est temps que tu formes un corps !

Hâte-toi de choisir un jour digne d'éclore,

Parmi tant d'autres feux tes immortels trésors !

-----------------------------------------------------------------

Remonte aux vrais regards ! Tire-toi de tes ombres,

Et comme du nageur, dans le plein de la mer

Le talon tout-puissant l'expulse des eaux sombres,

Toi frappe au fond de l'être...


Et, dans la bouche de Sémiramis, c'est déjà une épreuve extérieure et sonore du dialogue d'Eupalinos :

Qu'ils flattent mon désir de temples implacables,

Les sons aigus de scie et de cris des oiseaux,

Et ces gémissements de marbres et de câbles

Qui peuplent l'air vivant de structure et d'oiseaux !


On pressent dans ce poème la préoccupation dominante de la vie intérieure, l’intimité de soi à soi, l’orgueilleux refus de la servitude amoureuse et l’ambition architecturale qui allaient nourrir les poèmes futurs.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
L’amateur de poèmes
Commentaire
Le recueil s'achève par cette manière de «manifeste» où déjà se trouvait ébauchée la thèse chère à Valéry, selon laquelle la réussite poétique n'est pas affaire d'«inspiration», mais de calcul, d'alchimie verbale : «...Nul hasard, mais une chance extraordinaire se fortifie. Je trouve sans effort le langage de ce bonheur ; et je pense par artifice, une pensée toute certaine, merveilleusement prévoyante, aux lacunes calculées, sans ténèbres involontaires, dont le mouvement me commande et la quantité me comble : une pensée singulièrement achevée.» Il se refusait de «devoir subir cette parole intérieure, sans personne et sans origine [...]. La pensée, par sa nature, manque de slyle.»

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

Bas du formulaire

_________________________________________________________________________________
Commentaire sur le recueil
Il parut en 1920 en plaquette dans ‘’Les cahiers des amis du livre’’ d’Adrienne Monnier. Dans l’édition de 1931, définitive, qui comporta cinq pièces supplémentaires, le recueil comptait vingt poèmes et une prose écrits entre 1890 et 1900 ; plus de la moitié avaient paru à l’époque dans des revues : ‘’La conque’’, ‘’L’ermitage’’, ‘’La syrinx’’, ‘’Le centaure’’.

Certains poèmes rappelaient encore la technique parnassienne ; la plupart reflétaient, par leur inspiration mythologique et précieuse, l'atmosphère décadente ou symboliste de l'époque. On note surtout l'influence de Mallarmé, dans le choix des thèmes, dans celui des titres (“La fileuse”, “Les vaines danseuses”, “Narcisse parle”, “Air de Sémiramis”), dans le langage même. On reconnaît, çà et là, dans “Un feu distinct”, “Profusion du soir”, ‘’Narcisse parle’’, l'amorce de thèmes qui seront chers à Valéry. Ces oeuvres de jeunesse permettent en somme de mesurer, entre l'incertitude du débutant et l'originalité enfin conquise, l'évolution d'un grand poète.

Il fallait une robuste confiance en soi pour publier, au lendemain d’une guerre qui avait changé la face du monde et tandis qu’à la suite d’Apollinaire, Tzara et Breton renouvelaient l’esthétique, des poèmes vieux d’un quart de siècle et plus, même largement retouchés.
André Durand

Faites-moi part de vos impressions, de vos questions, de vos suggestions !
 Contactez-moi   

similaire:

Album de vers anciens 1890-1900 iconAlbum de vers anciens’’, ‘’La jeune Parque’’, ‘’Charmes’’
«humain». Nous possédons, en quelque sorte, une mesure de toutes choses et de nous-mêmes. La parole de Protagoras, que l'homme est...

Album de vers anciens 1890-1900 iconChoisir un livre : sophie van der linden
«album[S]» édité aux éditions du Rouergue qu’elle a écrit en collaboration avec Olivier Douzou (architecte graphiste) : livre qui...

Album de vers anciens 1890-1900 iconAlbums
«le subtil Ulysse». Subtil tel est cet album, superbe réécriture du chant XVII (vers 290-328), le récit est soutenu par une illustration...

Album de vers anciens 1890-1900 iconNécessaire à couture en vermeil 1900. Orfèvre Lava à Nancy

Album de vers anciens 1890-1900 icon1 Album gr in-folio contenant 14 beaux dessins

Album de vers anciens 1890-1900 iconN° 1 ~ Album des départements 1 (Ain) jusqu’au 62 (Pas de Calais)

Album de vers anciens 1890-1900 iconAttribué à Giuseppe lavagna (vers 1684 vers 1724)

Album de vers anciens 1890-1900 iconVente aux enchères du 12 Juillet 2009
«Buste de femme de profil», Technique mixte sur carton. Circa 1900. 52,5x40 cm

Album de vers anciens 1890-1900 icon«La gare est superbe et à l’air d’un palais des Beaux-arts…» avait...
«La gare est superbe et à l’air d’un palais des Beaux-arts…» avait écrit en 1900 le peintre Edouard Détaille. IL faudra cependant...

Album de vers anciens 1890-1900 iconEssai de Sémiotique Préventive
«Ne pas aller du discours vers son noyau intérieur et caché, vers le cœur d’une pensée ou d’une signification qui se manifesteraient...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com