La cour du Lycée St Joseph (feat Arthur Rimbaud's "Le dormeur du Val")








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titreLa cour du Lycée St Joseph (feat Arthur Rimbaud's "Le dormeur du Val")
date de publication28.04.2018
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Juillet 2010. Lycée Washington-Lycée Bellevue
Voyage en Avignon
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Remerciements

Ce formidable séjour n’aurait jamais pu avoir lieu sans :

-La volonté conjointe de la région des Pays de Loire, de l’Action culturelle du Rectorat de l’Académie de Nantes et des CEMEA. Remerciement tout particulier à Jean Bauné, Jean-Paul Pacaud, Patrick Even, Jean-Noel Brugière et Sylvain Mathé.

-La patience et le dynamisme de nos animateurs CEMEA : Merci à Thomas, Servane, Marie, et Maud.

-Le soutien et l’encouragement des Lycées Washington et Bellevue. Merci notamment à nos chefs d’établissement et intendants : Colette Pierre, Christian Vergne, Joël Nougué, Patrick Dobosz.

-Le soutien financier du Crédit Agricole. Merci à Jean-Marie Poirier de l’agence Le Mans République.

-Merci également au Grenier à sel pour le formidable accueil qu’il nous a réservé.

***

Les professeurs encadrants : Cosme Bertrand, Evelyne d’Olier, Natacha Mouillé, Nicole Sandillon.

Les élèves : Amandine, Anaïs, Arthur, Aurore, Baptiste, Camille (2), Candice, Charlène, Charlotte, Clémence, Cloé, Emilie, Félicie, Héloïse, Juliette, Léo, Louise, Ludivine, Maéva, Manon, Marion, Marie, Marine, Nadjet, Najma, Sandra, Scarlett, Sophie et Zakia.

Notre festival d’Avignon

Par les élèves des Lycées Bellevue et Washington du Mans ayant participé au festival d’Avignon. Eté 2010.

Ils sont trente lycéens Sarthois, provenant du Lycée Bellevue et du Lycée professionnel Georges Washington, à avoir participé à l’opération « lycéens en Avignon ». Trente jeunes, tous volontaires, certains déjà passionnés de théâtre, d’autres juste curieux ont su saisir l’opportunité qui leur était offerte de découvrir le festival d’Avignon. Accompagnés de quatre enseignants, ils ont voyagé toute une nuit en car, avant d’être accueillis par les animateurs du « Centre de jeunes et de séjour du Festival d'Avignon » (C.E.M.E.A.) au lycée Saint-Joseph.

C’est dans l’enceinte du Lycée Saint-Joseph qu’ils ont dormi, mangé, échangé sur les spectacles, travaillé en atelier. Ils ont également assisté à un spectacle dans l’enceinte du lycée et c’est là, enfin qu’ils pouvaient se retrouver et se reposer entre deux activités ou spectacles.

Ce lieu, magnifique, chargé d’histoire, et totalement imprégné de l’ambiance du festival, leur a fait forte impression.

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Le cloitre de la cour du Lycée

Saint-Joseph

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Le soir, une buvette accueille artistes et festivaliers dans la cour du lycée

La cour du Lycée St Joseph (feat Arthur Rimbaud's "Le dormeur du Val")

C'est une cour de culture où pleut la lumière,
Éclairant doucement les esprits spectateurs,
D'Avignon ; Où le soleil, du Vaucluse, fier,
Luit. Ce petit lycée nous abrite à toute heure.

Des spectateurs, jeunes, vieux, bouches ouvertes,
Et assis autour de grands cercles de " mutua' ",
Parlent, des spectacles qu'ils ont vécus, certes,
Mais aussi de la ville et de l'accueil des Cémeas.

Assis sur leurs chaises, ils se cultivent comme
Se cultiveraient, des bananes, ou des pommes.
Culture, berce-les fraichement, ils ont chaud.

Les affiches capturent leurs yeux et, très tôt,
Ils vont dans le soleil vers les salles obscures,
Excités par ce foisonnement de culture.

Léo

Notre arrivée à saint-Joseph

J'ai été agréablement surprise quand je suis rentrée dans le lycée St Joseph. Ses vieilles pierres ocre, la grande cour ombragée, la buvette, les chaises longues… Une invitation au farniente sous les arbres, à écouter les cigales en sirotant une grenadine, en plein cœur de l'intra-muros. On ne demandait pas mieux avec la température!Rien à redire sur l'hébergement ! e:\2010-07-30 avignon et plus juillet 2010\avignon et plus juillet 2010 075.jpg

Bien que l'appétit ne fût pas grand, je me suis délectée des plats qu'on nous a proposés. Bien présentés,variés et typiques. Peut être parfois aurais-je préféré des crudités plutôt que des plats chauds. Enfin, on ne peut tout de même pas se plaindre. C’était très bon. Point !

L'ambiance était tout aussi satisfaisante, une équipe d'animateurs jeunes et dynamiques, des temps de discussions et de jeux, qui nous ont permis de développer notre critique, échanger, et vivre avec le groupe. Des encadrants qui ont su nous conseiller, et nous ont offert une grande autonomie. Une vie sur le centre pleine de rencontres et de diversité ; un emploi du temps modulable et très libre, avec des choix de spectacles intéressants pour leur variété, et que j'ai, pour la majorité, beaucoup appréciés.

Ludivine Ricou

Mutualisation

Pendant le séjour au lycée St Joseph, les animateurs nous ont invités à les rejoindre tous les matins pour la mutualisation, aux environs de dix heures, après notre petit-déjeuner à ciel ouvert ou plutôt à couvert des platanes titanesques. Des chaises disposées en cercle sur la cour nous attendaient. La première fois, nous nous sommes retrouvés entre lycéens, plus ou moins intimidés et les discussions restaient stériles, certains bravaient le silence pour exposer leur avis mais il y avait rarement des rebonds ou des échanges. Émettre une opinion n'est pas chose aisée. Comment mettre des mots sur l'émotion ressentie, alors que parfois, on ne sait pas vraiment quoi dire ? Oui, la pièce nous a plu mais pourquoi ?!dsc_1833

De ce fait, les animateurs ont décidé de mélanger les groupes, les âges et nous nous sommes retrouvés semés parmi une faune composée essentiellement de femmes qui comptaient des records de présence aux festivals et qui contrairement à nous, avaient un avis sur tout !

Les critiques acérées ou dithyrambiques pleuvaient et ces doyennes du festival surenchérissaient pour avoir le dernier mot, quel spectacle ! Lorsque l'une déclamait tout haut son amour pour une pièce, une autre démontait soigneusement les arguments, à voix basse à sa voisine et se moquait de tant de passion. Ces spectatrices averties, bien que parfois dédaigneuses, aimaient, durant la mutualisation, prendre le devant de la scène, et capter les regards, ce qui avait le don d'enrager les autres. Les animateurs devenaient médiateurs, et comme dans les talk-shows télévisés, ils s'empressaient de répartir le temps de paroles et de tempérer les esprits.

La mutualisation était aussi un régal pour les yeux, et je ne me lassais pas d'admirer avec curiosité, les quelques spectatrices à l'allure distinguée dès la matinée. Je me souviens particulièrement de l'une d'entre elles qui portait une jupe à paillette, une grosse broche en or sur la poitrine et qui était maquillée outrageusement, avec des cheveux argentés relevés en chignon. Et pourtant, son attitude était discrète lors de la mutualisation et contrastait avec son allure tape à l'œil.

Je me rappelle aussi une petite femme qui portait ce jour-là un chapeau sur sa coupe au carré et qui était complètement ailleurs mais avec laquelle nous avons beaucoup échangé lors d'un déjeuner. C'était une comédienne dans l'âme, désabusée par les pièces qu'elle avait vu et qui préférait visiblement nous abreuver de paroles, plutôt que d'aller voir des représentations qu'elle trouvait désolantes. Mais nous, nous voulions voir le plus de spectacles possibles, alors nous avons mis, à regret, un terme à la discussion. Avignon est un lieu de personnages étranges d'un autre monde et leur découverte me fut grisante...

Le plus important cependant, ce sont les avis que nous pouvions récolter. En effet, au début du séjour, nous nous sommes vus distribués de véritables annuaires qui contenaient les milliers de spectacles du OFF. Il y avait de quoi être perdu pour, nous, débutants et plutôt ignorants, en ce qui concerne les grands noms et les noms prometteurs du monde du théâtre. Grâce à ces dames excentriques, nous étions renseignés, à nous d'en prendre et d'en laisser ! Ce qu'elles ne manquaient pas de faire entre elles, en témoignaient les petits carnets qu'elles tenaient serrés entre leurs mains et qui contenaient moult informations. D'ailleurs, leurs critiques étaient souvent très poussées et on sentait un plaisir du décorticage théâtral. Une aubaine pour mon oreille attentive !

Louise Cognard

Avignon

Durant le festival, à Avignon tout est spectacle. Le show ne s’arrête pas à la porte des salles de théâtre. Le show est partout, à chaque instant.

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Avignon. Une rue parmi tant d’autres

C'était un véritable plaisir de se promener dans les ruelles décorées par les accumulations d'affiches qui recouvrent les murs, portes, poteaux… L'ambiance festive, alimentée par les nombreux spectacles de rues et les démarcheurs aux costumes excentriques, apporte une continuité au festival. Il règne cet esprit de fête qui ne m'a pas laissé indifférente. Mais j'ai cependant été un peu déçue, car derrière ces animations, on sent un véritable marché, une concurrence entre les troupes. On se bat pour attirer notre attention, parfois de manière assez brutale et désagréable; les spectacles de rue sont courts, et ont plus particulièrement une visée publicitaire. Il faut ensuite se rendre au théâtre dit, et acheter sa place. Assez chère dans la plupart des cas. De vrais spectacles de rue, gratuits, il y en a en fait…peu. Ce côté lucratif et peu accessible est ma seule déception.

Ludivine Ricou

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Arthur Ribo. Le concert dont vous êtes l’auteur

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Une élève verbalisée pour port de short trop court Artiste anonyme

Avignon, en juillet, est une pièce époustouflante.



La ville revêt sa robe aux mille et une affiches.

Elle chante, danse, tourbillonne.



Avignon est une marionnette qui se met en marche aux applaudissements des spectateurs.

Scarlett

Mais nos festivaliers étaient là avant tout pour voir le maximum de spectacles et ils ont été servis.

Voici un échantillon de leurs coups de cœur …

Les spectacles

DICTIONNAIRE JEANNE PONGE de Fabienne Mounier. Coup de cœur.

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C'est lors d'une mutualisation matinale que j'ai eu vent du spectacle Dictionnaire Jeanne Ponge, écrit et dit par Fabienne Mounier. En effet, Mme Sandillon et Cloé Lastère avaient été le voir la veille et, ravies, elles nous l'ont fortement recommandé.

Intriguée et plutôt confiante dans les choix de Mme Sandillon, professeure pointue et éclectique et de Cloé Lastère, j'ai rejoint un petit groupe de curieux et nous sommes partis pour Présence Pasteur.

Fabienne Mounier nous accueille dans une petite salle. Sur l'estrade recouverte d'un tapis oriental trône une table d'écolière avec sa chaise. La comédienne s'assied, allume la petite lampe de bureau d'un clic sonore et nous fixe de ses yeux bleus d'acier. "Quelqu'un veut-il sentir ma grand-mère ?"

Au premier rang, nous perdons notre langue, peu habitués à ce que la frontière scène/spectateur s'efface, mais je tente un faible oui. Le visage diaphane encadré d'un chapeau s'approche de nous et nous tend un antique poudrier dont les effluves de poudre de riz et de violette poudrée agissent comme un poison magique. Le voyage peut commencer. Il est d'autant plus fort que je peux laisser libre court à mon imagination qui permet à la ville entière de Nevers ainsi qu'à la Loire de tenir sur une petit estrade.

Très droite sur sa chaise, Fabienne Mounier récite, avec des regards furtifs sur l'abécédaire, la relation qui la lie avec sa grand-mère durant toute son enfance. Elle part d'une lettre qui commence par un mot, lui-même étant l'inspiration d'une anecdote sur un quotidien d'un autre âge. Ce quotidien que je lisais avec délice dans les antiques romans d'enfance à l'odeur de pages jaunis et d'une longue retraite au grenier. Je pense, par exemple, à La Garenne de Jeanne Bourin. La lecture, la récitation à une voix, rappelle d'ailleurs celle des parents au coin du lit.

Mais ce serait trop facile. Dictionnaire Jeanne Ponge n'est pas une madeleine de Proust larmoyante. La voix fuse, sèche, et c'est la grand mère de Fabienne qui prend corps, avec une distanciation sur le récit, comme une dictée d'institutrice. D'ailleurs, au détour d'une page de l'abécédaire, Fabienne déplie délicatement et nous présente en silence des découpages scolaires, universels. La comédienne porte un regard ironique et mordant sur sa grand-mère qui exerçait alors une pleine autorité sur sa petite-fille qui n'avait qu'elle.

Malgré son corps et son vécu de femme, les incompréhensions enfantines sont livrées intactes, proches de nous. Je citerai par exemple la métamorphose du corps, l'apparition des poils, que je trouve très juste et très drôle.

L'absurde fait également son apparition lorsque la conteuse se lève et caracole sur la scène en hennissant comme un cheval. Truculent!

Jamais nous ne perdons le fil de sa lecture et Fabienne, au fur et à mesure, grandit, tout comme les projets de son ambitieuse grand-mère qui souhaite acheter puis rénover la maison voisine... jusqu'à l'ironie tragique qui oblige la jeune fille à prendre son envol.

Drôle et cruel, ce sont effectivement les deux adjectifs adéquats pour résumer Dictionnaire Jeanne Ponge. J'ai bien ri tout en ayant une sacrée chair de poule. A la fin j'ai eu très envie de prendre la main de l'adolescente naissante et de fuir avec elle le long de la Loire, pour l'aider à respirer sans l'oppressante mais rassurante gaine rose que pourtant elle ne portait pas.

Louise Cognard

JE ME SOUVIENS de Jérôme Rouger. Coup de cœur

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Je voudrais tout d'abord faire un hommage à Philippe AVRON, décédé cet été quelques jours après notre passage à Avignon ou nous l'avions vu dans son dernier spectacle "Montaigne, Shakespeare, mon père et moi", puis parler d'un spectacle : "je me souviens" de Jérôme ROUGER en rapport avec le livre du même nom de Georges PEREC.

Cette pièce de théâtre est une rétrospection de sa vie présentée de façon humoristique:il alternait entre son monologue, un diaporama et quelques phrases écrites par ordinateur.Celui-ci est son seul outil sur la scène. 

J'ai aimé dans ce spectacle le parallèle entre le texte et les images tantôt implicites tantôt très explicites et drôle. J'ai particulièrement apprécié la partie où une musique de "Scorpion" passait; son monologue s'intensifiait, son discours se trouvait écrit par l'ordinateur sur l'écran, son débit de voix augmentait un peu comme si tout ses souvenirs jaillissaient en même temps, un flot d'émotion le submergeait pour des souvenirs personnels mais aussi communs à chacun de nous. Ces moments me donnèrent des frissons, et m'émurent. Ce spectacle s’est terminé par ces dernières notes de musique, laissant une émotion palpable dans la salle, chacun se rappelant sa propre enfance.

Candice PLUMARD.

PAPPERLAPAPP de Christopher Marthalehr. Coup de cœur.
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Que dire de ce spectacle complètement abracadabrantesque ? Ayant d'abord vu la scénographie de la fantastique Anna Viebrock à la Miroiterie, les questions fusaient dans nos petites têtes de jeunes spectateurs inexpérimentés. Christopher Marthalehr allait-il réussir à exploiter pertinemment la Cour d'Honneur, le plus beau et haut lieu de théâtre de cette ville rayonnante et vivante en ce mois de juillet ? Qu'allait-il sortir de son imagination débordante qui avait déjà fait ses preuves? Les Maquettes vues à l'exposition présentaient une utilisation régulière de l'axe vertical sauf celle de Paperlappap : une simple esplanade écrasée par le poids des murs du palais, pourquoi?

Les critiques qui grouillaient intra-muros se révèleraient-elles pertinentes ?

La pièce commence. Magie du théâtre, nous nous laissons porter par les propositions de l'artiste. Et l'humour. Absurde. Omniprésent. Un aveugle retrouve la vue dans un Lavomatic, des couples se forment et se déforment au gré de la musique. Des spectateurs s'enfuient, effrayés par l'entracte sonore trop peu complaisant à leurs oreilles. Apocalypse dans la cour. La verticalité entre en jeu. Dans une niche, un pianiste joue une douce mélodie avant d'être rejoint par une cantatrice et un violoncelliste. Tous deux sont placés en hauteur, encastrés dans le mur, prenant pleinement part au spectacle. A ce moment la musique prend un autre tournant. Plus violent. Le sol tremble, le violoncelliste entre en transe, et l'esplanade explose dans les oreilles des spectateurs. Puis la pièce repart laissant derrière les spectateurs effrayés. De nouveau l'humour, la critique, aussi. Critique virulente de la papauté chuchotée à l'oreille d'un pauvre homme honteux. Toujours des gens fuient, les acteurs semblent tirer une énergie nouvelle de tous ces départs. La pièce se clôt doucement. Les acteurs quittent la scène comme ils sont arrivés dans une choralité vivante et belle, à la fois en groupe mais avec une individualité. Une évolution cependant, ils peinent à marcher, s'appuyant sur des cannes.

Ce spectacle nous rend incrédules. On en aurait redemandé.

Cependant chaque bonne chose a une fin et face aux réactions de beaucoup de spectateurs, il était raisonnable de la part du metteur en scène d’arrêter là.

En voulant analyser la scénographie (puisque analyser la pièce aurait été suicidaire), on s'aperçoit qu'elle produit un rapprochement entre la société de consommation et l'Eglise. N'est-ce pas du déjà vu et revu et n'est-ce pas un peu facile de critiquer ainsi les deux ?

Sinon, ce fut un régal !

Léo Bahon et Héloïse le Moal


NATURE MORTE DANS UN FOSSE. Addition théâtre. Coup de cœur.
Un soir quelconque, un homme rentre de boite de nuit, un accident, un mort. C’est par hasard que ce jeune italien percute un arbre au bord de la route, par hasard qu’il essaye de s’aventurer dans un fossé, par hasard qu’il revient dans sa voiture pour trouver du sang sur sa chaussure, et tous ces hasards font qu’il découvre le corps d’une jeune fille assassinée. Un homme, un policier, est chargé d’enquêter sur ce meurtre. La victime semble être une jeune fille de bonne famille, sérieuse, responsable. Mais avec l’évolution de son enquête qui l’emmène auprès d’une mère en larme, d’un dealer minable, d’une étrangère forcée à se prostituer dans les boites glauques où court la cocaïne, Saleti découvre que la victime avait une double vie.http://lestroiscoups.blog.lemonde.fr/files/2010/07/nature-morte_-laurence-navarro.1279227738.jpg

Nature morte dans un fossé, c’est une enquête policière, un polar mis sur une scène de théâtre. Dans ce récit de l’enquête sur le meurtre de Lisa Orlando, on découvre toute la violence quotidienne, et pourtant cachée, la souffrance, la haine, la folie de notre société, où l’argent règne en maître et pousse chacun à faire ce qu’il n’aurait jamais pensé faire. C’est une histoire déjantée, où l’humour noir, les situations invraisemblables et les drames qui se produisent chaque jour dans le monde se mélangent, pour donner corps à une pièce.

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Dans cette pièce, il y a des comédiens, mais il y a aussi un homme, une sorte de chef d’orchestre, qui organise le déroulement des évènements, place le décor, mène les comédiens, et nous transmet l’atmosphère de chaque scène à l’aide de sa musique. Ici, la mise en scène rapproche le théâtre du cinéma, en mettant la musique comme facteur d’une ambiance, et mêlée au texte, elle influence nos sensations, nous rend fous, nerveux, ou nous pousse à rire dans ce récit où rien ne devrait pousser à rire. La pièce consiste bien souvent en un enchaînement de monologues, les dialogues étant rares, et souvent reliant un des acteurs à une voix off venue d’on ne sait où, et les quelques scènes d’action qui ponctuent l’œuvre sont le fruit de l’imagination, car les acteurs ne font que raconter les faits en jouant, sans jamais avoir de contact, ou du moins très rarement. Pourtant, la pièce n’est pas longue, ni ennuyeuse. Malgré le fait que les monologues puissent ralentir le rythme de la pièce, la musique vient le ranimer, l’accélérer pour donner à l’ensemble un tempo effréné, comme une course endiablée qui ne peut presque jamais s’arrêter, et le jeu des acteurs vient renforcer ce sentiment d’être emporté vers l’avant, dans une voiture sans freins lancée à toute vitesse.

Finalement, Nature morte dans un fossé est un polar sombre et délirant, dans lequel un texte remarquable de justesse et de force est superbement servi par un jeu dynamique et entraînant et une mise en scène excentrique et explosive, qui plonge le spectateur dans le spectacle grâce à une admirable utilisation du son et de la musique pour servir la pièce.

Arthur Guyau

LES LOUPIOTES DE LA VILLE. Antoine Guiraud et Kamel Isker. Coup de cœur

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Ce spectacle est uniquement composé de deux hommes, deux chaises et deux chapeaux. Il n’y a aucun véritable dialogue, les deux personnages communiquent par baragouinage. Ils sont à la rue et cherchent un moyen d’échapper à leur cruelle réalité.

Par leurs échanges, ces deux personnages nous emmènent dans un univers magique et féerique. Un bel exemple que, parfois, on peut se passer des mots pour faire passer des émotions. Par leurs gestes, leurs mimiques et leurs voix, on se laisse emporter et on en ressort des étoiles plein les yeux !

Baptiste Ereau

EST OU OUEST PROCES D’INTENTION de Philippe Fenwick. Coup de cœur

wahrschein kabarett - est ou ouest

Un de nos coups de cœur de cette semaine théâtrale fut Est ou Ouest, interprété par la compagnie Escale.

Cette pièce nous a marquées par son originalité, étant une pièce d'agit'prop' (agitation propagande), ce qui permettait au public de prendre la parole, de réagir et de monter sur scène. D'autant plus que la pièce se passait dans un cabaret, mélangeant théâtre, propagande, acrobaties...
De plus, l'ambiance était très familiale, puisque la pièce était interprétée par une famille (le père, la mère et le fils) et un de leurs amis, qu'elle était jouée en plein air (dans un parc) et que les spectateurs étaient assis sur des gradins. Enfin, Est ou Ouest abordait le communisme et le capitalisme, avec leurs qualités et leurs défauts, à travers les yeux d'une femme qui avait habité l'ex RDA. Bien que le débat soit un sujet sérieux, le plaisir et le rire ont dominé tout au long du "WahrscheinKabarett".

BOUGARD Maëva
LAUNAY Anaïs
TOUET Félicie

Et les coups de gueules ? Il y en a peu.

Le coup de gueule qui ne l’est pas.

Il m’est impossible d’écrire un coup de gueule car parmi les nombreux spectacles que j’ai eu l’occasion de voir pendant cette merveilleuse semaine, je ne parviens pas à en critiquer un seul! Même si certains m’ont plus touché que d’autres, je trouve toujours quelques choses de bien. Donc mes coups de gueule sont plutôt des « j’ai bien aimé avec bémols à la clef » !

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Paperlappap. Christophe Marthaler

La pièce de Christophe Marthaler nommée Paperlappap. Cette pièce m’a surtout plu pour sa scénographie faite par Anna Viebrock. En effet, quand je ne comprenais rien à l’histoire, que les comédiens m’énervaient… Je me raccrochais au décor, à la mise en scène et celle-ci était vraiment captivante! Cette pièce se jouait dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Le lieu a déjà toute une histoire, mais cette pièce créée pour cet endroit, l’a vraiment bien investit. Tout d’abord il y avait les pianos cachés dans les renfoncements, les tombes qui servaient de lits, à l’extrême gauche l’intérieur d’une église, au centre une machine à laver, vers la droite un réfrigérateur Coca-Cola… Au sol il y avait plusieurs motifs de carrelages ou plancher… Alors pas de quoi s’ennuyer ! Je n’ai que deux mots à dire : Merci Infiniment.

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A story about being Free. Compagnie KLP

A story about being free. Je ne suis pas très réceptive à la danse contemporaine ce que j’ai apprécié dans ce spectacle c’est le fait que les musiciens soient sur scène. Ça change d’une bande son! De plus, les danseurs jouaient avec la musique et certaines images de leur chorégraphie étaient vraiment jolies.

Scarlett

Et après ?

Dans ce voyage, nous avons vu différents spectacles, certains étaient mieux que d'autres.

Mon coup de cœur est Chouf ouchouf car j'ai bien aimé le style de danse, je trouvais que ça bougeait bien.

Mon coup de gueule est Papperlapapp car j'ai trouvé que le spectacle ne bougeait pas assez, il y avait trop de moments où c'était silencieux.

Le festival d'Avignon m'a donné une autre image du théâtre. Avant je pensais que le théâtre n’était pas marrant mais qu’il était très long et je m’ennuyais quand je regardais une pièce.

Après être allée au festival d’Avignon, j’ai découvert qu’il pouvait y avoir des spectacles humoristiques et qu’il pouvait y avoir différents styles de spectacle.

Marion HOUSSAIS

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