Louis XIV et ses artistes








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titreLouis XIV et ses artistes
date de publication28.04.2018
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Louis XIV et ses artistes :

l’instauration d’une propagande d’Etat.





Florence Sorkine

A la mort du Cardinal Mazarin, Louis XIV a 23 ans. A la surprise générale, il annonce que c’est désormais lui qui gouvernera : il ne compte pas remplacer son parrain premier ministre. Beaucoup pensent à un caprice. Le caprice va durer jusqu’en 1715, soit cinquante-quatre ans de règne personnel effectif.
Un des premiers actes politiques du jeune roi est l’élimination de son Surintendant des Finances légué par Mazarin, Nicolas Fouquet qui a quelque peu confondu sa fortune personnelle avec les comptes publics ; mais la chose est si habituelle sous l’Ancien Régime qu’elle ne constitue pas un motif d’emprisonnement.

Nicolas Fouquet a surtout le tort d’entretenir une cour de très grands artistes qui, en échange, chantent sa gloire. Le jour où le Surintendant des Finances convie le roi et sa cour à une fête somptueuse en son château de Vaux le Vicomte, il signe sa fin. Le jeune monarque ne peut tolérer qu’un de ses sujets soit plus riche et plus puissant que lui et surtout qu’il le fasse savoir à tous avec ostentation. Arrêté trois semaines après la fête, il mourra à la forteresse de Pignerol vingt ans plus tard.
Tous les grands personnages du Royaume ont compris la leçon : depuis la Fronde, l’argent manquait aux particuliers pour entretenir des artistes ; avec l’affaire Nicolas Fouquet, il n’y a plus la volonté de le faire. Désormais, les mécènes privés ont disparu.
Seule reste en lice l’Eglise, mais ses commandes s’inscrivent dans un champ limité : architecture, peinture et sculpture religieuses, musique sacrée. Les plus grands écrivains du siècle consacrent une part de leur temps à des œuvres spirituelles. La Fontaine met en vers le Dies Irae, Corneille écrit l’Invitation de Jésus, Racine compose les Cantiques spirituels, etc. mais ceci reste néanmoins une activité ponctuelle et marginale.
Condé, prince de sang, cousin du roi et surtout vainqueur de nombreuses batailles, notamment celle de Rocroi, donc à ce titre celui qui a définitivement écarté le péril espagnol et dont le soutien est indispensable au régime, est laissé libre d’entretenir des artistes. A bien des égards, le château de Chantilly est un monde à part et un havre de paix pour les libertins dans le sens du XVII ème siècle, c’est à dire de libres-penseurs. Le Prince de Condé soutiendra Molière au moment de l’affaire du Tartuffe. La Bruyère sera le gardien de la bibliothèque de Chantilly, alors que l’immense succès des Caractères (25 000 exemplaires vendus, le plus gros tirage du siècle) ne lui a pas fait que des amis.

Un autre mécène se révèle important, mais c’est à peine un mécène privé : Monsieur, Philippe d’Orléans, frère unique du roi qui, par son goût artistique remarquable, va servir de rabatteur à son frère pour découvrir de nouveaux talents. Le château de Saint-Cloud a fonctionné comme un laboratoire ; il a malheureusement disparu au XIX ème siècle, effaçant du même coup le décor peint par Pierre Mignard.
Il reste donc comme principal, pour ne pas dire unique mécène, le roi. Son puissant ministre Colbert met en place en son nom une propagande d’Etat : création des Académies, système des gratifications aux auteurs et aux savants, organisation des manufactures qui régissent les métiers d’artisans d’art, construction de bâtiments de prestige et notamment - bien contre son gré - édification du château de Versailles.
Or au XVII ème siècle, ni les artistes, ni surtout les auteurs ne peuvent vivre de leur travail. Il faut attendre un siècle pour que le premier écrivain parvienne à vivre, mal, de ses droits d’auteur, en l’occurrence Jean- Jacques Rousseau avec la Nouvelle Héloïse en 1761. Racine dont l’édition du théâtre se vendit bien et cher ne put jamais y prétendre, ses droits d’auteurs ne furent qu’un appoint de revenus.

A l’époque de Louis XIV, un artiste doit avoir un protecteur qui le loge, l’entretient, lui verse une pension, lui passe commande pour qu’il puisse exercer son art, le protège contre d’éventuels détracteurs.
Dans un contrat, il y a deux parties en présence. Pour l’écrivain, le musicien, le peintre, avoir un protecteur est une nécessité vitale. Qu’en est-il pour le protecteur ? Car pour qu’il y ait contrat, il faut bien qu’il y trouve son avantage. En d’autres termes, quels profits le roi peut-il tirer de ses artistes, qu’en attend-il en terme de retour sur investissement ?
*

Pour répondre à cette question, je souhaite expliquer le fonctionnement du rapport entre le roi et ses artistes.

Louis XIV est émerveillé par la fête de Vaux. Il comprend la nécessité de satelliser les artistes pour avoir accès au Beau. L’architecte Louis Le Vau, le peintre-décorateur Charles Le Brun et le jardinier André Le Nôtre ont édifié le château de Vaux ; ils construiront Versailles. Molière et Lully ont présenté la comédie-ballet des Fâcheux lors de la fête offerte par Fouquet ; ils seront désormais les maîtres d’œuvres de toutes celles de Louis XIV.

Mais le roi est trop fin et a la tête trop politique pour ne se laisser gouverner que par la jalousie et la mauvaise humeur. Il ne va pas seulement récupérer les artistes de Fouquet mais mettre en place un absolu contrôle sur le monde des lettres et des arts.
Dès le départ, il s’agit d’un projet politique de grande envergure : puisque la monarchie s’apprête à subventionner l’art, l’art doit être à son service.
Dans l’esprit du monarque, il est clair que les fêtes et les divertissements sont un moyen de gouverner. Dans les Mémoires qu’il dicte en 1662 pour servir à l’éducation de son fils le Dauphin qui n’a alors qu’un an, la formule est explicite.

« Par là nous tenons leur esprit et leur cœur, [de nos sujets] quelque fois plus fortement peut-être, que par les récompenses et les bienfaits ; et à l’égard des étrangers, dans un Etat qu’ils voient florissant d’ailleurs et bien réglé, ce qui se consume en ces dépenses qui peuvent passer pour superflues, fait sur eux une impression très avantageuse de magnificence, de puissance, de richesse, de grandeur, (…) et fait juger avantageusement, par ce qu’on voit, de ce qu’on ne voit pas. » (1)
Trente ans plus tard, Antoine Furetière rédigeant l’article « faste » de son Dictionnaire se fait l’écho de cette politique :

« Faste quelquefois se prend en bonne part, & signifie simplement, Magnificence. (…) Le faste de la Cour de France montre la puissance de son Roy. » (2)
De même, dès les premières années de son règne personnel, Louis XIV voit dans l’édification de bâtiments et particulièrement en celle du château de Versailles, une façon d’éblouir la cour, la ville, l’Europe et … la postérité.

En cela il s’oppose systématiquement à Colbert qui, en tant que Surintendant des Bâtiments, est comptable des dépenses faites à Versailles, les trouve exorbitantes par rapport à celles engagées pour le Louvre qui en bien des lieux est inachevé ou menace ruine, et ne cesse de répéter que :

« La mémoire éternelle qui restera du Roy par ce bastiment sera pitoyable. » (3)

et que

« Tout homme qui aura du goust de l’architecture, et à présent et à l’avenir, trouvera que ce chasteau ressemblera à un petit homme qui auroit de grands bras, une grosse teste, c’est-à-dire un monstre en bastimens. » (4)
Enfin, outre les fêtes et les bâtiments, les écrivains peuvent également parler avantageusement pour le roi.

En 1658, Corneille, âgé de 52 ans, dépité parce que rabroué par la jeune comédienne Marquise Du Parc, lui avait écrit des stances :

« (…) Et dans mille ans faire croire

Ce qui me plaira de vous.
Chez cette race nouvelle,

Où j’aurai quelque crédit,

Vous ne passerez pour belle


Qu’autant que je l’aurai dit. » (5)
Louis XIV, mieux que personne, a compris le poids des écrivains dans le rayonnement de son règne et la postérité. Il ne passera pour grand qu’autant que les auteurs l’auront dit.
*
Parce qu’il leur reconnaît un pouvoir immense, Louis XIV va, dès les premières années de son règne personnel, mettre le plus grand nombre d’artistes sous contrôle.

En 1662, les Académies privées de peinture sont interdites ; il n’est plus question pour un particulier de recourir aux services d’un modèle vivant. Autant dire que pour exercer la peinture d’Histoire, la plus prisée alors, les peintres doivent être admis à l’Académie royale, créée en février 1663 sous la direction de Charles Le Brun et sur laquelle veille jalousement Colbert. La seule alternative est l’exil italien.
L’Académie française existe depuis Richelieu qui l’a créée en 1635 mais Colbert va reprendre les choses en main. En particulier, il institue les jetons de présence, incitation financière à venir siéger, et parce que les séances sont devenues publiques et que Charles Perrault le renseigne fidèlement, il contrôle les délibérations et empêche tout dérapage.
Le 3 février 1663, Louis XIV crée la Petite Académie. Il charge Colbert qui s’adjoint le fidèle Chapelain, auteur d’une épopée sur Jeannne d’Arc (6), de réunir cinq membres, tous issus de l’Académie Française. Officiellement, la Petite Académie rédige les inscriptions destinées à figurer sur les monuments élevés par Louis XIV et celles des médailles frappées à son effigie. Son pouvoir est donc grand mais la Petite Académie ajoute à ses attributions officielles le pouvoir de faire et défaire les carrières littéraires.

En particulier, Chapelain est chargé de dresser la liste des futurs gratifiés du roi. (7) Il faut rendre justice à Chapelain : ses propres amitiés sont peu prises en compte dans l’établissement de la liste ; en revanche, il privilégie deux critères à parts égales : les qualités esthétiques et l’attachement au régime (politique). Pascal étant mort en août 1662, il ne peut être sur la liste mais aucun de ses amis jansénistes, pourtant beaux esprits et particulièrement érudits, n’y figure.

Cette liste va servir de base pendant près de trente ans à une pratique qui va faire rentrer dans le rang les plus récalcitrants.

Contrairement à la pension, qui répond à une logique de service, l’écrivain comme n’importe quel autre serviteur reçoit un salaire pour un travail, fût-il intellectuel, la gratification entretient l’illusion du remerciement. Le roi remercie un auteur, un artiste, un savant de l’excellence dont il fait preuve dans son domaine sans officiellement rien en attendre en retour. Mais les beaux esprits ne se montrent pas ingrats : comment ne pas adresser dédicaces et louanges à un roi protecteur des sciences et des arts ? Le système fonctionne d’autant mieux que la gratification est ponctuelle, décidée et remise en cause tous les ans (parfois deux fois par an) et d’un montant variable mais non négligeable. 77 500 livres furent distribuées en 1665, 100 500 livres en 1671, 40 000 livres en 1688. Le système est abandonné en 1690 : Louis XIV a ruiné la France en de multiples guerres ; il n’a plus les moyens de ses ambitions.

A titre d’exemple, Racine touche 2 000 livres de gratification pour l’année 1685, un aumônier au service d’une grande maison, logé et nourri touche 200 livres de salaire annuel, un cocher 100 livres.

Mais pour être reconduit sur la liste des gratifiés de l’année suivante, l’auteur doit plaire au roi …
Signalons pour mémoire que la politique de création d’Académies royales va s’étendre à tous les domaines. En 1666, l’Académie des sciences voit le jour ; en 1671 est créée l’Académie d’architecture qui, à partir de 1675, sera totalement sous le contrôle de Jules Hardouin-Mansart ; en 1672, l’Académie de musique est confiée à Lully.
Pour Colbert, qui a peu de mal à le faire admettre au roi, le rayonnement artistique du règne passe également par l’essor économique et commercial et par l’excellence des artisans d’art. En 1662, les lissiers, notamment ceux travaillant à Maincy pour Fouquet, sont regroupés pour former la Manufacture des Gobelins. Le Brun en est le premier directeur ; il dessinera les cartons pour la réalisation de célèbres séries de tentures décoratives, L’Histoire d’Alexandre, L’Histoire du Roi, Les Mois ou les Maisons Royales. En 1663, Colbert crée la manufacture de la Savonnerie qui réalise les tapis, en 1664, celle de Beauvais qui se spécialise en tapisseries dites « verdures ». Le nombre de tapisseries offertes en cadeaux diplomatiques aux ambassadeurs étrangers prouvent que les artisans d’art participent à part entière à la grandeur et au rayonnement du règne.
*
A travers quelques exemples parmi les écrivains et artistes toujours célèbres plus de trois siècles après le règne de Louis XIV, nous envisagerons maintenant ce que les artistes ont procuré au roi outre son plaisir, ce qui n’est pas rien.

La Fontaine


Il fut très lié à Nicolas Fouquet dont il est le protégé et qu’il n’abandonne pas après sa disgrâce : il compose l’élégie Aux nymphes de Vaux et Ode au roi pour tenter d’amadouer celui-ci en faveur de son ancien protecteur, ce qui ne lui vaut qu’un exil à Limoges. Louis XIV et Colbert se méfieront de lui et il ne rentrera en grâce qu’en 1675 bien qu’il ait dédié son premier recueil de Fables au Dauphin en 1668.

Néanmoins, sans l’avouer ouvertement et sans rien débourser, le pouvoir royal s’approprie le talent de La Fontaine.

En 1665, Le Nôtre conçoit un labyrinthe pour le parc de Versailles ; en 1672, Charles Perrault suggère qu’il serve à l’éducation du Dauphin, âgé de 11 ans, et qu’on y installe des fontaines ornées de jeux d’eau illustrant chacune des fables … d’Esope. Or Esope n’est connu du public que par l’intermédiaire de La Fontaine. Les fables illustrées sont celles réécrites par La Fontaine : « Le Lièvre et la tortue », « Le Corbeau et le renard », « Le Renard et les raisins », « Le Renard et le bouc », etc ; les quatrains qui résument la morale de la fable sont demandés à Benserade, scénariste des ballets de cour et non à La Fontaine. Le pouvoir a la rancune tenace mais les visiteurs de Versailles savent bien que malgré la statue d’Esope à l’entrée du labyrinthe, il est le royaume de La Fontaine. (8)

Le fabuliste ne sera élu à l’Académie française, avec l’accord du roi -puisqu’aucune élection n’est possible autrement - qu’en 1685.

Molière


Le cas de Molière est unique. Après des débuts difficiles à Paris puis en province et sa participation à la fête de Vaux où il donne Les Fâcheux, Molière sait très vite se rendre indispensable au roi. En avril-mai 1662, il est appelé au château de Saint-Germain où réside la cour. Il y joue huit pièces dont six de lui et reçoit 1 500 livres du roi à titre personnel, en plus du paiement à la troupe. Quelques semaines plus tard, le 24 juin la troupe de Molière est de nouveau appelée par le roi. Elle séjourne sept semaines à la cour et reçoit 14 000 livres. Jamais un comédien n’a bénéficié de telles largesses : pendant dix ans, il est le maître d’œuvre incontesté des divertissemnts royaux, l’organisateur des fêtes et le pourvoyeur de comédies qui se créent tous les ans à l’occasion du carnaval, la fête la plus importante de l’Ancien Régime. Il écrit pour le roi et crée devant lui vingt-sept pièces parmi lesquelles L’Ecole des femmes, Le Bourgeois Gentilhomme, George Dandin, Les Fourberies de Scapin, L’Avare, Tartuffe, Monsieur de Pourceaugnac, Le Misanthrope, etc. Après sa mort, sa troupe interprète le Malade Imaginaire lors de la grande fête de 1674 à Versailles. Couvert de bienfaits par le roi, il est, tous les ans, en bonne place sur la liste des gratifiés. Louis XIV est le parrain de son fils et même si, l’année d’avant sa mort, il choisit d’offrir à Lully le privilège exorbitant de l’exclusivité d’avoir des musiciens sur une scène de théâtre, il conserve pour Molière une attention particulière.

En 1664, au cours de la fête des Plaisirs de l’Ile enchantée, Molière présente les trois premiers actes de Tartuffe. La pièce est alors inachevée et on ne sait pas exactement ce qu’elle était mais elle présentait un dévot qui, sous couvert de religion, s’introduisait dans une famille pour mettre le père sous sa tutelle, séduire la mère, épouser la fille, déshériter le fils. Il semble qu’au contraire de la version définitive, la pièce s’achevait par le triomphe de l’hypocrite et qu’il était en habit religieux. L’audace semble inouïe de la part d’un comédien auteur. Le roi et la jeune cour trouvent la pièce très à leur goût et rient beaucoup le 12 mai. Mais « Sa Majesté pleinement informée de toutes choses, jugea [l’Hypocrite] absolument injurieuse à la religion et capable de produire de très dangereux effets. » (9) Elle l’interdit cinq jours plus tard.

Que s’est-il produit ? Il n’est pas envisageable que Louis XIV qui contrôle tout et dont on sait par ailleurs qu’il voyait parfois Molière à son lever, se soit laissé surprendre par son comédien. Mais le parti dévot est puissant, soutenu par la reine mère, et le directeur de conscience est une réalité de la société d’alors, présent dans de nombreuses familles riches. Par ailleurs Louis XIV est engagé dans une lutte sans merci contre les jansénistes. Bref, il a besoin du soutien des religieux pour abattre les jansénistes et ne peut ouvrir un second front. Pourtant, loin de tenir rigueur à Molière de l’image que véhicule sa pièce sur les dévots, il continue à le couvrir de bienfaits, accepte que Tartuffe soit joué en privé, notamment chez Monsieur, où il la reverra, et chez le Prince de Condé, le laisse écrire une défense de la pièce où l’auteur rappelle que le souverain a ri lors de sa première présentation et autorisera sa reprise publique en 1669. En fait, il est vraisemblable que Molière, dans l’affaire du premier Tartuffe, agisse en service commandé. Le roi utilise l’écrivain pour sonder la réactivité de l’Eglise ; il peut ainsi se retrancher derrière le comédien s’il déclenche de trop vives réactions. Louis XIV et Molière, en 1664, ne parviennent pas à s’affranchir de l’Eglise et à faire évoluer la société vers plus de laïcité. Ce n’est que partie remise car le projet tient à cœur au jeune roi ; malgré son pouvoir absolu, il a perdu la première manche mais le monarque sait être patient. En 1665, Dom Juan dont l’unique croyance est « que deux et deux sont quatre, (…) et que quatre et quatre sont huit » (10) et qui néanmoins donne un louis d’or à un ermite non pour l’amour de Dieu mais « pour l’amour de l’humanité » (11) sera joué quinze fois publiquement avec succès. Jamais reprise ni publiée du vivant de Molière, la pièce ne fut pourtant pas interdite officièllement. Il s’agissait sans doute d’une mesure de prudence de la part de l’auteur.


Lully


Il est difficile d’imaginer de nos jours la complicité qui a uni Louis XIV, monarque tout puissant, à son baladin florentin, avide d’honneurs et d’argent, de mœurs dissolues et querelleur au point de se brouiller tour à tour avec Molière, La Fontaine, Boileau, Racine, Bossuet. La complicité du roi et de son musicien débuta très tôt quand Louis XIV adolescent aimait à se produire sur scène dans les ballets de cour réglés par Lully. La toute première fois, en 1653, dans le Ballet Royal de la Nuit, Louis XIV costumé en soleil séduit Lully par ses capacités de danseur. Il est probable que le jeune souverain de 15 ans, qui voyait dans le regard de Lully de l’admiration pour sa personne privée, en fut touché.

Lully obtiendra tout de Louis XIV : des sommes considérables pour lui et pour l’organisation de sa musique, sa nomination, dès le mois de mai 1661, à la charge de Surintendant de la Musique. Et à ce titre, il est chargé de tout réorganiser : de vingt-quatre violons et quelques instruments à vent, on passera peu à peu à deux cents exécutants, instrumentistes et chanteurs, lors des grandes fêtes.

Le musicien sera le maître d’œuvre incontesté de toutes les fêtes du règne pendant trente ans ; or la musique est présente lors des concerts et ballets, mais aussi dans la comédie-ballet, la tragédie en musique, plus tard dans l’opéra. Elle accompagne par ailleurs les collations, les festins, les promenades, les illuminations et feux d’artifice. Le retentissement considérable de ces somptueuses fêtes, notamment celles de Versailles, fonctionne comme caisse de résonance pour faire connaître la gloire du roi.

Plus que tout autre art, la musique est omniprésente dans la vie de Louis XIV, elle accompagne quotidiennement sa pratique religieuse, son souper, etc. : Lully est physiquement présent auprès du roi plusieurs heures par jour. En 1672, le roi lui accorde le privilège de l’opéra, c’est à dire qu’il exerce un monopole sur cet art nouveau : Louis XIV va, en plus, financer les répétitions, tous les somptueux décors et les coûteuses machines nécessaires aux représentations des opéras à machines qui font fureur, associant féerie et somptuosité. Les applaudissements enthousiastes du roi à tous les opéras constituent par ailleurs la meilleure publicité possible.

Louis XIV n’est pas perdant. Outre son plaisir personnel et l’influence de la musique de son Surintendant sur toute l’Europe, les dédicaces et prologues sont tous à sa gloire. Par exemple, celui d’Alceste - histoire d’Hercule descendant aux Enfers - met en scène la Nymphe de la Seine se plaignant de l’absence du roi, alors aux armées, et la Gloire qui lui déclare :

« Puisque tu vois la Gloire,

Ton héros n’est pas loin. »


Puis les deux unissent leurs voix pour chanter :

« Qu’il est doux d’accorder ensemble

La Gloire et les Plaisirs ! » (12)

En somme Lully résume le programme de gouvernement de Louis XIV.

Le Brun


Il n’est évidemment pas question ici de retracer la totalité de la carrière de Le Brun. Disons plutôt qu’il fut à la peinture et aux arts décoratifs ce que Lully fut à la musique, tout puissant et omniprésent. Nommé Premier peintre du roi en 1662, il travaille aux décors du Louvre, des Tuileries, de Saint-Germain ; mais à Versailles, il est le maître d’œuvre pendant vingt ans, élaborant seul la totalité du programme iconographique.

Régnant sur la manufacture des Gobelins, il fournit les modèles du mobilier, en particulier celui d’argent, les sujets et parfois les dessins des statues des jardins, notamment les quarante-huit qui composent la Grande commande. Il dessine aussi les projets des plafonds des divers appartements, les cartons des tapisseries et des broderies, donnant au premier Versailles, celui des années 1670, une parfaite unité iconographique. Pourtant, en 1684, un an après la disparition de Colbert, son fidèle protecteur, il doit laisser la place à une nouvelle équipe de décorateurs. On lui laisse heureusement achever le superbe ensemble constitué par le Salon de la Guerre, la Galerie des Glaces et le Salon de la Paix.

On doit à Le Brun d’avoir fait de Louis XIV, le roi soleil pour la postérité. L’utilisation du mythe d’Apollon n’est ni très original, ni de son invention : le roi a dansé costumé en soleil dès ses quinze ans, la devise nec pluribus impar (il n’a pas son pareil) accompagne un soleil sur les armes du roi lors du carrousel de 1662. Mais Le Brun introduit le mythe solaire partout à Versailles, dans les jardins, avec les quatre bassins des Saisons, le bassin de Latone, mère d’Apollon, et celui d’Apollon, avec enfin la grotte de Thétis et évidemment aussi dans le palais.

Envisageons l’Appartement du roi tel qu’il est réalisé en 1672 - 1673. Il est composé de sept pièces en enfilade, Le Brun propose sept plafonds figurant le soleil et ses planètes. Les modifications ultérieures, notamment la réalisation de la Galerie des Glaces, rendent illisible le programme iconographique initial dans ce qu’il en reste de nos jours ; mais le visiteur de 1674 accédait par le Grand Escalier au Salon de Diane, puis de Mars et de Mercure avant d’entrer dans la chambre du souverain où Apollon irradiait le plafond de ses rayons, avant de traverser les Salons de Jupiter, Saturne et Vénus pour passer chez la reine. Si l’on excepte l’entorse que constitue la position de Vénus en faveur de la galanterie (la déesse de la beauté se trouvant associée à la reine), Le Brun choisit de faire figurer dans le lieu le plus symbolique de la monarchie, le système solaire tel qu’il a été observé par Galilée et tel qu’il n’est toujours pas admis par l’Eglise. Galilée a été obligé de se renier en 1633 pour échapper aux poursuites. Louis XIV utilise aussi ses artistes pour se ranger du côté de la modernité, fût-elle contraire au dogme religieux.

Racine


En 1665, Racine, âgé de 26 ans, écrit sa deuxième tragédie, Alexandre le Grand. C’est un succès public et de cour considérable. La comparaison entre le jeune roi et le conquérant de l’Antiquité est transparente et à la mode : dans le même temps, Le Brun fournit aux artisans des Gobelins les cartons des tapisseries de l’Histoire d’Alexandre. Racine l’explicite dans la dédicace qu’il adresse à Louis XIV :

« Je ne me contente pas d’avoir mis à la tête de mon ouvrage le nom d’Alexandre, j’y ajoute encore celui de VOTRE MAJESTE, c’est-à-dire que j’assemble tout ce que le siècle présent et les siècles passés nous peuvent fournir de plus grand. » (13)

C’est un tour de force car, en 1665, le monarque n’est pas encore un conquérant. Mais qu’importe que la vérité historique soit mise à mal ! Racine fait du héros antique le conquérant des cœurs ; Alexandre le Grand est encensé pour sa galanterie non pour son génie militaire : « Il n’est pas extraordinaire de voir un jeune homme gagner des batailles » (14).

La stratégie est payante : il recevra 800 livres de gratification.

Racine a le génie de s’adapter à l’évolution du règne. Il écrit Iphigénie, dans laquelle les Grecs s’apprêtent à envahir et vaincre Troie, pour la fête qui célèbre la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV en 1674. Quand le temps de la dévotion sera venu à la cour avec l’influence de Mme de Maintenon, il écrira Esther, puis Athalie, deux sujets bibliques, pour les demoiselles de Saint-Cyr, jeune filles nobles, sans fortune élevées dans l’institution créée et protégée par … Mme de Maintenon.

La carrière de Racine est éblouissante. Lui aussi orphelin sans fortune, élevé par charité à Port Royal, il utilisera le théâtre, genre à la mode et très prisé du roi, comme tremplin. En 1672, il est élu à l’Académie française, en 1677 le roi lui alloue, ainsi qu’à Boileau son complice de toujours, une gratification exceptionnelle de 6 000 livres et le charge d’être son historiographe. Quand en 1680, Racine est accusé par la Voisin d’avoir empoisonné sa maîtresse, la comédienne Du Parc, et que Louvois rédige l’ordre d’arrestation, celui-ci ne sera jamais mis en œuvre, bloqué par le roi : Racine est intouchable. La vie d’une comédienne ne peut se mettre en balance avec « la gloire du plus grand roi du monde » (15) et il est vrai que Racine ne ménage pas sa peine pour statufier le roi de son vivant. Il suit, par exemple, les campagnes militaires pour mieux rédiger L’éloge historique du Roi sur ses conquêtes depuis 1672 jusqu’en 1678. En 1684, Mme de Montespan offre au roi un livre de miniatures des villes de Hollande prises en 1672 : ce sont Racine et Boileau qui en ont écrit le texte. Ajoutons que les deux mêmes rédigent les inscriptions faites en français, pour être comprises de tous, qui accompagnent les allégories et l’histoire du roi peintes à la voûte de la Galerie des Glaces.

Perrault


Il fait carrière au côté de Colbert pendant vingt ans et s’y montre vite indispensable : secrétaire du ministre au petit conseil, il joue les relais entre le pouvoir d’une part et les artistes et savants d’autre part. Premier commis des Bâtiments, il devient vite contrôleur - charge qu’il obtient gratuitement de la part du roi, ce qui est contraire à l’usage de l’Ancien Régime - et à ce titre vérifie les comptes et les travaux effectués dans les lieux les plus divers. A Versailles, il est l’œil de Colbert, qu’il renseigne sur l’avancement des travaux ; il sera son oreille à l’Académie où, entré en 1671, il prend en charge sa réorganisation. Bref, Perrault mène une carrière de haut fonctionnaire zélé. Par ailleurs, gratifié de 2 000 livres par an de 1668 à 1681 « en considération de son mérite et de son amour pour les belles-lettres », il poursuit une activité d’écrivain de circonstance, glorifiant tour à tour dans divers opuscules le roi (Ode sur le mariage du roi, Le siècle de Louis le Grand), ses fêtes( Courses de têtes et de bagues faites par le roi en 1662), la beauté de ses palais (Le Labyrinthe de Versailles), ses victoires militaires (Discours sur l’acquisition de Dunkerque).

Tout ceci n’aurait pas suffi à faire passer Charles Perrault à la postérité. Contraint de se retirer des affaires après la mort de Colbert, à demi disgracié, veuf et père de quatre jeunes enfants qu’il souhaite éduquer lui même, il va s’intéresser presque par hasard aux « contes de nourrices ».

Mais Perrault est également engagé dans la « Querelle des Anciens et des Modernes ». De 1688 à 1697, il publie le Parallèle des Anciens et des Modernes qui fait de lui le chef de file des Modernes : ils défendent le progrès en littérature comme en toutes choses et de nouvelles formes littéraires qui remettent en question la notion du Beau, alors que les tenants des Anciens affirment que l’Antiquité est indépassable. Les Contes vont paraître dans ce contexte, de façon anonyme dans le Mercure galant avant d’être publiés en recueil ; on murmure qu’ils sont écrits par un enfant de treize ans, le fils de Charles Perrault ... Le père se garde bien de démentir : chacun a un avis, s’interroge, en parle. Le mystère vaut publicité.

Le succès est grand. La démonstration est faite que les fées et les ogres peuvent rivaliser avec les divinités antiques qui ne sont pas plus crédibles et que, par leur morale, les contes, tout comme les textes nobles, parviennent à instruire en distrayant.

Le Nôtre


Jardinier de Fouquet à Vaux, il est le créateur des jardins qu’on appellera plus tard « à la française ». Louis XIV lui confiera celui des Tuileries, de Saint-Germain et surtout celui de Versailles, où tout est à faire sur un terrain ingrat, marécageux et sablonneux et où l’eau, si nécessaire aux fontaines et bassins, manquera toujours. A Versailles, les jardins ont toujours précédé les aménagements du château. En fait, le travail de Le Nôtre oblige Le Vau puis Hardouin-Mansart à concevoir un palais toujours plus grand et plus fastueux. Quand celui-ci n’est encore qu’un « petit château de cartes » (le mot est de Saint-Simon) les jardins sont déjà somptueux, prêts à accueillir les grandes fêtes qui vont éblouir l’Europe.

Louis XIV est un homme de plein air, incapable de rester enfermé ; à la fin de sa vie, Mme de Maintenon se plaint que lorsque le roi entre chez elle, il fait ouvrir toutes les fenêtres sous prétexte de respirer, quelle que soit la température extérieure. C’est sans doute ce besoin de sortir qui va rapprocher le souverain de son jardinier. Plusieurs témoignages attestent qu’au petit matin, avant son lever, donc en marge de sa vie officielle, le roi aimait retrouver Le Nôtre pour une promenade dans ses jardins. Devenu goutteux, marchant désormais difficilement, Louis XIV fait confectionner des chaises à roulettes qui lui permettent encore d’admirer ses jardins et il convie Le Nôtre à ses promenades, lui aussi dans sa chaise à roulettes.

Cette marque de familiarité de la part du roi sera enviée de toute la cour bien plus que les décorations de l’Ordre de Saint Lazare et de Saint Michel, les lettres de noblesse qu’il reçoit en 1675 et la pension de 6 000 livres par an.

C’est que le monarque sait ce qu’il doit à son jardinier. Louis XIV rédige d’ailleurs une Manière de montrer les jardins de Versailles, seul texte de sa main conservé ; le fait qu’il en donne six versions entre 1689 et 1705 prouve l’importance qu’il accorde à l’œuvre de Le Nôtre et sa volonté de léguer à la postérité, non seulement son jardin mais aussi de quel œil il faut l’admirer. En 1700, l’épitaphe de Le Nôtre déclare :

« Préposé à l’embellissement des jardins de Versailles et autres maisons royales. La force et l’étendue de son génie le rendoient si singulier dans l’art du jardinage qu’on peut le regarder comme en ayant inventé les beautés principales et porté toutes les autres à leur dernière perfection. Il répondit en quelque sorte par l’excellence de ses ouvrages à la grandeur et à la magnificence du monarque qu’il a servi et dont il a été comblé de bienfaits. La France n’a pas seule profité de son industrie. Tous les princes de l’Europe ont voulu avoir de ses élèves. Il n’a point eu de concurrent qui lui fût comparable. » (16)

La plupart des artistes au service de Louis XIV purent se glorifier des relations qu’il entretenait avec eux ; souvent il accéda généreusement à leurs demandes et ils eurent toujours un statut autre que celui du commun, mais seul Le Nôtre eut des relations d’amitié avec son souverain.
*

Pour conclure, je voudrais redire, d’une part, l’importance que l’art a revêtu dans la vie personnelle de Louis XIV qui y était prédisposé par son goût et son éducation, d’autre part l’extraordinaire capacité qu’a eu le roi, aidé par son entourage direct, à capter tous les talents au profit de la monarchie et de sa personne.

J’ai choisi de les exposer à partir des auteurs et artistes demeurés les plus fameux. Bien d’autres ont servi le régime et encensé le roi avec talent, parfois avec génie, faisant de cette époque ce que Voltaire nommera en 1751 « Le Siècle de Louis XIV » ; relevant le premier la singularité des productions artistiques et intellectuelles de l’époque, il écrit :

« on ne s’appesantira point ici sur la foule des bons livres que ce siècle a fait naître ; on ne s’arrête qu’aux productions de génie singulières ou neuves qui le caractérisent et qui le distinguent des autres siècles. » (17)

et plus loin :

« Tous ces grands hommes furent connus et protégés de Louis XIV.» (18) Il est permis de souligner avec Voltaire et plus de trois siècles après le règne du Roi Soleil que Molière, Racine, La Fontaine, Perrault, Lully, Le Brun, Le Nôtre, mais aussi Corneille, Boileau, La Bruyère, La Rochefoucauld, Mme de La Fayette, Bossuet, Fénelon, Le Vau, Hardouin-Mansart, Coysevox, Rigaud, Mignard, Couperin, etc., ayant tous à divers titres travaillé pour le roi, continuent à faire rayonner la France.



  1. Louis XIV : Mémoires

  2. Antoine Furetière : Dictionnaire

  3. Colbert : Lettres, instructions et mémoires, établis par Pierre Clément, Paris, Imprimerie Impériale, 1861- 1882, t. V, p. 268

  4. Idem. P. 267

  5. Pierre Corneille : Stances à Marquise.

  6. La Pucelle ou la France délivrée, poème épique en 24chants.

  7. Liste de quelques gens de lettres (B.N. Mss Fr 23045

(8) Le labyrinthe disparaîtra en 1778, Marie Antoinette souhaitant faire aménager à sa place le Bosquet de la Reine. Quelques fragments de statues ont été conservés, ils sont désormais exposés dans la Grande Ecurie de Versailles.

(9) Gazette de France

(10) Molière : Dom Juan acte IIII, scène 1

(11) idem Acte III, scène 2

(12) Ph. Quinault et J.B. Lully : Alceste ou le triomphe d’Alcide, tragédie lyrique en cinq actes, prologue

(13) Racine : Alexandre le Grand, Au Roi

(14) idem.

(15) La formule est de Félibien dans la relation qu’il donne du Grand Divertissement Royal.

(16) Tombe de Le Nôtre dans la chapelle Saint-André de l’église Saint-Roch à Paris

(17) Voltaire : Le Siècle de Louis XIV, chapitre 32, Des beaux-arts.

(18) Idem.

Liste des illustrations
N°1 Gravure : Vue du Chasteau de Vaux le Vicomte du côté de l’Entrée, non signée, non datée.

N°2 Tenture de l’Histoire du Roi, La Visite aux Gobelins du 15 octobre 1667 : le carton est de Le Brun, la tapisserie fut exécutée à la manufacture des Gobelins. On reconnaît le roi, chapeau sur la tête, entouré de son frère, du duc d’ Enghien et du Prince de Condé. Colbert et Le Brun présentent la manufacture.

N°3 Sébastien Leclerc : Vue et perspective du labyrinthe de Versailles où l’on voit les fables d’Esope, Paris, 1677, chalcographie du musée du Louvre.

N°4 Thierry Bosquet : « Le Renard et la grue », gouache représentant une des fontaines du labyrinthe, sans doute due à Martin Desjardins et peinte au naturel par Jacques Bailly. La fable de La Fontaine sur le même thème s’intitule « Le Renard et la cigogne ».

N°5 Statue de plomb du labyrinthe figurant un renard ; dix-huit sculpteurs ayant participé à la réalisation du labyrinthe, on ne connaît pas l’auteur de ce renard ; statue conservée au Musée de la Grande Ecurie de Versailles.

N°6 Anonyme XVII ème siècle : Louis XIV en Soleil dans le Ballet de la nuit, aquarelle de 1653, Paris, Bibliothèque Nationale de France, dep. des Estampes, Hennin 3674.

N°7 Jean Lepautre : Les Divertissements de Versailles. « Première Journée. Alceste, tragédie en musique, ornée d’entrées de ballets, représentée à Versailles, dans la cour de marbre du Chasteau, éclairée depuis le haut jusqu’en bas d’une infinité de lumières. » 1676, Musée National des châteaux de Versailles et de Trianon.

N° 8 Le Brun : Plafond de la Galerie des Glaces : Louis XIV, assis sur son trône accueille l’Académie française ; à l’arrière-plan sont figurés d’autres Arts ou Académies ; l’inscription « Protection accordée aux Beaux Arts, 1663 » est de Boileau et Racine.

N° 9 Pierre Denis Martin : Louis XIV au bassin d’Apollon, 1713, (détail)

N°10 Manière de montrer les Jardins de Versailles, manuscrit autographe de la main de Louis XIV, Bibliothèque Nationale, première page. 

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