Arcs en mitres + deux arcs en plein cintre =triplet








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Antique TD (suite)

Le sarcophage de Junius Bassusrome, 359 après J.-C., grottes vaticanes, Le Vatican

Arcs en mitres + deux arcs en plein cintre =triplet

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16:18). Ainsi Jésus aurait-il décidé de créer le martyrium du saint, selon cette inscription que l’on peut lire dans la basilique Saint-Pierre du Vatican.

Après, et même bien après le retour de saint-pierre au Vatican en 61 apr. J.-C., son martyre, ceux de nombreux chrétiens dus entre autres aux persécutions commises par Néron, beaucoup de croyants parfois tout juste baptisés ont souhaité y établir leurs sépultures. La création de la basilique sous le règne de Constantin au IV ème siècle a marqué le passage des « catacombes du Vatican » aux cryptes souterraines plus spacieuses et plus riches. Ce système de souterrains, juste en dessous de la basilique, a ensuite connu des modifications radicales avec la construction de la nouvelle basilique au XVIème siècle. Malgré de nombreuses pertes, une partie importante a été conservée, sauvegardant des œuvres essentielles : inscriptions, mosaïques, peintures, bas-reliefs, urnes et tombeaux. Aux côté et sous la protection des reliques du saint ont d’abord été inhumés des papes, puis des princes et princesses, des rois et reines, des empereurs et impératrices, des consuls, des sénateurs, et même certains membres des plus vieux clans familiaux romains. Le tombeau de Junius Bassus (141x243x144cm), dans la « Grotte Nuove », trouvé sous la Basilique en 1595 est un de ceux qui a le plus marqué le IV ème siècle par sa richesse plastique, la qualité de sa finition et sa valeur chrétienne.

Pourquoi ce monument juxta corpus beati Petri a-t-il une si grande importance historique et artistique ? Autrement dit, en quoi sa forme et la teneur de son message sont-ils révélateurs de leur contexte, de la progression du christianisme dans l’Empire, et de l’esprit des « premiers » chrétiens ? Le type même du tombeau nous invitera à essayer de comprendre la démarche et la vision d’un chrétien de la fin de l’Antiquité préparant sa propre mort.

Nous chercherons donc d’abord à cerner le contexte historique, religieux, socio-économique, ayant une influence certaine sur l’art funéraire et ses commanditaires, dont Junius Bassus, à Rome à cette époque. Il faudra ensuite se pencher sur des considérations d’ordre stylistique et esthétique, à propos du tombeau en question, tout en l’inscrivant bien sûr dans la dynamique plus générale de la création romaine. Enfin, et en essayant de ne pas marquer une opposition mais au contraire de tisser des liens avec ce qui précède, nous étudierons la teneur du message iconographique, symbolisant avant tout de manière touchante la dévotion totale, la croyance profonde en la victoire du Christ, et par extension de la religion chrétienne tout entière.

Pour introduire le sarcophage de Junius Bassus, nous allons d’abord le replacer dans son contexte. Ainsi nous décrirons rapidement le phénomène de christianisation de la société romaine au IV ème siècle et ses oppositions, la domination de Rome sur l’Empire, tant au niveau politique qu’au niveau religieux et artistique, et le rôle important des commanditaires. Enfin, grâce aux textes figurant sur le couvercle du sarcophage étudié, nous verrons en quoi il s’inscrit dans ce contexte.
Le IV ème siècle va être le siècle charnière quant à la christianisation de l’Empire romain. En effet, à partir de 311 et même dès le IIIème siècle avec Gallien, un certain nombre d’événements et de personnalités importantes vont permettre au christianisme de s’affirmer. Il est important de comprendre le caractère transitoire de cette époque qui va marquer le passage de l’Antiquité au Moyen-Âge. A ce sujet l’empereur Constantin fut la personnalité politique la plus importante dans la première moitié du siècle. En 313, l’Edit de Milan qu’il met en application renforce celui de Galère. En autorisant officiellement le culte du Christ, Constantin permet aussi à l’art chrétien de s’affirmer en tant que tel. Il fera surtout élever des églises impériales pour célébrer sa foi. Sa conversion en 337 sur son lit de mort, qui place le christianisme dans la plus haute sphère du pouvoir, est le symbole du profond changement qui s’opère et annonce le courant de conversions. Si en 337, il s’agissait encore d’un geste fort, isolé et personnel, il sera bien plus courant à la fin du siècle. L’édit de Théodose, en 380, marque la deuxième vague de christianisation de l’Empire, le texte proclamant la religion chrétienne comme religion d’Etat. Alors qu’elle était encore interdite dans la première décennie du IV ème siècle, elle aura à présent elle-même le pouvoir d’interdire : en 391 le culte païen est interdit et ses temples sont fermés.
Le tombeau de Junius Bassus, comme une inscription que nous verrons plus en détail l’indique, a été sculpté en 359 (les premières recherches annonçaient 358) par un artiste qui nous est malheureusement resté inconnu. Si le IV siècle présente une évolution certaine, il ne faut tout de même pas la simplifier. De Constantin à Théodose, certains empereurs, et même le peuple, n’ont pas obligatoirement marqué leur enthousiasme envers la « nouvelle » foi. Des mouvements religieux ont eux-mêmes empêché l’art chrétien de s’épanouir totalement.

Arius, prêtre d’Alexandrie (vers 256-336), nia la naissance du Christ. L’arianisme fut un de ce mouvement virulent qui tenta de s’opposer à la propagation de la « Bonne Parole ». L’hérésie arienne fut ensuite condamnée par les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381). Le deuxième grand courant contestataire est lui-même chrétien. « Dans une fameuse lettre adressée à Constance, Eusèbe de Césarée réfute toute figuration du Fils de Dieu. La forme d’esclave de Jésus ‘‘a été mélangée et ce qui est mortel a été englouti par la vie’’. Toute représentation de la personne du Sauveur est par conséquent inimaginable. » (Maria Antonietta Crippa et Mahmoud Zibawi). L’iconophobie s’oppose donc sans réelle concession à la représentation figurée du divin. « Comment quelqu’un peindrait-il l’image de la forme tellement merveilleuse et incompréhensible – si toutefois il faut encore appeler ‘‘forme’’ l’essence divine et intelligible ? ». La fin de l’interdit biblique est significative du passage de l’Antiquité au Moyen-Âge.
Une fois cette nuance établie, nous pouvons mentionner l’importance des ateliers romains dans la création artistique funéraire après la paix chrétienne. Un nouveau style de cuve, divisé en deux registres superposés sur lesquels s’alignent des épisodes bibliques, se multiplie même s’il n’est pas le modèle unique. Il existe surtout deux autres catégories. Une qui n’est pas divisée en deux et présente des personnages de la hauteur de la cuve. Une autre enfin où les personnages bibliques se présentent sur fond d’un décor architectural. Le sarcophage de Junius Bassus appartient au premier groupe ; nous y reviendrons. Il est ici important de noter que les ateliers romains ont pris en charge le quasi-monopole de la création funéraire impériale. Les Romains exportaient leurs créations, s’ils n’étaient pas copiés. Les monuments retrouvés à Arles en sont un exemple. Il s’est ainsi construit une véritable organisation due à un nouveau mode de production. En effet, le nombre de clients augmentant, il y eut une rationalisation de la production, des tombeaux étant même sculptés sans commanditaires.

On a souvent tenté de démontrer que ces ateliers se seraient inspirés des tombeaux d’Asie Mineure, en particulier au niveau du décor architectural (colonnes, portiques, frontons…) mais la lecture de H. Leclercq nous prouve que la part de créativité romaine est plus importante que ce qui avait d’abord été imaginé. Créativité requise par les commanditaires.
Au IV ème siècle, comme le démontre Jean-Pierre Caillet, il y a une correspondance entre la respectabilité sociale de l’individu et la richesse de sa sépulture. Les fonctions sociales de cet individu sont aussi à prendre en compte. Les richesses artistiques, mais aussi mercantiles et symboliques d’un sarcophage sculpté de mains de maître sont donc révélatrices d’un désir aristocratique. Les meilleurs exemples étant sans doute les sarcophages d’Hélène et de Constantina, la mère et la fille de Constantin, sculptés sur toutes leurs faces visibles dans du porphyre. Le décor historié, en opposition à des motifs décoratifs comme les strigiles sont une marque de cette supériorité. Cette différenciation est cependant à nuancer puisque de riches personnalités n’ont pas choisi un style de sépulture somptuaire, qu’il y a des variations selon les époques et que le nouveau mode de production avec les figures des défunts et les inscriptions inachevées et rajoutées après qu’un client l’ait choisi (ou quelqu’un de sa famille s’il est déjà mort), a contribué à baisser le prix des sarcophages sculptés.

L’importance antique du rôle de l’individu dans la société est aussi révélée par ces sarcophages. Si ce n’est par une inscription, c’est par sa richesse, son emplacement (dans un sanctuaire individuel, ad sanctus, dans un cimetière…)…

Ces œuvres sont en tout cas le reflet du bouleversement qui se crée dans les élites. On peut s’interroger sur la part de complaisance des commanditaires envers la nouvelle religion du pouvoir, mais aussi envers le nouveau pouvoir religieux. En ce qui concerne l’art funéraire, on a du mal à concevoir l’intérêt qu’ils purent en tirer. Ainsi la richesse des sarcophages est bien le témoignage d’une foi authentique et profonde. Jean-Pierre Caillet insiste sur le fait que le message du sarcophage historié ne s’adresse pas tant aux hommes qu’à Dieu. Néanmoins, il sera tout de même représentatif de l’image que le commanditaire a voulu laissée de lui. Même si les cryptes du Vatican ont évolué et qu’elles n’étaient pas faites pour être visitées, il est impossible pour un visiteur aujourd’hui d’imaginer Junius Bassus pauvre et païen.
Le sarcophage de Junius Bassus ne laisse aucun doute quant à son commanditaire. Grâce à deux inscriptions latines gravées dans le marbre, nous comprenons mieux qui était Junius Bassus.

La première, inscrite sur une sorte de stèle aujourd’hui abîmée et posée sur le couvercle est un poème de 8 distiques évoquant l’amour du peuple pour son consul (Junius Bassus) et son attitude éplorée à sa mort. Ce thème est commun à cette époque pour un éloge funèbre. Si l’on ne peut pas s’y fier aveuglément, il semble cependant qu’il est vraiment été apprécié par les romains.

En voici une traduction :


«[...] [hic mo]derans plebem patriae sedemque se[natu]
[ur]bis perpetuas occidit ad lacrimas.
[nec l]icuit famulis domini gestare feretrum,
[c]ertantis populi sed fuit illud onus.
[fle]vit turba omnis, matres puerique senesque,
[fle]vit et abiectis tunc pius ordo togis.
[flere vide]bantur tunc et fastigia Romae,
[ipsaque tun]c gemitus edere tecta viae.
[cedite sublim]as spirantum cedite honores,
[celsus est culmen] mors quod huic tribuit. »


« [...] He fostered rivers of plenty, moderating the people to the benefit of the
native land and the senate house,
He died, to the perpetual tears of the city.
Nor was it permitted to the servants of the lord to carry the coffin
But that was the burden of the striving people.
All crowd wept - mothers and boys and old men,
And then the pious order [of senators] deposed their togas and wept.
Then the monuments seemed to weep,
And then the houses themselves along the way (seemed) to give forth sighs.
Grant the highest (honors) of those who live, grant honors;
Sublime is the height that death has let him reach. »



Mais l’inscription la plus intéressante se trouve sur la frise :


« 

IVN.BASSVS VC QVI VIXIT ANNIS, XLII MEN. II







IN IPSA







PRAEFECTURE VRBI NEOFITVS IIT AD DEUM.







VIII KAL. SEPT.







EVSEBIO ET YPATIO COSS.

»

Soit en français : « Junius Bassus, homme très illustre, qui vécut quarante-deux ans et deux mois, étant préfet de Rome, néophyte, s’en alla à Dieu le huit des Calendes de septembre, sous le consulat d’Eusébius et d’Ypatius. ». Avec cette traduction de Louis François Jéhan et en suivant son explicitation dans le Dictionnaire des origines du Christianisme, nous allons nous intéresser à chaque partie significative de cette épitaphe.

Son nomen et son cognomen, « IVN.BASSVS », nous informent que Bassus appartient à la gens Junia, une des plus vieilles et des plus importantes familles de Rome. Cette famille donna « à l’Eglise un grand nombre de vierges, de saints et de martyrs, après lui avoir donné des juges et des bourreaux ». Cela nous rappelle que la conversion de Bassus est à la fois une rupture de la tradition familiale mais aussi un symbole fort de rédemption.

Son statut social est précisé par les lettres « V.C. », soit « vir clarissimus » qui désigne à la fois son illustre naissance, son emploi important et sa haute dignité. L’âge de sa mort est indiqué par :« QVI VIXIT ANNIS, XLII MEN. II IN IPSA ». L’espérance de vie à cette époque était alors fixée entre 40 et 45 ans. Junius Bassus est donc mort dans la force de l’âge. Sa fonction sociale est ensuite indiquée : « PRAEFECTURA URBI ». Il faut préciser ici qu’il ne fut préfet que quelques mois car il mourut en fonction. Un préfet à l’époque était presque toujours consulaire, ce qui est le cas ici. La police et la justice étaient de son ressort et il suppléait de plus le roi ou l’empereur en son absence. Cette haute fonction, malgré un caractère souvent très symbolique, montre en tout cas que Junius Bassus faisait partie de l’élite de la capitale de l’Empire.

Nous arrivons à la fin à l’essentiel de l’inscription : à la fois son caractère chrétien et sa datation. Junius Bassus, « NEOFITUS », était un catéchumène baptisé sur son lit de mort. Si le baptême à l’âge adulte était de mise à cette époque, celui de dernière minute n’était pas bien vu par tout le monde. La position du mourant confirme donc sa forte volonté individuelle de mourir chrétien. De plus s’il « s’en alla à Dieu », sous-entendu « alors qu’il était préfet » (« IIT AD DEUM »), c’est bien qu’il croyait en la résurrection et au bonheur éternel. C’est bien aussi une piste poussant à croire que le message de son sarcophage était adressé à Dieu lui-même, presque comme une sorte d’ « offrande » à sa gloire. Ces deux mots simples mais spirituellement chargés inscrivent donc ce sarcophage, en insistant dessus, dans une dimension chrétienne.

Enfin, deux compléments temporels nous indiquent l’année de création de ce sarcophage, ce qui est une chose très rare. On compte en effet seulement 6 sarcophages datés du milieu du siècle. D’abord la date de la mort, du défunt : « VIII KAL. SEPT. », « le huit des calendes de septembre », soit le 24 Août. La précision « EVSEBIO ET YPATIO COSS. » en indiquant l’année : 359 ap. J.-C..

Cette inscription est à mettre en rapport avec le reste du sarcophage et son registre iconographique puisqu’elle le domine. Elle en indique en partie le sens. Cette redondance se faisant sans doute l’écho de la foi de Junius Bassus et de la volonté chrétienne d’imposer son message. Le style même du sarcophage nous démontre cette hypothèse.
Nous allons dans un second temps appréhender la forme du tombeau, voir ce qu’elle tire de la tradition antique et ce qu’elle perfectionne ou invente, pour comprendre quel mode de lecture, quel état d’esprit elle nous invite à prendre, et enfin comment et par quelles techniques s’y retrouve le message serein et victorieux christique.

Comme nous l’avons déjà évoqué, il apparaît à Rome dès l’époque constantinienne un nouveau style de sarcophages à double registre. Ce changement s’inscrit dans un mouvement plus large d’évolution de la structure de la façade ; la forme la plus aboutie de cette mouvance étant celle du sarcophage à niches. Elle clarifie d’une certaine manière la composition en lui donnant une ordonnance stricte faite de lignes droites. Elle répond aussi à une volonté de montrer plus de scènes bibliques (généralement 2x5), de supprimer leur entrelacement, donc de confirmer leur isolement, l’unicité de chaque scène et la personnalité de chaque personnage, et peut-être aussi de permettre au très haut relief, proche de la ronde bosse de prendre toute sa splendeur, tout en étant mieux contenu.

Deux types de sarcophages à niches se sont développés. Celui du sarcophage à colonnes et celui du sarcophage à décors d’arbres. Celui de Bossu appartient à la première catégorie, ce qui n’empêche pas la présence de trois arbres dans le registre inférieur, dont deux plutôt saillants ayant même un rôle séparateur dans la scène du péché originel. Ici ce sont des colonnes corinthiennes qui jouent le rôle d’encadrement des dix scènes. Les quatre centrales ont des fûts sculptés tandis que les huit autres, ont les leurs cannelés.

Il faut faire attention lorsqu’on en parle car si le sarcophage présente des motifs architecturaux, ce ne sont pas des types architecturaux, ils n’en ont pas la fonction. La division de la façade est artificielle, le mot « niche » est même un abus de langage puisqu’il s’agit d’un mur plat sur lequel sont plaquées des décorations. C’est en cela que ce style se différencie de ceux de Grèce, d’Asie Mineure et aussi de ceux dits de Sidarama.

Le sarcophage de Junius Bassus réunit sur ses deux étages le portique couvert et le portique à frontons et à arcatures. Ce sont toujours des formes isolantes qui comme on l’a dit confèrent aux scènes représentées leurs particularités, leur élévation spirituelle. Ce découpage insiste sur des moments, des lieux et des instants précis, chargés d’une atmosphère particulière que chaque chrétien doit ressentir.

Dans un marbre de Paros qui nous ramène à la tradition grecque, puis romaine, les décors et les personnages sculptés en très haut relief le sont pratiquement en ronde bosse stylisée. J’emprunte à Maria Antoniette Cripa et Mahmoud Zibawi leur analyse : « Le traitement sculptural des cercueils relève de l’art de l’époque. […] Le modelage des silhouettes forme un indéniable contraste avec la manière hellénique et son prolongement romain. Les figures et les éléments reproduits sont antiques. Le modelage et la stylisation relèvent d’une nouvelle sensibilité. Le nouveau se manifeste sans s’affirmer pleinement. Le classicisme demeure présent. Quelquefois, il se relève et marque de son sceau l’œuvre chrétienne. Le sarcophage de Junius Bassus en est la manifestation majeure. ». L’œil y est saisi à la fois car les figures y semblent plus vivantes et par les effets lumineux différents que le très haut relief produit. Les ombres noires des personnages s’opposent aux reflets lumineux de leurs têtes cylindriques. On y ressent déjà la dimension spirituelle chrétienne élevant ses fidèles. L’opposition de ce contraste avec des parties sculptées aux valeurs plus nuancées comme celles des frontons sculptés en bas-relief en fait un monument précieux. Le fond des scènes a été abandonné à sa platitude. Les recherches sur le paysage ont été abandonnées pour se concentrer sur la composition des groupes de personnages. Ces groupes ont tendance à aller vers une sorte de minimalisation narrative renforçant la pureté du message chrétien. Compte tenu du nombre de scènes, cette simplicité peut aussi s’expliquer par une exigence d’un minimum de clarté de l’ensemble. La qualité des détails, La subtilité de certains drapés, la capacité de la sculpture à superposer les figures en créant des compositions vivantes et intelligentes, la finesse des ciselures et leur profondeur propulsent cet ouvrage artisanal au niveau des plus belles réalisations du classicisme post-constantinien. Il achève d’ailleurs la période du beau style de la Basse Antiquité (340-360).

VEME REPRESENTATION DE JESUS

Il ne faut en outre pas nier un certain maniérisme, à la manière du post-classicisme grec, transmis par la qualité technique virtuose du sculpteur. La précision des détails architecturaux, même s’ils servent un idéal divin, traduisent aussi purement et simplement un goût du luxe et de la préciosité.

De plus, le bloc de marbre sculpté a finalement été poli. Cette technique rappelle que les figures présentes ont toutes un lien avec le divin. Leur douceur, leur calme (même les gardes romains) s’inscrivent dans l’harmonie et l’équilibre générale des formes. Tout semble s’agencer naturellement. Les personnages ne paraissent presque jamais à l’étroit car le sculpteur a su jouer des effets de profondeur. Les lignes sont fluides, les mouvements paisibles. Cependant, la multiplication des directions des regards, les diversifications des gestes et attitudes, à l’intérieur même de la rigidité du cadre, créent un phénomène d’agitation. Aussi peut-on y voir un savant mélange de vivacité humaine, comme dans les corps, autant qu’un calme divin transcendant (comme dans certains visages).
Quant à la lecture de l’ensemble iconographique, à première vue, le mode d’assemblage en niches semble nuire à l’organisation et à la compréhension de l’ensemble. Effectivement, la restriction des tableaux à trois personnages dans un espace relativement confiné empêche une narration de se développer réellement, surtout que l’ordre chronologique des scènes bibliques n’est pas respecté. Toutefois, ce désordre n’est pas involontaire. Des jeux, entre autres, de symétrie, de rimes et de rappels se créent.

Nous allons de la sorte voir dans un troisième temps comment la lecture du message didactique de chaque scène sert un sens plus général : celui de la victoire du Christ.

Il nous faudra pour cela s’attacher d’abord à décrire les épisodes en s’appliquant à tisser des liens entre eux et comprendre leur sens. Ensuite nous nous pencherons plus précisément sur le décalage produit entre un « sarcophage de la Passion » et un « sarcophage de la Victoire ». Enfin nous nous demanderons quelle place il existe pour Dieu dans un sarcophage historié et quels liens se tissent entre Lui et son commanditaire.

Commençons par décrire et analyser chacune des dix scènes présentes sur la grande façade.

Chaque registre se compose de cinq scènes accolées. Les liens à faire entre elles seront donc autant horizontaux que verticaux. La scène principale se trouve au centre du registre supérieur. Nous y voyons le jeune fils de Dieu, un rouleau ouvert à la main, assis sur sa chaire d’ivoire
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