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LIVRE DE BORD




08. RUSSIE
Semaine du samedi 1 au vendredi 7 septembre 2001


Samedi, à Marseille, je prends le TGV à 6H09 pour l'aéroport de Roissy, puis un avion pour Saint-Pétersbourg où les formalités d'entrée sont brèves ; là-bas, changement d'aéroport et d'avion pour arriver à Moscou à 20H45: ça y est, je suis reparti en voyage!

Je rejoins en fait un groupe de 12 personnes pour un circuit de 15 jours organisé par Nouvelles Frontières en Russie: étapes prévues à Moscou, dans les cités de l'Anneau d'Or, à Novgorod, à Pskov et à Saint-Pétersbourg.


Présentation sommaire de la Russie:

La Russie était occupée, au début de notre ère, par différentes tribus, puis par les Goths au troisième et quatrième siècle, suivis des Huns jusqu'au sixième siècle et enfin par les Slaves, descendants des Vikings, marchands guerriers venus de la mer Baltique. C'est l'Ukraine, aujourd'hui pays à part entière, qui en fut le poumon avec Kiev pour capitale jusqu'en 1169. La Russie connut alors une histoire très mouvementée (invasion, occupation et suprématie mongol durant 240 ans et de nombreuses guerres). Ce n'est qu'en 1263 que Moscou devient la capitale de l'empire russe, sous contrôle mongol. Au quinzième siècle, Ivan III, dit Ivan le grand, prit le titre de Tsar (version russe du César romain) et institua le servage qui dura des siècles. La dynastie des Romanov, elle, remonte à 1613, lorsque le jeune Mikhael Fédorovitch Romanov, âgé de 16 ans, fut élu par la Zemsky Sobor, l'assemblée du pays. Quelques grands noms de cette dynastie: Pierre le Grand, Catherine de Russie, Alexandre 1er (le grand adversaire de Napoléon), Nicolas 1er et Nicolas II, le dernier tsar (lisez donc Henri Troyat). En mai 1812, la grande armée de Napoléon entra en Russie et atteignit Moscou, que les Russes brûlèrent, le 2 septembre. Puis se fut la débâcle et la fin misérable de l'armée napoléonienne: en 1814, l'armée russe entrait dans Paris et Alexandre 1er fut acclamé comme "le libérateur de l'Europe". Plus tard, en 1917, ce fut la révolution, en pleine première guerre mondiale, avec l'abdication de Nicolas II le 15 mars 1917 et la prise du pouvoir par Lénine et le parti communiste; une nouvelle dictature, très contre-versée, était née: création d'une police secrète, guerre civile et tutti-quanti. La Russie devint la première république soviétique après la révolution le 7 novembre 1917, puis le plus important membre de l'URSS le 30 décembre 1922. Lénine meurt en 1924, à 54 ans. Son successeur, Staline, fit liquider tous ses opposants (tel Trotski), collectivisa les terres et tua des millions d'innocents. C'est cela, le communisme... Vous connaissez la suite…

La Russie est un pays immense, le plus grand du monde, et de loin: plus de 17 millions de km2, soit 31 fois la France. De la Baltique à la mer Noire, de la grande plaine de l'Europe du nord aux rives de l'Amour, elle représentait à elle seule, avant la proclamation de sa souveraineté le 12 juin 1990, plus de 76 % du territoire de l'URSS et 51 % de sa population, environ 150 millions d'habitants (9 au km²).

Ayant l'image d'un pays riche et puissant, on s'est aperçu lors de son effondrement ces dernières années qu'il n'en était rien. Deux exemples: en 1997, le produit national brut par habitant était de 1370 francs par mois, le plaçant en soixante-deuxième position (France: 13020 francs) et l'espérance de vie de 65 ans (France: 78 ans). La situation économique de la Russie est aujourd'hui catastrophique: n'ayant plus de travail, les Russes se débrouillent comme ils peuvent...


Mais revenons à mon voyage: le groupe rassemblé, nous suivons jusqu'au car notre guide russe, parlant un français impeccable, et descendons à notre hôtel, en plein centre-ville, vers 23 heures. Un feu d'artifice nous accueille et, dans les rues proches, interdites à la circulation, la foule est en joie à notre arrivée. Mais, renseignements pris, ce n'est pas pour nous: tous les premiers week-end de septembre, c'est la fête de Moscou, avec un peu de musique, quelques déguisements et une joie bonne enfant. Dehors, il fait frais, 8 degrés; heureusement qu'avant de partir, j'ai écouté ma petite sœur qui me conseillait de prendre un pull-over!

L'hôtel est tout à fait correct et ma chambre est spacieuse (j'avais choisi à Marseille l'option single pour être plus tranquille). Il y a même TV5, ça c'est bien pour suivre l'actualité. Le repas au restaurant est moyen, ce n'est pas le grand luxe mais ça va. De toute façon, je n'ai pas le choix puisque le circuit est en pension complète. Le groupe me semble sympa et je suis un des plus jeunes, du moins d'âge mental... Il est composé de trois couples et de six célibataires, trois hommes et trois femmes.


Après une bonne nuit et un petit-déjeuner correct, nous nous rendons dimanche à Serguiev Possad, où se trouve le fameux monastère de la Trinité-Saint-Serge, le principal lieu de culte et centre spirituel de l'ancien Etat Moscovite, monastère datant du quinzième siècle. L'ensemble est très beau. En Russie, malgré l'interdiction communiste de pratiquer une religion, la ferveur de la population est restée immense dans la foi orthodoxe russe.

Puis, après un bon repas, nous retournons à Moscou, à 80 kilomètres, et avons quartier libre. J'en profite pour faire le tour extérieur du Kremlin: promenade très chouette sous le soleil, mais un peu de vent ne permet pas à la température de dépasser les 14 degrés. Le soir, nous allons à un récital donné par une petite chorale de huit personnes: chants religieux ou profanes, une heure bien agréable. Puis je me promène dans les rues bondées de monde avant de rejoindre l'hôtel.

Lundi, la journée est consacrée à la visite de Moscou en car et à pied.

Moscou, sans doute fondée en 1147, fut la capitale de l'empire russe de 1263 a 1712, puis de la Russie à partir de 1917. Cette ville de 9 millions d'habitants, s'étendant aujourd'hui sur 40 kilomètres du nord au sud et trente d'est en ouest, est entourée d'une autoroute périphérique de 109 kilomètres! Elle abrite 80 écoles supérieures et techniques et plus de 60 musées. C'est le cœur de la Russie.

Il fait encore beau aujourd'hui, tant mieux. Nous commençons par la Place Rouge, qui ne tire pas son nom du communisme: en vieux russe, un seul mot existait pour dire rouge ou belle. Et c'est vrai que cette place est belle, avec au fond la Cathédrale Basile-le-bienheureux, construite en 1559. Les bulbes de ses clochers sont tous différents et dignes de Walt Disney et vous l'avez déjà certainement vue en photo, car c'est le monument le plus fabuleux de Russie. Les abords de la place sont intéressants aussi, notamment l'enfilade de plusieurs églises dans la même rue.

Le car nous promène ensuite dans plusieurs quartiers et jusqu'à la Colline des Moineaux, d'où l'on a une belle vue panoramique sur Moscou. Puis nous visitons en fin de matinée le Couvent Novodievitchi, à l'histoire mouvementée.

Après le déjeuner, le Kremlin nous accueille dans ses murailles. Kremlin veut d'ailleurs dire: "forteresse dans la cité". Il fut le siège des grands ducs, puis plus tard celui des tsars et des métropolites (les évêques de l'église orthodoxe russe) et enfin celui du gouvernement communiste. De nombreuses cathédrales de différentes époques s'alignent à l'intérieur, c'est assez surprenant.

En fin d'après-midi, temps libre, puis dîner. A signaler que la nourriture, pour le moment, est loin d'être excellente, mais ça peut se manger quand même...


Mardi, nous partons pour la visite de "l'anneau d'or", un périple de 900 kilomètres. Après la sortie de Moscou, presque tout le long, des forêts bordent la route. La première étape est Vladimir, à 190 kilomètres, une ville industrielle (surtout pour les textiles) de 360000 habitants et ayant deux universités. Nous visitons, après le déjeuner (la qualité des repas s'améliore nettement...), le monastère historique de Bogolieubovo ainsi que le centre-ville, puis nous continuons sur Souzdal, à une demi-heure de là.

Souzdal est un village agricole de 12000 habitants, un peu moyenâgeux, très bien conservé avec beaucoup de vieilles isbas (petites maisons en bois avec des frises et des dentelles) et un nombre considérable de bâtiments religieux: 30 églises en briques et 3 en bois du dix-septième et dix-huitième siècle, 6 cathédrales, 14 clochers et 5 monastères, rien que ça!

Nous allons d'abord nous installer dans un hôtel tranquille, mais très vieillot et pas particulièrement propre. Seul le hall d'entrée est imposant et nous en met plein la vue. Le restaurant est, comme presque toujours en Russie, situé au fond de l'hôtel, au bout de longs couloirs sombres et peu engageants. Puis, au crépuscule, nous allons nous balader dans le village, c'est vraiment un petit coin de paradis dans la campagne...


Mercredi, nous visitons Souzdal; c'est très plaisant mais, malheureusement, le temps est gris. Cet ensemble architectural est remarquable, et aucun nouveau bâtiment n'est venu le ternir: un joyau.

L'après-midi, nous reprenons le car pour nous rendre à Niznij Novgarod, où nous arrivons à la nuit après 270 kilomètres de route. Notre hôtel, construit dans les années trente, n'a pas dû être rénové depuis: même le téléviseur est d'époque! Mais ma chambre est vaste et surplombe pratiquement l'intersection entre la Volga et l'Oka, c'est vous dire si la vue est belle!

Jeudi, visite de Niznij Novgarod, qui a presque 8 siècles d'existence: c'est la troisième ville de Russie avec 1,5 millions d'habitants et, ici, la Volga atteint 800 mètres de large. Ceci dit, à part le Kremlin, deux ou trois églises, quelques maisons et un musée, ce n'est pas un coin sensationnel. La nourriture y est toutefois correcte et le centre assez animé. Cette ville n'est ouverte que depuis peu aux étrangers, car il s'y trouve des usines d'armement. Serions-nous venus pour les espionner?
En fin d'après-midi, nous prenons un bateau sur la Volga pour une promenade assez sympathique de plus d'une heure sous le soleil, puis dînons en ville avant de rejoindre la gare d'où notre train pour Moscou démarrera vers 22H30. Nous nous répartissons en compartiment de quatre personnes, c'est propre et relativement confortable. D'ailleurs, je m'endors pratiquement de suite...


Vendredi, un peu avant 6 heures, on frappe à notre porte. J'ai dormi presque d'un trait mais, visiblement, ce n'est pas le cas de tous mes compagnons... Nous arrivons peu après dans l'une des 9 gares de Moscou et, à 7 heures, nous sommes déjà devant l'hôtel; mais nous ne disposerons de nos chambres que dans l'après-midi. Il fait beau, c'est déjà ça...
La visite de la galerie Tretiakov, créée en 1881, nous prend la matinée. Plus de 57000 oeuvres y sont exposées: peintures, sculptures, icônes. Puis nous déjeunons dans un restaurant de la rue Arbat, rue piétonnière très vivante, avant d'aller visiter quelques stations de métro qui sont de véritables chefs d’œuvre, vraiment. Le métro de Moscou a été inauguré en 1935: il est très profond, 180 mètres sous terre, comporte environ 150 stations réparties sur 240 kilomètres de ligne et accueille plus de 8 millions d'usagers par jour en semaine.

Le reste de l'après-midi est libre, puis nous nous retrouvons au restaurant de l'hôtel pour le dîner. Ce soir, c'est la première fois que nous mangeons de la viande rouge en Russie, mais elle est très cuite, très mince et ne mesure pas plus de 5 centimètres de côté! Comme je l'ai déjà dit, la nourriture ici n'est pas fantastique et j'ai l'impression de ne pas trop manger de spécialités locales. Un repas se compose en général ainsi: quatre tranches de tomates et de concombres sans assaisonnement, du porc ou du poisson surtout, mais quelquefois du veau ou du poulet, des pommes de terre et un gâteau. Jamais de fromage, rarement des fruits frais. C'est un peu juste, non? Pourtant on trouve tout ce qu'il faut dans les magasins, même du fromage français pas plus cher qu'en France...

Avant de clore cette semaine, je voulais faire plusieurs remarques. D'après notre charmante guide, le pays est en pleine déconfiture et personne ne réagit ni ne voit de solution. Et pourtant, je suis surpris de voir que les Russes sont très correctement habillés, surtout les femmes qui sont très à la mode. Certes, je rencontre des mendiants et des enfants qui demandent de l'argent, mais il y en a aussi en France, n'est-ce pas?

Le peuple n'est pas très souriant en règle générale, surtout les serveurs dans les restaurants, c'est dommage. Et tout est sombre ici: les hôtels, les restaurants, certaines boutiques. Derrière de lourds rideaux, on dirait qu'on cherche à se cacher de l'extérieur, c'est bizarre...

Et puis un truc qui m'a bien fait rire: ici, les "montagnes russes" s'appellent "montagnes... américaines". Véridique...

Semaine du samedi 8 au vendredi 14 septembre 2001


Samedi, le temps est gris et un peu pluvieux. Toujours à Moscou, nous visitons le matin le parc du Kolomenskaïe, où se trouvait la résidence d'été du tsar. Puis, après un maigre repas (maximum 30 grammes de viande...), nous passons l'après-midi au musée des Beaux-Arts Pouchkine, qui comprend une section égyptienne et 3000 tableaux, dont de nombreux Renoir, Cézanne, Picasso, Van Gogh, Gauguin, etc. Plus tard, à la cathédrale, on me refuse l'entrée car je suis en short: les hommes doivent porter un pantalon, par contre j'aperçois à l'intérieur des femmes en mini-jupe et à demi-denudées. Toujours, partout, l’intolérance et la connerie humaine...

Après un repas sommaire, nous quittons Lydia, notre excellente et sympathique guide et prenons le train de nuit pour Novgorod.

Dimanche, vers 6 heures, après une bonne nuit pour moi, nous arrivons à destination. Le temps est pluvieux... Notre nouveau guide, un barbu, nous attend et nous accompagne à l'hôtel où nous récupérons nos chambres, époque 1950.

Après le petit-déjeuner, nous partons visiter cette ville de 240000 habitants, fondée en 1862, qui fut la première capitalede la Russie durant quelques années. Totalement rasée durant la seconde guerre mondiale, elle fut reconstruite dans le style stalinien. La visite du monastère Saint Georges et de la reconstitution d'un village paysan nous prend la matinée.
Après un bon déjeuner, une fois n'est pas coutume, nous nous rendons au Kremlin du onzième siècle et à la cathédrale Sainte Sophie, de la même époque. Puis nous rentrons à l'hôtel.


Lundi, pluie... 220 kilomètres et quatre heures dans notre car d'après-guerre, sur des routes étroites et en mauvais état, pour arriver à Pskov, ville de 200000 habitants fondée en 903. Au niveau matériel, la Russie ressemble à un pays du tiers-monde! Notre guide barbu est exaspérant, un vrai mystique qui essaye de nous convertir à la religion orthodoxe et qui me barbe (sic!). Dans le car, ou il parle de religion, ou il prie. Ceci dit, les orthodoxes sont aussi intolérants que les catholiques, les juifs, les musulmans et les autres (par exemple pour l'habillement...). Et puis se sont de vrais marchands du temple: à l'intérieur de toutes les églises se trouvent des boutiques d'objets pieux, ce n'est pas Lourdes, mais presque... Il faut aussi payer pour prendre des photos, pas de petits profits. Ce n'est donc pas une religion que j'embrasserais. Et pourtant, les Russes retournent beaucoup dans leurs églises et semblent pieux, surtout les femmes et plus encore les vieilles. Mais moi, je commence vraiment à faire une indigestion d'églises et d'icônes. N'y a t'il donc rien d'autre à voir en Russie? Et puis ces églises sont trop chargées à l'intérieur, atmosphère étouffante...

Soyons juste, il n'y a pas que les églises à visiter, il y a aussi... les monastères... ce que nous faisons cet après-midi à Pskov, avec une nouvelle guide, sans barbe mais un peu barbante elle-aussi et surtout très lente. Après le monastère, elle nous emmène au Kremlin qui, lui, est assez plaisant. Et, en plus, nous bénéficions de quelques rayons de soleil, ce qui n'est pas pour me déplaire. En soirée, nous rejoignons l'hôtel, vétuste et peu confortable, où nous prenons un repas des plus légers.


Mardi, le temps est toujours gris. Le matin, nous nous rendons près de la frontière de l'Estonie à la forteresse d'Izborsk, construite au quatorzième siècle en pleine campagne, puis au monastère de la Dormition à Petchory. Je dois reconnaître que ce dernier, bâti au quinzième siècle, est intéressant et différent des autres. Il comporte en outre huit églises!
Retour à l'hôtel pour déjeuner, puis départ vers Saint-Pétersbourg. 280 kilomètres de mauvaises routes dans notre car qui n'a plus de première vitesse et qui, en plus, est incapable de dépasser les 80 à l'heure. Cinq heures plus tard, nous débarquons dans un grand hôtel à 20 minutes à pied du centre touristique de Saint-Pétersbourg; d'après le "Petit Futé", c'est un des moins chers de la ville. Avec leur choix d'hôtels bidons (soi-disant 2 ou 3 étoiles) et de restaurants à 2 ou 3 dollars, Nouvelles Frontières s'est vraiment moqué de nous...

Et c'est là que j'apprends, par notre nouvelle guide (la quatrième en 10 jours!), les attentats-suicide horribles qui viennent d'avoir lieu aux Etats-unis. Mais, dans la chambre, je n'ai qu'une très vieille télévision avec 3 ou 4 chaînes en russe: difficile de suivre et de comprendre la tragédie...


Mercredi, je me réveille tôt après une mauvaise nuit: bruits de couloir et attaques de moustiques. Je pars à six heures jusqu'au café-internet que l'on m'a indiqué, puis reviens à l'hôtel pour le petit-déjeuner, servi sous forme de buffet, c'est bien. Nous partons ensuite visiter la ville en car, avec quelques arrêts aux endroits importants. Il fait très beau et la température atteint 17 degrés dans la journée, malgré le vent. Nous déjeunons dans un restaurant près de la "Nevskij Prospekt", la rue la plus connue de la ville.

Saint-Pétersbourg: fondée en 1703 par Pierre le Grand dans un marécage infesté de moustiques, la ville qu'il construisit s'étendait sur 44 îles, traversait 65 bras du delta de la Neva et de nombreux canaux et avait 600 ponts. On estime à 30000 le nombre d'ouvriers morts durant cette construction. Surnommée la "Venise du nord", elle fut capitale de la Russie de 1712 à 1917, le lieu de prédilection des tsars et de leur cour. Mais sa population, estimée à 2,4 millions d'habitants en 1917, tomba à 720000 en 1920. En trois ans donc, la ville, rebaptisée Petrograd en 1914 puis Leningrad jusqu'en 1991, perdit deux cent ans de suprématie. Aujourd'hui, elle compte 4,8 millions d'habitants. L'architecture y est austère et de nombreux monuments, églises et maisons sont en rénovation en vue de la fête prévue pour le troisième centenaire en 2003. La Neva, petit fleuve de 74 kilomètres de long, mais le plus rapide d'Europe, traverse Saint-Pétersbourg et arrose toujours de nombreux canaux. Le climat y est rude l'hiver, car la ville est très exposée au vent; et il y pleut 126 jours par an. La saison touristique est en été, l'idéal étant d'y venir durant les nuits blanches, fin juin.

L'après-midi, nous visitons le Musée Russe (ou Musée des Arts), qui se trouve dans un bâtiment à l'intérieur splendide. De très nombreuses œuvres y sont présentées. Puis, à 16 heures, quartier libre: je retrouve donc ma liberté et me promène tout seul... Quelquefois le groupe, bien que sympathique, m'est assez pesant. Les horaires aussi ne me conviennent pas: tous les jours, le petit-déjeuner se prend à 8H30 et le départ se fait à 9H30, c'est bien trop tard pour moi... Cette inactivité me fatigue beaucoup, moi qui peux difficilement rester sans rien faire. Mais, que voulez-vous, il y a 7 fonctionnaires ou anciens fonctionnaires sur les 12 personnes du groupe... Heureusement que notre nouvelle guide, Nina, est vive et intéressante; elle comprend même mon humour (pourtant bien lourd quelquefois...).

Comme tous les soirs, nous dînons chichement à l'hôtel à 20 heures, puis je rejoins ma chambre une heure plus tard.


Trente kilomètres de car ce jeudi matin pour rejoindre au sud Tsarskoïe Selo, où se trouve l'immense et majestueux château que fit construire Catherine 1ère, à partir de 1718, en vue d'avoir une résidence d'été. L'ensemble vu de l'extérieur est d'un style baroque plutôt laid, mais l'intérieur comporte de nombreuses pièces splendides et luxueuses. Pas étonnant que les paysans se soient révoltés au début du siècle devant tant de richesses!

Après la visite, un restaurant local nous sert un bon déjeuner, le borchtch y est excellent: c'est une spécialité russe, une soupe composée de betteraves, choux blancs, viande de bœuf, carottes, tomates, pommes de terres, oignons, céleris et différentes épices et recouverte d'une cuillère de crème fraîche, un délice!

L'après-midi, nous visitons un autre château royal à quelques kilomètres de là: le palais Pavlovsk. Il fut construit par l'architecte de Paul 1er de 1782 à 1786 et a d'immenses jardins pas toujours bien entretenus. Visite intéressante elle-aussi. Puis nous rentrons à Saint-Pétersbourg pour une nouvelle nuit.


Vendredi, nous passons la matinée au palais d'hiver et au musée de l'Ermitage, le plus grand musée russe. Jugez par vous-même: 1720 pièces, dont 360 salles d'exposition permettant d'observer 2,7 millions d’œuvres! Des oeuvres de Raphaël, Léonard de Vinci, Titien, Greco, Van Gogh, Gauguin, Monet, Cézanne, Degas, Manet, Renoir, Matisse, Tintoret, Michel-Ange, Rodin etc... Et le palais lui-même est superbe!

L'après-midi, alors qu'une bonne partie du groupe va visiter Petrodvorests (le palais de Pierre), nous sommes quatre dissidents à nous rendre sur l'île de la forteresse Pierre et Paul, là où fut posée par Pierre 1er la première pierre de la ville, le 16 mai 1703. La cathédrale, dont l'extérieur est en rénovation, est immense et contient les tombeaux des Romanov, même ceux du dernier tsar Nicolas II et d'une partie de sa famille, dont Poutine (je crois) a autorisé le retour des corps et qui ont eu des funérailles nationales il y a peu de temps.

Après cette visite intéressante, nous retournons en métro vers l'hôtel, où nous nous séparons, avant de nous retrouver pour notre dernier repas de groupe à 20 heures.

Car, demain matin, nous rentrons à Paris ou nous arriverons vers 11 heures...


Chose surprenante, en deux semaines, je n'ai pas pu apercevoir une seule fois deux personnes s'embrassant à la russe: dommage, ça manque au folklore local, tout de même!


Et, pour finir, une histoire "drôle" que les Russes se racontent et qui reflète bien une partie de leur personnalité: pessimisme et soumission. Voici:

Bush et Poutine veulent savoir dans lequel de leurs deux pays les gens sont les plus patients. Bush augmente les impôts de 2% et les prix de 1%; quelques semaines plus tard, les protestations massives le contraignent à démissionner. Poutine, lui, multiplie les impôts par trois et les prix par dix; pas une protestation ne se fait entendre dans le pays. Il augmente de nouveau les impôts à plusieurs reprises, fait saisir les biens propres des citoyens, gèle le paiement des salaires; personne ne souffle mot. Il tient alors un discours télévisé, dans lequel il demande à tous les Moscovites de se rendre sur la place Rouge le samedi suivant, en expliquant qu'une personne sur deux sera pendue; silence absolu, pas un coup de fil de protestation ne parvient à la rédaction. Poutine reprend alors la parole et demande: "Pourquoi ce silence?". Après une longue attente, un coup de fil arrive enfin à la chaîne de télévision: un téléspectateur demande: "Est-ce que nous devons amener des cordes ou est-ce qu'elles seront fournies par l'Etat?"
- F I N -





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