La couleur: Monet et Van Gogh








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Les pionniers de la rupture

La matière, le lieu, l'espace et le temps ne peuvent plus être considères comme les absolus qu'ils ont longtemps représentés. L'artiste répond à tout cela de diverses manières: il donne libre cours à sa spontanéité (Monet, Van Gogh, Gauguin, Degas) ou bien il élabore une méthode pour recréer un ordre (Seurat, Cézanne). Désormais, il n'a qu'une certitude: un tableau est une surface plane (Matisse et les Fauves). Les pionniers de la fin du XIXe siècle sont des solitaires. Le rejet de la tradition va les conduire par étapes à toute une série de ruptures avec les formes conventionnelles de l'art. En 1890, le peintre Maurice Denis écrit: «Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.»

La couleur: Monet et Van Gogh Les tableaux des impressionnistes exposés en 1874 créent le premier scandale. Peindre sur le motif, en plein air, suppose d'aller plus vite à l'essentiel. Sans dessin préalable, Claude Monet et ses amis couvrent leurs toiles de petites touches de couleur pure qui font taches et brouillent le contour des formes. Ils donnent à leurs tableaux l'aspect d'esquisses pour exprimer «un sentiment juste de la nature et de la vie». A leur suite, Van Gogh dit vouloir peindre «les terribles passions humaines.»

II emploie des couleurs violentes auxquelles il attribue un rôle psychologique et déforme les figures à des fins expressives. Sa touche est comme une écriture. Il dessine directement dans la peinture. La couleur n'est plus descriptive ; arbitraire, elle a son propre langage.

Le trait, les volumes: Gauguin Contemporain de Van Gogh, Gauguin utilise des aplats de couleur totalement irréalistes cernés d'un trait comme le vitrail. Les formes sont soumises à tout un jeu d'arabesques décoratives. Pour les figures, il s'inspire des volumes simplifiés de la sculpture polynésienne auxquels il donne en peinture un contenu symbolique. Pour lui, «la barbarie est un rajeunissement». Gauguin ouvre la voie aux formes du primitivisme qui influenceront l'art du XXe siècle.

Le cadrage: Degas Dessinateur avant tout et passionné de photographie, Degas fractionne le champ visuel, adopte des points de vue plongeants ou en contre-plongée, traduit notre perception visuelle instantanée en liant des espaces distincts, restitue la spontanéité de la vision. L'œil du peintre rivé au trou de la serrure saisit le modèle dans son intimité, le domine, grossit un détail, aplatit l'espace, tasse les formes, ou bien en livre plusieurs points de vue par l'artifice du miroir.

La méthode: Seurat Avec le petit point sur toute la surface du tableau, Seurat résoud le problème du dessin et de la couleur qui ne font plus qu'un. De près, les formes se brouillent, de loin, les points se reconstituent en lignes et les formes se figent. Le mélange des couleurs primaires s'opère à distance par fusion optique. Le tableau est une surface vibrante et le contour des figures dépend du recul du spectateur.

Avec froideur et précision, Seurat applique la méthode du petit point pour recréer un nouvel ordre à partir de la réalité. La nécessité d'analyser la réalité à l'aide d'une méthode pour aboutir à une unité picturale apparaît comme l'idée dominante des grands mouvements du XXe siècle.

Le rôle de Cézanne

Cézanne se définit comme «le primitif d'une nouvelle sensibilité». Il est considéré comme l'un des plus grands précurseurs de l'art moderne, «notre père à tous» dira Picasso.


La synthèse Cézanne «ne veut pas séparer les choses fixes qui apparaissent sous notre regard et leur manière fuyante d'apparaître. Il veut peindre la matière en train de se donner forme, l'ordre naissant par une organisation spontanées.» (Merleau-Ponty). Il va faire la synthèse de ce qu'il voit (le fixe) et de ce qu'il perçoit (le flou). Il veut peindre ses sensations, son émotion devant le spectacle de la nature: son aspect grandiose, solide, immuable (il simplifie les formes à leur géométrie), et son devenir permanent, les palpitations de la vie (il supprime le contour des formes et établit «des passages» entre les divers composants). Il cherche à unir des éléments contradictoires, à traduire en peinture les sentiments d'éternité et de fugitif que lui évoque sa vision du monde.

La méthode II simplifie les formes à leurs volumes d'origine, et réduit «tout à la sphère, au cône, au cylindre». Il observe que lorsque «la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude». La forme de la mer par exemple est donnée par un aplat bleu intense et opaque. À ces éléments stables, il oppose des zones colorées au moyen d'une touche régulière de biais qui suggèrent les effets de la lumière sur la végétation. Entre les formes solides, il peint le frétillement de la vie. La juxtaposition des couleurs suffit à évoquer simultanément le près et le lointain, la profondeur.

L'expérimentation Les portraits et les natures mortes sont des prétextes à expérimenter sa méthode. Les figures sont figées comme des pommes, mais la multiplicité des points de vue (de face, de dessus, de dessous) crée des effets d'instabilité. Certains espaces non recouverts de peinture agissent comme des respirations. Dans sa série sur le thème des baigneuses, où il veut unir les figures et le paysage, il n'y a plus de distinction entre le fond et les formes, mais une unité de surface.

L'influence La rétrospective de ses œuvres au Salon d'Automne en 1907 et la publication de sa correspondance marqueront de nombreux peintres. Comme Cézanne, ils chercheront à partir de zéro. Ils s'intéresseront à la présence physique des objets, à leurs relations spatiales, aux tensions qu'ils entretiennent entre eux, et ils élaboreront une méthode pour créer un nouvel ordre. Désormais, avant d'être un paysage, un tableau est un rapport de formes et la fonction de l'art est d'exprimer directement une expérience.
Expressionnisme

Contexte L'expressionnisme se développe entre 1900 et 1925, particulièrement en Allemagne et dans les pays germaniques. La tendance se manifeste dans deux groupes célèbres: Die Brücke («le Pont») fondée à Dresde en 1905, puis le Blaue Reiter («Cavalier bleu») à Munich en 1911. Le terme d'« expressionnisme» commence à être largement utilisé vers 1910 dans le milieu de la revue et de la galerie Der Sturm à Berlin. Les peintres s'éloignent des préoccupations purement plastiques et rejettent la représentation insouciante de la réalité. Pour les membres du Blaue Reiter, «le renouveau ne doit pas être seulement celui des hommes, mais être une nouvelle naissance de la pensée». L'art est le moyen d'exprimer les névroses individuelles et une conscience souvent révoltée lace au malaise économique et social d'une société qui court à la guerre de 1914. La peinture angoissée du Norvégien Munch et la touche passionnée de Vincent Van Gogh annonçaient le mouvement.

Les expressionnistes pratiquent la gravure sur bois pour les effets tranchés et archaïques que cette technique permet d'obtenir, ils trouvent dans les arts africain et océanien l'élan pur et primitif qu'ils recherchent. Le pouvoir nazi interrompt brutalement l'expressionnisme allemand jugé «dégénéré».

Caractéristiques Les peintres laissent souvent le support apparent. Les œuvres, oppressantes ou agressives, présentent une humanité dérisoire et pathétique. Les expressionnistes exposent sans pudeur la misère physique et morale, expriment avec la pureté de l'instinct l'érotisme et la mort. Ils peignent des sujets mystiques, se concentrent sur le visage et suppriment l'objet. Le paysage prend une intensité extatique. Les personnages envahissent le premier plan et la composition est soumise à une cadence heurtée. La représentation sommaire suggère le drame par la déformation et l'agrandissement de certains éléments anatomiques. Le dessin délimite les formes, et les lignes brisées exacerbent l'émotion. Les tableaux présentent des accords colorés violents et des tons salis, le noir et le rouge dominent. Le coup de pinceau brutal laisse des traces vigoureusement empâtées et rugueuses.

Artistes Emil Nolde, Ernst Ludwig Kirchner, Wassily Kandinsky, Franz Marc, Oskar Kokoschka, Egon Schiele...

Fauvisme


Contexte Le fauvisme, mouvement pictural français, s'affirme au Salon d'automne en 1905 et s'éteint en 1907. Il doit son nom à un critique qui qualifie ses représentants de «fauves». Les peintres désirent séparer la couleur de sa référence à l'objet et libèrent sa force expressive. Ils réagissent de manière provocatrice contre les sensations visuelles de l'impressionnisme et répondent avec violence au défi de la photographie. Enrichi par les expériences colorées néo-impressionnistes le fauvisme se réfère à la poésie des tons de Paul Gauguin et à la libération du trait dans l'œuvre de Toulouse-Lautrec. L'inspiration des arts africain et océanien marque l'esthétique fauve, elle se développe en relation avec celle des expressionnistes sans en adopter le contenu tragique.

Caractéristiques Les sujets, paysages, nus et portraits, restent figuratifs mais d'une représentation simplifiée. Le tableau fauve s'accorde à la planéité du support, nie la profondeur et les volumes. La ligne ondoie et modifie les formes. La nature, filtrée par la pulsion subjective de l'artiste, est exprimée par des plages de couleurs pures souvent violentes et intensément lumineuses. L'apprêt blanc renforce l'intensité des couleurs. L'emportement de la touche traduit les émotions.

Artistes Henri Matisse, Georges Rouault, Albert Marquet, André Derain, Maurice De Vlaminck, Raoul Dufy…

Cubisme


Contexte En 1907, Pabio Picasso peint les Demoiselles d'Avignon au Bateau-Lavoir, son atelier de Montmartre. L'oeuvre marque le point de départ de l'aventure cubiste menée conjointement par Picasso et Georges Braque. Le cubisme associe de nombreux peintres et sculpteurs qui offrent une riche diversité entre 1911 et la Première Guerre mondiale. Ce mouvement crucial, élaboré avec l'intention d'un jeu intellectuel et non d'un manifeste esthétique, révolutionne la peinture occidentale en rejetant le système illusionniste établi à la Renaissance. La sculpture primitive (ibérique, océanienne et africaine) apporte la simplification et la prise de conscience d'une réalité objective à représenter : un tableau cubiste montre ce que l'on sait des choses et non ce que l'on en voit d'un point de vue donné. L'étude de la peinture de Paul Cézanne permet d'élaborer un langage qui adapte la figuration à l'espace plan du tableau.

L'évolution esthétique comporte trois étapes : le cubisme cézannien (1907-1909); le cubisme analytique (1909-1912) qui multiplie les points de vue et décompose géométriquement le fond et le sujet au point de rendre la figuration illisible; le cubisme synthétique (1912-1914) qui introduit les papiers collés.

Un critique donne naissance au mot «cubisme» en écrivant: «Monsieur Braque méprise la forme, réduit tout à des cubes.» En 1911 le Salon des indépendants présente le cubisme au public pour la première fois. Gertrude Stein, mécène, les marchands Ambroise Vollard et Henry Kahnweiler, les poètes Guillaume Apollinaire, Pierre Reverdy et Max Jacob le défendent.

Caractéristiques Picasso et Braque délaissent progressivement les pinceaux et la peinture pour coller puis épingler ou assembler des matériaux de décoration, de bricolage et de récupération (le rebut) : papier peint, cartes à jouer, partitions de musique, bois, métal, ficelle. Après les paysages et les personnages de la période cézannienne s'ajoute la nature morte inspirée de l'univers des cafés et de la musique: les tables de bistrot, les bouteilles, les verres, le journal, la pipe, la guitare, la clarinette et le violon. Le dessin indique l'essentiel des formes. La réduction géométrique du sujet et du fond donnent un rythme saccadé. Les «passages» cézanniens, petites facettes géométriques ouvertes qui s'interpénétrent, traduisent la discontinuité des plans dans l'espace et l'éclatement de l'objet dans les deux dimensions du support.

Le peintre rend compte du sujet sous tous les angles. Les formes ne reçoivent pas d'éclairage mais émettent des variations lumineuses autonomes sous l'aspect de facettes claires et sombres. La couleur, élément subjectif selon l'œil qui la perçoit et l'éclairement du motif, se simplifie puis se réduit à des tons de convention. Dans la période analytique, la gamme des gris et des ocres envahît la surface. Les papiers imprimés achetés dans le commerce (papier peint, papier faux bois, etc.) collés sur le support, réintroduisent la couleur dans la période synthétique. Les motifs imprimés des produits manufacturés puis les objets réels assument la représentation pour éliminer le travail du pinceau, trop subjectif.

Artistes Pablo Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, George Braque…

Futurisme


Contexte Le futurisme, mouvement de pensée antitraditionaliste, naît avec la parution d'un article du poète Marinetti en 1909: «Détruisons les musées, ces cimetières; une œuvre d'art doit être agressive... une automobile de course est plus belle que la Victoire de Samothrace». Le courant se développe en Italie jusqu'en 1916, en littérature, au théâtre, au cinéma, en musique, en architecture, en sculpture et en peinture. Le contenu théorique s'affadit au sein du fascisme (le manifeste Futurisme et Fascisme est publié en 1924). Des artistes publient le Manifeste technique de la peinture futuriste en 1910, s'expriment dans la revue Lacerba et organisent des expositions dans les capitales européennes. Le futurisme étudie la théorie néo-impressionniste et s'inspire du cubisme analytique. Ses membres nient l'influence de la photographie en ce qui concerne la décomposition du mouvement. Tournés vers le futur, les peintres font l'éloge d'un monde technologique rassurant. La modernité, la vitesse, le moteur à explosion et les nouveaux moyens de transport les passionnent. Ils s'efforcent de matérialiser le temps qui passe dans la peinture au moyen de leur sensibilité individuelle.

Caractéristiques Les peintres représentent la trépidation de la vie urbaine, le travail moderne et le dynamisme de la machine. Les objets traités sans anecdotes et les personnages d'apparence mécanique présentent les caractéristiques essentielles et géométriques qui permettent de les reconnaître. Les lettres, les signes aident à la compréhension du sujet. La répétition des motifs suggère le mouvement et produit un rythme saccadé qui se déploie dans les deux dimensions. La composition sans limite intègre le spectateur. Le trait souligne les contours et suggère le déplacement dans l'espace. Les formes planes et synthétiques glissent les unes dans les autres. La lumière sous forme de rais souligne et accroît le dynamisme. Elle surgit de la juxtaposition des tons (larges aplats, petites facettes divisionmstes) et vibre avec les frottis afin de suggérer le mouvement simultané. Le travail diversifié du pinceau anime la surface des tableaux de manière subjective.

Artistes Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Gino Severini.
Abstraction lyrique

Contexte En 1910, le premier peintre abstrait et théoricien de l'art non figuratif, Wassily Kandinsky, réalise sa première aquarelle, Première Œuvre abstraite: c'est le tournant de la peinture abstraite. Il s'imprègne plus particulièrement de l'impressionnisme et de la musique romantique de Wagner. Ainsi devant les Meules de Monet, Kandinsky découvre que le sujet manque, mais qu'une puissance incroyable s'en dégage. «Quant à Lohengrin de Wagner, je croyais voir toutes mes couleurs, je les avais sous les yeux». Kandinsky aboutit à l'abstraction par le chemin de la théorie de la couleur, chaque toile est le «théâtre de la couleur». La principale question qu'il se pose consiste à trouver par quoi remplacer l'objet disparu. Dans ce nouveau contexte, la spiritualité, l'environnement «idéaliste» détrônent le matérialisme du début du siècle.

La recherche picturale de l'artiste ne s'effectue plus sur de l'objet figuratif et matériel, mais sur le contenu même de l'art, son essence, son âme. Cette aquarelle est l'expression directe de l'émotion picturale individuelle où toute forme de référence au monde extérieur est délibérément inexistante. Ses réflexions écrites, Du spirituel dans l'art (1910), et Point, Ligne, Plan (1926) l'aident à expliquer sa méthode. Le but de la peinture telle qu'il la définit est «de trouver la vie, de rendre perceptibles ses pulsations, d'établir les lois qui les régissent». Après 1945 et jusqu'aux années 60, les artistes français de l'école de Paris s’opposent à l'abstraction géométrique. L'abstraction lyrique se développe, évolue à travers le temps et éclôt parfois sous le nom d'«art informel» (peinture gestuelle, tachisme...)

Caractéristiques Aquarelles, croquis et esquisses de petits formats sur papier et toiles de grandes dimensions peintes à l'huile constituent l'œuvre du peintre. L'aquarelle, matière fluide, légère et transparente permet de rendre simultané le «temps intérieur» (l'émotion créatrice) et le «temps extérieur» (la matérialisation de cette émotion en une oeuvre d'art). Le mouvement général de la composition est scandé par des flèches, des traits noirs hâtifs et directionnels, ascendants, descendants ou rotatifs. L'artiste met en scène des droites et surtout des courbes, très rarement des lignes brisées. Pour la première fois dans la peinture, dans la construction d'un tableau, le blanc a le même rôle que les couleurs qui font éclater les formes. Pour Kandinsky, le tableau est une «composition qui se fonde sur une harmonie dont la couleur agit sur tout le corps humain». Les teintes vives foisonnent, les formes se perdent dans la couleur qui déborde des limites des objets abstraits représentés.

Néoplasticisme


Contexte Né vers 1920 de la volonté d'un seul peintre, le Néerlandais Piet Mondrian, l'appellation «néoplasticisme» signifie «la nouvelle image du monde», (la théosophie est une philosophie qui vise à la connaissance de Dieu par l'approfondissement de la vie intérieure). Pour Mondrian, elle permet de tendre à la matérialisation de l'Absolu, du Vrai universel par la forme idéale. Il élabore son art, qui s'inscrit dans l'abstraction géométrique, entre 1920 et 1942, avec le soutien de la revue et du groupe DE STIJL, fondés par Théo Van Doesburg. A Paris, il découvre le cubisme. A New York, il est fasciné par l'absolue rectilinéarité de la ville qui domine la nature. Son objectif consiste à élaborer une perfection formelle au-delà de la simple représentation de la nature.

Caractéristiques Piet Mondrian peint à l'huile sur des formats de dimensions moyennes. Souvent intitulées «Composition», ses œuvres représentent progressivement la simplification extrême d'arbres, de dunes, d'églises, de moulins à vent, de fleuves. Quels que soient les sujets, les formes épurées jusqu'à l'absolu se rejoignent pour n'être plus que des horizontales pour tendre vers un contenu abstrait où la courbe est interdite. Plans, lignes et angles s'ordonnent dans une parfaite composition, rationnelle et équilibrée. La forme n'est pas une image, elle n'appartient pas à l'objet. La couleur franche fait écho aux lignes franches et directes des tableaux. Les trois couleurs primaires, pures, le bleu, le jaune et le rouge s'opposent et s'équilibrent à deux non-couleurs, le blanc et le noir. Ces trois couleurs couvrent des surfaces carrées, monochromes. Le blanc devient parfois gris clair. Le noir est réservé aux bandes qui séparent les plans colorés.
Nouvelle Objectivité

Contexte Entre 1918 et 1933, une nouvelle génération d'artistes et d'intellectuels allemands affirme sa responsabilité sociale. La Nouvelle Objectivité manifeste cette attitude dans les domaines de la littérature, du cinéma, de la photographie, de l'architecture et de la peinture. Les peintres optent pour une figuration réaliste détaillée, rejettent l'effusion sentimentale et picturale des expressionnistes ainsi que les spéculations intellectuelles. Beaucoup d'entre eux proviennent du mouvement Dada. En 1925, l'exposition «la Nouvelle Objectivité. La peinture allemande depuis l'expressionnisme» consacre le style.

Caractéristiques Les artistes aiment le portrait et l'autoportrait. Ils analysent la société contemporaine avec cruauté et pessimisme. Les tableaux présentent la ville industrielle sous ses aspects les plus sombres, renvoient l'image d'une société médiocre et malsaine et exposent les trafiquants, les profiteurs de guerre, les militaristes, les mutilés, les prostituées et les mendiants. Les physionomies apparaissent simplistes ou caricaturales.

En revanche, les objets sont minutieusement détaillés. Les angles droits rythment l'espace et enferment les personnages. Le dessin analyse avec la même précision le premier plan et le fond. Les artistes accusent la froideur des tableaux par l'insensibilité de la touche.

Artistes Max Beckmann, Otto Dix, George Grosz, Christian Schad…



Dada

Contexte Dada naît le 8 février 1916 à Zurich. Dada s'implante à Berlin, à Cologne, à Hanovre, à New York, à Paris, et disparaît officiellement en 1924. Ce mouvement international se réfère à toutes les cultures, apprécie l'art nègre et la spontanéité enfantine. Le nom, trouvé au hasard en ouvrant le dictionnaire, ne veut rien dire. Révoltés par la guerre, les dadaïstes contestent tous les fondements de la civilisation occidentale et répliquent par la destruction, l'humour, le scandale, la violence, la dérision et la subversion. Ils condamnent le pouvoir mystificateur de l'art, dégagent la création des entraves morales, formelles et matérielles et favorisent l'expression pure, originelle et sans logique. L’œuvre d'art revêt le statut d'objet courant, notamment avec le «ready made» de Marcel Duchamp, objet quotidien soustrait à son contexte utilitaire et transposé tel quel dans le monde de l'art. Dada se manifeste autant par le comportement et la façon de penser que par la production plastique. Ses membres donnent des soirées publiques improvisées, mêlent les lettres et l'art, s'expriment par de multiples revues et manifestes, pratiquent les jeux de langage et la poésie. Héritiers de l'époque symboliste les artistes perçoivent les perturbations d'une société en devenir liées aux progrès scientifiques (mathématiques, physique) et à la psychanalyse.

Caractéristiques Les artistes associent les éléments disparates au hasard, comme des morceaux de bois, des cheveux, du sable, des lacets, des fragments de toile, de la laine, des photographies et du papier journal. La peinture à l'huile côtoie les œuvres éphémères, périssables et temporelles. Dada crée la confusion dans le classement des disciplines artistiques.

L'inspiration individuelle et instinctive entraîne des techniques et des formes inventives. Parmi celles-ci, le merz, collage ou assemblage de déchets trouvés dans la rue : chiffons, tickets de bus et pièces de machines ; le photomontage qui assemble sur une surface plane des photographies découpées dans les magazines; le «roto-relief», disque en vinyle recouvert d'un graphisme qui donne la sensation du relief lorsqu'on le bouge; le «rayogramme», résultat obtenu après avoir exposé brièvement un papier photographique sur lequel l'artiste dispose un ou des objets. Dans le domaine des formes, les figures mécanomorphes combinent la machine et l'humain. Les artistes pratiquent le hasard pour l'imprévisible : Hans Arp dispose des papiers sur un carton, la face coloriée vers le support, il les retourne et les colle à la place fixée par le hasard.

Artistes Francis Picabia, Raoul Hausmann, ,Kurt Schwitters, Marcel Duchamp, Jean ou Hans Arp, Hans Richter, Man Ray, John Heartfield, Max Ernst, George Grosz…

Surréalisme


Le surréalisme succède au mouvement Dada à Paris en 1924 en intégrant de nombreux artistes et poètes de ce mouvement et s'éteint à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Littéraire à ses débuts, le courant se développe dans les arts plastiques et dans le cinéma (Luis Bunuel). Les surréalistes dénoncent la société corrompue et perpétuent la révolte et le scandale qui animent Dada. Ils se particularisent par la confiance qu'ils font au rêve, au hasard, à l'hallucination et, surtout, à la théorie de l'inconscient (Freud). Les artistes n'explorent pas la nature mais un monde intérieur, intime, palpitant et neuf annoncé dans les œuvres de Giorgio De Chirico (peinture métaphysique), et se passionnent pour les peintures visionnaires et étranges de Giuseppe Arcimboldo et de Jérôme Bosch, Le mouvement tient son nom du sous-titre, «Drame surréaliste», de la pièce de Guillaume Apollinaire Les Mamelles de Tirésias. L'écrivain André Breton (1896-1966) le dirige. Il écrit le premier Manifeste du surréalisme en 1924. Le «pape» du surréalisme préconise l'écriture automatique en dehors de tout contrôle exercé par la raison. Il exige une adhésion totale au mouvement de ses membres en ce qui concerne l'art, la morale et la politique et exclut tout contrevenant (il renie Salvador Dali en 1934).

Caractéristiques Les surréalistes donnent à voir le rêve et l'imaginaire, sources inépuisables et mystérieuses. L'insolite, le cocasse et le sordide s'expriment librement. La symbolique sexuelle domine, souvent violente et trouble. Toutes les combinaisons à partir du réel sont possibles. Les artistes métamorphosent l'objet en corps animé et inversement, déplacent et modifient les éléments anatomiques et situent leurs fantasmes dans des étendues lunaires, vides et minérales.

Les titres et les œuvres échappent à la compréhension rationnelle. Les surréalistes emploient trois procédés pour que l'inconscient surgisse. Certains utilisent des procédés mécaniques pour stimuler l'imagination et forcer l'inspiration. Dans la technique du «grattage», une toile peinte posée sur une trame (grillage) ou une surface en relief (planche de bois) est grattée pour en faire apparaître l'empreinte. D'autres peintres représentent le rêve avec un illusionnisme photographique. Le coup de pinceau méticuleux, soucieux du détail donne une vraisemblance au «surréel». D'autres, encore, trouvent dans l'«automatisme» un moyen d'échapper aux contraintes culturelles, pour ne plus obéir qu'à celles du hasard et de l'inconscient.

Artistes Max Ernst, André Masson, René Magritte, Yves Tanguy, Joan Miro, Salvatore Dali…

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