Livre de bord








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date de publication23.12.2016
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LIVRE DE BORD




61. BURKINA FASO 2010 (PAYS LOBI)

 
Troisième voyage au Burkina Faso, que j’avais déjà parcouru en solitaire en 1996 et 1997. Cette fois-ci, je me rends dans le pays lobi, que je ne connais pas, et je pars pour la première fois avec Nomade Aventure.


Le Burkina Faso, c’est où, c’est comment ? (bref aperçu d’après Wikipédia)
Le Burkina Faso, littéralement « Pays des hommes intègres », est un pays d'Afrique de l'Ouest sans accès à la mer, entouré du Mali au nord, du Niger à l’est, du Bénin au sud-est, du Togo et du Ghana au sud et de la Côte d'Ivoire au sud-ouest. La capitale, Ouagadougou (Ouaga), située au centre du pays, est peuplée d’un million et demi d’habitants. La langue nationale est le français et la monnaie le Franc CFA.
* Histoire récente : Ancienne colonie française, la Haute-Volta obtient l’indépendance en 1960. Le nom actuel du pays (Burkina Faso) date du 4 août 1984, sous la présidence du révolutionnaire Thomas Sankara. Le président de la république actuel est Blaise Compaoré.
* Géographie : Le pays a une superficie de 274 200 km² (la moitié de la France). Deux grands types de paysages existent au Burkina : La plus grande partie du pays est couverte par une pénéplaine. Elle forme un relief très légèrement vallonné avec par endroits quelques collines isolées, ultimes vestiges d'un massif du précambrien. C'est un paysage assez monotone, avec un sol le plus souvent coloré en ocre par la latérite. La partie sud-ouest du pays forme un massif gréseux. Le point culminant du pays s'y trouve : le Ténakourou (749 m). Le massif est limité par des falaises très escarpées atteignant 150 m de haut. Falaise de Banfora , Pics de Sindou etc. L'altitude moyenne est de 400 m et le différentiel entre les deux points extrêmes ne dépasse pas 600 m. Le Burkina Faso est donc un pays plutôt plat, avec quelques accidents de terrain localisés.
* Population : Le Burkinabés sont environ 16 millions : 0-14 ans : 47,5%; 15-64 ans : 49,59%; + 65 ans : 2,91%. Au moins, le problème des retraites ne se posent pas… (humour noir). En effet, en 2009, l’espérance de vie des hommes est de 51 ans et des femmes de 55 ans. Les femmes continuent à être fécondes : 6,28 enfants/femme (en 2009).

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* Religion : L’animisme serait la principale religion du Burkina Faso (47 %), suivie par l’islam (31 %) et le christianisme (21 %). Parmi les chrétiens, les catholiques sont majoritaires.
* Economie : Le Burkina Faso est un pays en voie de développement. Une situation qui s’explique en partie par la faiblesse des ressources naturelles, et de celles des prix de ces ressources naturelles sur le marché mondial, l’aridité des sols et l’absence de mise en valeur durant la période coloniale, la démographie. L’agriculture représente 32% du produit intérieur brut et occupe 80% de la population active. Il s’agit principalement d’élevage mais également, surtout dans le sud et le sud-ouest, de culture de sorgho, de mil, de maïs, d’arachides, de riz. Dominée par le coton, dont le pays est le premier producteur en Afrique avec 700 000 tonnes en 2006 principalement tournées vers l’exportation, l’économie résiste tant bien que mal à la chute des cours mondiaux. Le chômage entraîne un fort taux d’émigration : par exemple, trois millions de Burkinabè vivent en Côte d'Ivoire. Selon la banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest, ces migrants rapatrient chaque année des dizaines de milliards de francs CFA au Burkina Faso. Depuis les expulsions du Ghana en 1967, cette situation provoque également des tensions avec les pays d’accueil. La dernière crise remonte aux événements de 2003 en Côte d'Ivoire qui ont entraîné le retour ponctuel de 300 000 migrants. Le tiers de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté. L’aide internationale contribue également pour une grande part à l’activité économique du pays. Il convient par ailleurs de citer quelques productions minières : cuivre, fer, zinc et surtout or. Le PIB par habitant est d’environ 30 € mensuel.



Dimanche 21 : Envol de Marseille avec Royal Air Maroc à 20H50. Le Boeing est pratiquement plein et les places sont plutôt étroites. Ni radio, ni écran de télé. Petit repas. Je voyage juste derrière Soprano (mais connaissez-vous Soprano ? Et était-ce bien Soprano, finalement ?). C’est vraiment le hasard, j’avais acheté son dernier album dans la semaine. Atterrissage à Casablanca à 22h25 et transit d’une heure et demie. A minuit, envol pour Ouagadougou.

Lundi 22 : Surprise : l’avion, à demi-plein, fait une escale de près d’une heure à Niamey à 4H du matin. Ce n’était pas écrit sur mon billet et ça m’a cassé ma nuit, je n’ai pratiquement pas dormi. Atterrissage à Ouagadougou retardé à 5H45, alors que le jour se lève (une heure en moins qu’en France). Une personne, Amadou, qui se révèlera être notre chauffeur durant le circuit, m’attend. Enfin, nous attend, car Aurélia, une jeune Catalane de Barcelone vivant en Andorre, médecin, était dans le même avion que moi. Un troisième passager est manquant. Alors que j’étais resté sur le chiffre de 5 participants, nous aurions dû finalement être huit et nous retrouvons à sept. Nous rejoignons les autres participants à l’hôtel : Patrick et Marie-Jo, de Chablis, Christopher, un jeune Luxembourgeois, Yvonne, une postière de Clermont-Ferrand et Pierre, mon ami photographe-voyageur rencontré au Bangladesh. Mais une grande absente : Marinette (d’Erythrée) n’a pas pu venir ! Un nuage de poussière flotte sur Ouagadougou et il fait déjà 28 degrés. Vu depuis la terrasse de l’hôtel, Ouaga semble un dédale de petites rues sales. Nous sommes au centre et cela ne se voit pas.

Petit-déjeuner et départ en retard, à 9H30 au lieu de 8H, tout ça m’a l’air assez mal organisé ! Notre guide, François, est un jeune Lobi de 36 ans et une cuisinière, Adjara, nous accompagne. Notre véhicule est un minibus Toyota de 10 places plus 2 strapontins, c’est vraiment étroit et peu confortable. J’arrive à avoir une des trois places de devant, où je peux mettre mes jambes, à côté d’Adjara et d’Amadou. Tout le chargement est sur le toit : matelas, tentes, matériel de cuisine, provisions, sacs de chacun etc… Pas pratique et cela nous fera perdre beaucoup de temps tous les matins car il est long d’arriver à tout caser et d’arrimer tout cela. Bref, ça commence mal. Bien sûr, le plein n’est pas fait et il faudra s’arrêter un peu plus loin, alors que nous avons 400 km à parcourir ! La route est heureusement assez bonne pour une route africaine. Petit arrêt au marché de Tiankoura, au bord de la route. C’est très vivant, je retrouve mon Afrique. C’était hier les élections présidentielles ici, je ne le savais pas, et des hommes éméchés en tee-shirt à l’effigie de Blaise Compaoré fêtent cela avec de la bière de mil, étant sûrs des résultats qui ne seront connus que dans quelques jours. Ils m’invitent, mais je décline : je n’aime pas ce genre d’alcool.

Nous repartons, faisons provision individuelle de bouteilles d’eau et déjeunons plus loin dans un restaurant, pas fameux. Puis encore pas mal de route jusqu’à Gaoua, la capitale du pays lobi. Je sommeille un peu, je suis bien fatigué de mon voyage. Nous arrivons enfin aux environs de Gaoua et nous arrêtons vers 17H sur le terrain de foot de l’école d’un village. Les enfants jouent alors que nous installons nos tentes. Elles sont faciles à monter mais la mienne (et pas que la mienne) a un problème de fermeture-éclair, c’est assez pénible. Ayant payé un forfait single j’ai droit à une tente individuelle. Heureusement car je suis obligé d’y dormir de travers si je ne veux pas toucher de la tête et des pieds. Il fait vite nuit noire et la lune, pleine, ne se lèvera que plus tard et m’empêchera de bien dormir toutes les nuits. Adjara nous prépare un bon et copieux repas de spaghettis, rien à voir avec celui de midi. Adjara se révèlera durant tout le voyage une excellente cuisinière. Des enfants sont restés et les restes leur sont distribués. Je me douche un peu à l’écart avec un seau d’eau, ça fait du bien. Je me couche assez tôt sur le petit matelas fourni mais suis réveillé assez vite, vers 22H30, par de la musique et des danses au village voisin. Je n’ai pas le courage d’aller voir et me rendors.


Mardi 23 : Nuit très moyenne, en plus il a fait froid au petit matin, mais je me sens tout de même plus en forme qu’hier. Petit-déjeuner à 7H (pain, beurre, confiture, café ou thé). Pliage des tentes et chargement des bagages sur le minibus, qui nous rejoindra pour midi. Départ en balade vers 8H, alors qu’il commence à faire chaud (la température montera en cours de journée jusqu’à 36 degrés environ). Nous marchons dans la brousse, entourés de champs de maïs, de mil ou de sorgho. Une demi-heure d’arrêt dans une soukala de potier. La soukala est la maison typique des Lobis, maison fortifiée en terre, au plafond de terre assez bas, soutenue par des poutres. Une terrasse, où l’on accède par une échelle rustique, la couvre et sert de grenier, de dépotoir et même de dortoir lors des chaudes nuits d’été. A l’extérieur, une femme fabrique à la main, sans tour, un grand pot en argile puis le décore. Elle devra ensuite le faire cuire. La matière première est aux alentours (argile, bois), aucune charge, que de la main d’œuvre. Du coup elle peut vendre ses poteries très bon marché. Au fait, Lobi veut dire « enfant de la forêt » (de Lou : forêt et Bi : enfant). Les Lobis (environ 706 000 individus), qui ont une réputation de guerriers, sont répartis antre le sud-ouest du Burkina Faso (474 000), où nous nous trouvons, le nord-ouest du Ghana (7 000) et le nord-est de la Côte d’Ivoire (225 000). Ceci dit, selon d’autres sources, ils ne seraient que 160 000. Une de leurs principales caractéristiques est le matrilignage et l’absence de chefs. Les Lobis sont polygames (s’ils ont l’argent) et, pour la plupart, animistes (culte de la Terre et culte des ancêtres). D’ailleurs, devant chaque maison se dresse un monument qui habite les fétiches sentinelles (duuns) destinées à protéger la famille. C’est là que se font les sacrifices d’animaux.

La poterie est très importante pour les femmes lobis. Plus les femmes possèdent de canaris (pots de terre), plus elles sont considérées car riches. Après le mariage, elles y stockent l’eau, la nourriture, les habits etc. Chaque femme a sa propre cuisine et sa chambre où le mari peut venir la rejoindre ; mais il n’y reste jamais pour la nuit, cela ne se fait pas, il doit dormir seul (le pauvre…). Comme il tourne comme cela entre ses différentes femmes, ça donne toute une ribambelle d’enfants, nus quand ils sont petits garçons puis souvent dépenaillés car pauvres. Les fillettes sont, elles, toujours habillées. Même si l’excision est aujourd’hui interdite et punie de prison, elle est encore souvent pratiquée. Par contre, curieusement, la circoncision, très courante en Afrique, n’existe pas ici. François nous explique tout cela et répond à nos questions, notamment en ce qui concerne le fétichisme et les sacrifices. Les animaux ne sont élevés que dans ce but, chèvres, moutons, poulets, bœufs et même chiens. Chaque fois qu’il y a un problème, maladie, décès ou autre, le sang de l’animal sacrifié arrose les fétiches installés à demeure devant la maison. La viande peut être ensuite consommée. Seul le cochon échappe à la règle, il ne peut être sacrifié et peut être mangé à tout moment. Les adolescents sont soumis à une période d’initiation (djoro) afin de devenir adultes. A part la fabrication de poterie, les Lobis s’adonnent à l’agriculture, l’élevage et à la recherche de l’or. Pour en savoir plus, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Lobi et http://abc.burkina.faso.free.fr/index.php?page=pays-lobi et http://fr.wikipedia.org/wiki/Lobi.

Plus loin, arrêt à une école pour saluer maitres et élèves. Ces derniers se lèvent à notre entrée, ils sont polis et disciplinés. J’ai l’impression d’un retour en arrière de 50 ans : uniforme ou blouse, bureau de bois pour deux avec siège intégré, affichettes aux murs. Sur le tableau noir, un texte est écrit à la craie : les souliers de Didier ! Pourtant, je ne suis jamais venu ici ! Peu d’enfants de la région peuvent « fréquenter » (aller à l’école), ils sont trop pauvres et aident leurs parents. Après plus de quatre heures de balade, un peu avant 13H, nous rejoignons le minibus et déjeunons, le repas est prêt. Puis nous avons droit à une bonne sieste sur les nattes, à l’ombre sous un gigantesque manguier. Nous sommes entourés d’enfants tranquilles. Ceux qui vont à l’école ont cours de 7H30 à midi puis de 15 à 17H. Mais la plupart ne sont pas scolarisés. L’après-midi, nous marchons encore tranquillement environ deux heures dans la brousse, croisant de temps en temps une soukala. Nous voici au bivouac, une nouvelle fois sur un terrain de foot près d’une école, où nous installons nos tentes. La nuit tombe vite. Bonne douche, très nécessaire et bien agréable, en pleine nature. Petit apéro, pastis et sirop de gingembre, puis bon repas. Lorsque je retourne à ma tente, je m’aperçois qu’elle a été visitée, tous mes vêtements ont disparu, mais, par chance, tout ce qui est précieux (ordinateur, médicaments, portefeuille) est toujours là. Le couple aussi s’est fait dévalisé et François part voir le chef du village car il semblerait que ce soit la première fois qu’arrive ce genre d’incident. Du coup, je ne dors pas très bien et fais des cauchemars invraisemblables.


Mercredi 24 : Au petit matin, après quelques recherches, François retrouve mes vêtements au pied d’un arbre de l’autre côté de la piste. Il ne manque qu’un short, un tee-shirt et une paire de chaussettes. Mais le principal est là : pull-over, K-way et pantalon (comment aurai-je fait à mon retour à Paris ?). Ouf ! Mes amis ont aussi retrouvé la plupart de leurs affaires. Après le petit-déjeuner, nous faisons nos sacs et démontons les tentes. « Allez, on va évoluer… », ce qui veut dire en langage de chez nous « Nous allons partir… ». Cela deviendra notre leitmotiv matinal. Il est curieux de constater que les Africains continuent leur évolution alors que nous, en France, commençons déjà à régresser ! Bon, nous allons visiter un campement d’orpailleurs, ce sont surtout des jeunes et des enfants qui creusent la terre à temps perdu, hors saison agricole, pour trouver des paillettes d’or, très peu il faut dire, qu’ils revendent à petit prix. C’est un sacré travail, d’autant plus que les trous se remplissent rapidement d’eau.

Après la pause déjeuner nous repartons (sauf Yvonne, fatiguée) pour deux heures à travers brousse et franchissons le mont Koié qui offre une vue panoramique, mais rien de bien folichon. Nous nous arrêtons à une soukala que nous visitons et dont le mur de chambre de la première femme est tapissé de pots. Si le mari casse un pot, le divorce est consommé. Nous grimpons sur le toit en terrasse par une échelle (les échelles lobis sont des troncs où de petites encoches ont été taillées). Puis, en bas, sous un gigantesque baobab, le chef de famille nous joue du balafon, accompagné d’un de ses fils au tam-tam. Ca me rappelle Kombolokoura, au nord de la Côte d’Ivoire, près de Korogho (nostalgie, nostalgie…). Une dizaine de petits, filles et garçon, certains nus, dansent et se trémoussent, c’est amusant. Notre balade se termine un peu plus loin, sur le terrain de foot près de l’école de Sansana où des jeunes jouent. Aux alentours, quelques chèvres et moutons. Nous montons facilement nos tentes un peu avant la tombée de la nuit. Douche au bidon. Adjara nous prépare un bon repas africain, riz au gras et ananas en dessert. Je ne tarde pas à rejoindre ma tente que j’ai d’ailleurs du mal à retrouver dans le noir, je l’ai plantée un peu à l’écart pour éviter les ronflements désobligeants. La lune pleine se lève un peu plus tard et je me réveillerai encore plusieurs fois pendant la nuit. Je supporte bien mon duvet, il fait frisquet vers 3 heures du matin.



Jeudi 25 : Réveil de bonne heure, bien avant le réveil prévu comme tous les matins à 6H30. Petit-déjeuner, pliage des tentes, tout ça devient de la routine. Une balade de 3 à 4 heures de marche était prévue ce matin sur le programme, mais non, François nous dit que c’est une erreur, qu’il est impossible d’arriver à destination si nous respectons le programme. Certains sont déçus, évidemment. Nous partons avant 8H, le temps de charger (surcharger) le minibus. Nous voici à Gaoua, la capitale du pays lobi, peu après 9H. Le petit musée de Poni (du nom de la rivière) présente les traditions lobis et un guide commente, surtout ce qui concerne les cérémonies d’initiation, l’animisme et les sacrifices, le mariage et la polygamie et, enfin, les funérailles. Intéressant.

Petit tour au marché, assez vaste, qui présente toutes sortes de produits et de nourritures, notamment des ignames de toutes formes, de jolis piments colorés jaunes ou oranges et des chenilles séchées (que je n’ai pas goutées). Léger déjeuner avant midi dans un restaurant avant de repartir jusqu’à Léo, capitale du pays gourounssi. La route laisse place à une piste de latérite et la poussière rouge envahit le minibus dès que nous suivons ou croisons un camion, ce qui n’est pas rare. Arrivé vers 17H à Léo, après un parcours de 280 km aujourd’hui. Petit tour au marché puis, plus loin, vers Sissili, installation des tentes sur un terrain de foot, cela devient une habitude. Bon diner, Adjara est une championne. Douche champêtre et coucher. Des ânes feront du bruit durant la nuit (je ne parle pas de mes compagnons, mais de vrais ânes).


Vendredi 26 : A partir de 4H15, appels à la prière, la mosquée ne doit pas être loin. Départ matinal, comme toujours. Si nous avions un véhicule à notre taille, nous gagnerions une demi-heure de chargement par jour. Amadou est un artiste : arriver à tout caser sur le toit du minibus relève de la prouesse ! La piste vers Léo est moyennement bonne et salissante et nous arrivons à l’entrée du parc de Nazanga à 10H30. Là, nous devons acquitter une taxe pour les appareils photo (en plus d’un droit d’entrée inclus dans le circuit). Il nous reste encore une heure et demie de piste à travers brousse pour atteindre le ranch de gibiers de Nazinga. Ce n’est pas très agréable : en plus de la poussière de latérite, nous devons respirer la fumée des multiples feux volontaires de broussaille. Et nous ne rencontrons aucun animal. 130 km parcourus dans la matinée.


Le parc du ranch de Nazinga, créé en 1979 près de la frontière du Ghana, fait quelques 91 300 hectares et comporte 250 km de pistes. Il renferme plusieurs espèces d’animaux, outre les 400 éléphants : entre autres des babouins, des antilopes, des familles de phacochères et de nombreuses espèces d’oiseaux. Des chambres plus que rudimentaires nous sont attribuées : la mienne est toutefois équipée de douche et WC. Je m’attendais vraiment à mieux, pour une fois que nous logeons dans du dur. Quant au restaurant, pas grand choix, désinvolture du service (des fonctionnaires…), même pas un coca frais (par cette chaleur, ça m’aurait fait du bien), portions toute petites. Décevant… Sieste jusqu’à 16H, j’en profite pour ouvrir mon ordinateur pour la première fois du voyage afin de sauvegarder et travailler mes photos. Depuis hier l’écran de mon appareil photo a de gros problèmes, c’est très gênant. Notre minibus est en panne, problème de distribution, un engrenage aurait lâché, et Amadou va essayer de trouver un mécanicien. Du coup, à 16H, nous partons en safari avec un véhicule du ranch, un pick-up sur lequel nous serons assez bien installés. Un guide du parc nous accompagne, il est là pour repérer les animaux. Ca brûle un peu de partout : les feux sont allumés afin de détruire les hautes herbes qui cachent la vue, mais les grandes plaques noires ne sont pas belles et l’air est vicié. Une voiture s’est enlisée devant nous, la notre franchit l’endroit boueux, mais nous devons récupérer sept ou huit touristes français qui nous promettent leur dessert ce soir (tu parles…). Nous ne voyons presque rien : un cob de fassa (antilope) et un vieil éléphant au loin (photos ratées). Retour au ranch vers 18H, heure à laquelle le groupe électrogène se met en route. Repas très moyen et trop léger. Puis travail, je commence mon récit, mais l’électricité sera coupée à 22H au lieu de minuit. Décidément…


Samedi 27 : J’ai eu froid cette nuit et même pas une couverture dans ma chambre ! Sorti mon duvet. Dormir à l’hôtel dans un duvet, il faut le faire ! A 6H30, alors qu’il fait jour depuis une demi-heure, nous embarquons sur le toit d’un nouveau minibus, qu’un nouveau chauffeur a amené depuis Ouagadougou afin de remplacer celui en panne. Durant deux heures, tour dans le parc à la recherche d’animaux. Nous voyons quelques cobs de fassa et, à la fin, un troupeau d’éléphants qui traverse devant nous et disparait fugitivement dans les hautes herbes. Bon, c’est toujours ça… Quant à « l'incroyable diversité des oiseaux, vrai plaisir pour les yeux » annoncée par Nomade Aventures, c’est du pipeau… Retour au ranch, petit-déjeuner, chargement et départ à 9H30. Nous reprenons durant une heure et demie la mauvaise piste jusqu’à la sortie du parc puis continuons jusqu’à Pô, en pays Kassena. Déjeuner dans un restaurant tout à fait quelconque. Je ne comprends pas : alors que j’ai toujours parfaitement et délicieusement mangé en Afrique, nous n’allons ici que dans des restos merd… En plus, tout autour, les rues sont sales, jonchées de papiers et de sacs en plastique, presque aussi sale qu’à Marseille.

Piste ensuite jusqu’à l’ancien village de Tiébélé, connu pour son architecture et ses décorations. Il s’agit en fait d’un village fortifié parcouru d’un dédale de petites rues. A l’entrée, la cour royale et, juste en face, les fétiches (à ne pas photographier) et la place des palabres qui sert de cour de justice, sous des arbres imposants. Un guide local, obligatoire, nous accompagne et nous explique les traditions du lieu. Nous pouvons visiter des maisons, à l’intérieur original et où je dois circuler à quatre pattes, grimper sur des terrasses et admirer les façades peintes de différents motifs ayant chacun leur signification : ustensiles de cuisine, lézard, serpent, poteries, canne du chef, etc. Mais le début d’après-midi n’est certes pas la meilleure heure pour prendre des photos, dommage. La visite se termine à 16H car nous avons rendez-vous une demi-heure plus tard au minibus, près du marché du nouveau village de Tiébélé.

Evidemment, comme tout le temps, nous devons attendre les retardataires, une demi-heure. C’est assez pénible car si j’avais su j’aurais pu trainer un peu moi aussi. Mais je préfère respecter le groupe en respectant les horaires, ce qui n’est pas le cas de tous, certains disant ouvertement qu’ils sont là pour profiter et qu’on n’est pas pressé. Voilà une des raisons qui me font détester les voyages en groupe. Heureusement que le circuit se termine demain ! Je n’aurais pas tenu, même si le groupe est sympa en dehors de cela. Nous roulons ensuite jusqu’à Kampalé où nous dressons notre camp dans la cour de l’école jonchée de détritus. L’endroit est calme et il fait de suite nuit noire. Nous avons parcouru 155 km aujourd’hui et je suis bien sale. Ainsi la douche au seau dans la brousse me réconforte. Bon repas d’ignames à la tomate préparé par Adjara. Malgré ma demande depuis trois jours, nous n’aurons pas eu de méchoui ou de grillades, comme cela été suggéré sur notre programme, que du poulet rachitique, la viande manque, c’est vraiment un voyage au rabais. D’après Adjara, on ne trouve pas de mouton à acheter (il y en a partout et un agneau coûte environ 15 à 20 euros, ce n’est pas la mer à boire, non ?


Dimanche 28 : Lever habituel à 6H30 (alors que nous avions plus de temps aujourd’hui…), départ à 8H par une bonne route toute neuve mais pas tout à fait terminée. Après 152 km, nous arrivons à Ouagadougou vers 11H. cette capitale est vraiment moche, poussiéreuse, sale et semble sans âme. Nous arrivons évidemment bien trop tôt et descendons dans un hôtel crasseux où nos chambres ne sont pas prêtes. En attendant, nous allons déjeuner correctement (bien que frugalement), juste quelques frites huileuses et du poulet bicyclette à l’ail (c’est un poulet qui se plaint chaque fois qu’on le découpe. Aïe aïe aïe…). Toujours pas de dessert (de qui se fout-on ?). A 13H, nos chambres ne sont toujours pas prêtes et François décide de nous emmener dans un autre hôtel. Nous rechargeons donc le minibus et retraversons la ville. Nous voici à l’hôtel des Manguiers. La cour intérieure est plutôt sympathique et les chambres, en forme de bungalow, auraient pu être mieux s’il y avait eu une fenêtre et de la clarté. De plus ma chambre est humide et sent le moisi. Mais il y a la clim, c’est bien ! Sauf qu’au bout de cinq minutes on vient me demander de l’arrêter car on n’a pas payé pour cela. Nous n’avons droit qu’au petit ventilateur. La chambre avec clim coûte 20 euros au lieu de 17. Il n’y a pas de petites économies. Sieste prévue jusqu’à 15H30, j’en profite pour sortir mon ordi pour la seconde fois, j’ai énormément de retard.

A l’heure prévue, nous allons faire un tour en ville avec Amadou et son véhicule réparé, il fait très chaud (encore 34 degrés à 18H). Nous visitons tout d’abord un antiquaire qui a un choix impressionnant d’objets de toutes sortes, des masques aux fétiches, des statues aux portes dogons, des fauteuils aux bijoux, et même des objets insolites qui nous ont fait pas mal rire, du genre presse papier de madame de Bettencourt. Je suis tenté par beaucoup de choses mais comment transporter (échaudé par mon retour du Népal). Les prix ne sont bien sûr pas marqués, quand on demande c’est toujours très cher, il faut négocier et c’est pénible, on ne peut plus ensuite se débarrasser du vendeur. Et comment savoir ce qui est vraiment une antiquité ou non, ce qui a de la valeur ou pas ? En tout cas, c’est un plaisir pour les yeux. Nous repartons après une heure pour visiter un marché artisanal où des œuvres modernes sont proposées, surtout des sculptures et statuettes, des peintures, tissus et bijoux et quelques instruments de musique. Ben voilà, je me suis laissé tenter par deux masques, une statuette de bronze et un petit instrument de musique.

Nous rentrons à l’hôtel vers 18H et je commence à faire mon sac. Nous dinons à 19H, j’ai pris de bonnes spaghettis à la bolognaise. Bizarre que quand c’est nous qui payons directement notre repas, comme ce soir, c’est bon. François, Adjara et Amadou nous rejoignent à la fin du repas, Pierre leur remet nos pourboires, ils ont l’air satisfaits. Séance de photos en groupe. Puis Pierre et Christopher nous font leurs adieux, ils partent ce soir sur Paris. Je fais moi aussi mes adieux à Patrick, Marie-Jo et Yvonne qui, courageux, enchainent un autre circuit d’une semaine, les premiers en mobylette et Yvonne à pied (avec son tabouret à la main ?). Je travaille dans ma chambre jusqu’à 22H30 puis me couche, fatigué.

Lundi 29 : Je me réveille à 4H, travaille un quart d’heure et Aurélia et moi partons avec Amadou pour l’aéroport bien trop tôt (comme toujours) à 4H30. Dix minutes de route, François nous a suivi en cyclomoteur. Adieux, formalités, blocage à la vérification des voyages, on n’accepte pas mon petit luth car il y a des parties en fer. En fait la sécurité embête la plupart des touristes pour des bricoles alors que juste après des bouteilles en verre sont vendues au bar. Comme quoi la stupidité est internationale ! Je suis obligé d’aller voir le chef d’escale, Aurélia aussi d’ailleurs, et les problèmes se règlent après une bonne demi-heure. Envol comme prévu à 6H30, direction Casablanca, sous un beau lever de soleil rouge. Beaucoup de places libres dans le Boeing 737 mal équipé comme à l’aller. Bon petit-déjeuner par contre. Je lis un peu puis me mets sur mon ordi pour finir mes textes. Nous atterrissons à Casablanca avec 20 minutes d’avance, il pleut. Je fais mes adieux à Aurélia qui, elle, volera sur Toulouse, et j’embarque pour Paris. 40 minutes de retard et décollage à midi pile. Atterrissage à Orly à 15H30, le retard a été presque rattrapé. Il a neigé cette nuit sur la région où je vais rester une semaine chez des amis. Métro puis RER pour Reuil-Malmaison.

Que retenir de ce voyage ? A vrai dire, pour moi qui aime tant l’Afrique et les Africains, ce circuit a été quelque peu décevant. Je ne regrette pas de l’avoir fait, certes, mais les lieux et paysages ne m’ont pas envouté et les rencontres avec la population semblaient factices. Peut-être le fait d’être en groupe ? De n’avoir pas plus de liberté ? Je n’ai d’ailleurs fait que très peu de photos (150). Et puis, franchement, les prestations étaient vraiment du très bas de gamme, compte-tenu du prix du circuit.
Allez, maintenant, je dois vous quitter et je vous demande la route, comme on dit là-bas…
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