Coopter et écarter. Femmes dans la recherche sociologique et l’intervention sociale








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Coopter et écarter. Femmes dans la recherche sociologique et l’intervention sociale

dans la Roumanie de l’entre-deux-guerres
Après de multiples discussions, on est tombés d’accord, pour jouer,

de nous organiser en des formes « marchant sur quatre ancêtres » :

Vulcănescu, D.C. Georgescu, Xenia Costa- Foru et le soussigné.

Henri H-Stahl.1
et après qu’ils se soient mariés, tu ne saurais le croire ! Paula est devenue

une espèce de secrétaire, elle tapait à la machine tous ses textes, elle faisait tout ça,

la cuisine de ses ouvrages, quoi. Il l’a employée totalement pour faire ses ouvrages.

Marcela Focşa2
[L]a loi du service social appelait, pour la première fois dans notre histoire,

la jeunesse féminine de notre pays à l’accomplissement d’un travail spécial.

Henri H. Stahl3
Introduction

Dans la deuxième moitié des années 20 et dans les années 30 du siècle dernier, ont été menées plusieurs campagnes de monographie sociologique dans quelques villages de Roumanie. Ces campagnes ont réuni des dizaines d’étudiants et étudiantes, des chercheurs et des chercheuses qui ont investigué la vie rurale en utilisant un système théorique intégré, des méthodes et des outils de recherche multidisciplinaires. Dans la seconde moitié des années 30 est apparu un autre type d’effort orienté sur la zone rurale: des équipes volontaires formées de centaines d’étudiants et d’étudiantes dont le travail effectué dans les villages de Roumanie visait l’intervention sociale plutôt que la recherche sociologique. En octobre 1938 a été promulguée la loi du Service Social, qui stipulait l’obligativité de l’activité culturelle menée dans les villages comme condition pour l’obtention du diplôme de fin d’études, pour tous les jeunes sortant de l’enseignement supérieur roumain, sans distinction de profil. Suite à cette loi, ont été organisées des dizaines d’écoles de commandants et commandantes du Service Social. Toutes ces activités ont été effectuées au sein de diverses organisations de recherche sociologique, de réforme et intervention sociales fondées ou dirigées par le professeur Dimitrie Gusti, et elles sont connues sous la dénomination générale d’ « Ecole sociologique de Bucarest ». De très nombreuses femmes ont collaboré à toutes ces activités. La participation massive et active des femmes à des activités intellectuelles, de recherche et intervention sociale collectives est pour le moins insolite pour les années 20 et 30, en Europe et dans le monde, mais jusqu’à présent elle n’a pas été remarquée comme telle, et encore moins investiguée.

Dans cet article j’explore l’implication massive des femmes dans ces types d’activités, en suivant leurs contributions et leurs parcours professionnel, et j’offre des réponses possibles à des questions telles que: Quelle combinaison de facteurs sociaux, économiques, politiques et personnels ont entraîné la participation de si nombreuses femmes aux campagnes monographiques gustiennes, aux équipes estudiantines volontaires d’intervention sociale et aux préparations de la mise en place de la loi du Service Social ? Comment la participation des femmes a-t-elle contribué, affecté et modelé les activités de ces organisations ? Quels mécanismes disciplinaires et institutionnels et quelles stratégies personnelles ont produit l’insertion et, ultérieurement, l’exclusion des femmes, ainsi que la délimitation de zones professionnelles définies comme « adéquates » pour les femmes ? Comment leur participation aux activités gustiennes a-t-elle influencé les vies et les trajectoires professionnelles et personnelles de ces femmes ?

Ma recherche sur le travail et les contributions des femmes et les conséquences qu’ils ont produits sur les sciences, les réformes et interventions sociales d’une part, et sur leurs propres trajectoires professionnelles d’autre part, se fonde sur l’hypothèse d’une combinaison de mécanismes disciplinaires et institutionnels, de nécessités sociales et politiques, et de stratégies personnelles. Selon des études de sociologie des sciences, les frontières des domaines scientifiques en cours de constitution et qui n’ont pas encore acquis ni la reconnaissance et la légitimité académiques ni, dès lors, les ressources matérielles et les opportunités professionnelles, sont beaucoup plus perméables. Pendant cette étape ambiguë, les femmes peuvent pénétrer et travailler à côté des hommes, mais, en général, comme volontaires et souvent à des postes subalternes. Mais lors de l’institutionnalisation d’une discipline, les femmes commencent à y pénétrer plus difficilement, et celles qui y sont déjà présentes restent sur des positions subalternes, ou bien on crée une sous-discipline définie comme « adéquate » pour les femmes, vers laquelle elles sont orientées et qui occupe une position marginale du point de vue du prestige et de celui des ressources financières.

Pour répondre aux questions ci-dessus, j’utilise premièrement des sources « personnelles », telles que des entretiens d’histoire orale réalisées avec certain(e)s des participant(e)s aux activités de recherche sociologique et intervention sociale, la correspondance de certain(e)s « monographistes » (participants et participantes aux campagnes monographiques), et quelques mémoires et fragments de journaux intimes appartenant à des personnes impliquées dans l’école gustienne. Les entretiens réalisés par Zoltán Rostás avec Henri H. Stahl et avec la première génération de monographistes4 forment le noyau documentaire de mon recherche. J’ai utilisé, également, des études, articles et chroniques publiés dans des revues scientifiques, de communication organisationnelle et de propagande, édités par les institutions où ont travaillé les membres de l’Ecole sociologique de Bucarest et, enfin, des documents d’archives. En tant que méthode principale de recherche, j’utilise l’analyse documentaire et du discours, essentiellement dans une perspective de genre et avec une approche intégratrice. Ainsi, dans mon investigation je fais constamment référence aux activités, aux contributions, à la (non-)reconnaissance et aux parcours professionnels des femmes et des hommes ayant fait partie de l’Ecole sociologique de Bucarest et, là où cela était possible, à la participation des femmes dans des activités de recherche et changement social dans d'autres pays. En outre, je prends en compte et j’intègre les diverses entreprises de recherche et d’intervention sociale gustiennes, aussi bien que la participation des femmes à ces activités, dans le contexte social, culturel et politique de la Roumanie, dans la première moitié du XXème siècle, en les analysant et en les incluant dans le contexte des mouvements des femmes et féministes au caractère ample, actif et visible, menés avant la première guerre mondiale et l’entre-deux-guerres, sur les territoires habités par les Roumains.
Contextes sociaux et associationnels

Au début des années 1920, la proportion des étudiantes qui suivaient des cours universitaires en Roumanie était de 17%5, mais ce nombre a continué d’augmenter, si bien qu’il avait doublé vers la fin de cette décennie: si en 1924-1925 il y avait 5.101 étudiantes (22,79%), en 1929-1930 il y en avait 10.400 (27.86%). Dans le milieu des années 30 du siècle dernier, le nombre d’étudiantes était relativement élevé, un peu plus du quart de l’ensemble des étudiants, soit 9.922, sur un total de 37.7716. A l’Université de Bucarest, en 1930-1931, il y avait 28,1% d’étudiantes. La plupart suivaient les cours de la Faculté de Philosophie et des Lettres, où elles étaient majoritaires (58,5%), soit presque 40% des jeunes femmes qui suivaient les cours de cette université7. En fait, la prépondérance des étudiantes à la Faculté de Philosophie et des Lettres n’est pas caractéristique des années 30, puisque dès le début des années 20, elles étaient plus nombreuses que les étudiants (55-65%)8.

La supériorité numérique de ces étudiantes est justifiée, d’une part, par les transformations économiques et sociales, qui ont entrainé un grand nombre de femmes, appartenant surtout à la classe moyenne urbaine, à chercher un travail rémunéré à l’extérieur et, d’autre part, par la configuration spécifique des rôles de genre, qui attribuait aux femmes des activités dans les zones de soins, d’assistance sociale et d’éducation. Par conséquent, ces changements sociaux démarrés à la fin du XIX ème siècle dans les provinces habitées par les Roumains, et qui vont s’accentuer surtout après la première guerre mondiale, ont entraîné l’augmentation du nombre des femmes qui suivaient des études supérieures, surtout dans les domaines qui auraient pu leur permettre d’exercer des professions rémunérées, notamment celle de professeure. Evidemment, ce ne sont que des orientations générales caractéristiques de l’époque, qui ne justifient que partiellement l’implication des femmes dans les travaux de recherche et d’intervention sociales. Donc les explications concernant la participation des femmes aux investigations réalisées sur le terrain doivent plutôt être cherchées a l’intersection des antécédents des études menées par des femmes – individuellement ou au sein d’associations fondées et dirigées par des femmes –, des nécessités de recherche constatées au cours des deux premières campagnes et, non en dernier lieu, des aspirations scientifiques et des désirs personnels des étudiantes. Je vais signaler l’existence des pratiques de recherche sociale menée par des femmes dès le début du siècle et mentionner quelques motivations possibles pour la dynamique de la recherche en équipe, ainsi que des options personnelles amenant à l’implication de quelques étudiantes dans les campagnes de monographie sociologique.

L’implication des femmes dans des études sur les conditions de vie et de travail de la population pauvre de Roumanie – surtout celles des femmes et des enfants – et dans des activités d’éducation et d’assistance sociale a représenté une constante à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, mais elle s’est intensifiée dans les premières années du XXème siècle. Cette dominante des associations de femmes et féministes, d’une part, montre que l’inclusion de quelques étudiantes et chercheuses dans les démarches gustiennes ne s’est pas produite dans un vide et qu’il existait déjà une histoire des études sociales élaborées par des femmes et, d’autre part, justifie l’hypothèse selon laquelle Dimitrie Gusti a repris – ou au moins connu et intégré – des thématiques de recherche, des objectifs et stratégies d’intervention sociale – ne serait-ce que dans les domaines de la famille, de la vie et du travail des femmes, du soin des enfants, de l’industrie ménagère – initiés et mis en œuvre par ces associations.

Les activités de recherche sur la vie sociale entreprises par les participant(e)s aux campagnes monographiques ont, dès le début, fait partie d’un vaste projet de changement social, où la construction nationale occupait une place importante. Elles représentaient donc le fondement scientifique, à partir d’études appliquées sur le terrain, d’un ensemble d’activités et d’interventions sociales visant à améliorer les conditions de travail et de vie, premièrement de la population rurale, et dans une moindre mesure de la population urbaine, surtout à la fin des années 1920. Du point de vue conceptuel et organisationnel, les préoccupations de recherche et d’intervention sociales des institutions créées et/ ou dirigées par Dimitrie Gusti ont été influencées, d’une part, par des activités et des organisations similaires de l’étranger. D’autre part, elles ont été déterminées par le contexte social, économique et politique de la Roumanie et se sont inspirées des démarches de changement social effectuées sur les territoires habités par les Roumains. À ce propos, je considère que les associations de femmes et féministes occupent une place importante, aspect qui n’a pas encore été remarqué et abordé dans les exégèses sur l’Ecole sociologique de Bucarest.

Même si elles sont absentes du discours historiographique dominant, les nombreuses organisations de femmes et féministes et leur implication active et visible dans les débats publiques et les activités d’assistance sociale et philanthropiques de la fin du XIXème siècle et des premières décennies du siècle suivant ont été une constante. Ainsi, outre les démarches émancipatrices visant à modifier le statut juridique et politique des femmes en Roumanie, les centaines d’associations de femmes avaient pour objectives fondamentaux l’amélioration des conditions de vie et de travail, principalement des femmes et des enfants9. Il n’y a pas assez d’espace ici pour étudier de près les relations entre les activités de ces organisations et les démarches de recherche et de changement social, effectués dans la seconde moitié des années 1920 et dans les années 1930 par l’ample groupe de personnes dirigé par Gusti, mais je considère nécessaire de mentionner quelques repères indiquant des aires de superposition des objectifs proposés et des stratégies adoptées pour les réaliser, tant par les associations de femmes que par les institutions gustiennes.

Les associations de femmes et féministes faisaient des études sociales en vue de trouver des moyens d’améliorer les conditions de vie et de travail des femmes. Dès le début du siècle dernier, il y a eu des associations de femmes qui non seulement avaient pour but l’amélioration les conditions de vie des femmes appartenant à la classe ouvrière par divers moyens, mais qui, en outre, ont justifié la nécessité de leurs démarches et ont inscrit dans leur programme la recherche des divers aspects de la vie et du travail des femmes. Un exemple est celui de l’Association de femmes « Sprijinul » (Le soutien), constituée en 1900 à Bucarest, à l’initiative d’un groupe de femmes dirigé par Ecaterina Arbore. Cela révèle le type de conscience sociale et d’orientation agissante de certaines intellectuelles en Roumanie, avant la première guerre mondiale.

Les actions de l’Association de femmes « Sprijinul », entre 1900 et 1913, ont été nombreuses et ont concerné des domaines divers. Des conférences populaires ont été périodiquement organisées dans les écoles primaires des quartiers périphériques de Bucarest, sur l’hygiène, la puériculture, l’éducation des enfants, le droit juridique des femmes, les sciences naturelles etc., lesquelles étaient suivies parfois de concerts populaires donnés devant une nombreuse assistance. En 1901, l’Association de femmes « Sprijinul » a pris en entreprise les travaux de confection et de lingerie gérés initialement par la Mairie de la Capitale et ultérieurement par le Service Sanitaire Général, pour fournir des emplois à ses membres. En 1902, elle a ouvert une école pour filles, avec deux sections – couture et lingerie – et des ateliers organisés selon le principe de la coopération. A partir de 1903 elle a mis en place des cours professionnels et d’alphabétisation dispensés le dimanche, pour adultes, en 1904, une école d’infirmières, et en 1910 un internat pour les élèves de cette école. Outre ces initiatives, ont été élaborées des études sur les conditions de vie et de travail des femmes, telle, par exemple, celle de Ecaterina Arbore, Industria şi sănătatea lucrătoarelor (L’industrie et la santé des ouvrières), publiée en 1907, où l’auteur analyse surtout le travail des femmes employées dans l’industrie, en montrant les conditions difficiles de travail des femmes et l’exploitation de leur travail supérieure à celle du travail des hommes.

Un autre domaine superposition des activités des associations de femmes et des démarches réformistes et interventionnistes gustiennes est celui de l’assistance sociale et du « service social », même si ce dernier était conçu de façon partiellement différente par les activistes sociales et féministes. Il y a déjà des études attestant la prépondérance des associations initiées et dirigées par des femmes dans le domaine de l'assistance et de la protection sociales pendant les dernières décennies du XIXème siècle et dans la première moitié du XXème siècle (connues, surtout au XIXème siècle, en Roumanie et en d’autres pays européens sous le nom de « philanthropiques »)10. Je me borne à noter que, selon Indicatorului instituţiilor de asistenţă socială publică şi privată din România pe 1924 (L’Indicateur des institutions d’assistance sociale publique et privée de Roumanie, pour l’année 1924), sur les 629 institutions sociales enregistrées, 50 appartenaient à l’Etat, le reste représentant des initiatives privées, dont la majorité était patronnée par des femmes11.

Les intérêts, les buts et les moyens de ces associations de femmes coïncidaient et il a même existé, à partir de l’automne de l’année 1920, une collaboration institutionnelle reconnue et soutenue entre l’Institut Roumain – par la Section d’études féminines –, le Séminaire de sociologie de l’Université de Bucarest et l’Association Chrétienne des Femmes Roumaines, en ce qui concerne l’établissement et l’organisation de l’activité didactique de l’Ecole Supérieure d’Assistance Sociale12. Mais il y a eu d’autres associations de femmes dont les buts, stratégies et activités réalisés au début des années 1920 se sont retrouvés, au milieu des années 1930 dans les initiatives sociales gustiennes. Par exemple, il existe des similarités remarquables entre les démarches d’assistance et de protection sociales pratiquées par Asociaţia Cercurilor de Gospodine (l’Association des Cercles de Ménagères) et les activités d’intervention sociale envisagées et partiellement accomplies par la Fondation Culturelle Royale « Le Prince Charles » par l'intermède des équipes estudiantines volontaires et de la Loi du Service Social. Créée le 3 avril 1920 à Bucarest, sur l’initiative de Valentina Focşa, l’Association Cercurilor de Gospodine était, selon son initiatrice, « une preuve manifeste de la façon dont les femmes entendent collaborer – à cette époque mouvementée – à la nouvelle structure de notre nation » et « une œuvre qui vise à élever les conditions de vie de nos villages et de nos périphéries en y inculquant la nécessité d’une vie meilleure ». La conception de l’association concernant les moyens d’ « élévation » de la vie « de l’homme des classes sociales les plus basses » est à la fois révélatrice et significative. Ses dominantes se retrouvent, naturellement, beaucoup plus élaborées et systématisées, dans le projet gustien d’intervention sociale13. Les activités pratiques et démonstratives, l’approche « intégratrice » de tous les aspects de la vie sociale rurale, ainsi que l’idée de réaliser des « fermes modèle » apparaissent aussi dans les projets d’intervention sociale mis en œuvre par Gusti. L’Association Cercurilor de Gospodine s’est occupée aussi – comme les équipes étudiantes allaient le faire, à leur tour, une décennie et demi plus tard – de la promotion des industries ménagères en créant des coopératives, en faisant des propositions pour la syndicalisation de la production et de la vente, en organisant des expositions-ventes etc.

Suite aux résultats positifs obtenus par beaucoup d’autres associations de femmes pendant plus d’un demi-siècle dans les activités d’assistance et protection sociales, au milieu des années 1930 des propositions ont été faites concernant la mise en place du service social obligatoire pour les femmes, selon le modèle du service militaire pour les hommes. Un exemple est le projet sur l’organisation de l’assistance sociale dans la ville de Constanţa, conçu en 1934 par Maria Dimitriu-Castano, présidente de la filiale locale de l’Association pour l’Emancipation Civile et Politique de la Femme Roumaine. Elle proposait l’élaboration d’une loi qui oblige les citoyens de présenter certains documents préalables au mariage, dont le certificat attestant que la future jeune mariée a satisfait, pendant une année, le service social et a suivi un cours ménager et de puériculture, alors que le futur jeune marié devait présenter le certificat attestant qu’il avait accompli son service militaire14. D’autres organisations pour l’émancipation des femmes ont fait des propositions similaires, tel, en 1935, le Groupe des Femmes Roumaines, présidé par Alexandra Cantacuzino15 ; en 1936 le Conseil National des Femmes Roumaines, le Groupe des Femmes Roumaines et l’Association « Solidaritatea » (Solidarité) ont adressé un appel au premier ministre pour qu’il fasse promulguer une loi qui stipule l’obligation du service social pour les femmes, comme équivalent du service militaire obligatoire pour les hommes16.

Par ces démarches, les mouvements d’émancipation des femmes tentaient de construire et de soutenir – à partir des contributions des femmes à la société dans des domaines d’activité déjà reconnus, et en accord avec les rôles de genre prônés par le discours idéologique national et patriarcal de l’époque – la participation des femmes à la consolidation de l’état national et, donc, leurs droits politiques égaux à ceux des hommes. Mais quels qu’aient été les buts spécifiques poursuivis dans ces propositions par les organisations des femmes et féministes, il est évident que l’idée d’un service social, même différente de celle professée par Dimitrie Gusti à la fin de la même décennie, a été formulée au moins cinq ans plus tôt et, de plus, elle concernait uniquement les femmes. Donc, il ne faut pas considérer comme une nouveauté absolue l’obligation stipulée dans la loi du Service Social d’octobre 1938, qui visait toutes les titulaires d’un diplôme d’études supérieures de participer « au travail de élévation des villages et des villes »17.
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