Emmanuel Macron sur tf1 : le bulletin de notes du président








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Le sexisme perdure (aussi) chez les économistes

En France comme aux Etats-Unis, les femmes sont sous-représentées au sein de la profession. En cause : le poids du conservatisme et des représentations mais aussi le fonctionnement des carrières dans la filière…

LE MONDE ECONOMIE | 12.10.2017

Par Marie Charrel

Une occasion ratée ? Mardi 10 octobre, l’Académie royale des sciences de Suède a décerné le prix Nobel d’économie à l’Américain Richard Thaler.

Depuis sa création, en 1969, une seule femme a reçu la prestigieuse récompense : l’Américaine Elinor Ostrom, en 2009.

Depuis quelques mois, le sujet déchire la communauté des économistes aux Etats-Unis. Alice H. Wu, étudiante à Berkeley (Californie), a jeté un pavé dans la mare : son mémoire de master, publié en août, passe en revue les milliers de conversations tenues sur un forum professionnel célèbre parmi les économistes américains, Econjobrumors. com.

Elle a ainsi isolé les trente mots les plus utilisés pour évoquer les femmes du secteur. Le résultat est glaçant : « chaude »« salope », « vagin », « anal », « sexy », « seins », « prostituée »…

Le scandale s’est répandu comme une traînée de poudre, soulevant une série de réactions dans le milieu universitaire. « C’est très choquant, mais ce n’est malheureusement pas une surprise, commente Shelly Lundberg, présidente du comité consacré au statut des femmes au sein de l’American Economic Association (AEA). Lorsque l’on creuse un peu, les témoignages ne manquent pas. »

Nathalie – elle préfère garder l’anonymat –, économiste belge expatriée outre-Atlantique, garde ainsi un mauvais souvenir de la conférence qu’elle a donnée il y a quelques mois, à Londres. A la sortie, elle surprend un échange entre deux collègues à son propos : « Elle a un cul trop bandant pour qu’on l’écoute. » « J’étais trop choquée pour réagir : je pensais que ces remarques étaient d’une autre époque ! », témoigne-t-elle.

Un exemple de plus du sexisme ordinaire ? Certainement. « Mais derrière ce sujet se cache celui, plus grave, de la sous-représentation des femmes parmi les économistes », souligne Paul Seabright, de l’Ecole d’économie de Toulouse, auteur de l’ouvrage Sexonomics (Alma Editeur, 2012).

« Silence assourdissant »

Aux Etats-Unis, elles pèsent ainsi 31 % des doctorants en économie, 23 % des enseignants-chercheurs et seulement 2 % des professeurs dans les 42 principaux départements du pays, selon l’AEA. Soit aussi peu que dans les sciences dures, à l’instar de l’ingénierie ou de l’informatique.

Dans une note sur le sujet, Soledad Zignago, économiste à la Banque de France, passe en revue les données de Research Papers in Economics (RePEc), le plus grand répertoire mondial d’économistes, où sont enregistrés 50 000 auteurs.

Bilan : la part des femmes n’est que de 19 %« Elles sont également moins présentes dans les médias et sur les réseaux sociaux, sans parler des écarts de salaires », remarque Mme Zignago.

Et en France ? « Le silence sur le sujet est assourdissant, et il y a beaucoup moins de données disponibles qu’aux Etats-Unis pour mesurer l’ampleur du phénomène », note Béatrice Cherrier, historienne de l’économie, qui vient d’être recrutée par le CNRS précisément pour étudier la question. Peut-être parce que les premières concernées sont souvent réticentes à en parler, de peur d’être marginalisées. Voire d’être cataloguées comme féministes hystériques de service.

Un coup d’œil aux programmes des nombreux forums et conférences économiques tenus toute l’année en France confirme pourtant que la situation tricolore n’est pas très éloignée de celle des Etats-Unis : les panels sont souvent presque exclusivement masculins. Et les rares chiffres tout de même disponibles en disent long : les femmes représentent 26 % des économistes français enregistrés sur RePEc.

Si elles pèsent 50 % des effectifs en premier cycle universitaire, leur proportion tombe à 40 % pour les maîtres de conférences et 20 % pour les professeurs. « C’est là que se situe le plafond de verre, estime Anne Boring, chercheuse affiliée à Sciences Po. Plus on monte, moins il y a de femmes. » Et ce n’est bien sûr pas une question de compétences. Alors, où est le problème ?

« Cette sous-représentation est le fruit d’un cocktail de causes complexes, relevant parfois de la misogynie, du poids du conservatisme, des biais inconscients et des obstacles institutionnels », détaille Emmanuelle Auriol, du comité « Women in Economics » au sein de la European Economic Association (EEA), une association d’économistes européens.

Longtemps, les jurys d’agrégation ont été 100 % masculins. Les réseaux féminins d’influence sont moins nombreux. Et les idées reçues ont la vie dure – y compris chez les femmes elles-mêmes. « Cela relève encore du réflexe : lorsqu’on pense expert, on pense homme », résume Mme Lundberg.

Milieu ultra-compétitif

S’ajoute à cela l’autocensure, qui joue à plus d’un niveau. « Je l’ai clairement observé lorsque je vice-présidais l’université d’Orléans : les femmes sont moins nombreuses à postuler que les hommes, de peur de ne pas avoir les compétences, narre Anne Lavigne, aujourd’hui au Conseil d’orientation des retraites. Mais celles qui osent le faire ont de meilleurs résultats ».

De même, nombre d’entre elles refusent de prendre la parole dans les médias ou en conférence lorsqu’elles ont le sentiment de ne pas maîtriser un sujet à 100 %. Des scrupules dont s’encombrent beaucoup moins leurs homologues masculins.

Pour ne rien arranger, les journalistes se reposent un peu trop – autant par facilité que manque de temps – sur les « bons clients », ces économistes systématiquement appelés car disponibles à toute heure. Presque toujours des hommes.

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à Paris-I-Panthéon-Sorbonne et coauteur de L’Economie pour toutes (Ed. La Découverte, 2014), les femmes sont surtout pénalisées par le fonctionnement même du milieu des économistes, ultra-compétitif« Ce n’est pas un cliché de souligner qu’elles y sont moins à l’aise : ses codes et son langage sont très masculins, tout comme l’importance démesurée accordée au nombre de publications pour l’avancement des carrières universitaires », détaille-t-elle.

En la matière, les femmes se heurtent au problème du manque de temps. A la maison, l’organisation de la vie de famille reste souvent à leur charge. « Entre les cours, la paperasse, la recherche, la gestion des enfants, surtout lorsqu’ils étaient en bas âge, dégager des heures pour publier relevait de l’exploit,se rappelle Nathalie Coutinet, économiste à Paris-XIII. Dans ces conditions, on ne part pas sur un pied d’égalité. »

Certes, les mœurs évoluent : les tâches familiales sont un peu mieux réparties au sein des jeunes générations. « Mais on ne peut pas compter uniquement sur cela pour changer les choses », prévient Mme Auriol. Son association a pris les devants.

Tous les ans, l’EEA organise une « retraite » destinée aux jeunes diplômées en économie. Au menu : formations et échanges avec des mentors, afin de les aider à publier et à se construire un réseau efficace.

En France, le site Expertes.fr offre un annuaire gratuit rassemblant près de 3 000 spécialistes femmes, dont des économistes, afin d’aider les médias à ne plus se contenter uniquement des « bons clients » masculins.

« Tout ce qui augmente la visibilité des femmes aidera à changer peu à peu la culture et les représentations, conclut Agnès Bénassy-Quéré, présidente déléguée du Conseil d’analyse économique. Mais le chemin sera très long. »

Mots-clés : Inégalités femmes-hommes
Fainéants les fonctionnaires ?

  • JEAN-MARIE HARRIBEY 12/10/2017

Le gouvernement a préparé le projet de loi de finances pour l’année 2018. Le maître mot de ce projet, c’est diminuer les dépenses publiques par tous les moyens, notamment en diminuant de 120 000 le nombre de fonctionnaires et en privatisant certains services publics. Et la plupart des médias de répéter en boucle le mantra libéral. Même le magazine « 28 minutes » du 9 octobre 2017 a mis en exergue cette chose abominable : « la part du PIB consacrée aux dépenses publiques représente 56,2 % ».

À la base de l’offensive néolibérale pour délégitimer l’action publique, il y a l’idée que les travailleurs qui sont employés à produire de l’éducation publique, de la santé publique, des services municipaux, etc. seraient improductifs. Il s’ensuit que ces services non marchands n’existeraient que grâce à une ponction sur la valeur économique produite dans la sphère capitaliste, seule légitime puisque validée par le marché. Certains vont même jusqu’à dire crûment : « l’économie gratuite est intégralement financée par les producteurs de richesses marchandes, ceux qui, au sens propre, font du fric ».[1] Tout cela n’est que bluff idéologique, il n’empêche qu’il en découle des politiques visant à réduire la sphère non marchande par le biais de la baisse des dépenses publiques et sociales, toujours considérées comme excessives puisqu’elles se développeraient aux dépens de l’activité marchande.

 Dans la fonction publique non marchande, on travaille et on produit

Les assertions libérales précédentes sont entièrement fausses mais ont l’apparence de la vérité et sont maquillées sous des conventions comptables qu’on peut facilement dévoiler. Tout d’abord, les travailleurs employés dans la fonction publique (fonctionnaires comme salariés sous droit privé) sont productifs, non seulement de services utiles (éducation, soins…), mais aussi de valeur économique, comptabilisée dans le PIB à hauteur des salaires versés. Dès lors, les impôts et cotisations constituent le paiement collectif du produit non marchand. Celui-ci s’ajoute au produit marchand et ne lui est pas soustrait : une vraie valeur ajoutée, monétaire, mais non marchande, qui a été validée par décision politique démocratique. Les prélèvements, dénommés souvent de manière péjorative « obligatoires », sont donc effectués sur un produit total déjà augmenté du produit non marchand.[2]Ainsi, pour l’année 2016, le produit non marchand brut des administrations publiques françaises représentait 366,1 milliards d’euros[3], soit environ un tiers de la dépense publique totale. Pourquoi les idéologues libéraux s’acharnent-ils à contester ces faits avérés ? Parce que les forces de travail et les ressources matérielles utilisées pour produire des services non marchands ne sont plus disponibles pour produire du profit et donc pour accumuler du capital. On comprend que patronat et économistes bien-pensants soient vent debout contre un espace où règnent une « gratuité » construite socialement et donc un peu de solidarité.

 Des chiffres qui sont des conventions sociales

Mais, au-delà de ces chiffres tout à fait officiels, il faut bien voir qu’ils ont une part de conventions sociales. Quand on dit que la dépense publique totale représente 1 260 milliards en 2016, soit 56,5 % du PIB, on oublie de préciser qu’y sont inclus 111,5 milliards de consommations intermédiaires, alors que le PIB auquel on les compare exclut toutes les consommations intermédiaires du pays (1881,7 milliards)[4]. Si la dépense publique était calculée hors consommations intermédiaires publiques (1 260 – 111,5 = 1 148,5 milliards), elle serait de 1 148,5 / 2 228,9 = 51,5 % du PIB, soit 5 points de pourcentage de moins que le taux habituellement affiché. Si on rapportait la dépense publique telle qu’elle est affichée non pas au PIB mais à la production totale incluant toutes les consommations intermédiaires, elle ne représenterait plus que 30,7 % de cette production. En bref, il y a une partie desdites dépenses publiques (les consommations intermédiaires publiques) qui ne font pas partie du PIB.

D’autre part, les conventions sur les dépenses publiques et sociales varient d’un pays à l’autre, empêchant des comparaisons fiables. Aux États-Unis, la protection sociale est largement confiée au marché et coûte plus cher en primes versées aux compagnies d’assurance que les cotisations sociales à la Sécurité sociale française : 16,4 % du PIB états-unien pour la santé contre 10,9 % en France[5]. En Allemagne, la dépense publique est égale à 45 % du PIB, mais il n’existe pas d’écoles maternelles et les dépenses d’assurance-retraite privées ont beaucoup augmenté depuis les réformes Schröder.

 Des dépenses publiques… profitables…

Enfin, la dépense publique est une aubaine pour les entreprises privées. Qui construit les routes, les écoles, les hôpitaux, les bibliothèques et les piscines municipales ? Qui vend à l’État des ordinateurs pour les écoles et les universités, des armes et munitions pour les armées, de l’énergie pour les bâtiments et véhicules publics, etc. ? Les entreprises privées. Cela signifie que les investissements publics et les consommations publiques et privées (une part de ces dernières provient des salaires versés dans la fonction publique) constituent la demande qui s’adresse à elles. Aussi, la progression de la dépense publique, tant honnie par les libéraux, n’est en aucun cas défavorable à l’économie. Elle est un choix de la société de privilégier des objectifs collectifs et de soustraire le bien commun à l’emprise du profit.

 [1] Jean Peyrelevade, « Quand l’économie du partage aveugle les anticapitalistes », Les Échos, 20 janvier 2016.

[2] Pour approfondir cet aspect théorique, voir J.-M. Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, Les Liens qui libèrent, 2013. Pour le débat que cela suscite avec les marxistes traditionnels, voir sur mon site.

[3] Si on soustrait de ce produit non marchand brut l’amortissement du capital public consommé (75 milliards), on obtient le produit non marchand net : 291,1milliards d’euros. Source : INSEE, Tableau économique d’ensemble 2016.

[4] Les consommations intermédiaires sont les consommations de matières premières et d’énergie nécessaires pour produire, que l’on soustrait de la production pour ne pas les compter plusieurs fois.

[5] OCDE, « Statistiques sur la santé en 2015 » : la part publique de la santé est de 47 % aux États-Unis et de 79 % en France.
Dans le vocabulaire de Macron, les riches sont "premiers de cordée" et les chômeurs "multirécidivistes"

Par Étienne Girard Publié le 16/10/2017 à 12:45

Emmanuel Macron veut réconcilier les différentes classes sociales, a-t-il affirmé ce dimanche 15 octobre. Tout en employant un vocabulaire pour le moins connoté, où les uns lui plaisent et les autres l'agacent...

Emmanuel Macron ne croit pas à la lutte des classes, il croit à l’amour. C’est du moins le message martelé à haute voix par le Président, ce dimanche 15 octobre sur TF1. « J’aime et estime l’ensemble de mes concitoyens », affirme-t-il. Fort de cette idée, le chef de l’Etat voudrait réconcilier tout le monde, les riches et les pauvres, supposément opposés sur la question de l’ISF.

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Sauf que tout, dans le vocabulaire utilisé par le Président, dit l’inverse. Au gré des adjectifs employés, des raisonnements effectués, le chef de l’Etat n’a laissé que peu de doutes sur les destinataires premiers de son « estime » et de son empathie. Aux uns, les métaphores louangeuses ou les comparaisons victimaires. Aux autres, les qualificatifs peu amènes. Comme si Emmanuel Macron avait troqué Marx pour un raisonnement sans nuances excessives où les torchons et les serviettes ne se confondent pas.

Pour exprimer la nécessité d'une grande réconciliation entre les riches et les pauvres, Emmanuel Macron commence par exemple par développer l'idée... qu'il existe une tradition française d'aigreur à l'égard des plus fortunés : « Moi, je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire "il y a des gens qui réussissent, taxons- les, nous nous porterons mieux" ». Pour bien se faire comprendre, il réitère ces propos quelques instants plus tard... en associant les défenseurs de l'ISF à des fanatiques avides de "massacre" symbolique : « Je n’aime pas la jalousie qui consiste à dire ‘ceux qui réussissent, on va les taxer, les massacrer, parce qu’on ne les aime pas ». Au passage, les plus aisés sont présentés en victimes d'une haine irrationnelle.

Quand il évoque la réforme de la formation professionnelle, Emmanuel Macron utilise en revanche l'expression de « multirécidiviste », employée normalement à propos d’un délinquant qui commet une nouvelle infraction après avoir été condamné à plusieurs reprises. De façon surprenante, le chef de l'Etat vise lui ... des chômeurs qui refusent plusieurs offres d'emploi. « Il faut qu’on s’assure qu’il cherche, et que ce n’est pas un multirécidiviste du refus», explique-t-il.
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