Remise en mémoire de l’artiste








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Raymond Delavigne Texte n ° 46


Un artiste originaire de Villevêque,

peintre et sculpteur,

Georges Hamard, (1894-1961)
Dans cette notice, sont cités les écrits de ses amis et admirateurs parus dans la presse locale et la description de quelques œuvres mais auparavant j’évoque cependant quelques souvenirs personnels.


Remise en mémoire de l’artiste



Alors que je visitais, il y a quelques années, le Musée des années 30, installé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), je suis ‘’tombé’’ sur une très belle statue réalisée par cet artiste d’origine villevêquoise, un buste en bronze d’une femme peuhle et des souvenirs d’enfance sont remontés ainsi brutalement à ma mémoire.
Je reproduis d’abord ci-dessous le cartel (notice) erroné1 quant aux dates, accompagnant l’oeuvre :
« Georges Hamard 1874-1959 . Buste de femme Peuhle vers 1938. Bronze

Œuvre des collections nationales déposée par le Musée des Arts Africains et Océaniens. 1952. Inv. n° AF 14927. “
Cette statue magnifique m’a rappelé immédiatement les bustes que nous découvrions sur leur sellette en rentrant de l’école, dans la cour de l’artiste, aux Varennes.

La poitrine est nue au dessus du boubou et plusieurs tresses composent la coiffure. Le front est garni d’un bijou et chaque bras porte un bracelet, et un ‘’grigri’’ est visible sur le bras gauche.

Voici un commentaire sur le site du musée concernant l’artiste :

« L’art colonial, scandé par la grande exposition de 1931 rassemble les artistes européens partis outremer : Cauvy, de Buzon, Jonchère, Jouve, Hamard, Monnerand.

Il fut marqué par des expéditions spectaculaires, comme la mission Dakar-Djibouti, la croisière noire et la croisière jaune (Citroën / Jocovleff ». (sur musee30.pdf).
Je me souviens que Georges Hamard rentra de Côte d’Ivoire à Villevêque, son pays de naissance, après la guerre 1939-45. Il habitait aux Varennes où il avait aménagé un atelier avec une grande verrière dans la toiture d’ardoises. Lorsqu’il faisait beau, il installait ses bustes de femmes africaines dans la cour, ouverte sur le chemin, près de l’ancien four à chanvre et il modelait ses statues avec de l’argile rouge. Enfants, nous le regardions travailler avec son ébauchoir, en rentrant de l’école et cela avait quelque chose de magique en pensant à cette lointaine et mystérieuse et attirante Afrique que l’on appelait encore l’Empire Français.. Si bien que lorsque l’occasion s’en présenta en 1961, je fus volontaire pour un séjour au Gabon puis ce fut un plus long séjour au Sénégal et en Algérie et des missions dans plusieurs autres pays de ce continent. Coïncidence ou non, plusieurs de mes camarades de l’école primaire furent également volontaires pour un service militaire en Afrique. Le fait est, qu’à Villevêque, dans les familles, on parlait de Georges Hamard et de l’Afrique, à travers lui.

On est allé lui rendre visite plusieurs fois avec mon père qui était conseiller municipal à l’époque, alors que nous habitions à la Raverie, chez mon grand-père, le forgeron maréchal-ferrant Henri Chaignon.

Mon père voulait que la municipalité lui achète quelques œuvres en tant qu’enfant de Villevêque. Il réussit, à force d’insistance, à faire acheter un petit tableau qui décora longtemps la salle de la mairie et se trouve maintenant dans le bureau du premier magistrat de la commune. Ce n’était pour mon père qu’un pis-aller. Cette petite oeuvre représente les moulins de Villevêque.

Dans le passé, cependant, la municipalité ne l’avait pas ignoré car « sur la proposition de Monsieur le Président, le Conseil vote une somme de 800 francs, qui sera prise sur les dépenses imprévues, pour venir en aide au sculpteur Hamard Georges, enfant de la commune, qui vient d’obtenir un second 2ème prix de Rome de sculpture ». (séance du 6 août 1922, M. Auguste Gaignard étant maire).

Je me souviens aussi que Georges Hamard se plaignait du fait que ses œuvres étaient mal protégées au musée des Beaux-Arts à Angers, en particulier son joueur de boules de fort, qu’il avait repeint avec une peinture que lui avait donné mon père.

La Société de boules de fort des Lilas reçut de l’artiste une réplique miniature de ce joueur, quand mon père était alors secrétaire de cette Société. Il servit sans doute d’intermédiaire. M. Albert Livain était alors le président en exercice.

En passant dans le village des Varennes, on peut toujours apercevoir sous le hangar une imposante statue de plâtre. C’est un portrait grandeur nature, de la ‘’mère’’ Desnos, assise, avec un fichu ou un bonnet sur la tête et son panier tressé noir à couvercle, posé à ses pieds. Elle habitait à la Croix-Bitault, près de Beaulieu avec son mari, ancien maçon, qu’on voyait, en passant, jardiner ou couper très ras, l’herbe du talus pour ses lapins, à genoux, lorsque nous allions à l’école.

Mon père avait coutume de dire que Georges Hamard était un autodidacte, un paysan devenu artiste. On disait qu’il avait eu un prix de Rome, (ce que le « Bénézit » n’indique pas) ; et cela avait quelque chose de mystérieux pour nous, enfants.

Vivant en Côte d’Ivoire pendant la guerre, il aurait reçu notamment une commande publique pour décorer le pont neuf de Grand Bassam ?
Voici ce qu’écrivait Abel Ruel à son sujet dans une courte notice sur Villevêque, qui fut publiée dans la petite revue trimestrielle de l’office du tourisme de M. et L. : Le Pays d’Anjou :
« On peut toujours dire que l’influence du milieu est profitable aux tempéraments artistes et rêveurs, ce qui permet d’établir des relations de cause à effet ; j’en donne pour preuve deux noms d’angevins qui ont passé leur jeunesse à Villevêque. Ils ont poursuivi les études d’art et sont devenus titulaires de la glorieuse récompense, le Prix de Rome : André Lecomte2, prix de Rome d’architecture, professeur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Georges Hamard, enfant du pays, prix de Rome de sculpture et peintre. »

(in « Le Loir et ses environs », 4 p. ronéot. s. d. [1965]
L’ouvrage de référence concernant les artistes, le « Bénézit » signale ainsi l’artiste :
« Hamard (G.) : sculpteur né à Villevêque (M. et L.) le 9 mars 1874 (Ec. Fr.) [Ecole Française].

Elève d’Injalbert. Expose au Salon où il obtint une médaille en 1927. »



Georges Hamard est né en 1894 et non 1874 et mort en 1961 et non en 1959 comme l’indique aussi par erreur le Musée des années 30.
La « Revue de l’Anjou » signale parmi les Nominations, récompenses, décorations, en 1922 :

« M. Georges-Louis Hamard, de Villevêque, élève de M. Injalbert , a obtenu le second prix de Rome de sculpture. M. Hamard est un ancien élève de l’Ecole des Beaux-Arts d’Angers »

(Revue de l’Anjou, , juillet-octobre 1922, p. 228.

Cette même revue avait mentionné, p. 217 :

« L’Ouest, numéro du 31 octobre, reproduit le « saint Christophe » du jeune sculpteur angevin Hamard, qui lui a valu le second grand prix de Rome »
Sur son retour d’Afrique après la guerre :

Georges Hamard ne figure pas sur le registre des cartes d’alimentation lors de la distribution du 30 juin 1945. Il ne reçoit sa carte que le 1er octobre 1945 qui a été retirée, selon l’émargement par Blanc, n° 1328 et habite aux Varennes. Il en reçoit une autre le 1er juillet 1946 sous le n° 1212.

(A M)
Le journal local, Le  Courrier de l’Ouest a rendu compte de son décès, à l’époque. Voir ci-dessous la reproduction intégrale des articles de presse.

Sur sa tombe, au cimetière de Villevêque, figure l’inscription suivante sur un support transparent :
GEORGES HAMARD

VILLEVEQUOIS (1894-1961)

Sculpteur-Peintre

Grand Prix de Rome

Origine du challenge inter-sociétés de boules de fort de Villevêque

1948, le 7 avril : « M. Livain président de la Société des Lilas fait part de l’initiative prise par la Société de créer un challenge Georges Hamard.

M. Hamard, peintre sculpteur grand prix de Rome, qui est né et domicilié à Villevêque, a accepté de nous faire une réplique en réduction de son joueur de boules, œuvre ayant figurée à l’exposition des Arts et Techniques à Paris en 1937. Cette œuvre importante a été achetée par la ville d’Angers et se trouve actuellement au groupe scolaire Victor Hugo.[Est-ce toujours vrai ? Ce serait à vérifier]

La seule réplique faite par M. Hamard sur la demande de notre société sera mise en compétition chaque année entre les trois sociétés de boules de Villevêque. [ Les Lilas, Les Noyers, disparue depuis et le Cercle St-Pierre].

Notre société se loue de cette initiative heureuse qui rappellera aux générations futures le souvenir de ce grand artiste enfant de Villevêque M. Georges. Hamard ».

Le secrétaire Pierre Delavigne.

(Extrait du registre des délibérations de la société des Lilas).
Cette réplique n’est pas une copie exacte de l’original. Elle est conservée par le Cercle de St-Pierre, dont Georges Hamard était sociétaire. Le joueur de boules de fort qui lui valut une médaille d’or au Salon des Artistes français est torse nu alors que sa réplique en miniature est en chemise, manches retroussées au dessus des coudes.
La commune de Villevêque s’honorerait de rendre hommage à cet enfant du pays, dont les œuvres dispersées restent très mal connues. Lui-même ne figure pas encore sur le web et il semble bien oublié, même à Villevêque, où il se produit une malencontreuse confusion avec le nom homonyme de l’ancien maire Eugène Hamard, donné à la Place de la Mairie et qui fut membre du Comité départemental de la Libération après la guerre..

Il est d’ailleurs curieux de constater que dans une commune où l’on se pique maintenant de culture artistique, l’on n’ait pas encore honoré cet authentique artiste d’origine villevêquoise.

Cet hommage pourrait commencer par son nom, donné à une rue de Villevêque, conduisant de préférence, aux Varennes où il habita et cela pourrait se poursuivre par l’organisation d’une exposition qui s’efforcerait de rassembler le maximum de ses œuvres, dessins, peintures et surtout sculptures.

Ce serait l’occasion également de collecter les éléments de sa biographie en vue d’une publication ultérieure.

Par ailleurs le plâtre imposant de la ‘’mère’’ Desnos pourrait être mis en valeur et mieux protégé, dans un lieu public de la commune, avec l’accord des descendants, ce qui pourrait être l’amorce, pourquoi pas, d’un futur musée local intercommunal, illustrant les divers aspects des terroirs de Villevêque et des communes environnantes ?


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