Mémoire présenté par Marieke doremus








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La réutilisation de la Salle des Pendus de la fosse 11/19 : Culture Commune

      • Le projet de reconversion


Comme une majeure partie des friches minières, cette fosse devait être rasée. Mais Marcel CARON, maire de Loos-en-Gohelle, décide de la racheter pour le franc symbolique en 1989, trois ans après sa fermeture. Il ne peut en effet se résoudre à voir ce site et les terrils, hauts de 180 mètres, disparaître de son territoire et de son histoire.

En 1992, le chevalement du puits 11 et la tour d’extraction du puits 19 sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, mesure de protection qui garantit la conservation du site. En 1993, les bâtiments les plus dégradés sont détruits et les autres mis “ hors d’eau ” (obturation des ouvertures et fermetures des accès). La dégradation est ralentie en attente d’un projet valable. D’autre part, le site devient la propriété d’un syndicat mixte, le SAMZAL20, pour répartir la charge en investissement et protection du site 11/19.
Le site est pourtant déjà utilisé dès son rachat par la mairie pour des spectacles et manifestations, dans les bâtiments ou espaces en friches. Le maire souhaite un projet particulier sur ce site. Un musée existe déjà, le Centre Historique de Lewarde existant déjà depuis 1982. Après réflexions et démarches, le site devient le lieu d’un projet “ Base 11/19, Premier Ecopôle Français ” : l’objectif est d’accueillir des partenaires publics et privés œuvrant pour un développement durable du territoire. Depuis 1997, trois structures sont d’ores et déjà installées, la jardinerie Delbard et son centre de recherche sur les plantes qui utilise une partie du terrain, sans bâtiment, la Chaîne des Terrils, Centre Permanent pour l’Initiation à l’Environnement, qui est installée dans l’ancienne maison du gardien, et Culture Commune, Scène Nationale, dans la salle des Pendus. Dans le cadre de notre problématique, nous nous attacherons à cette dernière.
      • Culture Commune, Scène Nationale


L’existence de Culture Commune est préalable à l’installation sur le site, contrairement au Centre Historique Minier. Culture Commune, association intercommunale de développement artistique et culturel, est issue d’une réflexion menée par Chantal Lamarre sur l’avenir culturel de l’ancien Bassin Minier du Pas-de-Calais.
En 1988, le Conseil Général du Pas-de-Calais demande à Chantal Lamarre, alors étudiante en DESS à l’ANFIAC21, de mener une étude de terrain pour poser l’éventualité d’un festival sur ce territoire. Suite à sa rencontre avec les élus locaux et les populations, Chantal Lamarre conteste l’idée d’un festival et lui préfère la création d’une structure culturelle capable d’agir durablement sur le territoire. Le développement culturel est, à cette époque, peu considéré : les structures sont peu nombreuses et peu d’équipes artistiques y sont implantées.

L’association est mise en place en 1989 : agissant sur un territoire de plus de 60 km d’est en ouest, Culture Commune est une association intercommunale (32 communes adhérentes). Elle agit en fonction des demandes émanant des communes et développe avec elles les projets choisis ensemble. Les communes développent un plan d’actions culturelles qui les amènent à mettre en place des activités, stages, résidences, événements ponctuels.
Le projet de Culture Commune est destiné au développement culturel et au développement artistique du territoire. Il s’agit de “ créer, de toutes les façons et en tous lieux possibles, des conditions de rencontres entre des œuvres et un public, mais aussi entre une population et des artistes ”22 Ces actions se traduisent par un compagnonnage des communes adhérentes, mais aussi des compagnies du territoire. Les compagnies locales, nationales et internationales, en co-production, travaillant leur spectacle à la Fabrique Théâtrale (lieu de création sur la base 11/19) de Culture Commune, le diffusent ensuite dans les communes adhérentes.

Culture Commune développe des projets autour du spectacle vivant (arts de la rue, arts de la piste, théâtre contemporain, jeune public), la musique, la mémoire (récolte de la mémoire associée à la création artistique) et le multimédia avec la présence dans la Fabrique Théâtrale d’un Espace Culture Multimédia.
Culture Commune était installée depuis sa création à Aix-Noulette dans une maison prêtée par la mairie, le maire étant président de l’association. Depuis 1998, l’association a emménagé dans la salle des pendus de la fosse 11/19 et y a créé une Fabrique Théâtrale.
Ce site en friche est utilisé depuis 1990 pour des manifestations artistiques et culturelles. Culture Commune, association intercommunale de développement artistique et culturel, y présente des événements : Le Bourgeois sans culotte de Kateb Yacine, les rencontres transnationales de la Polonité... Chantal Lamarre, directrice de Culture Commune participe alors aux groupes de réflexion sur l’avenir culturel du Bassin Minier au sein de la Conférence Permanente sur le Bassin Minier23. A ce titre, elle rencontre régulièrement le maire de Loos-en-Gohelle, Marcel Caron.

En 1995, ce dernier demande à Chantal Lamarre un projet de réutilisation du site 11/19. Elle y envisage un déploiement sur le site de toutes les formes artistiques, associant un art à un bâtiment. La Compagnie du Ballatum Theatre (dont la compagnie Hendrick Van Der Zee de Guy Alloucherie, compagnie associée à Culture Commune, est issue) se chargerait de la fabrique théâtrale. Mais le politique s’associe à cette idée, et les élus verts, investis sur ce projet préfèrent un projet basé sur les éco-entreprises. Le projet Ecopôle est accepté sur le site de la fosse 11/19. Chantal Lamarre réécrit un projet en 1997 qui mène à l’installation de l’association Culture Commune sur le site en 1998.
En octobre 1998, Culture Commune prend place dans l’ancienne salle des pendus et lance sa première saison dans la Fabrique Théâtrale. Cette fabrique est un lieu de création et non de diffusion. La diffusion se fait dans les communes adhérentes à l’association. De plus, les mesures de sécurité du lieu et du site de la fosse ne permettent pas d’accueillir un grand nombre de personnes, l’autorisation étant de 200 personnes maximum, personnel compris.

L’utilisation du lieu a nécessité des modifications architecturales inhérentes à l’état de vétusté de la salle mais également inhérentes au projet artistique de l’espace concerné. Ainsi, la salle des pendus est devenue “ la nef ”, grande salle, haute de plafond, qui sert de salle de répétition des compagnies en résidence. Deux autres petites salles sont aussi disponibles pour les artistes.

Ensuite, des aménagements nécessaires à l’activité même de Culture Commune ont été réalisés, permettant ainsi la création de plusieurs bureaux, d’une salle de réunion, d’un espace rassemblant Espace Culture Multimédia et Centre de Ressources sur les Ecritures Contemporaines, un local technique, une cuisine et un hall d’accueil.
Labellisé Scène Nationale en 1999, le lieu accueille le public à travers les ateliers hebdomadaires qui y sont proposés, les ateliers artistiques durant les vacances scolaires pour les enfants des trois communes limitrophes du site : Lens, Liévin et Loos en Gohelle, et les Rendez-Vous avec le public tout au long de l’année, où les compagnies en résidence présentent leur étape de création.
L’installation sur le 11/19 n’a pas changé les objectifs premiers de développement du territoire de Culture Commune et les a, au contraire, renforcés. Chantal Lamarre, créatrice et directrice de l’association, place en avant la nécessité pour Culture Commune d’avoir les moyens de diffuser les œuvres artistiques et de recevoir les artistes sur le territoire dans un souci de développement, “ autant je faisais valoir la charte24 selon laquelle on n’aurait pas de lieu de diffusion, autant je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas d’autres lieux, d’autres espaces pour la création et pour le travail des artistes désireux de s’investir sur ce territoire ” 25 L’association Culture Commune a gagné en lisibilité en s’inscrivant dans un lieu précis. D’autre part, elle a pu bénéficier d’un espace de travail pour ses propres activités plus cohérent qu’à Aix-Noulette.

L’équipe actuelle de Culture Commune est composée de trente-deux personnes, avec une attention portée depuis l’entrée dans les locaux du 11/19, sur les relations publiques (pour une véritable présence sur le territoire) et sur l’équipe technique (pour augmenter les possibilités d’accueil d’équipes artistiques et de leurs projets).
Cette présentation préalable au développement de notre propos permet de poser le cadre de notre étude. Nous disposons donc d’un territoire dont l’histoire a été marquée par une activité industrielle importante. Des vestiges de cette histoire sont encore présents et font l’objet de reconversions particulières. Nous nous attachons à deux de ces vestiges : chacun des deux devient intéressant à étudier car ce sont deux projets culturels différents réalisés dans un cadre identique.

Il nous faut maintenant entrer au cœur de notre réflexion en nous interrogeant sur les modalités de reconversion de ces deux sites ou parties de sites en lieu de culture. En effet, comment une équipe culturelle, qui investit le lieu industriel et qui fait de ce dernier un lieu de travail, considère t-il ce nouvel espace ?

Chapitre II – Quand un lieu industriel devient lieu de culture
En conséquence, souhaitant éclaircir les motivations et la mise en place de cette reconversion, nous avons observé comment s’était opérée l’installation du projet culturel sur le lieu industriel à travers les deux exemples que sont Culture Commune et le Centre Historique Minier.

Trois éléments sont à mettre en évidence dans notre analyse : tout d’abord, la question de la motivation, ensuite, la question du rapport à l’architecture du lieu, enfin la place de la mémoire du lieu dans la reconversion en lieu de culture.
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