Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres








télécharger 1.84 Mb.
titreLicenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres
page5/23
date de publication21.01.2020
taille1.84 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   23
convertir. S’ils restent à leur place, et cessent de s’opposer à lui et à ses frères de sang, il les laisse tranquilles — car ils ne l’intéressent pas assez pour qu’il prenne souci de leur sort, en ce monde ou en un autre.

Dans le troisième Livre de ses “Essais”, Montaigne déplore que, conquises pour conquises, les Amériques ne l’aient pas été “par les Grecs ou les Romains” plutôt que par les Espagnols et les Portugais. Il pense que le Nouveau Monde n’aurait alors jamais connu les horreurs commises en vue de sa conversion à une religion considérée par les conquérants comme la “seule” bonne, la seule vraie. Ce qu’il ne dit pas, ce que, peut-être, il

54

n’avait pas saisi, c’est que ce sont justement l’absence de racisme et l’amour de “l’homme” qui sont à la racine de ces horreurs. Les Grecs et les Romains — et tous les peuples de l’Antiquité — étaient racistes, au moins à l’époque de leur grandeur. En tant que tels ils trouvaient tout naturel que des peuples différents aient différents Dieux, et des coutumes différentes. Ils ne se mêlaient pas d’imposer aux vaincus leurs propres Dieux et leurs coutumes, sous peine d’extermination. Même les Juifs ne faisaient pas cela. Ils méprisaient tellement tous ceux qui sacrifiaient à d’autres Dieux qu’Iaweh, qu’ils se contentaient — sur l’ordre de ce Dieu, dit la Bible, — de les exterminer sans chercher à les convertir. Ils leur imposaient la terreur de la guerre — non cette “terreur spirituelle” qui, comme l’écrit si bien Adolf Hitler, “est entrée pour la première fois dans le Monde Antique, jusqu’alors beaucoup plus libre que le nôtre, avec l’apparition du Christianisme”1. Les Espagnols, les Portugais, étaient Chrétiens. Ils imposèrent aux Amériques la terreur de la guerre et la terreur spirituelle.

Qu’auraient fait, à leur place, des Grecs de l’ancienne Grèce, ou des Romains ou d’autres gens de race aryenne qui auraient eu, au seizième siècle, l’esprit de nos racistes du vingtième ? Ils auraient, sans nul doute, conquis les pays ; ils les auraient exploités économiquement. Mais ils auraient laissé aux Aztèques, aux Tlascaltèques, aux Mayas, etc., ainsi qu’aux peuples du Pérou, leurs Dieux et leurs coutumes. Bien plus : ils auraient exploité à fond la croyance de ces peuples en un Dieu “blanc et barbu”, civilisateur de leur pays, qui, après avoir quitté leurs ancêtres bien des siècles auparavant, devait revenir de l’Orient, régner sur eux, — leurs descendants, — avec ses compagnons, comme lui de teint clair. Leurs chefs auraient agi, et ordonné à leurs soldats d’agir, de telle sorte que les indigènes les prissent effectivement pour le Dieu Quetzalcohuatl et son armée2. Ils auraient respecté les temples — au lieu de les détruire et de bâtir sur leurs ruines les monuments d’un culte étranger. Ils auraient été durs, certes — comme le sont tous les conquérants. Ils n’auraient pas été sacrilèges. Ils n’auraient pas été les destructeurs de civilisations qui, même avec leurs faiblesses, valaient la leur.

1. “Mein Kampf,” édition allemande de 1935, p. 507.

2. Ou, au Pérou, pour le Dieu Viracocha et la sienne. Les Péruviens avaient d’ailleurs, au début, appelé les Espagnols des “Viracochas.”

55

Les Romains, si tolérants en matière de religion, ont, eux, à l’occasion, persécuté les fidèles de certains cultes. La religion des Druides a été, par exemple, interdite dans les Gaules par l’Empereur Claude. Et il y a eu ces persécutions des premiers Chrétiens, dont on n’a que trop parlé, sans toujours savoir ce qu’on disait. Mais toutes ces mesures de répression étaient d’ordre purement politique, non doctrinal — ni éthique. C’est en tant que chefs de la résistance clandestine des Celtes contre la domination romaine, et non en tant que prêtres d’un culte qui pouvait paraître insolite aux conquérants, que les Druides ont été dépouillés de leurs privilèges (en particulier, de leur monopole de l’enseignement des jeunes) et poursuivis. C’est en tant que mauvais citoyens, qui refusaient de rendre hommage à l’Empereur-Dieu, incarnation de l’État, et non en tant que dévots d’un Dieu particulier, que les Chrétiens furent, persécutés. Si, au seizième siècle, des conquérants Indo-européens, fidèles à l’esprit de tolérance qui a toujours caractérisé leur race, s’étaient rendus maîtres des Amériques en exploitant la croyance indigène au retour du Dieu blanc, Quetzalcohuatl1, il n’y aurait eu aucune résistance à leur domination, donc aucune occasion de persécutions de la nature de celles que je viens de rappeler. Non seulement les peuples du Nouveau Monde n’auraient-ils jamais connu les atrocitiés de la Sainte Inquisition, mais leurs écrits, (pour ce qui est de ceux qui, comme les Mayas et les Aztèques, en possédaient) et leurs monuments auraient subsisté. Et dans Ténochtitlan, devenue au cours des siècles une des grandes capitales du monde, les imposantes pyramides à étages — intactes — domineraient aujourd’hui les rues modernes. Et les palais et les forteresses de Cuzco feraient encore l’admiration des visiteurs. Et les religions solaires et guerrières des peuples du Mexique et du Pérou, tout en évoluant, probablement, au contact de celle des vainqueurs, au moins dans leurs formes extérieures, auraient gardé leurs principes de base, et continué de transmettre, de génération en génération, les vérités ésotériques éternelles sous leur symbolisme particulier. En d’autres termes, se seraient installées en Amérique centrale et dans l’ancien Empire des Incas, des dynasties aryennes, dont les rapports avec les pays conquis auraient été plus ou moins semblables à ceux qu’avaient

1. Ou Viracocha, au Pérou.

56

autrefois entretenus, avec l’aristocratie et les peuples de l’Inde, les dynasties grecques qui, du troisième siècle avant au premier après l’ère chrétienne, avaient régné sur ce qui est aujourd’hui l’Afghanistan, le Sindh et le Punjab.

Malheureusement, l’Europe elle-même avait, au seizième siècle, depuis longtemps succombé à cet esprit d’intolérance qu’elle avait, avec le Christianisme, reçu des Juifs. L’histoire des guerres de religion en fait foi, en Allemagne comme en France. Et quant au vieux sang helléno-égéen — le sang même du “Monde antique”, autrefois si tolérant — il était, gagné au service de l’Eglise romaine, représenté, parmi les conquérants du Pérou, en la personne de Pedro de Candia, aventurier crétois, l’un des plus impitoyables compagnons de François Pizarre.

On me dira que les cruautés commises au nom du salut des âmes, par les Espagnols dans leurs colonies (et par les Portugais dans les leurs : l’Inquisition fut, à Goa, peut-être pire encore qu’au Mexique, ce qui n’est pas peu dire !) ne sont pas plus imputables au vrai Christianisme, que ne le sont, au racisme aryen tel que l’entendait le Führer, les actes de violence inutiles, accomplis sans ordres, au cours de la Seconde guerre mondiale, par certains hommes revêtus d’uniformes allemands. On me diraque ni Cortez ni Pizarre ni leurs compagnons, ni les Inquisiteurs de Goa ou d’Europe, ni ceux qui approuvaient leur action, n’aimaient l’homme comme le Christ aurait voulu que ses disciples l’aimassent.

C’est vrai. Ces gens-là n’étaient pas des humanitaires. Et je n’ai jamais prétendu qu’ils l’aient été. Mais ils étaient des humanistes, non au sens étroit d”érudits”, mais au sens large : d’hommes pour qui l’homme était, dans le monde visible tout au moins, la valeur suprême. C’étaient, de toute façon, des gens qui baignaient dans l’atmosphère d’une civilisation centrée sur le culte de “l’homme”, qu’ils ne dénonçaient ni ne combattaient, — bien au contraire ! Ils n’étaient pas forcément, — ils étaient même très rarement — bons envers l’être humain des autres races (voire de la leur !) comme Jésus voulait que chacun le fût. Mais jusque dans leurs pires excès, ils vénéraient en lui, fût-ce sans pour autant l’aimer, l’Homme, seul être vivant créé, selon leur foi, “à l’image de Dieu”, et pourvu d’une âme immortelle, ou du moins, — aux yeux de ceux qui, dans leur cœur, s’étaient déjà détachés de l’Eglise, comme, plus tard, à ceux de tant de colonialistes

57

listes du dix-huitième ou dix-neuvième siècle — seul être vivant doué de raison”.

Ils le vénéraient, malgré les atrocitiés qu’ils commettaient contre lui, individuellement ou collectivement. Et, même si certains d’entre eux, dans le secret de leurs pensées, ne le vénéraient pas plus qu’ils ne l’aimaient, ne lui accordant, s’il n’était qu’un “sauvage”, ni âme ni raison, — après tout, il a existé des Chrétiens qui refusaient d’attribuer aux femmes une âme semblable à la leur — cela ne change rien au fait que la “civilisation” dont ils se réclamaient, et dont ils étaient les agents, proclamait, elle, l’amour et le respect de tout homme, et le devoir de lui aider à accéder au “bonheur”, sinon dans cette vie terrestre, du moins dans l’Au-delà.

On a quelquefois soutenu que toute action entreprise dans les colonies, y compris l’action missionnaire, était, fût-ce à l’insu de ceux qui l’accomplissaient, téléguidée par des hommes d’affaires n’ayant, eux, en vue, que le profit matériel et rien d’autre. On a insinué que l’Eglise elle-même ne faisait que suivre les plans et exécuter les ordres de tels hommes — ce qui expliquerait en partie pourquoi elle semble s’être intéressée bien davantage aux âmes des indigènes qu’à celles des chefs conquérants et de leurs soudards qui, cependant, péchaient si scandaleusement contre “le” grand, “le” seul commandement du Christ : la loi d’amour. Même si toutes ces allégations reposaient sur des faits historiques susceptibles d’être prouvés, on serait malgré tout forcé d’admettre que les guerres coloniales auraient été impossibles, du seizième au dix-neuvième siècle (et surtout peut-être au dix-neuvième), sans la croyance, alors généralement répandue en Europe, qu’elles procuraient l’occasion de “sauver” des âmes, et de “civiliser” des “sauvages”.

Cette croyance que le Christianisme était la “vraie” foi pour “tous” les hommes, et que les normes de conduite de l’Europe marquée par le Christianisme étaient, elles aussi, pour “tous” les hommes, le critère de la “civilisation”, n’était, ouvertement au moins, mise en question par personne. Les chefs qui dirigeaient les guerres coloniales, les aventuriers, soldats et brigands, qui les faisaient, les colons qui en bénéficiaient, la partageaient, — même si, aux yeux de la plupart d’entre eux, l’espoir du profit matériel était au moins aussi important, sinon plus, que le salut éternel des indigènes. Et qu’ils l’eussent partagée ou

58

non, ils n’en demeuraient pas moins soutenus, dans leur action, par cette croyance collective de leur lointain continent ; de la chrétienté tout entière.

C’est elle qui — officiellement — justifiait leurs guerres qui, faites dans les conditions dans lesquelles elles l’étaient, mais uniquenent au noms du profit, voire de la sécurité, (comme l’avaient été, au treizième siècle, les guerres des conquérants mongols), auraient paru “inhumaines”. C’est elle qui, toujours officiellement, définissait l’esprit de leur conduite envers l’indigène. De là cette hâte à convertir celui-ci, de gré ou de force, ou au moyen de “pots de vin”, à leur foi chrétienne, ou à lui faire (plus tard), partager les “trésors” de leur culture, en particulier à l’initier à leurs sciences, tout en lui faisant perdre tout contact avec les siennes propres,
* * *
Cette prétention du Christianisme historique, comme d’ailleurs de l’Islam, à être “la seule vraie foi”, est un héritage du Judaïsme, dont la tradition sert (en partie) de base aux deux religions.

Le monde antique — y compris celui des peuples apparentés aux Juifs par le sang, tels que les Canaanéens, les Amorites, les Jébusites, les Moabites, les Phéniciens et plus pard les Carthaginois — était, comme l’a écrit Adolf Hitler dans la citation rapportée plus haut, un monde de tolérance. Racine, sans doute sans se rendre compte que hommage il rendait par là aux ennemis du “peuple de Dieu”, a souligné ce fait quand, dans la première scène du troisième acte d’“Athalie”, il a mis dans la bouche de cette reine, adoratrice des Dieux et Déesses de Syrie, les paroles qu’elle adresse à Joad, Grand-prêtre des Juifs :
Je sais, sur ma conduite, et contre ma puissance,

Jusqu’où de vos discours vous poussez la licence;

Vous vivez, cependant; votre temple est debout . . .”
La fille d’Achab entendait par là que si, à sa place, les Juifs avaient eu le pouvoir, ce ne sont pas eux qui, auraient laissé debout les sanctuaires des Baalim, ni qui auraient laissé vivre leurs fidèles, et à plus forte raison leurs prêtres. La fin de la tragédie, — où l’on voit la reine traitreusement enfermée dans le temple d’Iaweh, et massacrée sans pitié par ordre de Joad, — et

59

toute l’histoire des Juifs telle que la rapporte l’Ancien Testament, confirment d’ailleurs sa clairvoyance..

Que dit en effet la sainte Bible, aux Juifs, à ce sujet ? “Quand le Seigneur votre Dieu vous amènera dans la terre que vous devez recevoir en héritage, et chassera devant vous bien des peuples : les Hittites et les Jerjessites, et les Amorites et les Canaanéens, les Pérézites et les Hévites et les Jébuséens, sept peuples, plus importants et plus forts que vous, et quand il les livrera entre vos mains, vous devez les écraser et les détruire par la violence; vous ne devez pas faire avec eux de traités, ni montrer envers eux de pitié ; vous ne devez pas vous unir à eux. Ni : vous ne donnerez vos filles à leurs fils, ni vous ne prendrez leurs filles comme épouses pour vos fils, car elles les détourneraient de moi et les inciteraient à adorer d’autres Dieux” . . . “Voici comment vous devez agir envers ces peuples : vous renverserez leurs autels et briserez leurs statues et les réduirez en miettes ; vous couperez leurs bois sacrés, et brûlerez par le feu leurs images sculptées, car vous êtes le peuple saint aux yeux du Seigneur votre Dieu. Il vous a choisis, afin que vous soyez le peuple élu — parmi tous les peuples qui sont à la surface de la terre”1.

Et une fois qu’après une conquête qui dépasse (et de loin !), en atrocité, celles qu’ont menées d’autres peuples, tant dans l’Antiquité que plus près de nous, les Juifs se sont enfin fermement établis en Palestine ; une fois qu’il y a deux royaumes juifs à peu près stables : l’un en Judée, l’autre dans le nord du pays, comment l’Ecriture juive — devenue Ecriture “sainte” aux yeux de tant de peuples, pour la seule raison que leur religion s’appuie sur la tradition et l’histoire d’Israël — comment cette Ecriture, dis-je, caractérise-t-elle chacun des rois qui succède à son père, sur le trône soit de Jérusalem, soit de Samarie ? Oh, c’est très simple ! Elle le déclare “bon” ou “mauvais”, sans nuances de jugement, et même sans référence à son comportement politique, en tant que roi ; “bon”, s’il a adoré Iaweh, le Dieu des Juifs, sans jamais courber le front devant d’autres divinités ; bien plus : s’il a persécuté les fidèles de tous les cultes autres que le sien ; s’il a rasé les bois sacrés des “faux” Dieux, détruit leurs images, interdit la célébration de leurs mystères, tué leurs prêtres2 ; “mauvais”

1. Deutéronome, Chapitre 7, Versets 1 à 7.

2. Voir à la fin du Chapitre 12 du Second Livre de Samuel, le traitement infligé par le “bon” roi David aux prisonniers après la prise de la ville de Rabbah, capitale des Ammonites.

60

si, au contraire, il a fait preuve d’un esprit de bienveillante tolérance, et surtout s’il a lui-même sacrifié aux Baalim ou aux Déesses-Mères, selon la coutume des peuples que les Juifs avaient “chassés devant eux”, du treizième au onzième siècle avant Jésus-Christ, lors de la conquête de la “terre promise”. L’alternance des “bons” et des “mauvais” rois est impressionnante par sa monotonie. Chaque histoire d’un règne commence de la même façon, — par les mêmes phrases — selon que l’Ecriture loue ou blâme le roi. “Et il fit ce qui était juste aux yeux du Seigneur, et suivit les traces de David, son ancêtre. Il supprima le culte de Baal sur les hauts lieux, et brisa les statues et coupa les bois sacrés . . .”1. Il s’agit ici d’Ezékias, fils d’Ahaz, roi de Judée, Mais il pourrait tout aussi bien être question de n’importe quel “bon” roi, au sens où l’Ecriture juive entend ce mot. Et voici la description du règne de Manassé, le fils et successeur d’Ezékias, qui avait douze ans lors de son accession au trône, et qui gouverna la Judée pendant cinquante-cinq ans. “Il fit ce qui était mauvais aux yeux du Seigneur, et suivit les abominations des peuples que le Seigneur avait chassés devant les enfants d’Israël. Il restaura les hauts lieux que son père, Ezékias, avait dévastés, et éleva des autels à Baal, et planta un bois sacré comme l’avait fait Achab, roi d’Israël ; et il plia le genou devant toute l’armée des corps célestes, et adora ceux-ci”2. Elle est identique à tous les débuts de comptes-rendus de “mauvais” règnes que l’on trouve dans l’Ancien Testament — “mauvais” à cause du seul fait que la tolérance y était pratiquée, selon l’esprit de tous les peuples de l’Antiquité.

Il est à noter que la masse des Juifs antiques ne semble aucunement avoir eu, par nature, cette intolérance qui a joué, dans l’histoire d’Israël, un rôle si lourd de conséquences. Le “Juif moyen” d’avant, et plus encore peut-être d’après, la conquête de la Palestine, avait tendance à considérer tous les Dieux des peuples voisins comme “des” Dieux. Les similarités que ces divinités présentaient avec Iaweh, son Dieu à lui, retenaient beaucoup plus son attention, apparemment, que les différences

1. La Bible, Rois II, Chapitre 18, versets 3 et suivants.

2. La Bible, Rois II, Chapitre 21, versets 2 et suivants.

61

qui les en séparaient. Et il fallait toutes les malédictions des prophètes et toute la sévérité (confinant souvent à la cruauté) des “bons” rois, pour l’empécher d’offrir, à l’occasion, des sacrifices à ces Dieux étrangers. Ce sont Moïse, les prophètes, et quelques uns des rois juifs — tels David, ou Ezékias — qui ont, en le marquant du signe de l’intolérance religieuse, retranché Israël de la communauté des peuples du désert — des peuples “sémitiques”, comme on les appelle — et qui, en cultivant chez lui le mythe du “peuple élu”, indissolublement lié au culte du “Dieu jaloux”, l’ont préparé au rôle unique qu’il a, à partir du quatrième siècle avant Jésus-Christ, joué dans le monde. Ce sont eux qui sont, en dernière analyse, responsables de toutes les violences commises au cours des siècles, au nom de la “vérité” exclusive des religions issues du Judaisme, en particulier, de toutes les atrocités perpétrées au nom du Christianisme, depuis l’épouvantable meurtre d’Hypatie en l’an 415, jusqu’au massacre des quatre mille cinq cents chefs germains fidèles au Paganisme de leur race, à Verden, en l’an 782, et jusqu’aux bûchers de l’Europe médiévale et de l’Amérique conquise.
* * *
On a beaucoup parlé du “racisme” juif. Et on a fait de la doctrine du “peuple élu” une expression de ce “racisme”. En réalité, aux yeux des Juifs de l’Antiquité, — j’entends, naturellement, des Juifs
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   23

similaire:

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconDocteur en sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
«idéaltypes» de Max Weber, leurs constructions et usages dans la recherche sociologique.”

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconCommissaire-priseur Agrément n° 2004. 513
«Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts», Paris, 1858,couverture cartonnée, 28 volumes (d'une série de 25 + 3...

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconDe lettres connues (publiées ou encore inédites)
«Inventaire des destinataires des lettres connues (publiées ou encore inédites) de Romain Rolland» fait partie d’un ensemble de trois...

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconLittérature et Poésie du XVI
«un poète et un vrai poète». Membre titulaire de la Société des Gens de Lettres et de la Société des Poètes français, IL fut lauréat...

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconQU’est ce que les sciences de l’education ? Sciences de l’éducation – cm les sciences dures

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconThèse de docteur en Pharmacie

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconThèse de docteur en Pharmacie

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres icon8-10, square du Docteur Blanche. 75016 Paris

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconThèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur

Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres iconLettres / Histoire Géographie








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com