Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres








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orthodoxes, — l’appartenance à leur race, c’est-à-dire à la “famille d’Abraham”, n’avait de valeur que si elle était alliée au service exclusif du “Dieu jaloux”, Iaweh, protecteur exclusif d’Israël. D’après la Bible, les Moabites et les Ammonites étaient, racialement, très près des Juifs. Les premiers ne descendaient-ils pas de Moab, fils de Lot et de sa propre fille aînée, et les seconds de Ben-Ammi, fils de Lot et de sa propre fille cadette1 ? Or Lot, fils de Haran, était neveu d’Abraham2. Il ne semble pas que ce lien de parenté ait facilité les rapports entre les enfants d’Israël et ces peuples. Si le sang les unissait, leurs cultes respectifs les séparaient. Chemosh, le Dieu des Moabites, et Milcom, le Dieu des Ammonites étaient, aux yeux des Juifs, “des abominations” — comme tous les Dieux de la terre, sauf le

1. La Bible. Genèse, Chapitre 19, versets 36, 37, 38.

2. La Bible, Genèse, Chapitre 11, verset 27.

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leur — et leurs adorateurs, des ennemis à exterminer. Le racisme juif, indépendant de toute religion, l’attitude qui consiste à accepter comme Juif et à traiter en conséquence tout homme tel, quelles que puissent être ses croyances — me paraît être quelque chose de récent, datant tout au plus du dix-huitième ou du dix-septième siècle, c’est-à-dire de l’époque où les maçonneries d’inspiration israélite ont commencé à jouer un rôle déterminant dans la politique des nations d’Occident. C’est peut-être un produit de l’influence du rationalisme occidental sur les Juifs, — malgré eux. Il a trouvé son expression la plus spectaculaire à la fin du dix-neuvième siècle et au vingtième, dans le Sionisme, qu’on pourrait appeler un nationalisme juif d’avant-garde. Ce mouvement respecte, certes, la tradition religieuse du Talmud et de la Bible, mais sans s’identifier à elle en aucune façon. Sa foi politique est “nationale”, mais ne saurait être comparée à celle de l’Espagne ou de l’Irlande catholique, par exemple, ou à celle de la Grèce moderne, elle aussi inséparable de la religion d’État. Mais je l’appellerai un nationalisme plutôt qu’un “racisme”, car elle implique l’exaltation du peuple juif en tant que tel, sans la conscience enthousiaste d’une quelconque solidarité de sang unissant tous les peuples du désert que l’on a coutume d’appeler “sémitiques”.

Moderne dans son expression, ce nationalisme n’est pas, toutefois, dans son essence, différent de la solidarité qui, après l’introduction de la loi mosaïque, existait entre tous les enfants d’Israël, dès le treizième siècle avant l’ère chrétienne. La religion d’laweh jouait alors un rôle primordial. Mais ce rôle consistait justement à faire sentir à tous les Juifs, du plus puissant au plus humble, qu’ils étaient le peuple élu, le peuple privilégié, différent des autres peuples, y compris de ceux qui étaient le plus près d’eux par le sang, et exalté au-dessus d’eux tous. Cela, les Juifs l’ont senti de plus en plus, dans les Temps Modernes, sans le secours d’une religion nationale; d’où l’importance décroissante de cette religion parmi eux (sauf dans les quelques foyers permanents d’orthodoxie juive).

En d’autres termes, les Juifs, qui pendant des siècles avaient été une peuplade insignifiante du Moyen Orient, parmi tant d’autres, — très près des autres, par le langage et la religion, avant Abraham et surtout avant la réforme mosaïque, — sont peu à peu devenus, sous l’influence de Moïse et de ses successeurs Josué et

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Kaleb, et puis, sous celle des prophètes, un peuple tout rempli de l’idée qu’il se faisait de lui-même ; n’ayant que mépris pour les hommes de même race que lui, qui l’entouraient, et à plus forte raison pour les gens d’autres races; ne voyant en leurs Dieux que des “abominations” — mettant à part, sur l’ordre du prophète Ezra, lors du retour de la longue captivité de Babylone, ceux de ses enfants, demeurés en Palestine, qui avaient épousé des femmes canaanéennes, et cela, sous prétexte que celles-ci ne pouvaient que relâcher le lien qui les unissait, eux et leur famille, à Iaweh, et affaiblir en eux la conscience de “peuple élu”, de peuple pas “comme les autres”.

Ils auraient pu demeurer ainsi indéfiniment, isolés du reste du monde par un orgueil national aussi incommensurable qu’injustifié, — car ils étaient, déjà dans l’Antiquité, passablement métissés, quant à la race, ne serait-ce que du fait de leur séjour prolongé en Egypte. (Le monde ne s’en fût certes pas plus mal porté, — au contraire). Ils ne le demeurèrent pas parce que, à l’idée de “Dieu unique” et de “Dieu ‘vivant” — de “vrai” Dieu, opposé aux “faux” Dieux, aux Dieux locaux et à puissance limitée des autres peuples, — ne pouvait moins faire que de s’ajouter, tôt ou tard, l’idée de vérité universelle et de communauté humaine. Un Dieu qui seul “vit”, alors que tous les autres ne sont qu’insensible matière, tout au plus habitée par des forces impures, ne peut être, logiquement, que le vrai Dieu de tous les adorateurs possibles, c’est-à-dire de tous les hommes. Pour refuser de l’admettre, il aurait fallu attribuer aux Dieux des autres peuples aussi, vie, vérité et bienfaisance, en d’autres termes, cesser de ne voir en eux que des “abominations”. Et à cela les Juifs se refusaient, après les sermons et les menaces de leurs prophètes. Le Dieu unique pouvait bien préférer un peuple. Mais il fallait qu’il soit, par nécessité, le Dieu de tous les peuples — celui que, dans leur folie, ils ignoraient, alors que seul le “peuple élu” lui rendait hommage.

La première attitude des Juifs, conquérants de la Palestine, envers les peuples adorateurs d’autres Dieux qu’Iaweh, fut de, les haïr et de les exterminer. Leur seconde attitude, — alors qu’en Palestine la résistance canaanénne avait depuis longtemps cessé d’exister, et surtout, alors que les Juifs perdaient de plus en plus le peu d’importance qu’ils avaient jamais eue sur le plan international, pour finir par n’être que les sujets de rois grecs,

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successeurs d’Alexandre, et plus tard, d’empereurs romains, — fut de jeter en pâture spirituelle à un monde en pleine décadence, en même temps que l’idée de l’inanité de tous les Dieux (sauf le leur), la conception fausse de “l’homme”, indépendant des peuples ; de “l’homme”, citoyen du monde (et bientôt “créé à l’image de Dieu”), qu’Israël, peuple élu, peuple de la Révélation, avait mission d’instruire et de guider au vrai “bonheur”. C’est l’attitude des Juifs, plus ou moins ostensiblement barbouillés d’Hellénisme, qui du quatrième siècle avant Jésus-Christ jusqu’à la conquête arabe au septième siècle après lui, formaient une proportion toujours plus influente de la population d’Alexandrie, ainsi que de toutes les capitales du monde hellénistique, puis romain. C’est l’attitude des Juifs de nos jours, celle, précisément, qui fait d’eux un peuple pas comme les autres, et un peuple dangereux : le “ferment de décomposition” des autres peuples

Elle vaut la peine que je tente de t’en faire l’historique.

Je l’ai dit : elle était en germe déjà dans le fanatisme de ces serviteurs du Dieu “unique” et “vivant” qu’étaient les prophètes juifs, de Samuel jusqu’aux rédacteurs de la Kabbale. Une chose qu’il ne faut surtout pas oublier, si on veut essayer de la comprendre, c’est que le “Dieu unique” des Juifs est un Dieu transcendant, mais non immanent. Il est en dehors de la Nature, qu’il a tirée du néant par un acte de volonté, et différent d’elle en son essence ; différent, non seulement de ses manifestations sensibles, mais encore de tout ce qui pourrait, d’une façon permanente, les sous-tendre. Il n’est pas cette Ame de l’Univers à laquelle croyaient les Grecs et tous les peuples indo-européens, — et en laquelle le Brahmanisme voit encore la Réalité suprême. Il a fait le monde comme un ouvrier d’art fabrique une merveilleuse machine : de l’extérieur. Et il lui a imposé les lois qu’il a voulues, et qui auraient pu être autres, s’il les avait voulues différentes. I1 a donné à l’homme domination sur les autres êtres créés. Et il a “choisi” le peuple juif parmi les hommes, non pour sa valeur intrinsèque — cela est clairement spécifié dans la Bible — mais arbitrairement, à cause de la promesse, faite une fois pour toutes, à Abraham.

Dans une telle optique métaphysique, il était impossible de considérerr les Dieux des autres peuples — et cela, d’autant moins que ceux-ci figuraient, pour la plupart, des Forces naturelles ou

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des corps célestes, — comme “aspects” ou “expressions” du Dieu unique. Il était aussi impossible de souligner le moins du monde l’indéfinie variété des hommes et l’inégalité irréfutable qui a toujours existé entre les races humaines, voire entre les peuples plus ou moins de la même race. L”`homme”, quel qu’il fût, devait avoir en soi, et seul des êtres créés, une valeur immense, puisque le Créateur l’avait formé “à son image”, et établi, à cause de cela même, au-dessus de tous les vivants. La Kabbale le dit d’ailleurs très nettement : “Il y a l’Etre incréé, qui crée : Dieu ; l’être créé, qui crée : l’homme; et . . . le reste : l’ensemble des êtres créés — animaux, plantes, minéraux, — qui, eux, ne créent pas.” C’est l’anthropocentrisme le plus absolu, — et une philosophie fausse au départ puisqu’il est évident que “tous les hommes” ne sont pas créateurs (il s’en faut bien !) et que certains animaux peuvent l’être1.

Mais cela n’est pas tout. Dans cette nouvelle perspective humaniste, non seulement le Juif gardait-il sa place de “peuple élu” — de “peuple saint”, comme le dit la Bible — destiné à porter au monde la Révélation unique, mais tout ce que les autres peuples avaient produit ou pensé n’avait de valeur que dans la mesure où cela concordait avec la dite révélation, ou dans la mesure où cela pouvait s’interprêter dans ce sens. Ne pouvant nier l’énorme contribution des Grecs à la science et à la philosophie, des Juifs d’Alexandrie, de culture grecque, (et parfois de noms grecs, tel cet Aristobule du troisième siècle avant Jésus-Christ) n’ont pas hésité à écrire que tout ce que la pensée grecque avait créé de plus solide — l’œuvre de Pythagore, de Platon, d’Aristote, — n’était dû, en dernière analyse, qu’à l’influence de la pensée juive !! — avait sa source dans Moïse et les prophètes. D’autres, tel ce fameux Philon d’Alexandrie, dont l’influence sur l’apologétique chrétienne a été si considérable, n’ont pas osé nier l’évidente originalité du génie hellénique, mais n’ont retenu, des idées élaborées par lui, que celles qu’ils pouvaient fût-ce en les altérant, voire en les déformant tout à fait, amener à “concorder”

1. L’intelligence pratique des, animaux n’est plus mise en question; or, elle aussi peut être créatrice, comme le montrent, en particulier, les expériences de Koehler. Mais que l’on songe surtout aux peintures — éminemment “abstraites” — exécutées par plusieurs des chimpanzés de Desmond Morris, créations que l’on pouvait prendre et que l’on a, en fait, actuellement prises, pour des œuvres humaines de même style.

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avec la conception mosaïque de “Dieu” et du monde1. Leur œuvre est ce produit hybride qui porte dans l’histoire de la pensée le nom de “philosophie judéo-alexandrine”, ensemble de rapprochements ingénieux de concepts tirés plus ou moins directement de Platon (pas forcément dans l’esprit de Platon) et de vieilles idées juives (telles que la transcendance du Dieu unique et la création de l’homme “à son image”), échafaudage superflu, sans doute, aux yeux du Juif orthodoxe, à qui la Loi mosaïque suffit, mais merveilleux instrument de main-mise spirituelle sur les Gentils, au service de Juifs, (orthodoxes ou non) désirant ardemment arracher à d’autres peuples la direction le la pensée occidentale (et plus tard, mondiale).

La philosophie judéo-alexandrine et la religion, de plus en plus imprégnée de symbolisme égyptien, syrien, anatolien, etc., que professait le peuple, de race de plus en plus abâtardie, du monde hellénistique, constituent la toile de fond sur laquelle se détache peu à peu, dans les écrits de Paul de Tarse et des premiers, apologistes, et se précise au cours de la succession des Conciles, l’orthodoxie chrétienne telle que nous la connaissons. Comme le remarque Gilbert Murray, “c’est une étrange expérience . . . que d’étudier ces congrégations obscures, dont les membres, issus du prolétariat du Levant, superstitieux, dominés par des charlatans, et désespérément ignorants, croyaient encore que Dieu peut procréer des enlants dans le sein de mères mortelles, tenaient le “Verbe”, l’“Esprit” et la “Sagesse divine” pour des personnes portant ces noms, et transformaient la notion de l’immortalité de l’âme en celle de “résurrection des morts”, et de penser que c’étaient ces gens-là qui suivaient la voie principale, menant à la plus grande religion du monde occidental.”2

Sans doute y avait-il, dans ce Christianisme des premiers siècles, prêché en grec (la langue internationale du Proche Orient à cette époque) par des missionnaires juifs, puis grecs, à des masses urbaines sans race, — si inférieures, à tout point de vue, aux hommes libres des anciennes poleis hellènes — nettement plus d’éléments non-juifs que juifs. Ce qui y dominait, c’était l’élément que je n’ose appeler “grec”, mais “égéen”, ou plutôt

1. Edouard Herriot, “Philon le Juif”, édition 1898.

2. Guibert Murray, “Five stages of Greek religion”, édition 1955 (New York) p. 158.

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“méditerranéen pré-hellénique” — ou proche-oriental pré-hellénique, car les peuples de l’Asie Mineure, de la Syrie et de la Mésopotamie l’illustraient tous, eux aussi, plus ou moins, dans leurs cultes venus du fond des âges. C’était le mythe du jeune Dieu cruellement mis à mort — Osiris, Adonis, Tammouz, Attys, Dionysos — dont la chair (le blé) et le sang (le jus du raisin) deviennent nourriture et boisson des hommes, et qui ressuscite en gloire, tous les ans au printemps. Cet élément-là n’avait jamais cessé d’être présent dans les mystères de la Grèce, à l’époque classique tout comme auparavant. Transfiguré, “spiritualisé” par le sens de l’allégorie attaché aux plus primitifs des rites, il est manifeste dans les religions internationales “de salut”, rivales du Christianisme dans l’Empire romain : dans celle de Mithra ; dans celle de Cybèle et d’Attys. Comme Nietzsche l’a si bien vu, le génie de Paul de Tarse a consisté “à donner un sens nouveau aux mystères antiques,” — à s’emparer du vieux mythe préhistorique, à le revivifier, à l’interprêter de telle façon que, pour toujours, tous ceux qui accepteraient cette interprétation accepteraient aussi le rôle prophétique et le caractère de “peuple élu” du peuple juif, porteur de l’unique révélation.

Historiquement, on ne sait à peu près rien de la personne de Jésus de Nazareth, de ses origines, de sa vie avant l’âge de trente ans, tant et si bien que des auteurs sérieux ont pu mettre en doute son existence même. D’après les Evangiles canoniques, il a été élevé dans la religion juive. Mais était-il Juif de sang ? Plus d’une des paroles qui lui sont attribuées tendraient à faire croire qu’il ne l’était pas. On a d’ailleurs dit que les Galiléens formaient en Palestine un îlot de population indo-européenne. De toute façon, ce qui est important, — ce qui est à l’origine du tournant de l’Histoire que représente le Christianisme — c’est que, Juif ou non, il est présenté comme tel, et, ce qui plus est, comme le Messie attendu du peuple juif, par Paul de Tarse, le vrai fondateur du Christianisme, ainsi que par tous les apologistes qui se suivent au cours des siècles. Ce qui est important, c’est qu’il est, grâce à eux, intégré à la tradition juive ; qu’il est le lien entre elle et le vieux mythe méditerranéen du jeune Dieu de la Végétation, mort et réssuscité, qu’elle n’avait jamais accepté : le Messie auquel on prête les attributs essentiels d’Osiris, de Tammouz, d’Adonis, de Dionysos, et de tous les autres Dieux morts et vainqueurs de la Mort, et qui les repousse tous dans l’ombre

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à son profit — et à celui de son peuple — avec une intransigeance qu’aucun d’eux ne connaissait, une intransigeance typiquement juive : celle de Paul de Tarse, de son maître Gamaliel et de tous les serviteurs du “Dieu jaloux”, Iaweh. Non seulement un “sens nouveau” est donné aux mystères antiques, mais ce sens est proclamé le seul bon, le seul vrai, les rites et les mythes de l’Antiquité païenne, depuis les temps les plus lointains, n’ayant fait que le “préparer” et le “préfigurer”, tout comme la philosophie antique n’avait fait que sensibiliser les âmes à la réception de la révélation suprême. Et cette révélation est, pour Paul comme pour les Juifs de l’école judéo-alexandrine avant lui, et pour tous les apologistes chrétiens — les Justin, les Clément d’Alexandrie, les Irénée, les Origène — qui le suivront, celle donnée aux Juifs par le Dieu “de tous les hommes”.

L’intolérance juive, confinée jusqu’alors à un peuple, (et à un peuple méprisé, que nul ne songeait à imiter) s’est, avec le Christianisme, et plus tard avec l’Islam, — cette réaction contre l’hellénisation de la théologie chrétienne, — étendue à la moitié du globe terrestre. Et, ce qui plus est, c’est cette intolérance même, qui a fait le succès des religions se rattachant à la tradition d’Israël.

J’ai mentionné les religions de salut — en particulier celle de Mithra et celle de Cybèle — qui florissaient dans l’Empire romain au temps où le Christianisme en était à ses débuts. A première vue, chacune d’elles avait autant de chances que lui d’attirer à soi les foules inquiètes à qui l’ordre romain ne suffisait pas, ou ne suffisait plus, et qui, de plus en plus abâtardies, se sentaient étrangères à tout culte national, quel qu’il fût. Chacune d’elles offrait à l’individu moyen tout ce que lui promettait — la religion de Jésus crucifié — et cela, avec des rites d’autant plus capables d’entraîner son adhésion, qu’ils étaient plus barbares.

Au troisième siècle de l’ère chrétienne, c’était le culte de Mithra, — ce vieux Dieu solaire indo-européen, contemplé à travers les mille miroirs déformants que représentaient les races et les traditions de ses nouveaux adorateurs, — qui semblait devoir s’imposer . . . pourvu qu’aucun facteur décisif n’intervînt en faveur d’un de ses rivaux. Le Dieu était populaire chez les légionnaires et chez leurs officiers. Des empereurs avaient trouvé bon de recevoir l’initiation à ses mystères, sous la douche de sang chaud du Taureau rédempteur. Un nombre croissant de gens du

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peuple suivaient le mouvement. On peut dire en toute assurance qu’il s’en est fallu de peu que le monde dominé par Rome ne fût devenu mithriaque — au lieu de chrétien — pour quelque vingt siècles. On peut dire avec non moins de certitude que, s’il ne l’est pas devenu, cela ne tient ni à une quelconque “supériorité” de la doctrine chrétienne du salut sur l’enseignement des prêtres de Mithra, ni à l’absence de rites sanglants chez les Chrétiens, mais bien à la protection accordée à la religion du Crucifié par l’Empereur Constantin, et à aucun autre facteur. Or, c’est précisément l’intolérance du Christianisme — elle surtout, sinon elle seule, — qui lui a valu la préférence du maître du monde romain.

Ce que l’empereur voulait en effet avant tout, c’était donner à ce monde immense, peuplé de gens de races et de traditions les plus diverses, une unité aussi solide que possible, sans laquelle il lui serait difficile de résister longtemps à la poussée de ceux que l’on appelait les Barbares. L’unité de culte était bien la seule qu’il pouvait espérer lui imposer, à condition encore qu’il y parvînt vite. Parmi les religions de salut, si populaires, celle de Mithra comptait, sans aucun doute, le plus grand nombre de fidèles. Mais elle ne promettait pas de se répandre assez rapidement, et cela, d’abord et avant tout, parce qu’elle ne prétendait pas être la seule Voie et la seule Verité. Elle risquait de laisser longtemps subsister ses rivales, et l’unité tant désirée ne, se ferait pas, — ou mettrait des siècles à se faire, — alors que l’intérêt de l’Empire exigeait qu’elle se fît en quelques décades.

On pouvait en dire autant du vieux culte de Cybèle et d’Attys : ses prêtres ne proclamaient pas, à l’instar des Juifs, qu’eux seuls possédaient la vérité. Ils croyaient au contraire, comme tous les hommes de l’Antiquité (sauf les Juifs) que la vérité a d’innombrables facettes, et que chaque culte aide ses fidèles à en saisir un aspect. Ils auraient, eux aussi, laissé les religions rivales de la leur fleurir en toute liberté.

Le Christianisme, quoique pénétré qu’il fût déjà, au quatrième siècle, d’idées et de symboles empruntés soit au Néoplatonisme, soit au vieux fond mystique égéen, soit à des formes plus lointaines encore de l’éternelle Tradition, avait, lui, hérité du Judaïsme, l’esprit d’intolérance. Même ses apologistes les plus éclairés, les plus richement nourris de culture grecque classique, — tels un saint Clément d’Alexandrie ou un Origène qui,

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loin de rejeter la sagesse antique, la considéraient comme une préparation à celle des Evangiles — ne mettaient pas les deux sagesses sur le même plan. Il y avait, à leurs yeux, “progrès” de la première à la seconde, et la “révélation” juive gardait sa priorité sur l’écho plus lointain de la voix du Dieu unique que l’on pouvait déceler chez les philosophes païens. Quant à la grande masse des Chrétiens, elle tenait pour “abominations” — ou “démons” — tous les Dieux de la terre, sauf celui qui s’était révélé aux hommes de toutes races à travers les prophètes de l’Ancien Testament — les prophètes juifs — et à travers Jésus et son disciple posthume, Paul de Tarse, — ce dernier, Juif cent pour cent, le premier, considéré comme “Juif”, “Fils de David”, par l’Église, quoiqu’en fait on ignore tout de son origine, et qu’on ait même pu mettre en doute son historicité.

C’est le lien profond qui rattache le Christianisme (et, en particulier, le “saint Sacrifice de la messe”) aux mystères antiques, qui en a assuré la survie jusqu’à nos jours. Et ce fut, chez Paul de Tarse, un trait de génie (politique), que d’avoir donné aux plus anciens mythes du monde méditerranéen une telle interprêtation qu’il a, par là, assuré à son propre peuple, sur ce monde et sur tous les peuples qu’il était, au cours des siècles, destiné à influencer, une domination spirituelle indéfinie. Ce fut, chez l’Empereur Constantin, un trait de génie (également politique), que d’avoir choisi d’encourager la diffusion de la religion qui, en se répandant le plus vite, allait donner au chaos ethnique que représentait alors le monde romain, la seule unité à laquelle il pouvait encore aspirer. Et ce fut, chez le chef germain Clodwig, connu sous le nom de Clovis dans l’histoire de France, encore un trait de génie (politique, lui aussi), que d’avoir senti que rien ne lui assurerait la domination permanente sur ses rivaux, autres chefs germains, autant que sa propre adhésion (et celle de ses guerriers) au Christianisme, dans ce monde déjà aux trois quarts chrétien, où les évêques représentaient une puissance à rechercher comme alliée. Génie politique, et non religieux ; encore moins philosophique — car dans tous les cas il s’agissait de pouvoir, personnel ou national ; de stabilité matérielle ; de succès, non de vérité au plein sens du mot, c’est-à-dire d’accord avec l’éternel. Il s’agissait d’ambitions sur le plan humain, non de soif de connaissance des Lois de l’être, ou de soif d’union, avec l’Essence de toutes choses, — Ame, à la fois transcendante

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et immanente, du Cosmos. Car s’il en avait été autrement, il n’y aurait eu aucune raison pour que la religion du Nazaréen triomphât pour tant de siècles : ses rivales la valaient. Elle n’avait sur elles qu’un seul “avantage” — pratique : son fanatisme, son intolérance enfantine héritée des Juifs, — fanatisme, intolérance qui pouvait faire sourire le Romain ou le Grec cultivé des premiers temps de l’Église, et que le Germain, nourri, lui, dans sa belle religion à la fois cosmique et guerrière, pouvait avec raison trouver absurde; mais qui allait donner au Christianisme un caractère militant, qu’il était seul à posséder, puisque le Judaïsme orthodoxe demeurait — et devait demeurer — la foi d’un peuple.

Le Christianisme ne pouvait désormais être combattu que par une autre religion à prétention également universelle, aussi intolérante que lui. Et c’est un fait que, jusqu’ici, il n’a reculé sur une grande échelle que devant l’Islam et, de nos jours, devant cette fausse religion qu’est le Communisme.

L’Islam se rattachait comme lui à l’Ancien Testament des Juifs. Il était, tout comme lui, sorti du désert, mais était dépouillé de tout le symbolisme qui rattache le culte du Christ aux vieux mythes méditerranéens, égyptiens, chaldéens, etc., de la mort et de la résurrection du Blé sauveur, et aux rites préhistoriques qui les rendaient tangibles aux fidèles. (Pour le Mahométan, Jésus — Issa — est “un prophète”, non un Dieu, et surtout pas “Dieu”). La Syrie, l’E;gypte, toute l’Afrique du, Nord, chrétiennes depuis trois ou quatre siècles, furent islamisées du jour au lendemain. L’Europe l’aurait été, si le hasard de la guerre n’avait pas voulu que Charles Martel et ses Francs eussent été victorieux, entre Tours et Poitiers, en 732 — à moins, bien entendu, qu’elle n’eût résisté des siècles durant, comme l’a fait l’Espagne.

Certes, une victoire arabe, suivie de la conquète de toute l’Europe selon le plan qu’en avait conçu, vingt ans plus tôt, le génial Moussa-al-Kébir, aurait été, du point de vue racial, une catastrophe de première magnitude. La race aryenne aurait perdu, sur tout le continent, la pureté qu’elle retenait encore au huitième siècle. Tout au plus seraient demeurés çà et là des îlots plus ou moins importants de population en majorité aryenne, comme demeurent en Afrique du Nord des régions peuplées surtout de Berbères, ou comme on trouve encore en Espagne, des

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endroits, où le type (nordique) des Visigoths a laissé plus de traces qu’ailleurs. Dans l’ensemble, l’Europe serait devenue, quant au sang, moins pure même qu’elle ne l’est aujourd’hui, — ce qui n’est pas peu dire. Mais du strict point de vue de l’évolution des idées et des mœurs de chacun de ses peuples, et plus particulièrement de sa psychologie religieuse, son histoire m’aurait peut-être pas été bien différente.

Il est vrai que l’arabe aurait sans doute supplanté le latin, et qu’il n’y aurait probablement pas eu de “Renaissance”, au dixième siècle de l’Hégire. Ou les lettrés grecs de Constantinople, (eux-mêmes islamisés ?) auraient-ils quand même, à l’approche des Turcs, émigré en Occident, vers des cours fort semblables à celles des capitales mauresques d’Espagne, et y auraient-ils-malgré tout éveillé la nostalgie de l’Antiquité classique ? N’oublions pas qu’Aristou (Aristote) et Aflatoun (Platon), étaient connus et admirés des lettrés arabes. Il n’y aurait certes eu ni peinture ni sculpture reproduisant la forme humaine : cela est contraire aux lois de l’Islam. Les artistes d’Italie, d’Allemagne, des Pays-Bas, les Léonard de Vinci, les Michel-Ange, les Dürer, les Rembrandt, — seraient nés. Assez de sang aryen aurait subsisté pour qu’ils naquissent. Et ils auraient donné de leur génie une expression tout aussi forte et sans doute tout aussi belle, toutefois autre. Mais il y a deux traits de la civilisation chrétienne d’Europe qui seraient demeurés tragiquement les mêmes : l’anthropocentrisme, et l’intolérance — l’intolérance sur tous les plans, prolongement normal de l’intolérance religieuse, et conséquence de ce que j’ai appelé la superstition de “l’homme”.

L’esprit de controverse, hérité de l’Hellénisme décadent, n’aurait pas manqué d’engendrer des sectes. L’esprit d’exclusivité; religieuse, hérité des Juifs, — la manie de chacun de se croire, avec ses frères dans la foi, seul détenteur des secrets de l’Inconnaissable — aurait fait de ces sectes des partis se détestant mutuellement, et militant sauvagement les uns contre les autres, car il était et est encore du tempérament de l’Européen de se battre sauvagement, dès qu’il a accepté le combat. Il y aurait sans doute eu des guerres de religion, et une Sainte Inquisition qui n’aurait, sur le plan de l’horreur, rien laissé à désirer à celle qui a actuellement existé. Les Amériques auraient été découvertes et conquises, et exploitées. Les caravelles y auraient porté la foi du Prophète vainqueur au lieu de celle de Jésus crucifié, et

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l’étendard des Khalifes y aurait remplacé celui des rois très catholiques. Mais la conquête et l’exploitation et le prosélytisme y auraient été tout aussi impitoyables. Les vieux cultes y auraient ent été rigoureusement abolis, — comme l’avait été, vingt-cinq siècles plus tôt, le culte des Baalim et des Déesses-mères, partout où les “bons” rois juifs avaient étendu leur domination. Les téocalli et les huaca-huasi auraient été rasés. Peu importe que, sur leurs fondations, des mosquées eussent surgi, au lieu de cathédrales chrétiennes ! Dans l’optique de Quautemoc et d’Atahuallpa, et des populations du Mexique et du PéIu, cela aurait signifié la même chose : le choix entre la conversion ou la mort. Il est vrai que les Juifs de l’Antiquité n’avaient même pas laissé ce choix aux adorateurs de Baal et d’Astarté, et qu’en Amérique du Nord les Aryens, moralement on ne peut plus enjuivés (donnant une importance énorme à l’Ancien Testament), n’allaient guère le laisser aux Indiens qu’ils devaient décimer, presque jusqu’à extinction complète, par l’alcool, ne leur accordant même pas l’honneur de mourir pour leurs Dieux, les armes à la main. Les Espagnols — et les Portugais — se souciaient, apparemment, davantage, du sort des âmes immortelles de “tous les hommes”. Ils étaient plus près des Juifs, disciples de Jésus, et surtout de Paul de Tarse, qu’ils ne l’étaient des Juifs compagnons d’armes de Joshua, fils de Nunn, ou du roi David, . . . ou de Jéhu. N’empêche qu’ils étaient, de toute façon, ce que sont — ou doivent être — selon le Pape Pie XI, tous les bons Chrétiens : des “Sémites spirituels”, et que l’intolérance religieuse est un produit juif ; le produit juif, par excellence.
* * *
Mais il me semble que j’entends s’élever de tous côtés l’objection que l’on n’a cessé de nous faire dès le début du Mouvement, dès les premiers discours du Maître, dès la première édition du Livre. On me cite les paroles mêmes, écrites en toutes lettres, noir sur blanc, à la page 507 de celui-ci, — ces paroles que j’ai, moi aussi, tant de fois rappelées, en public et dans des réunions privées, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale : “Les partis politiques tendent au compromis ; les “Weltanschauungen”, jamais. Les partis politiques prennent en considération l’opposition d’adversaires possibles ; les “Weltanschauungen”

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proclament leur propre infaillibilité1. Si ce n’est pas là la glorification la plus cynique de l’intolérance, qu’est-ce donc que c’est ? Et je me souviens — et comment ! — de la réponse de tous les ennemis du National-Socialisme, des enthousiastes de la bonne Démocratie parlementaire jusqu’aux plus enragés Communistes, eux aussi défenseurs théoriques des “droits de l’homme”, à la moindre suggestion de traitement identique de tous les “engagés” ; y compris les Hitlériens : “Il ne saurait être question de tolérer les intolérants.”

Sommes-nous vraiment “intolérants” ? et le Führer a-t-il, dans le passage cité, ou ailleurs, exalté l’intolérance ? Oui, certes. Mais il ne s’agit pas de la même intolérance que celle que j’ai essayé de décrire tout au long des pages précédentes. Il s’agit de la réponse à celle-ci, de la réaction contre celle-ci, — ce qui est très différent.

Dans la lointaine Antiquité, avant que ne soit répandu par le monde le virus de l’intolérance juive, nous aurious été tolérants en même temps que racistes, comme l’étaient tous les Indo-européens, et tous les peuples de la terre, y compris les Juifs eux-mêmes, avant la grande réforme mosaïque. Je dirai plus : notre Mouvement, avec son intransigeance et son aggressivité, n’aurait pas existé, — n’aurait pas eu de justification. Car il ne se comprend qu’à une époque de décadence accélérée. Il est la réaction suprême, désespérée — la réaction de gens qui n’ont rien à perdre vu que, quoi qu’il sorte de leur révolution, cela ne peut être pire que ce qu’ils voient autour d’eux — contre cette décadence. Or cette décadence est, comme j’ai tenté de le montrer, liée à deux attitudes qui se complètent l’une l’autre: à la superstition de “l’homme” et à celle du “bonheur”. Ce sont ces deux superstitions qui engendrent l’intolérance du type que j’ai décrit plus haut, — non vraiment “celle des Juifs” (à l’exception sans doute des prophètes), mais celle de toutes les doctrines qui ont leurs racines dans le Judaïsme; celle dont les Juifs se servent, après l’avoir suscitée chez les autres peuples, pour inciter ces peuples à combattre pour eux, sans même le savoir. On ne peut, attaquer l’intolérance qu’à l’aide d’une autre intolérance, basée sur une autre foi qu’elle, tout comme on ne peut combattre

1. Adolf Hitler, “Mein Kampf”, édition allemande de 1935, p. 507.

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“la terreur que par la terreur”1 — une terreur exercée au nom d’une autre idée.

Nous combattons l’intolérance des dévots de “l’homme” et des assoiffés de “bonheur” — aussi bien celle des religions ou philosophies directement nées du Judaïsme, que celle des rationalistes humanitaires à prétentions scientifiques, nourris des mêmes deux superstitions. Nous la combattons par notre intolérance, surgie, elle, non pas, certes, du naïf désir de rendre tous les hommes heureux dans ce monde ou dans un autre, mais de la volonté de conserver pure et forte cette minorilé humaine, que représente l’élite biologique de notre race aryenne, afin que puisse sortir d’elle, un jour (sans doute après la fin du présent Cycle temporel), une collectivité aussi près de l’idée que nous nous faisons du surhomme, — sans tares et sans faiblesses — que le sont les tigres de l’idée du parfait félin. Peu nous importe que les individus qui composent cette élite biologique soient “heureux” ou “malheureux” ! Les Forts — et ils en sont, ou doivent en être, — n’ont que faire de bonheur personnel. Leur fonction consiste à assurer, de génération en génération, à la fois la continuité de la race dans sa beauté et dans ses vertus, — dans sa “santé” — et la continuité de la foi en ses valeurs naturelles. L’orgueil qu’ils ressentent à remplir cette fonction, et le plaisir de défier ceux qui voudraient les attirer vers d’autres tâches, doivent suffire à leur “bonheur”. Le bonheur au sens où l’entend l’immense majorité des gens dans les sociétés “de consommation”, c’est-à-dire, le confort matériel, plus les satisfactions des sens et du “coeur”, est bon pour les bêtes qui, privées, elles, du mot, donc de la possibilité du retour sur elles-mêmes, ne ressentent aucune fierté particulière à remplir leurs fonctions, et n’ont ni adversaires idéologiques à harceler, ni “ré-éducateurs” à défier. Il est, comme je l’ai dit au début, leur droit. Même l’homme” des races inférieures devrait dédaigner de le rechercher, — à plus forte raison l’Aryen moyen, et surtout les Forts.

De plus, notre intolérance, à nous, se manifeste, comme celle des Hindous orthodoxes, sur le plan de la vie, de l’action, non sur celui de la pensée pure, car nous ne “croyons” pas que les propositions de base de notre Weltanschauung sont vraies : nous le savons. Les gens mal informés qui persistent

1. Adolf Hitler, “Mein Kampf”, édition 1935, p. 507.

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à les nier, — ceux qui, par exemple, proclament à cor et à cris que “la race n’existe pas”, nous irritent, sans doute. Mais nous ne ressentons, au fond, pas plus d’hostilité envers eux qu’envers des fous qui s’en iraient répétant que deux et deux font cinq. Nous voyons que, si nous ajoutons deux cailloux à deux cailloux, et si nous comptons le tout, nous trouvons immanquablement quatre cailloux. Et, quoique cela relève d’un autre ordre d’idées ; du domaine des sciences naturelles, et non de celui de la mathématique, — nous voyons aussi, et fort clairement, qu’il y a, entre tous les gens qu’on appelle des Indo-européens, ou Aryens, des traits communs, bien définis. Que des fous — ou des perroquets, répétant ce que la propagande anti-raciste leur a servi à la télévision — le nient, cela ne change rien aux faits. Ce n’est pas pour “sauver” ces imbéciles, ou ces perroquets, de l’erreur, dans l’intérêt de leur âme, ou par respect pour leur “raison”, que nous sévirions contre eux si nous en avions le pouvoir, mais uniquement pour prévenir les répercussions que leurs discours pourraient avoir dans la société, et en particulier chez les jeunes. Leur “raison” est si peu raisonnable — et si peu “leur” ! — qu’elle ne nous inspire aucun respect. Et le sort de leur âme, s’ils en ont une, ne nous intéresse pas. Mais la survie de notre race — encore si belle, partout où elle est demeurée à peu près pure, — et les possibilités d’assertion et d’action qu’un avenir, quelque menaçant qu’il semble, peut, malgré tout encore lui réserver, nous intéressent profondément. C’est au nom d’elles que nous prendrions contre eux, si nous en avions le pouvoir, des mesures impitoyables. Dans une société depuis longtemps pénétrée de notre esprit, dans laquelle toute déclaration anti-raciste, égalitaire, pacifiste, contraire à la divine sagesse de la Nature, — toute expression de la superstition de “l’homme” — serait reçue avec d’irrésistibles éclats de rire, comme une grossière plaisanterie de foire, ou par une indifférence totale, plus meurtrière encore, peut-être ne sévirions-nous pas contre nos adversaries, mais les laisserions-nous japper tout leur saoûl. Ils ne seraient pas dangereux, et d’ailleurs se lasseraient vite.
* * *
J’ai rapproché notre “intolérance” de celle des Hindous

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orthodoxes, si différente de celle des Chrétiens et des Musulmans. Tu comprendras bientôt pourquoi.

Si quelque jeune Brahmane dit à son père qu’il se sent une dévotion toute particulière pour une certaine expression, visible ou invisible, du Divin, en dehors du Panthéon de l’Hindouisme, que ce soit Jésus, ou Apollonius de Tyane, ou quelque Chef européen de notre époque, chez lequel il croit découvrir la marque de l’“Avatar” ou Incarnation divine, le père n’y trouvera, en général, rien à redire. Il proposera probablement à son fils de placer l’image de son Dieu, — celui-ci fût-il un homme, encore vivant, — sur l’autel domestique, parmi celles des divinités traditionnelles qui y figurent déjà. Le jeune homme acceptera, sans doute. Et personne, dans la famille, n’y verra d’inconvénient, car cela ne changera en rien, en pratique, le rythme de la vie au foyer : l’ordinaire y sera le même ; les rites journaliers, également ; les fêtes y seront célébrées de la même façon. Il n’y aura rien de changé. Il n’y aura qu’une image de plus, parmi les nombreuses images, dans le coin consacré aux Dieux, et . . . une pensée quelque peu différente de celle des autres Hindous sous le crâne d’un des membres de la famille. Mais les pensées ne se voient pas. Même exprimées, elles ne commencent à être gênantes que du moment où l’on sent qu’elles pourraient, alors qu’on s’y attend le moins, se traduire en actes choquants. Jusque là, elles sont tolérées; et celui qui les a, fût-il, au fond de son cœur, Chrétien, ou même Communiste, est regardé comme un des fils de la maison et de la caste.

Mais qu’un autre fils de ce même Brahmane, sans se réclamer le moins du monde d’aucun maitre, d’aucun enseignement, d’aucun Dieu étranger, vienne déclarer à son père qu’il a mangé des aliments interdits, et cela, en compagnie de gens de basse caste, avec qui la tradition lui défend de s’associer dans cet acte qui a valeur de rite, car il entretient la vie ; ou, pire encore s’il se peut, qu’il vienne dire qu’il vit avec une femme qui n’est pas de celles que la sainte tradition lui permet d’épouser, et qu’il a un enfant d’elle . . . Il sera, alors, — et cela, quelle que puisse être sa dévotion à des divinités hindoues ; quelle que soit la justification qu’il puisse inventer pour rattacher ses actes, bon gré malgré, à quelqu’épisode bien connu du passé hindou, — rejeté de la famille et de la caste ; excommunié ; refoulé au rang d’Intouchable par tous les Hindous orthodoxes. Il devra quitter son village, et

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aller vivre deux ou trois kilomètres plus loin, dans l’agglomération des aborigènes (des hommes de race inférieure) et . . . des descendants d’excommuniés.

Il n’en sera, certes, peut-être pas ainsi aujourd’hui, dans tous les milieux hindous. Sous l’action violente ou subtile des forces de désintégration, la mentalité traditionnelle se perd, aux Indes comme ailleurs. Il n’en reste pas moins vrai qu’il en aurait été ainsi, il y a peu d’années encore ; et qu’il en serait encore ainsi maintenant, dans les milieux hindous dont l’orthodoxie a résisté et à l’exemple de l’étranger et à la propagande d’un d’un gouvernement pénétré d’idées étrangères. Il n’en demeure pas moins que cette attitude correspond bien à l’esprit de l’Hindouisme, je dirai plus : à l’esprit indo-européen, et même à l’esprit antique. Elle pourrait être exprimée, dans la phrase : “Pense ce que tu veux ! Mais ne fais rien qui puisse détruire la pureté de ta race, ou sa santé, ou contribuer à faire mépriser ou abandonner les coutumes qui en sont les gardiennes”. Alors que l’injonction par laquelle pourrait se traduire l’intolérance des religions sorties de la tradition juive mais destinées aux non-Juifs, serait à peu près la suivante : “Fais ce que tu veux, — ou à peu près. Il n’y a pas d’acte contre les lois religieuses (ou civiles) qui ne soit pardonnable. Mais ne pense rien qui puisse t’amener à mettre en doute les “articles de foi” — les proposition de base de la doctrine chrétienne ou mahométane, ou (de nos jours) libérale-humanitaire, ou Marxiste”. Penser, sentir, fût-ce au sujet de l’indémontrable et peut-être de l’inconnaissable, autrement que ne le doit un “fidéle”, est le pire des crimes. C’est pour l’avoir commis, — et non pour avoir agi de quelque façon que ce fût que des centaines de milliers d’Européens ont subi la torture, et finalement la mort par le feu ; au temps où le Saint Office était tout-puissant ; que des millions ont péri, en ou hors d’Europe, pour avoir refusé le message du Christianisme, de l’Islam ou, plus tard, du Marxisme triomphant.

Compare à cela l’attitude qui s’affirme dans le Point Vingt-quatre, déjà cité, des célèbres “Vingt-cinq Points” du programme du Parti National-socialiste, proclamé à Munich, le 24 Février 1920 : “Nous exigeons la liberté de toute confession religieuse dans l’Etat, dans la mesure où elle ne met pas en danger l’existence de celui-ci, et n’est pas en contradiction avec le sens de la bienséance et le sens moral de la race

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germanique . . .1. C’est, évidemment, la porte ouverte à une certaine forme d’intolérance, mais pas à celle des meurtriers d’Hypatie, ni à celle des juges de Giordano Bruno — ou de Galilée. C’est la justification de la seule “intolérance” que le monde antique ait pratiquée — celle des autorités romaines qui poursuivaient les premiers Chrétiens, non pas comme adhérents d’une quelconque “superstition” (après tout — aux yeux des sages de l’époque, — ni plus ni moins stupide que tant d’autres qui pullulaient dans le menu peuple et . . . chez les femmes oisives des riches) mais comme séditieux qui refusaient d’honorer les images de l’Empereur-dieu du grain d’encens traditionnel ; comme ennemis de l’Etat. C’est la condamnation de toute autre forme d’intolérance, aussi bien de celle des prophètes et des “bons” rois juifs de l’Ancien Testament, que de celle des Pères Inquisiteurs.
* * *
Une question, toutefois, se pose : celle de la frontière entre les deux intolérances, ou plutôt, entre les faits et gestes hostiles à l’ordre rêvé par le législateur, et les “pensées”, les convictions profondes, l’attachement aux valeurs en contradiction avec les propositions de base sur lesquelles repose cet ordre. Il est certain que les gestes, à moins qu’ils ne soient purement mécaniques, présupposent des pensées, des convictions, l’acceptation de valeurs bien définies. Et il est également certain que tout attachement ardent à des valeurs données finira tôt ou tard par s’exprimer en des gestes, — par créer des “faits”. Il le fera dès qu’il le pourra, c’est-à-dire dès que la pression des forces hostiles qui l’en ont jusque-là empêché, se relâchera. Et en attendant, si toute manifestation publique lui est interdite, — s’il est, même en tant que sentiment, tenu pour “subversif”, voire “criminel”, par les gens qui sont au pouvoir, — il s’exprimera tant bien que mal dans la clandestinité: par la parole et par le geste, à huis clos, entre “frères”. (C’est exactement ainsi que s’exprime, depuis un quart de siècle déjà, notre attachement aux valeurs du

1. “Wir fordern die Freiheit aller religiösen Bekenntnisse im Staate, soweit sie nicht dessen Bestand gefährden, oder gegen die Sittlichkeits und Moralgefühl der germanischen Rasse verstossen.”

(Point 24 des Vingt-Cing Points). “Das Programm der N.S.D.A.D.”

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racisme aryen sous sa forme contemporaine, c’est-à-dire à l’Hitlérisme. Et nous ne sommes tolérés que dans la mesure où nous sommes invisibles, et que l’immense monde hostile au milieu duquel nous sommes dispersés, habitué qu’il est à ne se fier qu’à ses sens, nous croit inexistants. Toute pensée clandestine est forcément “tolérée” — ou plutôt ignorée, et pour cause !)

La tolérance de l’expression de la pensée ou de la foi d’autrui, dans une société basée sur des normes qu’elle semble mépriser, ne se justifie logiquement que dans deux cas. Ou bien on considère cette pensée ou cette foi comme n’étant, par sa teneur même, susceptible d’aucune influence sur la vie sociale de l’individu, et encore moins sur celle de ses frères de race ou simplement de ses concitoyens ; ou bien, on en admet la nocivité — le caractere subversif, le danger potentiel sur le plan pratique, — mais, soit qu’on n’en estime pas assez les représentants pour les juger capables d’acharnement soutenu, soit qu’on ne croie pas à l’efficacité de la pensée et de la foi, même exprimées, si l’action qu’elles appellent est trop longtemps impossible, on n’en admet pas le danger réel.

L’Hindou qui n’a pas d’objection à ce que l’un de ses fils adore Jésus, plutôt que les Incarnations divines connues et vénérées de ses pères, n’a en vue qu’une fonction de la religion : celle qui consiste à mener le fidèle à l’expérience vécue de “Dieu” à la réalisation du Soi universel au tréfonds de lui-même. Il présuppose que son fils, tout en tendant vers cette expérience suprême (celle de tous les initiés) à travers sa dévotion au Christ, ne rompra aucun des liens qui l’attachent à la société brahmanique. S’il pensait différemment, s’il soupçonnait, par exemple, que le jeune homme n’a plus le même respect pour les lois traditionnelles concernant la nourriture et le mariage ; s’il le croyait capable, désormais, de manger de la chair (et surtout de la chair de bovin) ou de procréer des enfants en dehors de sa caste, et cela parce que sa nouvelle foi a fait naître en lui mentalité nouvelle, il serait moins tolérant.

L’Européen auquel on refuse l’entrée d’un temple hindou, en est exclu non pas à cause de sa métaphysique, tenue pour fausse, encore moins à cause de sa race, s’il s’agit bien d’un Aryen, mais à cause des habitudes culinaires qu’on lui attribue (parfois à tort ; mais aucun règlement ne tient compte, hélas, de l’exception ! On m’a, à moi-même, et malgré que la société

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hindoue en général m’eût depuis longtemps acceptée, refusé l’entrée d’un des temples de Sringéri, — la patrie de Sankaracharya, dans l’Inde du Sud-ouest — sous prétexte que j’avais été, avant d’embrasser l’hindouisme, une “mangeuse de bœuf.” Et quand je m’élevai avec véhémence contre cette accusation, rappelant que j’avais toujours été végétarienne, tant avant ma venue aux Indes qu’après, le prêtre me déclara que “mes pères, sans doute” ne l’avaient pas été, et continua à me tenir éloignée du seuil. Je dois avouer, pour être juste, qu’on m’a admise dans presque tous les autres temples des Indes, y compris dans celui de Pandharpur, en pays mahratte.)

L’“intolérance” hindoue étant, comme la nôtre, essentiellement défensive, il est bien entendu qu’elle se manifeste — et ne peut moins faire que de se manifester — à l’égard de toute idée ou croyance, ou attitude métaphysique ou morale, considérée comme tendant à saper l’ordre social traditionnel. Mais jamais elle ne s’exercera à l’égard d’un ordre traditionnel différent, en vue de le changer par la force ou même par la persuasion. C’est, je le répète — et on ne saurait trop le répéter — l’“intolérance” de tous les peuples de l’Antiquité, moins les Juifs. Les juges qui ont condamné Socrate à boire la ciguë parce qu’il “ne croyait pas aux Dieux auxquels croyait la cité” n’auraient jamais rêvé d’aller imposer ces mêmes Dieux d’Athènes à un Egyptien ou à un Perse. S’ils avaient pu savoir dans quel sens les idées allaient évoluer et l’histoire se dérouler, le prosélytisme chrétien (ou musulman), les Croisades, la Sainte Inquisition, la suppression des religions indigènes d’Amérique, leur auraient paru aussi monstrueux qu’à nous, les “intolérants” tant détestés d’aujourd’hui. Et nous qui serions prêts à sévir avec la dernière violence contre toutes gens qui, par nature ou par choix, s’opposeraient à la résurgence d’un ordre social et politique basé sur les valeurs raciales aryennes chez les peuples aryens, considérerions comme absurde toute vélléité de prêcher nos valeurs à des Nègres ou, d’une manière générale, à des peuples d’un autre sang que le nôtre. Même pour ce qui est de l’Europe, nous faisons une distinction entre “le Nord” et “le Sud,” — l’élément germanique et l’élément méditerranéen (même si, déjà dans l’Antiquité, ce dernier était assez mêlé au sang des conquérants nordiques: il y a, après toute conquête, un retour graduel à la race des conquis, si

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aucun “système de castes” ou, pour le moins, aucune législation concernant le mariage, ne garantit la survie des conquérants).

Si des Aryens ayant notre mentalité avaient pu, à la place des Espagnols et Portugais, conquérir les Amériques, ils auraient laissé intacts les temples et le culte des Dieux indigènes. Tout au plus, voyant que, dès l’abord, on les prenait eux-mêmes pour des Dieux, se seraient-ils laissé adorer, . . . tout en essayant, de tout leur pouvoir, de devenir et de demeurer dignes de l’être. Et ils auraient puni, avec une sévérité exemplaire, toute intimité ,entre leurs propres soldats et les femmes du pays, ou au moins empêché la naissance d’enfants d’unions mixtes, préservant ainsi la pureté des deux races.

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