Licenciée ès-Sciences; Docteur ès-Lettres








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objective. Mais il n’existe pas plus de conscience universelle que de goût universel. Il n’en existe pas et n’en saurait exister, pour la simple raison que les aspirations des hommes sont différentes, une fois dépassé le niveau des besoins les plus élémentaires. (Et même ces besoins-là sont plus ou moins impérieux, selon les individus. Il y a des gens qui, trouvent la vie supportable, voire belle, sans des conforts, des plaisirs

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ou des affections, dont le manque rendrait d’autres personnes franchement malheureuses.)

Qui dit aspirations différentes, dit préférences différentes. Qui dit préférences différentes, dit réactions différentes, en face des mêmes évènements, décisions différentes face à des dilemmes identiques et partant, organisation différente de vies qui, sans cela, auraient pu se ressembler.

N’oublie jamais la diversité des hommes, fût-ce au sein de la même race, à plus forte raison si l’on passe d’une race à une autre. Comment des êtres si différents les uns des autres auraient-ils tous “les mêmes droits et les mêmes devoirs” ?

Il n’y a pas plus de devoir universel que de conscience universelle. Ou, si on veut absolument trouver une formule qui soit vraie pour tous, il faudra dire que le devoir de tout homme — bien plus : de tout être vivant, — est d’être jusqu’au bout, dans ses manifestations visibles ou secrètes, ce qu’il est dans sa nature profonde ; de ne jamais se trahir.

Mais les natures profondes diffèrent. D’où, malgré tout, la diversité des devoirs, comme des droits, et le conflit inévitable, sur le plan des faits, entre ceux qui ont des devoirs opposés. La Bhagawad-Gîta le dit : “Attache-toi à accomplir ton devoir propre (svadharma). Le devoir d’un autre comporte (pour toi) bien des dangers.”

Et qu’est-ce qui, dans la pratique, décidera de l’issue du conflit entre gens dont les devoirs sont opposés ? La force. Je ne vois vraiment qu’elle. Si elle me fait défaut, je suis bien obligée de supporter la présence, dans le monde, d’institutions que je considère comme criminelles, étant donnée mon échelle de valeurs à moi. Je peux les haïr. Je ne peux pas les supprimer d’un trait de plume, comme je le ferais si j’avais, le pouvoir. Et même ceux qui ont le pouvoir ne le peuvent pas, — dans la mesure où ils ont besoin de la collaboration de certains hommes, sinon d’une majorité, précisément pour se maintenir à la position qu’ils ont conquise. Mais je te parlerai plus tard de la force, condition de tout changement visible et brusque, c’est-à-dire de toute révolution victorieuse, sur le plan matériel. Je te dirai d’abord quelques mots des pères de la “conscience universelle” et de l’idée qui en dérive : l’idée d’un “devoir” qui serait le même pour tous. Je ne rappellerai les noms que de quelques-uns d’entre eux qui, dans d’autres domaines que la morale, se

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distinguent par quelque prééminence : par la fermeté de leur pensée ou la beauté de leur prose.

Il y a d’abord Emmanuel Kant, auquel il faut savoir un gré infini pour avoir tracé la ligne de démarcation entre la connaissance scientifique et la spéculation métaphysique ; entre ce qu’on sait, ou ce qu’on peut savoir, et ce dont on ne peut parler qu’arbitrairement, n’en sachant rien, ou pas du tout, la vision directe qu’on en a étant incommunicable. Toute la partie de l’œuvre de Kant qui a trait à la subordination de la pensée aux catégories de l’espace et du temps, et à l’impossibilité où nous sommes, cela étant, de dépasser, par notre intelligence conceptuelle, la sphère des “phénomènes”, est d’une solidité exemplaire. Les recettes que donne le penseur pour aider tout homme à découvrir “le devoir”, qu’il croit être le même pour tous, sont moins dignes de crédence, et cela précisément parce qu’elles ne relèvent pas de ce qui, selon les propres déductions de Kant, fait l’essence de l’esprit scientifique.

Nous sommes ici dans le domaine des valeurs, — non des “faits” ; non des “phénomènes”. Le seul “fait” que l’on pourrait noter en cette connection, n’est autre que la diversité des échelles de valeurs. Et Kant n’en tient aucun compte. Il croit baser sa notion de “devoir” sur celle de “raison”. Et comme la raison est “universelle”, les lois de la pensée discursive l’étant, — deux et deux font quatre pour le dernier des Nègres, aussi bien que pour l’un de nous — il faut bien, semble-t-il, que le devoir le soit aussi. Kant ne s’aperçoit pas, tant ses’ propres valeurs lui paraissent indiscutables, que ce n’est pas du tout “la, raison”, mais bien son austère éducation chrétienne, — piétiste, pour être plus précis — qui les lui a dictées ; qu’il les doit, non point à sa capacité de tirer des conclusions de prémisses données, — capacité qu’il partage en effet avec tous les hommes sains d’esprit, et peut-être avec les animaux supérieurs — mais bien à sa soumission spontanée à l’influence du milieu moral, dans lequel il a été élevé. Il oublie, — et combien l’ont oublié avant et après lui, et l’oublient encore ! — que la raison est impuissante à poser des fins; à établir des ordres de préférences; que, dans le domaine des valeurs, son rôle se borne à mettre en lumière le lien logique, — ou pratique — entre une fin donnée, et les moyens qui conduisent à sa réalisation.

La raison peut indiquer à un individu quel sera son “devoir”

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dans une circonstance précise, “si”, par exemple, il aime tous les hommes, ou mieux encore, tous les êtres vivants. Elle ne peut le forcer à les aimer, s’il ne ressent, lui, rien qui l’attire à eux. Elle peut lui suggérer ce qu’il lui faut faire, ou ne pas faire, s’il veut contribuer à “la paix dans le monde”. Elle ne peut pas le forcer à vouloir la paix. Et dans le cas où il ne la voudrait pas, où il la jugerait démoralisante ou simplement ennuyeuse, elle lui suggérerait, avec une égale logique, une prise de position et une action toute différentes — de même qu’elle dirigerait le misanthrope intelligent, donc lucide, vers une action tout autre que celle qu’elle commanderait au philanthrope. Elle ordonnera toujours à chacun de ceux qui réfléchissent, l’action qui correspond à la promotion de ce qu’il aime vraiment, et veut profondément. Comment pourrait-elle inspirer des devoirs, identiques quant à leur contenu, à des individus qui aiment des idéaux différents, voire incompatibles, et qui veulent chacun la révolution que son idéal implique ? Ou à des individus qui n’aiment que des personnes, et à d’autres qui, eux, n’aiment que des idées ? “Agis toujours,” dit Kant, “comme si le principe de ton action pouvait être érigé en loi universelle”. Comment appliquer cette “règle” à la fois à la conduite de celui qui, n’aimant que sa famille et ses amis, loin de sacrifier ceux-ci à quelqu’idée que ce soit, sentira que c’est “son devoir” de les protéger à tout prix, et à celle du militant qui, n’aimant, lui, qu’une cause, qui le dépasse, considère que ce serait “son devoir”, le cas échéant, de lui sacrifier et ses récents collaborateurs (dès qu’il les sentirait faiblir sur le plan de l’orthodoxie, et devenir dangereux), et à fortiori sa famille, étrangère à la sainte idéologie, dès qu’il verrait l’un de ses membres, quel qu’il fût, pactiser avec les forces hostiles ?

Et que dire de la règle : “Agis toujours en sorte que tu prennes la personne humaine comme fin, jamais comme moyen” ? — en d’autres termes : “Ne te sers jamais d’un homme. Et pourquoi pas ? — surtout si, en me servant de lui, je travaille dans l’intérêt d’une Cause qui le dépasse de beaucoup, par exemple, de la cause de la Vie, ou de lélite humaine (cas particulier de l’élite de chaque espèce vivante) ou simplement de celle d’un peuple particulier, si celui-ci a une mission historique plus qu’humaine ? L’homme exploite sans scrupules l’animal et l’arbre, en faveur de ce qu’il croit être son intérêt à lui. Et Kant ne trouve apparemment à cela rien à redire. Pourquoi

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n’exploiterions-nous pas, nous, l’homme — la “personne humaine” de la prétendue “valeur” de laquelle on nous rabat les oreilles plus que jamais, depuis un quart de siècle — dans l’intérêt de la Vie elle-même ? Qu’est-ce qui nous en empêche, si nous n’avons pas, — comme Emmanuel Kant et tant d’autres ; comme la plupart des gens nés et élevés au sein d’une civilisation chrétienne (ou islamique, ou juive, ou simplement “laïque) — une échelle de valeurs centrée autour du sacro-saint mammifère à deux pattes ?

De moi-même, si j’aime “tous les hommes”, je ne me servirai d’aucun d’eux ; je ne prendrai aucun d’eux “comme moyen”, en vue d’une fin qui n’est pas lui. On n’exploite pas ce que l’on aime vraiment. C’est là une loi psychologique. Mais aucune “raison” ne peut me forcer à “aimer tous les hommes”, — pas plus qu’elle ne peut forcer la plupart des hommes à aimer toutes les bêtes. La “raison” de Kant lui ordonnait de n’exploiter aucun être humain, non pas parce que c’est là un commandement universel, mais parce qu’il aimait, lui, tous les hommes, en bon Chrétien qu’il était. Moi qui ne les aime pas tous, je ne sens nullement que ce “devoir” me concerne. Ce n’est pas mon devoir. Je refuse de m’y soumettre. Et si un homme qui trouve l’exploitation de l’animal et de l’arbre — et quelle exploitation — toute naturelle, a l’impudence de venir me prêcher (nous prêcher) le “respect de la personne humaine”, je l’envoie brutalement se mêler de ses affaires.
* * *
Mais Kant, — si indépendant et si fort dans le domaine de la critique de la connaissance, — avait en morale, en dehors même de l’enseignement chrétien de sa famille, un maître à penser : Jean-Jacques Rousseau, dont l’influence continuait à se faire sentir, à cette époque, dans toute l’Europe.

Je puis difficilement m’imaginer deux hommes plus différents l’un de l’autre que Rousseau, le perpétuel errant, à la vie quel que peu désordonnée, — pour dire le moins, — et le méticuleux Herr Professor Emmanuel Kant, aux journées et aux années toute semblables, s’écoulant selon un horaire rigoureux, où il n’y avait pas la moindre place pour l’imprévu ou le caprice. Jean-Jacques Rousseau ne manque, dans ses œuvres, aucune occasion d’exalter “la raison” . . . ainsi que “la vertu”. Mais

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il ne semble avoir eu aucune règle de conduite autre que sa fantaisie, ou ses impulsions, avec le résultat que l’histoire de sa vie donne une impression d’inconsistence, pour ne pas dire de déséquilibre. Poète plutôt que penseur, il a rêvé son existence ; il ne l’a pas vécue — et surtout pas vécue selon des principles fixes. L’amour qu’il professe, toutes les fois qu’il le peut — sur le papier — pour les enfants, ne l’a pas empêché de mettre les cinq siens, l’un après l’autre, à l’Assistance Publique, sous prétexte que la femme qui les lui avait donnés, Thérèse Levasseur, aurait été incapable de les élever dans l’esprit qu’il aurait désiré. Et cet abandon cinq fois répété, ne l’a pas empêché d’écrire un livre sur l’éducation des enfants, et — ce qui est pire — n’a pas empêché le public de le prendre au sérieux ! On l’a pris au sérieux parce que, tout en se croyant sans doute fort original, il reflètait les tendances profondes de son époque, avant tout la révolte de l’individu contre la Tradition, au nom de “la raison”. Il n’est pas étonnant que des esprits ennemis des autorités traditionnelles visibles, c’est-à-dire des rois et du clergé, l’aient choisi avec enthousiasme comme guide, et aient placé sous son signe la Révolution Française, qu’ils organisaient. Il semble, à première vue, moins naturel que Kant ait subi si fortement son influence.

Mais Kant était de son temps, à savoir d’une époque où Rousseau avait séduit l’intelligentsia européenne, en partie par sa prose poétique et ses paradoxes, en partie par certains mots-clichés, qui reviennent à tout propos dans son œuvre : les mots de “raison”, de “conscience” et de “vertu”. Ce sont ces mots-clichés qui ont fourni au peu d’imagination que possédait Kant, l’occasion de toute l’envolée dont elle était capable, et qui ont donné au philosophe allemand la forme de sa morale. Le contenu de celle-ci — comme d’ailleurs de celle de Rousseau luimême et de tous les “philosophes” du dix-huitième siècle et, avant eux, de celle de Descartes, ce vrai père spirituel de la Révolution.Française — est tiré du vieux fond de l’éthique chrétienne, centrée sur le dogme de la “dignité” de l’homme, seul être créé “à l’image ; de Dieu”, et sur le respect de cet être privilégié. En d’autres termes, avec une méticuleuse honnêteté, et une application et une persévérance toute prussiennes, Kant s’est efforcé d’ériger en système la morale européenne courante, la morale humanitaire parce qu’avant tout chrétienne, que Rousseau avait glorifiée dans des effusions sentimentales, — cette morale que

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Nietzsche devait un jour avoir l’honneur de démolir par la plume, et que nous étions plus tard destinés à nier, par l’action.
* * *
Sans doute tous les hommes ont-ils quelque chose en commun, ne serait-ce que la station droite et le langage articulé, que ne possèdent pas les autres espèces vivantes. Toute espèce est caractérisée par quelque chose que possèdent en commun tous les sujets qui en font partie, et dont les sujets des autres espèces sont privés. La souplesse et le ronron des félins sont des traits qu’aucune autre espèce ne peut revendiquer. Nous ne contestons pas que toutes les races humaines ont un certain nombre de traits communs, du seul fait qu’elles sont humaines. Ce que nous contestons, — et comment ! — c’est que ces traits communs — soient plus dignes de retenir notre attention que ne le sont d’une part les énormes différences qui existent entre une race humaine et une autre (et souvent entre individus humains de même race) et, d’autre part, les traits que tous les vivants, y compris les plantes, possèdent en commun.

A nos yeux un Nègre ou un Juif, ou un Levantin sans race bien définie, n’a ni les mêmes devoirs ni les mêmes droits qu’un pur Aryen. Ils sont différents ; ils appartiennent à des mondes qui, quels que puissent être leurs points de contact sur le plan matériel, demeurent étrangers les uns aux autres. Ils sont différents par nature ; — biologiquement autres. L’acquisition d’une “culture commune” ne saurait les rapprocher, sinon superficiellement, et artificiellement, — car la “culture” n’est rien, si elle n’a pas de profondes racines dans la nature. Notre point de vue n’est d’ailleurs pas nouveau. Déjà les “Lois de Manu” assignaient au Brahmane et au Soudra — et aux gens de chaque caste — des devoirs et des droits différents, . . . et des pénalités très différentes aux meurtriers éventuels de membres de castes différentes. Or la caste est — et était surtout dans l’Inde antique — avant tout liée à la race. (Elle s’appelle varna, qui veut dire “couleur”, et aussi jat : race). Moins loin de nous dans le temps, et dans cette Europe où les contrastes entre races n’ont jamais été aussi extrêmes, la législation des Francs mérovingiens, comme celle des Ostrogoths d’Italie, et des autres Germains établis en pays conquis, prévoyait pour le meurtre d’un homme de race nordique, — d’un Germain

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— des peines sans commune mesure avec celles qu’encourait le meurtrier d’un Gallo-romain ou d’un Italien, surtout si ce dernier était de condition servile. Aucune idée qui se justifie par un sain racisme, n’est neuve.

D’autre part, nous ne comprenons pas cette priorité accordée à “l’homme”, quel qu’il soit, sur quelque sujet que ce soit d’une autre espèce vivante, pour la seule raison que “c’est un homme”. Que les fidèles des religions centrées sur l’homme croient dur comme fer à cette priorité et en tiennent compte dans toutes les démarches de leur vie quotidienne, passe encore ! Elle est, pour eux, l’objet d’un article de foi, — la conséquence logique d’un dogme. Et la foi ne se discute pas. Mais que tant de penseurs et que de telles multitudes de gens qui, comme eux, ne se rattachent à aucune Eglise, qui, même, combattent toute religion dite révélée, aient exactement la même attitude et trouvent le dernier des déchets humains plus digne de sollicitude que la plus saine et la plus belle des bêtes (ou des plantes) ; qu’ils nous refusent le “droit” non seulement de tuer sans souffrance, mais même de stériliser les êtres humains déficients, alors que la vie d’un animal en pleine santé et en pleine force ne compte pas à leurs yeux et qu’ils feront sans remords couper un bel arbre dont la présence “les gêne”, voilà ce qui nous choque profondément ; ce qui nous révolte.

Apparemment, tous ces esprits qui se targuent d’indépendance, tous ces “libres” penseurs sont, tout autant que les croyants des religions centrées sur l’homme et la soi-disant “dignité humaine”, les esclaves des préjugés que l’Occident, et une grande, partie de l’Orient, ont hérités du Judaïsme. S’ils ont rejeté les, dogmes et la mythologie des religions anthropocentriques, ils en ont gardé intégralement les valeurs. Cela est vrai aussi bien des Déistes du dix-huitième siècle que de nos Communistes athées. Au fait, il existe — bien que la plupart des Chrétiens anti-communistes en repoussent l’idée avec indignation — un parallélisme profond entre Christianisme et Marxisme. Tous deux sont, originellement, des produits juifs. Tous deux ont reçu l’empreinte, d’une pensée aryenne plus ou moins décadente : de celle de la subtile philosophie hellénistique, surchargée d’allégories et prête à accepter les syncrétismes les plus inattendus, dans le cas du premier ; et de celle, non pas du vrai esprit scientifique, qui garde de l’erreur, mais de ce que j’appellerai le “scientisme” — propension

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à remplacer la foi aux idées traditionnelles par la foi en tout ce qui est présenté au nom de “la science” — dans le cas du second. Et surtout, tous deux sont, au fond, centrés sur les mêmes valeurs : sur le culte de l’homme, en tant que seul être créé “à l’image et à la ressemblance” du Dieu des Juifs ou bien, simplement en tant qu’être de même espèce que le Marxiste qui le glorifie. Le résultat pratique de l’anthropocentrisme est le même, quelle qu’en puisse être la source.
* * *
C’est précisément cet anthropocentrisme, commun au Christianisme et au Communisme, et à tous les “humanismes”, qui a servi de ciment philosophique à l’alliance, en apparence incongrue, du monde occidental, chrétien ou “rationaliste”, et de l’Union Soviétique, pendant la Secondé Guerre mondiale.

Il était, aux yeux de plus d’un Chrétien, assez pénible de se sentir le glorieux allié du Communisme athée, dans la lutte contre nous, disciples d’Adolf Hitler. Bien plus, Chrétiens ou non, beaucoup d’Occidentaux sentaient plus ou moins confusément que cette alliance était, politiquement, une erreur ; que leur pays, quel qu’il fût, aurait eu davantage à gagner — ou moins à perdre — en tant qu’Etat, en donnant la main à Adolf Hitler (ou en acceptant celle que le Führer lui tendait), et en combattant “à ses côtés “contre le Bolshevisme”. La voix du Chef de l’Allemagne, qui les appelait de plus en plus désespérément à “sauver l’Europe”, les troublait, parfois. Et cependant . . . ce n’est pas dans les rangs de la Légion Volontaire française ou de quelqu’organisation similaire qu’on les retrouvait finalement, mais dans ceux des membres de quelque “Résistance”, anti-allemande sans doute, mais aussi et inévitablement anti-aryenne. C’est que, leur subconscient les avait avertis qu’en suivant la ligne d’action politiquement la plus sage, ils auraient trahi ce qui, pour eux. était plus important que la politique : leur monde de valeurs. C’est qu’il leur avait soufflé ce que les auteurs d’après-guerre, issus de la Résistance, ne devaient pas se lasser, bientôt, de répéter à satiété pendant un quart de siècle (et qui sait combien de temps encore ?), à savoir que l’Hitlérisme, ou racisme aryen sous sa forme moderne, est, comme tout racisme basé sur l’idée d’élite naturelle (non “choisie” arbitrairement par quelque

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“Dieu” trop humain), “la négation de l’homme”. En conséquence, que cette Europe que le Führer les conviait à forger avec lui, — celle qui serait finalement sortie de notre victoire, — n’était pas celle qu’ils voulaient conserver. Et le “Bolshevisme athée”, — ou simplement le Bolchevisme opposé à la libre entreprise et à l’honnête propriété privée, dont notre propagande essayait de leur donner la crainte, leur paraissait, tout compte fait, moins effrayant que l’esprit de notre doctrine.

Mais il y a plus. Bien peu de ceux qui se croyaient sincèrement nos alliés et qui combattaient et mouraient avec les nôtres dans la lutte contre les valeurs anti-aryennes, avaient compris le sens véritable du message du Führer ; de l’appel de l’éternel Héros “contre le Temps”, qui revient d’âge en âge, quand tout semble perdu, réaffirmer l’idéal d’intégrale perfection que vivait l’impensable Age d’Or de notre Cycle. La plupart des combattants de la Légion Volontaire Française étaient des Chrétiens qui croyaient se battre pour les valeurs acceptées de la civilisation chrétienne occidentale. Robert Brasillach était profondément Chrétien, et il se rendait compte, lui, que nous étions — et sommes — “une Eglise”, et que cette Eglise ne pouvait et ne peut qu’être la rivale de celle qui a conquis l’Europe du quatrième au douzième siècle. Il préférait, d’ailleurs, semble-t-il, le Fascisme italien, et surtout espagnol, au National-socialisme allemand. C’est le côté social de l’un comme de l’autre — la camaraderie, l’entraide, la solidarité effective entre gens d’une même patrie, indépendamment de toute “philosophie”, — qui l’attirait. L’enthousiasme que lui inspirait cette fraternité nationale, sincèrement vécue, lui faisait fermer les yeux sur le “caractère païen” de l’Hitlérisme. Même parmi les nôtres — les Allemands qui avaient dès le début du Mouvement suivi la bannière à croix gammée — bien peu avaient compris ce qui se passait non pas sur le plan politique, mais sur celui des valeurs. Bien peu se rendaient compte que c’était une révolution spirituelle — une négation des valeurs anthropocentriques acceptées jusque-là par presque tous, sans discussion, depuis des siècles, et le retour aux valeurs naturelles, aux valeurs cosmiques d’une civilisation oubliée — qui était en train de s’opérer sous leurs yeux.

Quelques-uns s’en rendaient compte, se sentaient trompés dans leurs espérances de la première heure, et quittaient le Mouvement, comme Hermann Rauschning, ou le trahissaient

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(avec les conséquences tragiques que l’on connaît.) D’autres — une minorité — saluaient, et saluent encore, dans cette révolution sur le plan des valeurs, celle, précisément, à laquelle ils avaient eux-mêmes, plus ou moins consciemment, aspiré depuis toujours. Ceux-là sont le roc sur lequel l’Eglise hitlérienne est bâtie. Elle durera s’ils durent, c’est-à-dire s’ils sont capables de transmettre leur sang et leur foi à une suite ininterrompue de générations aryennes, jusqu’à la fin de ce Cycle.
* * *
Quelles sont donc ces valeurs qui font de l’Hitlérisme une “négation de l’homme” aux yeux de presque tous nos contemporains ? Car c’est, en effet, une négation de l’homme tel que le Christianisme et Descartes et la Révolution Française nous ont appris à le concevoir. Mais n’est-ce pas, par contre, l’affirmation d’une autre conception de l’homme ?

On pourrait, philosophiquement, définir ou décrire l’Hitlérisme comme la recherche de l’éternel, dans et par l’amour et le service de la perfection tangible et vivante. La perfection d’une espèce vivante, c’est l’“idée” de cette espèce, au sens platonicien du mot ; ou, si l’on préfère employer le langage d’Aristote, c’est son “entéléchie” : — ce vers quoi elle tend idéalement. Il est certain que, plus une espèce vivante est complexe — plus elle a de possibilités cachées — et plus il est difficile d’y découvrir des individus ou des groupes d’individus absolument fidèles à “l’idée” de cette espèce, c’est-à-dire parfaits. De tous les êtres visibles de notre Terre, l’homme étant celui qui présente la plus vaste gamme de possibilités, c’est chez lui que la perfection est le plus difficile à trouver. Et le critère qui permet — statistiquement, cela va de soi ; dans ce domaine toute vérité est une vérité d’ordre statistique — de parler de hiérarchie naturelle des races humaines, est la mesure dans laquelle chaque race est capable de faire de “l’idée d’homme” une réalité vivante ; de présenter, dans le visage et le corps de ses ressortissants, l’harmonie, qui est l’essence même du beau, et dans leur psychisme, les vertus qui distinguent l’homme supérieur, celui que j’ai parfois appelé “le candidat à la Surhumanité”.

J’insiste sur le fait que l’idée de “race supérieure” est statistique. Aucun de nous n’a jamais été assez bête pour croire

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que tous les spécimens d’une race humaine pouvaient être, du seul fait de leur appartenance à cette race, forcément “supérieurs” à tous les spécimens de toutes les autres races. Il y a des non-Aryens nettement supérieurs à certains Aryens, voire à l’Aryen “moyen”. Des saints hindous de basse caste — tel Tukaram, — ou même au-dessous de toute caste — tel Nandanar — étaient certainement plus près de l’éternel que bien des Aryens “deux-fois-nés”, surtout que bien des Aryens d’aujourd’hui, corrompus par la soif des biens matériels. Des héros japonais, tels un Yamato Daké, ou un Yashitsuné, et tant d’autres ; des chefs mongols, tels Genghis Khan, l’invincible génie, ou son lieutenant, Subodaï, l’incarnation même de la plus haute vertu militaire en même temps que le plus modeste, le plus désintéressé des hommes ; des chefs mexicains, tel Nezahualcoyotl, roi de Tezcuco, à la fois guerrier, ingénieur et poète, l’étaient aussi. Et que dire de Tlahuicol, ce guerrier tlascaltèque du milieu du quinzième siècle, qui, prisonnier des Aztèques et destiné à être sacrifié lors de la Fête du Feu, refusa la grâce et les honneurs que Montézuma ler, émerveillé à la vue de sa prouesse, lui offrait, et préféra “que la fête continuât” avec tout ce qu’elle allait comporter pour lui d’atroce, plutôt que d’accepter de servir, aux côtés des chefs ennemis, contre Tlascala ? Confronté, selon la coutume, au début de la solennité, seul, et sans autre arme qu’une épée de bois, avec cinq des meilleurs guerriers aztèques, armés d’épées de pierre, il les avait vaincus et tués — au lieu d’être terrassé par eux — ce qui lui avait valu l’admiration du prince et de toute la noblesse de Ténochtitlan, dont il rejeta l’accueil, par loyauté envers les siens. N’était-il pas nettement supérieur à certains Chrétiens, d’origine aryenne, ses contemporains d’Europe à un Commines, par exemple, traître â Charles le Téméraire, son bienfaiteur ?

Cela ne veut pas dire que, statistiquement, l’Aryen ne soit pas plus près de “l’idée de l’homme parfait”, que l’homme des autres races, même nobles, de même qu’au sein de la race aryenne elle-même, le Nordique est statistiquement le plus près de la même “idée”, au sens platonicien du mot. Le courage guerrier est peut-être une des vertus les plus également répandues à la fois chez l’Aryen et le non-Aryen de race pure (ou à peu près pure). Mais il y a des traits qui, s’ils ne sont l’exclusivité ni de l’Aryen ni plus particulièrement du Nordique, se rencontrent

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indubitablement plus fréquemment chez ce dernier qu’ailleurs. J’en citerai trois : la beauté physique, — qui compte, dès qu’on parle d’un être visible ; le fait qu’on peut compter sur lui, qu’il ne promet pas ce qu’il ne peut donner, qu’il ne ment pas (ou ment moins que la plupart des ressortissants des autres races); et enfin, le fait qu’il a plus de respect qu’ils n’en ont, eux, en général, pour l’animal et pour l’arbre, et plus de bonté qu’eux envers tous les êtres vivants. Et ce dernier trait me paraît essentiel. Je ne puis, en effet, considérer comme “supérieure” aucune race — aucune communauté humaine, si extérieurement belle et si douée qu’elle puisse être, — si un trop fort pourcentage des individus qui la composent, méprise et traite “comme des choses” les beaux êtres vivants qui, par nature, ne peuvent prendre position “pour” ou “contre” quelque cause que ce soit, et que, par conséquent, il est impossible de haïr. L’homme supérieur — le candidat à la surhumanité — ne peut être le tortionnaire, ni même l’exploiteur éhonté de la nature vivante. Il en sera l’admirateur — je dirai même, l’adorateur ; celui qui, pour me servir des mots d’Alfred Rosenberg, “voit le Divin dans tout ce qui vit : dans l’animal ; dans la plante”1. Il peut être, — il doit même être — sans merci envers l’homme ennemi de cet Ordre naturel, auquel il s’est lui-même identifié, et de la beauté de laquelle il est épris. Mais, loin d’infliger la douleur à une créature innocente, ou de permettre que d’autres l’infligent, directement ou indirectement, s’il peut les en empêcher, il fera tout ce qui dépend de lui pour que toute bête qu’il rencontre vive heureuse ; pour que tout arbre qui pousse sur son chemin échappe, lui aussi, à la barbarie innée de l’homme inférieur de l’homme prêt à tout sacrifier à son propre profit, à son propre confort, ou au profit et au confort des siens, voire de “l’humanité”.

Toute surestimation de soi-même est un signe de bêtise. Tout anthropocentrisme est une surestimation du “soi” collectif du mammifère à deux pattes, d’autant plus flagrante que ce soi-là n’existe pas ; qu’il n’y a que des “soi” collectifs, correspondant chacun à des groupes humains plus ou moins étendus et plus ou moins homogènes. D’où il découle que tout anthropocentrisme

1. Cité par Maurice Bardèche dans “Nuremberg ou les faux-monnayeurs”, première édition, p. 88.

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est un signe de double bêtise, — et généralement de bêtise collective.

Que nous reproche-t-on en disant que nous “nions l’homme” ? On nous reproche de rejeter l’anthropocentrisme. On nous reproche de placer la notion d’élite — d’aristocratie vivante, humaine ou non-humaine, — au-dessus de la notion d’homme quel qu’il soit, et de sacrifier non seulement le malade au sain, le faible au fort, le déficient à l’individu normal ou au-dessus de la normale, mais encore la masse à l’élite. On nous reproche de prendre l’élite de notre race aryenne comme fin, et la masse (toutes les masses humaines, y compris celles de nos pays aryens) comme moyen. Et quand je dis “masse”, je ne parle pas de peuple, mais d’humanité moyenne et au-dessous de la moyenne, moins quant à ce que savent ses représentants, que quant à ce qu’ils sont : quant à leur caractère et à leurs possibilitiés. Notre Führer sortait “du peuple”, mais n’appartenait pas à “la masse”.

On nous reproche notre dégoût de la créature manquée, qui a irrémédiablement tourné le dos à l’archétype idéal de sa race notre horreur du morbide, du biscornu, du décadent, de tout ce qui s’éloigne sans retour de la simplicité cristalline de la forme élémentaire, de la sincérité absolue et de la logique profonde. On nous reproche notre nostalgie militante du temps où l’ordre visible du monde reflétait fidèlement l’ordre éternel — l’ordre divin ; — notre combat pour le rétablissement, à quelque prix que ce soit, du règne des valeurs éternelles — notre combat à contre-courant du Temps.

Or, comme je l’ai dit plus haut, l’homme est, de tous les vivants de la terre, le seul chez qui il y ait, et cela jusqu’au sein d’une même race, des élites et une lie physique, mentale et morale ; le seul qui, n’étant point strictement défini par son espèce, peut s’élever (et s’élève parfois) au-dessus de celle-ci, jusqu’à se confondre (ou presque) avec l’archétype idéal qui la transcende : le surhomme, . . . mais qui peut aussi s’abaisser (et s’abaisse, en fait, de plus en plus, à l’âge où nous vivons) au-dessous, non seulement du niveau minimum de valeur qu’on espérerait trouver dans sa race, mais au-dessous de toutes créatures animées, — de celles-là qui, prisonnières d’un instinct sûr et d’une intelligence pratique mise tout entière au service de cet instinct, sont incapables de révolte contre les lois non-écrites de leur

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être, en d’autres termes, de péché. On nous reproche de préférer la bête saine et belle — que dis-je ? l’arbre, sain et beau, — à l’homme déchu, (qu’il s’agisse de celui qui, né au sein d’une race inférieure en train de se rapprocher de plus en plus du singe, n’a aucune chance d’ascension vers la surhumanité, soit pour lui-même, soit en sa descendance ; ou qu’il s’agisse d’individus ou de groupes d’individus de race supérieure, mais auxquels toute possibilité d’une telle ascension est définitivement interdite, du fait de la corruption physique, psychique ou mentale — ou des trois à la fois — qu’ils ont héritée d’ascendants dégénérés, ou acquise en conséquence de la vie qu’ils ont eux-mêmes menée).

Dans la préface qu’il a écrite pour la première édition française des “Tischgespräche” attribués à Adolf Hitler, et publiés sous le titre de “Libres propos sur la Guerre et la Paix”, le comte Robert d’Harcourt rappelle que le Führer “aimait les bêtes” et qu’il a, en particulier, “écrit des pages d’une fraîcheur charmante sur les chiens”1. L’académicien français met ce trait de caractère et ce fait en parallèle avec le cynisme du Chef d’Etat, aux yeux de qui la sagesse politique était “en raison inverse de l’humanité”2, “Humanité envers les bêtes”, dit-il encore ; “bestialité envers les hommes — nous avons connu ce mystère de coexistence”. Et il ajoute que ceux qui, dans les camps de concentration allemands, envoyaient leurs victimes aux chambres à gaz, “étaient les mêmes qui pansaient, avec des délicatesses d’infirmière, la patte d’un chien blessé”3.

J’ajouterai, moi, à ces remarques d’un adversaire de l’Hitlérisme, tout ce que le Führer a fait pour l’animal (et l’arbre lui-même), dans l’esprit de l’immémoriale conception aryenne du monde : l’interdiction des trappes, ainsi que de la chasse à courre, et la restriction de la chasse, quelle qu’elle fût, dans toute la mesure où cela était encore possible dans la société allemande4 : la suppression de la vivisection, — cette honte de l’homme —ainsi que de toutes les atrocités connectées avec

1. “Libres Propos sur la Guerre at la Paix”, édition 1952, Préface, p. XXIII.

2. Idib, Préface p. XXIII.

3. Idib, Préface p. XXII et XXIII.

4. “Reichsjagdgesetz” ou le recueil complet des lois promulguées sous le Troisième Reich concernant la chasse.

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l’abattage des bêtes de boucherie. L’usage du pistolet automatique était obligatoire dans tous les cas, y compris celui des porcs, et j’ai rencontré en Allemagne une paysanne qui m’a assuré avoir purgé une peine de quatre ans dans un camp de concentration, pour avoir tué un cochon au couteau, (par ladrerie pour ne pas avoir à payer l’homme auquel elle aurait dû confier l’abattage “sans douleur” de la bête). J’ajouterai que, lui-même végétarien, Adolf Hitler rêvait, en procédant par étapes, “après la guerre”, de supprimer complètement l’horrible industrie des abattoirs, même “humanisés”, il l’a, en particulier, déclaré à J. Goebbels, le 26 Avril 19421. Mais, bien loin de me choquer par leur “contraste” avec toutes les mesures d’exception prises contre des êtres humains tenus pour actuellement ou potentiellement dangereux, ces lois et ces projets m’apparaissent, à moi, comme une des gloires du Troisième Reich, et une raison de plus pour être fière de ma foi hitlérienne.

La Comte Robert d’Harcourt représente, lui, “l’opinion publique” de l’Occident en général, tant chrétien que rationaliste. Son point de vue est celui de tous ceux qui nous ont combattus, et même d’une partie de ceux qui ont collaboré avec nous, — collaboré pour des raisons étroitement politiques, malgré notre “négation de l’homme”, non pas à cause d’elle, au nom d’une échelle commune de valeurs.

On nous reproche de “nier l’homme” en plaçent le dernier des animaux sains, la moindre plante saine — le dernier des pissenlits, parfait, lui, à son niveau, — au-dessus du déchet humain, du débile mental, à fortiori de l’idiot, et l’aristocratie animale ou végétale, au-dessus de l’Untermensch, même apparemment “normal” ; de l’être humain sans race et sans caractère, pétri de suffisance et de lâcheté ; mesquin; incapable de penser par lui-même, et essentiellement égoïste. On nous reproche de préconiser la suppression physique des déments, des “retardés profonds”, des idiots et des monstres qui, aux frais des contribuables, encombrent les asiles des pays “civilisés”, et la stérilisation des gens affligés d’une hérédité dangereuse. On nous reproche, peut-être plus que tout, d’avoir permis à des physiologues et

1. “Goebbels’ Diaries”, publiés après la guerre (en 1948) pas les autorities d’occupation en Allemagne ; édition américaine Eagle Books, trad. L. Lockuer. p. 220.

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médecins allemands d’expérimenter sur des êtres humains ennemis du Reich, tirés des camps de concentration, — alors qu’il leur était défendu de se servir de bêtes ; en d’autres termes, d’avoir eu plus d’égards pour l’animal que pour l’ennemi idéologique actuel, voire même potentiel. C’est à cela, surtout, que pensent le plus grand nombre de nos adversaires, farcis de propagande “dénazifiante” pendant plus de vingt-cinq ans, quand ils déclarent que nous “nions l’homme”.

Il s’agirait d’abord de s’entendre sur la connotation (et partant, sur la dénotation) de ce concept d’ “homme”, duquel on fait tant de cas. C’est, apparemment, la connotation qu’ils lui prêtent, qui intéresse le plus nos détracteurs. Ils appellent “homme” tout primate à station verticale, capable de language articulé, auquel ils ‘attribuent automatiquement “la raison” et, de plus, — s’ils sont Chrétiens — “une âme immortelle créée à l’image de Dieu”. Mais ce sont la station verticale et le langage articulé — traits qui sautent aux yeux — qui renseignent, semble-t-il, ces amis de l’homme, sur la présence (moins évidente) des autres caractères, dont l’objet de leur sollicitude serait, selon eux, pourvu. En conséquence : le cas qu’ils font de tous les vivants qui présentent ces deux traits distinctifs — que dis-je ? voire même de ceux, qui en sont totalement privés mais qui possèdent la forme humaine . . . . car nos adversaires placent l’idiot au-dessus de la plus belle des bêtes !

On voit, ici, une fois de plus, combien il est vrai que la dénotation d’un concept est en raison inverse de sa connotation. Ce qui, au fond, donne à nos adversaires l’impression persistante que nous “nions l’homme”, c’est que nous sommes beaucoup plus exigeants qu’eux quant à la connotation de ce terme, et que, partant, sa dénotation, à nos yeux, se rétrécit d’autant. Il ne nous suffit pas, en effet, pour accorder à un primate le nom d’homme, et le respect qui y est attaché dans les langues cultivées, que cette créature se tienne de préférence sur ses pattes de derrière, et soit capable d’émettre des sons articulés ayant, pour elle et pour d’autres, un sens. Il ne nous suffit pas, à plus forte raison, qu’elle ait, sans même présenter ces deux caractères, une silhouette vaguement semblable à celle de l’un d’entre nous. Nous voulons qu’elle possède ce minimum d’intelligence qui lui permettra de penser par elle-même, et ce minimum de noblesse qui la rendra incapable de certaines réactions devant

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l’obstacle, inaccessible à certaines “tentations”, imperméable à certaines influences avilissantes, et à fortiori incapable d’actes mesquins ou lâches ; d’actes laids. Nous voulons bien, sinon “aimer”, du moins respecter “tous les hommes” au même titre que nous respectons tous les beaux êtres vivants, animaux et plantes, dans lesquels nous sentons des reflets plus ou moins atténués du Divin, — de l’éternel. Mais pour cela, il faut qu’il s’agisse bien d’“hommes”, au sens fort du mot. Nous sommes, prêts à respecter, en tant qu’individus, jusqu’aux gens, adversaires idéologiques, voire même ennemis de race, que nous avons : combattus collectivement hier, et que nous combattrons encore demain, — à les respecter si, pris à part, ils répondent à ce que-nous attendons de “l’homme” : s’ils allient, à une intelligence non-asservie, les qualités de caractère qui distinguent (statistiquement) les races que j’appelle supérieures — et d’abord, bien sûr, notre race aryenne — et même l’individu exceptionnellement noble des races statistiquement inférieures. Cela ne nous empêchera pas de les combattre, s’ils sont idéologiquement dangereux ; d’autant plus dangereux qu’ils ont plus de valeur intrinsèque. En d’autres termes, nous respectons comme “hommes” les gens qui, s’ils ne sont, idéologiquement, déjà des nôtres, seraient, à nos yeux, dignes de le devenir.
* * *
Dès mon premier nouveau contact avec l’Europe, au lendemain du désastre de 1945, j’écrivais à un correspondant hindou, après avoir cité la phrase de Nietzsche sur le caractère intermédiaire de l’homme, “corde tendue entre l’animalité et la surhumanité” : — “Le fil est maintenant cassé. Il n’y a plus d’hommes sur ce continent abandonné des Dieux ; il n’y a qu’une minorité surhumaine de vrais Hitlériens, et . . . une immense majorité de singes”. Tel était alors le contraste entre l’éclatante élite des fidèles, que j’ai exaltée dans le premier de mes livres d’après-guerre1 — “ces hommes d’or et d’acier, que la défaite ne peut décourager, que la terreur et la torture ne peuvent briser, que l’argent ne peut acheter,” — et le reste des Européens.

Depuis lors, j’ai vu cette précieuse minorité se renouveler

1. “Gold in the Furnace”, écrit en 1948– 1949.

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peu à peu, tout en restant profondément identique à elle-même — telles les eaux d’un lac qu’alimente un fleuve. Nombre de “vieux militants”1 des années glorieuses sont morts, et plus d’un s’est lassé d’attendre l’impossible retour de l’aube — ou de ce qu’il avait si longtemps pris pour “une aube” — de la renaissance aryenne, et, sans être mort selon la chair, s’est enlisé dans l’apathie de ceux qui n’espèrent plus alors que l’espérance leur était indispensable. Seuls sont demeurés ces Forts qui n’ont que faire d’espérance parce que, tout en contribuant par leur activité (et par la ferveur magique de leur pensée, alors que toute action leur est interdite), à l’immémorial combat contre les Puissances de désintégration, ils ont transcendé le Temps. Seuls sont restés debout ceux qui n’ont pas besoin de “croire”, parce qu’ils savent.

Et autour de ces quelques survivants du naufrage de la plus belle des races, j’ai vu, au cours de ce quart de siècle, se grouper — consciemment connue de chacun d’eux ou non, peu importe, — une élite dure et silencieuse de jeunes; élite très peu nombreuse, sans doute, mais — ô joie ! — d’une qualité que le vaste monde hostile ne soupçonne pas, (et qu’il ne saurait altérer même si,. un jour, elle s’imposait soudain à lui). J’ai vu croître, par-ci par-là, hors de ce qui peut paraître, aux yeux de l’historien, notre ruine définitive, les fruits miraculeux de l’épreuve sans pareille des garçons et des filles de vingt ans assez forts, déjà, pour se passer de l’espoir comme du succès ; assez intelligents pour comprendre une fois pour toutes que la Vérité ne dépend pas du visible. L’un d’eux2 m’a dit, en 1956, et d’autres m’ont répété, plus de dix ans plus tard : “Je m’oppose et continuerai toute ma vie de m’opposer au courant de la décadence, persuadé que je suis de l’éternité de l’idéal hitlérien, bien que je sache qu’on ne verra plus, jusqu’à la fin des temps, l’équivalent du Troisième Reich allemand. Il faut combattre sans cesse et sans défaillance, même en se sachant d’avance submergé ; combattre, parce que c’est le devoir — la fonction — d’un Aryen de notre époque, et de toutes les époques à venir.”

J’ai alors songé aux paroles de Goebbels lancées du milieu de toute l’horreur du désastre : “Après le déluge, nous !”. Etait-ce le propre de ce désastre que de faire naître du continent

1. “Alten Kämpfer”.

2. Uwe G. né le 21 Juillet 1935.

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dont la fausse civilisation est destinée — et combien justement ! — à être balayée, quelques jeunes (Allemands pour la plupart, mais pas nécessairement) dont la mentalité spontanée, correspondant exactement à l’enseignement de la Bhagawad-Gîta, rejoint celle du prototype même de l’Arya de toujours ? Et la résurrection, à notre époque, de l’éthique de l’imperturbable sérénité au sein même de l’action infatigable, — de la sagesse du Guerrier divin, — devait-elle résulter de la Passion de l’Allemagne ? Peut-être. S’il en est ainsi, il valait la peine de survivre au désastre, pour être témoin de cette résurrection. Il valait la peine d’errer d’année en année parmi tous les singes des “sociétés de consommation” pour s’assurer finalement, de plus en plus, que l’esprit du Chef et du Maître ne s’éclipserait pas à la mort du dernier des militants de la vieille garde, mais continuerait d’animer, dans sa dureté et sa pureté, une aristocratie spirituelle en même temps que raciale, qui n’était pas née en 1945.

Cette aristocratie spirituelle en même temps que raciale, — cette élite, consciente de l’éternité des principes de base de la doctrine d’Adolf Hitler, et vivant selon eux en toute simplicité, voilà, pour nous, “l’homme” véritable ; l’homme qui tend à la surhumanité par la discipline personnelle et collective, la sélection du sang, la culture de l’honneur ancestral et de la divine indifférence à tout ce qui n’est pas l’essentiel ; par l’humilité de l’individu devant la Race et devant l’éternité qu’elle reflète ; par le mépris de toute lâcheté, de tout mensonge et de toute faiblesse. Et je le répète : si nous découvrons quelques-unes de ces caractéristiques ailleurs que chez ceux qui confessent ouvertement ou en secret la même doctrine que nous; si même nous en trouvons chez des gens qui nous combattent et nous détestent, ou croient nous détester parce que ne nous connaissant pas, — nous saluons, en ceux qui les possèdent, des êtres dignes de respect. Ils ont, en eux, ceux-là, l’étoffe de ce qu’ils pourraient et devraient être, mais ils ne l’utilisent pas ou l’utilisent mal. Ce sont, la plupart du temps, nos propres frères de race, ou bien des hommes d’autres races, parmi les plus douées. Quelque-chose, en eux, les rachète devant l’immanente et impersonnelle Justice qui envoie chaque être qui, à raison ou à tort, fait profession de penser, là où il mérite d’aller, et qui les a jusqu’ici empêchés, eux, — et empêchera toujours nombre d’entre eux, de glisser et de s’enfoncer dans cette masse qui ne sent ni ne

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pense selon sa propre loi ; dans la majorité simiesque de l’humanité qui, pareille aux liquides ou aux substances pâteuses, prend la forme des récipients qui la contiennent, ou la marque du sceau qui l’a, une fois pour toutes, frappée.

J’ai, au cours de ce quart de siècle, peu à peu redécouvert cette catégorie de gens, que mon choc atroce avec l’Europe. d’après-guerre avait d’abord soustraits à mon attention : les.. hommes de bonne volonté ; les braves gens qui tiennent leur parole, et sont capables d’une bonne action qui ne leur rapporte rien ; qui, par exemple, sortiraient de leur chemin pour secourir une bête, sans, pour autant, être capables de sacrifices extrêmes, voire d’action soutenue, quotidienne, totale, au bénéfice de qui que ce soit. Ce ne sont pas des Forts, — et sûrement pas “des nôtres”. Mais ce ne sont pas des “singes”. Dans un tri intelligent, il faudrait les épargner. Parmi leurs enfants, il pourrait se trouver de futurs militants de l’Hitlérisme — comme de son contraire. Une lecture, une conversation au moment crutial, un rien, peut décider de l’évolution de chacun d’eux. Il faut être prudent : ne pas mépriser ce qui est sain, mais ne pas non plus perdre son temps et son énergie en essayant de retenir sur la pente ce qui, de toute façon, est prédestiné — condamné par nature — à sombrer dans la masse des non-pensants ; masse “utilisable” parfois, mais jamais respectable et à fortiori jamais aimable.

Ce n’est pas “l’homme” au sens où nous l’entendons, l’homme, candidat valable à la surhumanité vraie ; — ce n’est pas non plus le “brave homme”, sain de corps et d’âme, foncièrement honnête et bon, bien disposé envers tout ce qui vit, que nous “nions”. En d’autres termes, ce n’est pas à lui que nous refusons plus de “dignité” et partant plus de considération qu’à une simple chose ; pas à lui, mais à cette caricature d’homme, de plus en plus commune dans le monde au milieu duquel nous vivons. C’est elle que nous refusons d’englober dans la dénotation du concept d’ “homme”, pour la simple raison qu’elle n’en a pas la connotation, c’est-à-dire qu’elle ne possède pas les qualités et capacités essentielles qui servent tout naturellement d’attributs dans les jugements possibles où le mot “homme” est employé comme sujet.

Tout jugement dans lequel un concept est employé comme sujet, est forcément un jugement hypothétique. Dire que “l’homme pense”, ou qu’il est un “être pensant”, c’est dire

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que si un individu quelconque est “un homme” — s’il possède la station verticale, la parole, etc. . . ., s’il s’ensuit qu’il est aussi capable de penser. Au cas où il n’en serait pas capable, la station droite et le mot articulé, et les autres traits qui accompagnent ceux-ci, ne suffisent pas à le définir, — et n’obligent personne à le traiter comme “un homme”. Or, un individu ne pense pas s’il vous déclare, le plus sérieusement du monde, qu’une information est “certainement exacte” parce qu’elle lui a été transmise par son appareil de télévision, ou surtout qu’un jugement de valeurs doit “certainement” être accepté, parce qu’il en a, lui, lu l’énoncé dans un journal, une revue ou un livre, ou sur une affiche, peu importe où pourvu que ce soit quelque part en caractères d’imprimerie ! Il ne “pense” pas plus que ne le fait un gramophone dont l’aiguille suit fidèlement les spires gravées sur un disque. Changez le disque, et la machine changera de langage, — ou de musique. De même, changez les émissions de la télévision, que des millions de familles suivent tous les soirs de l’oreille et des yeux; changez les programmes de la radio ; payez la presse pour qu’elle imprime une autre propagande, et encouragez la publication d’autres revues et d’autres livres, et en trois mois vous changerez les réactions d’un peuple — de tous les peuples — aux mêmes événements, aux mêmes personnalités politiques ou littéraires, aux mêmes idées. Pourquoi, grands Dieux, traiterions-nous en “hommes”, — en “roseaux pensants” — ces millions de gramophones de chair et de sang qui ne “pensent” pas plus que leurs confrères de métal et de bakélite ? Ceux-ci ne peuvent penser, et ce serait une absurdité que de le leur demander. Ils n’ont ni cerveau ni nerfs. Ce sont des objets. L’individu — le mammifère à deux pattes — qui vient me soutenir mordicus que “six millions” de Juifs, hommes, femmes et enfants, ont trouvé la mort dans les chambres à gaz des camps de concentration allemands, et qui se fâche, si je lui démontre que ce nombre a un zéro de trop (ou peut-être même deux), est pire qu’un objet. Il a un cerveau, mais ne s’en sert pas, ou ne s’en sert que pour s’abrutir chaque jour davantage, en refusant toute occasion d’exercer le peu d’esprit critique qu’il possède encore après plus de quarante ans de conditionnement anti-hitlérien (ce genre de propagande a commencé déjà avant 1933 ; entre 1920 et 1930. J’étais alors en Europe et m’en souviens — et

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et comment !). De plus, il a l’impertinence de trouver à redîre chez autrui, ou chez les hommes d’autrefois, à la “foi aveugle” — la confiance absolue en un enseignement ou en un maître. Il blâme les gens “du Moyen Age” (ou s’en moque), parce qu’ils croyaient sans discuter tout ce que l’Eglise leur disait et tout ce qui est écrit dans les Evangiles, comme si l’autorité de l’Eglise et des Evangiles ne valait pas celle de la télévision, ou de la revue “Match” — ou “Bild”. Il refuse d’admettre, parce que la propagande qu’il a ingurgitée lui a dit le contraire, que nous ne sommes pas — que, du moins, ceux d’entre nous qui comptent, ne sont pas, et n’ont jamais été — “des conditionnés”.

Pourquoi, alors, lui accorderais-je plus de “respect” qu’à un objet, — surtout depuis que, précisément à cause de son endoctrinement à peu près parfait, il est devenu pour moi, pour la cause que je sers — totalement inutilisable ? et si de plus, il n’est même pas bon ? si je sais, pour l’avoir vu à l’œuvre, qu’il n’hésiterait pas à arracher une branche d’arbre qui le gêne, ou à lancer une pierre à un chien ? Pourquoi, — au nom de quoi — me croirais-je obligée de le “préférer” au chien qu’il a un jour blessé, ou à l’arbre qu’il a mutilé en passant ? Au nom de sa “dignité humaine” ? Belle dignité que celle d’un gramophone vivant et malfaisant, dangereux ; capable d’infliger gratuitement la souffrance et de créer de la laideur ! Je la nie, cette “dignité”-là. Dira-t-en que je dois l’aimer “parce qu’il est mon frère” ? L’arbre et le chien et tous les êtres vivants, beaux et innocents, qui n’ont, eux au moins, pas d’idées, ni les leurs propres ni celles de la télévision, sont mes frères. Je ne sens nullement que cet individu-là le soit davantage que l’un quelconque d’entre eux. Pourquoi lui donnerais-je, alors, la priorité sur eux ? Parce qu’il marche — comme moi — sur ses pattes de derrière ? Ce n’est pas là à mes yeux, une raison suffisante. Je me moque de la station verticale quand elle ne va pas de pair avec une vraie pensée, et un ‘vrai caractère d’homme supérieur ; un caractère d’où toute méchanceté, toute petitesse sont exclues. Et quand le mot articulé ne sert qu’à exprimer des idées qui n’ont été ni créées ni découvertes par celui qui croit les avoir, mais reçues telles qu’elles, toute faites — et fausses par surcroît — je lui préfère, et de loin, le silence des animaux et des arbres.

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