Résumé 1








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RESUMES DES ŒUVRES LITTERAIRES


RESUME MADAME BOVARY

Emma Rouault est la fille du riche fermier M. Rouault. Elle est élevée dans un couvent. Elle rêve d'une vie mondaine comme les princesses des romans à l'eau de rose dans lesquels elle se réfugie pour rompre l'ennui. Elle devient l'épouse de Charles Bovary, qui malgré de laborieuses études de médecine est un simple officier de santé. Emma est déçue de cette vie monotone.Une invitation au bal du marquis d'Andervilliers lui redonne la joie de vivre. Lorsqu’Emma attend un enfant, son mari décide de quitter la ville de Tostes et s'installer à Yonville. Emma fait la connaissance des personnalités locales : le pharmacien progressiste et athée M. Homais ; le curé Bournisien ; Léon Dupuis, clerc du notaire M. Guillaumin ; le noble libertin Rodolphe Boulanger.Emma est déçue par la naissance de la petite Berthe, puisqu’elle aurait préféré mettre au monde un garçon. Elle s'enlise dans l'ennui, et perd tout espoir d'une vie meilleure. Elle n'éprouve plus aucun amour pour Charles, qui pourtant ne lui veut que du bien. Elle ne parvient pas non plus à apprécier sa fille, qu'elle trouve laide et qu'elle confie à Madame Rollet. Elle laisse libre cours à ses dépenses luxueuses chez son marchand d'étoffes, M. Lheureux. Elle repousse les avances de Rodolphe, et de Léon puis elle finit par céder. Ses amants sont vite lassés du sentimentalisme exacerbé de la jeune femme qui rêve de voyages et de vie trépidante.Emma accumule une dette envers M. Lheureux, qui exige d'être remboursé. Les amants d'Emma ont refusé de lui prêter de l'argent. Emma se suicide par désespoir. Charles, de son côté, meurt de chagrin.

Resumé ville cruelle d'Eza Boto

Résumé 1: Dans ce premier roman publié sous le pseudonyme d'Eza Boto, le lecteur découvrira, tracés avec une force qui s'accomplira exemplairement dans les œuvres postérieures, fort célèbres, de Mongo Béti, les drames d'une Afrique dominée, ceux qui opposent les humbles, les simples, les paysans, aux différents types d'exploiteurs du monde politique, économique et religieux. Publiée en 1954, cette œuvre dénonce une situation historique qui, en tant de lieux, dans ce monde, est toujours actuelle.
INTRODUCTION
L’œuvre Ville Cruelle se situe dans ce passé colonial ou beaucoup de peuples africains se sont vus coloniser par de grandes puissances européennes comme la France, le Portugal, l’Angleterre, etc.
L’œuvre ville cruelle est située dans un contexte colonial.C’est une œuvre dans laquelle l’auteur relate les fatalités de la domination coloniale.

i – resume 2
L’œuvre Ville cruelle raconte l’histoire d’un jeune homme appelé Banda.Orphelin de père, Banda fût élevé par sa mère à Bamila.Il voulait se marier pour satisfaire le vœu de sa mère presque mourante.Mais il lui fallait de l’argent pour la dot de sa fiancée.C’est ainsi qu’il décida de vendre son cacao en ville.Mais là, l’homme fut confronté aux terribles réalités de la ville marquées par la cruauté, l’exploitation, le vol, le crime, etc.
II – PRESENTATION DE L’ŒUVRE
Biographie
De son vrai nom Alexandre Biyidi, Eza Boto ou Mongo Beti est son pseudonyme d’écrivain.
Il est né le 30 juin 1932 à MBalmago au sud du Cameroun.Après avoir été exclu de l’école missionnaire, il entre au lycée de Yaoundé.Bachelier en 1951, il va poursuivre ses études à paris d’où il sort agrégé en lettres.La plupart de ses œuvres publiées en France ou il résidait ont été l’objet de scandales et d’interdictions.Nommé professeurs à Lamballe en Grande Bretagne, il a écrit pendant plus de dix ans (1958 à 1972) puis vient de sortir coup sur coup en pamphlet de deux romans.
Bibliographie
Eza Boto a publié plusieurs œuvres dont :
Ville Cruelle, sous le pseudonyme d’Eza Boto en 1954
Le pauvre Christ de Bomba, Edition Laffant en 1956
Mission terminée, Edition Corséa en 1957 puis obtiendra le prix Sainte-Beuve en 1958
Le Roi Miraculé en 1958
Main Basse sur le Cameroun, Edition Maspero en 1972
Remember Ruben en 1974
Structure de l’œuvre
L’œuvre comprend 223 pages dont 13 chapitres et trois grandes parties :
La première partie parle de Banda et de sa mère (amour filial)
La deuxième partie parle des tribulations de Banda dans la ville et les rencontres avec Adilia et Koumé
La troisième partie parle de la réalisation des vœux de Banda et son épilogue.
III – Etude THEMATIQUE
Thème principale : les pratiques coloniales
Tanga était divisé en deux : Tanga Nord ou Tanga indigènes et Tanga Sud, ville coloniale marquée par la présence de l’administration, des forces de l’ordre, les centres commerciaux des grecs, boutiques et comptoirs d’achats de cacao, des usines.
Thèmes secondaires
La violence : La ville est caractérisé par la violence sur les Noirs.On a mis le cacao de Banda au feu et il a été victime de plusieurs bastonnades (illustration page 44 à 47)
L’exploitation : Les blancs exploitaient les Noirs dans la vente du cacao.Puis M.T employaient les jeunes mécaniciens et ne les payaient pas.
SSLa corruption : pour accéder à la ville, il fallait être au coté des Blancs (page 54).Il fallait ‘’graisser des pattes. ‘’
L’injustice : Le cacao de Banda fut mis au feu (page 44).Les Blancs avaient plus de privilèges que les Noirs (page …).Ils faisaient ce qu’ils voulaient et si l’on posait plainte contre eux, la plainte n’avait pas de suite.
L’amour filiale : La mère de Banda l’aimait beaucoup et elle s’est battue pour lui (page 9)
La solidarité : Les cinq femmes ont aidé Banda à porter son cacao jusqu’en ville et venaient chaque fois rendre visite à sa mère (page 47)

IV – ETUDE DES PERSONNAGES
Personnage principal
Banda : C’était un pauvre garçon misérable et souffrant.Il avait un caractère généreux et plein de tendresse.
Personnages secondaires
Odilia : C’était une jeune fille belle, aimable et dévouée.
Koumé : C’était un jeune homme qui travaillait chez M.T., il était dur, courageux et aimable.
Tonga : (oncle de Banda) C’était presque un vieillard inoffensif autrement qu’en paroles, hâbleur, menteur, hypocrite et passablement rancunier (illustration page 116)
Mère de Banda : Pauvre et misérable, toujours régulière à la messe.Elle s’est sacrifiée afin d’élever son Banda.

V – EVOLUTION DE L’INTRIGUE
Rupture avec sa fiancée.Départ de Banda pour la ville.Perte du caco.Rencontre avec Odilia (page 80).Découverte du paquet (page 143).Découverte de la valise (page 182).Mariage et rêve. (Page 216-222).

VI – SCHEMA ACTANCIEL
Mobile : Amour filial.
Adjuvants : Mère de Banda, Oncle maternel, les Cinq femmes, Koumé et Odilia.
Sujet : Banda
Objet : réaliser les vœux de sa mère.
Bénéficiaire : mère de Banda
Opposants : Les colonisateurs, les contrôleurs de Tanga Sud

CONCLUSION
L’œuvre Ville Cruelle a révélé l’atrocité des pratiques des Blancs en Afrique.Dans cette œuvre,il est aussi question de Banda qui était animé d’un grand espoir en pensant vendre son cacao, mais il sera plongé dans un gouffre car les grecs vont lui voler tout son cacao en lui faisant croire qu’il est mauvais.
Analyse :Le jeune Banda se rend en ville pour aller vendre son cacao, voilà qu'il est pris cours par de multiples événements de la ville où les stigmates de la colonisation font rage. Quelques mouvements de révolte et la poursuite de longue haleine des autorité bouleversent la route bien tracée de Banda.Déjà pour commencer, arrivé en ville, tout son cacao sera mis au feu car seuls les blancs ont les droits mais pas les noirs surtout quand il s'agit d'un grand business comme le cacao... le livre nous présente les atrocités de la colonisation

RESUME DE VERRE CASSE D’ALAIN MABANCKOU
Cinquième roman d’Alain Mabanckou, Verre Cassé apparaît comme un conte « horrifique » sur la vie telle quelle se déroule dans la majorité des périphéries africaines. C’est un récit qui se veut « labibliothèque » des récits biographiques d’une catégorie d’individus c’est-à-dire d’ « éclopés » de l’Afrique et du Congo Brazzaville en particulier. L’auteur congolais postule par la mise en scène despersonnages en situation d’immigration dans leur milieu d’origine. Il choisi ce prétexte pour nous permettre de saisir la problématique de l’identité inflexible des africains, dans les airescontemporaines et au sein même de leur propre espace géographique."Verre cassé" est le nom du personnage principal de notre corpus. Il a pour mission d’immortaliser les histoires sensationnelles des clientsfidèles du bar "Le crédit a voyagé". Le propriétaire lui confi cette mission compte tenu de ses capacités intellectuelles distinguées. Comme son non l’indique, c’est un personnage explosé, fracassé quise trouve en quête d’une identité nouvelle « a-t-on jamais vu un verre cassé être réparé » . La particularité de l’univers romanesque de notre auteur est qu’il met en évidence des sujets ayant pourdénominateur commun la déchéance. Sans se limité à cette dépression identitaire, se déploie dans la suite de ce déclin un manifeste de devenir autre, c’est-à-dire se redéfinir. Pour ce faire, Mabanckouse met à l’écart des conventions socioculturelles africaines, qu’il se propose de revisiter. Partant de "l’homme aux Pampers", dégradé physiquement à cause d’une fausse révélation de son épouse, à"l’imprimeur" psychologiquement atteint ainsi que "verre cassé" dont l’histoire parle d’un homme qui jadis fut brillant instituteur, devenu aujourd’hui un buveur invétéré, on peut lire ici une déflagrationidentitaire au cœur de la trame narrative. C’est une catégorie de personnes en décalage par rapport à la société congolaise. Ce particularisme est cependant marqué par la chute de ces derniers

LE VIEUX NEGRE ET LA MEDAILLE de

Ferdinand Oyono

Le vieux nègre. Ce vieux Méka. Retraité militaire de la première guerre mondiale. Nous rions de lui, au début. Nous rions de lui et de ses congénères. Au début. Tous ces pauvres hères que l'annonce d'une récompense “médaillante” faite à Méka, met en ébullition.
Méka. Homme entre deux âges que les colons catho ont transformés en "bon" chrétien, tout acquis à la cause religieuse. le vieux ne se sent plus de joie quand l'administration coloniale lui annonce sa prochaine décoration par "le chef des blanc".
Il avait eu la grâce insigne d'être le propriétaire d'une terre qui, un beau matin, plut au bon Dieu. Ce fut un père blanc qui lui révéla sa divine destinée. Comment pouvait-on aller contre la volonté de Celui-qui-donne ? Méka qui, entre-temps, avait été recréé par le baptême, s'effaça devant l'huissier du Tout-Puissant.
Dans la première partie de ce « Vieux nègre et la médaille » de Ferdinand OYONO, nous avons le portrait caustique des habitants de Doum, ainsi que leurs voisins, dont la naïveté de nègres colonisés montant en épingle la "reconnaissance de l'ami blanc" nous tire des sourires condescendants.
Nous sourions, nous, lecteurs avachis dans nos moelleux conforts de lettrés occidental – ou assimilés –, à des année-lumières de ces réalités. Nous sourions, en imaginant cette société ancienne qui marie Kélara à Méka avec une décontraction qui révulse
"Voilà ta femme, lui avait-il dit. Tu pourras venir la chercher quand elle sera à point"
Nous sourions, imaginant Engamba, le beau-frère, ainsi que son épouse Malia, marcher nuit et jour vers Doum afin de participer à la gloire du médaillé
- Et toi, ici, intervint Mbogsi, s'il t'arrive quoi que ce soit, il te suffira de dire au commandant que tu es le beau-frère de celui qu'est venu décorer le Chef des Blancs
- ça, c'est la vérité, ponctua l'étranger. Ta famille, tes amis, les amis de tes amis seront désormais des privilégiés. Il leur suffira de dire : "je suis l'ami de l'ami du beau-frère de Méka" pour que toutes les portes leur soient ouvertes. Moi-même qui vous parle, je me sens un peu décoré...
Nous sourions, en imaginant Méka dans sa veste trop grande, taillé "à la mode de Paris" par Ela ventru et grossier, auto-proclamé maitre-couturier.
Nous sourions. Jaune. Agacement et grimace devant cette seconde partie du livre qui nous met mal à l'aise, mal dans nos baskets de noirs à la culture mondialisé, devant ces africains trainés dans la boue par la froide administration coloniale.
Resumé BLACK BOY de Richard Wright
   Richard Wright, premier grand romancier noir, est né en 1908 à Natchez dans le Mississipi, une région où la ségrégation raciale sévit à cette époque avec violence.   Il raconte dans Black Boy sa découverte de la vie dans un climat de terreur ; les événements tragiques dont sa famille et ses amis sont les victimes lui inspirent un étonnement qui devient vite une prise de conscience du racisme contre les Noirs. L’accès à la richesse et à une vie seulement décente est interdit aux Noirs, qui sont condamnés à la résignation ou à une soumission sournoise pour survivre. Richard, enfant, se refuse à comprendre et à admettre. A quatorze ans, il écrit une longue nouvelle toute secouée d’indignation, aussitôt publié par un journal local. Nouvelle stupeur : sa famille d’un puritanisme stérilisant et ses amis s’écartent de lui ; il a osé exprimer ce qui ne doit jamais être révélé au grand jour : la révolte des Noirs. Richard souffre d’une solitude qui n’a d’égale que sa faim. Il part dans le Nord chercher du travail et s’installe à Chicago dans un quartier sordide. Son premier roman, Native Son, paru en 1940, lui confère une renommée immédiate. Black Boy (1945) confirme son talent et sa réputation. Pour la première fois un grand romancier parle de ses frères noirs et attire sur eux l’attention des intellectuels et du public. La nostalgie, le réalisme savoureux, une angoisse communicative le font comparer à Dostoïevsky. Malgré son succès, Richard Wright quitte son pays et s’installe à Paris, sur la Rive gauche. Il est accueilli par Sartre et le groupe des Temps Modernes. Son troisième grand roman, The Outsider, paraît en 1953. De nouvelles tendances se font jour, influencées par les idées en cours. Wright est déchiré entre son pays natal qui l’a marqué de façon indélébile et l’Europe dont la découverte le fascine. Il publie de nouveaux ouvrages, des reportages de voyages en Afrique, en Indonésie et en Espagne. Après sa mort, survenue en 1960, on publie un roman de jeunesse situé à Chicago et un recueil de nouvelles. Richard Wright a ouvert la voie aux écrivains de couleur. Ses successeurs se nomment James Baldwin, Le Roi Jones, Chester Himes.    C’était le numéro de la semaine écoulée ; la caricature représentait un énorme Nègre, au visage gras et luisant de sueur, aux lèvres épaisses, au nez épaté, aux dents en or, assis sur un fauteuil tournant devant un immense bureau magnifiquement astiqué. Confortablement installé dans son fauteuil, il avait posé sur le bureau ses pieds chaussés de souliers d’un jaune éclatant. Ses lèvres épaisses hébergeaient un gros cigare noir terminé par un bon pouce de cendres blanches.

   Sur la cravate à pois rouges, une extravagante épingle en fer à cheval étincelait de tous ses feux. L’homme portait des bretelles rouges, sa chemise était de soie rayée, et d’énormes bagues de diamants ornaient ses gros doigts noirs. Une chaîne d’or ceignait son ventre et de son gousset pendait une patte de lapin porte-bonheur. Par terre, à côté du bureau, se trouvait un crachoir débordant de mucosités. Accrochée au mur, une pancarte clamait :

LA MAISON BLANCHE

  Sous la pancarte se trouvait le portrait d’Abraham Lincoln, les traits déformés pour le faire ressembler à un gangster. Mes yeux se portèrent sur le haut du dessin et je lus :

LE SEUL REVE DU NEGRE EST DE DEVENIR PRESIDENT DES ETATS-UNIS ET DE COUCHER AVEC DES BLANCHES ! AMERICAINS, PERMETTREZ-VOUS CE SACRILEGE DANS NOTRE BEAU PAYS ?

ORGANISONS-NOUS ET SAUVONS LA FEMME BLANCHE DE LA

       DEGRADATION !

J’écarquillais des yeux effarés, m’efforçant de saisir l’idée et la légende de l’illustration, me demandant pourquoi tout cela me semblait si étrange et pourtant si familier.

   « Tu sais ce que ça veut dire ? me demanda l’homme.

  , -Mince alors … non j’sais pas, avouai-je.

   -Tu as déjà entendu parler du Ku-Klux-Klan ? me demanda -t’il en baissant la voix.

   -Je comprends. Pourquoi ?

   -Tu sais ce que les types du Klan font aux gens de couleur ?

   -Ils nous tuent. Ils nous empêchent de voter et d’obtenir de bonnes places, répondis-je.

   -Eh bien, le journal que tu vends prêche les doctrines du Ku-Klux-Klan.

   -Oh non, m’exclamais-je.

   -Tu l’as entre les mains, mon petit, fit-il.

   -Je lis le supplément mais jamais le journal, dis-je vaguement, fortement ébranlé par ce que je venais d’apprendre.

   -Ecoute, mon petit gars, fit-il. Tu es jeune garçon noir et tu tâches de te faire quelques sous. Parfait. Je ne veux pas t’empêcher de vendre ces journaux, si tu tiens à les vendre. Mais ça fait 2 mois que je les lis et je sais ce qu’ils veulent. En les vendant, tu pousses tout simplement les Blancs à te tuer.

   -Mais ces journaux viennent de Chicago », protestai-je innocemment, complètement perdu maintenant que ma confiance en la stabilité du monde s’était évanouie, et pénétré soudain du sentiment que cette propagande raciale ne provenait sûrement pas de Chicago, la ville où les Nègres se réfugiaient par milliers.

   « Peu importe d’où vient ce journal, fit-il. Ecoute seulement ça. »

   Il me lut un long article qui préconisait passionnément le lynchage en tant que solution du problème noir. Mais même en l’entendant lire je ne parvenais pas à le croire.

   « Faites voir », dis-je.

   Je lui pris le journal des mains et je m’assis au bas des marches ; à la lumière pâlissante du crépuscule, je le feuilletai et je lus des articles si violemment antinègres que j’en eus la chair de poule.

   Ca te plaît ? fit-il.

   -Non, m’sieur, répondis-je dans un souffle.

   -Tu comprends ce que tu fais ?

   -Je ne savais pas, balbutiai-je.

   -Tu vas recommencer à vendre ces journaux ?

   -Non, m’sieur. Plus jamais.

   -J’avais entendu dire que tu étais un garçon intelligent, à l’école ; en lisant ces journaux que tu vendais, je ne savais plus quoi penser. Alors je me suis dit : « Sûrement ce garçon ne sait pas ce qu’il vend là. » Je dois dire qu’il y a un tas de gens qui voulaient t’en parler, mais ils n’osaient pas. Ils croyaient que tu étais peut-être de mèche avec ces Blancs du Klan et que s’ils te disaient d’arrêter de vendre ces journaux, tu les dénoncerais. Mais moi j’ai dit : « cette blague ! Il ne sait ce qu’il fait, ce garçon. » »

   Je lui tendis sa pièce de dix cents, mais il ne voulut pas la prendre.

   « Garde les dix cents, mon petit. Mais bon sang, trouve autre chose à vendre. »

   Je n’essayai plus de vendre de journaux, ce soir-là ; je rentrai chez moi, les journaux sous mon bras, m’attendant à chaque instant à voir un Nègre surgir derrière un buisson ou une clôture pour m’attirer dans un guet-apens.           Comment diable avais-je pu commettre une telle erreur ? […]
P 437

[…]

   Le Sud blanc prétendait qu’il connaissait les « moricaud », et j’étais ce que le Sud blanc appelait un « moricaud ». Mais le Sud blanc ne m’avait jamais connu, n’avait jamais su ce que je pensais, ce que je sentais. Le Sud blanc prétendait que j’avais une « place » dans la vie. Mais là-bas je ne m’étais jamais senti à la « place » que le Sud blanc m’avait assignée. Jamais je n’avais pu me considérer comme un être inférieur. Et aucune des paroles que j’avais entendues tomber des lèvres des Blancs n’avait pu me faire douter réellement de ma propre valeur humaine. Il est vrai que j’avais menti. J’avais lutté pour contenir une colère envahissante. Je m’étais battu. Et c’était peut-être par pur hasard que je n’avais jamais tué… Mais de quelle façon le Sud m’avait-il permis d’être naturel, d’être réel, d’être moi-même sinon dans la négation, la rébellion et l’agression ?

   Non seulement les Blancs du Sud ne m’avaient pas connu mais, fait plus important encore, la façon dont j’avais vécu dans le Sud ne m’avait pas permis de me connaître moi-même. Etouffée, comprimée par les conditions d’existence dans le Sud, ma vie n’avait pas été ce qu’elle aurait dû être. Je m’étais conformé à ce que mon entourage, ma famille – conformément aux lois édictées par les Blancs qui les dominaient – avait exigé de moi, j’avais été le personnage que les Blancs m’avaient assigné. Je n’avais jamais pu être réellement moi-même, et j’appris peu à peu que le Sud ne pouvait reconnaître qu’une partie de l’homme, ne pouvait admettre qu’un fragment de sa personnalité, et qu’il rejetait le reste – le plus profond et le meilleur du cœur et de l’esprit – par ignorance aveugle et par haine.

   Je quittais le Sud pour me lancer dans l’inconnu, à la rencontre de situations nouvelles qui m’arracheraient peut-être d’autres réactions. Et si je pouvais trouver une vie différente, alors peut-être pourrais-je, lentement et graduellement, apprendre qui j’étais, et ce que je pourrais devenir. Je quittais le Sud non pour oublier le Sud, mais afin de pouvoir un jour le comprendre, savoir ce que ses rigueurs m’avaient fait, à moi et à tous ses enfants. Je fuyais pour que fonde cette insensibilité consécutive à des années de vie défensive et pour pouvoir sentir (beaucoup plus tard et loin de là) les cicatrices douloureuses laissées par ma vie dans le Sud.
Resumé 2

Black Boy est un roman autobiographique de l'auteur noir américain Richard Wright, publié en 1945. Avec le roman Native son, écrit en 1940, Black Boy est l'un des premiers romans écrits par des noirs sur leurs conditions de vie. C'est pourquoi l'on considère souvent que son auteur a ouvert la voie aux autres écrivains noirs.Il existe une suite à ce livre nous racontant l'enfance dans le Sud de son auteur ; il s'agit du livre Une faim d'égalité dans lequel Richard Wright nous parle de sa jeunesse à Chicago dans les années 1930.Richard Wright voulait à l'origine faire paraître l'ensemble des deux parties de son autobiographie sous le titre de American Hunger. Finalement les deux parties furent séparées et tandis que la première était éditée en totalité sous le titre de Black Boy, des passages de la seconde, qui aurait du s'intituler The Horror and the Glory, paraissaient dans diverses publications au cours des années 1940.En France, l'édition complète de ce deuxième volet a été publiée aux Editions Gallimard, en 1979, sous le titre Une faim d'égalité, dans une traduction française de Andrée R. Picard, agrémentée d'une postface de Michel Fabre.Richard Wright raconte son enfance dans le Sud des États-Unis, où il est né en 1908. L'histoire commence sur ses premiers souvenirs et se termine sur son départ pour le Nord à la fin de son adolescence.Ses premières années sont marquées par la faim. Sa mère tombe gravement malade, ce qui contraint Richard à aller vivre chez sa grand-mère à Jackson, tandis que son frère part vivre à Détroit avec sa tante. Il décrit notamment la ségrégation raciale qu'il découvre en grandissant et contre laquelle il va lutter, notamment grâce à l'écriture. Sa première nouvelle, Le Vaudou du demi-arpent de l'Enfer, écrite à 14 ans, sera publiée dans un journal local, le Southern Register. Son adolescence est marquée par le rejet de sa famille, sa mère étant trop faible pour le défendre. Il subit notamment les foudres de sa grand-mère, de sa tante Addie et de son oncle Tom, ainsi que la pression religieuse de la communauté. Il enchaîne alors les jobs pour financer l'école, puis pour fuir le Sud et sa condition d'homme de couleur. « Je rêvais d'aller dans le Nord et d'écrire des livres, des romans » (chapitre VII). Il rejoint quelque temps Memphis, et part enfin pour le Nord en premier temps avec tante Maggie, ensuite rejoint par sa mère et son frère, à la fin du récit.
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