2Qu’est-ce que la franc-maçonnerie aujourd’hui ? 1Définition préliminaire








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Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?

Qu’est-ce que la

franc-maçonnerie ?


Conférence donnée pour le Kiwanis de Renaix le 28 juin 2001


Pierre MOULIN

Respectable Loge « La Mosaïque » au Droit Humain

28 Juin 2001

Introduction

L’objet de cette conférence est de tenter de vous expliquer ce qu’est la franc-maçonnerie, et de tenter de vous faire percevoir ce qui pousse des gens, hommes et femmes du XXIème siècle, à sortir de chez eux, à se déplacer dans la ville jusqu'à ce lieu de rencontre appelé temple maçonnique.

Je vais aussi tenter de répondre à une série de questions tout à fait concrètes comme : comment devient-on franc-maçon, pourquoi le secret, peut-on être catholique et franc-maçon, l’antimaçonnisme, quelles sont les obédiences, etc.

J’espère qu’ensuite nous pourrons avoir un débat fructueux, que nous prolongerons à table si vous le désirez.

Je respecterai également le temps qui m’est alloué, ne vous inquiétez pas. Je ne déborde (quasi) jamais.

1Rapide historique


Les origines de la franc-maçonnerie spéculative sont longtemps restées obscures. On a pensé que l'institution avait pris naissance en Angleterre en 1717 mais aujourd'hui les travaux historiques permettent d'affirmer que les fondements de la franc-maçonnerie moderne se situent, vers 1600, en Ecosse dans les loges de tailleurs de pierres avec rituels et secrets.

Certaines théories ont voulu montrer des filiations avec des sociétés initiatiques de l'antiquité. Ce qui est sûr c'est que les premiers rituels mêlent des apports médiévaux à des influences de la Renaissance. Au Moyen Age, les maçons bâtisseurs de cathédrales s'organisèrent et formèrent un métier à part. Se déplaçant sans cesse de chantier en chantier, ils réussirent à se libérer de l'autorité des corporations, comme de celle des seigneurs et des évêques. Ils formèrent des "métiers francs", affranchis des juridictions et du paiement des redevances. Ils devinrent des "Francs Maçons". Leur importance fut très grande au XIIe et XIIIe siècle. Elle diminua en France dès le XIVe siècle mais subsista plus longtemps en Angleterre.

Le passage à la maçonnerie spéculative se fit par étapes. Les loges de maçons opératifs accueillirent des "maçons acceptés" en visiteurs et auditeurs. Ils participèrent aux discussions, puis furent initiés et la Maçonnerie opérative devint spéculative.

A partir de 1725, les premières Loges maçonniques s'installèrent en France.

2Qu’est-ce que la franc-maçonnerie aujourd’hui ?

2.1Définition préliminaire


Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Il est difficile de répondre à cette question en quelques mots. Pour plus de clarté, risquons toutefois une définition provisoire et forcément lacunaire. La voici :

La franc-maçonnerie est une société composée d’hommes probes et libres. Animée d’un idéal de tolérance et de fraternité, elle incite chacun à suivre sa propre conscience et, simultanément, pousse ses membres à nouer entre eux une amitié sincère, malgré les opinions divergentes qui pourraient les séparer. Cet idéal de tolérance et de fraternité, elle souhaite le voir se réaliser dans l’humanité toute entière. Elle aspire donc au progrès individuel et collectif. Enracinée dans une tradition, elle utilise un language symbolique emprunté à l’art de construire. L’apprentissage de ce language se fait au cours d’initiations successives. Enfin, elle se veut discrète plutôt que secrète.

Il me semble que tous les francs-maçons du monde pourraient accepter les éléments de cette définition, quitte peut-être à les grouper différemment. Nous y reviendrons.

2.2Genèse de la franc-maçonnerie : quelques repères historiques


Pour comprendre la franc-maçonnerie, il est indispensable d’en évoquer la genèse. Toutefois, cette évocation est encore plus difficile qu’une définition. En effet, la franc-maçonnerie se fonde essentiellement sur une tradition orale gardée jalousement par une société fermée. Seules quelques traces permettent d’en reconstituer l’origine. Cet état de fait ouvre la porte aux légendes les plus folles (faisant, par exemple, remonter la franc-maçonnerie à Adam et Eve !). Par réaction, l’historien sérieux peut devenir hypercritique et, du silence des documents, conclure peut-être hâtivement à la non existence de certains enchaînements.

Par exemple, entre la franc-maçonnerie moderne dite spéculative et la franc-maçonnerie médiévale dite opérative, certains, comme John Hamill, faute de preuve, nient toute continuité. Par contre un Stevenson prétend avoir trouvé, en Ecosse en tous cas, les preuves d’une véritable continuité entre les confréries de constructeurs et les loges philosophiques.

J’abandonne volontiers la solution de ce problème aux historiens de métier. Il ne me concerne que dans la mesure où la franc-maçonnerie moderne utilise le symbolisme de la construction. Il y a eu au moins une volonté de continuité qui inspire toujours l’imaginaire des maçons. Cet enracinement reste fondamental pour comprendre l’esprit maçonnique. Nous le verrons plus loin.

2.3La franc-maçonnerie aujourd’hui


Une question préalable : le secret

Est-il permis à un maçon de parler de la franc-maçonnerie d’aujourd’hui sans trahir le fameux secret maçonnique ?

Paradoxalement, l’abondance de références bibliographiques atteste que beaucoup de maçons se sont expliqués sur le sujet.

Quelle est l’origine du secret ?

Au moyen âge, il s’agissait principalement de secrets de métier. En outre, pour se faire connaître et embaucher comme maçons initiés aux secrets du métier, les membres de la confrérie avaient aussi des signes de reconnaissance qui, bien évidemment, sous peine de perdre toute utilité, devaient rester secrets.

Plus tard et dans certains pays, pour échapper aux persécution de l’Etat ou de l’Eglise, il fallut garder le secret des noms. Dans les pays anglo-saxons, les maçons ne cachent pas leur appartenance : la franc-maçonnerie a évolué en symbiose avec une société protestante. Dans les pays catholiques au contraire, les maçons, ayant été excommuniés, se sont retrouvés en marge de la société. Sous des régimes totalitaires comme le nazisme ou le franquisme, ils ont été persécutés, arrêtés, assassinés.

En fait, le pouvoir considère généralement qu’il a droit au secret d’Etat, mais dans le même mouvement, il dénie aux individus privés (à ses « sujets ») le droit d’avoir un secret. C’est ainsi qu’en 1738, Clément XII condamnait la franc-maçonnerie notamment parce qu ‘elle était secrète, mais dans la même bulle In Eminenti ajoutait ajoutait qu’il la condamnait aussi pour d’autres raisons qu’il gardait secrètes !

Dans une perspective démocratique, les accents sont inversés : l’individu a droit à une vie privée soustraite au pouvoir. Au contraire, tous les actes émanents du pouvoir doivent être publics et donc publiés.

Dans la pratique, chaque maçon décide de dire qu’il l’est ou décide de ne pas le dire. C’est son problème. L’essentiel est que chacun puisse, dans le temple, s’exprimer librement et en toute confiance. Comme on le fait entre amis.

Enfin, et c’est l’aspect romantique du secret – la franc-maçonnerie spéculative s’est voulu initiatique. Dans cette mesure, elle s’attache à protéger un vécu qu’elle estime à la fois précieux et indiscible. Si le rituel fait vivre une sorte de psychodrame, mieux vaut peut-être le découvrir en le vivant qu’en le lisant. N’empêche que tant d’analyses ont été publiées qu’il ne contient plus de véritable secret.

2.4Le langage symbolique


Sans entrer dans des considerations linguistiques complexes, il convient au préalable de distinguer le signe du symbole. Pour simplifier, disons que, en matière de langage, le signe est un artefact1 choisi conventionellement, le signifiant n’ayant pas normalement de lien naturel avec le signifié. On parle couramment d’un symbole chimique, H2O par exemple. En fait, il faudrait parler d’un signe. Par contre, le signe par lequel les maçons se reconnaissent bénéficie d’une appellation correcte. Pour éviter trop de confusion, on devrait utiliser le mot symbole dans le sens strict : seulement dans le cas ou le signifiant présenterait une correspondance analogique avec le ou les signifiés. Le lien serait donc perçu concrètement et serait en rapport avec le vécu d’un individu ou d’un groupe.

L’analogie favorise une anamnèse2 qui souvent plonge dans la vie affective, consciente ou inconsciente. Fondé sur l’analogie, le symbole est donc éventuellement porteur d’états de sensibilité d’émotions, ou de valeurs plus ou moins dynamiques.

Par ailleurs, plus confus que le signe, le symbole peut, selon le vécu de chacun, renvoyer à plusieurs significations. Il est polysémique3 et permet à l’imaginaire de se déployer librement.

Néanmoins, dans la mesure où les symboles sont groupés organiquement, les significations de chaque symbole sont limitées par celles de leurs voisins. Ensemble, ils génèrent une sorte de système symbolique qui définit un champ sémantique4, mouvant, variable, mais cohérent. Pris dans cette texture, un symbole peut signifier n’importe quoi.

Il en est ainsi en poésie ou les métaphores5 s’enrichissent les unes les autres, tout en orientant la portée de chacune.

Il en est ainsi en maçonnerie.

Dans toutes les obédiences, quel que soit le rite, le language symbolique des francs-maçons renvoie principalement à l’art de construire. Et ce pour des raisons historiques évidentes.

Que construisent-ils ? Le temple de Salomon : les maçons opératifs utilisaient déjà ce symbole au moyen âge. Empruntant une image à la Bible, ils se considéraient comme les pierres de ce temple. « Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle … »6. Inspirés par cette image, ils sont invités à tailler leur propre pierre, c’est-à-dire eux-mêmes, pour en faire non pas des diamants solitaires mais des éléments d’un ensemble où chacun se sente en harmonie avec les autres. Il faudra qu’ils se connaissent eux-mêmes et se dégrossissent, qu’ils deviennent plus ouverts, plus fraternels.

Ce temple de Salomon, c’est aussi le temple de l’Humanité toute entière.

Enfermés dans leurs certitudes, crispés dans la peur des autres, les esprits dogmatiques ne s’y sentiront pas à l’aise. Les fanatiques n’y entreront pas. Mais les cyniques et les sceptiques intégraux non plus. Il faut une certaine dose de naïveté, ou même de foi (si l’on veut) pour vouloir passionnément reconstruire une humanité qui recommence perpétuellement à se détruire.

Certes, il paraît difficile de croire, comme au XVIIIe et au XIXe siècles, que le progrès serait automatique. Mais rien n’empêche d’y travailler. Que ce soit au progrès de l’individu, de la société, ou des deux.

On voit comment ce symbole de la construction du temple véhicule des valeurs : valeur du progrès, valeur de la fraternité … Ceci à titre d’exemples. La construction du temple inclut en effet un lacis inépuisable de symboles très riches. Certains maçons peuvent s’y perdre. D’autres en subissent l’ennoncé avec quelque impatience parce qu’ils préfèrent l’action. Mais tous en connaissent le langage et trouvent là un terrain d’entente.

Par contre, la façon de travailler à la construction du temple et au progrès pourra varier selon que les loges mettent l’accent sur le progrès individuel ou social.. Et cela parfois dans une même obédience. Celles qui se situent dans le courant puritain ne s’intéresseront qu’au progrès moral de l’individu, proscrivant toute réflexion politique.

Au contraire, beaucoup de loges latines ont tendance à s’intéresser en outre à la chose publique. Etant d’opinions diverses, les maçons ne peuvent se livrer à une quelconque propagande. Mais il leur est loisible de se consacrer à la réflexion par l’échange des informations et des points de vue, sur un plan d’égalité et dans un climat de tolérance.

La liberté est totale puisque personne n’est là pour dire ce qu’il faut penser. Ceux qui dirigent la loge sont élus démocratiquement pour un temps limité et laisseront leur place à d’autres.

La franc-maçonnerie n’apporte rien d’autre qu’un lieu, le temple, des outils (symboles et rituels) et des méthodes d’échange.

Les méthodes d’échange sont favorisées par la disposition des lieux. Comme le Parlement anglais, le temple a une forme rectangulaire. Les maçons ne sont pas assis les uns derrière les autres. Comme ils le feraient pour écouter ce qui vient d’un seul et d’en haut. Mais les uns en face des autres. Disposition qui favorise l’intersubjectivité, l’échange constructif des points de vue sur la chose que l’on veut comprendre. Entrecroisement des regards.

Disons que le temple est un des lieux où, grâce au rituel et au symbolisme, la conscience critique peut s’exercer, d’une façon non desséchante. Le temple, il est vrai, - et je ne l’oublie pas – est aussi le lieu où advient l’initiation. Essentiellement symbolique, elle ne peut se vivre que dans le cœur de chacun.

3Quelques questions pratiques



3.1La franc-maçonnerie : définitions et tendances

3.1.1Y a-t-il différentes tendances en franc-maçonnerie ?


Il existe 2 tendances principales :

  1. La tendance anglo-saxonne qui est de très loin la plus répandue dans le monde. Elle tire son nom du fait qu’elle est pratiquement la seule en Grande-Bretagne et dans les pays qui ont subi l’influence anglaise. Elle impose généralement la croyance en une divinité ou puissance supérieure invoquée sous le nom de Grand Architecte de l’Univers.

  2. La tendance dite latine, dominante en Europe occidentale, qui revendique l’appellation de libérale et se veut non dogmatique. Elle admet en son sein des croyants mais aussi et surtout des agnostiques et des athées. Elle prône la liberté de conscience la plus absolue, y compris dans le domaine spirituel. Le Grand Architecte de l’Univers y est considéré comme un symbole que chacun peut interpréter de la manière qui lui convient le mieux.

3.1.2Qu’est-ce qu’une obédience maçonnique ?


Une obédience est une fédération administrative de plusieurs loges.

Chaque obédience est dirigée par un bureau exécutif ayant à sa tête un président élu, le grand maître.

Les obédiences sont masculines, féminines ou mixtes.

3.1.3Quelles sont les différentes obédiences représentées en Belgique ?


1833 : Grand Orient de Belgique – obédience masculine

1928 : Fédération Belge de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain – obédience mixte

1959 : Grande Loge de Belgique – obédience masculine

1979 : Grande Loge Régulière de Belgique – obédience masculine

1981 : Grande Loge Féminine de Belgique – obédience féminine

3.2La franc-maçonnerie, société initiatique ?

3.2.1Qu’est-ce qu’une initiation ?


Le mot “initiation” vient du latin initium qui signifie : commencement. L’initiation, action de donner ou recevoir les premiers éléments d’une science, d’une pratique, d’un mode de vie, se retrouve dès les temps les plus anciens.

L’initiation marque donc un commencement, le début d’une vie nouvelle, avec les droits et obligations y afférant.

    L’initiation maçonnique se déroule selon un rituel qui pour être compris à sa juste valeur doit être vécu dans l’atmosphère si spéciale d’une loge.

L’enseignement initiatique ne fournit pas de connaissances définitives ; il apprend à apprendre et surtout à s’apprendre, c’est-à-dire à avancer toujours plus loin dans le connaissance de soi-même.

3.2.2La franc-maçonnerie est-elle une société secrète ?


        La franc-maçonnerie est essentiellement une société discrète et fermée où l’on entre par cooptation. Le non-initié qui assisterait à une tenue ne comprendrait pas la marche des débats, il ne comprendrait rien aux symboles et sortirait avec une idée tout à fait fausse.

3.2.3Qu’est-ce que le serment maçonnique ?


        Le serment demandé aujourd’hui aux initiés est rès simple :

  1. ne rien révéler sur les travaux qui se déroulent en loge

  2. ne pas divulguer le nom d’autres francs-maçons.

Si l’on doit se montrer discret sur l’appartenance des membres, c’est uniquement pour des raisons de sécurité. L’intolérance est encore très grande.

3.2.4Comment les franc-maçons se reconnaissent-ils entre eux ?


        Il y a d’abord une façon particulière de se comporter, une manière typique d’aborder les problèmes qui trompe rarement. C’est quelque chose d’indescriptible, d’impalpable pour celui qui est à l’extérieur, et qui ne s’acquiert que par la fréquentation régulière des loges, tant pour être imprégné de cet « impalpable » que pour le sentir.

        A côté de cela, les francs-maçons possèdent effectivement des signes de reconnaissance, ce qu’ils appellent des mots, signes et attouchements qui ne sont révélés qu’aux initiés.

3.2.5Les réunions se limitent-elles à des initiations ?


Une cérémonie d’initiation est considérée comme un des évènements les plus importants, un instant privilégié dans la vie d’une loge.

    Mais un atelier, qu’il se réunisse chaque semaine, ou même tous les 15 jours, ne procède pas chaque fois à des initiations. Le reste du temps, c’est-à-dire la plus grande partie, est consacré à des exposés suivis ou non de débats.

3.3La franc-maçonnerie : son organisation

3.3.1Quelles sont les obligations du franc-maçon ?


Outre l’obligation essentielle de discrétion et d’assiduité aux différents travaux de sa loge, le franc-maçon est tenu d’aquiter sa contribution annuelle.

Cette contribution, qui varie quelque peu d’un atelier à l’autre, permet de participer aux frais de fonctionnement et aux frais d’entretien, de chauffage, d’éclairage des bâtiments.

Les difficultés financières éventuelles des membres sont prises en considération de manière discrète et fraternelle.

3.3.2Comment est conçue l’organisation de la loge ?


La loge est présidée par un Maître appelé vénérable maître. Dans la plupart des loges, il est élu au scrutin secret pour un an et ne peut jamais occuper la fonction plus de trois années consécutives.

Expliquer la commission.

Il s’agit donc d’une organisation tout à fait démocratique, où la base détient le ppouvoir de décision qu ‘elle délègue en aprtie, pendant un certain temps, à ceux qu’elle a librement choisi.

3.3.3Comment travaille-t-on en loge ?


        Les sujets abordés sont les plus variés : exposés symboliques, philospphiques, historiques, problèmes d’actualité, conférences culturelles, scientifiques, etc.

On n’interrompt pas l’orateur.

Expliquer la prise de parole.

3.4Franc-maçonnerie et religion

3.4.1La franc-maçonnerie est-elle une secte ?


Selon René Guénon, « Qui dit « secte » dit nécessairement, par l’étymologie même du mot, scission ou division ; et, effectivement, les « sectes » sont bien des divisions engendrées, au sein d’une religion, par des divergences plus ou moins profonde entre ses membres ».

    Les francs-maçons ne suivent ni un prophète, ni un marchand de Dieu, ni personne. Ils sont et veulent rester des hommes et des femmes libres, aussi bien dans leur façon de penser que d’agir. C’est donc une aberration totale de considérer la maçonnerie comme une secte.

3.4.2La franc-maçonnerie est-elle antireligieuse ?


La grande majorité des francs-maçons de par le monde se réclame d’une religion. C’est le cas des Anglais et des Américains du Nord.

Ces francs-maçons ne sont pas nécessairemnt pratiquants.

En Belgique et en France, la grande majorité des francs-maçons est agnostique ou athée. On rencontre néanmoins parmi eux des juifs, de chrétiens et des musulmans. Donc, la franc-maçonnerie n’est absolument pas antireligieuse.

3.4.3Y a-t-il des catholiques en franc-maçonnerie ?


Il y a des francs-maçons catholiques, surtout non pratiquants.

Ils ne sont certes pas nombreux, non pas parce que la franc-maçonnerie les refuse, mais parce que l’Eglise catholique leur interdit d’y appartenir. Malgré ce qu’on avait pu prendre pour un léger assouplissement à la suite de Vatican II, l’Eglise de Rome a toujours condamné la franc-maçonnerie. Sa position n’a guère varié en deux siècles et demi.

3.4.4Pourquoi l’Eglise condamne-t-elle la franc-maçonnerie ?


L’Eglise a condamné la franc-maçonnerie dès 1738, quinze ans seulement après les Constitutions de la première Grande Loge. C’est cette année là, en effet, que le pape Clément XII a fulminé la bulle In Iminenti. Qu’est-ce que ce pontife, malade, impotant et pratiquement aveugle reprochait à la franc-maçonnerie ? Essentiellement trois choses :

  1. l’admission, dans les sociétés de francs-maçons indifféremment d’hommes de toutes religions et toutes sectes, ce qui mettait en danger la pureté de la religion catholique. Celle-ci étant la seule véritable, elle ne pouvait tolérer que les autres religions lui soient égales ;

  2. l’existence d’un secret en vertu duquel on cache tout ce qui se fait dans ses assemblées ;

  3. le serment de ne pas violer ce secret, quoi qu’il arrive.

A ces raisons, le pape en ajoutait une quatrième : « Et pour d’autres causes justes et raisonnables à Nous connues ». Tous les historiens sont d’accord aujourd’hui pour reconnaître que ces causes non précisées étaient en réalité d’ordre politique et non religieux.

L’Eglise n’a depuis guère modifié sa position. La dernière condamnation de la franc-maçonnerie date de 1983 (déclaration du cardinal Ratzinger, préfet de la Congragation pour la doctrine de la foi, en date du 25 novembre 1983, et signée par le pape Jean-Paul II)

3.4.5Quelles sont les condamnations papales ?


        Au XVIIIe siècle, l’Eglise reproche à la franc-maçonnerie de détenir un secret scellé par un serment et d’admettre en loge des hommes de toutes religions ce qui met en danger la pureté de l’Eglise catholique. La raison véritable est d’ordre politique. L’Eglise soutenait le prétendant au trône d’Angleterre de la Maison des Stuarts, catholique, alors que la franc-maçonnerie reconnaissait la Maison de Hannovre qui était protestante.

Au XIXe siècle, la franc-maçonnerie est considérée comme une secte luciférienne, ennemie de Dieu, de l’Eglise et des Monarchies, de collusion avec la « juiverie internationale ». Le bruit court dans les campagne que les francs-maçons pratiquent le « meurtre rituel ».

Au XXe siècle, l’Eglise reproche à la maçonnerie d’être responsable de la dégradation des mœurs, de corrompre la morale, de détruire le patriotisme. La franc-maçonnerie est considérée comme une société ennemie de la religion, une mafia, une école d’arrivisme.

3.5L’antimaçonnisme

3.5.1De quand date l’antimaçonnisme ?


Les premières manifastations de véritable antimaçonnisme commencent au XVIIIe siècle par la publication à Amsterdam de deux livres de l’abbé Larudan L’ordre des francs-maçons trahi et leur secret révélé (1745) et Les francs-maçons écrasés (1747).

En 1797, le père jésuite Augustin Barruel, émigré en Angleterre, publie un volumineux ouvrage intitulé Mémoires pour servir à l’histoire du jacobisme où il s’efforce de démontrer que la Révolution française de 1789 est l’œuvre de la franc-maçonnerie. (thèse absurde)

    Au XIXe siècle, la littétrature antimaçonnique contient toujours la même violence de ton et les mêmes accusations. L’abbé Vrindts écrit, en 1832, un pamphlet particulièrement outrancier : « Ce n’est pas un démon incarné, c’est l’enfer tout entier qui s’incarne dans un être organisé et qui anime une brute à face humaine appelée franc-maçon ». Selon le même abbé, les loges ne sont que « les repaires de la crapule » et leurs membres « la lie de la scélératesse et du libertinage ».

Malgré leurs outrances, les ouvrages antimaçonniques connurent un assez grand succès, les gens « bien pensants » prenant leurs élucubrations pour argent comptant. Il faut dire que le bon peuple y était encouragé par la plus grande partie du clergé.

3.5.2Quelles sont les causes de l’antimaçonnisme ?


La première cause est celle, lancée par le père jésuite Barruel, de la franc-maçonnerie responsable de la Révolution française. Le thème de la franc-maçonnerie, organisation révolutionnaire, découle aussi du rôle important joué par de nombeux franc-maçons dans des mouvements « libéraux », au XIXe siècle, dans différents pays tels que l’Espagne, la Hongrie, la Pologne ainsi qu’en Amérique latine.

    Mais aux yeux de ses adversaires, la franc-maçonnerie complote aussi contre l’Eglise catholique. La première condamnation papale, en 1738 avait donné le ton. Les imaginations débordant, on a accusé les maçons de faire des « meurtres rituels », tuant les petits enfants et les dévorant tout crus !

A la fin du XIXe siècle, le thème du complot judéo-maçonnique aura le plus grand succès. C’était d’autant plus inattendu qu’il y avait peu de juifs membres de l’ordre.

3.5.3Qu’en est-il de l’antimaçonnisme aujourd’hui ?


Il n’exixte plus, actuellement, de ligue antimaçonnique structurée.

En Italie, suite au scandal provoqué par la loge P2, des campagnes de presse tentent d’assimiler l’ensemble des loges italiennes à la loge mafieuse.

Mais il y a un lourd héritage de 3 siècles de condamnations par l’Eglise catholique, de médisances, de fabulations, et donc la maçonnerie est encore aujourd’hui mal perçue, mal connue par un très nombreux public. D’ou cette conférence, que je fais volontiers, pour tenter de « dédramatiser » la franc-maçonnerie.

3.6La franc-maçonnerie : en devenir membre

3.6.1Pourquoi devient-on franc-maçon ?


La grande majorité des profanes qui demandent à être franc-maçon le font par idéal. Les candidats espèrent rencontrer en loge des personnes qui poursuivent la même démarche intellectuelle qu’eux mais qui n’ont pas nécessairement les mêmes idées. Ils comptent arriver ainsi, par des échanges sincères, à un enrichissement de leur personnalité. La plupart mettent l’accent sur la recherche d’une fraternité et d’une chaleur humaine de plus en plus absentes de notre monde mécanisé et robotisé. Beaucoup souhaitent aussi contribuer, dans la mesure de leurs moyens, à une œuvre de progrès social.

3.6.2Comment devient-on franc-maçon ?


Expliquer en 2 mots le parrainage

3.6.3Et si l’on ne connaît pas de franc-maçons ?


Ecrire à une obédience une lettre motivée, après s’être documenté.

3.6.4Quelles sont les conditions pour devenir franc-maçon ?


La plupart des rituels imposent une double condition, issue de la Tradition : il faut être "libre et de bonnes moeurs".

Mais d’autres conditions :

  • 21 ou 25 ans

  • avoir le temps

  • avoir l’intelligence nécessaire pour suivre les débats

  • face aux obligations financières sans porter préjudice à sa famille (7.300 BEF par an)



3.6.5Y a-t-il un délai d’attente ?


Au moins un an. Souvent plus.

3.6.6Peut-on quitter la franc-maçonnerie ?



Oui, bien sûr, sans avoir à se justifier.

On peut aussi être exclus.

4Conclusion


La franc-maçonnerie est une société fondamentalement pluraliste. C’est son originalité.

Sa cohérence est assurée par une tradition et un langage symbolique. L’une et l’autre véhiculent, non des dogmes, mais des valeurs.

Parmis elles, s’imposent d’abord la liberté de conscience et parallèlement, l’obligation pour chacun de suivre sa conscience. En un mot, l’autonomie. Pas d’autorité doctrinale extérieure à l’individu. Le temple est un lieu de recherche libre où la mise en question est toujours possible.

L’égalité est une valeur clé. Il ne faut pas la confondre avec l’identité. Les maçons sont différents à tous points de vue. Mais, quelles que soient leurs origines, leurs formations, leurs compétences, ils dialoguent de conscience à conscience.

Enfin, ils ont un idéal de fraternité. En quoi consiste cette fraternité ? Finalement, c’est l’amour. L’amour des proches et des lointains. Mais comment vivre cet amour et y répondre concrètement ? Question ouverte.

En tous cas, autant que possible, aux questions les plus critiques, on cherche des réponses constructives. Tant sur le plan social que sur le plan individuel. Des maçons qui ne seraient pas des constructeurs ne seraient plus des maçons. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer7 ».

5Des figures célèbres (pour mémoire)


Des hommes de lettres et des philosophes

Montesquieu, Voltaire, Cassanova, Choderlos de Laclos, le comte Joseph de Maistre, Rouget de Lisle, Gotthold Ephraïm Lessing, Goethe, Herder, Alexander Pope, Burms, Walter Scott, Sheridan, Vittorio Alfieri, Stendhal, Emile Littré, Jules Vallès, Proudhon, Oscar Wilde, Vincente Blasco Ibanes, Alexandre Pouchkine, Heinrich Heine, Mark Twain, Arthur Conan Doyle, Rudyard Kipling, Georges Dumézil, Frédérick Tristan.

Des musiciens et de Grands Compositeurs

Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et son père Léopold Mozart, Cherubini, Franz Liszt, Jean Sibelius, Giacomo Meyerbeer, le musicien belge Gretry, Karl Goldmark, compositeur juif autrichien, qui a écrit un opéra maçonnique "La Reine de Saba", Count Basie, Duke Ellington, Lionel Hampton, Louis Armstrong.

Des politiciens, des rois, des militaires, des libérateurs et des ministres

Frédéric II de Prusse, Frédéric-Guillaume Ier, Léopold Ier de Belgique, Georges Washington, Georges IV, Georges VI, Edouard VII, Edouard VIII, marquis de La Fayette, Joseph Bonaparte, Benjamin Franklin, David Crockett, James Monroe, Franklin D. Roosevelt, Guiseppe Garibaldi, Winston Churchill, Harry S Truman, Theodore Rossevelt, Lyndon B. Johnson, Simon Bolivar, Gerald Ford, Salvador Allende, Abd-el-Kader, Omar Bongo, Edouard Benès, Maréchal Joffre, Wellington, comte de Mirabeau, Jules Ferry, Charles Hernu

Des artistes

Le sculpteur Bartholdi, Cecil B. De Mille, Oliver Hardy, Clark Gable, John Wayne, Marc Chagall, Juan Gris.

Des savants, inventeurs et industriels

Les médecins Alexander Fleming et Edward Jenner, Samuel Hahnemann, inventeur de l'homéopatie, les frères Montgolfier, John Macadam, George M. Pullman, l'astonaute Edwin Aldrin, W.P. Chrysler, Henri Ford, Olds et André Citroën, Samuel Colt, le psychologue Ovide Decroly, Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, K.C. Gillette, l'aviateur Charles Lindbergh, Joseph I.

1 Artefact : Phénomène d’origine artificielle ou accidentelle, rencontré au cours d’une observation ou d’une expérience

2 Ensemble de renseignements que le médecin recueille en interrogant le malade sur l’histoire de sa maladie

3 polysémique : qui présente plusieurs sens

4 Sémantique : relatif au sens, à la signification des unites linguistiques

5 exemple : brûler de désir, la lumière de l’esprit, la fleur des ans

6 Nouveau Testament, I Pierre, 2, 5

7 Maxime attribuée à Guillaume le Taciturne



08/04/01

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