On dit que chaque ville, chaque pays a son odeur. Paris, dit-on, sent ou sentait le choux aigre. Le Cap sent le mouton








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L'ODEUR DES VILLES DE DEMAIN

Le legs du passé
Conférence à la Société Française de Parfumerie, Paris, 19 mars 2003

Quelles odeurs auront les villes de demain ?

Les odeurs que nous leur créerons, bien évidemment.

Fruits de l'imagination de créateurs, désirs hédonistes de nouvelles manières de vivre autrement, sensibilités différentes par rapport aux paysages urbains, elles représenteront tout cela et donneront forme à nos espoirs sur l'avenir.

Mais l'avenir est, comme le pensent les Chinois, ce qui est caché derrière l'horizon, ce qu'on ne peut voir, ce qui n'a aucune forme d'apparence.

Le passé par contre, si on les suit, c'est ce qu'on peut lire et qui s'élève devant les yeux, ce qui se trouve déjà au-dessus de l'horizon.
Ce passé qu'on peut lire, peut-il nous aider, nous donner des pistes, nous servir d'enseignement ? Pour ce faire, j'ai commencé par collationner des textes et rassemblé une centaine de descriptions d'odeurs de villes européennes, du XVIè s à aujourd'hui.

Sur cette base, je me suis demandé si je pouvais trouver, mettre en lumière des constances, les invariants.

Que disent les textes ?

Ils n'évoquent pas seulement une succession de puanteurs et de miasmes mais nous renseignent avant tout sur l'homme.

Commençons par parler d'un de vos compatriotes célèbres.

En 1864, Charles Baudelaire quitte Paris et se réfugie à Bruxelles. Ne supportant pas la mentalité des gens, la grossièreté des moeurs, il y vivra une expérience malheureuse dont il tirera un projet de livre intitulé "Pauvre Belgique").

Au début des nombreuses notes qui formaient la matière du livre, il écrit:

On dit que chaque ville, chaque pays a son odeur. Paris, dit-on, sent ou sentait le choux aigre. Le Cap sent le mouton. [...] La Russie sent le cuir. Lyon sent le charbon. L’Orient, en général sent le musc et la charogne. Bruxelles sent le savon noir. Les chambres d’hôtel sentent le savon noir - avec lequel elles ont été lavées. Les lits sentent le savon noir - ce qui engendre l’insomnie pendant les premiers jours. Les serviettes sentent le savon noir. Les trottoirs sentent le savon noir. (1)
Autre ville, autres témoignages:
Vers 1920, Stefan Zweig se rend à Londres, et il écrit dans son "souvenir d'un Européen":

Pourquoi ne pas revoir Londres après des années et avec des regards neufs les musées, le pays et la ville? [...] Je redescendis après trente ans à la gare de Victoria, et je m’étonnai seulement à mon arrivée de ne pas rouler en cab jusqu’à mon hôtel, mais en auto. Le brouillard, le gris tendre et frais, était semblable à celui de jadis. Je n’avais pas encore jeté un coup d’oeil sur la rue, mais mon odorat avait déjà reconnu, après trente ans, cet air singulièrement âpre, dense, humide et qui vous enveloppe de près. (2)
Londres – (1947)

Il existe une odeur de Londres, subtil parfum complexe et combiné de brouillard, d’asphalte chaud, de cuir de Russie, de pale ale, de pickles, de tabac anglais (mélangé de miel et d’opium), d’étoffe de tweed. (André Siegfried) (3)

Trois voyageurs à l'étranger, trois regards avec la distance que cela signifie lorsqu'on se trouve dans une ville qui n'est pas la sienne.
D'emblée se dessinent déjà toutes les caractéristiques du problème:

• 1èrement l'odeur d'une ville n'est pas une odeur globale, elle est le plus souvent une impression pointélliste qu'une odeur unique, plutôt des touches rassemblées en un tout globalisant et associé comme tel avec cette ville.

• 2è c'est une expérience personnelle et hautement subjective,

autrement dit, ce qui est vrai et fort pour une personne ne l'est pas nécessairement pour son voisin.

• 3è l'odeur d'une ville est en relation d'avec une expérience personnelle

et plus ce vécu personnel est important, plus fort le souvenir olfactif en sera marqué
trois caractéristiques si bien évoquées par Roland Barthes

Tout Bayonne est ramassé dans une odeur composée, celle du Petit Bayonne (quartier entre la Nive et l'Adour): la corde travaillée par les sandaliers, l'épicerie obscure, la cire des vieux bois, les cages d'escalier sans air, le noir des vieilles Basquaises, noires jusqu'à la cupule d'étoffe qui tenait leur chignon, l'huile espagnole, l'humidité des artisanats et des petit commerces (relieurs, quincailliers), la poussière de papier de la bibliothèque municipale (ou j'appris la sexualité dans Suétone et Martial), la colle des pianos en réparation chez Bossière, quelque effluve de chocolat, produit de la ville, tout cela consistant, historique, provincial et méridional. (4)

Mais peut-on parler d'odeurs des villes ou plutôt d'odeurs perçues ?

Car nous venons de la voir, chaque fois, nous avons eu affaire à des observateurs, des personnes ayant remarquées, notées telle ou telle effluve.

Vous pouvez me rétorquer que les descriptions citées plus haut n'ont de valeur que parce qu'il n'existait pas d'instruments de mesure tels que nous les connaissons aujourd'hui afin de transcrire exactement les ambiances olfactives de ces villes du passé, ni de méthodes rigoureuses permettant de rendre compte de ce qu'elles étaient réellement.
Parce qu'il faut mettre en évidence une notion qui est encore plus importante à mes yeux et qui nous lie à ces témoignages du passé.

Certains d'entre-vous seront probablement étonnés d'apprendre qu'une norme AFNOR définissant l'olfactomètre est en réalité, non un nez artificiel, mais bien un groupe de personnes respirant. Les mesures s'effectuent en traitant statistiquement les réponses orales de ce "jury".

Si les instruments peuvent nous donner toutes les composantes d'une odeur, aucune machine ne peut dire si une odeur est agréable ou non. Seul un nez humain peut dire si une molécule est pour lui odorante et qu'en fait, nous pouvons dire qu'un lieu est odorant seulement parce que nous prenons conscience en le traversant.
Vous comprenez de ce fait que les témoignages de passé conservent toutes leur vigueur, leur pertinence, leur authenticité et qu'ils continuent à nous servir de matériau de base dans notre réflexion.

Reprenons les 3 caractéristiques mise en évidence plus haut:

On peut se demander s'il y une odeur plus importante partagée par tous ? une odeur qui signifie – ville - ?

A cette question précise, j'ai d'abord demandé à mes étudiants ce qu'ils en pensaient, quel était leur avis. Ils ont répondu en grande majorité: la pollution. Des bouffées, l'étouffement, la puanteur des gaz d'échappement. C'est en effet elle qui enveloppe tout, air dans lequel baigne les grandes cités. Ils ajoutent quelquefois l'air moite et lourd dans les transports en commun ou encore l'odeur des friteries et des marchands des gaufres chaudes.
Poursuivons la recherche dans les textes. Y trouve-t-on un consensus ?

Rudyard Kipling écrit:
Je crois, pour ma part, jusqu'à plus ample informé, qu'il existe seulement deux odeurs fondamentales capables de produire une impression sur tous les êtres humains : l'odeur du combustible en train de brûler et l'odeur de la graisse fondante, c'est à­-dire ce sur quoi l'homme fait cuire ses ali­ments et ce dans quoi il les fait cuire.

Le combustible comprend des variétés infinies allant du charbon aux excréments d'animaux (en particulier la bouse de vache) et à l'écorce de noix de coco ; la graisse va du beurre, en passant par le ghi, à l'huile de palme et à l'huile de noix de coco; et ces deux éléments, soit sépa­rés, soit combinés, forment la base et fournissent le poison actif de la presque totalité des odeurs qui assaillent et trou­blent l'esprit du vagabond de la terre revenu à la civilisation.
Je place la fumée de bois en première ligne, parce qu'elle évoque dans l'esprit d'un plus grand nombre d'individus des souvenirs plus variés, des souvenirs plus intimes, embrassant une plus vaste étendue géographique que n'importe quel autre agent à nous connu.

[…]

Après la fumée de bois, c'est l'odeur de la graisse fondante qui exerce l'action la plus profonde sur les fibres les plus intimes du voyageur impénitent. Je veux dire cette odeur ou plutôt ce bouquet d'odeurs qu'on peut recueillir à la porte d'une de ces boutiques de Londres où se débite le pois­son frit. L'impression produite par cette odeur est d'un caractère plus imprécis, moins sentimental que celle exercée par la fumée de bois, mais son emprise est plus violente. (5)

Il est vrai que certaines villes sont encore actuellement "recouvertes" par une odeur uniforme, odeur qui enveloppe tout et qui sont de ce fait associées à elles.

Odeurs pénétrantes (qui pénètre)

Citons deux d'entre-elles:

La ville de Maisons-Alfort – (1995)

Depuis plus d’un siècle, l’odeur fétide de la fermentation marque l’espace et le rythme le temps des Maisonnais. L’usine Springer, qui fabrique de la levure, (15 ha d’usine en plein centre ville), produit des odeurs qui marquent de leur empreinte fluctuante et impalpable l’ensemble d’un territoire urbain. Quand on les interroge à propos de l’odeur, les gens ont souvent du mal à décrire autrement que par une réaction de rejet: “c’est extrêmement désagréable”, “c’est à vomir”, "c’est une horreur, épouvantable”, “ça a un côté douceâtre, écoeurant”. Les équarrissages de chevaux qui étaient encore pratiqués jusqu’à une date récente à l’Ecole Vétérinaire représentaient la deuxième nuisance olfactive dont souffraient les Maisonnais. (Vincent Moriniaux) (6)
A Virton (Sud de la Belgique, après Arlon) me disait une étudiante, nous savons que nous nous approchons du centre parce que l’odeur prononcée de choux, provenant de l’usine de pâte à papier voisine s’accentue. Dès qu’il pleut, toute la région sent le choux, je ne sais pour quelle raison c’est plus prononcé à ces moments-là. Ca sent plus fort dans les cuvettes. Il y a des gens que ça dérange, moi pas.

Les gens étaient contents de retrouver l’odeur quand l’usine a rouvert après 3 années de fermeture. (l’usine emploie environ 1500 personnes)

[Source principale des odeurs: juste après cuisson qui se fait avec une solution de soude caustique et de sulfure sodium, on vide les autoclaves produisant un dégagement d’H2S, composés organiques sulfurés qui sont odoriférants à faible dose.] (Sophie Duquet) 1996. (7)

Lorsqu’on traverse cette région, on dirait que tout le monde cuit de la choucroute. Commente une amie. (Chantal Cornil) (8)
J'ai pu expérimenter la même odeur dans la ville d'Oulu en Finlande, où les usines de pâte à papier répandaient sur la cité de manière constante une odeur de suret.

Meilleures senteurs, pourtant d'origines industrielles, sont celles provoquées par les usines d'huile d'olive qui enveloppent les villes d'Andalousie, de Cordoue à Séville.

Cette dernière fait exception parce que

Les nuits d’avril, leurs fleurs largement dilatées exultent leur azahar (fleur d’oranger) envoûtant, l’amertume des conifères s’estompent, les tubéreuses enivrent. (9)
Je l'ai dit plus haut, le plus souvent, l'odeur d'une ville est avant tout associée à des quartiers, elle délimite des zones, reprend quelques lieux épars que les gens regroupent habituellement en une image globale: évoquons 3 lieux à Paris:
Aux belles rues Saint-Honoré, Saint-Antoine, Saint-Louis-au-Marais, opposez la rue du Pied-de-Boeuf, située tout au coeur de la ville; c’est bien l’endroit le plus puant qui existe dans le monde entier. Écrit Louis Sébastien Mercier vers 1785 [la rue du Pied-de-Boeuf était située à l’emplacement actuel du Théâtre de la Ville, place du Châtelet] Là une juridiction qu’on nomme le Grand-Châtelet; puis des voûtes sombres et l’embarras d’un sale marché; ensuite un lieu où l’on dépose tous les cadavres pourris, trouvés dans la rivière, ou assassinés aux environs de la ville. Joignez-y une prison, une boucherie, une tuerie; tout cela ne compose qu’un même bloc empesté, emboué et placé à la descente du Pont-au-Change. De ce pont si surchargé de vilaines maisons, voulez-vous aller à la rue Saint-Denis? Les voitures sont obligées de faire un détour par une rue étroite, où se trouve un égout puant, et presque vis-à-vis de cet égout est la rue Pied-de-Boeuf, qui aboutit à des ruelles étroites, fétides, baignées de sang de bestiaux, moitié corrompu, moitié coulant dans la rivière. Une exhalaison pestilentielle n’abandonne jamais cet endroit, et dans le débouché qui donne près de chute du pont Notre-Dame, dans la rue de la Planche-Mibray [qui tirait son nom des planches jetées au-dessus de la bray ou boue de la rue], on est obligé de retenir sa respiration et de passer vite, tant l’odeur de ces ruelles vous suffoque en passant. (10)

Le même auteur, parlant d'un autre endroit de Paris, écrit à la même époque:

Qui n’aime point à sentir l’odeur du foin nouvellement coupé, celui-là ne connaît pas le plus agréable des parfums; qui aime cette odeur, qu’il aille deux fois par semaine vers la porte d’Enfer [aujourd’hui Denfert-Rochereau]. Là, sont de longues files de charrettes surchargées de foin; elles sont immobiles, et attendent les acheteurs. Je régale mon odorat en passant à travers ces charrettes, car je ne connais rien de plus agréable que l’odeur du foin nouvellement coupé. (11)
Pour Julien Green, l'odeur de Paris est associée à la rue Jean-Bologne. (1920)

Dans les insomnies du petit jour, il m’arrive de refaire cette promenade impossible, et si la fantaisie me prend d’aller, comme autrefois, porter des livres à mon relieur, qui n’habite pas loin de la rue Raynouard, j’hésite entre la rue de l’Annonciation et la rue Jean-Bologne, et presque toujours je choisis cette dernière à cause de son chantier à charbon dont la beauté inhumaine a le charme horrifiant d’un paysage lunaire. Je veux regarder les pyramides noires au fond éclaboussé d’argent, et les stères de bûches à l’architecture babylonienne; il m’est agréable de respirer là l’odeur immémoriale du bois, de l’anthracite et du coke. (12)


Les odeurs de demain:
On ne retrouvera pas les fumigations,

Les processions jonchées de fleurs, les ventes de bois ou d'herbe coupées,

Ni les tueries privées, ni les puanteurs des travaux de tannerie.

Notre avenir marchand, ce sont les odeurs du tertiaire, odeurs des papiers,

Odeurs des banques, des agences de voyages, des compagnies d'assurances, des centres culturels, odeurs des transports en commun, des aéroports.

Il est évident que toutes les banques ne devront pas sentir la même odeur "banque" pour les identifier et les caractériser, ni les compagnies d'assurances "la même odeur compagnie d'assurance", ni les cinémas "la même odeur cinéma",…
Néanmoins, les identifier, leur donner une nouvelle signature olfactive demeure importante.

Je voudrais citer ici le géographe Robert Dulau
Il semble bien que nous ayons progressivement substitué au large champ du senti, le champ appauvri de la fadeur. Le monde des odeurs se trouve à présent presque confiné dans un espace de liberté codifiée où règnent les valeurs odorantes liées à une hygiène renforcée s'insérant dans le cercle clos de l'intimité : le parfum ou le déodorant en guise de parure.

Ce rejet, cet enfouissement du champ du senti qui surgissait naguère en maints endroits de la cité, qualifiant ici et là les espaces, suscitant des limites fluantes, procède bien encore d'une certaine puissance de la modernité. Celle ci garde inexorablement cette tendance à universaliser, à modéliser, voire à imposer à tous subtilement les mêmes sensations et les perceptions.

(…)

Naguère à Paris, le franchissement d’un quartier vers un autre, de celui des Halles par exemple à celui des Tanneurs et des Teinturiers, avait accoutumé le passant, le riverain, à l’existence même d’odeurs qui traçaient, en les délimitant, des territoires différents. Au-delà du caractère strictement désagréable et nauséabond qu’elles suscitaient, ces odeurs étaient pour le moins reconnues et partagées par le passant en autant d’espaces porteurs de sens et révélateurs d’une pratique, d’une activité spécifique.

Elles structuraient dans le temps, de manière invisible, l’espace, en suscitant des ambiances particulières. Leur présence signalait au nez et au regard du riverain, un quartier, une rue, avec son fourmillement, ses clameurs et sa tonalité. Seul le nom des rues dans les centres anciens et les faubourgs en Europe en ont gardé parfois la mémoire, presque la saveur. (12)
Si notre volonté a été de supprimer les bonnes et les mauvaises odeurs, si nous ne sommes plus ni charmés, ni écoeurés, ni surpris d'aise, ni mis en éveil, si nos cités se sentent plus, qu'avons nous perdu ?

Les miasmes, les relents de ruisseaux servant d'égout à ciel ouvert, les crottins de chevaux sur la terre battue, la puanteur des ruelles, les usines malodorantes, etc ... et c'est un bienfait.

Mais nous avons également perdu l'identification des lieux contenant de bonnes odeurs: celle maternelle (Duhamel) du pain chaud des boulangers, du bois que l'on coupe, des produits de droguerie, les bouffées des marchands d'épices, etc ...

Nous avons perdu avec l'odeur un des éléments qui impriment le mieux notre mémoire de souvenirs, et d'attachements. Une ville essentiellement visuelle ne laisse pas les mêmes traces dans notre mémoire que le font quelques marques odorantes. Si nous avons les photos, le cinéma, nous n'avons plus 'l'odeur de ma rue", celle du quartier de notre enfance.

A une époque où la majorité des gens habiteront les villes, où nous efforçons par de nombreux moyens de trouver une reconnaissance des villes par leurs habitants, à susciter un attachement à leurs cités autrement que par le travail. Les valeurs affectives, qui construisent précisément cet attachement, sont basées sur des émotions et l'histoire personnelle de chacun.
Aussi, dans "la nature de remplacement" (Boeminghans) que sont les villes pour beaucoup de part les stimulations rencontrées, réintroduire les (bonnes) odeurs de certains métiers est éminemment souhaitable.

Le passé à nouveau nous servira d'inspiration, non par nostalgie, mais pour souligner les caractéristiques de chacun des métiers,

des commerces (marchands de cuir, osier, herbes, bougies, cafés, thés, pain, …)

retrouver la puissance de ces odeurs de métiers,
Le lien intime qui lie l'odeur d'un lieu à la nature de son activité ne tient aujourd'hui plus. Principalement, parce dans notre société post-industrielle, on vend plus de services que de matériaux odorants ou des activités industrielles ou artisanales.

En d'autres termes, les bureaux d'avocats ne se distinguent olfactivement pas d'une agence de voyage, d'une école d'ingénieurs, d'un hôtel ou du siège d'une compagnie aérienne.

A moins qu'on leur crée des signatures olfactives particulières essayant de conserver ce lien identitaire avec l'hypothèse que l'hôtel sente l'hôtel, l'école sente l'école, le centre culturel sente le centre culturel, la poste sente la poste, la gare sente la gare,…Illusoire et ennuyeux.

Alors, quelles solutions pour demain ?
C'est bien une autre voie, une voie plus poétique qu'il est donc nécessaire d'investiguer.
Pour nous inspirer, évoquons cette fois 3 activités anciennes, non pour le lien direct entre odeur et nature des matières utilisées, mais pour leur "évocation autre", leur "données poétiques", ce qu'elles déclenchent en nous, en quoi elles nous font rêver, …

A Paris d'abord:
[des journaux] il y en avait rue Saint-Martin et dans les immeubles de la rue du Croissant consacrés du haut en bas à la chose imprimée.

Je découvrais, des escaliers incroyables, des fenêtres de guingois, des métiers de toutes sortes logés dans ces maisons. Rue du Croissant, c’était l’activité fébrile, la bonne odeur d’encre d’imprimerie, la bousculade sur les paliers et dans les escaliers, car on y imprimait plusieurs quotidiens. [...] je faisais toutes ces courses à pied, le nez en l’air, à m’imprégner de la vie qui coulait autour de moi. Tout me frappait. Tout s’enregistrait, l’apostrophe pittoresque d’un gamin des rues, la dispute entre une marchande des petites charrettes et sa cliente.

(Georges Simenon) 1925 (13)
Peut-être moins puissante, mais tout aussi subtile: Simenon évoque les grands magasins au cœur de sa ville natale:

Liège – vers 1912

Des grands magasins, il y en avait trois place Saint-Lambert. Le grand bazar, le plus vaste, avec trois ou quatre étages de galeries, où l’on vendait de tout, depuis les crayons et les cahiers d’écoliers jusqu’aux bicyclettes, aux outils, que sais-je encore, de tout sauf des vêtements et du tissu. Son voisin, un autre très grand magasin, Vaxelaire-Claes, était spécialisé, lui, dans la confection, mais dans une confection soignée qui correspondait à ce qu’on appelle aujourd’hui le prêt-à-porter. Enfin, venait l’Innovation.

Les deux premiers magasins cités étaient brillamment éclairés et bruyants. L’Innovation, au contraire, de proportions un peu plus modestes, semblait vouloir garder un éclairage plus intime, une sorte de pénombre dans laquelle on marchait à pas feutrés, on parlait presque à voix basse en circulant dans les rayons, et les inspecteurs, plantés à certains points stratégiques, étaient des messieurs dignes qui portaient encore la redingote et les moustaches cirées. L’odeur y était caractéristique. A l’Innovation, on vendait surtout ce qu’on appelle du blanc, du tissu pour les draps de lit, pour le linge de corps, des vêtements d’enfants brodés ou ornés de dentelles, et il s’en dégageait une odeur sourde si caractéristique qu’il me semble encore la sentir tout en dictant ces lignes. (il avait 72 ans à l'époque) Les pièces de tissu, que l’on déroulait devant les clientes sur de longs comptoirs de bois verni, avaient des noms qui ne doivent plus exister aujourd’hui : madapolam, croisé, pur fil, pur lin, et enfin, tout en bas de l’échelle, le coton qui était alors une matière considérée comme vulgaire tandis que les soies, surtout le liberty, tenaient le haut de l’échelle. (14)
Enfin, Nuremberg, qui comptait en 1910, 23 fabriques de crayons et dont on connaît la plus célèbre: Johann Faber:

La fabrique Faber compte 1000 ouvriers. La réserve de bois se trouve dans la cour, sous un vaste hangar surmonté de six paratonnerres ; là sèchent des montagnes de poutres de cèdre, de tilleuls entiers, des bouleaux de Suède et des tas de petites planchettes qui furent sciées sur le lieu d’abatage. Une odeur exquise, balsamique, émane de ces bois de cèdre ; on respire partout la poussière parfumée qui s’échappe des scies mécaniques. Tous les bâtiments sont couverts de cette cendre rouge. Rien que de poussière de cèdre, la maison recueille dans ses ateliers près de 15.000 kilogrammes chaque année, revendus aux fabricants d’huiles éthériques, aux parfumeurs qui en tirent, par le mélange, des parfums variés. (Jules Huret) (15)

Je pourrais multiplier à l'infini les descriptions de métiers, l'évocation des senteurs perdues, l'image olfactive de tel ou tel quartier, le rendu puissant de certains métiers.

Ce qu'il faut surtout en retenir,

C'est que chaque fois, ces évocations des lieux sont profondément senties, ces lieux sont reliés à des histoires, ces odeurs intimement confondues à un vécu. En d'autres termes, il n'y a pas de lieux odorants, il y a des moments olfactifs attachés à des endroits, il y a des moments-lieux odorants, des histoires olfactives de lieux, des souvenirs de lieux odorants,

Ce qui compte donc, c'est bien le vécu
C'est à nos villes de demain de produire les ambiances olfactives, créer un vécu riche de sensations, d'expériences, et qu'on puisse écrire, à propos de Lausanne:

Il était cinq heures après-midi. Je montais lentement vers la cathédrale par les rues étroites de la ville. L’heure du dîner approchait pour les bourgeois qui se hâtaient de rentrer chez eux. Je voyais par les lucarnes des rez-de-chaussée flamber les âtres des cuisines, et les ménagères et les servantes s’empresser autour des chaudières et des tourne-broches. La fumée débordait par plus d’une fenêtre, et l’odeur des lèchefrites remplissait les rues. Ce texte, a plus de 150 ans, il a été écrit par Victor Hugo en 1839 lors d'un voyage en Suisse. (16)
Afin de mieux prendre en compte l'olfactif dans nos villes, il est nécessaire de trouver les moyens de représenter les odeurs dans les espaces urbains.

Qu’entends-t-on par espace urbain ?
Pour la majorité des gens, l’expérience de l’architecture et de l’espace demeure essentiellement visuelle. L’architecture: ce sont les bâtiments. Et l’espace, qu'il soit urbain ou intérieur, c’est le vide contenu entre les parois. L'espace, c'est le négatif des plan des villes. Et c’est ici que réside le malentendu, car l’espace, ce n’est pas du vide, mais bien UN VERITABLE MILIEU DE VIE enclos dans les murs, milieu de vie stimulant les sens. L’ESPACE, ce sont des ombres et des lumières, des proportions et des couleurs, des perspectives et des décors, données visuelles, mais aussi des sons qui se réverbèrent, des surfaces que foulent nos pieds, des textures que l’on touche, des températures qui nous mettent à l’aise et des odeurs qui nous enveloppent et nous séduisent. Toutes choses qui s’additionnant, multiplient leurs effets en un ensemble que nous percevons comme un “entourement” global.

pourquoi avons-nous des difficultés à représenter les odeurs dans l’espace ?

essentiellement pour 3 raisons :

1° parce que les odeurs sont invisibles,

2° du fait qu’on ne représente que les données visuelles de l’architecture, et que l’espace, là où l’on vit, est constitué d’air, de lumières, de degrés hygrométriques, de températures, d’odeurs, TOUTES CHOSES INVISIBLES ET TRANSPARENTES :   on ne peut les dessiner,

3° enfin, nous ne représentons que la matérialité des choses, ce qui est solide, visible, et l’espace, lui n’est pas matériel. On dessine les limites de l’espace, les murs, mais pas l’espace lui-même, le milieu de vie qui est au centre. Identiquement, lorsqu’on dessine une bouteille, on trace les parois mais pas le plus important : l’espace compris entre les parois.
Si l’on considère l’espace urbain comme de véritables milieux de vie, où tous les éléments sont importants, alors on se doit de représenter les odeurs et les sons, les températures et le degré hygrométrique de l’air. Or,

1° tous ces éléments sont invisibles. Or, d'une part, nous vivons dans un monde hypervisuel, et d'autre part, nous manquons d’outils, de moyens de représentation pour ces éléments.

La représentation des autres sens que la vue est peu fréquente et difficile. Lire un relevé en décibels, des abaques d'enthalpie ne sont pas accessibles par tous. Encore faut-il "traduire" cela en sensations déjà éprouvées pour saisir le contenu de ces chiffres.

2° avec la vue, je peux toujours rester distant des choses, en ce qui concerne les sons et les odeurs je me trouve totalement enveloppé. Et il est très difficile de dessiner quelque chose qui m’entoure, qui m’enveloppe, un milieu dans lequel je suis de ce fait impliqué.
Ces problèmes ne sont pas nouveaux.

Lorsqu’on regarde des tableaux anciens, des dessins ou de vieilles photos montrant des rues animées par la foule des chevaux, des badauds, des colporteurs, etc... , ou des places de marché remplies de monde, il est de plus frappant de les trouver silencieuses et inodores. Ces facteurs pourtant si présents dans la réalité, une fois peints ou imprimés sur papier, ont perdu leurs caractéristiques et leurs intensités. Les foules sont devenues muettes, les sabots des chevaux sur les pavés, silencieux, les rues sans odeurs, et les bâtiments exposés au soleil ont perdu leur chaleur.

Toutes ces caractéristiques si présentes dans le vécu, parce qu’invisibles et transparentes, se trouvent gommées du fait qu’on ne parvient pas à les représenter visuellement.
Enfin, Il faut introduire ici une dernière notion : la manière dont nous avons archivé le passé est significative. Autant nous possédons des dessins vieux de plusieurs milliers d’années, des sculptures aussi anciennes, les archives sonores que nous avons gardées n’ont qu’un peu plus d’une centaine d’années, et les archives olfactives sont encore plus jeunes.

J'en viens à la conclusion:

Qu'avons-nous appris de l'héritage du passé? :

1èrement: Que si "la ville a un parfum d'activité, de vitesse, de monde, de pollution",

l'odeur a été, de toute époque et dans toutes les villes, d'abord un marqueur de territoire délimitant des zones d'activités, qui par la suite construisent et structurent nos cartes mentales et l'image que nous possédons de nos cités,
2è que l'odorat, ce sens du goût à distance (> une odeur de boulangerie qui allèche), ce sens étant un élément constituant de la ville qui enrichi notre vécu et par là notre attachement à la cité,

mais surtout, que l'odorat remet l'homme au centre de l'expérience urbaine, et ceci est le deuxième enseignement qui nous est donné.
Recréer des passages odorants, des zones olfactives qui nous enveloppent, seront autant de moments de plaisirs et de futurs souvenirs qui fixeront notre mémoire : fumet de grillade, de pitas qui cuisent ou des escargots; odeurs des foires, nougats chauds, effluves de friterie, ...

Multiplier les images parfumées et l'identification de lieux par des arômes, tenir compte de vents dominants, sélectionner plus d'arbres odorants, planter plus de lilas dans les parcs, édifier des serres contenant des plantes à senteurs prononcées : autant de valeurs affectives, autant de pouvoirs évocateurs qui jalonneront nos vies.

Nous devons considérer l'odeur comme un outil, un matériau dont la potentialité se doit d'être pris en compte dans la composition générale de la ville et encourager des créateurs agissant dans ce sens afin qu'il passe ces soirs là des anges dans le vent" (Bourget). (17)

Je terminerai cet exposé par la lecture d'un extrait d'une lettre que m'a adressée la psychologue Geneviève Declève:
Et tu conclus tes remarques en renvoyant le lec­teur aux "repères anciens qu'étaient pour" toi certaines odeurs. Il me semble que ton expression dit bien ce dont il s'agit : l'important n'est pas tant l'identification de telle ou telle odeur, le fait de reconnaître qu'elle a été émise par tel produit, ou telle matière, ou tel événement, mais bien son pouvoir de renvoyer à une situation beaucoup plus large, plus globale, plus riche, à un ensemble qui situe (cf le concept de situation) dont tu fais partie indissociablement. L'important n'est pas tant l'o­deur du chocolat que l'ensemble auquel cette odeur appar­tient et qu'elle réveille; plus exactement : auquel elle appartient pour toi et qu'elle réveille en toi. A ce titre l'odeur est signe et repère. Elle n'est pas seu­lement ce qui émane de tel produit alimentaire, odeur du chocolat.. du sucre, des marrons, des caricoles ... L'odeur du chocolat était pour toi repère parce qu'elle te situait dans l'espace et dans le temps : à Bruxelles, "au sortir de la gare du Midi, en finale d'un voyage presqu'achevé, retour dans des lieux familiers chaleureux ou menaçants, balisés dans toutes les directions géographiques et senso­rielles, annonçant ennuis ou joies, présences ou absences, proximités ou distances désirées ou non ...   L'odeur d'é­ther pourrait être examinée dans la même perspective. Elle était odeur d'hôpital incluant appréhension, soins, soumis­sion, carrelage qui fait résonner pas et bruits ...
Dans sa fonction de témoin d'une présence plus ou moins  proche de chocolat, d'éther, de lait battu c'est à dire l'odeur isolée de son contexte et séparée de celui qui l'éprouve, identifiée comme composante maté­rielle d'un environnement, l'odeur est utile, elle a une fonction biologique, mais elle ne me parait pas essentielle à l'expérience quotidienne, à ce qu'on appelle "le vécu". Dans sa fonction de signe et de repère c'est l'inverse : elle me situe et me constitue en me révélant mon apparte­nance au monde de maintenant (donc de tout à l'heure) et d'hier. (18)
Je vous remercie de votre attention.

Marc Crunelle


Notes:

(1) Charles Baudelaire: “Pauvre Belgique”, éd. Louis Conard, Paris, 1953, pp. 12-13.

(2) Stefan Zweig, “Le monde d’hier - souvenirs d’un Européen”, Albin Michel, Paris, 1948, p. 439.

(3) André Siegfried, extrait de la conférence donnée le 18 mars 1947 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris sous le titre “Quelques aspects mal explorés de la géographie: la géographie des couleurs, des odeurs et des sons”, in: “Géographie des odeurs” (sous la dir. de Robert Dulau et Jean-Robert Pitte), l’Harmattan, coll. Géographie et cultures, Paris, 1998, p. 20.

(4) Roland Barthes, "Roland Barthes par Roland Barthes", Seuil, coll. Ecrivains de toujours, Paris, 1975, p. 122.

(5) Rudyard Kipling, "Des voyages et des parfums", Société littéraire de France, Paris, 1917, pp. 34-38.

(6) Vincent Moriniaux, “Les odeurs de levure dans la ville de Maisons-Alfort “, in: “Géographie des odeurs “ (sous la dir. de Robert Dulau et Jean-Robert Pitte), l’Harmattan, coll. Géographie et cultures, Paris, 1998, pp. 159-161.

(précisons que l’usine “Fould-Springer possède le leadership mondial dans le domaine des protéines de levure qui servent à aromatiser les bouillons, les potages et les plats cuisinés. Mais c’est surtout 15 ha d’usine en plein centre ville, 5 fermenteurs de 300 m³, 8 bacs de stockage des crèmes de levure et une odeur pestilentielle qui se répand sur la ville, aux abords directs de l’usine et dans certains quartiers”, idem p. 159.)

(7) Sophie Duquet, 22 ans, (étudiante de 5ème année à l’institut Supérieur d’Architecture Victor Horta, Bruxelles, février 1996.) communication personnelle.

(8) Chantal Cornil, propos recueillis en 1996 par M.C.

(9) Sophie Lignon-Darmaillac, “L’Alcazar et l’encens, géographie des odeurs sévillanes”, in: “Géographie des odeurs” (sous la dir. de Robert Dulau et Jean-Robert Pitte), l’Harmattan, coll. Géographie et cultures, Paris, 1998, p. 213.

(10) Louis Sébastien Mercier, “Tableau de Paris” (1785), Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 1990, p. 184.

(11) Louis Sébastien Mercier, “Tableau de Paris” (1785), Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 1990, p. 302.

(12) Julien Green, “Paris”, Champ Vallon, coll. Points Essais n°199, Paris, 1983, p. 39.

(13) Robert Dulau, “Exploration du champ du senti à Pondichéry”, in: “Géographie des odeurs” (sous la dir. de Robert Dulau et Jean-Robert Pitte), l’Harmattan, coll. Géographie et cultures, Paris, 1998, p. 82.

(14) Georges Simenon, (70 ans en 1973), “Mes dictées : un homme comme un autre”, Presses de la cité, coll. omnibus, Paris, 1993, p. 456.

(15) Georges Simenon, (72 ans en 1975), “Mes dictées : vent du nord, vent du sud”, Presses de la cité, coll. omnibus, Paris, 1993, pp. 893-894.

(16) Jules Huret, “En Allemange: la Bavière et la Saxe”, Eugène Fasquelle, Paris, 1916, pp. 207-208.

(17) Victor Hugo, “France et Belgique, Alpes et Pyrénées”, Nelson, Edit., Paris, s.d., p. 328.

(18) Paul Bourget, "Autre souvenir", poème extrait de "Les aveux", in: "Sillages", textes et poèmes sur la parfum choisis par Guy Laroche, Ed. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1983, p. 143.

(18) Geneviève Declève, lettre de mai 1996.

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