Résolution : toujours demander le prix avant de consommer, ici on négocie ou c’est la pigeonnade assurée !








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titreRésolution : toujours demander le prix avant de consommer, ici on négocie ou c’est la pigeonnade assurée !
date de publication30.06.2017
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L’EGYPTE
1er jour : Arrivée au Caire.
Arrivés à 11h30, heure locale, nous sommes immédiatement happés par un chauffeur de taxi, fort sympathique et pas trop cher, qui nous emmène dans la partie de la ville appelée Khan Al Khalili.

Sans trop savoir où nous sommes, sac sur le dos, nous nous enfonçons, surpris et un peu étourdis, dans l’immense souk de ce quartier ; les ruelles sont poussiéreuses et peu entretenues, l’espace pour circuler est limité et la progression d’autant plus difficile que les commerçants vous invitent prestement à « voir » leur boutique pour vous vendre quelque chose à tout prix. D’ailleurs, Seb voulait acheter une puce de téléphone mobile « tourist line » et un vendeur, nous ayant dit qu’il avait ce que nous cherchions, nous invite dans sa boutique minuscule qui manifestement ne vend pas ce type de produit, essaye néanmoins de nous embobiner avec une puce que nous refusons finalement...

Puis nous marchons vers le parc Al Azhar, situé sur l’ancienne et célèbre décharge de la ville… là nous faisons la première expérience de notre statut de touriste : entrée pour les égyptiens – 2 £E ; entrée pour les étrangers – 10 £E.

Nous déjeunons au bord du lac artificiel du parc qui donne sur la vieille citadelle : reposant et dépaysant.

Pour finir de visiter ce quartier, nous prenons notre premier taxi cairote et là c’est la panique : dans des voitures pots de yaourt des années 60-70 (Fiat, Lada et autres Peugeot 504), les chauffeurs conduisent vite et mal : nous sommes accrochés à la poignée de plafond (enfin ce qu’il en reste !!). Malgré la fatigue, nous parcourons les rues médiévales, toujours ébahis et encore sous le choc (choc social, choc culturel, choc apic…), que de petites échoppes d’artisans dans des rues poussiéreuses et ombragées par les tours des mosquées meurtries par le temps.

Tant de vie ! tant d’activité ! cela mérite d’être observé autour d’un thé, avant de repartir par avion vers le sud : Aswan.


2ème jour : Arnaque à Aswan.
Grasse matinée pour Camille qui se lève à… 5h45 ! Après un peu de rab de sommeil, nous partons visiter le Musée Nubien. Dès la sortie de l’hôtel, nous sommes la proie des navigateurs de felouques, des chauffeurs de taxis et des conducteurs de calèches : si les assaillants nous amusent au début, leurs manières insistantes (la prise de manche ou le bras autour du cou ne sont pas loin…) pèsent à la longue. Au musée, c’est une entrée dans le vif du sujet (l’époque pharaonique) avec des photos d’Abou Simbel avant son déplacement, des momies, des sarcophages, des sculptures et autres stèles hiéroglyphiques.

En sortant, nous prenons un coca sur une terrasse et là, c’est le drame : 10 £E les 2 bouteilles de 20 cl de soda (pour information, le prix normal est de 2 £E la bouteille…).

-1ère résolution : toujours demander le prix avant de consommer, ici on négocie ou c’est la pigeonnade assurée !

Puis nous parcourons les rues, le souk d’Aswan (rénové mais très coloré) où les phrases qui reviennent le plus souvent sont :

-“ Hello !”

-“ You know what is it ?” (en désignant une quelconque épice)

-“Where are you from ?” (selon la réponse ils vous sortent quelques mots dans la langue…)

-“Eh, lucky man!” (le charme et la beauté de Camille ne passent pas inaperçus…)

-“What’s your name?”

-“Come inside, just to look... no buy” (sauf qu’après ils vous tiennent pour un bon moment...).

Dans ce souk, nous rencontrons Mustapha, un vendeur sympa qui voulait une de nos bananes et qui, suite à la réponse affirmative de Camille, lui propose du Kohl…

Nous rentrons à l’hôtel, repos au bord de la piscine jusqu’à 17h, heure à laquelle nous avons rendez-vous avec un chauffeur de taxi, qui finalement n’en est pas un, puisqu’il appelle un de ses potes, propriétaire d’une voiture civile… et qui nous prend un peu trop cher (mais ça, nous ne le saurons qu’après !). Bref, la situation ne nous met pas vraiment à l’aise, et pour le retour de l’île Philae (visite du soir pour un son et lumière avec également une scène de harcèlement pour un bakchich injustifié… ), nous rencontrons un couple d’italiens un peu dans le même état d’esprit que nous : un peu perdus mais pas crédules ! Nous les invitons à partager le « taxi » pour le retour, et là c’est le drame, le chauffeur veut un bakchich supplémentaire, nous refusons, le ton monte, les ultimatums sont donnés et finalement nous avons eu raison.

-2ème résolution : ne pas hésiter à élever la voix pour s’imposer et se faire entendre.

Après un très bon restaurant, nous revenons par le souk, nous sommes attirés par des tapis nubiens et, ni une ni deux, le vendeur nous saute dessus. Nos conditions de voyage ne nous autorisent pas à nous encombrer d’un tel objet, notre détermination à ne pas acheter fait passer le prix du tapis de 425 £E à 150 £E.

-3ème résolution : à l’annonce d’un prix, commencer la négociation en divisant le prix annoncé par 3 ou 4 et faire comme si nous n’étions pas intéressés.


3ème jour : La croisière s’amuse !
Ce matin là, avant de quitter la ville pour une croisière à destination de Louxor, nous voulons visiter l’île Eléphantine en prenant une felouque : le 1er assaillant est le bon, captain Zico nous prend pour un prix raisonnable. Si la première demi-heure est parfaite (la bise est efficace et nous sommes dans le sens du courant), l’heure suivante est éprouvante pour notre pauvre Captain, je décide donc de l’aider un peu…

Puis nous visitons le village de l’île tandis que de l’autre côté d’une clôture, les touristes se massent sur le site archéologique. Sur cette île, pas de voiture, des maisons nubiennes très colorées et une école accueillante.

A 11h, c’est le grand départ à bord du « Melody », bateau de croisière simple (mais pour nous c’est déjà le luxe !) où l’équipage y est fort sympathique.

Nous descendons donc le Nil, en passant devant le temple de Kom Ombo (dédié à l’inspecteur…), les bords du fleuve alternent champs de pâtures et villages, ornés de palmiers, sur un fond de désert sec, plus ou moins rocailleux.

Nous arrivons à notre première étape : Edfu, à 17h30, la tentation de découvrir la ville nous prend le bras en direction du centre ville. Après quelques mètres parcourus, c’est le drame : les locaux sont curieux, étonnés de nous voir… mais en profitent rapidement pour demander un bakchich ! 3 gosses commencent à nous accompagner… et clac ! la mains aux fesses de Camille. Petite remontrance menaçante qui éloigne le fautif mais ne décourage pas les 2 autres qui ne nous lâcheront pas du début à la fin « bakchich ? money ? bonbons ? ».

Nous poursuivons jusqu’au souk aux fruits et légumes, où nous découvrons le bon goût d’un verre de jus de canne à sucre.

Le soir, Seb est invité à jouer au foot avec l’équipage et quelques locaux : ambiance très sympa.


4ème jour : EDFU, le temple d’Horus (le dieu à tête de faucon)
Arrivée sur le site à 7h du matin, le flot de touristes commence à se déverser, et malgré le billet d’entrée perdu par Seb (bravo Alain !), nous visitons ce monument extraordinairement bien conservé, le soleil s’invite dans le bâtiment et nous plonge dans l’ambiance mystérieuse d’un lieu chargé d’histoire, j’espère que les photos seront belles ! (en voilà une belle phrase de touriste…).

En les voyant et en les observant justement, tout s’explique : ils ne sont là que pour voir les monuments (le prix des billets l’atteste), grâce à des voyages organisés tout compris, profitant au maximum du luxe qu’il leur est offert sur une semaine, aux dépends d’une confrontation à la réalité qui, certes peut mettre mal à l’aise, mais donne à réfléchir.

Le tourisme en Egypte (plus significativement qu’ailleurs) s’enfonce dans les représentations caricaturées dues à un manque de communication et de partage des cultures, maladroitement véhiculées par la télé.

Arrivée à Louxor à 15h30, dès l’ouverture, nous plongeons dans les richesses historiques du musée de Louxor (le pharaon qui fait le plus peur : Akhénaton, on le croit tout droit sorti d’un dessin animé !). Fin de journée sur une terrasse surélevée, sirotant un jus de citron et observant le délicieux manège des calèches harcelant des touristes indifférents et/ou excédés.

En revenant vers le bateau par le souk, nous sommes les proies-spectateurs de vendeurs collants, roublards et parfois même insultants. Mais tout n’est que causes et conséquences paraît-il !

La «ghazal » Camille (« gazelle » en arabe, un mot que nous connaissions avant de partir et employé par un garde du port surpris par ma compréhension et ma réplique…) et le « luckyman » Seb s’allongent sur les transats du pont supérieur du bateau, main dans la main, pour une petite causerie philosophique sous un ciel étoilé.


5ème jour : Du temple, en veux-tu, en voilà !
Nous commençons tôt le matin par le célèbre temple de Karnak (le jeu de mots est facile, n’est-ce pas Camille ?). C’est splendide, grandiose… tous les superlatifs correspondent à ce site aussi grand que riche.

Retour sur le « Love Boat Melody » pour un dernier petit-déjeuner, puis nous nous dirigeons vers l’hôtel avec piscine choisi la veille, sur les conseils d’un des 2 guides qui nous accompagnent. Et là, c’est le drame : le prix est annoncé sans les taxes et la piscine est inutilisable ! Heureusement un sympathique bonhomme nous dirige vers son hôtel pas cher et très convenable. Le gros sac est à peine posé que nous partons à la recherche du ferry public, vers la rive occidentale de Louxor.

Sur le quai, beaucoup de démarcheurs et presque autant de baratineurs, nous en sommes, bien malgré nous, réduits à refuser systématiquement les « aides et conseils » qui nous paraissent (à tort ou à raison) uniquement motivés par l’espoir d’un bakchich ou l’intérêt d’un « rabattage ».

Conséquence : hormis le taxi qui nous dépose devant les Colosses de Memnon, nous avons fait près de 10km à pieds sous le soleil… qu’est-ce que ça fait du bien ! D’autant plus que nous avons, enfin, des relations « naturelles ».

En effet, en passant à pieds sur la route, les paysans et artisans, d’abord étonnés, affichent un large sourire (même les femmes) dès que l’on prononce le « salamalekom » briseur de glace.

En faisant une pause devant le temple RamsesII, Ahmed, un artisan sculpteur de souvenirs, nous voyant à pieds et seuls (contrairement à la majorité touristique circulant en car et en groupe), nous questionne et nous commençons à converser. Il nous invite dans son atelier pour prendre un thé, et devant notre hésitation, nous dit juste qu’il aime discuter avec nous. Effectivement, nous parlons simplement et il nous confirme que l’attitude de certains touristes stimule la tentation des Egyptiens d’exagérer certaines réactions. Nous sortons de là, non sans avoir vu sa boutique… évidemment !

Nous poursuivons à pieds vers le temple d’Hatchepsout (Vallée des Reines), à travers un village. Le temple est superbe, digne de sa renommée.

Petite pause à Al Gourna, pour un pichet de jus de citron pas cher, très bon et à crédit (le patron n’ayant pas la monnaie me dit de payer quand je repasserai !).

Le retour en taxi collectif (tiens ! ça rappelle le Mexique) nous permet de rencontrer d’autres gens, qui n’ayant rien à vendre, agissent vraiment différemment.

Malgré la fatigue, nous faisons un petit effort pour visiter le temple de Louxor. Au coucher du soleil, le lieu est magique, l’allée des sphinxs est magnifique… je laisse les photos parler d’elles-mêmes (rencontre d’un guide qui lui aussi trouve que je suis un homme chanceux !).

Fin de soirée au restaurant « Le Lotus », très bon et pas cher.

6ème jour : La rive occidentale… en taxi.
Levés à 6h du matin, les yeux gonflés, le nez bouché par des crottes de nez cristallisées…c’est dur mais nous partons pour la Vallée des Rois en taxi pas mal négocié.

Tombe de Menreptah, tombe de Toutmosis III et celle de Ramses III, encore une fois nous sommes subjugués, ébahis et la question qui revient sans cesse : comment ont-ils fait pour descendre les sarcophages et les cercueils en pierre par ces couloirs si étroits ?

11h30 : arrêt déjeuner au même restaurant que la veille pour rembourser notre « dette », et surtout parce que c’est très bon et que l’endroit est très paisible… enfin jusqu’à l’arrivée d’un groupe de français : « Bonjour,…c’est pas bien de fumer ! c’est mauvais pour la santé », voilà la réflexion mot pour mot d’une femme, banane à la taille, qui s’adressait à 2 vieux locaux qui fumaient tranquillement leur chicha.

Après une petite sieste réparatrice, nous décidons de faire le musée de la momification, sur le chemin, nous nous arrêtons chez « le boulanger sans nom », très sympa, nous dégustons des gâteaux secs du pays (très sec !) en même temps que nous discutons avec le boulanger.

Après le musée, nous sirotons un petit verre (petit et cher) sur le bord du Nil au coucher du soleil : so romantic !(je vous laisse apprécier les photos).

Dernière petite flânerie de fin de soirée dans les rues de Louxor avant de dîner dans un restaurant de quartier pas cher (et pas bon).


7ème jour : Voyage fatidique pour Camille
Nous sortons de Louxor à 9h30 en train, direction Qift, d’où nous devons prendre un minibus pour rejoindre notre prochaine destination, la Mer Rouge.

Qift est un village de paysans, pas un touriste mais plein de tuc tucs. Nous marchons un moment avant de trouver la station, où dès notre apparition, les regards curieux se posent sur nous.

La négociation est ferme mais détendue, les regards se sont mués en regards amusés et nous concluons le marché à 15 £E par personne (le prix de départ était de 40 par personne…).

Le voyage est spartiate, en traversant un paysage lunaire, et Camille commence à ressentir des signes de fièvre et un mal au ventre suspect…

En arrivant à Al Quseir, nous sommes les témoins d’un contrôle des papiers réservé aux égyptiens : et là, c’est comme dans les films, le big boss en civil, chemise rayée, jean et chaussures en cuir type croco, lunettes de mafieux sur le nez, il est affalé relax sur une chaise à l’ombre d’un des rares arbres du check point : il regarde vaguement les papiers d’identités qui lui sont tendus. Autour de lui, 3 policiers en uniforme, répètent ses ordres de manière zélée, avant de finir par la fouille des bagages.

Arrivés à l’hôtel, Camille s’engouffre dans les draps, la « tourista aiguë » la cloue au lit.

Je me rends donc seul au centre de plongée ou je réserve pour 3 jours de formation théorique et pratique.

Le soir, Seb mange seul sur la terrasse de l’hôtel en compagnie des moqueries des gamins du quartier.


8ème jour : Ca ne va pas mieux !
Tôt le matin nous allons voir un docteur pharmacien (difficile à trouver car on est vendredi), qui donne à Camille les médicaments indispensables à une seconde semaine de voyage positive.

Résultat de la journée : repos pour Camille et visionnage de mangas pour Seb (merci Sony !) qui veille au chevet de sa bien-aimée…

La soirée est encourageante pour demain, Camille a retrouvé l’appétit et Seb a gardé le sien.

La première nuit fut difficile à cause des moustiques.

9ème jour : La révélation !
Camille va mieux, elle prend son petit-déj et se sent prête à plonger vers les plus profonds abysses ! Enfin au moins à mettre le masque…

Ahmed est notre jeune moniteur, nous ne serons que tous les 3 sur ces 3 jours de formation CMAS.

OK pour la théorie, mais quand est-ce qu’on chausse les palmes ? A 12h, nous sommes sur la plage, petit test de natation entre les méduses puis c’est l’habillage… c’est terriblement lourd tout ces trucs !

La première immersion, un peu rapide, nous fait suffoquer, les masques sont mal réglés, nos oreilles subissent trop la pression… « et puis la neige elle est trop molle pour moi !! » (avis aux connaisseurs).

Il n’en reste pas moins que c’est tout simplement SU-PER-BE, les sensations sont uniques et l’envie de recommencer démange… heureusement, c’est prévu.

Camille est fatiguée mais son cœur d’aventurière ne résiste pas, heureusement, car la 2ème plongée est la bonne. Vers 15h, nous repartons pour 37 min de vrai plaisir subaquatique : que de couleurs, que de formes, que de mystère autour de cette barrière de corail sur le site d’Abu Sawatir.

Nous rentrons, des images plein la tête, déguster une pizza, avant de nous balader dans la rue principale de la ville : nous en avions presque oublié les commerçants racoleurs (« chauffe Marcel » était leur phrase type en français… allez savoir pourquoi…).

10ème jour : « Seb, you are the leader ! »


Petit déjeuner à 8h, pour arriver au centre à 9h et là... INTERRO écrite !

Nous nous équipons pour notre 3ème plongée, c’est l’euphorie. Camille ne veut pas enchaîner les plongées pour garder le plaisir et préfère donc sauter la 4ème plongée. Une femme « prend sa place », et là, c’est la panique. Ahmed me fait confiance et me laisse à la tête de l’expédition tandis que lui surveille et accompagne la plongeuse mal à l’aise.

Après la pause déjeuner, nous repartons pour la dernière plongée de la journée, l’instructeur laisse, confiant, à Seb sa montre ordinateur et lui dit : « you stay at 8 meters, no more no less ; 15 min to go / 15 min back. OK ? » « Sir, yes, Sir ». Et hop, contrairement à Camille qui en profite vraiment, Seb met toute son énergie pour aller le plus loin possible en 15 min, en respectant scrupuleusement, les yeux rivés sur la montre, la profondeur.

Nous terminons la journée seuls sur la plage, le nez dans les bouquins.

Le soir : pizza. L’anecdote doit être narrée, en effet, nous nous rendons à pieds dans une pizzeria qui fait principalement de la livraison, donc ni chaises ni tables. Nous demandons le menu et la réponse est « OK ! mushrooms ? », bah… pourquoi pas, devant la difficulté à nous faire comprendre on ne va pas compliquer les choses…

5 minutes après, le patron, par l’intermédiaire d’un interprète, nous dit qu’il ne pas faire de pizzas, qu’il manque des ingrédients, patati patata, bref, nous demande de revenir dans une demi-heure le temps de tout préparer. Pas dupes et patients, nous rétorquons « No problem, we wait here… » ; la gêne est palpable, c’est normal, nous comprenons qu’il les commande à livrer chez un autre pizzaiolo ! l’originalité de la situation met tout le monde dans la bonne humeur, le rire et les clins d’oeil, et en plus c’est pas cher.

Nous rentrons, fatigués, par les petites ruelles sombres d’Al Quseir… infestées de rats…

11ème jour : Dernier jour de plongée… l’apothéose !
Aujourd’hui c’est sur le site de Serib Kebir , que nous préparons le matériel pour 2 plongées extraordinaires de 40 minutes. Au programme : une grotte de corail, un banc de barracudas, des poissons toujours aussi colorés et une barrière de corail… «WOUAH, c’est de toute beauuu-té ! » (avis aux connaisseurs et clin d’œil à gégé).

Après une douche à l’hôtel, nous sommes accompagnés par Mohammed (celui-là même qui nous a demandé 200 £E la veille pour nous conduire à Hurghada, et qui aujourd’hui nous propose 150£E !) à la station de bus, nous voudrions prendre un minibus mais nous ne saurons jamais pourquoi le prix est aussi exorbitant comparé aux gros cars publics.

Ensuite, c’est la cerise sur le gâteau, le chef de station nous dit que c’est 10 £E par personne, une fois dans le bus, le contrôleur nous dit 15 £E et nous donne 3 billets… pourquoi ?

J’essaie d’obtenir la réponse… en vain, ce gros fonctionnaire engraissé par l’extorsion de bakchichs décide de se foutre de ma gueule avec les autres passagers, en arabe évidemment !

Le trajet sur la côte de la Mer Rouge nous brise le cœur, nous constatons avec amertume, une multitude de constructions sauvages inachevées, fondations et bases de maisons au pied de l’eau, sacrifient le paysage, et plus grave encore l’écosystème.

Arrivés à Hurghada, pas de bus de nuit pour Alexandria (on l’a raté de peu nous dit-on), nous prenons donc celui qui va sur Le Caire et qui arrive à destination à… 3h du mat !

Au Caire, l’arrêt est glauque, c’est la rue des ferrailleurs, loin du centre-ville et des hôtels, un drôle de coupe-gorge… Heureusement, voyant certaines gens rester dans le véhicule, le chauffeur (souriant autant que serviable : merci infiniment !) nous fait comprendre que son terminus est Tantah, ville à mi-chemin entre Le Caire et Alexandrie, et que sur place nous pourrons prendre un transport pour la ville méditerranéenne. Effectivement, encore grâce à l’aide du chauffeur, nous prenons, à 4h30 du matin, un taxi collectif (une 504 break où l’on s’entasse à 9 dedans !) pour arriver à Alex (comme disent les jeunes de là-bas) vers 5h30.

Là encore nous sommes l’objet de toutes les convoitises : 2 chauffeurs de taxi se pointent dans le but de nous arnaquer, mais la concurrence a ses bons côtés et il n’est nul besoin d’ouvrir la bouche pour que le prix passe d’un 20 £E d’escroc à un 5 £E raisonnable pour le centre-ville.

Proche de la baie mythique, le taxi s’enfonce dans une petite ruelle et… PAF, contre un trottoir le pneu avant droit se dégonfle, le bruit de l’air qui s’échappe couvrant à peine nos rires étouffés.


12ème jour : Alexandria
A 6h du matin, nous profitons d’un levé de soleil magnifique sur la baie (photos à l’appui)… et pas un chat dans les rues, ni dans les hôtels… et oui nous sommes le 1er mai, jour férié !

Après 3 hôtels « full » et un bon petit déj, nous élisons domicile au Hyde Park Hotel, où l’ascenseur de l’immeuble (pas assez rassurant pour Camlle qui préfère les escaliers) décide de garder Seb entre 2 étages, l’obligeant à escalader.

Un bon petit somme de 2h et nous revoilà frais pour attaquer une très longue journée.

Tout d’abord, nous marchons jusqu’à la très récente bibliothèque Alexandrina, qui se targue de vouloir remplacer la première et mythique bibliothèque d’Alexandrie (un petit peu d’histoire : brûlée accidentellement par les troupes de Jules César, venu soutenir Cléopâtre). Nous y déjeunons après une petite visite guidée du lieu.

Ensuite, nous marchons vers le jardin Shallalat (ça ne s’invente pas ce genre de choses mon Xavier !) où la pelouse est interdite sauf pour les détritus, petit concours de lecture avant le repérage du musée National d’Alexandrie prévu pour le lendemain.

Puis direction la gare, où nous achetons les billets pour Le Caire (au passage, Camille a failli se prendre, sur la tête, un sac poubelle plein, balancé du 3ème ou 4ème étage !!).

En sortant de la gare, Seb a une soudaine envie de prendre le tramway, pour traverser la ville et revenir sur le port. Ce tour de la ville est une véritable découverte :


Derrière le luxe, relatif, affiché sur le front de baie par des hôtels chers mal entretenus mais à l’architecture historiquement riche et typique de la fin du 19ème siècle, nous constatons une pauvreté organisée :

  • le souk aux fruits et légumes ou règnent la profusion, la saleté, les odeurs et la promiscuité ;

  • la rue des quincailliers avec des charrues en guise de présentoirs ;

  • la rue des roulettes (toutes sortent de roulettes pour meubles ou autres…) ;

  • la rue du coton en vrac ;

  • la rue des parasols ;

  • la rue des toiles épaisses ;

  • la rue des vide-greniers : tout et n’importe quoi, vieilles télés à côté des cuvettes de toilettes, vieux téléphones à côté de balances et de meubles bancals.

C’est complètement fou !

Du terminus, nous nous dirigeons vers le Fort Quaytbay, fort construit sur les ruines du célèbre phare (Une des 7 merveilles du monde, détruit par 2 tremblements de terre).

Sur place, nous apprécions de voir des familles, des couples qui profitent du jour férié pour passer un moment romantique au bord de la mer. Ce qui est moins romantique, c’est le marché aux poissons qui touche à sa fin en cette heure avancée de la journée et « parfume » la rue.

Les derniers vendeurs écoulent le reste de marchandises sur des caisses en bois pourri, au bord de la route… ça donne envie !

Ici les gens sont plus agréables et les femmes comme les hommes préfèrent dire welcome (même si certains sifflets agacent encore !). En tout cas, Seb récolte presque autant de sourires et de hello que Camille.

Sur le chemin du retour par la corniche, petit arrêt dans une enclave bourgeoise afin d’acheter les pâtisseries tant recherchées par Camille.

Nous sommes toujours autant ahuris de constater combien la plage de la baie est sale et polluée (en plus des détritus il y a des carcasses de bateaux échouées), malgré tout, les couples se baladent pieds nus au bord de l’eau en s’aspergeant mutuellement… et les enfants se baignent, masque sur le nez, dans le port… bref tout ça paraît normal et ne semble pas inquiéter.

Dîner au KFC (bien mais pas top !) et dégustation des pâtisseries sur le balcon de l’hôtel, en contemplant la circulation frénétique des automobiles au son continu et acharné des klaxons.


13ème jour : Grasse matinée jusqu’à… 8h20 ! WOUHOU !
Nous prenons notre temps, qui lui même est maussade dehors. Dans la bonne humeur, nous préparons le sac et déjeunons au « Délices » pâtisseries (même pour 50 piastres (1/2 £E, merci de me rendre la monnaie !!), puis direction le musée d’Alexandrie (très beau avec de très belles pièces et un sens de visite chronologique qui le rend très intéressant) via le tramway.

Comme nous sommes en avance sur l’horaire prévu, Camille décide de prendre le train de 13h à destination du Caire : les contrôleurs sont compréhensifs.

Le train nous montre, sans ménagement, une partie peu reluisante de l’Egypte, que nous connaissons mais qui nous émeut encore : la pauvreté, la saleté / le manque d’hygiène et la pollution.

En sortant du train, nous nous dirigeons vers le point information pour savoir où est le métro, et dans la file, Camille se fait superbement passer devant par un autre usager, comme si de rien n’était… Narrons que ce n’est pas la première fois, Seb n’y a pas échappé : à Louxor, devant lui une personne prend ses tickets, Seb est le prochain, un homme qui vient par la gauche lui passe devant et donne une tape dans le dos magistrale à celui qui range ses tickets et son argent, comme s’ils se connaissaient ! Tu parles !. Seb n’en revient pas, d’autant qu’un autre lui fait la même à droite, regards croisés et amusés avec Camille, Seb donne à son tour une tape dans le dos au premier petit fraudeur, mais la réaction est naturellement indifférente.

Nous nous rendons à l’hôtel donc, en métro (qui contrairement à la ville est d’une propreté exemplaire…), ce trajet nous ramène quelques milliers de km au nord-ouest (Paris évidemment !): bousculades, embrouilles aux tourniquets et regards narquois ou interrogateurs face aux touristes.

Enfin pour finir la journée, nous dînons dans un fast-food oriental « Felfela » où tout est écrit en arabe.

Nous faisons nos emplettes souvenirs avant d’aller voir le Nil, une petite marche à pieds accompagnée du flot incessant et désorganisé des automobiles aux klaxons assourdissants et d’un vent porteur de poussière (avec en prime un verre cassé : bravo Alain !).


14ème jour : Arnaque, mensonge et Pyramides
C’est parti pour les pyramides de Gizeh et le sphinx, en métro. En sortant de la station, un homme me demande l’heure, je le renseigne et quelques mètres plus bas, il nous aiguille sur le bus à prendre pour rejoindre le site. Il se trouve que lui réside à quelques pas des pyramides et commence à nous parler de son « village » car il se dit bédouin. Son sourire et sa sympathie enthousiasment Seb mais laissent Camille sceptique. Nous parlons des relations entre les Egyptiens et les touristes, il nous dit qu’il veut laisser une bonne image des Egyptiens en nous invitant à prendre le thé chez lui (il nous a même offert le bus !). Trop heureux de l’aubaine, nous le suivons,

Camille, lucide, reste méfiante.
Sa maison, qui se trouve dans un quartier populaire, donne effectivement sur les pyramides. L’intérieur est moderne et sa femme nous sert le thé. Il nous demande comment nous voulons circuler sur le site, nous conseille et nous oriente vers « l’entrée des touristes arabes qui ne payent qu’un billet pas cher». Justement, une de ses connaissances peut nous proposer le tour pour un prix « d’amis ».

Nous le suivons pour retrouver un type qui nous fait monter sur un cheval et un dromadaire, puis nous dit que sur place, liberté totale de prendre les photos, d’aller où on veut, etc.

Arrive le douloureux moment de l’annonce des prix, notre hôte de tout à l’heure est toujours là, il sourit…et tout s’écroule : 480 £E par personne. Seb est perdu, il ne sait pas ce qui est payant, il ne veut pas croire ce qui lui arrive et reste dans une confusion béate, Camille est outrée, pour elle c’est hors de question. Notre hôte sourit toujours comme il le fait depuis le début de notre rencontre, les prix baissent et devant l’absence de réaction de Seb, Camille limite l’escroquerie avérée : 150 £E par personne tout compris. Nous partons et Seb descend de la lune, il réalise enfin et se demande : pourquoi nous avoir fait croire qu’il fallait payer un billet d’entrée à chaque pyramide ? pourquoi nous inviter chez lui ? n’était-ce que de la comédie ? oui. L’entrée du site s’élève à 50 £E par personne (on ne paye en plus que pour rentrer à l’intérieur des pyramides, chose que nous ne voulions pas dès le départ) et le tour de dromadaire d’1h ne vaut certainement pas le reste.

Seb se sent surtout vexé de s’être laissé abuser et manipuler de la sorte (depuis le métro), mais aussi déçu, frustré. Et même si Camille a limité les dégâts financiers, la visite a un goût amer, d’autant plus amer qu’en observant des touristes, aussi niais que bedonnant, nous surprenons des rires d’attendrissement provoqués par la vue d’une petite fille de 5/6 ans qui vend des cartes postales…

Cela nous entraîne dans un tourbillon d’images saisissantes : les enfants sales qui mendient de l’argent ou des bonbons quand ils ne travaillent pas, les adolescents de 13/14 ans qui « apprennent  le métier » de rabatteurs sur leurs chevaux et jettent inconsciemment leurs détritus sur un site historique, unique au monde… tout cela s’anime dans un paysage merveilleux.

Après un peu de repos (et une auto flagellation de Seb…), nous ressortons vers 18h pour nous attabler dans un coin populaire : boire un thé et un jus de fruits, fumer une chicha et jouer au backgammon. Très bon moment qui fait du bien !

Passage obligé au Macdo ou re-belote, on nous passe devant… puis retour à l’hôtel avec des sentiments contrastés.

15ème jour : Vendredi, c’est jour saint !
Le vendredi matin (les rues sont vides) nous partons visiter le Vieux Caire, toujours en prenant le métro. Nous visitons les lieux de culte coptes durant la messe, les anciennes églises et même le cimetière grec. Les croyants coptes du pays se distinguent par une croix tatouées sur le poignet.

En descendant à 2 stations de métro vers le nord, nous commençons la traversée de la ville en passant dans la rue des mosquées, qui mène à la citadelle. Nous nous arrêtons pour visiter le plus vieux bâtiment musulman d’Egypte : la mosquée d’Ibn Tulun, la montée du minaret nous offre un panorama remarquable sur la ville… et plus encore…

Arrivés à la Citadelle, nous continuons à marcher vers le musée national Egyptien du Caire.

Le musée est vieux et regorge de pièces archéologiques fabuleuses et très bien conservées. Malheureusement, certaines sculptures sont laissées à la merci des gens qui veulent « toucher pour voir », ce qui provoque des différences de couleurs entre le bas noircit par les mains inconscientes et le haut blanchit par la poussière.

Le plus impressionnant est la collection d’objets retrouvés dans la tombe de Toutankhamon.

Nous sommes fatigués, Camille se repose pendant que Seb finit le livre d’André B.

La dernière impression et la dernière image du Caire : le soir nous sortons prendre un thé et un jus de fruits dans un endroit similaire à celui de la veille au soir : tables, chaises, chichas, tout le contexte y est.

Ce soir nous ne prenons pas la chicha, compte-tenu que nous avions payer 9 £E hier soir pour les mêmes consommations sauf la chicha et qu’un thé coûte 2 £E, nous ne devrions pas en avoir pour plus de 7 £E au total… Seulement voilà, nous avons oublié la première résolution et ce soir, on nous demande 13 £E ! Pourquoi ce prix ? parce qu’à leurs yeux, sur nos têtes de touristes il y a écrit « riche et stupide ». Devant ma désapprobation et ma comparaison avec son concurrent d’hier soir, il baisse sensiblement jusqu’à 11 £E, puis pour ne pas perdre la face, fait mine de ne pas comprendre l’anglais… Ce n’est pas une question de prix, mais bien une question de principe : là-bas, même pour un thé ou une bouteille d’eau, le prix n’est pas le même pour tout le monde.

Nous rentrons émerveillés et fatalistes, frustrés et charmés… que des sentiments contrastés pour un pays qui l’est tout autant.

Nous savons que beaucoup d’entre-vous vont trouver qu’il y a un peu trop de détails dans ce carnet de voyage, mais c’est pour nous un moyen de laisser une trace pour nous-mêmes d’abord et puis nos mamans sont des lectrices passionnées autant que curieuses et nous leur permettons, par ce résumé, de savoir exactement ce que nous avons fait.

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