Littérature russe








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LA BIBLIOTHÈQUE RUSSE ET SLAVE


— LITTÉRATURE RUSSE —

Viatcheslav Ivanov

(Иванов Вячеслав Иванович)

1866 – 1949

Mikhaïl Gerschenson

(Гершензон Михаил Осипович)

1869 – 1925


CORRESPONDANCE D’UN COIN À L’AUTRE

(Переписка из двух углов)


1921

Traduction de Charles Du Bos et Hélène Iswolsky parue dans Vigile, n°4, 1930.

Ce texte est publié avec l’accord et le concours du Centre Viatcheslav Ivanov de Rome, ainsi qu’avec l’accord des héritiers d’Hélène Iswolsky ; le téléchargement est autorisé pour un usage personnel, mais toute reproduction est strictement interdite.
TABLE


I. À M. O. GERSCHENSON 3

II. À V. I. IVANOV 5

III. À M. O. GERSCHENSON 6

IV. À V. I. IVANOV 10

V. À M. O. GERSCHENSON 16

VI. À V. I. IVANOV 21

VII. À M. O. GERSCHENSON 24

VIII. À V. I. IVANOV 29

IX. À M. O. GERSCHENSON 38

X. À V. I. IVANOV 47

XI. À M. O. GERSCHENSON 54

XII. À V. I. IVANOV 60

LETTRE À CHARLES DU BOS 65

LETTRE À ALESSANDRO PELLEGRINI SUR LA « DOCTA PIETAS » 77

I. À M. O. GERSCHENSON


Je sais, mon cher ami et voisin de coin dans notre chambre commune, que vous avez douté de l’immortalité personnelle et d’un Dieu personnel. Et ce n’est pas à moi qu’il appartient, semblerait-il, d’affirmer devant vous le droit de la personne à sa reconnaissance métaphysique et à son exaltation. Car, en vérité, je ne sens rien en moi-même qui puisse prétendre à la vie éternelle. Rien, si ce n’est cet élément qui en tout cas n’est pas moi, si ce n’est cet élément général et universel qui est en moi, et qui, tel un lumineux visiteur, prête une unité et une dignité spirituelle à mon être limité et fatalement temporel dans toute la complexité de sa composition prodigieuse et fortuite. Il me semble pourtant que ce n’est pas en vain que ce visiteur est entré et a « fait » en moi « sa demeure ». J’estime qu’il se propose pour fin d’investir celui qui l’a accueilli d’une immortalité que ma raison ne peut concevoir. Ma personne est immortelle, non parce qu’elle est déjà, mais parce qu’elle est appelée à surgir du néant. De même que toute origine, tout jaillissement d’une vie nouvelle, de même que ma propre naissance à ce monde, cette naissance à venir m’apparaît comme un authentique miracle. Je vois clairement que dans ma prétendue personnalité et dans ses manifestations multiples et variées, je ne parviendrai pas à découvrir l’embryon, un seul atome d’un être réel, indépendant, (c’est-à-dire éternel). Je suis le grain qui est mort au sein de la terre ; mais la mort du grain est la condition même de sa vivification. Dieu me ressuscitera parce qu’Il est avec moi. Je Le connais en moi-même, comme l’obscur giron natal. Je Le connais en moi-même comme quelque chose d’éternellement supérieur qui transcende toujours ce qu’il y a de meilleur et de plus saint en moi. Je Le connais en moi-même comme un vivant principe d’être, plus complet que moi, et, à cause de cela, contenant en Lui, parmi toutes mes propriétés et mes attributs, l’attribut aussi de la conscience personnelle. Je suis issu de Lui, et Il demeure en moi. Et s’Il ne m’abandonne pas. Il créera les formes ultérieures de Sa vie en moi, c’est-à-dire ma personnalité. Dieu ne m’a pas seulement créé. Il me crée de façon ininterrompue et me créera encore, car Il désire que moi aussi je Le crée en moi dans l’avenir ainsi que je L’ai créé jusqu’ici. Il ne peut y avoir de visitation sans acceptation volontaire : en un certain sens, les deux actes sont de même valeur, et celui qui reçoit devient l’égal de celui qui visite. Dieu ne saurait m’abandonner, si je ne L’abandonne. Ainsi, la loi d’amour qui est inscrite en nous (et dont nous lisons aisément les tables invisibles) proclame que le psalmiste avait raison de dire à Dieu : « Tu ne livreras pas mon âme au schéol, Tu ne permettras pas que celui qui T’aime voie la corruption »1.

Voici, cher bon voisin, — puisque vous souhaitez le savoir, — à quoi je pense dans mon coin. Et vous, que me répondrez-vous de votre coin, — angle du même carré.
V. I.

17 juin 1920.

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