Fluxus n'est ni le premier ni le seul mouvement à avoir remis en cause les fondements de l'art. La déferlante de ruptures initiée avec l'impressionisme gagne du








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Fluxus
Fluxus n'est ni le premier ni le seul mouvement à avoir remis en cause les fondements de l'art. La déferlante de ruptures initiée avec l'impressionisme gagne du terrain au cours du vingtième siècle avec, en vrac, Le futurisme, le Bauhaus, Dada, le surréalisme, le Pop’art et bien d'autres. Cette frénésie ne révèle-t-elle pas le vertige de l'artiste confronté au vide métaphysique (Dieu est mort et les grandes guerres viennent le confirmer) caractéristique de cette nouvelle ère? : " La fenêtre, ouverte par la Renaissance, laisse voir le néant. (...) alors commence une course haletante. L'artiste s'arroge tous les droits, s'empare de tous les moyens d'expression, transgresse tous les interdits, bouleverse l'ordonnance des codes de bonne conduite culturelle, franchit toutes les frontières, explore et annexe, chaque jours, de nouveaux territoires." (L'art contemporain, J-L. Pradel). Les groupes cités, infime partie de la constellation de l'art contemporain, sont autant de recherches sur l'art et sa définition, de tentatives de saper les conceptions traditionnelles, d'explorer l'inexploré et l'indicible...

Avec ses Ready-mades, Duchamp a bouleversé l'art et semble avoir mis à bas tout ce qui se dressait sur le chemin des artistes. Richard Hamilton, célèbre pop-artiste américain, exprime bien le questionnement des artistes de l'ère post-Duchamp : il dispose non sans ironie un tableau non pas dos mais tranche contre le mur, et l'intitule "After Duchamp?". Après Duchamp, l'art est-il condamné, la création peut-elle encore valoir quelque chose ou se résume-t-elle à la recherche désespérée d'une impossible originalité? Que peut-on encore dire, représenter, créer? En d'autres termes, l'art connaît-il son "dimanche noir"? Le foisonnement de découvertes souvent contradictoires des décennies suivantes prouve que non. Il est pourtant vrai que tous les artistes se voient obligés de "partir à la recherche d'une situation post-Duchamp" (Ben) ... et post-guerres mondiales.

Fluxus est l'un des chemins de cette exploration.

Fluxus se distingue des autres groupes par sa volonté absolue d'abolir le fossé entre l'art et la vie et les moyens employés dans ce but. Laissons l'une des principales figures du mouvement en France, Ben Vautier, nous en parler : " On ne peut nous comparer à ces artisans reproducteurs de gadgets pour magasins de souvenir du Pop Art ou du Nouveau Réalisme (Exception faite pour Klein et Hains). Entre 1963 et 1965 Fluxus n'a jamais été concerné par l'œuvre d'art formelle, esthétisée et hédonisée. Son "donner à voir" en 1963 consistera dans un premier temps à épuiser toutes les possibilités/limites du "tout est art" et en un second temps à dépasser ce "tout est art" par une attitude Non-art, Anti-art. Ainsi Fluxus dans les années 60 va s'intéresser au contenu de l'art non pas pour en faire mais pour créer une nouvelle subjectivité. 

Brève histoire de Fluxus

Ce mouvement que le philosophe François Dagognet qualifie d'ultrarévolutionaire naît aux Etats-Unis dans les années 50 autour de jeunes artistes puisant leurs sources dans le Dadaïsme, la musique de John Cage et la philosophie Zen. Ils partagent tous la volonté de bouleverser les catégories et les conceptions de l'art.
Le principal membre fondateur du groupe est clairement Georges Maciunas - C'est lui qui choisit le nom Fluxus en 1961 et rédige le Manifeste Fluxus -, un Lituanien émigré aux Etats-Unis et possesseur d'un diplôme en histoire de l'art, architecture et musicologie. Maciunas découvre Cage en 1959 lors d'un séminaire sur la musique indéterminée quant à son exécution, classe que fréquentent assidument de nombreux artistes new-yorkais. Introduit dans l'avant-garde par La Monte Young en 1960, il crée en 1961 une galerie et organise concerts et expositions de ses amis (John Cage, Dick Higgins, La Monte Young...) tandis qu'ont lieu les premières séries du Studio de Yoko Ono, avec Young comme responsable (de décembre 1960 à juin 1961).La même année, il met en page "An Anthology", publié seulement en 1963 (qui rassemble les oeuvres des avant-gardistes) et participe avec quelques artistes à l'atelier de création de la chorégraphe Ann Halprin qui explore les possibilités d'utilisation de l'espace scénique. Le mouvement ne tarde pas à intéresser les artistes étrangers et à devenir international. En novembre 1961 Maciunas arrive en Allemagne où il fréquente Nam June Paik, musicien passionné par les théories de Cage, en particulier par l'idée de "collages sonores".Les actions et expérimentations s'organisent dans divers lieux: à Cologne dans le Studio de Mary Bauermeister (ex-femme de Stockhausen) qui devient rapidement un haut lieu de rencontres et présente des pièces de Georges Brecht et de Young, à la galerie Haro Lauhus et dans l'atelier de Vostell qui expérimente dans les domaines de la vidéo et des seuils acoustiques.Maciunas avait alors l'intention de démarrer un an et demi de concerts de 1962 (Berlin) à 1964 (Tokyo) en passant par une grande ville chaque mois, la revue Fluxus faisant le lien entre les groupes locaux. Vostell n'attend pas et Paik édite le premier "Dé-coll-age" qui devait faire partie de la revue Fluxus. Festa Fluxorum prend alors son envol à travers toute l'Europe : les 14 concerts à Wiesbaden en septembre 1962 ou encore le "festival of misfits" à Londres portent le label Fluxus. De plus en plus nombreux, les artistes européens affluent autour de la bande de Maciunas, dont les artistes du Domaine Poétique français (Robert Filiou par exemple). Joseph Beuys répand le flux à Dusseldorf, Higgins et Al ison Knowles à Stockholm et Oslo, tandis que Maciunas rencontre Ben Vautier à Nice. Fluxus est pourtant loin d'être victime de son succès grandissant: lors de leurs équipées sauvages, les artistes occupent des locaux gratuits et dorment dans des bus quand ils ne passent pas la nuit à coller des affiches... Maciunas regagne New York à la fin de lété 1963 où Brecht et Watts s'activent de leur côté. Maciunas réalise de nombreux objets et publications dans le petit Flux Shop qu'il a créé.

Parmi les projets environ 10% sont réalisés, dont beaucoup sont envoyés aux "donneurs d'idées" (Filiou, Brecht et Watts possèdent une collection presque complète). L'esprit en ébullition de Maciunas a produit presque tous les projets. Il les annonce, puis les réalise selon la demande. A Nice, Ben fonde le groupe Art Total / Fluxus avec lequel il donne une dizaine de concerts à Nice et ailleurs, inspirés de ceux de Maciunas, et des pièces de rue.En 1964, sous l'impulsion d'Henry Flynt, Maciunas est promu "executive director" de son bureau pour l'action contre la culture impérialiste (Action Against Imperialistic Culture). Ils manifestent contre le concert de Stockhausen (ils lui reprochent d'être une "décoration du patronat ouest-allemand" et d'avoir dénigré le jazz dont Flynt est un fervent défenseur) avec Ben venu leur rendre visite...A Paris J-J. Lebel organise le festival de la Libre Expression dans lequel Ben donne un concert Fluxus. A Madrid l'année suivante, le groupe Fluxus Zaj donne ses premiers concerts et en 1965 c'est Filiou et Brecht qui créent la Cedille Qui Sourit &eagrave; Villefranche.

Entre 1967 et 1969, Maciunas s'essaye à l'utopie collectiviste (il crée 7 coopératives d'immeubles à New-York). En 1968 il tente de créer une colonie sur la petite île Ginger dans les îles vierges britanniques. Sur 230 acres, 11 étaient réservées pour une colonie Fluxus. Ce projet ne sera jamais réalisé.Puis pendant vingt ans, malgré les scissions et les exclusions, Fluxus reste fidèle à son utopie de départ et continue de multiplier les projets dans l'esprit des débuts.

Fluxus a fait beaucoup de petits, même s'il est difficile de mesurer son impact : Le Land Art, L'art conceptuel (car il puise son sens dans les mots) et l'action-art lui doivent probablement beaucoup.
L'influence de Fluxus est sensible encore aujourd'hui car sa liberté et son humour provoquant trouvent un écho chez nombre d'artistes. Les publications de Maciunas et de ses amis ont permit de conserver de nombreuses traces des théories du groupe et de leurs actions / créations qui peuvent encore inspirer les artistes contemporains.

Poétique du mouvement

L'expression "mouvement Fluxus" est une tautologie. Fluxus n'est pas un groupe fermé qui serait constitué une bonne fois pour toute. (Tout comme dissidence!)C'est un mouvement international :
"des mouvements artistiques apparus depuis l'après-guerre, Fluxus est l'un des rares qui ait été authentiquement et sciemment international et dont l'action radicale et subversive, directement nourrie de Dada, soit restée le fait d'hommes et de femmes et non d'artistes et de systèmes marchands".
De nombreux artistes considérés comme membres de "Fluxus" se sont éloignés du mouvement par moments, pour le rejoindre plus tard, le croiser à nouveau et parfois s'en écarter définitivement… Etre "Fluxus" pour un artiste c'est simplement entrer en résonnance avec la poétique du mouvement et collaborer avec les autres membres de ce grand corps cosmique.

 

1. Rabouter l'art et la vie

Comme nombre d'artistes et de mouvements d'après-guerre, "Fluxus travaille dans le fossé entre l'art et la vie"
Lors d'une conférence d'Allan Kaprow à la galerie Zwirner à Cologne, Beuys fait sensation en apportant avec lui un gros morceau de graisse (type Saindoux). Il explique que si la graisse est essentielle à la vie, elle n'est guère utilisée en art : pourquoi ne pas réunir les deux? Ce bout de graisse, c'est un peu du sens de Fluxus. Il exprime aussi le penchant des artistes Fluxus pour l'éphémère et l'indéterminé (la graisse fond) et donc le rejet des caractéristiques habituelles de la production d'objets. Chacun est artiste : "proche d'un art total, fluxus a appliqué avec une logique destructrice une politique visant à remplacer l'œuvre d'art par l'action, l'exposition par une véritable participation du public, enseignant que l'artiste ne doit pas faire profession de son art & que la création est accessible à tous". Maciunas fait jouer pendant trois heures cinq violonistes n'ayant jamais touché à un violon, Robert Filiou ouvre une boutique où chacun peut venir construire et déconstruire... La phrase "chacun est artiste signifie simplement que l'homme est un être imaginatif et qu'il peut produire en tant que créateur et de bien des manières" (J.Beuys) Fluxus tente de réaliser la dissolution de l'art dans le quotidien. Il "est reconnu comme l'enfant naturel de tout le monde (...) tous ceux qui opposent une volonté novatrice à tous les petits et grands génies d'Artistes dont les inquiétudes spéculatrices font l'ordinaire de la "vie culturelle"".

Art & révolution : "dissoudre les structures des révolutions, culturelle, sociale et politique, en un front commun ayant des actions communes". (Maciunas)Pour les artistes Fluxus, l'artiste doit être "non professionnel, non parasitique et non élitiste".Maciunas explique : "tout cela est en contradiction avec l'artiste professionel d'aujourd'hui, qui, pour justifier de son revenu, doit démontrer que lui seul peut faire de l'art. Et qui essayera donc de prouver que l'art est une chose complexe, intellectuelle, exclusive"
De même que tout le monde peut être artiste, tout peut devenir art, même et surtout ce qui n'a aucune valeur marchande : une phrase, un jeu de mot, un bout de carton sont potentiellement artistiques.
Filiou instaure un nouveau principe d'équivalence : bien fait - mal fait - pas fait, qui dénote son questionnement virulent et pourtant humoristique sur les problèmes de la production, la réception et la perception de l'œuvre art.

Fluxus hérite comme Dada de la conception moderne de la poésie : Rilke explique notamment dans l'une de ses lettres que le poète moderne (il parle de la Charogne de Baudelaire) a compris qu'il ne doit ni ne peut plus rien négliger de ce qui constitue la réalité. L'urinoir de Duchamp et les petits objets de Filiou sont par-delà le beau et le laid autant de descendants de la nouvelle esthétique à laquelle Baudelaire a ouvert la voie. Et d'autre part, comme l'explique (entre autres) Joseph Kosuth, artiste conceptuel particulièrement audacieux, la seule définition de l'art, c'est l'art, donc tout peut en être.

Comme la révolution, la création doit être permanente : La boutique de Ben (à Nice), celle de Brecht et Filiou (la Cédille qui sourit à Villefranche), où tous sont invités à venir créer poèmes, jeux, puzzles envoyés par courrier, en sont les meilleurs exemples. La création ne se limite pas à l'oeuvre et à l'objet, à un unique créateur ou à un moment défini. L'art doit être ancré dans un "quotidien perpétuel", nomade, précaire, protéiforme. En somme, Fluxus veut créer un nouvel art de vivre.

 

2. Un humour dévastateur pour "purger le monde de la maladie bourgeoise" (Maciunas)

Fluxus est un mouvement souvent ludique qui tire parti des choses simples. La présentation de quelques oeuvres Fluxus (de Yoko Ono ou La Monte Young) à la biennale d'art contemporain de Lyon en 2005, qui avait des allures de fête foraine, est révélatrîce de leur refus d'un art ennuyeux (selon Maciunas). Dans l'ensemble, Fluxus est traversé et traverse le monde par "une fantaisie joyeuse et non spécialisée" (Filiou)

"L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art", dit le même Filiou.

C'est grâce à un humour provoquant que Fluxus fait exploser les barrières entre l'art et la vie. De plus, le divertissement dans Fluxus réagit contre la culture en relèguant la connaissance de l'histoire de l'art au second plan. L'art renoue ainsi avec une innocence enfantine salvatrice et peut devenir vecteur de renouveau social.

 

3. "réalité du non-art"

Fluxus nait de l'interrogation sur la musique qui se développe à travers le monde dès 1960 depuis les Etats-unis.
Un petit panorama des créations (musicales ou autres) qui en découlent permet d'appréhender la volonté d'anéantir les Beaux-Arts des artistes Fluxus. On constatera que les créations Fluxus s'intègrent parfaitement à l'histoire de l'art contemporain en cela qu'elles sont bien souvent une mise en scène autour du vide et du néant. Les noms parlent d'eux-mêmes :

> John Cage et la "Catridge music", première musique electronique explicitement théatrale, ou le fameux concert où il se contente d'ouvrir les portes de la salle qui donnent sur la rue. LaMonte Young et ses "Compositions 1960" : musique ready-made, événement néo-haiku, musique monotone.> George Brecht invente la notion d'event : "L'event est une partition d'actions.". Voir l'exemple ci-dessous. La danseuse Ann Halprin qui marche.> Le Théatre du vide d'Yves Klein. En Allemagne, les concerts Fluxus directement inspirés de ceux de Cage choquent ce pays mélomane. Free Flux Tours (1976) à Paris ou New-York à base de périgrinations hasardeuses qui réinventent le déplaçement dans la ville.> Oeuvres d'art multiples sous forme de petites boîtes contenant des oeuvres de poche, sculptures éphémères, jeux absurdes, Mail Art (qui permet notamment de ne pas passer par les galeries...), happenings de rue...

Un exemple de concert Fluxus donné par Serge Oldenburg à Limoges en avril 1978 : "KK traces" de Koering : trois partitions brûlées dans le noir.. "Premier concerto de piano" de G.Brecht : le pianiste ouvre le piano, lève la main, on éteint la lumière, il salue et sort. "Deuxième concerto de piano" : le pianiste ouvre le piano, lève la main, la lumière s'éteint, dans le noir il pose un vase de fleurs et s'en va. . "Premier concerto de guitare" : les musiciens entrent avec leurs guitares, se saluent et s'en vont. . "Deuxième concerto de guitare" : les musiciens entrent, s'assoient, astiquent leurs guitares, saluent et s'en vont. . "Couting Song" d'Emmet Williams : deux acteurs comptent le public à voix haute et se communiquent les résultats. . "Drip Music" de G.Brecht : l'acteur verse lentement le contenu d'une carafe dans une cuvette. . "4 concerti de piano" de Serge III : il sert 4 tournées de vin aux acteurs. . "Cyclus" de Thomas Schmitt : l'acteur verse le contenu d'un verre dans le suivant jusqu'à épuisement de l'eau. . "Two inches" de Robert Watts : un acteur tient le bout d'un rouleau de papier, un autre s'éloigne, un troisième coupe le papier avec des ciseaux.. "Pommes" de Ben : les acteurs mangent chacun une pomme et s'en vont.. "655" de La Monte Young : l'acteur répète 655 fois la même note sur le piano.

 

4. Mélanger et déconstruire

La contestation d'une conception bourgeoise ou traditionaliste de l'art, largement décriée mais pas encore abattue, offre de multiples possibilités : Détournement, destruction d'objets, concerts lumineux... Dès 1938 John Cage "prépare" un piano dans lequel il insère divers objets qui en modifient les sonorités. Il en résulte une indétermination et une distortion inouïes qui remettent en cause l'idée même de composition et de compositeur..
Name June Paik mêle musique et vidéo - il invente l'art vidéo - l'un interférant sur l'autre.

Fluxus abat les cloisons et multiplie les liens entre les différents arts en même temps qu'il déconstruit chaque forme d'expression (on parodie, on cloue les touches de piano, on coule du béton dans un violon...)
Tous les arts se confondent lors d'events (à ne pas confondre avec les "happenings" qui sont des manifestations collectives invitant à la participation tandis que l'event est une action brève et sans prétention) suscitant l'implication de tous et incluant aussi bien la situation que les éléments physiques d'un lieu (bruits, espace, odeurs, lumière...)Avec sa composition 1960 numéro 5, "Lâchez un papillon...", Young fait s'entremêler les sens (la vue et l'ouïe) dans une véritable synesthésie instantanée.

 

 

>>> Fluxus est le geste de la création et de la déconstruction, un mouvement continu d'abolition des frontières en art, qui entraîne l'imagination et toutes les formes d'expression dans une création liberée des définitions.

 

"(Fluxus) brise tous les moules, toutes les formes, toutes les carapaces, toutes les constructions de l'art, et il en nait quelque chose de chaud et d'imparfait. Quelque chose d'humain."

 

Mais qu'est donc devenu Fluxus?

 

" Fluxus devient aujourd'hui ce qu'il ne voulait pas être : des produits, de l'importance, de la gloire... " (un ancien membre du groupe)



Une petite réflexion sur la récupération s'impose.

Même les meilleurs tombent dans le piège de la célébrité et de l'argent facile. Dans les années 70 Renaud ne chantait-t-il pas : "Société, tu m'auras pas"...?

Deux remarques : Petit un : Les publicitaires (les "imagologues" dirait Kundera) profitent du foisonnement d'idées, de l'humour et de la fantaisie des artistes, souvent les plus subversifs. L'aspect percutant et divertissant de cette vaste imagerie correspond tout à fait à leur volonté de pénétrer les esprits, ils exploitent donc abondamment et sans vergogne ces poulpes aux oeufs d'or. Petit deux : Cela leur permet de maîtriser la dissidence en l'intégrant au système après l'avoir vidée de son contenu subversif (L'exposition Dada à Beaubourg,...)

 

Quel meilleur exemple que celui de Ben dont l'écriture - preuve de l'attachement des artistes Fluxus au langage - et la signature sont devenus de purs produits de consommation? Agendas, t-shirts, tasses, sac-à-mains, stylos, trousses, tapis de souris, briquets, pubs pour du poisson pané et bons-cadeaux FNAC... Celui qui crachait dans la soupe et écrivait "le monde est à vendre" est devenu une star de la pub...

 

Comme nombre d'autres groupes (Surréalisme et Dada en tête), Fluxus est devenu une aubaine pour les musées, galeries, biennales...La boutique niçoise de Ben a été "pieusement" reconstituée dans une salle du musée national d'Art moderne au Centre Georges-Pompidou, mais les créations de Filiou et de ses amis perdent tout leur sens tels qu'ils sont présentés aujourd'hui. C'est le cas du PoïPoïdrome de Filiou qui, exposé, devient objet de contemplation alors que son auteur refusait cette non-relation au profit de l'idée de participation et d'échange.

Fluxus est tombé dans le luxe. A nous de lui rendre l'âme.

Fiat flux

Lou  février 2006  

Sources :

Revue CANAL n.21 - octobre 1978

100 mots pour comprendre l'art contemporain, F. Dagognet (Les empêcheurs de penser en rond)

L'art contemporain, J-L. Pradel (Larousse)

Un art contextuel, Paul Ardenne (Flammarion) : Création artistique en milieu urbain / en situation d'intervention / de participation.

www.ben-vautier.com/fluxus : de nombreux textes théoriques de Ben et d'autres artistes Fluxus, une myriade d'exemples de concerts, d'events, de poèmes...

www.4t.fluxus.net

 

 

 



 

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