Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1








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1ère Partie : Les camarades



A l'exemple des autres cultes de la planète, le nombre de personnes baptisés du sceau de l'Eglise Catholique ne cesse aujourd’hui de décroître. XXI siècles après l'avènement du Christ sur terre, celui de l'ère de la communication a définitivement transformé l'homo sapiens en homo communicant.

Certains diront que Dieu est mort, d'autre que le moment est idéal pour sa renaissance.
Léopold Tudal, Bible Orange

1.1


La porte claqua dans le dos de Léocadie et le vent glacé fouetta son visage. Elle, qui était si frileuse, se retrouvait à la rue en plein mois de septembre, avec à peine quelques pièces en poche et rien à manger. Une seule issue s’imposait désormais : la bonne amie des coups durs, Sophie.

Devant elle, la rue froide lui offrait des fuyantes rectilignes, dures, bordées de réverbères arqués sous le poids de la nuit. Malgré la réticence qu’elle ressentait à transporter ses volumineux effets à travers les méandres de la ville, elle attrapa énergiquement ses paquets et les distribua équitablement sur chacun de ses bras.

Elle se mit en branle, calant en marchant quelques sacs au creux de ses aisselles et chassant de son esprit les images de chocolat chaud, de couette moelleuse ou de radiateur qui s’y formaient spontanément. La destination trouvée, la moitié du problème était résolu. Mais la seconde n’en était que plus tangible. Il lui fallait traverser le centre-ville et remonter les pentes de Croix-Rousse, et, avec tout son barda, elle en avait pour une bonne heure de randonnée. Qu’à cela ne tienne, ce n’était qu’un mauvais et douloureux moment à passer.

Le plus grave dans l’histoire, n’était d’ailleurs pas la distance qu’elle devait parcourir dans le froid et la solitude, mais bien la raison de cet exil. Un mec, ou plutôt, son mec : Maximilien Goburneau, surnommé Max dans les milieux de drogués et de délinquants. Certes, il avait une belle gueule, et le reste n’était pas à jeter, mais son ramage ne se rapportait pas à son plumage, loin de là. Elle était décidée : c’était la dernière fois qu’elle sortait avec un débile profond tel que celui-ci.

Elle fit une halte, déposa ses paquets, et reprit son souffle. Non, elle se disait la même chose à chacun de ses départs. Plus jamais elle ne sortirait avec un dealer macho, un pompier suicidaire, un préposé des postes ennuyeux, ni un musicien allumé. Mais la vérité, c’était que le prince charmant était difficile à trouver, ici bas.

Elle reprit ses bagages et se remit en mouvement. L’homme idéal n’était qu’une vue de l’esprit, une projection mentale de son "moi" masculin, elle l’avait lu récemment dans une colonne de médiaprogramme féminin. Et si par le plus grand des hasards, il existait bel et bien, il n’y avait pas la moindre chance pour qu’il soit son voisin de pallier ou le marchand de journaux. Non, une chroniqueuse assurait qu’il devait habiter à l’autre bout du monde, peser 36 kg et avoir été amputé d’un bras à cause d’une mine anti-personnelle.

Elle était désormais certaine que les mecs biens se faisaient de plus en plus rare. Par exemple, l’ancienne connaissance de son Maximilien bien aimé, Léopold, avait l’air d’être un chic type, intègre et loyal. Pourquoi fallait-il qu’une araignée s’installe dans son plafond et qu’il se prenne pour le messie ? Pourquoi les gens normaux devaient-ils tous receler une tare irrécupérable, un vice caché ?

Une solution pourrait pourtant la sauver : le célibat. C’était éblouissant de simplicité, et cela pouvait lui permettre de souffler un peu, d’appréhender les hommes avec un peu plus de discernement. Mais cette décision lui était totalement impossible à prendre, pour une raison qui pourrait a priori sembler absurde, mais qui n’en était pas moins réelle : à cause de son approche particulière du travail.

Le fait était simple : elle n’arrivait pas à travailler. Son "ex" avait raison, elle trouvait toujours un prétexte fallacieux pour quitter son emploi la tête haute, tout comme elle se faisait un devoir de quitter ses amants avec fierté. Pour elle, un travail devrait être le prolongement de son ego, une continuité logique de sa personnalité. On devrait pouvoir cerner une personne rien qu’en lui demandant quel poste elle occupe. Or, il s’avérait qu’en réalité, personne n’aimait véritablement son boulot. C’était au mieux une façon de passer son temps, au pire un calvaire qui n’avait de réelle signification qu’à la fin du mois ou pendant les congés.

Elle, Léocadie, refusait cette société qui ne permettait pas à l’individu de s’épanouir grâce à son activité professionnelle. Et elle ne se laisserait jamais embarquer dans un travail qui ne lui apporterait pas satisfaction et confiance en elle.

Voilà pourquoi elle avait toujours besoin d’un homme. Car sans emploi, pas d’argent ; sans argent, la seule possibilité de survie était la rue. Et jamais elle ne vivrait dans la rue, elle préférerait mourir. Il ne lui restait donc qu’à vivre au crochet des hommes qu’elle rencontrait, les aidant dans leur tâche quotidienne si elle le pouvait, en attendant d’avoir trouvé le travail de ses rêves. Il est vrai que sa tache était grandement facilitée par le fait qu’elle était blonde aux yeux bleus, mignonne, bien proportionnée, et que son sourire faisait fondre les gros durs les plus machos.

Elle laissa choir une énième fois ses bagages sur le bitume. Ses bras étaient en feu et son dos la tiraillait. Un rapide coup d’œil à sa montre lui apprit qu’elle déambulait avec son attirail depuis près de 40 minutes. Chemin faisant, elle avait rencontré quelques âmes errantes, fantômes de fêtards du samedi soir, et un chat qui s’était caché en voyant s’approcher sa silhouette de monstre turgescent aux multiples bosses.

Une lumière attira alors son œil, en provenance des halles, et elle réalisa qu’elle se trouvait sur la place qui abritait toutes les semaines le marché de Croix-Rousse. Elle s’approcha pour mieux percevoir l’agitation qui régnait au cœur du marché couvert et ouvrit sa bouche en un grand O muet : des commerçants étaient déjà en train de mettre en place leurs étals, en vue du marché qui siégeait le lendemain matin. Dès trois heures du matin, commençait l’éreintant travail du marchand qui voulait profiter d’un emplacement au marché, pour ne se terminer qu’à la fin de la matinée. Voilà bien un travail que je ne pourrais jamais faire, songea-t-elle en agrippant de nouveaux ses encombrants paquets.

Un bruit violent et irrégulier la fit sursauter. Derrière elle, à moins de dix mètres, un camion frigorifique estampillé « poissons Carnaugh » était en train de remplir ses bacs de glaçons, depuis un distributeur automatique à commande vocale. « Stop » cria le chauffeur, et le débit de glace cessa instantanément, laissant la place au froid silence de la nuit. Le véhicule fit ensuite le tour de la place et se positionna sur son emplacement réservé.

Fatiguée et courbatue, Léocadie reprit alors son pèlerinage afin de ne pas s’endormir sur pied. La voie du salut se trouvait à moins d’un quart d’heure d’ici, le tout étant de garder le moral. En chemin, elle ne manqua pas de remarquer les nombreux camions de détaillants divers qui la croisaient, alimentant ainsi le cheptel des commerçants ambulants du marché, et chaque paire de phare lui arrachaient un soupir d’apitoiement envers les pauvres bougres qui devaient braver la nuit pour gagner leur vie.

Moins de quinze minutes plus tard, elle parvint au pied de l’appartement de Sophie "bonne copine". Léocadie imprima ses empreintes digitales sur la sonnette et patienta. A cette heure avancée, il ne fallait qu’elle soit pressée d’avoir une réponse. Un grincement lui fit lever la tête, c’était un volet qui s’ouvrait. Dans l’embrasure ainsi créée, une tête familière apparut.

_ C’est qui ? grogna une voie pâteuse.

_ C’est Léo.

Un temps.

_ T’as vu l’heure ? Monte.

Léocadie tourna alors la poignée, mais la lourde porte résista. Il n’était pas impossible que son amie doive elle-même la déverrouiller de l’intérieur. En effet, un bruit de serrure lui parvint bientôt, suivi du long gémissement de la porte qui forçait sur ses gonds. Derrière, apparut une personne ébouriffée, les yeux entrouverts, le teint nauséeux et la mine déconfite. Puis un faible sourire traversa ce visage endormi et Léocadie y reconnut la fidèle amie des durs moments.

_ T’as enfin quitté ce con ! bredouilla cette dernière.

_ Oui.

_ Je suis contente de te voir.

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