Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1








télécharger 1.03 Mb.
titrePrologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1
page3/42
date de publication03.07.2017
taille1.03 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   42

1.2


Carlos Miros souffrait d’un handicap : il était gros depuis sa naissance. 4 kg 900 lors de sa première pesée et depuis, il n’avait cessé de se trouver au-dessus de la courbe des tendances de poids. Il devait s’avouer qu’il n’avait jamais rien fait pour soigner son impotence. Au contraire, il s’en été toujours donné à cœur joie, persuadé qu’un embonpoint engendrait une grande sympathie de la part de ses interlocuteurs, et toute sa vie il s’était copieusement resservi en petits fours, fruits de mer, viandes en sauce, en pommes de terre sautées et autres gâteaux au chocolat.

Cela n’était pas si important. La vie suivait son cours, comme elle était censée le faire, et les kilos superflus ne nuisaient pas à ses lucratives activités professionnelles.

Mais cette fois là devait être l’exception qui confirmait la règle pour Carlos Miros, car il devait courser celui qui venait de faire un show hors du commun sur le plateau n°3. Il devait se rendre à l’évidence : sa bedaine instable et flasque l’empêchait de courir convenablement et manquait de le faire basculer à droite ou à gauche à chacun de ses pas. Et cet imbécile qui ne répondait à ses appels : « Hep, le messie » Hélait-il pourtant. Il avait oublié son nom.

Enfin, au bout du long couloir qu’ils longeaient, juste avant que l’homme n’ouvre la porte annotée "Issue de secours", il l’empoigna par le col, et se raccrocha à ses habits pour s’éviter une chute certaine.

_ Bon sang, vous êtes sourd ? lui reprocha-t-il. Je vous appelle depuis deux minutes.

_ Je ne réponds plus aux questions ce soir, rétorqua l’homme. Je rentre chez moi.

Il se débattait, mais le rondouillard qui venait de l’accoster restait scotché à sa soutane comme une tique. L’empreinte de ses mains moites se marquait nettement sur la toile orange.

_ Grand bien vous fasse, articula ce dernier. Je voulais vous féliciter personnellement, votre show était hors du commun.

_ Ce n’était pas un show, se défendit l’autre, se débattant toujours.

_ Appelez cela comme vous voulez. Toujours est-il que j’ai été très impressionné par votre démonstration. Vous avez cloué sur place ce pauvre Rovel, lui qui d’habitude est impitoyable avec ses invités.

_ Je vous remercie. Peut être serons nous amenés à nous revoir.

Cette remarque inattendue frappa le producteur, mais il profita de l’aubaine pour enchaîner.

_ Nous revoir ? Mais bien sûr qu’on va se revoir, mon petit. Je suis le producteur de cette émission et je t’offre la place du présentateur que tu as humilié tout à l’heure. Tu es exactement le type d’homme que je recherche.

Léopold se dégagea vivement de l’étreinte humide de son assaillant. Sa voix se fit plus réprobatrice.

_ Vous n’avez manifestement pas dû saisir le message qui accompagnait mon geste. Mon but n’est pas d’abaisser les autres, mais bien de les aider. Si mon action a pour conséquence de faire perdre sa place à ce pauvre médiateur, j’en suis sincèrement navré. Mais en ce qui me concerne, je ne perdrai pas mon temps dans vos émissions où la nature humaine est dépouillée de toute sa signification, où les êtres les plus vils sont considérés comme des héros, où l’humiliation est élevée en code de conduite. Le seigneur, dans son infinie sagesse, m’a donné le pouvoir de changer ces choses et de montrer la voie à des milliers de brebis égarées. Jamais je ne trahirai sa confiance, et jamais je ne traînerai son nom dans la boue.

_ D’accord, approuva l’homme bedonnant d’un ton faussement consensuel. J’ai compris que vous n’étiez pas intéressé. Mais si vous voulez mon avis, vous faites trop dans le religieux.

_ Pardon ?

_ Vous avez du talent, confia-t-il, beaucoup de personnalité et de l’imagination. Mais croyez-en mon expérience, le religieux ne marche plus aujourd’hui, c’est dépassé. En revanche, vos tours de magie à grande échelle, ça vaut tous les Rovel du monde. Par contre, et là je parle en connaissance de cause, pour vous faire connaître, la médiavision est l’outil le plus avancé. Nous sommes dans l’ère de la communication, de la "multiplication des images", si vous voulez. Personne ne peut plus faire passer le moindre message sans en passer par la médiavision, et votre résistance est bien inutile, vous le constaterez par vous-même. (Il lâcha l’homme et tâtonna dans un poche de son blouson) Si vous avez besoin d’un coup de main, n’hésitez pas à m’appeler. Voici ma carte.

Léopold saisi le morceau de carton que lui tendaient des doigts boudinés et le fit glisser dans sa manche sans y prêter attention. Le plastron de sa soutane était constellé de minuscules taches de salive, témoins du discours de son interlocuteur providentiel. Il le fixa quelques instants, lui adressa un grand sourire, se voulant naturel et définitif, et lui déclara avec sérieux :

_ Je vous remercie, mais les miracles ne passent pas à la médiavision. Ils brouillent les caméras.

Déçu, le petit gros pointa un index vers le ciel et sourit d’un air entendu.

_ Bien sûr…le miracle. Je vous préviens, M. Tudal. Je ne vous demanderai pas le secret de votre tour de passe-passe, parce que je suis certain que vous ne me le donneriez pas. Mais comptez sur moi pour tout mettre en œuvre afin de découvrir votre truc, quel qu’il soit. Je détournerai le plateau de fond en comble pour savoir quels stratagèmes vous y avez cachés. J’interrogerai, moi-même s’il le faut, tous les spectateurs de ce soir et je démasquerai vos complices.

Léopold accueillit toutes ces menaces d’un masque d’indifférence et conclut avec une voix neutre :

_ Je suis touché de l’attention que vous portez à ma prestation, M. Miros. Mais si vous voulez découvrir le secret de mes actions, recherchez d’abord en vous-même.

Sur ces paroles, il ouvrit la porte d’un coup sec et laissa le petit bonhomme grassouillet ruminer sa déception.

Plus tard, alors que le sommeil gagnait son corps, celui-ci songea avec trouble que le messie avait prononcé son nom sans regarder sa carte de visite. Puis il s’endormit et se disant qu'il devrait peut-être suivre un régime.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   42

similaire:

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconPrière du cœur selon Louis-Claude de Saint-Martin
«opération externe» et plus sensible aux processus subjectifs, affirme que «la prière est la principale religion de l’homme, parce...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 icon"L'Architecture éveille en l'homme des états d'âme La tâche des architectes...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 icon1999 À tous ceux qui, avec un dévouement passionné, cherchent de...
L'art de créer qu'atteindra une âme bienheureuse n'est point cet art par essence qui est Dieu, mais bien de cet art une communication...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconL’utopie est à la fois
«tierra de Jauja» du nom d’une ville et d’une province péruviennes dont la richesse naturelle et le doux climat sont souvent célébrés....

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconChateaubriand
«vague des passions», plongées dans les abysses d’une âme en détrese, terreurs, rêveries solitaires, courses sur la lande en compagnie...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconSeconde Partie: Comment ça Marche ?
«surplace» sans bouger et sans être en contact avec le sol, IL est en équilibre dans l'air. On dit qu'il est en stationnaire

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconLa France, en forme longue la République française, est une république...
«Liberté, Égalité, Fraternité», et son drapeau est constitué de trois bandes verticales respectivement bleue, blanche et rouge. Son...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconRapports de l’homme et de la nature
Regarde, j’ai épousseté le contrevent en papier; IL est propre, sans un grain de poussière; et qu’elle est parfaite, l’ombre du pin...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconLe sejour de karl marx a alger
«débusquer» le barbier et le photographe, tous deux témoins, chacun à sa manière, de la dernière barbe et de la dernière photographie...

Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1 iconLes arts, la propagande
«le peuple doit commencer à penser d’une manière uniforme, à réagir d’une manière uniforme et à se mettre à la disposition du gouvernement...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com