Prologue : Un drame La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur et l’âme d’une époque sans âme. Elle est l’opium du peuple Karl Marx 1








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1.3


Au sommet de l’escalier, Léocadie pénétra dans la chambre de Sophie. Elle vivait dans un duplex, un peu petit mais assez coquet. La chambre se trouvait à l’étage, ainsi que la salle de bain et les toilettes, tandis que la cuisine occupait le rez-de-chaussée.

_ Pose tes affaires n’importe où, lui dit son amie. Je te prête un pyjama.

Léocadie déposa lourdement ses sacs dans un coin de la petite chambre. Elle en ouvrit un et y fouilla.

_ Tu as oublié quelque chose ? s’inquiéta la maîtresse de maison.

_ Je prends juste ma brosse à dents, j’ai un mauvais goût dans la bouche.

_ Je t’en prie.

Armée de sa miteuse trousse de toilette, Léocadie entra dans salle de bain attenante à la chambre et, penchée sur le lavabo, se brossa vigoureusement les dents. Dans la glace, elle pouvait voir Sophie qui cherchait quelque chose dans le lit.

_ Vu que je suis seule, lui dit cette dernière, je te propose mon lit, et…Snoopy !

Elle agita une peluche, que Léocadie voyait se dandiner dans la glace. Elle pouffa et faillit maculer le miroir de taches blanches.

_ Demain, je me lève de bonne heure, reprit l’amie. Il faut que je travaille.

_ Un timange ? bafouilla Léocadie, la brosse entre les lèvres.

_ La rentrée a eu lieu il y a deux semaines, je ne veux pas prendre de retard.

Sophie était en licence d’Histoire, et sans doute la plus studieuse étudiante du campus de la Doua. La réussite de ses études passait avant son sommeil.

_ Je ne te gênerai pas, ajouta-t-elle. Je m’installerai en bas.

Un duplex, c’est pratique lorsqu’on est deux à vivre sous le même toit, réalisa Léocadie, en s’épongeant les lèvres. Puis elle pénétra dans la chambre et son regard se posa sur les murs. Ils étaient couverts de photos représentant des peintures. Sophie avait la chance d’être douée d’un excellent coup de pinceau. Elle y passait son temps, lorsqu’elle ne se consacrait pas corps et âme à ses études. Elle avait même eu l’occasion d’en exposer quelques-uns uns dans un bar associatif de Lyon.

_ Tu as fait de nouveaux tableaux ? s’enquit-elle.

_ Oui, mais je ne les ai pas ici. Ils sont chez mes parents

_ Ha ! lâcha sombrement Léocadie.

_ Toujours fâchée avec les tiens ? demanda Sophie, soucieuse.

L’absence de réponse de sa copine la confirma dans sa crainte. Depuis qu’elle connaissait Léo, elle avait toujours été en froid avec ses parents.

_ D’accord, concéda-t-elle. Je n’insiste pas. Tu ne serais pas venue ici, si tu t’étais réconciliée avec ta famille.

C’est alors qu’elle vit Léocadie prendre sa tête à deux mains, et éclater en sanglots. Adossée à un mur, elle se laissa durement tomber sur les fesses, comme si ses jambes avaient subitement lâché, et fourra son visage dans ses bras. Sophie la releva difficilement et la serra contre elle, en lui tapotant le dos.

_ C’est pas grave, murmura-t-elle plusieurs fois, comme une prière apaisante. Ça va passer. C’est pas grave si ton mec t’a plaqué. Tu vas voir, il y en a plein dehors. Plein de beaux jeunes hommes qui n’attendent que de te voir pour tomber raides.

Malgré toutes ses paroles réconfortantes, les pleurs ne faiblissaient pas. Quelques hoquets plus tard, une réponse lui parvint faiblement, entrecoupée de sanglots humides :

_ J’en ai marre, je suis nulle. Je supporte aucun mec. Et aucun boulot non plus.

Sophie lui caressa les cheveux. Comment faire taire cette fontaine ambulante ?

_ Max était un con, assura-t-elle. Je te l’ai toujours dit.

Léo se dégagea vivement de l’étreinte de sa confidente et lui rugit à la figure :

_ Un con ! C’est facile de dire ça. Et les autres, tu crois qu’ils sont mieux ? Je n’arriverai jamais à trouver un mec bien.

Comment réconforter quelqu’un qui se contredit sans arrêt, se demanda Sophie.

_ Bon, alors prends ton temps, lui conseilla-t-elle. Et ne te jette pas sur le premier venu.

_ J’aime pas être seule, bouda Léocadie.

_ Je suis là, moi.

_ C’est vrai, admit la fille en larmes.

Et elle se jeta de nouveau dans les bras de Sophie.

_ Ecoute, si tu veux, on va jouer à un jeu, lui susurra-t-elle. Chacune décrit son mec idéal.

_ J’ai pas envie ce soir, se défendit Léocadie.

_ Si tu veux, concéda Sophie. Réfléchis-y ce soir, et on en reparle demain.

_ D’accord, approuva Léo.

Sophie décrocha alors son amie de son cou, et l’installa dans le lit. Puis elle l’y rejoint et éteignit la lumière de sa lampe de chevet. Seul le bruit du réveil matin troublait encore la quiétude de la pièce, lorsque Léocadie demanda :

_ Tu as regardé la chaîne MV 12 ce soir ?

Le grognement qui suivit ressemblait à :

_ Nnnnon.

_ Il y avait une émission, vers une heure du matin, avec un mec qui se prenait pour un messie.

Après dix secondes d’intense réflexion afin de déterminer s’il était judicieux de répondre, Sophie répliqua à voix basse :

_ Tu regardes ça, toi ?

_ Ce n’est pas la question. Le gars, c’était une ancienne connaissance de Max.

_ Ah, ça devait être un type bien, alors, remarqua Sophie avec une ironie non dissimulée.

_ Non, ils ne s’aimaient pas. Mais ce gars là, il m’a ému. Je l’ai trouvé bizarre. Je ne sais pas dire pourquoi.

_ Ne me dit pas que t’es tombée amoureuse de ce type ?

_ Non, mais j’ai ressenti…un truc.

_ Mince, c’est pas bon signe.

_ Pourquoi ? s’inquiéta Léocadie.

_ Si tu ne sais pas expliquer quelque chose, c’est que tu dois être malade.

Les deux filles se mirent à rire de concert.

_ Tu vois que tu retrouves le sourire.

_ Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, admit la blondinette.

_ Tu me remercieras lorsque tu seras mariée à un millionnaire, fit la grande brune, moqueuse.

Et les deux filles se remirent à rire en cœur. La nuit avancée les emmena bientôt dans un monde de rêve et de réconfort.

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