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Hélène BELEVITCH-STANKEVITCH
LE GOÛT CHINOIS

EN FRANCE

au temps de Louis XIV




à partir de :


LE GOÛT CHINOIS EN FRANCE

au temps de Louis XIV

par Hélène Belevitch-Stankevitch

Thèse de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris. Éditions Jouve et Cie, Paris, 1910, XLIV+272 pages.
Le site artrmngp.fr, de la réunion des musées nationaux, permet de constituer des albums d'œuvres diverses. L'absence d'illustrations dans la présente thèse, assez compréhensible, donne l'occasion à chineancienne.fr d'utiliser cette facilité et de créer quelques albums. On pourra ainsi consulter, à l'adresse http://art.rmngp.fr/fr/library/selections/4637 :

Étoffes de Chine, (30 images)

Siam. Les relations entre la France et le Siam sous Louis XIV, (11 images)

Antoine Watteau. Diverses figures chinoises et tartares, (19 images)

Gabriel Huquier. Quelques chinoiseries, (8 images)

Jean-Antoine Fraisse. Livre de dessins chinois (18 images).

Édition en format texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

mars 2016

TABLE DES MATIÈRES

Préface

Introduction [Le commerce avec la Chine : AntiquitéMoyen âgePortugais et EspagnolsNouvelle voie ?Anglais et HollandaisFrançais.]

Première partie

Chapitre I. — La Compagnie pour les voyages de la Chine, du Tonkin, de la Cochinchine et des îles adjacentes (1660).

Chapitre II. — Les ambassades de Siam.

I. Le programme politique de Mgr. Pallu. — L'Ambassade de Siam de 1680. — Les premiers Siamois en France (1684). — L'ouverture des relations avec le royaume de Siam. — II. Siam, vestibule de la Chine.— III. Les ambassadeurs siamois en France (1686). — IV. Les présents du roi de Siam.

Chapitre III. — Les voyages de l'Amphitrite.

I. Le premier voyage de l'Amphitrite (1698-1700). — II. La deuxième campagne de l'Amphitrite (1700-1703). — III. Le commerce de la Chine par la mer du Sud. — IV. Les compagnies de Chine de 1705 et de 1712. — V. Le commerce de Chine par le Nord.

Deuxième partie

Chapitre premier. — Les objets de Chine à la cour de France.

I. Les meubles et divers objets de Chine au service du Roi, de la Reine, du Dauphin et autres personnes de la cour. — II. « Le goût chinois » à Trianon. — III. Les étoffes, les broderies et les fleurs de Chine. — IV. Les laques. — V. Les porcelaines.

Chapitre II. — Les marchands et les curieux de « Lachine ».

I. Les marchands de « Lachine ».— II. Les curieux de « Lachine ». — III. La décoration céramique des fêtes. — IV. Les costumes chinois dans les mascarades. — V. L'appréciation de l'art chinois par les Européens.

Chapitre III. — La mode des étoffes orientales.

I. Les étoffes des Indes et de la Chine, importées en Europe. — II. Les imitations européennes des tissus chinois. — III. L'engouement pour les étoffes des Indes et la lutte contre la mode orientale.

Chapitre IV. — Les gravures à sujets siamois et chinois.

I. — Les portraits des ambassadeurs et du roi de Siam. — II. Les almanachs pour l'année 1687, à sujets siamois. — III. Les estampes à sujets chinois. — IV. Les Chinois de convention.

Appendices

I. Mémoire des présens du Roy de Siam au Roy de France. — II. Cargaison du vaisseau l'Amphitrite, retour de 1703. — III. Présens des Chinois.

Bibliographie

À Monsieur Henry Lemonnier

Professeur d'Histoire de l'art

à la Faculté des Lettres de l'Université de Paris

PRÉFACE

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p.V D'après l'hypothèse, émise par M. Havard et adoptée par M. Molinier, l'irrégularité des lignes, les formes contournées et biscornues, caractéristiques du rococo français, mais étrangères à la rocaille italienne, dont la symétrie est le principe fondamental, seraient dues à l'influence de l'art de l'Extrême-Orient : la vue des innombrables meubles, porcelaines et étoffes de la Chine et du Japon, importés en masse, devenus d'un usage quotidien, aurait insensiblement modifié les conceptions des artistes et des artisans, d'abord étonnés, ensuite émerveillés par la beauté bizarre des formes et de l'ornementation orientales.

Si l'on admet cette théorie, la Chine apparaît comme un facteur important dans la formation d'un des plus beaux styles français qui prend naissance à la veille du XVIIIe siècle, puisque c'est aux caprices de l'imagination chinoise que le rococo aurait demandé l'élément principal de sa séduction.

Un fait est indiscutable : c'est l'engouement général qui se manifeste dans la seconde moitié du XVIIe siècle pour tout ce qui venait de Chine — bibelots, meubles, étoffes, — une véritable manie de collectionner les porcelaines et les laques, la curiosité de « Lachine », comme on disait alors, qui, suscitant les imitations, créa deux branches importantes de l'industrie française : la fabrication des porcelaines et des meubles vernis.

Sans chercher à résoudre le problème excessivement compliqué des origines du rococo, nous nous sommes appliquée à démontrer la présence d'une foule d'objets de Chine à la p.VI cour de Louis XIV, dans les collections des amateurs et en usage chez les personnes de différentes conditions. La mode des étoffes des Indes et de la Chine a été étudiée d'une manière plus particulière, de même que les gravures à sujets siamois et chinois, comme témoignage de l'intérêt que l'on portait alors aux pays de l'Extrême-Orient.

Dans une étude sur les chinoiseries, la question de l'importation s'imposait d'elle-même. Au XVIIe siècle, les Anglais et les Hollandais versaient en France quantité de marchandises de Chine ; depuis 1664, les apports de la Compagnie des Indes Orientales alimentent les goûts exotiques des contemporains de Louis XIV. Sous le règne du grand roi, les Français entrent en relations directes avec l'Extrême-Orient. L'entreprise de Siam les rapproche de l'Empire du Milieu, la création de la Compagnie de Chine amène une véritable invasion de « Lachine » en France, au point d'alarmer les fabricants français, ébénistes, faïenciers, marchands d'articles de Paris qui craignirent, un moment, la concurrence de l'industrie chinoise.

C'est au XVIe siècle, en Espagne et au Portugal, que prend naissance la passion pour les « singularités » d'Orient. En France, Mazarin met à la mode les porcelaines, les étoffes et les meubles de Chine. « Le goût chinois » domine pendant tout le règne de Louis XIV, atteignant son comble vers le milieu du XVIIIe siècle, siècle des chinoiseries par excellence.

Le désir d'étudier les origines nous a fait remonter jusqu'au moyen âge et même jusqu'à l'antiquité. Nous avons cru qu'il nous était permis de sortir, dans une introduction, du cadre chronologique du sujet principal. L'aperçu historique sur l'importation des produits de Chine en Europe paraîtra, peut-être, long ; cependant, nous espérons qu'il n'est pas tout à fait dépourvu d'intérêt, car nous nous sommes efforcée de l'établir sur une étude de sources.

H. B.-S.

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INTRODUCTION

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I. — p.VII La Chine lointaine, perdue à l'extrémité du monde, où s'est formé un art d'une beauté étrange, une industrie originale, presque inimitable, a été de tout temps le pays du luxe, d'où venaient les plus belles étoffes de soie, les merveilles de la céramique fine, les précieuses épices « paradisiaques ».

L'importation des produits de la Chine en Europe date de l'antiquité. Les anciens connaissaient les Chinois sous les noms de Sinæ (Thinæ) et de Seres, célèbres par l'art de filer la soie, habitant aux confins du monde, près de la Terra incognita 1. Le commerce des p.VIII Romains avec les Chinois se faisait par l'intermédiaire des Syriens et des Parthes. Les caravanes chinoises suivaient les voies de l'Asie centrale, se dirigeant vers le royaume des Parthes (An-hsi des sources chinoises), qui se trouvait entre la Mer Caspienne et le Golfe Persique 2. La première tentative d'entrer en relations avec la Chine par mer fut faite, paraît-il, en 166 a. D., quand, d'après les annales chinoises, arrivèrent du sud les gens de Ta-t'sin (provinces romaines en Asie), apportant des marchandises de l'Annam et se disant envoyés de l'empereur An-tun (Marcus Aurelius Antoninus, alors régnant). Comme aucune ambassade en Chine n'est mentionnée dans les annales romaines, M. Hirth pense que c'étaient les marchands syriens qui cherchaient des voies nouvelles pour leur commerce et se disaient ambassadeurs de Marc-Aurèle pour inspirer plus de respect aux barbares. Il paraît que les Syriens renouvelèrent plus d'une fois leurs tentatives de nouer des relations commerciales avec les peuples de l'Extrême-Orient, car les annales chinoises parlent des autres ambassades du pays Ta-t'sin qui eurent lieu au siècle suivant 1.

La soie et les épices, très recherchées par les Romains de l'époque impériale, étaient les principaux objets de commerce avec l'Extrême- Orient. M. Hirth suppose que les Romains recevaient les soieries de Chine, retravaillées par les Syriens, qui teignaient les étoffes en pourpre ou en d'autres couleurs, les brodaient d'or ou bien retiraient les fils soyeux des riches étoffes chinoises pour en fabriquer des gazes transparentes 2.

p.IX Les Romains n'avaient pas une idée très claire sur l'origine de la soie. Ils croyaient que cette « laine des forêts » croissait sur des arbres. On lit dans l'Histoire naturelle de Pline (VI, 20) :

« les Seres, célèbres par la laine de leurs forêts, détachent le duvet blanc des feuilles en l'arrosant d'eau, puis nos femmes exécutent le double travail de dévider et de tisser. C'est avec des manœuvres si compliquée, c'est dans des contrées si lointaines que l'on obtient ce qui permettra à la matrone de se montrer en public avec une étoffe transparente. 3

Déplorant les extravagances de son temps, Pline écrit :

« 100 millions de sesterces (21.000.000 fr.) au calcul le plus bas, sont annuellement enlevés à notre empire par l'Inde, la Sérique et cotte province Arabique, tant nous coûtent cher le luxe et les femmes » (liv. VI, 41).

D'après l'estimation de M. Hirth, la moitié de toute la somme (50.000.000 s.) retombe sur l'Inde, où l'on faisait le voyage tous les ans, car, comme l'a observé Pline, « l'amour du gain a rapproché l'Inde ». Le reste étant partagé entre la Sérique et l'Arabie, le commerce de la Chine devrait être évalué à 25.000.000 s. (5.000.000 fr.) seulement. Une somme aussi peu considérable, par comparaison à l'énorme budget de l'empire romain, ne saurait causer des inquiétudes à Pline. M. Hirth suppose que les chiffres donnés par ce dernier indiquent le surplus, payé par les Romains en argent comptant, outre les marchandises données en échange 1.

Les Romains connaissaient-ils les objets d'art de l'Extrême-Orient ? Quelques savants ont cru résoudre l'énigme des célèbres p.X vases murrhins en supposant que c'était de la porcelaine de Chine 2. La science moderne a abandonné cette hypothèse. M. Pottier trouve que la description des murrhins chez Pline ne peut pas être appliquée aux produits demi-transparents de la céramique chinoise et que, d'ailleurs, comme aucun fragment n'a été retrouvé jusqu'à présent, il est difficile d'admettre la disparition totale des porcelaines orientales, si les Romains les avaient connues 3. Au commencement du XIXesiècle, Hager, dont l'érudition chinoise paraît suspecte après les révélations de Klaproth, ayant en vue la pesanteur considérable des murrhins, émit l'hypothèse que ces derniers n'étaient autres que les célèbres vases en pierre dure Yu ou Yucheu (en jade), si appréciés par les Chinois 4.

L'archéologie moderne a adopté la théorie de Winckelmann, d'après laquelle il y aurait eu deux espèces de murrhins : les vrais, en agate, ou sardonyx, et les factices, en pâte vitreuse, à double ou triple couche, multicolores et semi-translucides. Les qualités indiquées par les anciens, la pesanteur, l'extrême fragilité, la couleur d'un blanc p.XI laiteux ou de feu, les veines stratifiées, les reflets d'arc-en-ciel, se rapportent à deux catégories d'objets, ce qui simplifie le problème.

Parmi les vases, désignés par M. Babelon, dans le Catalogue des camées de la Bibliothèque Nationale (n° 368-373, 378, 623) comme murrhins probables, pas un ne justifie l'hypothèse de l'origine chinoine.

II. — Au moyen âge, l'écoulement des marchandises de la Chine vers l'ouest continue, parfois ralenti et détourné des voies habituelles, mais ne cessant jamais complètement, malgré les troubles politiques et économiques qui bouleversent les pays par lesquels se fait le trajet. Les intermédiaires changent, les voies commerciales restent a peu près les mêmes que dans l'antiquité. Les caravanes, portant les marchandises de la Chine, se dirigent, après avoir traversé les plaines de l'Asie centrale et longé la frontière septentrionale de l'Iran, vers la mer Caspienne. La voie de mer passe au sud de l'Asie par les mers de la Chine, le détroit de Malacca, le golfe de Bengale, l'océan Indien, le golfe Persique ou la mer Rouge 1.

Le trajet était long et difficile.

« Si un misérable profit fait voyager les marchands jusqu'à l'extrémité de la Terre pour en rapporter de la soie, écrivait au VIe siècle (vers 530-550) le pieux moins grec, Cosmas Indicoplaute, déplorant l'indifférence religieuse de ses contemporains, pourquoi ne veut-on pas se donner quelque mouvement pour gagner le paradis ? Ce pays de la soie est situé à la dernière extrémité de l'Inde et s'appelle Tsinista. C'est de Tsinista que vient la soie. Au delà de ce pays il n'y en a point d'autre, car il est environné par l'océan du côté de l'Orient. En y allant donc par mer on doit faire un très long chemin, car il faut passer toute la mer de l'Inde et plus loin encore... Mais qui va par la Perse, abrège de beaucoup son chemin, et voilà pourquoi on trouve en Perse toujours beaucoup de soie.

Au VIe siècle, les Byzantins et les Perses jouaient le rôle d'intermédiaires dans le commerce avec la Chine, D'autres peuples se mêlaient de ce trafic avantageux : les Sogdiens, habitants de la Boukharie qui portaient dans les marchés de Perse la soie, apportée par les caravanes chinoises aux frontières du Turkestan ; les Indiens qui portaient en Perse les marchandises de la Chine, arrivées à Ceylan ; les Éthiopiens qui tâchaient d'attirer dans les ports de la Côte de l'Afrique les p.XII navires, chargés de produits de l'Inde et de la Chine ; les Syriens qui couraient le monde, portant jusqu'au pays des Francs les raretés de l'Orient. Les Chinois eux-mêmes ne dépassaient pas les frontières du Khotan ou l'île de Ceylan. Au siècle suivant, les Arabes s'emparent du commerce de Chine. Une grande activité commerciale régnait dans les mers de l'Asie méridionale au temps des Abassides et de la dynastie contemporaine des Tang (620-907). Les marchands arabes allaient jusqu'à Malacca, peut-être même jusqu'à Canton, dont le port fut ouvert aux étrangers à partir de 700. Les Chinois, qui dans l'époque précédente ne dépassaient guère l'île de Ceylan, pénétraient maintenant dans le Golfe Persique et dans la mer Rouge. Les marchandises de l'Extrême-Orient affluaient dans les villes de domination arabe (Basrah, Bagdad, Alexandrie, Damas, Trébizonde), d'où les marchands grecs, arméniens, syriens et juifs les portaient aux peuples occidentaux. D'après le témoignage d'Ibn-Khordadbeh, à l'époque carlovingienne, les juifs du pays des Francs entreprenaient le long voyage jusqu'en Chine, parvenant si loin, probablement, grâce au secours des communautés juives, dispersées dans le monde entier 1.

Pendant les croisades, le commerce d'Orient prend un nouvel essor. Les entreprises commerciales des villes d'Italie et du midi de la France animaient les bords de la Méditerranée, les Arabes continuaient à expédier au fond de l'Asie, jusqu'en Chine, leurs vaisseaux, en quête des épices et des soieries qui se débitaient ensuite dans les marchés de la Syrie et de l'Égypte ; Benjamin de Tudèle, voyageur juif du XIIe siècle (1166 ?-1173 ?) parle du concours de toutes les nations à Alexandrie, qui était devenue « le marché des deux mondes », d'après l'expression de Guillaume de Tyr. Benjamin nota dans cette ville « un grand trafic d'épices qu'on y apporte de l'Inde et que les marchands chrétiens achètent » 2. Par Alexandrie passait alors la grande voie commerciale. Les marchandises de l'Asie, débarquées dans un des ports de la mer Rouge (à Aïdab ou Koub), étaient transportées à dos de chameau jusqu'au Nil, puis elles descendaient le long du fleuve jusqu'à la Méditerranée.

L'apparition des Mongoles (XIIIe s.) ouvrit deux routes nouvelles, p.XIII qui menaient jusqu'à la Chine : l'une passait par la Petite Arménie et la Perse, d'où l'on pénétrait par le golfe Persique dans les mers de l'Asie méridionale ; l'autre traversait la Russie et l'Asie centrale. La tolérance ou plutôt l'indifférence des Mongoles donna aux papes et aux rois chrétiens l'espoir de convertir les peuples de l'Asie, et amena de nombreuses missions, au XIIIe siècle et dans la première moitié du XIVe siècle. Vers le milieu du XIIIe siècle, les premiers missionnaires passèrent en Tartarie, envoyés par le pape et le roi de France (en 1245 Jean da Plano di Carpini, franciscain ; en 1247, Anselin, dominicain, Simon de Saint-Quentin, Albéric et Alexandre ; en 1248-1251, André de Longjumeau, Jean de Carcassonne ; en 1253-1255, Guillaume de Rubrouck).

Le caractère éclairé des khans de Perse permit d'entretenir avec eux des relations amicales, politiques et commerciales, ce qui était de grande importance pour le commerce de l'Inde et de la Chine, la route passant alors par l'Iran. Il y eut un échange de correspondance diplomatique entre le roi de France, Philippe le Bel, et les khans Argoun (1284-1291) et Oldjaïtou (1304-1315), princes extrêmement libéraux qui construisirent Sulthanyeh, important centre de commerce sur la grande route de Chine qui passait par Tauris, Sulthanyeh, Yezd, Ormouzd, où l'on s'embarquait pour traverser l'Océan Indien.

En Chine, la dynastie mongole des Youen (1279-1368) se distinguait par la même tolérance. L'accès de l'Empire du Milieu fut ouvert aux étrangers. Les missionnaires y déployaient leur activité 1, les marchands s'aventuraient jusqu'aux grandes villes commerciales Khan-bâlicq et Zaï-toûn. Dans les lettres des missionnaires on trouve p.XIV allusion aux marchands « latins » trafiquant aux Indes, aux Génois, ayant séjourné à Péking. Le hasard a conservé les noms de deux d'entre eux, Pierre de Lucalongo, arrivé en Chine avec Jean de Montecorvino, et Andalo da Savignone, marchand pieux, qui acheta le terrain pour l'église de Péking. Fait notoire, Francesco Pegolotti, auteur d'un curieux guide de commerce de la première moitié du XIVe siècle 2, trouva à propes de commencer son livre par la description de la route de Cathay et par toutes sortes de renseignements pratiques pour « ceux qui veulent aller de Gênes ou de Venise en ces lieux ». Ainsi le voyage de la Chine était devenu réalisable pour ceux qui avaient du courage et disposaient de temps et de capital, car il était long et coûteux : d'après le calcul de Pegolotti, trois cents jours étaient nécessaires pour aller de Tana (Azov) à Cambalec (Péking) ; les frais du voyage revenaient à 12.000 livres pour un homme, ayant deux domestiques, un drogman et des marchandises pour 25.000 florins d'or 3.

Le courant qui apportait les produits de la Chine en Europe ne p.XV tarit pas durant tout le moyen âge. Mais les fréquents transbordements, les interruptions du voyage, auxquels étaient exposées ces marchandises pendant leur long trajet, faisaient oublier leur véritable origine au point d'engendrer des fables 1. Les connaissances sur la Chine étaient des plus vagues 2. Le jour ne commence à poindre que dès le milieu du XIIIe siècle, grâce aux relations avec les Mongoles. En 1246, Plano di Carpini visita le Khan Bathy ; la même année Sempad, connétable d'Arménie, se rendit auprès de Couyouk-Khan ; Héthoum I, roi d'Arménie, vint saluer Batou en 1254 et Mangou en 1255 ; en 1253, saint Louis envoya Guillaume de Rubrouck auprès de Mangou-Khan. Ces voyageurs n'allèrent pas jusqu'à la Chine, mais dans le monde mongol, où le hasard les avait amenés, ils recueillirent les bruits qui couraient sur la brillante conquête de la Chine (1205-1234) commencée par Gengis-Khan, terminée par son fils Okkodaï, sur le pays conquis et ses habitants. Voici ce que raconte, par exemple, Plano di Carpini au sujet des Chinois :

« Les Kitaïens semblent être des gens assez doux et humains, ils ne portent point de barbe, ils ressemblent assez de visage aux Mongoles, mais ils n'ont pas tout à fait le visage si large, ils ont une langue à part et il ne se trouve point p.XVI au reste du monde de meilleurs artisans en toutes sortes d'ouvrages. Leur pays est abondant en blé, vin, or, argent et soie et en tout ce qui se peut désirer pour la vie 3.

Plano di Carpini dit avoir même vu un spécimen de leur industrie : c'était une très riche tente d'étoffe pourpre, dont les Kitaïens avaient fait présent à Bathy. Ainsi, les premières relations du moyen âge signalèrent l'aptitude étonnante des Chinois pour les arts industriels.

Le Livre de Marco Polo fut une révélation 1. Attaché pendant seize ans au service de Khoubilaï-Khan, Marco Polo parcourut les vastes contrées de sa domination et les pays voisins, les provinces méridionales de la Chine, le royaume de Mien (le Birman actuel) ; dans ses voyages il alla jusqu'à l'Inde, d'où il revint en Chine par mer. En route il eut soin de tout observer minutieusement, s'intéressant, en homme d'affaires, surtout au commerce, à l'industrie, aux produits naturels des pays qu'il visitait.

« En alant, et retornant, il mist moult s'entente de savoir de toutes diverses choses, selon les contrées, à ce que, à son retour, le peust dire au grand Kaan,

raconte Marco Polo lui-même, se nommant à la troisième personne, d'après son habitude 2. Marco Polo séjourna en Chine après l'avènement des Youen, mais la civilisation qu'il décrit est celle de la dynastie précédente de Soung, les conquérants mongols subissant l'ascendant de la culture chinoise. Émerveillé par la grandeur el la beauté de la « maistre cité » de Cathay, Cambaluc, il raconte qu'elle est entourée de murs

« haus plus de dix pas, ayant de tour (de circonférence) xxiij milles. Elle a douze portes, et sur chascune porte a un grant palais moult bel... si sont les rues si droites que l'on voit d'une part à l'autre, car ils sont si ordennés que l'une porte se voit de l'autre, de long la ville par les rues... Et y a par la cité de biaus palais et gratis et moult de belles p.XVII herbegeries et moult de belles maisons en grant habundances. 3

La cité de Cambaluc a « si grant multitude de maisons et de genz et dedens la ville et dehors que ce samble estre impossible chose ». Chaque porte de la ville est gardée par mille hommes armés. Les gens « forains », (les étrangers) y affluent de tous côtés. Un commerce animé y règne. « Et si vous di que en ceste cité vient plus de chieres choses et de greigneur vaillance et d'estranges que en cité qui soit au monde et greigneur quantité de toutes choses... il n'est jour en l'an que de soie seulement n'y entre mille charretées en ceste cité, de quoi mainz draps à or et de soie se labourent et plusieurs autres choses... » De Cambaluc dépendent 200 cités, d'où viennent les marchands pour vendre leurs choses et en acheter d'autres « si que elle est la cité de moult grant marchandise » 4.

Marco Polo nota en Chine une grande production de soie. La soie est « à bon marchié et vaut mieux que lin, ne coton. » À Nanghin « il y a grant habundance de soie, car il en fait draps d'or et de soie de toutes manières, moult beaus ». Les habitants de Siguy (Sou-tcheou) « ont soie en grant quantité et vivent de mestiers et marchandises. Ils ont grant planté de soie, dont ilz font draps à or et autres ». La même industrie fleurissait à Saïanfu, à Cacanfu, à Taïanfu, à Quengianfu, à Cuguy. 1

La fabrication de la porcelaine attira également l'attention de Marco Polo. « À Tiunguy, près Çayton, on fait moult d'escuelles et de pourcelaine qui sont moult belles. Et en nul autre port, on n'en fait fort que en cestuy. » La porcelaine se vendait à bon marché : « en aurest pour un venezian gres trois escuelles, si belles que miaus ne le seusent nul deviser ». 2

p.XVIII En décrivant le palais impérial, Marco Polo fait mention des objets d'art qui s'y trouvaient.

« La couverture est moult haute, les murs du palais et les chambres sont toutes couvertes d'or et d'argent. Encore y a pourtrais, dragons, bestes, oiseaux, chevaliers et ymages et de plusieurs autres générations de choses... Et la couverture est ainsi faite, si que il n'y autre chose que or et argent et painture... Les trez (solives) de la couverture si sont tous de couleur vermeille et jaune et vert, et blou et d'autres couleurs... Et sont envernissée si bien et si soutilment qu'ils sont resplendissans, comme cristaus si que moult loing environ est resplendissans ».

Dans le palais de Si-ngan-fou, il y avait

« maintes belles sales et grandes et maintes belles chambres toutes pourtraites et peintes à or battu » 3. Ainsi l'art de la peinture et du vernissage, dans lequel excellaient les Chinois, n'échappa point à l'attention de Marco Polo.

Marco Polo caractérise les Chinois comme hommes doux et tranquilles, adonnés aux professions paisibles :

« ils ne sont point hommes d'armes, ainsi sont marchans et gens moult soubtils de tous mestiers. Et si a en ceste cité moult de philosophes et moult de mires (médecins) ».

La « subtilité » des Chinois pour les arts divers, l'excellence de leur industrie a été notée par les autres voyageurs du moyen âge. Hétoum l'Arménien, parent du roi d'Arménie Hétoum I (voyageait en Orient au commencement du XIVe s.), décrit ainsi la Chine et ses habitants :

« Le royaume de Cathay est tenu pour le plus noble royaume et le plus riche qui soit au monde, et est sur le rivage de la mer océane... Cestes gens (les Cathaïens) qui tant sont simples en leur créance et aux choses espirituelles, sont plus soubtilz que tout autres gens aux œuvres corporelles. Et dient les Cathaïens que ce sont ceulx qui voient de deux yeulx et les latins voient d'un œil. Mais les autres nations dient qui ce sont aveugles, et par ce puet len entendre qu'ilz tiennent les autres gens de gres entendement. Et vraiement len voir venir de ce pays toutes sortes estranges et p.XIX merveilleuses et de soubtil labour que bien semblent estre les plus soubtilz du monde d'art et de labour de mains » 1.

Odoric de Pordenone, moine franciscain, qui parcourut l'Asie de 1318 à 1330 et qui séjourna à Khan-Bâlicq (Péking) pendant trois ans, déclare que les gens de Mangi (les Chinois) « sont bons ouvriers de toutes matières de mestiers ». Dans sa relation naïve, Odoric donne une curieuse description du palais de Cambaluc et des merveilles qu'il y vit, entre autres, d'une grande « pigne » (vase à boire) :

« ou milieu de ceste salle a une grant pigne, c'est-à-dire, un pignetaire, un grant vaissel ; là on met piment et buvrage. Elle est toute d'or par dehors et par dedens d'une pierre précieuse qui a son nom marthathedes. A chascun anglet de cette pigne a un serpent qui halette et bat ses elles moult fort par certaines conduits qui sont en la court du roy, administrant cil serpent le buvrage. D'en costé celle pigne, a tous dis pluseurs vaisseaux d'or, auxquels tous boivent qui veulent boire. En ce palais a moult de paons fais tous de fin or. Et quant aucuns Tartres veult en ce palais faire aucune feste à son seigneur, il les mains ensemble et tantost ces paons espandent les elles et alettent et semble droit que ilz dansent ; tellement sont faits cilz paons par science d'homme ou par art de diable. 2

Un géographe en chambre, Jean de Bourgogne ou Jean à la Barbe, professeur de médecine à Liège vers le milieu du XIVe siècle, composa d'après les relations d'Hétoum et d'Odoric une compilation connue sous le titre de Voyages de Mandeville 1. Ce livre, excessivement répandu, affermissait parmi ses nombreux lecteurs la réputation des Chinois, comme artisans habiles :

« Mais tant puis-je bien dire que ce sont les plus subtilles gens de toutes sciences, dont ils se meslent et toutes artifices qui puissent estre part tout universel monde. Car de subtilleté et de malice et d'engin ils passent tous ceulx du monde et il le scevent bien ».

Ce genre de littérature, qui par la description des voyages extraordinaires dans les pays lointains, p.XX tenait des romans d'aventures, était fort goûté, au moyen âge, au XVIe et au XVIIe siècle. M. H. Cordier a décrit 73 manuscrits d'Odoric, Yule compte 78 manuscrits de Marco Polo ; les manuscrits de Mandeville sont innombrables. Il est à noter que Le Livre de Marco Polo, le plus important ouvrage sur la Chine au moyen âge, a été rédigé en français (par Rusticien de Pise) et dédié « ès nobles parties de France ». En 1307, M. Polo chargea Thiébault, chevalier, seigneur de Cepoy, représentant de Philippe le Bel à Venise, de remettre la première copie de son livre à Charles de Valois, ce qui fut exécuté par Jean de Cepoy, fils de Thiébault.

Les produits de la Chine qui pénétraient en Europe au moyen âge étaient les épices, la soie grège et les étoffes 2. La soie restait, comme dans l'antiquité, le principal objet de commerce de la Chine, qui y attirait les marchands étrangers. Mais leurs approvisionnements fondaient insensiblement en route pendant le long voyage. Cependant, une partie parvenait jusqu'à l'Europe. Heyd pense que la setta captuya (chattuja) mentionnée par Pegolotti, était la soie grège de la Chine (d'après Pegolotti, 20 livres de soie de la Chine coûtaient un sommo d'argent ou 5 florins d'or). Les noms de quelques tissus semblent révéler leur origine chinoise. Les satins, zetani en italien, setunis en castillan, que l'on tirait d'Alexandrie, rappellent le nom arabe d'une ville chinoise Zaïtoûn (Tsien-tcheou-fou) dans la province de Fou-kien où l'on fabriquait, selon le témoignage d'Ibn-Batouta, des étoffes de soie d'une finesse extraordinaire, une espèce d'atlas, fort apprécié. Les étoffes que l'on vendait sous ce nom à Alexandrie pouvaient être les imitations des tissus chinois, mais ce n'était pas l'article authentique de la Chine. En tout cas, la Chine a créé le genre d'une des étoffes les plus répandues au moyen âge. Une autre étoffe de Chine, Kincha ou Kimcha (camocato, camocan, camocas) était une sorte de soie damassée ou de brocart d'or. D'après Pegolotti, trois pièces et demie de camoca coûtaient 5 florins d'or. Dans l'île de Chypre, il y avait des ateliers où l'on fabriquait des étoffes de soie à l'imitation de Kinchi chinois. Nacco ou nachetti di seta et d'oro, brocarts d'or, venait également de la Chine ; on le fabriquait aussi à Chypre, en Asie Mineure, à Bagdad. D'après Pegolotti, trois pièces et demie jusqu'à cinq pièces de nachetti coûtaient en Chine un sommo d'argent (5 fl. d'or). Tartaricus pannus était une étoffe rayée d'or aux figures d'animaux, dont le nom se rencontre p.XXI souvent dans les inventaires du moyen âge. Marco Polo rapporta de son voyage une tapisserie de pannis indicis 1.

La porcelaine fabriquée en Chine au moyen âge pour l'usage universel et l'exportation était d'un vert d'olive (céladon du XVIIIe siècle) et non bleue, comme l'affirmait Stanislas Julien 2. Les pièces de la céramique chinoise pénétraient en Europe à titre de curiosité.

En 1447, Mathieu d'Escouchy apporta en présent à Charles VII de la part du sultan de Babylone (du Caire) des porcelaines de « Sinant ».

« Et sy te mande par le dit ambassadeur, écrivait le sultan au roi de France, ung présent ; c'est assavoir 3 escuelles de pourcelaine de Sinant, deux grands platz ouvertz de pourcelaine, 2 tonquis (sorte de bateau ou pièce de vaisselle de forme angulaire, bouts de table ou coins de table) verdes de pourcelaine, deux bouquetz (bouteilles à anses) de pourcelaine ouvré, ung lavoir ès mains et ung garde manger de pourcelaine ouvré 3.

La porcelaine figure parmi les présents des sultans d'Égypte au doge Foscari (1442), au doge Malipiero (1461), à Catherine Cornaro (1476), à Laurent de Médicis (1487), au doge Barbarigo p.XXII (1490), à la seigneurie de Venise (1498) 4. Pour le XVIe siècle on a des renseignements que la porcelaine orientale se débitait dans les marchés du Levant. En 1508, Martin Baumgarten acheta des plats de porcelaine à Damas 1. En 1555, le voyageur français Bellon nota une grande quantité de vaisseaux de porcelaine que les marchands vendaient au public au Caire...

« Les susdits vases de pourcelaine sont transparents et coustent bien cher au Caire et disent mesme qu'ils les apportent des Indes. Mais cela ne me semble vraisemblable ; car on n'en voirrait une si grande quantité, ni de si grandes pièces, s'il les fallait apporter de si loin. Une esguière, un pot ou un autre vaisseau, pour petite qu'elle soit, couste un ducat, si c'est quelque grand vase il coustera davantage. 2

La « pourcelaine » est souvent mentionnée dans les inventaires du XIVe et du XVe siècle. Les savants ne sont pas d'accord sur la signification de ce terme : M. Labarte y voyait une espèce d'agate, M. Pottier la caractérise comme une gemme précieuse, demi-transparente, sorte de calcédoine, d'alabastride et de jade, M. Laborde penchait pour la nacre. Selon son explication, porcelaine, nom par lequel on désignait au moyen âge les coquilles de nacre, vient du mot latin porca et de son diminutif « porcella » que l'on appliquait à une espèce de coquillage (concha venerea ou cyprea) ; la meilleure nacre venait de la Chine, la nacre de qualité inférieure de la mer Rouge 3. MM. Havard et Heyd pensent que le mot « porcelaine » avait au moyen âge une signification variée, désignant tantôt la nacre, tantôt les pierres aux couleurs laiteuses et aux reflets irisés, s'appliquant parfois dans le sens moderne aux produits de la céramique chinoise 4. L'origine chinoise ne peut pas être attribuée en tout cas aux objets du culte religieux, comme tableaux de « pourcelaine », avec les images de Notre-Dame et des Saints 5. Quant aux plats, aiguières, p.XXIII pots, écuelles de porcelaine, assez fréquents dans les inventaires du XIVe et du XVe siècle, le caractère vague de ce terme ne permet de rien conclure sur la matière dont ils étaient faits 6.

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