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André Le Saout - TELECOM Bretagne




De l’appréhension de la terminologie du stéréotype pour une pédagogie linguistique et culturelle. L’Espagne évoque …


Les stéréotypes nous renvoient-ils une image réelle des cultures ?

Quelle est la véritable identité de l’autre ?

Comment penser l’altérité ?

Table des matières


  1. Introduction

  2. Présentation de l’enquête

  3. Les différentes images de l’Espagne

a- résultats généraux

b- l’image de l’Espagne par catégories

  1. l’image du tourisme confrontée à celle de l’économie

  1. Analyse et commentaires

  2. Exemple de transmission du stéréotype : Astérix en Hispanie

6- Utilisation pédagogique : objectifs linguistiques et interculturels

7- Conclusion




1-Introduction



Dans l’Europe démocratique, née de l’universalisme où les problèmes économiques ont souvent prévalu, les aspects sociaux et culturels pointent à l’heure où les Andalous et les Suédois s’assoient à la même table. Elle se trouve également confrontée à de nouveaux problèmes linguistiques. Parmi les nombreuses questions que soulève la création d’une entité supra-nationale il reste à définir les marques propres à chaque pays et l’idée que l’on s’en fait dans une « Civilisation européenne universelle » (« D’où vient l’Europe », Carrefour des littératures - El País).

Dans une période d’échanges internationaux permanents les domaines de l’interculturel et de la linguistique nous aident à mieux analyser les comportements pour mieux les comprendre. Tant pour les enseignants de langues étrangères que pour les élèves, les premiers cours sont toujours source de découverte. Dans l’enseignement supérieur chaque nouvelle formation nous donne l’occasion de tester les connaissances linguistiques bien sûr, mais également les connaissances culturelles dans leur diversité et plus particulièrement le « cliché récurrent », la synthèse d’un pays et de sa culture matérialisée par des mots clés : basé sur des impressions, l’expérience, des « On dit que …», « Il paraît que … », « Il me semble que … », basé également sur les échanges et les medias, le cliché (« el tópico ») devient portrait-robot. Comment sommes-nous perçus par les autres nations ? Quelle image, justifiée ou non, donnons-nous à l’extérieur ? Avons-nous une emprise sur cette image ? Est-ce réellement celle que nous souhaitons donner ? Existe-il un non-dit ? Comment percevons-nous nos voisins ? Quels concepts substantifs ou qualificatifs caractérisent « l’autre » dans notre inconscient, concepts véhiculés hier par les aventuriers, les soldats et les voyageurs, aujourd’hui par le tourisme de masse et les voyageurs pressés.

De l’Angleterre perfide je garderai inconsciemment la Reine, le « tea », le flegme, les punks et la Tour de Londres, cela malgré les années que j’y ai passées. De l’Allemagne ses forêts, sa rigueur, ses horaires et ses voitures. De l’Italie ses pâtes, sa mafia et son cinéma. De l’Afrique du Sud le sida, le racisme, Mandela, les gens chaleureux, les couleurs, …mais je n’y suis jamais allé. L’Espagne, pour sa part…

Différents vocables parfois interchangeables peuvent s’appliquer à cette projection de l’autre. Elle peut être « cliché » -idée ou expression toute faite, trop souvent utilisée -, « stéréotype » -opinion toute faite, réduisant les singularités- ou « archétype » chez Jung - symbole primitif, universel, appartenant à l’inconscient collectif -. Elle peut être image, tout simplement, celle que nous avons de l’Andalousie, ou de Juan en Galice, ou des « botellones ». Elle peut être grinçante, amusante, agaçante, déprimante. Elle est avant tout le baromètre et l’ambassadrice involontaire de tout un pays.

Dans un premier temps je présenterai le travail réalisé avec mes élèves, puis une approche de classification des résultats par thèmes. Dans un deuxième temps je soulignerai l’importance de la question économique dans l’image d’un pays avant de proposer un exemple de transmission de stéréotype. Je terminerai par une utilisation possible de ce lexique (terminologie) dans un cadre pédagogique et interculturel.
2- Présentation de l’enquête
Paula Corroya dans un article de Cambio du 11-11-2002 titrait : « Guerra al tópico » (combattre les clichés). Le gouvernement franquiste des années 60 dans une Espagne isolée s’était forgé ses propres stéréotypes transformant l’Espagne en centre de vacances et inondant les pays voisins de « Spain is different », de « exotismo cañí » ( vulgarisation touristique de la tradition espagnole) et de « Diviértase bajo el sol » (amusez-vous au soleil). Si le souhait de Manuel Fraga, Ministre de l’Information et du Tourisme sous Franco est devenu réalité, l’image que les français ont de l’Espagne aujourd’hui reste ambiguë. Elle oscille entre mépris hautain vis-à-vis de certaines traditions et fascination béate pour « leur » guerre civile, entre Vieille Histoire et modernité progressiste de la société actuelle, entre une société pauvre encore récemment raillée et une économie actuellement stabilisée. Il existe sans doute une dualité latente dans l’image que nous entretenons avec l’Espagne. Cet article a été le point de départ d’une confrontation des résultats obtenus depuis 2000. Depuis cette date j’analyse de façon rigoureuse l’enracinement de certains stéréotypes basés sur une réalité ou simplement ancrés et inébranlables, auprès d’un public d’élèves-ingénieurs hispanisants essentiellement masculin (20-25 ans) et majoritairement français de l’École Nationale Supérieure de Télécommunications de Bretagne et de l’Université de Bretagne Occidentale à Brest.

La rédaction non réfléchie (ni limitative) de la terminologie associée à leur approche du « concept-Espagne » et symbolisant au mieux ce pays, et ce en un temps très limité, me permettait d’obtenir une vision instinctive et non affinée. Elle révèle un inconscient collectif non raisonné de termes associés tant aux secteurs économiques que culturels. L’actualité du moment n’est pas retenue (évènements très récents). Au fil des promotions mes élèves se sont toujours montrés très coopératifs, se prêtant à cette enquête avec des sentiments parfois contradictoires : du questionnement sur l’intérêt de cette activité à une réflexion personnelle sur le résultat de leur terminologie, de la légère euphorie de cette activité à une prise de conscience « in-pairs » ou en groupe de l’image parfois austère, parfois dédaigneuse de l’autre. Restait la question que j’estime essentielle : existe-il une auto-censure consciente ou inconsciente de la part des élèves dans le choix des termes proposés ?, question qui pourrait faire l’objet d’un prochain article

3- Les différentes images de l’Espagne



a- Résultats généraux
Tout d’abord le regroupement quantitatif de plusieurs milliers d’informations fait ressortir un certain nombre de termes récurrents, ordonnés par importance quantitative de 1 à 30. Ces premiers résultats nous donnent déjà une certaine idée de la suite de la recherche puisque les dix premiers classés font uniquement référence aux vacances, à la tradition et aux sports.

Au « hit-parade » des termes mentionnés par mes étudiants, parfois en français, parfois en espagnol, nous trouvons en apparitions d’unités linguistiques lexicales: soleil (190 occurrences), corrida (137), fêtes (129), plages (123), chaleur (101), paella (101), football (95), Real Madrid (86), flamenco (78), tapas (67), mer (67), Franco (60), vacances (57), Juan Carlos (33), le roi (40), Picasso (51), toros (51), sangría (48), couleur rouge (34), castagnettes (30), F.C. Barcelona (30), Almodovar (27), couleur jaune (27), tortilla (25), Don Quijote (24), Gaudi (23), chorizo (23), Christophe Colomb (23), Dalí (21), Seat (6), Sagrada Familia (8)

La classification des résultats des 350 fiches complétées depuis 2000 s’est réalisée tout naturellement. Il en ressort 16 chapitres bien distincts : tourisme, traditions, éléments négatifs, éléments positifs, sports, art, aliments, loisirs, État, évènements, économie, comportements, lieux, personnages actuels, symboles, personnages de l’Histoire.
b- L’image de l’Espagne par catégories


Thème

%

Tourisme

18,7

Traditions

12,8

Lieux

9,7

Nourriture

9,3

Sports

8,2

Positif

7,5

Loisirs

6,8

Négatif

6,3

Art

4,9

État

4,9

Comportement

3,2

Économie

2,8

Symboles

2,3

Personnages historiques

1,6

Événements

1

Personnages non historiques

0,6





c- L’image du tourisme confrontée à celle de l’économie

Terminologie quantitative mentionnée liée au tourisme en Espagne rapportée à la terminologie liée à l’économie : il ne s’agit pas d’opposer tourisme et économie mais de faire le parallèle et de juxtaposer les « occurrences » dans ces deux secteurs afin de faire ressortir une évidence. Seuls une vingtaine de mots associés à l’économie sur un total d’environ 5000 ont été relevés dans l’ensemble de ce travail, ce qui situe ce secteur en deçà des 1%.


Thème

Pourcentage

Tourisme

99,01

Economie

0,99




Une dernière enquête effectuée en septembre 2007 auprès de 18 élèves-ingénieurs français sur les marques espagnoles connues donne les résultats suivants : au total 3 marques ont été citées - Al Campo, Colacao, Seat.

Seconde enquête auprès de 25 élèves : Zara, Seat, Corona, Corte Inglés, Festina, San Miguel, RENFE. Deux marques de bière, pas de Barça ni de Real même s’ils apparaissent dans l’enquête. L’absence de domaine de prédilection des entreprises espagnoles, plus généralistes que spécialisées dans un secteur particulier (la mode en France, la voiture en Allemagne) entraîne un report des clichés vers d’autres catégories.
4- Analyse et commentaires
La proximité géographique, une récente histoire commune, les flux migratoires et touristiques, les ressemblances linguistiques et le caractère latin font de la France un partenaire et un interlocuteur privilégié de l’Espagne. À cela s’ajoute l’exil vers Paris de nombreux intellectuels et artistes durant la dictature (1939-1975).

Les années ont passé. On pouvait penser que le prestige de la transition démocratique effacerait à tout jamais de notre mémoire la dictature et le fascisme. On pourrait penser que c’est aujourd’hui un pays totalement nouveau, « un país al que no le conoce ni la madre que lo parió » ( même sa propre mère ne le reconnaîtrait pas), disait l’ex vice-président socialiste Alfonso Guerra. Cependant, comme nous allons le voir, notre perception de l’Espagne reste très basique et bien souvent condescendante.
Depuis les années 70 l’Espagne a totalement changé mais « l’image » qu’elle offre d’elle-même à l’Europe, l’image qu’ont les Européens dans les yeux, stagne. En fait l’état espagnol a imposé à ses pays voisins une terminologie qui représentait non pas l’Espagne dans sa globalité mais « une Andalousie nationale », neutre et sage. « Spain is different » encore et toujours, malgré sa réalité économique, politique et culturelle: l’Espagne-plaisir d’une part englobant tourisme et tradition, l’Espagne-passé d’autre part, celle des Conquistadores, de l’Inquisition, de l’Histoire coloniale et du Franquisme. Entre ces deux blocs l’Espagne-économie ne trouve pas sa place, pas de Repsol, ni de Telefónica, AVE, BBVA, pas de Iberia, la science et la technologie n’y apparaissent que de façon anecdotique. Par contre, suite à un petit questionnaire réalisé auprès de dix élèves valenciens de l’UPV sur leurs connaissances de l’économie française, il ressort que 30 marques sont citées : Renault, Citroën, Peugeot, Gauloises, Michelin , Pierre Cardin, Air France, Caprice des Dieux, Chanel, Auchan, Galeries Lafayette, Louis Vuitton, Décathlon, Lacoste, Rossignol, Salomon, Alcatel, orange, France Telecom, Orangina, Évian, Champagne, Leroy merlin, Ariane, Airbus, Le Coq Sportif, Paco Rabanne.

Dix étudiants espagnols (UPV) citent trente marques françaises, trois cents élèves français TELECOM Bretagne et UBO) citent sept marques espagnoles.

Dans un pays sans tradition industrielle apparente, aux frontières fermées, le franquisme a gelé une économie qui ne s’est révélée que récemment. Le conflit permanent entre un état dictatorial et des régions éminemment politisées et syndicalisées (Catalogne, Pays Basque) a largement contribué à freiner toute expansion vers l’Europe, les conséquences de ces limites imposées par l’état espagnol jusqu’aux années 1975 se faisant encore sentir de nos jours.

Malgré les allégations de Javier Noya (21/01/2003) dans « La marca España » publié dans « Real Instituto Elcano » souhaitant démontrer que l’Espagne possède « une marque-pays » forte en Europe, les résultats de mon enquête semblent présenter une version tout à fait différente. Il n’existe pas ou peu de marques espagnoles pouvant représenter et symboliser le pays en Europe et dans le monde. Nombreux sont les pays sans marqueurs visibles y compris dans les pays à forte économie, le Canada ou la Grèce par exemple. Si nous associons Mercedes, Audi et Wolswagen à l’Allemagne nous sommes bien en peine pour associer des entreprises à l’Espagne. Les pays, cependant, cherchent à donner d’eux-mêmes une meilleure image à l’extérieur par le biais de campagnes incitatives visant à trouver ou retrouver la confiance ou la légitimité au niveau international.
La France et les Français ne s’inquiètent pas véritablement de l’économie espagnole, nos médias nous le démontrent chaque jour : l’Espagne est ce que nous voulons qu’elle soit. Elle demeure le Centre de Vacances pour l’Europe du Nord. Il y fait bon vivre : ses plages, ses taureaux (la télévision publique espagnole a décidé de ne plus retransmettre les corridas, la Catalogne interdit la mise à mort dans l’arène), sa musique latine, sa vie nocturne, son peuple chaleureux, autant d’images et de mots liés au plaisir. On y va pour la fête, non pour les affaires, ni pour la culture.

Sa technologie de pointe et ses entreprises sont pratiquement méconnues, le manque de rigueur récurrent et ses clichés tiers-mondistes comme nous le montrent les graphiques ci-dessus: « pauvreté, grèves, misère, chômage, sécheresse, petits jobs et vacances moins chères » .

Il existe une opposition, un « misunderstanding » entre nos deux pays se situant davantage dans des choix de société que dans la vie quotidienne : la laïcité de la République française s’affronte au catholicisme de l’Espagne et le centralisme de Paris au poids des autonomies régionales. L’image négative de l’Espagne repose en grande partie sur le poids de son Histoire dans un pays sans classe moyenne et, plus près de nous, sur le franquisme, c’est-à-dire 40 ans d’ « absence économique », de non-communication internationale dans une Europe en pleine mutation.
Nous créons l’image d’un peuple ou d’un pays selon nos désirs et à partir de nos besoins : je souhaite que l’Espagne soit plages, vacances, vie nocturne et paella.

Même si bien souvent économie et tourisme vont de pair ou se chevauchent il est vrai que les résultats de ce travail donnent de l’Espagne un aspect caricatural, naïf ou du moins dépréciatif. A moins que ce ne soit tout bonnement la vérité, c’est l’image que nous souhaitons donner de l’Espagne et à l’Espagne, parce que cette image et les mots que nous y apposons nous conviennent  et les stéréotypes des années 60 sont là pour nous conforter dans cette idée. À l’image des pays nordiques, sérieux, efficaces, travailleurs, associés à un climat froid et humide s’oppose une « Espagne à vivre » associée à la chaleur et la douceur

Vingt ans après l’adhésion de l’Espagne (1986) à la C.E.E. les résultats obtenus aujourd’hui ressemblent étrangement aux résultats publiés il y a de cela plus de 10 ans dans « Ya » (Vocable n° 259- mai 1996). Manuel Gonzalez expliquait que les autres membres de la C.E.E. voyaient l’Espagne « ancrée dans le siècle passé » où dominent les symbole de la légende noire (Espagne-colonisatrice) : « massacres en Amérique du Sud, histoire coloniale, conquistadores, guerres civiles, destructions, histoire sanglante, inquisition », ne connaissant pratiquement aucune marque de produits commerciaux ou industriels, ne nommaient ni intellectuels ni artistes, ni hommes politiques : un pays archaïque et conservateur s’extrayant péniblement de son histoire et d’une dictature récente. L’enquête servant de support à cet article reprend tous les clichés d’un peuple non créatif, colonisateur, « se conformant » avec son passé menant à l’archétype d’un espagnol issu et responsable de ce passé douloureux et à qui est attribué toute une série d’adjectivations : hautain, dédaigneux, guerrier. Parmi les aspects positifs l’étude résumait l’Espagne vue par les pays européens de 1986 en ces mots : vacances, bon climat, taureaux…Dans « Vaya país » (éditions Aguilar-2006) 18 correspondants de la presse étrangère proposent un kaléidoscope non plus de clichés mais d’impressions concrétisées par des expressions sur la vie quotidienne en Espagne. Il en ressort un certain nombre de considérations bien souvent parallèles aux stéréotypes que nous venons d’énoncer :

-Les mauvais traitements envers les animaux sont monnaie courante

-Le style de vie des espagnols est une bringue permanente

-Leur sommeil une énigme incompréhensible

-Ils considèrent leur absence de connaissances des langues étrangères avec fierté

-Même les plus révoltés vont chez maman « a comer » (déjeuner) le dimanche

-L’acceptation du bruit est partie intégrante de leur existence

-Pour ce qui est de la mode les hommes ont 15 ans de retard sur les femmes
Il est parfois douloureux de se regarder dans un miroir ou de savoir comment nous sommes perçus par nos proches ou nos voisins même si nous savons que bien souvent les stéréotypes et les mots ne correspondent pas à la réalité. Sans doute à une certaine réalité. Chez nos voisins européens l’image du français armé d’une baguette et d’une bouteille de vin, et coiffé d’un béret basque, image désuète s’il en est, a symbolisé tout un peuple durant plusieurs décennies parce que cette image d’une France profonde, champêtre, où régnait la Tour Eiffel, le fromage et le bon vin leur convenait. Ils ont créé, ou du moins participé à la création de cette image par le biais de la terminologie, en quelque sorte une appropriation de l’Autre, de ses richesses et de sa culture pour palier aux absences dans les métropoles respectives : les Britanniques apprécieront le vin en France, le soleil en Espagne et les monuments en Italie. L’Italien pour sa part goûtera des étés doux en Bretagne. Cette image du français moyen pèse encore et demeure dans l’inconscient de nos voisins européens, intimement liée à la bonhomie désabusée et exaspérante.

L’enquête ci-dessus a été réalisée auprès d’élèves ingénieurs en informatique et télécommunications ( futurs cadres et chefs d’entreprises ). Ces élèves ont tous effectué des stages à l’étranger, parlent plusieurs langues, ont des contacts internationaux, proviennent souvent de milieux favorisés, ce qui laisse présager des résultats « inférieurs » auprès de certains publics moins concernés. Il ne s’agit bien sûr en aucun cas de juger ou de prendre position sur les connaissances de tel ou tel groupe d’élèves, mais ceci témoigne d’un manque d’ouverture vis-à-vis de l’économie « non-touristique ». Clichés et connaissances bien sûr diffèrent mais nous retrouvons ce trait français caractéristique dans la majorité des références citées dans cet article. L’absence certaine d’informations est également frappante quant à l’appréhension de la vie culturelle espagnole malgré d’énormes évidences internationales. Don Quijote de Miguel de Cervantes est le seul livre, cité une seule fois, au sein d’un groupe de 15 élèves. Federico Garcia Lorca est également cité une seule fois pour un autre groupe de 25 élèves. Cervantes et Lorca sont étudiés en France, en Littérature et en Histoire. « Desconocimiento enciclopédico de la realidad cultural española » ( méconnaissance encyclopédique de la réalité culturelle espagnole ), « Desconocimiento escalofriante » (méconnaissance totale) explique F. Fidalgo dans un article de « El País » de janvier 1995 lors d’une enquête réalisée de ce coté des Pyrénées sur l’image que nous avons des espagnols. Mes élèves « sondés » citeront  A. Christie, Hemingway, H.G. Wells, Kipling, Dickens, G. Orwell, Shakespeare et bien d’autres, aux dépends de Montalban, Umbral, Goytisolo, Semprún, Arrabal, ou d’auteurs latino-américains tels que Garcia Marquéz ou Juan Rulfo. À cela une situation économique forte et une image française d’universalité. Le rôle des écrivains étrangers en Espagne s’est parfois limité à la « quête d’une absence émotionnelle », une glorification chez les autres d’une carence nationale, une fuite du matérialisme sage pour des émotions rares, inconnues dans la mère-patrie : guerre civile, corridas, phénomène de fêtes…. Pays secondaire, le rôle de l’Espagne se limite à bien peu dans un contexte international où trônent l’Allemagne, la Grande Bretagne et la France : les prix littéraires n’ont pratiquement aucun écho auprès de media français et leur prestige se heurte aux Pyrénées. Il nous reste Julio Iglesias, tête de proue d’une image complaisante qui nous rassure.

Doit-on parler de connaissances et d’informations ? Ou plus simplement de réflexes, car si clichés et connaissances ne semblent pas faire bon ménage, l’image que nous avons d’un pays est foncièrement ancrée dans l’individu. Le reste du monde parlant de l’Espagne n’offre que « verdades cansadas » ( des vérités usées) ou « l‘économie de la pensée et la paresse mentale » (El Mundo- janvier 2003). Bien sûr le cliché a ses limites mais comment éviter les castagnettes qui écorchent les oreilles de nos amis progressistes espagnols, et les banderilles qui s’enfoncent dans une Espagne que les clichés souhaitent exsangue. Mais peut-on s’en débarrasser? Ou posons le problème de façon différente : faut-il s’en débarrasser ? Les conséquences de cet état de fait, difficilement chiffrables tant au niveau économique que culturel m’incitent à parler de préjudice humain, car l’Espagnol, s’il récuse bien souvent notre vision de son pays, s’approprie inconsciemment cette image qui lui colle à la peau : peu de consommateurs pensent aujourd’hui que la technologie de pointe espagnole puisse être d’un très haut niveau : achète-on un ordinateur espagnol, par exemple ? Nous consommons ce que nous dicte la publicité, nous consommons également ce que nous dicte la terminologie du cliché. Ne pouvant se débarrasser de ce fardeau, le défi consiste désormais à accepter cette vocation et à en extraire les aspects positifs pour donner d’elle-même l’image d’un pays démocratique, socialement avancé et économiquement moderne dans un contexte international : Les stéréotypes ne disparaissent pas, ils ne se changent pas, ils évoluent et se modifient en un glissement de l’image. L’Espagne restera longtemps le pays des castagnettes.
Est-il important que nos étudiants de Grandes Ecoles et des universités, dans un contexte international grandissant aient une meilleure vision des aspects économiques et culturels des pays voisins et de l’Espagne en particulier ? Sont-ils responsables de cet état de fait ? Quelle démarche doit-on adopter pour qu’ils puissent d’une part être conscients de certaines lacunes et d’autre part y remédier ?

5- Exemple de transmission du stéréotype : Astérix en Hispanie



Véhiculé par les échanges et la propagation de l’information le cliché l’est également par les media auprès d’enfants et adolescents n’ayant aucune connaissance culturelle véritable et vierges de tout préjugé quant aux comportements et habitudes de nos pays voisins, leur inculquant « une certaine image » non réfléchie. Je me suis attaché à répertorier les « ¡olé !» dans Astérix en Hispanie (« ¡ ole ! » en version espagnole, « olé ! » en version française) : 98 occurences que les auteurs égrènent tout au long du recueil, avant de rechercher le sens d’une expression d’origine espagnole relativement commune en langue française : être « olé olé » :

« Qui est libre dans ses manières ou son langage ; égrillard, osé. » . Petit Robert

« Libre, leste, osé » Petit Larousse 2005


Harrap’s Shorter
Par glissement sémantique ce qui n’était qu’un encouragement, en particulier dans les corridas, « ole » se transforme en « olé olé », adjectivation (invariable) associé dans l’inconscient collectif à l’image de l’Espagne et de son peuple : il est un peu « olé olé » comme peuvent l’être les espagnols, en d’autres termes en reprenant les définitions des différents dictionnaires « des gens libres mais également osés ou lestes », renouant avec cette image quelque peu épicurienne de l’Espagne de la picaresque, du bien vivre, d’une liberté parfois roublarde, absolument détachés d’une rigueur économique qui d’ailleurs ne transparaît jamais dans les milliers de termes répertoriés.

S’ajoutent à ce fameux « olé » de savoureux dialogues exprimant mieux que quiconque la vision caricaturée que nous portons en nous de l’ « esprit hispanique » :

  • « Nous allons en Hispanie »

  • « Pour quoi faire ?

  • « Pour y passer des vacances, tiens ! le cours du sesterce est avantageux et on est sûr de trouver du soleil…Bien sûr, les prix ont monté depuis l’année dernière ; ils ont compris »

« Tous les étés les ibères deviennent plus rudes !»

Si « Astérix en Hispanie » date de 1969 pour le titre original publié à 1.100.000 exemplaires lors du premier tirage il demeure aujourd’hui un classique de la littérature des « 7 à 77 ans » et une référence inépuisable sur « les stéréotypes où les adjectifs « fier, courageux, exigeant, capricieux » caractérisent la symbolique de l’espagnol (Référence Wikipedia)



6- Utilisation pédagogique : objectifs linguistiques et interculturels

Il existe tout d’abord une première approche permettant à l’enseignant de mettre en valeur différents aspects lexicographiques et cognitifs indirectement analysés dans cette enquête mais cependant de grand intérêt :

Étude des prénoms et noms de famille associés aux activités professionnelles. Création d’un glossaire bilingue permettant de dresser par secteurs le portrait d’une Espagne riche de ses différences à travers ses personnages célèbres.

Appréhension du vocabulaire de base intégré désormais au quotidien français : la ola, les gambas, les tapas, bravo, l’arène, la marijuana, la Vuelta, un macho. Comprendre le mécanisme des apports extérieurs (néologismes, hispanismes), classer cette terminologie pour cerner le besoin permanent d’échanges entre différentes cultures, aborder l’aspect interculturel à partir d’une analyse thématique des résultats et commenter ensemble les comportements que les élèves prêtent à la population espagnole :

Ils font la sieste


Ils parlent fort

Les rues et les bars sont sales

C’est le désert dans le sud

Les matadors sont des héros

Ils s’endorment tard

Ils sont machistes

Des habitants agréables

Il y a des attentats

Ils n’ont pas la notion de temps

Sea, sex and sun

Ils font la fête

L’insécurité règne

Chaleureux, fêtards, créatifs, souriants

Ils sont lunatiques et sombres

Beaucoup de drogues et d’alcool

Ils sont très catholiques

Les Espagnoles sont belles

Positionnement géographique sur le territoire espagnol et latino-américain

En m’appuyant sur les données de ce travail je propose une analyse géopolitique des résultats, l’étude de l’origine géographique des termes relevés L’adéquation entre régions autonomes et villes (impact de la décentralisation en Espagne). Positionnement des villes et régions citées pour une compréhension de l’actualité nationale espagnole: Position privilégiée de Barcelone, chevauchement du Pays Basque Situation et implication de l’Espagne dans la Communauté Européenne.

Civilisation hispanique et les étapes-clé de l’Histoire de l’Espagne : Découvertes, Conquistadores, Inquisition, guerre civile, franquisme, prestige de la cassure liée à la Transition, démocratie actuelle. Origines et évolution historique vers l’Espagne actuelle

Division sectorielle de l’économie : régions traditionnellement industrielles, évolution du secteur touristique, zones défavorisées, désertification. Analyse des clichés pour un meilleur impact sur la consommation.
Dans un second temps il appartient à l’enseignant d’approfondir les résultats de son enquête dans des discussions ou des débats à caractère interculturel avec ses élèves. Il s’agit tout d’abord de savoir dans quelle mesure l’enseignant doit proposer une conception de l’Espagne qui soit différente, liée à ses propres connaissances, ses voyages, ses échanges et à son expérience générale. Une image préconçue d’un pays, en soi, n’est ni juste ni fausse, elle est synthèse aléatoire liée à des informations non analysées. De ce fait il en existe autant que de personnes enquêtées. Une confrontation de points de vue, des échanges avec des étudiants espagnols, des séjours Erasmus, des échanges linguistiques internationaux entre écoles par webcams ou tout simplement sur les réseaux, un intérêt pour les medias espagnols, tout concourt non pas à changer d’opinion mais à se créer une vision plurielle de nos amis voisins. Il nous appartient de revenir à loisir sur chacun des chapitres ci-dessus, représentant autant de thèmes de débat et de discussion lors des heures de cours, apportant un début de solution aux différents problèmes liés aux connaissances incomplètes de nos élèves pour ce qui est de l’approche de l’autre :

  • Relation entre clichés et connaissance

  • Compléter ses connaissances pour mieux comprendre l’Autre

  • Avons-nous la même terminologie du cliché ?

  • Associons-nous un terme à une réalité ou à un cliché ?

  • La somme des clichés dans un groupe donne-t-elle une vision plus juste d’un pays ou la déforme-t-elle davantage ?

  • Quels sont les moteurs importants de transmission du stéréotype?

  • Quels éléments constructifs font de nous des Européens ? – Schengen, l’Euro, la Pac, Erasmus,

  • Pour reprendre le titre de Morvan Lebesque « Comment peut-on être breton » (éditions Le Seuil), comment peut-on être espagnol aujourd’hui ?

  • Une réflexion sur la terminologie est-elle vecteur de rapprochement ?



7- Conclusion


Nos amis espagnols expliquant leur pays citent l’immigration, le thème basque, la désertification, mais aussi un espace multilingue et multiculturel, un état et des nations, une Espagne branchée et moderne, les mariages homosexuels, la parité au gouvernement.

Et pour terminer cette communication, une définition que je viens de recevoir : « Mon Espagne c’est l’Espagne héritière de tous les peuples qui sont passés ou qui se sont installés ici. C’est aussi celle qui cherche encore aujourd’hui à se libérer de 40 ans d’ombres » : « immigration, multiculturel, branchée, parité, état, nations ». Nous sommes bien loin des résultats (substantifs, adjectifs, expressions, lieux, personnages) obtenus auprès des élèves-ingénieurs lors de l’enquête, deux visions parallèles mettant en évidence une incompréhension mutuelle. Proverbes, dictons et maximes sont absent de ce travail mais cependant font partie intégrante de la terminologie de l’image: Dans une communication sur le multilinguisme Yannis Haralambous (TELECOM Bretagne) définit le proverbe comme « un accès direct au subconscient collectif de tout un peuple, une bribe de patrimoine partagé, le signe d’appartenance à une communauté » :

« Brud fall a ya betek ar mor, brud vad a chom e toull an nor » - La mauvaise réputation dépasse les océans, la bonne réputation reste sur le pas de la porte - (traduction du breton).

« Hini a zegemer ar bed evel m’eman, a vo degemeret gantan » - Si tu acceptes la réalité du monde, le monde t’acceptera - (traduction du breton).

Vivre dans un pays s’oppose bien souvent à l’image que nous avons de ce pays. Nous ne pouvons qu’inciter nos élèves ingénieurs à davantage de stages, d’échanges linguistiques et culturels, davantage de voyages pour réduire ce manque de discernement qui trop souvent nous sépare.

Il nous reste de ces milliers de termes une Espagne empreinte de folklore et des espagnols jouissant d’un bien-être latent entre laisser-aller et farniente, entre nonchalance et bonhomie où prime l’indolence d’un pays essentiellement touristique mais orgueilleux et fier. « Solennel, hidalgo, noble, digne » comme le soulignent les résultats de cette étude, autant de qualificatifs faisant référence aux personnages immuables de la littérature espagnole, tel le maître du Lazarillo de Tormes : Comme le souligne justement Cayo Martín Franco,  Professeur Honoraire à l’Université de Cantabrie, dans Vocable (N° 148) à propos du caractère espagnol : «  La picaresque constitue sans doute un trait inné au sein de la population de « la piel de toro » (l’Espagne), quelque chose qui représente l’essence même de notre peuple ».

Afin de clore cet article succin sur l’image stéréotypée que nous avons tous de nos voisins et dans ce cas précis de nos amis espagnols je me suis permis de demander à un groupe d’élèves-ingénieurs de niveau intermédiaire B1 (2007-2008) de m’indiquer oralement la terminologie relative à leurs clichés symbolisant l’Espagne.

Voici les résultats dans l’ordre de réception : toro, sol, paella, matador, calimucho, flamenco, botellón, alcool, guitarra, playa, conquistador, Real, Penélope Cruz, fiesta, Andalucía, Franco, Ibiza, vacaciones, viaje, Valencia, Ronaldinho, rojo, amarillo, los ojos, corrida, guerra de España, farniente, Picasso, Don Quijote, Zapatero, la Liga, l’Auberge espagnole, el Rey, Canarias, Mediterráneo, Cataluña, sangría. La presse (Ouest-France 11-06-08) titrait ce même jour à propos d’une rencontre de football: “Les Espagnols encornent les Russes en beauté.”

« Ils ne comprennent pas à Bruxelles que ce taureau noir (« el toro de Osborne », publicité pour une marque d’alcool, visible le long des axes routiers en Espagne) est bien plus qu’une publicité. C’est un signe de l’identité nationale. »

Cayo Martín Franco

« Cría fama y échate a dormir » (crée la réputation et laisse faire), résume le dicton espagnol.

Que cela nous plaise ou non l’Espagne reste un pays différent du reste de l’Europe. “Nous le disions déjà il y a trente ans comme si c’était une malédiction. Elle l’était, effectivement.” (Andreu Missé -El País-, mai 2007: El milagro económico español). Tournée vers l’échec et l’enfermement jusqu’aux années 1975 elle demeure un pays différent aujourd’hui: une forte progression de son économie, une forte progression de sa démographie également liée en grande partie à une arrivée massive d’immigrants.

Cette vocation touristique, instituée il y a 40 ans par le gouvernement espagnol et correspondant sans doute à des besoins liés à l’époque, n’en finit pas de monopoliser et de faire ombrage aux mille facettes de la richesse économique, culturelle et artistique de l’Espagne. Amenés à co-habiter dans une mondialisation instable et sans retour qui balaie les particularismes, il appartient à chacun de garder son identité, puis reconnaître et accepter celle de l’autre.
Bibliographie
Diccionario amoroso de España (Plon) - Michel de Castillo

Nouveau Petit Robert / Petit Larousse 2005

Rue 89 Happening anticorrida (24.08.07

Los profesionales El agujero (Giménez - 1982)

Dictionnaire des mots d’origine étrangère (Henriette et Gérard Walter )- Larousse

L’écriture, mémoire des hommes de Georges Jean – Gallimard

Dictionnaire des termes officiels de la langue française (Délégation générale de la langue française) Journal Officiel

El País –Libro de estilo (Ediciones El País)

Imagen de Francia y de los franceses Ipsos-Eco Consulting

Los corresponsales extranjeros relatan España en “Vaya país” - Editions Aguilar 2006

J. Noya: La imagen de España en el exterior. Estado de la cuestión, Real Instituto Elcano, 2002, 

J. Noya: La imagen exterior como política de Estado, colección ‘Análisis’ del Real Instituto Elcano, 2002,www.realinstitutoelcano.org/analisis/82.asp

Kinginger,C., Gourvès-Hayward,A. ,Simpson,V. "A Telecollaborative Course on French/American Intercultural Communication " French Review 72, avril 1999.

Le Saout, A. De l’influence de la langue anglaise dans les prises de parole en espagnol. UPLEGESS 2004 Télécom Paris, Paris, Vol. 2004

Fritsch, A. Erosion de la langue maternelle et acquisition de la seconde langue chez le faux bilingue de longue date. Thèse de Doctorat, ENST Bretagne, Brest,




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