Littérature Marcel Proust








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titreLittérature Marcel Proust
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Seconde G 2009/2010 Français

Sur la lecture, Marcel Proust

P.463 (littérature)

Marcel Proust (1871 - 1922)

Écrivain français du XXe siècle, célèbre pour son œuvre A la recherche du temps perdu. Ce récit à la première personne est un roman écrit entre 1908-1909 et 1922 et publié entre 1913 et 1927 à travers sept tomes, dont les trois derniers parurent après la mort de l’auteur. Plutôt que le récit d'une séquence déterminée d'événements, cette œuvre s'intéresse, non pas à la mémoire du narrateur, mais à une réflexion sur la littérature : « J’ai eu le malheur de commencer mon livre par le mot « je » et aussitôt on a cru que, au lieu de chercher à découvrir des lois générales, je m’analysais au sens individuel et détestable du mot » écrit Marcel Proust.
Tomes de A la recherche du temps perdu :

1 Du côté de chez Swann (1913)

2 À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919 reçoit le prix Goncourt la même année)

3 Le Côté de Guermantes (1920-1921)

4 Sodome et Gomorrhe I et II (1921-1922)

5 La Prisonnière (posth. 1925)

6 Albertine disparue (posth. 1927) (titre original : La Fugitive)

7 Le Temps retrouvé (posth. 1927)
Son style reste très particulier. Ses phrases, souvent longues et à la construction complexe rappellent le style du duc de Saint-Simon, l'un des auteurs qu'il cite le plus souvent. Certaines nécessitent un certain effort de la part du lecteur pour distinguer leur structure et donc leur sens précis. Ses contemporains témoignent que c'était à peu près la langue parlée de l'auteur.

Ce style particulier traduit une volonté de saisir la réalité dans toutes ses dimensions, dans toutes ses perceptions possibles, dans toutes les facettes du prisme des différents intervenants. On rejoint les préoccupations des impressionnistes : la réalité n'a de sens qu'à travers la perception, réelle ou imaginaire, qu'en a le sujet.

Proust écrit aussi un essai critique très célèbre Contre Sainte-Beuve (1954), et un court ouvrage intitulé Sur la lecture (1905)

Proust attaque Sainte-Beuve, le célèbre critique littéraire du milieu du XIXe siècle, et sa méthode critique selon laquelle l'œuvre d'un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s'expliquer par elle. Cette méthode, qui se fonde sur la recherche de l'intention poétique de l'auteur (intentionnisme) et sur ses qualités personnelles (biographisme), déplaisait à Proust qui exigeait une critique formaliste, une analyse stylistique, dépourvue d'éléments extérieurs à l'œuvre. « L'homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n'est pas la même personne. »

Sur la lecture : petit ouvrage écrit en 1905

“On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit. (…)”

“Il semble que le goût des livres croisse avec l’intelligence. (…)”

Vocabulaire du texte :

Prédilection : Ce terme désigne une préférence que l’on a pour quelque chose

Lambrissée : participe passé du verbe lambrisser désignant le fait que la charpente est recouverte à l’intérieur de lames de bois (lambris)

Ciseau : outil formé d’une lame ou d’une tige d’acier biseautée servant à travailler le bois, le fer ou la pierre
Histoire littéraire

Racine : page 501 (bio) (1639-1699) (17ème) Poète et dramaturge français dont les principales œuvres sont : Andromaque, phèdre, britannicus, iphigénie, La thébaïade, Alexandre, Bérénice, (antiquité greco-romaine), inspiré d’Euripide.

Euripide : Auteur tragique grec 480 av JC, 406 av JC) dont on ne sait pas grand-chose mais dont de nombreux écrivains se sont inspirés, aurait, selon la tradition, écrit 90 pièces. Il ne nous reste que 19 tragédies.

Le jansénisme : est une doctrine religieuse et morale du XVIIe siècle qui doit son nom à l'évêque d'Ypres, Cornélius Jansenius (1585-1638). Son ouvrage, l'Augustinus, publié en 1640, provoque un grave débat entre les jansénistes, partisans de cette doctrine inspirée de celle de saint Augustin (354-430), et les Jésuites.

Saint-Simon : Louis de Rouvroy, plus connu sous le nom de Saint-Simon, (1675-1755) est un écrivain français, célèbre pour ses Mémoires, racontant par le menu la vie à la Cour.

Mémoires : histoire de la cour de 1694 à 1723, roi Louis XIV (règne de 1643(régence)-1715) puis Louis XV (règne de 1715(régence)-1774)

Saint-Simon lui-même avoue : « Je ne me pique pas de bien écrire. » D’un point de vue académique, il dit vrai. Sa grammaire n’est pas toujours rigoureuse, et son vocabulaire est archaïque. Cela fait l’originalité du style de Saint-Simon : il ne se surveille pas. Chez lui la phrase se bouscule, hachée et fiévreuse, toute en ellipses, à tel point que Chateaubriand dit de lui : « Il écrit à la diable pour la postérité ». Sa phrase semble parfois, comme chez Proust, vouloir embrasser tous les aspects d’une question, et ne s’éteindre que lorsque le sujet a été épuisé. Tantôt, au contraire, il supprime le verbe et accumule les notations rapides
Analyse du texte :
Pour définir le thème, et justifier cette définition, on utilise le lexique du texte (quels sont les mots qui permettent de définir ce thème) :

On parle de champ lexical pour désigner un ensemble théorique de noms, de substantifs, d'adjectifs et de verbes appartenant à une même catégorie syntaxique et liés par leur domaine de sens.

Par exemple, le champ lexical du mot arbre est l'ensemble des mots s'y rapportant : forêt, clairière, branche, feuille, pin, chêne, scie, bûcheron, bois,…
Le thème est : La lecture des ouvrages anciens

Champ lexical du passé et de la littérature :

Ligne 2 : ouvrages anciens

Utilisation du passé (temps) pour désigner leur époque : verbes créa, furent écrits lignes 4 et 5

Référence à des auteurs anciens Racine et Saint-Simon (lignes 13,18,28,34)

Autres références au passé : architecture du XVème

Evocation de la disparition, ou le souvenir qui reste : abolies (14), qui n’existent plus (15), traces persistantes du passé (15), qui ne se font plus (19), aujourd’hui inusités (21, 22), ouvriers d’autrefois (22) disparus (27), formes révolues (33) vie du passé (33)

Que dit-on de ce thème : on en fait l’éloge,

Sur quoi repose cet éloge ? Qu’est-ce que le narrateur trouve admirable ?

L’idée essentielle de cet éloge, indiquée en début de texte puis développée, est que les œuvres, par le langage utilisé, qui exprime leur matière (5), constituent un véritable miroir de la vie (6) et de l’époque où elles sont nées.

Deux exemples illustrent ce point de vue : Racine et Saint-simon

Leurs œuvres sont célébrées comme témoignages d’un mode d’expression image d’un mode de vie : à travers les mots émerge tout un univers, coutumes, façons d’être , de ressentir ,de penser, d’agir, que la lecture permet de retrouver, comme une promenade dans une vieille ville permet de faire ressurgir des éléments révélateurs du passé.

Comment cet éloge est-il construit ?

Analogie (Comparaison/Métaphore) : 

     La comparaison et la métaphore sont des figures de style fondées sur l'analogie (avec moins de rigueur, on dit aussi des "images"). Elles établissent une ressemblance entre un premier élément (appelé "comparé" ou "thème") et un second ("comparant" ou "phore"), ressemblance fondée sur une ou plusieurs qualités communes.

     La différence entre les deux figures consiste en ceci que :

Dans la comparaison, la relation d'analogie est explicitement formulée à travers un terme comparatif présent dans l'énoncé. Ce terme comparatif peut être : comme, tel, même, pareil, semblable, ainsi que, mieux que, plus que, sembler, ressembler, simuler, etc.

Dans la métaphore, au contraire, le rapport d'analogie reste sous-entendu.

     La métaphore ou la comparaison sont appelées personnifications lorsque le comparé est un inanimé et que le comparant relève de l'humain.

     La métaphore filée est une figure en plusieurs points : elle développe l'analogie en mettant en relation plusieurs réalités appartenant au domaine de sens du comparant avec des éléments correspondants du comparé. 

Le texte est construit sur plusieurs comparaisons longuement développées qui expriment des idées proches sous plusieurs formes.

1er comparaison : rapide (ligne3) comme les ouvrages contemporains qui sont comparés aux anciens, le narrateur annonce ce que les ouvrages anciens ont de plus que les nouveaux.

2ème comparaison : comme un miroir de la vie (6)

Métaphore (analogie) : rapprochement entre une promenade dans la vieille ville de Beaune et la lecture d’une tragédie de Racine ou de Saint-Simon

Cete analogie se fait sur deux plans dont l’un découle de l’autre :

Le mot bonheur figure à la ligne 6 puis à la ligne 12, à travers ce mot se fait le rapprochement entre la ville et les œuvres. La notion de bonheur est associée à un ensemble d’éléments de la ville qui relèvent de l’architecture, de la vie courante et de la manière de construire (importance du champ lexical de la construction : puits, lavoir, voûte, charpente, toit, lucarne, épis, plomb martelé (7-9)

Cette notion de bonheur est également associée aux œuvres (12)

De même la notion de promenade (errer 12) est associée à la ville et aux œuvres,

La ville avec son architecture est comme l’œuvre littéraire avec son langage, le témoin d’une époque révolue.

Les analogies sont explicitées lignes 13 -16 : Car (signe de l’explication)

Les éléments architecturaux correspondent aux belles formules de langage abolies, usages et façons de sentir qui n’existent plus, traces persistantes du passé (14-15), ni l’architecture ni le langage ne ressemblent à ce qui se fait dans le présent.

La suite du texte (paragraphe 2) poursuit les analogies mais change de registre. L’analogie va maintenant porter sur les émotions que procurent la vision d’une architecture ancienne et la lecture d’un ouvrage ancien.

Le verbe ressembler (18-19) rapproche les deux oeuvres littéraires : ce sont de belles choses qui ne se font plus. (la beauté procure l’émotion)

La métaphore : le langage dans lequel ils ont été sculpté (19-20), mêle les deux domaines (architecture et littérature)

Cette métaphore est filée (métaphore dont le thème se prolonge sur plusieurs phrases ou paragraphes) jusqu’à la fin du texte. La dernière phrase reprend l’ensemble de l’idée du texte (sorte de résumé, de conclusion). L’écriture est une construction, une sculpture qui suscitent des émotions (liberté, douceur, force, émeut, couleurs, harmoniser, aimons franc, délicat, émeuvent, doux, tendre)

Evocation de la vie : rapide, brusque, revenir en arrière vivante (champ lexical du mouvement)
Création d’un tableau synoptique de la comparaison entre la littérature et la sculpture :


Littérature

Effet commun et analogies

Sculpture

Le langage (9)

(comme)

Certains marbres

Liberté, douceur, force native (20-21)

Nous émeut (21)

La pensée (23)

Couleurs, harmonie (harmoniser ) (25-26)

La syntaxe du 17ème (26)

Les vers de Racine (28)

Tours de langage familiers, audace (30-31)

Que nous aimons (27)

Qui nous émeuvent (29-30)

Formes (28), vivantes (26)

Ciseau si franc, si délicat (29)

Trait rapide, belles lignes brisées, brusque dessin (32-33)


Conclusion :

Ce qui est gravé dans le marbre dure toujours : la syntaxe est aussi solide que le marbre, elle conserve ce qui a été sculpté en elle.

La dernière phrase est la synthèse des deux paragraphes du texte : retour à la comparaison avec la ville, cité ancienne et demeurée intacte (34-35) et le verbe visiter (34) en l’associant, par le démonstratif ces (ces formes)(33), avec les sculptures en marbre

La littérature, dans ce texte, sert à conserver un souvenir vivant du passé, à pouvoir s’y promener encore bien qu’il ait disparu.
Ouverture : (prolongement du thème qui vers d’autres perspectives littéraires)

Selon Proust Racine et Saint-Simon constituent des exemples significatifs des raisons de lire des ouvrages anciens : Les tragédies de Racine nous renvoient à la mythologie et à l’histoire antique, Saint-Simon fait revivre la cour de louis XIV.

Les raisons qui doivent nous amener à lire les ouvrages anciens sont La beauté (3), l’émotion (surtout paragraphe 2), Les textes sont le reflet de tout ce qui constitue la vie d’une époque grâce à la capacité du langage de redonner vie à des choses révolues. La littérature arrive à vaincre le temps.

Cela rejoint la préoccupation centrale de Proust dans A la recherche du temps perdu.

Il estime que la littérature est le seul moyen de faire revivre le passé et de donner de la vie une image réelle.

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