Examen final








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Qu’est-ce qui distinguent les provinces ottomanes du Maghreb au XVII è et XVIII è siècle ? Ce qui nous intéresse, c’est le degré de relation avec Istanbul, et c’est la province la plus éloignée, celle d’Alger, qui est la plus fidèle à Istanbul. C’est dans la province d’Alger que le pouvoir de soldats turcs est très longtemps maintenu et mis en avant.

A Tunis et à Tripoli, qui sont plutôt proches géographiquement, se mettent en place des dynasties de gouverneurs, mais les fondateurs de ces dynasties sont souvent d’anciens soldats ou descendants de soldats turcs.

Ce qui est intéressant ici, c’est l’utilisation faite pour justifier la colonisation, telle que l’Algérie n’est pas vraiment dirigée par un pouvoir local mais un pouvoir étranger. D’autre part, Tunis était un protectorat. Le pouvoir était déjà enraciné si bien que les gouverneurs tunisiens étaient presque indépendants, ce que ne disent pas forcément les historiens. Il faut penser en dehors de la colonisation, le Maghreb a une histoire avant.
I- L’emprise des janissaires ottomans sur Alger
1- La force des janissaires
Les janissaires sont des soldats sont recrutés parmi les Balkans et le Caucase, puis convertis à l’islam. A cette époque, ils sont majoritairement d’origine d’Anatolie. Alger se caractérise par des liens très forts maintenus avec Istanbul. Ces liens sont maintenus par le biais des janissaires : régulièrement on recrute des janissaires d’Anatolie pour renouveler les rangs, les gens pris sur place sont minoritaires, et aussi parce que très longtemps les pachas viennent et sont nommés par Istanbul. C’est aussi le cas à Tunis et Tripoli, mais avec un changement avec le temps. Ce qui maintient aussi le lien avec Alger, les janissaires montent en puissance et s’affirment comme la principale force à Alger.

Dès 1588, les janissaires exercent une influence sur le choix des pachas. Ils perdent leur dernier pouvoir à partir de 1559. Ils sont importants pour maintenir une identité ottomane car il pratiquent la langue turque (langues d’administration : arabe turc et persan pour les papiers), en religion : ils obéissent à l’école de droit des Hanafites (rappel des quatre écoles d’interprétation: Malékites, Hanbalites, Chafi’ites, Hanafites), avec une population majoritairement liée au droit malékite : la distinction contribue à la création de l’identité ottomane. D’autre part, ils vivent dans des casernes, au début de leur carrière. Enfin, ils se marient très peu pour garder leur esprit de corps, d’autant que s’ils se marient, c’est avec des femmes autochtones. Même si l’identité ottomane se maintient, le problème est qu’ils ont des enfants issus de mariages « mixtes » appelés les kouloughlis (kou = esclave, serviteur, servile islamisé ; loughlis = fils). Tout soldat ottoman est serviteur du sultan, et beaucoup sont d’Anatolie. C’est d’ailleurs pourquoi ils ne sont pas bien traités. Ils peuvent rejoindre le corps des janissaires mais on empêche leur promotion. Ce n’est pas le cas à Tunis et Tripoli. Mais c’est à nuancer car même dans la province d’Alger, ils peuvent bien réussir.
2- La prise en compte de la société locale
Le pouvoir ottoman prend en compte le pouvoir local, ne serait-ce par le fait que les janissaires se soient imposés au pacha, ce qui réduit le l’influence d’Istanbul. C’est une forme d’enracinement du pouvoir. Mais l’autorité ottomane est reconnue, jusqu’aux portes du désert, jusqu’à Togbourt et Ourgla. C’est généralement une autorité nominale, pour composer avec les groupes locaux. Il faut se déplacer pour collecter l’impôt, puis négocier. Plus on s’éloigne d’Istanbul plus il est difficile de contrôler, mais les territoires le sont tout de même.

Oran et sa région échappe à l’autorité ottomane, puisque les Espagnols font des razias sur une centaine de km autour d’Oran. La Kabylie y échappe aussi : le pouvoir ottoman est reconnu, mais ce sont des assemblées locales qui exercent l’autorité. Et enfin les plateaux ou le sud de la province d’Alger sont sous autorités tribales.

Ces régions sous autorités locales, même si l’autorité ottomane est reconnue, montrent une certaine fragilité du pouvoir. De plus, le pouvoir est instable : de 1571-1830 : Sur 28 deys au pouvoir, 14 sont imposés par l’émeute, après que le prédécesseur soit assassiné.

Cette autorité ottomane s’exerce de plusieurs moyens : (comme à Tunis)

- le corps fiscal : mahalla, c’est une colonne militaire qui se déplace pour collecter l’impôt, qui est souvent en nature (blé, troupeaux,…), parfois en espèce. Du coup, l’impôt est consommé. Ce qui est intéressant c’est la représentation du pouvoir, pour connaître la population et le pays.

- Le pays est divisé en 4 ensembles : Dar al-Soltan (la maison de celui qui exerce le pouvoir), Beylik de l’ouest, Beylik de Titteri, Beylik de l’est.

Bey : officier, lieutenant d’armée, c’est le second, celui qui assiste. Lik : territoire.

Beylik de l’ouest se caractérise par un changement constant de capitales provinciales (Oran est espagnol jusqu’à la prise en 1492) : Mascara et Mazounna.

Beylik de Titteri autour de Médéa et le Beylik de l’est autour de Constantine.

Le territoire a été découpé pour être administré à partir de villes de l’intérieur. Les beys sont nommés par Alger par le dey, qui est le chef d’armée qui s’impose à Alger et comme le chef à Dar al-Soltan. Les beys récoltent l’impôt, assurent l’ordre, et tiennent la justice comme le dey pour des affaires commerciales ou pénales. La justice en terre musulmane et ottomane maghrébine : la justice islamique, la justice du droit coutumier en milieu rural, et, la justice de l’autorité ottomane notamment pour les soldats qui ont droit.

Dey- bey- khalifa (celui qui succède, l’adjoint du bey) [ou kahiya (persan)/ketkuda (Egypte)].

Le pouvoir ottoman est centralisé à Alger, avec une prise en compte des autorités locales, ce qui va à l’encontre de la thèse coloniale qui affirme qu’il n’y a pas d’autorité à Alger.
II- La fondation de dynasties de gouverneurs à Tunis et Tripoli
1- Les beys mouradites puis husaynites à Tunis
1574 : Chefs ottomans d’origines très différentes : un converti à l’islam d’origine vénitienne ( nisab ou laqab),…

1591 : Transformation du pouvoir à Tunis. Le pacha est éclipsé par un chef de milice : le dey. Le dey est nommé au sein de cette armée turque. Et de la même manière qu’à Alger, il exerce son autorité sur Tunis et sa proche région. Sous le dey

1620-‘1630 : le dey perd de son influence au profit d’un bey : Murad Corso (renégat, converti à l’islam qui vient de Corse) d’où la dynastie de beys Mouradite. Il contrôle la collecte fiscale : en charge de mahalla, donc il contrôle l’argent. Il veut transmettre son pouvoir à son fils : Hammuda Bacha en 1631. En fait, le père obtient le titre de pacha par Istanbul, il va ainsi léguer son titre de bey à son fils. C’est la première fois que se met en place une dynastie de gouverneur. Cette dynastie prend fin en 1702, par Murad III dont tous les descendants sont exécutés par le chef militaire Ibrahim qui va cumuler le titre de dey et pacha. La dynastie qui suit donc est celle d’un lieutenant d’Ibrahim : Hassin b. Ali, d’origine grecque.
Jeudi 10 février

2- Les beys qaramanli en Libye
Evolution similaire entre Tripoli comme à Tunis : pacha qui vient d’Istanbul, puis le corps des janissaires qui désigne un dey, enfin apparaissent des dynasties de deys.

Au départ, comme à Tunis et Tripoli, Alger : l’autorité est confié à un pacha assisté du divan : diwan= assemblée ou conseil de gouvernement.

Comme dans les autres provinces, il y a une conquête progressive du territoire : bande littorale là où les Ottomans arrivent, mais la conquête de l’intérieur est plus progressive. Dans le cas de la conquête de Tripoli, le Faisan est soumis à partir de 1577, et la Cyrénaïque, à partir du milieu du XVII è siècle.

Il faut aussi prendre en compte la vie des tribus. Une tribu est un groupement relié par une parenté commune (lien de segmentarité). Ce sont des forces familiales, sociales et politiques, que les Ottomans ont du mal à faire accepter leur autorité.

A Tripoli, les pachas sont remplacés par des deys en 1609 (1591 à Tunis) qui sont aussi issus du rang des janissaires. L’évolution est similaire et plus tardive qu’à Tunis. Les deys de Tripoli sont ensuite supplantés par leurs lieutenants : les beys. Il faut se souvenir des deys : la dynastie des qaramanli (qui vient du nord de l’Anatolie) en 1711, soit plus de 70 ans après l’émergence de la dynastie mouradite à Tunis, et aussi 6 ans après celle beys Husseinite à Tunis. C’est l’âge des notables : le pouvoir ottoman ne vient pas forcément d’Istanbul, les janissaires créent une dynastie locale. L’Empire ne se construit pas que par le centre, mais aussi par les provinces elles-mêmes.

Points communs Tunis/Tripoli :

-Le premier fondateur de la dynastie : Ahmad Qaramanl (comme à Tunis) est issu comme Hassin b. Ali d’un mariage entre un soldat venu de l’extérieur de la province : son père est un matelot corsaire, et, une femme locale. Le père de Hassin b. Ali est d’origine crétoise. Ahmad épouse lui aussi une fille locale de dey, tout comme Hassin b. ‘Ali épouse une fille de dignitaire de Tunis.

-Le mariage permet de capter l’héritage, d’autant que ces femmes sont souvent stériles, alors que les femmes esclaves ont souvent des enfants. Ils épousent donc des descendantes de l’élite turque pour avoir des enfants mais aussi préserver l’héritage dans la famille : terres, possessions, palais,…

Mais les mariages sont différents : A Tripoli on leur fait épouser des femmes locales, à Tunis on leur fait épouser des femmes locales ou surtout des femmes esclaves (d’origines italiennes, géorgiennes, méditerranéennes puis converties à l’islam,…mais aussi circassiennes : Ces femmes sont particulières car la société circassiennes est en voie d’islamisation alors que les Musulmanes ne peuvent être vendues, de plus, comme les géorgiennes, elles sont belles et blanches). A Tripoli, on cherche à s’insérer dans la société locale puisque les mariages sont surtout avec des autochtones, le problème est que des conflits peuvent se créer du fait de la famille, alors que les esclaves n’ont pas de parents. D’ailleurs la dynastie des Qaramanli a eu des conflits.

-Utilisation de l’arabe dans l’administration provincial, les archives, dans les correspondances locales, sauf pour les correspondances vers Istanbul jusqu’en 1840’-1850’

-Les territoires de provinces sont subdivisés en différents échelons administratifs :

Alger: dey(lik) - bey(lik) - khalifa(lik)

Tunis: dey – bey = caïd

Triploli: dey – bey = caïd - sidi

Les caïd-s existent avant l’Empire ottoman.

Remarque : Oran n’est pas contrôlé, il y a des territoires sous autorités tribales. Cette représentation administrative n’est totalement applicable car le territoire n’est pas homogène.
III- Le sultanat du Maghreb occidental, ses relations avec l’Empire ottoman
1- Enracinement des pouvoirs
C’est un enracinement qui paraît beaucoup plus fort que les autres provinces du Maghreb. Ce qui permet l’enracinement est la succession des dynasties, et la relation à établir avec leurs sujets. A l’arrivée au pouvoir, un sultan doit faire sa bay’a (vendre, mais ici c’est faire allégeance) avec l’élite : bay’a khas, puis auprès du peuple : bay’a ‘aym. Ces serments se fait aussi à Tunis. Le pouvoir local est alors renforcé.

Le sultan a une autorité religieuse que les gouverneurs n’ont pas : il est comandant des croyants alors que les autres gouverneurs n’ont pas de légitimité religieuse. Le prêche du vendredi se fait en son nom. Le titre de sultan est religieux et prestigieux mais il est aussi neutre. En outre, la descendance chérifienne, prétendument du prophète, alors qu’ils sont alaouites.

Les sultans s’appuient sur des tribus qui leur sont, en théorie, loyales : tribu guich ou dits encore tribu makhrzen pour l’ensemble du Maghreb, (mikazniyya à Tunis). Une tribu accepte de combattre pour le sultan du ‘Maroc’, pour les forces politiques, en échange de dispenses fiscales, ou d’attribution de terres.

L’autre force du sultan, et d’autres gouverneurs, est de créer leur propre force militaire, à partir de forces sociales extérieures à leur domaine d’autorité. Donc à la force des janissaires, s’ajoute celle de renégats. Pour le cas du sultanat du ‘Maroc’ : des esclaves noirs (il y aussi des affranchis ou des descendants d’affranchis, des esclaves venant du ‘Soudan’ et des îles marocaines,… lors de razias) forment une catégorie de militaires, à partir de la fin du XVI è siècle: ‘Abid al-Mukhari et surtout sous le règne de Isam’il qui règne de 1672 à 1727.

Toutefois, les sultans subissent des divisions.
2- Faiblesse des pouvoirs de sultans
Le pouvoir des sultans est affaibli par des divisions internes constantes, comme lors des changements de dynastie, comme lors du passage de la dynastie Saadienne à la dynastie alaouite en 1666, ou à la mort d’un sultan avec des rivalités entre prétendants. Ce sont les grands dignitaires qui décident de la succession, ou le père s’il a déjà donné des responsabilités à ses fils ou frères, neveux. C’est une forme de régulation du pouvoir, et non une violence constante comme le montre la vision occidentale. C’est aussi le cas à Istanbul, où il est parfois la technique de la cage qui consiste à enfermer les prétendants à la succession.

De plus, les tribus makhrzen ne sont pas fiables. Après la mort du sultan Isam’il, entre 1727 et 1735, les sultans dépendent du bon vouloir des tribus : les tribus makhrzen Oudaïas (qui fait la loi) et les ‘Abid al-Mukhari.

D’autres difficultés : le sultan du ‘Maroc’ peut légiférer mais en consultation avec les ulémas donc, il est tenu à la négociation sur le droit avec les ulémas. De même à Tunis et Tripoli où les ulémas sont une force sociale respectée qu’ils ont du mal à critiquer. Les ulémas ont une force critique que personne, il faut constamment les respecter ou éventuellement les acheter, voire les tuer. D’ailleurs, les fonctions de justice sont souvent données par les sultans.

Enfin, le sultan exerce son autorité en se déplaçant, par des harkas du verbe h/r/k = bouger : colonne militaire, pour faire reconnaître son autorité, ce qui rend aussi l’autorité difficile (comme les mahallas à Alger et, avec le bey puis son successeur à Tunis). Pour Tunis, il y a deux déplacements, en hivers (Nord-Sud) et en été (Est-Ouest). Pour Alger, le dey ne se déplace pas. Il y a ainsi reconnaissance de l’autorité et collecte des impôts. Le pouvoir du sultan est nomade.

Au ‘Maroc’, on distingue deux types de pays : bled al-Makhzen (obéit à globalement l’autorité, le trésor c’est l’Etat : kh/z/n) ou bled Siba (l’autorité est reconnue mais on peut être en rébellion, le pays est relâché).

Remarque : Cette circulation des sultans ne peut être générale, il y a des chemins sûrs : tariq al-sultan qui passent par les grandes villes, et des chemins non sûrs.
En conclusion : le sultanat su Maroc non ottoman avec des fortes traditions dynastiques, d’autre part Alger sans dynastie de gouverneur, de l’autre, Tunis/Tripoli avec des dynasties. Cette distinction est utilisée par les historiens de la période coloniale pour expliquer que le pouvoir ottoman d’Alger n’est pas enraciné, et, à Tunis, il y avait une dynastie qui s’est détachée d’Istanbul.
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