Examen final








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On parle de tanzimat, il n’est pas forcément utilisé au Maghreb. C’est une remise en ordre, il faut réorganiser l’Etat, islah (très utilisé à cette époque), et aussi : nizam al jadid : l’ordre nouveau (mais aussi pour parler de l’armée régulière). Il ya donc plusieurs termes pour parler des réformes.

Les réformes dans le centre de l’empire ottoman sont des réformes militaires qui viennent du haut, donc pas souhaités par le peuple, réformes administratives et réformes fiscales ; avec trois objectifs principaux : -restaurer la force militaire d l’empire après des défaites contre l’Europe,

-centraliser l’empire, c'est-à-dire ne plus autoriser des différences entre les provinces pour une plus grande homogénéité,

-et enfin adopter les progrès européens avec deux effets particuliers non forcément recherchés : l’occidentalisation et la diffusion des langues européenne, surtout le français qui s’impose comme langue européenne à l’italien.
Chronologie des réformes : de 1839 jusqu’en 1878. Ces dates sont choisies en considérant le temps des réformes de Salim III ou le premier texte en 1839 : Khatt Sherif de gülhane : texte précis du sultan qui permet de garantir aux sujets la propriété, un traitement individuel, digne des jugements publics et la promesse d’une bonne administration. Ce sont en fait des garanties contre l’arbitraire du sultan, c’et une forme de constitutionnalisation. La fin de périodes dépend des historiens :

-1876 : mise en place d’une constitution ottomane, fin de la période des réformes, avec la mise en place d’une chambre des députés, mais avec un sultan qui garde les pouvoirs de nommer les ministres.

-1878 : Fin de l’expérience parlementaire, de la chambre.

-1881 : La dette ottomane est gérée par une administration internationale, européenne.
I- Les causes des réformes
L’une des causes les plus importantes est des défaites militaires, notamment : le choc militaire de la prise d’Alger.
1- Le choc de la prise d’Alger en 1830 et les autres défaites militaires
a- 1830
Les réformes militaires sont lancées après l’occupation française d’Alger. Le choc est ressenti dans l’ensemble du Maghreb, avec des réactions différentes :

-La prise d’un territoire par les Chrétiens est très mal ressentie par les Musulmans.

-Le sultan du Maroc s’interroge sur l’attitude à adopter fac aux assaillants français : doit-il répondre à l’appel à l’aide des populations de l’ouest d’Alger, de Tlemcen, du beylik de l’Ouest et affronter les Français? (une politique du sultan est de soutenir la résistance animée d’Abdel Kader).

-Les beys Tunis se félicitent du pouvoir d’Alger car la province d’Alger avait un pouvoir hégémonique sur la province de Tunis : ils ont projet d’installer les membres des beys de la famille du Tunis à Oran et Constantine, une idée d’un gouverneur Clauzel. Mais l’expérience est très vite ajournée car Paris refuse.

-A Tripoli, la dynastie des Qaramanli est plongée dans des conflits internes très violents au début des 1830’, ce qui pousse Istanbul à reprendre en main la province, en nommant un gouverneur d’Istanbul. C’est la fin de la dynastie locale des Qaramnli. Tripoli est directement administrée par Istanbul à partir de 1835.
b- 1844
Première très grande défaite marocaine face aux Français. Il s’agit de mettre fin au soutien du Maroc aux résistances algériennes. C’est un choc car c’est la première défaite en trois siècles, après le succès de la défaite des trois rois. C’est aussi une défaite maritime du fait du bombardement de Tanger et des prots. Elle démontre la faiblesse du sultan. La frontière est établie entre l’Algérie et le Maroc et donc le sultan ne peut plus soutenir la résistance algérienne.
c-1860
Défaite des Marocains face aux Espagnols qui cherchaient à étendre le territoire de Tétouan. Ils occupent Tétouan et transforment sa mosquée principale en cathédrale ce qui est symbole fort. En 1860, les Espagnols partent de Tétouan mais les Marocains doivent de très lourdes concessions : ils doivent payer une très lourde indemnité de guerre : 2,5 fois la valeur du trésor public marocain, pour moitié gager sur les revenus des douanes. Cette affaire de Tétouan a déterminé la fin du prestige du Maghreb, et l’invasion du pays par les Chrétiens.

Les puissances européennes affirment leur autorité commerciale et indirectement politique.
2- La fin des monopôles, l’ingérence des Européens dans le commerce local
Les défaites sont militaires mais aussi commerciales. Les victoires européennes se font par la fin des monopoles, les beys avaient le monopole, c'est-à-dire qu’il fixait le prix des ventes des huile, blés, …et contrôlent le circuit commercial de la vente de ces biens, mais aussi ils contrôlent les douanes, et donc augmentent et diminuent les droits de douane comme ils le souhaitent. A partir de 1830, les monopoles de beys sont attaqués, on les empêche de contrôler le commerce. Par exemple, sur le commerce très important des huiles, les Européens obtiennent de négocier directement avec les producteurs et avalent donc la marge faite par les beys de Tunis, à partir de 1830. Pour la Maroc c’est à partir de 1856 surtout que le système de ce monopôle est menacé, par un traité est signé entre l’Angleterre et le Maroc : met fin à ce système monopôle qualifié de système impérial, et prévoit une liberté réciproque de commerce. Or la puissance britannique est une puissance commerciale par excellence, et donc le Maroc ne peut rien. En plus, ce type de clauses (de liberté commerciale et de nations à favoriser) est étendu aux autres puissances européennes. C’est lié aux militaires, on applique la politique de la canonnière. Les Marocains sont réduits à un rôle secondaire, dans le commerce local, d’autant plus que ce problème est lié aux protégés.
3- La protection des sujets par des autorités consulaires
Les puissances européennes mettent fin aux monopoles, et interviennent dans l’économie locale et la politique locale par le biais des protégés. Les protégés obtiennent protection de la part des consulats européens : sujets musulmans ou juifs, des beys de Tunis ou sultans du Maroc. Ils ne paient plus d’impôts localement, ils ne sont plus astreints à passer devant la justice locale, mais devant la justice consulaire. Ces populations sont généralement des notables, des commerçants qui servent d’intermédiaires aux négociants européens, il y aussi des dignitaires, des caïds locaux. Ces gens protègent ainsi leurs biens locaux, contre des confiscations des biens du bey, pour éviter de passer devant la justice locale. Ce statut touche une certaine classe très importante dans le système, c’est d’ailleurs ce qui va affaiblir le pouvoir local. De plus, ces protégés bien souvent ne paient plus les impôts, ce qui va conduire à une modification des administrations locales et trouver d’autres moyens de ressources, d’autant plus que les réformes sont en place. Or il faut payer les armées régulières : les hommes, les habits, l’armement.
4- Les suites d’une longue série de transformations intérieures
Le problème des réformes ottomanes au Maghreb est qu’elles sont sous influence européenne car elles adoptent les techniques européennes. Ceci pose problème car cela veut dire que la modernité ne peut venir que de l’Europe et ne vient pas de l’intérieur, les réformes viennent du haut, du pouvoir sous influence européenne. Pour bien comprendre pourquoi ces réformes, même avec des résistances, ce sont imposées, il faut rappeler qu’il y avait déjà des réformes avant ces réformes : les arsenaux maritimes dès la fin du XVIII è - XIX é, des transformations des fortifications,… donc la technique européenne est déjà pratiquée. Il y a déjà une idée d’une volonté constante d’emprunter les modèles européens, notamment pour le Maghreb, le développement de la marine s’est fait grâce à des Andalous fuyants l’Espagne, des renégats de Hollande ou Grande-Bretagne protestante ou Espagne catholique. Ces milieux sont très ouverts à l’influence européenne. Par exemple, les beys de Tunis pratiquent l’italien : Ahmad Bey 1837 et 1855, sa mère est esclave Saad convertie (italienne). Il faut penser le temps des réformes comme un temps de troubles intérieurs. Par exemple, les divisions de la dynastie Qaramanli, au Maroc il y a une volonté sultanale de lutter contre les confréries et de favoriser le waahabisme.
Le problème de l’étude des réformes est que l’on regarde ces réformes de haut en bas, sans s’intéresser aux effets intérieurs.
Les réformes s’expliquent par des facteurs communs : militaires, financiers, militaires, économiques, commerciaux. Mais il ne faut pas confondre le temps des réformes à Tunis à celui au Maroc :

-A Tunis : début 1830’ pour les réformes militaires, et, début des 1860 pour réformes politiques et administratives.

-Au Maroc : les dates sont moins claires car il y a plusieurs tentatives militaires surtout à partir de 1844.

Il faut aussi différencier la notion de jihad, aussi utilisée pour cette notion de réformes, c’est ce qu’évoque Simoun. Mais même si les réformes ne sont pas adoptées en même temps, et que Tunis va plus loin comme par exemple dans l’établissement de la première constitution, elles ont toutefois la même logique souvent : priorité de la réforme militaire entraînant la réforme fiscale entraînant elle-même la réforme administrative. Et cela coûte très cher, jusqu’à contracter des emprunts.
Jeudi 10 mars

II- L’enchaînement de réformes
1- Les réformes militaires
Ce sont les réformes les plus importantes. Les Européens ont commencé à cumuler les victoires, alors il faut s’adapter. Il y a plusieurs types de réformes militaires :
- la mise en place des armées régulières : le principe est d’avoir une même structure et hiérarchie : nizam al-jadid : ordre nouveau. Avant on avait plusieurs corps militaires : le corps des Turcs dont les Spahis (les cavaliers) et, le corps des Zouaves (venant de Kabylie), le corps des Makhzaniyya (tribus Makhzanis). Mais il ne reste plus que les Zouaves et les Makhzaniyya, avec donc plus de différence ethnique. En 1831, c’est un corps militaire avec des recrutés de différentes originaires : la conscription. On va conscrire des gens de campagnes, des jeunes. Donc il y a moins de possibilités de révoltes ni de mélange ethnique. Mais cela enlève des bras à l’agriculture, d’autant qu’ils sont mal entretenus : nourriture bas de gamme,… En plus, l’impôt était dispensé pour ces volontaires. On force donc des gens à s’inscrire dans l’armée, et à payer l’impôt. C’est un principe très important même si le nombre de conscrits est encore faible. Et dans l’Empire ottoman on pouvait partir volontairement en guerre pour un jihad et non pour le quotidien : askeri (maître) / raya (sujet) alors que l’impôt financier (et non du sang) était de ne pas faire l’armée. Elle transforme l’association entre le pouvoir et la société. Au début, le corps n’est pas très important (5000 soldats puis 15000 sur une population d’environ 2 millions), mais le principe l’est. Ceci était pour le cas du Tunis en 1831, c’est différent pour le Maroc.
Pour le Maroc, la chronologie est moins certaine. Après la bataille d’Isly en 1844, c’est une mise place d’une nouvelle armée sous le règne de Mouley Abdel Rahman entre 1852 et 1859. Sous son règne, l’armée est divisée en tabors ou tabur : bataillon (en turc, terme qui est utilisé pendant la période coloniale) comprenant entre 200 et 1000 hommes. Sous le règne du successeur Mouley Hassan, on va plus loin dans ces réformes militaires, 1873 et 1894, avec des effectifs de 8900 soldats dans les troupes régulières et 6300 soldats dans l’infanterie.
Ces conscriptions, organisées par Etat et non ethnie, suscitent des résistances dans la région car on veut bien combattre pour le jihad et non pour tous les jours.
- la mise en place de fabriques militaires : fabriques d’armement et fabrique d’uniformes. On habit les militaires à l’européenne : pantalon veste bleue/noire avec les tarbouches. Au Maroc, se mettent en place deux grandes fabriques d’armes : une poudrerie à Marrakech se met en place après la guerre de Tétouan, et une autre fabrique d’arme appelée la Machina dans la ville impériale de Fès sous le règne de Mouley Hassan. Elle est mise en place en 1888 par une compagnie italienne et fonctionne en 1893. Les Européens donnent des armes d’anciens modèles, et en plus il faut compter sur la technique européenne car les Ottomans ne sont pas formés. Il faut faire appel aux Italiens pour lutter contre les Allemands. Ces réformes militaires sont pensées pour rivaliser, avec les Européens mais permettent aux Européens de s’implanter comme le cheval de troie.
2- Les réformes des modes de l’éducation
Elles concernent surtout les gens de l’armée, les soldats. Les modes de l’éducation sont modifiés : dans des écoles européennes ou création d’écoles militaires, ou encore emmener des officiers européens qui forment les soldats locaux.

-Au Maroc et à Tunis, on engage des instructeurs français, anglais, italiens, allemands pour former sur place des soldats. Mais ces soldats cumulent des expériences qu’ils transmettent à leur armée d’origine, donc ils cumulent des renseignements sur ces pays. Exemple : on envoie d’une mission marocaine en 1867 en Egypte, à Gibraltar (contrôlé par les Britanniques) en 1870’, en Allemagne en 1878. L’Egypte a fait également cela à Paris. Le Maroc envisage donc une coopération avec le centre ottoman, où des militaires ottomans viendraient former des Marocains. Au début du XX è siècle, l’Empire ottoman est l’armée musulmane la plus importante (900 000 hommes). Les soldats ottomans parviennent au Maroc en 1909 mais cette mission est interrompue par la France. Les Français ne veulent pas d’une influence ottomane au Maroc. Les coopérations avec les pays musulmans n’étaient poussées car ces pays musulmans sont eux-mêmes formés par des Européens.
-Les écoles militaires : Le seul pays ouvrant une école militaire est l’école polytechnique du Bardo à Tunis, ouvert en 1838/1840 : recrutent 40 à 60 Musulmans, devant former des officiers et ingénieurs, aux sciences militaires. L’école périclite à partir du milieu des ‘1860. C’est l’ambition de former des cadres militaires avec du savoir européen, en apprenant la langue arabe, les mathématiques,… Mais cette école ne fonctionne pas bien car des enfants peuvent sortir analphabètes, toutefois il n’y a pas que des échecs puisque des gens vont être des intermédiaires pendant la période coloniale. C’est un lieu perçu avec des mélanges de gens : campagnes, des villes, des palais. En 1875 est formé le Collège Sadiqi, nom du bey Muhammad Saad de l’époque, très réputé aujourd’hui encore. Cette école doit former des fonctionnaires, elle suit la logique de Bardo, installé près de la Casbah juste à côté des ministères et non dans le palais. Cela se fait 7 ans avant le protectorat, donc ce n’est pas le protectorat qui amène le progrès. Il n’y a pas ce type d’école au Maroc, excepté des écoles de préformations à Tanger qui sont tentées sous Mouley Hassan. Ces réformes militaires et de scolarisation coûtent chers, d’autant plus que les revenus fiscaux des souverains Maghrébins se sont réduits, les dettes cumulées par ces souverains qui sont remboursées, la baisse des recettes douanières (fin des monopoles) et le cout de l’armée font qu’il faut mettre en place des réformes financières.
3- Réformes fiscales et réformes de l’administration
Durant cette période, il y a deux mouvements : on va essayer de faire évoluer les anciens impôts pour les rendre plus rentables :

-Mettre fin à la négociation locale de l’impôt et d’imposer un taux fixe d’impôt non négociable, c’est aussi transformer l’impôt en nature en espèces, il faut donc rentabiliser l’impôt préexistant.

-Mettre de nouveaux impôts comme par exemple, en Tunisie en 1836 la mise en place les taxes frappant les produits de consommation courants. D’ailleurs, les 1830’ marque la mise en place d’armées régulières à Tunis, et donc de réformes fiscales.

-Mettre en place d’impôts payés par tous, donc il faut mettre fin à des systèmes d’impôts particuliers ou régionaux aux privilèges fiscaux : les gens des villes, les élites religieuses, les chefs militaires, certaines tribus makhzanis.

La mise en place de la mejba = impôt de capitation payé par un chef de famille, mis en place à partir de 1856, dans un contexte très particulier, car on essaie de renvoyer une partie de l’armée qui coûtent trop chère. On trouve une forme d’impôt équivalent en 1901 au Maroc : le tertib qui remplace l’impôt coranique traditionnel et doit porter sur tous les revenus agricoles, y compris des familles chérifiennes descendants du prophète, des descendants de marabouts, ou des chefs de Zaouia. Ce n’est pas la même chose que la mejba, mais c’est l’idée que tout le monde doit y participer. Il faut deux pour le mettre en place 1903, car les Européens ne veulent pas faciliter les choses car ils souhaitent que les Marocains contractent des dettes.

La mejba est à l’origine d’une grande révolte en Tunis. En 1864. De même, le tertib est à l’origine de grandes révoltes au début du XX è siècle. Le rapport des sujets avec le pouvoir change.
Pour prélever ces impôts il faut réorganiser l’administration. A Tunis, les caïds ne sont plus choisis localement et désignés par Tunis. Les caïds deviennent des agents du pouvoir central donc la pression est plus forte du pouvoir central sur les populations. Au Maroc, c’est la mise en place des oumanas au Maroc et qui contrôlent les caïds et la perception fiscale. Ces oumanas sont choisis parmi les familles des grands négociants, ils sont donc payés à contrôler l’administration locale. Le pouvoir central (celui des beys et du sultan) se renforce. Cette administration est centralisée, organisée, rationalisée, hiérarchisée. Auparavant, il y avait des conseillers = vizirs sans pouvoir, alors qu’il y a des ministères qui s’implantent à partir de 1860’ à Tunis pour mieux l’administrer. C’est un début vers l’autonomisation, car Istanbul refuse des ambassadeurs, des consulats, mais il y en a tout de même. Les gens de Tunis créent des consulats. La fiscalité force à réorganiser l’administration. Au Maroc, les fonctionnaires sont formés dans la madarsa makhzaniyya s’installe aussi au Maroc (équivalent du collège Sadiqi de Tunis).
4- Les réformes annexes de modernisation
A cette époque, il y a la mise en place de la fin de l’esclavage (surtout Tunis) et d’une constitution à Tunis. C’est particulier à l’Empire ottoman (surtout Tripoli et Lybie). Ce n’est pas l’abolition de l’esclavage, mais la fin du commerce des esclaves, mais pas l’abolition de l’esclavage 1846 à Tunis et 1855 à Tripoli. L’esclavage est légal dans le Coran, c’est un principe religieux. Ces réformes ne sont pas liées à l’Empire ottoman, mais par les consuls britanniques. Cette interdiction est menée par les consuls britanniques et non pas par les Français qui attendent 1848 même pendant la période coloniale. Au Maroc, il faut attendre 1922, c’est la fin des marchés d’esclaves mais pas encore de l’abolition. Ces décisions ne sont pas liées à l’Empire ottoman. Ces réformes c'est-à-dire fin de la traite des esclaves a des effets militaires : A Tunis comme en Egypte, on a voulu mettre en place des corps d’armée d’esclaves noirs, mais n’a pas fonctionné ni à Tunis ni au Caire. Les esclaves noirs sont employés surtout dans les maisons comme domestiques, rarement dans les domaines agricoles. Les gens doivent payer plus d’impôt, les soldats sont très minoritaires, et perdent leurs domestiques qui organisent les maisons. Du coup, les sociétés sont bousculées par les réformes ottomanes mais aussi par celles venant de l’extérieur.
Il y a aussi des réformes qui transforment les relations entre gouvernants et gouvernés. C’est le cas du Pacte fondamental : Ahd al-taman de 1857 à Tunis, qui s’inspire des réformes du centre de l’Empire ottoman : il prévoit de respecter la liberté de conscience de tous les habitants, la liberté de commerce, l’égalité devant la loi et devant l’impôt, et l’accès de tous à la propriété, c'est-à-dire y compris les Juifs et les Européens. Et ce sont surtout les consuls européens qui défendent ce pacte. Fait déclencheur: En 1857, le cochet juif Batou Sfez du caïd juif Nessim Shemama (grand notable reconnu) est pris dans la rue à insulter les Musulmans, ce qui provoque un grand scandale. Comment le juger, par quelle justice ? Le premier ministre ne veut pas qu’il passe devant la juridiction musulmane sinon il prend une lourde peine. Le dey le fait passer devant la justice et est condamné à mort par les Musulmans, mais les consuls s’en mêlent et estiment que c’est indigne et excessive. Les consuls européens utilisent donc cette affaire pour avancer leurs droits et ceux des Européens. De la même manière, est soulevée la question de l’ingérence : à partir d’un fait, des droits notamment celui de l’acquisition des terres, cela montre aussi de nouvelles relations entre les Juifs et les Musulmans qui se dégradent. Le Pacte fondamental est rejeté par les autochtones, car ils y voient des droits plus importants aux Européens et aux Juifs, alors que les Juifs étaient une minorité tolérée dominée. Ce pacte est une inversion de l’ordre. La réforme est venue d’en haut, et pas forcément comprise par le bas. Une réforme est vue comme un progrès, alors qu’elle bouleverse un ordre, renonce à la norme pour une nouveauté qui fait perdre des positions dans la société. Au Maroc, avec la conférence de Madrid en 1880, le système de la protection juridique est reconnu officiellement. Les choses ne sont présentées comme généreuses comme le pacte fondamental, mais on aboutit au même résultat quant à la présence des Européens et leurs droits à l’achat de terres avec l’accord du sultan. La conférence de Madrid reconnaît officiellement le système de protections et acheter des terres, d’autant que l’achat des terres est contourné : acheter par un autochtone puis revendu à un Européen.

On peut penser que ces réformes soient progressives, fin de l’esclavage, Pacte fondamental, Conférence de Madrid aboutissent à une perturbation du fonctionnement local et à dégradation des positions des Musulmans.
A Tunis, on va encore plus loin par la première constitution du monde arabe et de l’Empire ottoman : série de textes présentée comme une constitution, promulgués en 1861 qui sont plutôt des décrets constitutionnels, 15 ans avant la constitution d’Istanbul en 1876. Les consuls européens ont aussi participé à la mise en place de cette constitution, mais le consul français (Léon Roches est arabisant et très proche du bey, idéaliste) s’est fait avoir face aux Britanniques. Les Britanniques veulent que l’Empire ottoman reste une puissance en Méditerranée pour contrer les autres. Les Français ont déjà l’Algérie, il ne faut pas la Tunisie française ou italienne, ni de Russes plus au nord. Les Français n’ont pas intérêt à une constitution s’ils ont d’autrs objectifs pour la Tunisie. (Léon Roches continue sa carrière au Japon car il ne comprend pas l’enjeu, il fut un proche de l’Emir Abdel Kader) La constitution limite le pouvoir du bey par un budget propre limité, elle établit un grand conseil : Conseil Suprême = Majlas al-Akbar, composé de conseillers tous nommés par le bey. C’est donc une forme de constitution, qui ne va pas trop loin car ne fait pas voter le conseil suprême, c’est bien maîtriser. La constitution est suivie de la mise en place de tribunaux non religieux : un droit lié à l’Etat. Or deux sources de justice : le cadi et le bey, où tout est religieux. Un tribunal est une cour, donc avec plusieurs personnes. Ils vont être installés à Tunis et les grandes villes de la province. D’où vient la légitimité de ces gens des tribunaux ? Cette réforme est rejetée par une grande révolte en 1864.
III- Conséquences sociales des réformes : le bilan
1- Les échecs des réformes ?
Les réformes sont souvent perçues comme des échecs car elles sont mises en place pour défendre ces pays, renforcer l’Empire. Or on constate des défaites militaires : 1881 Tunisie est un protectorat français, 1912 : Maroc est un protectorat français, suivent d’autres défaites.
L’autre échec est que les réformes sont complètement inadaptées. Par exemple, l’école du Bardo est un échec du fait du fort taux d’analphabétisme, le port à qui devait être installé à Tunis au milieu du XIX è siècle : Porto Farina, les premières les manufactures d’armes, d’uniformes, sont vite abandonnées car il faut contrôler et maîtriser les machines, la discipline militaire ne s’impose pas aux soldats locaux car système de corruption : détournements de biens par des chefs militaires, des ventes d’armes, d’uniformes. Mais le principal est l’échec est l’impossibilité de mettre fin aux défaites militaires car toute la politique des puissances européennes est d’empêcher une avancée technique moderne maghrébine, en fournissant du matériel de guerre non performant. Cela montre une stratégie consciente de ne pas laisser ces pays s’avancer militairement.
Toutes ces réformes ont coûté chers et ont conduit à un endettement public très important, en Tunisie et au Maroc, qui les place sous la dépendance des Européens, un aspect qui annonce les colonisations.

Jeudi 17 mars

Rappel : De réformes sont perçues comme des échecs car non adaptées : Porto Farina abandonné car ensablé, manufactures abandonnées faute de technique ou ingénieurs. L’échec de la discipline militaire, des hommes qui se blessent volontaires, qui vendent leurs armes, leurs uniformes car le service militaire est obligatoire. Ces réformes militaires ont servi de cheval de Troie pour les Européens. Les instructeurs européens servant d’agents de renseignement pour leu pays d’origine.

Et aussi l’endettement lié aux réformes militaires auprès de banques européennes. Les réformes militaires ont obligé Tunis et Maroc a contracté des dettes auprès des banques européennes. Tunis connaît une banque route en 1867 qui permet la mise en place d’une Commission internationale du contrôle de la dette tunisienne. La commission est composée d’Européens, représentants les intérêts des banques européens, et de Tunisiens. Il ya des actions en bourse sur la dette tunisienne où les actionnaires sont des Français. Ce qui nous intéresse est que cette commission contrôle les revenus du trésor tunisien : les impôts, les taxes, les revenus douaniers. C’est déjà une perte d’indépendance, que Le Caire, Istanbul vont connaître. Dans le cas du Maroc, il n’y a pas de commission, mais des prêts de l’Etat notamment au début du XX è siècle. Les réformes fiscales sont très mal perçues, mais désorganisent les communautés locales, car avant il ya des possibilités de négociations, la fiscalité devient plus autoritaire. Un des signes de l’échec est une série de révoltes : A Tunis en 1864 la révolte est contre les nouveautés : contre la nouvelle fiscalité, contre les nouveaux tribunaux, contre le service militaire, et même contre l’abolition d’esclavage. Le Maroc connaît aussi ce type de révoltes, trois fois : dans le nord elle est menée par Bou Hmara qui se présente comme le frère du sultan, à Tanger par Raissouni (bandit d’honneur) et au Sud dans la région du Sous par Mar al-‘Ainin. C’est une contestation du pouvoir du sultan qui est mis à mal car on l’accuse d’être sous la pression des Occidentaux, ce qui va à l’encontre des traditions musulmanes qu’il maintenir.
2- Les apports des réformes : nouveaux rapports avec les sujets et avec Istanbul
Les réformes ne doivent pas toujours être vues comme un moment catastrophique, car elles apportent une meilleure connaissance des techniques financières européennes, soit une amélioration de la gestion publique.

-A partir de 1873 à Tunis, le budget de l’Etat est rééquilibré pour deux ans par Khayr al-Din, il a fait partie de la Commission Internationale de contrôle de la dette (a été proche de l’inspecteur des finances Villet).

-Au Maroc, il y a une mise en place des oumanas qui montre une progression de la gestion financière sont placés au-dessus des caïds qui sont réputés pour leur corruption. En outre, ces réformes transforment les relations entre les sujets et les gouvernants. Les sultans et beys demandent plus à leurs sujets, mais s’adressent aussi à eux différemment, en les mobilisant différemment. Il réclame les impôts et le service militaire. Le langage passe à l’appel : le protonationalisme. Khayr al-Din fait des discours pour l’intérêt du pays. Le nationalisme naît en quelque sorte avant la période coloniale, dans le temps des réformes. L’attachement au pays est né avant la période coloniale.

-Ces réformes sont à l’origine de nouveaux officiers militaires, d’une nouvelle élite militaire. La force de l’armée au Maghreb est liée à la période coloniale, mais aussi et surtout pendant la période des réformes, avant la période coloniale. D’ailleurs, les militaires sont utilisés à la période coloniale. Les réformes modernisent et permettent la domination européenne. Les réformes n’ont pas empêché la puissance coloniale, n’ont pas renforcé les Etats militairement.
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