Rapporteur : Saddek Aouadi, Professeur, Université d’Annaba








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Parmi les pratiques intertextuelles de coprésence, seules la citation met nettement en évidence l'insertion de deux textes bien distincts. L'allusion et le plagiat constituent souvent des intertextes ambigus. Dans ce cas, seules la mémoire et la culture du lecteur deviennent les critères de leurs repérages ce qui rend la relation intertextuelles aléatoire.

2)- Les relations de dérivation

Selon Genette, les autres pratiques intertextuelles ne se caractérisent pas par une relation de coprésence mais de dérivation et relèvent plus de l'hyper textualité que de l'intertextualité:

"J'entend par là toute relation unissant un texte B (que j'appellerai hypertexte) à un texte antérieur A (que j'appellerai bien sùr hypertexte) sur lequel il se greffe d'une manière qui n'est pas celle de commentaire"(37).

La parodie et le pastiche sont donc, les grandes types de relations de dérivation, la première repose sur une transformation, alors que la seconde repose sur une imitation de l'hypotexte.
2-1)-La parodie

La parodie consiste en la transformation d'un texte dont elle modifie le sujet en conservant le style. Donc, elle transforme une œuvre précédente, soit pour la carucaturer, où la réutiliser en la transposant. Genette donne à la parodie une définition étymologique (; parodein, d'où paroddia, ce serait (donc?) le fait de chanter à coté, de chanter faux, ou dans une autre voix, en contre champ- en contre point- ou encore de chanter dans un autre ton: déformer, donc, on transposer une mélodie"(38)





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en mettant l'accent sur l'opération de dérivation dans laquelle le texte antérieur est d'une manière ou d'une autre reconnaissable.
2-b)- Le pastiche

Le pastiche est un exercice de style. Pasticher, ce n'est pas déformer un texte précis ' mais imiter un style. Contrairement à la parodie, l'imitation d'un style ne suppose pas la reprise littérale d'un texte. Il est donc, une pratique essentiellement formelle ; ce n'est d'ailleurs pas un texte particulier qui est la cible du pastiche mais le style d'un auteur dont il peut "précisément extraire les particularités communes à ses différents livres"(39).

On peut également citer en ce cas les fameux pastiches de l'Affaire Lemoine ou Proust imite avec génie, les styles de : Flaubert, Saint- Beuve, Balzac
Les schémas suivants expliquent l’évolution historique de cette notion et donnent une typologie de ses pratiques



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Schéma 01

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Chapitre 2: La littérature algérienne d'expression française:

un panorama
Un bref aperçu historique est indispensable pour montrer que l’étude de l’intertextualité dans la littérature algérienne da langue française n’est pas un hasard.

On distingue deux grandes périodes littéraires, avant 1830 et après 1830.
1- Avant 1830 

Il existait une littérature nationale de deux types :

1.1 - Une littérature orale 

En langue arabe et en langue berbère riche et variée qui se composait de  contes, légendes poèmes, proverbes……

1.2 - Une littérature écrite 

En arabe classique: La floraison de cette littérature se situe entre 7eme et 8eme siècle de l'Hégire ou on assiste à cette période à l’apparition des poètes, des grammairiens, de philosophes et des penseurs comme : Ibn Khaldoun , El Arjouni, Ibn Malek…L’époque moderne sera marquée par la figure de El Amir Abd Alkader.

2- Après 1830 

2.1 - De 1830 à 1920 

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es poètes continuent à relater et à témoigner ,dans la langue de tous les jours , Les évènements majeurs qui ont jalonnés l’histoires du pays , ce qui a permis au tréfonds culturelles algérien de survivre, parmi ces poètes : Tahar ben Harwa, Cheik Hamada , Cheik Mohamed Belkhir….


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A partir de 1883, les algériens commençaient à fréquenter les écoles françaises malgré leurs refus en se trouvant dans l’obligation d’apprendre le français pour survivre. Toutefois, à travers cette langue, toute une culture était transmise au colonisé.

2.2 - De 1920 à 1945 

Après la fréquentation des écoles coloniales par les algériens, certains se dirigent vers le journalisme. Les premières manifestations furent des essais politico-sociaux suivent de près l’évènement politique (la première guerre mondiale, le développement du mouvement nationaliste).

Ce sont des points de vues de ces écrivains sur la question indigène ou le malaise algérien qui sont les termes revenant assez souvent de 1880 à 1945.

Des petites revues comme La voix des humbles ou La voix indigène, des nombreux journaux ou brochures militaient soit pour des revendications nationalistes, ou pour la défense de l’œuvre française et l’intégration.

Dans le domaine du roman (qui est l’objet de notre étude), on peut compter une douzaine d’auteurs comme : Caid Ben Chérif :Ahmed Ben Mostefa Goumier (1920) , Abdelkader Hadj Hamou : Zohra la femme de mineur (1925), Slimane Ben Brahim : Khadra danseuses des ouled Nail (1910) ; Chukri khodja : Eludj, captif des barbaresques (1929) ;

Mohamed oueld Cheikh : Myriem dans les palmes(1936) ; Ali Belhadj : Souvenirs d’enfance d’un blédars (1941, Les frères Zénati : Bou El nouar, Le jeune algérien (1945).

Les œuvres de cette période sont trop moralisantes, construites d’opinions, toutes faites de stéréotypes, ôtant aux textes toutes originalité.

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es auteurs s’adressent beaucoup plus aux français. Ils chantent avec quelques touches d’exotisme la beauté des paysages, les habitants, ce que la rapproche de la littérature des écrivains touristes français.

Cette forme de production est marquée chez ces écrivains par le désir de s’assimiler à l’Occident en glorifiant et en exaltant l’action civilisatrice de la France.

Ils louent les bienfaits de la paix et du bien-être que l’Algérie a trouvés durant la présence française.

La dénonciation des phénomènes tels que : Les épidémies, l’enfance abandonnée, la misère constituaient des thèmes secondaires. Ce sont beaucoup plus des critiques avec mesure de l’influence néfaste du colonisateur sur les moeurs.

Dans le domaine de la poésies, le grand nom est celui de Jean Amrouche avec Cendres (1934), Etoile secrète (1937), et sa traduction de Chant berbère de Kabylie (1939). Amrouche est vraiment le premier poète digne de ce nom et un des plus profond et de plus talentueux parmi les poètes de langue française du Maghreb.
2.3 - De 1945 à 1955 
Vers la fin des années quarante, les écrivains algériens d’expression française ayant subi de force l’influence de l’Occident vont ressentir une déperdition culturelle, un manque à être. Et ce sera le début d’un grand malaise qui se traduira par une remise en cause de soi :

Qui sommes-nous ?

Pourquoi sommes- nous dominés ?

Pourquoi sommes- nous considérés comme des Hommes de seconde zone ?

Pour mieux comprendre leur présent oppressif et aliénant, les écrivains de cette période sont amenés à dresser un bilan aussi sincère que possible sur leur situation en prenant en considération suites du 08 Mai 1945, et de la seconde guerre mondiale .

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l ne s’agissait pas pour eux de s’identifier aux français mais de se montrer dans leurs spécificités. C’est une littérature nationale voyant le jour.

Nationale en ce sens qu' « est écrivain algérien, tout écrivain ayant définitivement opté pour la nation algérienne» (40) écrivait Sénac.

Et Henri Kréa dira de son coté:  

« L’expression" écrivain algérien" signifie dans l’absolu que l’on choisi la partie algérienne de quelque origine raciale ou de quelque appartenance religieuse ou philosophique que l’on soit » (41)
Les romans de cette période se situent dans le genre réaliste, les écrivains explorent encore les procédés de la narration classique et traditionnelle (Linéarité, respect du chronologisme, monologisme….).

Cette littérature s’orientera vers la représentation de la vie quotidienne, et la technique biographique sera la plus utilisée. Ainsi l’auteur décrit la réalité immédiate vécue par lui (enfance, adolescence, jeunesse), soit en se distanciant par rapport à l’évènement national, soit en s’ouvrant à la question politique en évoquant les thèmes de l’acculturation, du déracinement, de la révolte. Cette période connaît les prémices des plusieurs auteurs qui deviendraient plus tard les piliers de la littérature algérienne d’expression française comme  Mouloud Faraoun : Le fils du pauvre(1950) , La terre du sang(1953) ;

Mohamed Dib : La grande maison (1952) ; Mouloud Mammeri : La colline oubliée (1952).
2.4 -De 1956 à1962 :
L’engagement politique va être plus affirmé. C'était une littérature de combat, des œuvres révolutionnaires, exaltant la lutte pour l’indépendance, Mohamed


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écrivait en 1950  « Toutes forces de création – de nos intellectuels- mises au service et des œuvres qu’ils produiront autant d’armes de combat. Armes qui serviront à conquérir la liberté » (42).

Les œuvres de cette période prendront comme thème majeur la lutte pour l'indépendance. Ce thème était exprimé de trois façons différentes :

  1. La recherche de l’identité culturelle et historique.

  2. La solidarité de la collectivité face au colonisateur.

  3. Le problème de l’individu dans la lutte de l’indépendance.


La lutte pour l’indépendance est donc avant tout un retour aux sources, un recouvrement de soi, une affirmation de la personnalité. Parallèlement, on retrouve dans ces œuvres de nombreux sous thèmes complémentaires tels que :

  1. L’amour de la patrie.

  2. L’engagement.

  3. L’héroïsme guerrier.

  4. La revalorisation des mythes et des figures légendaires et historiques,

Kateb par exemple, exalte le passé historique collectif à travers des personnalités ayant marqué l’histoire de l’Algérie comme : Jugurta, La Kahina, L'Emir Abd El Kader.

5-L’exil.

6-Le conflit des générations.




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2.5 - De 1962 à 1980 
Les écrivains de la génération de la guerre posent des problèmes plus complexes dans leurs romans. Ces auteurs réfléchissent sur le destin du pays après l’indépendance et sur l’évolution de la société algérienne toute entière.

Les romans comportent souvent des réflexions philosophiques sur le destin de l’Algérie et des interprétations allégoriques et ironiques, des évènements politiques de l'époque. La composition des romans est fragmentaire parce qu’il n’ y a pas un sujet bien liant ces fragments.

On observe durant cette période, l’émergence d’une littérature moralisante se caractérisant par la simplicité de la forme, la transparence du contenu, et une analyse sociale superficielle, le plus souvent émotionnelle.

Dans cette littérature, les problèmes sociaux importants ne sont jamais exposés. La critique se manifeste souvent dans le domaine de la morale. Les maux sociaux sont souvent considérés comme les séquelles du colonialisme et sont expliqués par une influence négative des mœurs européennes. L’apologie de la morale traditionnelle qui surgit parfois dans les œuvres, leur transmet une nuance nationaliste. Cette littérature didactique se veut accessible au lecteur qui préfère le genre de la nouvelle.

Cette période a marqué des auteurs de la génération de guerre comme : Dib, Kateb, Mammeri…qui ont influencé durablement des auteurs de la nouvelle génération comme : Boudjedra, Rachid Mimouni, Mohamed Chaib, Nabil Farès. On observe chez certains écrivains une volonté subite de reprendre tout ce qu’il y avait de plus intéressant dans la littérature nationale. Ce phénomène a touché tous les courants de la littérature algérienne, mais il se manifeste surtout dans la nouvelle vague où donne un psychologisme particulier qui prend sa source dans le roman ethnographique et qui se tourne vers une narration subjective et déformante, et au même temps, touchante par sa franchise.

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u récit objectif, lent et plat, les romanciers algériens préfèrent le monologue intérieur d’un narrateur aliéné, psychologiquement traumatisé ou naïf. Lorsque le roman algérien dépasse le didactisme de la littérature ethnographique et opposera le héros à son entourage, ce sera la contestation sociale qui deviendra une propriété pertinente, car les romanciers contemporains n’épargnent aucun aspect de la vie sociale de leurs critiques souvent très sévère.
2.6 - De 1980 à 1992 
La prédilection pour l’esthétique qui est affirmée dans la littérature algérienne depuis Nedjma de Kateb et quelques œuvres de Dib, supprime le risque de rupture consiste par les indices d’une instabilité littéraire engagée, trop attachée à l’évènement politique. D’ailleurs, les survivants de la génération de guerre qui se remettent à écrire dans les années 80 changent aussi leur manière, comme La traversée de Mammeri (1982), Ombre Sultane (1987) d’Assia Djebar.

Nedjma de Kateb et les romans allégoriques de Dib ont exercé une influence si considérable sur les romanciers algériens qu’ils convient d’indiquer l’accentuation de la tendance à la recherche formelle comme un des traits saillants de la littérature algérienne des années 80.

Cette littérature qui recourra à de techniques modernes, complexes et variées, se distingue également par une contestation sociale violente qui n’épargne rien dans la société nationale à partir de la morale traditionnelle jusqu’ à la politique officielle et la religion.

En plus, vers la fin des années 80 et le début des années 90, on remarque l’intrusion des nouveaux thèmes considérés auparavant comme tabous comme le sexe qui va marquer la thématique de la plupart des romans des années 90.

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oudjedra est considéré comme le premier romancier ayant osé évoquer ce sujet d'une manière assez audacieuse. Dans ses romans, il recourt à plusieurs procédés de la littérature mondiale contemporaine auxquels il associe harmonieusement des éléments de l’oralité nationale. A partir de La répudiation (1969) et de L’insolation (1972), qui avaient choqué le lecteur algérien par une contestation des tabous traditionnels (sexe, religion, politique) et jusqu’à Fascination (2000), ce romancier analyse la vie sociale algérienne d’un point de vue personnel particulier, sous la forme d’obsessions d’un narrateur aliéné.

Tous ces problèmes, politiques, historiques ou éthiques, revêtent grâce au symbolisme de ses romans, une signification universelle.
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