Littérature québécoise








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Pierre Varène

Une épidémie de meurtres




BeQ

Pierre Varène


Domino Noir # 013

Une épidémie de meurtres
Une autre aventure extraordinaire

du Domino Noir

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 456 : version 1.0

Une épidémie de meurtres
Numérisateur : Jean Layette.

Éditions police Journal

Relecture : Jean-Yves Dupuis.

I



Délai mortel


Il y avait plusieurs années que George Ferron n’était pas venu à Montréal.

Aussi lorsqu’il avait traversé le Fleuve Saint-Laurent pour se rendre à Rimouski de Baie Comeau, pour aller prendre l’Océan Limitée, repassait-il avec plaisir ses souvenirs de la Métropole et se promettait-il quelques bonnes journées de vacances.

Pourvu que son oncle ne soit pas en trop mauvais état cependant.

C’était en effet un téléphone de son oncle, le vieil Eugène Clavet qui l’avait appelé en toute hâte à Montréal.

Il n’avait pas mentionné que sa santé fut très mauvaise, mais il avait insisté pour que George s’en vint au plus tôt, qu’il désirait le voir pour affaires très importantes.

Maintenant on passait Saint-Hyacinthe et en moins d’une heure, il serait dans la grande maison de pierres de son parent.

C’est alors qu’on lui remit le télégramme.

Il hésita un instant à l’ouvrir : c’était probablement une mauvaise nouvelle. Son oncle devait être mort avant même qu’il n’arrivât.

Il lut cependant :

« George Ferron,

À bord l’Océan Limitée,

Veuillez communiquer avec moi dès votre arrivée, avant même de voir votre oncle : c’est très important. Si vous ne pouvez m’atteindre, téléphonez ou rendez-vous chez le Dr Roger Latour.

(Signé) : Rosario Hébert. »

Rosario Hébert était l’avocat de son oncle, tandis que Rosario Latour en était le médecin depuis plusieurs années.

Que pouvait bien signifier cet avertissement ?

Est-ce que son oncle se trouvait dans une position spéciale, qui nécessitât une préparation à l’entrevue ?

Le jeune architecte se posa ainsi différentes questions, puis décida de se rendre à l’injonction qu’il venait de recevoir.

De toute façon, les deux hommes mentionnés au télégramme étaient des amis de son oncle, il le savait depuis longtemps, et ces gens ne pouvaient lui vouloir du mal.

*

Donc aussitôt qu’il descendit à la Gare Centrale, George Ferron se dirigea-t-il vers les cabines téléphoniques.

Il ne prit qu’un instant à trouver le numéro de téléphone de l’avocat et l’appela à son bureau.

Mais là personne ne répondait.

Il fallait croire que monsieur Hébert était encore chez lui.

Un autre appel à sa résidence ne donna pas plus de résultat.

Me Hébert était célibataire et demeurait dans un petit appartement. S’il était parti pour son bureau, il n’y avait probablement pas moyen de l’atteindre.

Pour ne pas perdre de temps, l’architecte chercha le numéro du médecin.

Mais là encore nouvelle déconvenue.

Le médecin était à l’Hôpital et il n’y avait pas moyen de l’atteindre là, car on lui répondit qu’il devait être dans la salle d’opération.

Très désappointé de ce contretemps, George Ferron décida alors de se rendre directement chez son oncle.

Il avait maintenant dépensé une vingtaine de minutes en téléphones infructueux et se les reprochait.

Il aurait été rendu en ce moment et son oncle avait tellement insisté au téléphone.

Quelle ne fut pas sa surprise en sortant de la cabine téléphonique de voir que la petite malle qu’il avait déposé à la porte n’était plus là.

Il ne s’agissait maintenant plus seulement de ses vêtements et de sa malle.

Elle contenait en effet autre chose de très grande importance.

C’était les plans d’une grosse maison appartement, qu’il avait apportés avec lui à Montréal, pour leur donner une dernière retouche, dans ses moments de loisirs.

Et il avait travaillé pendant plusieurs mois sur ces plans.

Il ne pouvait donc pas les perdre ainsi.

Aussi se mit-il en devoir de courir d’un bout à l’autre de la gare à la recherche de sa valise.

Après une quinzaine de minutes de va et vient, il aperçut un chasseur qui déposait une valise absolument semblable à la sienne dans un taxi, à la porte de la gare.

Il demanda poliment à qui appartenait cette malle et le passager du taxi avoua séance tenante qu’il y avait eu erreur, qu’il avait saisi cette malle à la porte de la cabine téléphonique et que, pressé, il n’avait pas remarqué l’erreur.

Une fois installé à son tour dans un autre taxi, George Ferron pensait à tous ces contretemps qui venaient de lui arriver et se demandait si c’était bien simplement des erreurs, ou s’il y avait autre chose là-dedans.

Son oncle avait eu une drôle de façon de lui parler et surtout d’insister pour le faire venir au plus tôt.

Quand il avait offert de prendre un avion cependant, le vieil oncle avait dit qu’il préférait qu’il s’en tint au train, car l’avion lui faisait peur.

Avait-il des raisons spéciales d’avoir peur de l’avion ou si c’était simplement la crainte ordinaire que certaines personnes éprouvent pour ce genre de locomotion ?

Occupé par ses réflexions, le jeune architecte découvrit soudain qu’il n’était pas du tout sur la route qui conduisait à la résidence de son oncle.

Il avait donné la bonne adresse cependant et le chauffeur avait eu l’air de comprendre.

Il le corrigea donc et constata avec dépit qu’il venait de perdre au moins une autre dizaine de minutes.

Qu’est-ce que cela voulait bien dire ? Pour le coup c’en était trop.

On avait voulu retarder son arrivée à la maison de son oncle.

Mais pourquoi ?

*

Pendant ce temps-là, le vieil Eugène Clavet s’impatientait rudement dans sa vieille résidence.

Il savait à quelle heure arrivait le train d’Halifax et ne comprenait plus maintenant que son neveu ne fut pas déjà dans la maison.

Il savait naturellement combien de temps on prend en taxi pour venir de la Gare Centrale et n’ignorait pas que George prendrait un taxi.

Pour tout personnel dans sa résidence, il avait un certain Joseph Grégoire qui était à son service depuis au-delà de quarante ans.

Le domestique était passablement voûté et ne marchait plus bien vite, mais peu importait à Monsieur Clavet, car il était tellement habitué à lui qu’il n’aurait pas pu s’en passer.

Il l’appela donc pour lui demander :

– L’Océan Limitée doit certainement être entré en Gare. Je ne comprends pas que George ne soit pas ici en ce moment ?

– Peut-être y a-t-il du retard ?

– Ce rapide n’a pas l’habitude d’être en retard, mais avec cette guerre qui désorganise tout, cela pourrait bien arriver en effet.

– Voulez-vous que je téléphone, monsieur ?

– C’est ça. Appelle la Gare.

Le fidèle serviteur s’exécuta aussitôt, mais il ne put que répondre à son maître :

– Le train est entré en gare à l’heure habituelle, monsieur.

– Alors, comment se fait-il que George ne soit pas encore arrivé ?

Le vieux serviteur resta là sans répondre.

On voyait cependant qu’une agitation inaccoutumée s’était emparé de son maître.

– Va à la porte d’avant et surveille la route pour voir si tu ne verrais pas venir un taxi.

– Immédiatement, monsieur.

Et le vieux serviteur, de son pas silencieux, auquel il s’était habitué depuis plusieurs années, surtout depuis la maladie de son maître, s’empressa de lui obéir.

Mais il déclara cependant d’en avant :

– Je ne vois rien venir, monsieur.

– Reste-la Joseph, et surveille la route. Tu introduiras George ici aussitôt qu’il se présentera.

Le vieillard se souleva sur ses jambes vacillantes et se dirigea lentement vers un vieux coffre-fort, non loin du fauteuil où il se trouvait.

Là il prit un coffret et le rapporta à son fauteuil.

À l’aide d’une petite clef qu’il sortit d’un tiroir du pupitre, il ouvrit le coffre et s’affaira dans les documents qu’il contenait.

Puis il prit une liasse de papiers blancs dans un tiroir et commença à écrire de son écriture assez régulière encore.

*

George Ferron descendit enfin de taxi.

Le vieux serviteur l’introduisit aussitôt dans la pièce où se trouvait l’oncle et se retira.

En entrant le jeune architecte fut frappé de voir que son oncle demeurait immobile.

Il pensa aussitôt que l’autre dormait et s’assit en face de lui.

C’est en l’observant ainsi qu’il remarqua soudain que ses yeux étaient restés ouverts.

Il lui mit la main sur l’épaule et le vieillard pencha aussitôt, mais sans faire le moindre mouvement de vie.

Il ne le pouvait pas en effet, car il était bel et bien mort.

Ainsi George Ferron était arrivé trop tard.

Mais pas de beaucoup, puisque Joseph l’avait vu en vie et lui avait parlé, quelques minutes auparavant.

Mettant en ligne de comptes les précieux moments qu’il avait perdus à téléphoner, à chercher sa malle et en taxi, il comprit immédiatement qu’on avait machiné ce retard afin de l’empêcher d’arriver plus tôt.

Qui avait bien pu faire cela ?

Pourtant Joseph était un vieux et fidèle serviteur, qui partageait la vie de son oncle depuis tellement longtemps.

Mais qui alors... ?

Un détail attira alors son attention.

Il prit aussitôt dans sa main la feuille de papier que Eugène Clavet avait commencé de recouvrir de son écriture.

On pouvait y lire, bien que l’idée du mort ne fut pas complétée :

« Je ne suis plus riche, George, car j’ai été volé par des amis, ils sont au nombre de cinq et m’ont roulé de la bonne façon. Pour les retrouver, tu... »

Mais il n’avait pu en écrire plus long et avait alors cessé de vivre.

Aucune trace de coup, ni de violence.

Machinalement, le jeune homme mit le document dans sa poche.

Il était écrit sur un papier tellement vieux et original que cela le surprit. Mais son oncle aussi était très vieux.

*

Les funérailles eurent lieu deux jours plus tard.

George Ferron n’avait pas encore parlé à qui que ce soit du document que son oncle avait rédigé avant de mourir.

Sur la tombe du mort il avait rencontré plusieurs personnes, des hommes naturellement.

Il se demandait si les cinq faux amis se trouvaient au nombre des gens qui le comblaient de sympathies.

Joseph devait savoir à quoi s’en tenir.

Aussi une fois de retour à la maison, il lui demanda :

– Tu devrais connaître passablement les amis de mon oncle, Joseph ?

– Tous, monsieur. Vous n’oubliez pas que je suis au service de votre oncle depuis au-delà de quarante ans.

– Je sais, Joseph. Aussi je veux te poser une question.

– Allez, monsieur.

– Tu étais au cimetière tout à l’heure. Tu as vu plusieurs personnes qui se prétendent les amis de mon oncle. Pourrais-tu me dire s’ils étaient au complet ?

– En effet, monsieur, ils y étaient tous. Je viens de repasser leurs noms dans ma tête et je suis certain que je ne me trompe pas. Aimeriez-vous que je vous fasse la nomenclature ?

– Merci, pas pour le moment, Joseph. Nous y reviendrons.

– Très bien, monsieur.

Quand le vieux serviteur fut parti, George Ferron jeta les yeux sur le pupitre devant lequel il était assis en parlant à Joseph.

Il avait déposé le coffret dans le coffre-fort, la veille, mais il y avait encore là les feuilles de papier à écrire, qu’il avait trouvées surannées. Mais maintenant une autre chose attira plus fortement son attention encore.

On aurait dit que le papier avait changé de couleur.

Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ?

C’était le même format de papier absolument, mais la couleur avait changée. De cela il était absolument certain.

Sortant le document écrit de sa poche, il constata que l’intérieur avait conservé sa couleur, plus fanée on aurait dit que les feuilles qu’il avait maintenant devant lui.

Probablement parce que la feuille avait été pliée et moins exposée à l’air.

Il se trouvait donc en présence d’un mystère très grave.

Son oncle n’était pas mort de causes naturelles, mais on l’avait bel et bien assassiner.

Comment ? Était-ce à l’aide de ce papier qui changeait ainsi de couleur ?

Il saurait bien s’en assurer.

Il était temps d’ailleurs qu’il commençât les démarches qu’il avait décidé d’entreprendre pour mettre à jour le complot qui avait ruiné son oncle et qui probablement l’avait fait mourir.

Il prit donc une feuille blanche et la mit dans sa poche.

*

Sa première visite fut pour un ami, un chimiste qui était maintenant professeur à Polytechnique.

Après les premières paroles de salutation, George Ferron demanda :

– Il faut que tu me rendes un service, mon vieux.

– Avec plaisir, George. De quoi s’agit-il ?

L’architecte sortit alors de sa poche la feuille blanche et déchira un morceau de celle sur laquelle son oncle avait écrit.

Il tendit les deux feuilles qui n’étaient plus semblables en lui demandant :

– Peux-tu me faire l’analyse de ces deux feuilles au plus vite ?

– Certainement. Si tu passes cet après-midi, je serai en mesure de te fournir les renseignements que tu me demandes.

– Très bien alors. Je reviendrai cet après-midi.

De là George Ferron s’en fut chez l’avocat de son oncle.

Il avait apporté avec lui le contenu du petit coffre et se proposait d’en parler avec Me Hébert.

L’avocat le reçut d’abord aimablement.

Il commença par offrir ses sympathies au jeune architecte, puis demanda :

– Je suppose que vous venez me voir au sujet des affaires de votre oncle ?

– C’est cela en effet.

– Je regrette de vous dire que votre oncle n’était pas aussi riche qu’il le paraissait. Au contraire, je crois savoir qu’il est mort passablement pauvre.

– Je constate en effet qu’il a fait de mauvais placements sur la fin de sa vie.

En disant cela, il déposa sur la table de l’avocat le paquet de titres et de billets, qu’il avait trouvés dans le coffret.

– Je suis au courant, répondit l’avocat. J’ai même ici une liste complète des valeurs et des billets de votre oncle.

– Pourquoi ne l’avez-vous pas avisé des pertes qu’il faisait ainsi ?

– Ce ne sont pas des pertes qu’il a faites, monsieur Ferron. Il avait distribué sa fortune aux pauvres avant de mourir et il ne voulait probablement pas qu’on sache qu’il avait agi ainsi. C’est pour cela qu’il a acheté des valeurs qui n’en sont que de face.

– Je ne comprends pas ce que voulez dire, monsieur.

– Les titres que votre oncle a laissés n’ont qu’une valeur nominale, mais en réalité on peut les acheter pratiquement pour rien. Je vous donne un exemple. Supposons que votre oncle se soit départi d’un demi-million à l’avantage de certaines œuvres de charité. Il a acheté pour quelques dollars des titres qui représentent un montant total égal à ce qu’il a donné. Ainsi on peut dire qu’il a encore des valeurs, mais elles ne valent rien.

– En définitive, vous prétendez qu’il a fait cela volontairement, qu’il ne s’est pas laissé imposer ces valeurs nulles ?

– Il m’avait parlé de ses grandes charités, sans me dire toutefois exactement la façon dont il se prenait pour garder l’anonymat. Mais j’ai compris quand il m’a fait l’inventaire de ses biens.

– Je vois maintenant où vous voulez en venir, mais je ne comprends cependant pas très bien la ligne de conduite de mon oncle.

L’avocat commençait à se renfrogner, aussi devint-il plus sec pour dire alors :

– Je ne comprends pas plus que vous, monsieur Ferron, et je regrette de vous dire que je ne puis vous donner plus de renseignements.

– Si vous ne pouvez pas me renseigner sur les placements de mon oncle, vous pourriez peut-être me dire pourquoi vous m’avez télégraphié de vous voir avant d’aller chez lui...

– Télégraphier ? Mais jamais de la vie !

– Vous ne m’avez pas envoyé un télégramme à bord de l’Océan Limitée, lorsque je m’en venais de Rimouski, il y a deux jours, pour me demander de communiquer avec vous ou avec le docteur Latour, dès que je mettrais le pied à Montréal ?

– Mais pas du tout ! D’ailleurs j’étais absent de Montréal, à ce moment-là et je sais que le docteur Latour se rend toujours à l’hôpital l’avant-midi et là c’est très difficile de l’atteindre.

– Je ne comprends plus rien à ce qui m’est arrivé alors.

– Avez-vous le télégramme sur vous ? J’aimerais le voir...

George Ferron commençait à avoir des doutes sur l’ami et avocat de son oncle. Aussi résolut-il de lui cacher la teneur du télégramme.

Il répondit donc :

– Je montrerai le télégramme quand il sera temps. Pour le moment, je vais faire enquête sur le meurtre de mon oncle et sur celui qui en est l’auteur.

– Mais votre oncle n’a pas été assassiné. Il est mort d’une attaque cardiaque...

– C’est ce qu’on dit, mais je sais le contraire...

– Vous avez de drôles d’idées, jeune homme...

George Ferron prit alors congé de Me Hébert et sortit pour se rendre chez le médecin de son oncle.

En chemin cependant il décida d’arrêter chez son ami, le chimiste.

Ne sachant s’il était encore à son laboratoire, il téléphona et le trouvant là, le pria de l’attendre.

– Tu peux avoir des nouvelles de ton papier, mon vieux ? demanda le chimiste en ouvrant à George Ferron.

– Oui. As-tu trouvé quelque chose ?

– Mais naturellement.

– Qu’y a-t-il alors ?

– Le petit morceau quelque peu teinté contient un poison qui, respiré en grande quantité pourrait donner la mort.

– Et l’autre morceau ? La feuille complète ?

– Il y a eu du poison dessus, mais il est maintenant parti. C’est pour cela d’ailleurs que la feuille a changé de couleur. C’est le poison qui fait la différence de teintes.

– Tu es bien certain qu’il s’agit là de poison, capable de tuer une personne ?

– Il n’est pas très fort. Il faudrait qu’un homme en très bonne santé en respire beaucoup et longtemps pour en mourir. Seulement je suis persuadé que si ces papiers ainsi empoisonnés, restaient pendant un certain temps dans une boîte, celui qui l’ouvrirait pourrait succomber s’il s’en approche trop près.

– Et pour un homme, un vieillard, qui souffrirait du cœur considérablement, ce serait dangereux, même en petite quantité.

– Oui, mon vieux.

– Comme ça je comprends...

– Que veux-tu dire là ? As-tu envie d’empoisonner quelqu’un ?

– Non. Il s’agit plutôt d’une personne qui a été empoisonnée au moyen de ces papiers.

– Tu vas avoir de la misère à prouver cela, car les traces du poison chez la personne qui l’a absorbé, si tel est le cas, seront très difficiles à trouver.

– Cela ne me fait rien. Je suis convaincu maintenant qu’il y a eu un meurtre et c’est cela que je voulais savoir.

– J’espère qu’il ne s’agit pas de quelqu’un qui te touche de trop près ?

– C’est mon oncle, mais ne sois pas inquiet, je vais le venger.

Les deux amis se séparèrent après quelques moments de conversation.

*

Le docteur Latour était à son bureau et reçut affablement le jeune neveu.

L’avocat Hébert lui avait téléphoné naturellement pour lui faire part de la visite qu’il avait reçue.

Il n’avait pas envoyé le télégramme, lui non plus, et ignorait tout de l’affaire.

Seulement, il ajouta que son oncle était mort d’une attaque cardiaque, qu’il redoutait d’ailleurs depuis longtemps.

Depuis plusieurs années en effet, le vieux Clavet souffrait du cœur, et sa maladie n’avait fait qu’empirer.

On s’était attendu à sa mort depuis longtemps et ce n’était réellement qu’un miracle, qu’il ait duré si longtemps.

En quittant le médecin, le jeune homme se demandait s’il s’agissait là d’un des cinq faux amis que son oncle avait voulu mentionner dans sa lettre inachevée.

Il lui faudrait pourtant mettre la chose au clair et il se demandait comment il y parviendrait.

Son oncle avait certainement plusieurs amis, mais lesquels étaient les faux ?

S’il voulait venger la mort du vieillard, il lui faudrait faire le choix difficile.

Comme il ne possédait pas assez de renseignements cependant pour agir immédiatement, il décida de se rendre subrepticement à la résidence du mort, afin de faire une autre perquisition dans ses papiers et de tâcher de faire le choix.

II



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