Societes et cultures urbaines (xi-xiiie siècle)








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SOCIETES ET CULTURES URBAINES (XI-XIIIe siècle)

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Venise :

La République de Venise est un État progressivement constitué au Moyen-âge autour de la cité de Venise, et qui s’est développé par l’annexion de territoires divers et de comptoirs commerciaux le long des côtes de la Mer Adriatique, en Méditerranée orientale et en Italie du nord jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes.
A- Le renouveau des villes

1) La croissance urbaine : l'essor urbain & les causes du développement de la ville

Entre XIe et XIIIe siècle, Venise a connu comme tout l’occident une croissance démographique rapide. Avant toute construction il fallait conquérir l’espace au détriment du marais, notamment du marais salant. Mais sur ces sols instables, à fleur d’eau, recouverts par les marées, il fallait planter des forêts de pieux profondément, tresser entre eux des palissades d’osier et de planches, avant de commencer à édifier les murs. Le site de Venise n’était pas propice à la création et à l’expansion d’activités maritimes. Venise, inventa donc des types de bateau marchands peu profonds et plus larges, aptes a naviguer dans les chenaux lagunaires, le port était partout, dispersé sur de multiples canaux et dans de nombreuses îles cela a été un facteur de l’essor de Venise.

L’essor de Venise s’appuya d’abord sur ses relations commerciales avec Constantinople. Les Vénitiens reçurent d’importants privilèges commerciaux, en récompense de l’aide navale qu’ils apportèrent à l’Empire byzantin contre les Normands. Le grand commerce dynamisait l'agglomération qui connut par conséquent une forte expansion démographique. Il fallait donc conquérir sur la lagune. Les Vénitiens apportèrent de la terre, ils asséchèrent le sol, enfoncèrent des milliers de pieux pour servir de fondations aux bâtiments. Les XII et XIIIème siècles voient le temps des croisades, dont Venise profite en monnayant ses services maritimes et en négociant des terres et avantages sur les conquêtes réalisées par les croisés.

Ce dynamisme économique, se traduit sur le plan politique, par une émancipation des villes, et sur le plan de la société par l'apparition d'une organisation qui lui est propre.

2) La puissance commerciale de la ville

Venise fut l’une des villes les plus développé grâce à ‘l’essor du commerce au Moyen-âge. A Venise, c'est la colleganza, qui contribue au développement du commerce: il s'agit d'une association entre plusieurs commerçants partenaires qui permet de partager les risques financiers. Cela favorise le développement des initiatives, et le renforcement des liens entre les familles de la même région.

Elle bénéficie de la mer comme des terres qu'il a fallu aménager. Venise est un relais ou bien une plaque tournante du commerce international. Venise est de ce fait indépendante. Son principal atout est sa position. La lagune la protège de ses ennemis et la rend difficile à atteindre. Sa situation entre l'orient et l'occident lui permet de servir de pont commercial entre ces deux régions, assurant la fortune de la ville.

En Orient, les Vénitiens achètent les produits des pays de Nord, les fourrures, les produits de la steppe russe, céréales et esclaves; les produits de l’Asie centrale et tropicale (Perse, Inde, Chine), épices, bijoux, pierres précieuses, soies et étoffes de lux ; les produits du monde byzantin et de l’Asie antérieure (Asie Mineure): fruits, alun, soieries, tous objets de luxe. Tous ces produits sont revendus en Italie et dans tout l’Occident, où les Vénitiens achètent les draps de laine et les toiles de Flandre et de France, les métaux d’Angleterre et d’Europe centrale, les bois de Dalmatie, les esclaves du monde slave, qu’ils revendent en Orient, à l’Égypte en particulier, qui manque de bois, de fer et d’hommes. C’est vers l’Orient que Venise a surtout développé ses établissements ; ils jalonnent les routes maritimes de l’Orient, vers les points d’aboutissement des caravanes et de la navigation asiatique.

En italien Repubblica Marinara, elle distança ses concurrentes en plusieurs étapes, la première étant la quatrième Croisade. En 1202-1204, les Croisés l’aidèrent à conquérir plusieurs étapes sur la route de l’Orient puis se lancèrent à l’assaut de Constantinople bien que ce n’était pas à l’origine le but de l’expédition. Elle reçut plusieurs territoires, notamment de nombreuses îles grecques et une partie de la ville de Constantinople. Ces positions lui assuraient le contrôle commercial de toute la Méditerranée orientale. Jusque là, reine de l’Adriatique, elle devenait un point de passage obligé entre l’Orient maritime et l’Occident continental. Venise n’est pas qu’une destination finale, c’est aussi un port de réexpédition ; ce qui fait son importance. A Venise, c'est la colleganza, qui contribue au développement du commerce: il s'agit d'une

Carte du commerce à Venise

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B- Les activités urbaines

  1. L’émancipation des villes : ville & pouvoir personnel

Le système de gouvernement de cet État, relativement original pour l’époque, était la République. Mais une république oligarchique, comme Florence, les villes libres d’Empire, les Provinces-Unies, et la Confédération Helvétique. Venise, s'émancipe de la tutelle de l'empire byzantin et devient une république aristocratique. Le pouvoir y appartient au Doge et au Grand Conseil. C'est la noblesse urbaine qui détient le pouvoir municipal, et qui est présente au Grand Conseil. Le régime politique est donc une oligarchie. Les Vénitiens ont élaboré au cours des siècles une organisation institutionnelle originale et très complexe visant, d’une part à concentrer les pouvoirs entre un nombre restreint de familles patriciennes d’ancienne origine, d’autre part à éviter toute évolution vers un système de type monarchique.


Le palais de Doge

Le Doge de Venise
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Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, Venise, avec environ 100 000 habitants, figurait avec Paris, Pise, Milan, Florence, Gênes et Gand parmi les plus grandes villes d'Europe occidentale. Elle se trouvait à la tête d'un État, certes de petite taille mais indépendant : la République de Venise.

Autant que possible, Venise reste neutre dans les conflits opposant ses voisins, mais lutte sur mer contre les pirates et installe des comptoirs commerciaux en méditerranée.

Venise sait aussi s'imposer d'un point de vue diplomatique. En 1177, elle fait office de médiateur entre le Pape Alexandre III et l'empereur germanique Frédéric Ier Barberousse, en guerre depuis des années. La réconciliation est scellée à Venise, événement majeur de la vie diplomatique Vénitienne qui lui permet de s'imposer sur la scène internationale. C'est aussi pendant ces siècles que le système politique de Venise prend sa forme quasi définitive, qui perdurera jusqu'à la chute de la République.

Ce sont ces principes et le système mis en place qui permettront à Venise de garder une telle stabilité politique au fil des siècles. L'autre point important de la vie politique est que l'église n'est pas partie prenante du pouvoir Vénitien au contraire des autres pays européens. Nous avons ici déjà une véritable séparation de l'église et de l'état.

2. Les métiers : la diversité et l’organisation des métiers

Au XI-XIIIe siècle les habitants de Venise vivent de commerce et d’artisanat.

Les activités artisanales étaient séparées en de nombreux métiers différents. A cette époque les métiers étaient organisés sous la forme de guilde. La commune à cette époque dominée par les nobles, avait réussi à morceler l’organisation du travail pour éviter qu’il y ait des métiers trop puissants. Par exemple, il existait pour le métier de fabriquant de chaussures les métiers de tailleur de semelle, savetier, bottier et chausseur de chaussures. Cela permettait a l’état d’intervenir comme arbitre des conflits et d’empêcher les regroupement de travailleurs trop nombreux.

Les «arts» et artisans, soumis au contrôle de l'État, virent leurs statut puis révise par les «justiciers», qui fixaient les dispositions règlementaires et les sanctions pour qui contrevenaient.

L'étroite soumission à l'État se marquait de diverses manières, versement d'une redevance du métier au doge. Les charpentiers étaient les plus sollicités pour accomplir ces « services de la commune », tant la construction navale était considérée comme une priorité pour la survie de Venise.

Venise étant une ville où le commerce maritime dominait, des entrepôts pour stocker les marchandises et un chantier naval pour fabriquer des navires ont été construit.

3) Une politique commerciale

La politique de Venise était commerciale. Lorsqu’elle fit renouveler le traité par l’empereur Henri IV en 1095, celui-ci consentit une clause qui se révéla décisive pour les destinées de son commerce : « Les hommes de ce duché auront licence de voyager par terre ou par fleuves dans tout notre royaume (Italie), les nôtres auront semblable licence et par mer jusqu'à vous mais pas plus loin ». Cette clause réservait aux seuls marchands vénitiens le droit de pratiquer le commerce maritime, puisque les marchands italiens et allemands sujets de l’empereur, une fois arrivés a la mer, c’est à dire a Venise, étaient obligé de céder leur marchandises à des marchands vénitiens qui eux seuls avaient le droit de les embarquer sur leurs navires. Venise était le seul port autorisé à faire du commerce maritime, les marchands venus par l’Empire ne pouvant atteindre la mer par un autre port, Ravenne, Ancône ou Trieste. Le traité fondait juridiquement, en droit international, le monopole du commerce Vénitien en Adriatique qui devenait pour des siècle le « golfe de Venise ». De même seul des marchands vénitiens pouvaient introduire dans la ville des produits importés pas la mer. Là ils pouvaient les confier à d’autres Vénitiens ou les vendre a des marchands étrangers qui les empotaient dans leur pays. Le monopole instituait un double privilège d’étape et d’entrepôt. Pour mieux surveiller les transactions et prélever les taxes, la Commune construisit au pied du pont de Rialto, dans ce qui devenait le quartier des affaires, une auberge-entrepôt abritant obligatoirement les marchands accourus d’Allemagne. Par exemple le fondacco dei Tedeschi.


« «Le fondacco dei Tedeschi », auberge-entrepôt des marchands Allemands à Venise



C- Les sociétés urbaines

  1. Les inégalités sociales: les élites urbaines & le peuple

Dans de nombreuses villes, la domination seigneuriale est jugée trop pénalisante pour les activités économiques par les citadins. Ceux-ci s’organisent pour former une communauté (appelée «commune » ou « consulat ») qui cherchent à gérer la ville et obtenir des privilèges («libertés»). Ces conflits débouchent au XIIe siècle sur l’obtention de chartes de franchises, documents écrits par lesquels les autorités supérieures reconnaissent c'est le cas de Venise.

Il y a eu suite à cela :

- des droits particuliers aux villes (plus grande liberté de circulation, de commerce, …)

- des institutions communales, dirigées par des magistrats (échevins dans l’Europe du Nord, consuls dans l’Europe du Sud) qui exercent la justice.

Dans ce domaine, la ville a joué deux rôles très importants. Le premier, c'est qu'elle a permis l'apparition d'une nouvelle catégorie sociale, celle qui a bénéficié des franchises et des libertés urbaines, la bourgeoisie. On peut dire, par conséquent, que les villes ont été le foyer de la démocratie. C'est un point essentiel.


  1. Culture & identité urbaine

Commencées par les cités maritimes vassales de l'Empire byzantin, elles s'étendirent beaucoup au moment des croisades; les cités marchandes prirent un grand essor; la formation d'une classe commerciale et industrielle considérable, classe intelligente et pacifique, eut une grande influence sur les progrès ultérieurs de la civilisation.

L’architecture des habitations aussi était marquée par le commerce. Au second étage il y avait les logements des marchants, au premier étage se trouvait les bureaux et c’est là ou les marchands accueillaient leurs clients et enfin au rez-de chaussée étaient entreposées les marchandises.

Le terme «bourgeois» désigne à l’origine les citadins ainsi reconnus. Ainsi, une identité urbaine s’exprime dans chaque ville, à travers des supports matériels: le sceau, le palais communal, le beffroi, la cathédrale; ou par des pratiques festives: fêtes en l’honneur du saint patron de la ville

Dans la période finale du Moyen Âge les confréries religieuses du centre et du nord d’Italie ont eu un développement rapide. On assiste à la formation de confréries à partir de la deuxième moitié du XIIIe siècle ; à Venise les confréries sont appelées des  « Scuola », c’est un phénomène typiquement vénitien. Les Scuoles tenaient un rôle important pour la cohésion sociale de Venise par la confraternité qui unissait leurs membres entre eux, mais aussi par la solidarité et la charité envers les plus faibles et les plus démunis. Elles sont à l'origine de la construction d'hospices et d'hôpitaux. La République aristocratique de Venise trouvait sa parfaite illustration au sein des Scuoles qui assuraient les droits et le bien être de chacun en lui demandant de se soumettre à des règles de conduite très précises. Les Scuoles ont un Statut mi-religieux, mi-laïc. Les Scuoles étaient toujours à proximité d'une église ou d'un monastère, ou y étaient même rattachées. Leur but était le soutient matériel et spirituel de leurs bénéficiaires et la pratique des vertus chrétiennes. Mais les ecclésiastiques ne pouvaient exercer aucun contrôle sur leur administration. 
Elles rassemblaient surtout des artisans, des marchands et des bourgeois dont elles défendaient les intérêts. L'exercice des divers métiers et le nombre de ceux qui les exerçaient était contrôlé et règlementé par les Scuoles.

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Venise, une ville tournée vers la mer


LEXIQUE :

-Banlieue : territoire sur lequel la ville exerce son autorité. Il s’étend sur une lieue, soit 4 à 5km.

-Bastide : Villes nouvelles fondées par centaines au Moyen-âge, dans le sud-ouest de la France.

-Bourgeois : A l’origine, mot désignant les habitants d’un « bourg » ou d’une ville,  désigne par la suite l’habitant d’une cité bénéficiant des privilèges, puis dans un sens restrictif d’un membre de l’élite urbaine.

-Charte de franchise : texte accordé par un seigneur à une communauté d’habitants leur donnant des droits politiques ou économiques qui leur permettent de s’émanciper en partie de la tutelle seigneuriale.

-Commune : ville ayant obtenu le droit de s’administrer elle-même.

- Confrérie : association destiné à renforcer le sentiment religieux de ses membres et à créer une solidarité pour l’organisation de fêtes, processions, repas en commun.

-Doge : Magistrat des anciennes Républiques de Venise et Gênes élu au Moyen-Âge

-Echevin : Au Moyen Âge, magistrat élu par les bourgeois ou l'ensemble des habitants, pour s'occuper des affaires communales. 

-Foire : marché se tenant durant une date fixe ( une fête religieuse) et durent de quelques jours à plusieurs semaines.

-Franchise : Privilège, immunité qui limitait l'autorité souveraine au profit de certaines personnes ou collectivités.

-Guilde : Une guilde désignait au Moyen Âge, une association ou coopération de personnes pratiquant une activité commune, généralement des marchands, qui, s'étant dotés de règles et de privilèges spécifiques, demandaient protection aux autorités d'une ville ou d'un État.

-Lette de change : ce moyen permet de payer une dette à distance, en passant par l’intermédiaire de deux banquiers qui correspondent entre. (C’est donc l’ancêtre du chèque)

SITOGRAPHIE :


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