Le Château de Saint-Michel








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titreLe Château de Saint-Michel
date de publication08.07.2017
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Le Château de Saint-Michel
Plusieurs numéros de ce Bulletin municipal de Marnoz comportent des articles concernant le château de Saint-Michel. J’ai essayé pour ma part de reconstituer son histoire en m’intéressant plus particulièrement à ses propriétaires successifs.
L’histoire du château de Saint Michel telle qu’on peut la suivre à partir des documents en notre possession commence avec Guillaume VI de Gilley, écuyer, qui est en 1505 seigneur

d

’Aiglepierre, de Marnoz et d’Andelot. L’aîné de ses fils, Nicolas, hérite du château de Saint Michel le Haut et le cadet, François, du château Pillot. Nicolas fait une brillante carrière : en 1530, il est échanson de l’archiduchesse Marguerite d’Autriche, en 1538 il devient baron de Marnoz et Franquemont. Charles Quint le nomme ambassadeur en Suisse puis en Savoie. Après l’abdication de Charles Quint, il se retire dans son château et s’y adonne à la littérature latine et à la poésie. Il mourut le 27 août 1563 à Tarragone. Le dernier baron de Marnoz fut son arrière-petit-fils, Jean-Baptiste de Gilley.

Rousset dans son Dictionnaire géographique, historique et statistique, des communes de Franche-Comté, t. 3, 1854, art.Marnoz.), donne une description du château tel qu’il se présentait lorsque la famille de Gilley en a fait l’acquisition. Il s’agissait plutôt d’une maison forte entourée de fossés. Avec Jean–Baptiste, s’éteint la descendance de Nicolas par les hommes. Le château est vendu aux Gay, des magistrats de Poligny qui se font appeler Gay de Marnoz. Pierre François Gay acquiert en 1682, pour 43 800 francs la partie de la seigneurie de Marnoz, dite Saint Michel le Haut et reprit la totalité en 1684 (fig.1). Ce titre lui donnait droit de rendre la justice « haute, moyenne et basse » (1). 

Son fils aîné pour lequel il avait obtenu le titre d’écuyer, Pierre François Xavier, était juge des sauneries et maître particulier des Eaux et Forêts de Salins. Il eut 10 enfants. Parmi eux, Claude Ignace, coseigneur de Marnoz, eut maille à partir avec les paroissiens et le curé car « il avait souffleté une fille en plein salut du saint Sacrement » (G. Coindre, Le vieux Salins, p.377). De plus il occupait un banc seigneurial qui lui était contesté car son titre de noblesse

lui avait été retiré après la Révolution. Il meurt à Saint Michel le 29 août 1797 sans laisser de descendance.



  1. « La seigneurie de Marnoz comprenait les droits de haute, moyenne et basse justice, c’est-à-dire que le seigneur connaissait de toutes les causes civiles et criminelles et jouait aussi à l’égard de ses sujets le rôle actuellement réservé au juge de paix. A cause de la haute justice, il fallait une potence. Elle était dressée « aux fourches » mais on n’y pendit jamais personne. » (Pidoux de la Maduère, A travers la campagne salinoise, Marnoz Pays Comtois, 1933-1934, p. 22).


Le château fut ensuite la propriété de la famille de Miserey. En effet, Pierre François Xavier Gay avait une sœur, Claudine, qui épousa Antoine Girod de Miserey en 1796 lequel se remaria après le décès de Claudine. Du second lit, il eut 5 enfants parmi lesquels Charles Gabriel Eleonor qui vivait au château de St Michel et qui est mort là le 18 février 1830 à l’âge de 74 ans.
Dès cette époque le château de St Michel a eu pour vocation d’accueillir des enfants. Le nouveau propriétaire, M. Pernet, y crée un pensionnat de jeunes filles où l’on apprenait le latin. Ce M. Pernet est présenté dans l’Annuaire du département du Jura pour l’année 1840 comme « ancien principal de collège et membre de plusieurs sociétés savantes ». Dans cet ouvrage, il rapporte les circonstances de la découverte des défenses de mammouth mises à jour par des vignerons de Saint Michel dans les marnes irisées. « Tous ces objets ont été déposés chez moi au château de Saint Michel et font partie d’un cabinet que je forme pour l’instruction de mes élèves ». Selon J. Tripard (« Notices sur la ville et les communes du canton de Salins ,1881») M. Pernet a remis au musée de Lons le Saunier ces fameuses défenses de mammouths. Il a aussi publié un article dans le « Journal de l’Institut Historique » de 1836 sur le « Tilleul gigantesque d’Ivory » dans lequel il fait état des dimensions extraordinaires de l’arbre.

C’est ensuite la famille Poys qui devient propriétaire. François-Emmanuel Poys, viticulteur, originaire de Salins, meurt à Saint Michel en 1872 en laissant comme héritiers deux garçons, Aimé et Pierre-François dit Théodore, restés célibataires. Ce dernier a une liaison avec Jeanne-Antoine Coulon qui lui donne deux filles, Céline et Louise-Caroline. A son décès, en 1890 (sa tombe est visible au cimetière), ce sont les deux filles qui héritent de sa part. La part d’Aimé (qui fut maire de Marnoz) a été acquise par Victor Lallemand et Jean Auguste Roche en indivision. Finalement c’est Gustave Bariod, directeur des Thermes de Salins, et son épouse Marguerite Berger q

ui en font l’acquisition en 1896. Le couple divorce en 1897, Madame Bariod reste propriétaire du château de Saint Michel. Elle épouse en 1898 un journaliste, Narcisse Faucon. En 1902, la propriété passe au nom de N. Faucon.

Le cadastre napoléonien d’une part et les photographies de l’époque (photo) permettent de se rendre compte de l’importance de cette demeure.
De nouvelles investigations sont nécessaires pour savoir ce qui s’est passé durant la guerre de 14-18. En revanche, en consultant les matrices cadastrales (voir ci-dessous), on comprend que de 1919 à 1924, le château de Saint Michel est devenu propriété du Comité

National d’Assistance aux anciens militaires tuberculeux. En effet, en 1919, la « loi

Honnorat » fait obligation à chaque département d’édifier un sanatorium public ou de passer des accords avec un autre département pour accueillir les soldats malades. Les époux Faucon redeviennent propriétaires en titre en 1924. Le 25 avril de la même année un incendie ravage l’aile Est du bâtiment. L’hebdomadaire Le Salinois du 27 avril 1924 indique que le sinistre s’est déclaré dans une remise du château et que « le feu n’a pas tardé à envahir l’aile tout entière du bâtiment ». Les pertes matérielles ont été importantes, une faible partie du mobilier ayant pu être sauvée. Un pompier, Henri Godin, victime de son dévouement a fait une chute de 7 à 8 m ».

Dans les années 1926 -1928, il était beaucoup question de l’alimentation en eau du hameau de Saint Michel aux réunions du Conseil municipal et Mme Faucon, dans sa grande générosité, était disposée à « concéder sur l’eau de sa source une quantité suffisante pour alimenter une borne-fontaine ». Dans les actes notariés, les règles à respecter pour assurer la protection de cette source « qui se trouve dans la vigne lieu-dit ‘les grandes vignes ’ sont précisées. Devenue veuve, Mme Faucon vend la propriété en octobre 1934 à la société anonyme Saint Augustin qui est la structure administrative d’une congrégation de religieuses, la congrégation Notre Dame. En consultant les archives de la congrégation, on connaît les raisons pour lesquelles les religieuses ont fait ce choix. Elles cherchaient « un cadre de repos pour les enfants fatiguées auxquelles s’impose un changement d’air, un travail au ralenti ».

L’acte de vente précise que le château comporte deux corps de bâtiments contigus dont un incendié. Il fallait reconstruire. C’est un architecte de Reims, Robert Jactat, qui a dressé les plans du bâtiment tel qu’il est connu aujourd’hui et qu’on peut consulter aux Archives départementales de Reims . Il avait travaillé déjà pour la Congrégation en d’autres lieux (Verneuil/ Seine, Dalat au Vietnam). Le bâtiment est prêt à accueillir les enfants en 1936. Les communs (garage, buanderie, repassage) ont été construits entre 1937 et 1938. La maison du jardinier existait déjà.

En 1940, arrive la guerre. Les religieuses quittent les lieux. Elles y sont remplacées par les soldats allemands qui, aux dires des témoins de l’époque, ne causent pas de dégradations notoires, pas autant que les résistants français à l’automne 1944 ! Une pièce de la partie ouest du bâtiment avait été aménagée en prison, prison qui a accueilli temporairement des personnes de Marnoz et des environs.

A partir de 1946, la remise en état des lieux débute. C’est André Boucton, un architecte de Besançon, qui coordonne les travaux réalisés par les artisans de Marnoz et de Salins. Les religieuses sont de retour en 1948, l’établissement prenant le nom de « Maison d’enfants à caractère sanitaire agréée par la Sécurité Sociale ». Dans les années 1960, un bâtiment nouveau conçu par A. Boucton est construit en bordure du chemin conduisant à l’église.

Dès son arrivée à Saint Michel, la supérieure, Mère Marie Christophe, engage les sœurs de sa communauté dans des actions diverses au profit des jeunes du village de 5 à 25 ans : catéchisme, formation des jeunes filles aux tâches ménagères, secourisme, couture mais aussi chant choral et théâtre. Une salle d’œuvre leur était dédiée en sous-sol. La population de jeunes s’amenuisant, ces activités s’arrêteront en 1967.

A partir de 1967, la « maison d’enfants » fait place à un Institut Médico-Pédagogique qui prendra ultérieurement le nom d’Association Saint Michel le Haut. En 1997, M. et Mme Cuny deviennent propriétaires des lieux. Le château conserve l’aspect extérieur qui lui a été donné lors de sa restauration après l’incendie. Seuls des aménagements ont été apportés à l’intérieur. La construction de 1960 a été démolie et les communs transformés en logement.
L’historique du château de Saint Michel tel qu’il vient d’être présenté mérite d’être peaufiné pour être complet. Néanmoins, il permet déjà de se faire une idée des fonctions qu’il a remplies au cours des âges et qui peuvent se résumer ainsi: ouvrage à caractère défensif à l’origine, il devient une demeure bourgeoise au XVIIème et XVIII ème siècle pour prendre une orientation médico-pédagogique à partir du XIXème siècle.
Bernard Millet





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