Essai sur l'histoire de l'église








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Essai sur l'histoire de l'église.
Les fragments d’histoire que nous retrouvons dans les archives, ne nous permettent pas (pour le moment) de remonter au-delà de 1690 en ce qui concerne l’église et le presbytère.

Toutefois, quelques historiens nous donnent des indications pour les siècles précédents.

Ainsi, l’abbé Giry (Hérault biterrois... son passé. Lacour Rediviva) :


  1. Saint Martin : église castrale d’Autignac

  2. Le cimetière communal, à 1 km au sud d’Autignac, se superpose à une villa romaine, qui se situe à l’ouest et au sud et occupe ¾ d’hectare. On y découvre, après les labours, les vestiges habituels : « tégulae », « dolia », Gaufresenque, briquettes de sol, pavé de schiste, wisigothique.

  3. A cet habitat romain, se superpose, comme il est souvent de règle, une église qui prit le nom de Notre-Dame de Belloc (du beau lieu), et fut paroissiale. Citée en 1140, on prétend que les habitants ont fui les lieux en 1307, lors d’une épidémie de peste noire.

  4. Saint Martin : église castrale d’Autignac

  5. L’église paroissiale actuelle, du XIXe siècle, a un double titulaire en l’Assomption et Saint Martin.

  6. Il y avait dans le clocher, une cloche datée de 1597, avec l’inscription latine que voici traduite :

« Jésus, Marie, que ton nom soit béni. Ma voix chasse les démons par monts et vallées. ». Mais sa voix retentit actuellement, depuis 1954, sur le clocher de Saint-Paulet-de-Caïssan, dans le Gard.
Le chanoine Segondy (Le diocèse de Béziers, ses archidiaconés, ses paroisses P 348 Notre-Dame et St Martin d’Autignac), lui aussi évoque l’église

  1. L’ancien diocèse de Béziers comptait 2 paroisses du nom d’Autignac (Altiniacum). Elles ont été maintes fois confondues, en raison du vocable de leurs églises. L’une et l’autre dédiées à Notre-Dame, l’une et l’autre sont mentionnées au XII° siècle.

  2. Trois caractères permettent de distinguer Autignac, au canton et doyenné de Murviel depuis 1801, de Notre-Dame d’Autignac ou Autignaguet de la commune de Roqueredonde, dans le canton et le doyenné de Lunas.

  3. Au point de vue féodal, Autignac était un castrum, bourg fortifié avec château et famille seigneuriale, toutes choses inconnues à Antignaguet.

  4. La paroisse était administrée par un recteur que nommait l’évêque de Béziers et non comme pour Autignaguet, par un prieur nommé par l’abbé de Joncels.

  5. Son église, durant tout le moyen-âge, n’est jamais appelée Sainte-Marie-d’Autignac, mais Sainte-Marie de Beaulieu, dans les bulles de 1153, 1173 et 1216 : Sancta Maria de Bello Loco.

  6. En 1323, son recteur est nommé : recteur de Bello loco.

  7. Allons à Autignac, au lieu dit Belloc : si l’église n’est plus là, carrefour, chemins et cimetière indiqués dans un acte notarié du 10 février 1602 sont toujours là, centre primitif de la paroisse Saint-Martin-d’Autignac, église du castrum et village actuel.


Mr Barthez (Histoire de St Genies) nous parle de Belloc

  1. En 1146, Béranger est prieur de Ste Marie de Belloc. (p224)

  2. En 1152, Pierre de St Genies donne à l’une de ses filles ce qu’il possède à Autignac… Il institue pour exécuteurs testamentaires… Pierre d’Autignac. Les témoins sont … Séguier chapelain de Belloc… Raymond d’Autignac… Guillaume d’Autignac, Pierre d’Autignac, Béranger d’Autignac… (p 230-231)

  3. En 1206, par testament, Pierre de St Genies lègue 20 sous melgoriens à Ste Marie de Belloc. (p 229)


Enfin, nous trouvons deux mentions de Sainte Marie de Belloc (Cartulaire de Béziers Rouquette p 240 et 243)

  1. Le 27 avril 1153, le pape Eugène III (probablement à Rome, peu avant sa mort en juillet 1153) confirme les possessions de l’évêque de Béziers … Sanctae Mariae de Belloloco, de Rédes, de Capimont…

  2. Le 17 novembre 1216, c’est le pape Honorius III qui confirme à l’évêque de Béziers ses possessions … et Sancti Salvatoris de Podio de Lodozano, Sanctae Mariae de Bello loco, de Rédes, de Caprimont…


Il semble (mais je n’ai pas la source) qu’une confirmation ait été faite le 3 février 1178. Alexandre III reconnait les biens, droits et possessions de l'évêque de Béziers, Bernard IV: "...Sanctae Mariae de Bello Loco… ».
Plusieurs siècles passeront avant une nouvelle mention qui, si elle concerne le village lui-même, doit avoir des conséquences sur l'église : au cours des guerres de religion, le parti protestant avec Claude de Faugères à sa tête, s’empare de Pouzolles, Margon, Autignac, Roujan. (Histoire de Béziers p 174)
Notre histoire (fondée sur la lecture de documents d'archives) sur la colline commence donc en 1690. La communauté reçoit la visite de Guilhaume Carbonnier bachelier es droits, prieur du lieu de Boujan, commissaire député par Monseigneur l’évêque et seigneur de Béziers. Il faut comprendre Monseigneur Jean Armand de Rotondy de Biscarras. (Document et suivant :« Visites pastorales » aux archives municipales de la ville de Béziers). Cette visite se situe dans l'enchainement : Saint-Nazaire (23 novembre 1690), Causses (24 novembre 1690), Murviel (24 novembre 1690), Saint-Genies (24 novembre 1690), Autignac (25 novembre 1690), La Liquière et Cabrerolles (25 novembre 1690), Caussiniojouls (25 novembre 1690), Laurens (26 novembre 1690) :

« Nous dit commissaire nous serions rendu ce jourd’hui en ce lieu d’Autignac où estant Maitre Laur(a)ens Espirt (ou Espic) prieur assisté de Maître Pierre (Pellent) son secondaire nous auraient accompagné à l’église où estant nous auraient exhibé les ornements où

  • nous aurions trouvé l’autel en fort bon état

  • y ayant un tableau neuf de l’assomption de la Sainte Vierge

  • et d’un côté un tableau de Saint Laurans et d’autre de Saint Martin

  • un très beau tabernacle

  • ( ) ( ) six chandeliers et crucifix de laiton

  • une belle image de la Sainte Vierge en (étoffe ? ) dorée

  • trois nappes d’autel

  • une pierre sacrée de marbre

  • un devant d’autel de fustaine

  • un beau calice doré au dedans

  • une (patène)

  • un ciboire

  • un soleil sans pied

  • une chasuble

  • un devant d’autel et ( plural ? ) de brocard blanc vert rouge et violet sont neufs

  • deux chasubles rouges, une de damas et l’autre de (moire)

  • deux blanches une de ( ) et l’autre de camelot et (plurial ? ) et devant d’autel un ( ) couleur d’or,

  • deux violettes

  • une de damasquin et l’autre en ( ) de (camelot) ( ),

  • une (veste) de damasquin à fleurs blanches

  • une noire, ( ) de soie

  • ( ) ( ) et devant d’autel de ( ) blanc vert et rouge

  • un devant d’autel violet et un autre violet ( ) ( ) ( ) la doublure ( ) ( ) s’est pour les morts de camelot ( ) de figures d’ossement de morts

  • cinq ( ) deux nappes ( ) qui sont sur l’autel un encensoir et navette ( ) de laiton, une croix processionnelle de laiton et ( ) lampe ( ) les fonds baptismaux sont sans ( )

Il n’y a pas de fabrique ni ( ) ni fondations qu’un obit le jour de Saint François pour lequel on paye dix sols

Il y a une chapelle du Saint Sacrement sans fonda(tion) ( ) ni sans ce dont l’autel est orné.

Il y a une autre chapelle appelée des onze milles vierges possédée par Maitre Hugues (Cler) du diocèse d’Agde qui demeure chez Mr l’abbé de St Thibéry ( )

Il n’y a qu’un tableau qui représente l’Annonciation et une simple nappe sans chandelier ni devant l’autel ni marchepied il y a une messe tous les mercredi de chaque semaine et ( ) onze messes basses en lieu (ou au lieu) d’un obit qu’on devait chanter le jour de ( ) ( ) par onze prétres ( ) ( ) ainsi qu’on nous a dit aux dites onze messes basses par monseigneur elle porte de (revenu) quitte de taille et de service ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) (et pierre blanc)

Signé Carbonnier ( ) , Espy prieur d’Autiniac, Pellenq ( ) ( ) et Pierre Blanc »
Ou bien l’édifice a subi quelque catastrophe, ou bien Carbonnier n’a pas tout vu. En effet, 15 ans plus tard (vers 1705-1709), un document laisse à penser que l’église a été rebâtie : « … ayant entrepris de remonter et de rebâtir l’église paroissiale du lieu d’Autignac qui est tout tombée et entièrement couroulée (écroulée ?) ». Ce texte est suivi d’un récapitulatif des sommes payés pour les travaux et fournitures (journée de mule, planches, sable, chaux, pierre de Belloc…).

Prenons un moment pour assister au remplacement des consuls (1er consul = maire, 2eme consul = adjoint). A Autignac, ils sont "élus" le 17 janvier, jour de la St Antoine. Le lendemain, 18 janvier, le bailly, les nouveaux consuls et les anciens sont en l’église paroissiale et le bailly les installe dans les bancs et places (un banc est réservé aux autorités consulaires). Mais ce n'est pas toujours aussi calme, ainsi, en 1732 ("Le 22 mai 1732, jour et fête de l’Ascension") où il y a un conflit de préséance en l’église entre Louis de GALLON avocat en parlement, bailli et magistrat royal du lieu d’Autignac et Jacques CURE 1er consul pour l’année 1732, Barthelemy CAVALLIES 2eme consul pour l’année 1732 et Antoine BARRAL 1er consul de l’année 1731.

Notons deux allusions qui pour le moment nous posent questions :

  • En 1732 : " Reçu… que la communauté a accoutumé de bailler à la chapelle Ste Croix.. ".

En 1752 : " Plus une livre dix sols payés au sieur Cassan curé de Magalas pour une messe à la chapelle Ste Croix terroir de Magalas pour un vœu fait par la communauté d’Autignac depuis plus de 80 ans "

  • " Reçu de la veuve du sieur Anthoine FOULHIE, la somme 19 sols 8 deniers pour l’acomodage des deux fontaines dudit lieu et comme aussy le pied de la croix de la place… A Autignac le 5 avril 1733

" J’ai reçu du sieur Jean Jacques CURE, l’année dernière, la somme de 6 livres pour faire raccommoder les deux fontaines dudit lieu et pour rafonder la croix de la place… » en 1733.

Nous n'avons aucun indice sur le vœu fait depuis plus de 80 ans, n
Nouvelle visite pastorale en la personne de « Joseph Bruno de Bausset de Roquefort, par la grâce de Dieu et l’autorité du Saint Siège apostolique, évêque et seigneur de Béziers et (c.), à tous ceux qui les présentes verront, savoir faisons que faisant la visite générale de notre diocèse et procédant en particulier à celle d’Autignac, le jourd’hui 25 septembre 1748, avons mandé par notre ordonnance portant mention de la dite visite particulière dûment signifiée, ouïr maître Cure, prieur curé qui s’est présenté à nous, revêtu du surplis de la ( ) ayant l’étole sur le bras gauche, les consuls et les principaux paroissiens, ensemble (notre) (promoteur) sur les besoins généraux et particuliers de la dite paroisse ;

vu le procès verbal sur ce fait et les actes qu’on a voulu produire devers nous, après avoir invoqué le Saint Esprit et pris avis de Mr de Cambacéréz, notre vicaire général, qui nous accompagnait, nous avons ordonné et ordonnons qu’aux dépends de qui de droit,

  • il sera mis une pierre neuve au seuil de la porte de l’église,

  • la chaire et les degrés réparés,

  • le pavé de l’église uni (ou aussi),

  • le sanctuaire agrandi jusqu’à l’arceau où l’on placera un balustre neuf,

  • la marche qui est dans le sanctuaire sera reculée jusqu’au balustre avec une seconde marche à l’entrée du sanctuaire, et le banc des consuls reculé,

  • un bois troué ou passera la corde de la petite cloche, et placé au trou de la voûte,

  • un devant d’autel de marbre,

  • la pierre sacrée avancée à un pouce de distance du cadre de l’autel,

  • six grands chandeliers de laiton et une grande croix,

  • un tapis pour couvrir la table de la sacristie,

  • une fontaine d’étain avec sa cuvette,

  • une (carte) de préparation et d’action de grâce pour la messe,

  • un rouleau pour ( ) main,

  • une vitre dans la sacristie,

  • une porte neuve à l’endroit où l’on tient le calice,

  • le tabernacle sera garni d’une étoffe de soie en dedans,

  • l’ornement noir de (camelot) interdit,

  • un ornement neuf de (camelot) blanc et violet,

  • la chasuble de toute couleur en soie sera raccommodée,

  • une chape neuve de toute couleur en soie,

  • une (escharpe) le (croissant) du soleil doré,

  • une représentation pour l’absoute des morts,

  • le graduel relié,

  • un confessionnal neuf avec une porte qui ferme à clef et l’autre réparée de même,

  • les pierres sacrées de la chapelle des onze milles vierges et de celle de Saint Roch avancées à la distance d’un pouce du cadre,

  • un cimetière neuf entouré de murailles, une grande croix au milieu, une place pour les enfants morts nés sans baptême et fermé à clef sera placé auprès du village, l’ancien interdit dans un an à cause de son éloignement du dit lieu, une bière commune pour les pauvres,

  • nous ordonnons que les marguilliers rendront chaque année leur compte devant Mr le prieur et autres personnes en droit de les ouïr,

  • toutes lesquelles réparations de la dite église et autres choses par nous ci-dessus ordonnées seront faites par qui de droit en ce qui les concerne dans le délai d’une année, à compter du jour de l’intimation et publication des présentes,

  • chargeons les consuls et autres personnes intéressées de tenir la main à l’exécution de notre ordonnance, et afin que personne ne prétende cause d’ignorance, nous enjoignons au prieur curé de publier notre susdite ordonnance le dimanche au prône après la réception d’icelle.

Donné à Autignac en cours de visite le 25 septembre 1748. »
En 1754, les archives déposées dans la tribune de l’église paroissiale sont dans un coffre en mauvais état. Certains papiers sont rongés. Il est proposé de déposer le coffre chez un particulier et d’y faire mettre une 3e serrure. Les archives seront gardées dans la maison du sieur de Flottes qui est le plus fort contribuable. Il sera fait un inventaire. Les clefs seront déposées chez Jean Gely, un des principaux taillables (contribuable).
1759, Antoine BOUSQUET maitre maçon fait des réparations (tuiles sur le toit) à l’église.
1765, au cours d’une délibération du conseil de communauté (conseil municipal sous l’Ancien Régime) du 28 avril, on append que la paroisse était jusque là desservie par deux prêtres mais que, depuis deux ans, il n'y en a qu'un seul. Il n'y a donc qu'une seule messe à laquelle les paroissiens ne peuvent assister ensemble parce qu’il faut garder les bestiaux, les enfants et autres inconvénients : « … une seule messe ... le tumulte et la confusion des paroissiens qui entrent dans l'église depuis le commencement jusque vers la fin, ce qui fait que personne ne peut pas l'entendre comme il faut. D'autre part, une grande partie des paroissiens n’ont pas fait leur devoir pascal depuis plusieurs années à cause que Monsieur CURE prieur ne veut point tenir un vicaire ni…. La régente des écoles a été obligée d'apprendre le catéchisme aux bergers et autres grands et vieux garçons qui n'ont pas encore fait leur première communion… La paroisse se trouve le plus souvent sans prêtre à cause que Monsieur CURE prieur…. ce qui fait que plusieurs paroissiens peuvent mourir sans recevoir aucun sacrement et qu’il se trouve plusieurs malades qui n'ont point confiance en lui. »
En 1768 (1er mai), le conseil de communauté délibère sur des réparations à l’hôtel de ville, aux prisons royales, à l’église, au clocher. Au cours des conseils suivants, les plâtriers font leurs offres. Le 22 mai, la liste est un peu plus complète avec : « … Réparations et constructions à faire à l’hôtel de ville, aux prisons royales, à l’église, au clocher, à la maison presbytérale… ». Jean Joseph Pascal maçon de Béziers est retenu.
Quelques années plus tard, la révolution de 1789 chamboule l'ordre établi. A Béziers, on enlève les emblèmes religieux et les cloches, St Nazaire est transformé en temple de la Raison puis de l’Etre Suprême, des reliques sont détruites. Retenons la nomination de Monseigneur Dominique Pouderous comme évêque constitutionnel élu pour le département de l’Hérault avec siège épiscopal à Béziers.

Qu'en est-il à Autignac ? Pas de nouvelles jusqu’au 23 fructidor An IV (9 septembre 1796). Ce jour là, une partie de la maison curiale (le presbytère) est vendue à Pastre de Béziers. Les 21 et 22 vendémiaire An V (13 octobre 1796), c’est l’ «église ci-devant paroissiale avec dépendances» qui est vendue à Cure. (Extrait de « Vente des biens nationaux. 1951 District Béziers-Saint-Pons. Par Paul Cambon. A la page 112).
Le presbytère revient à l’ordre du jour au conseil municipal (.. Joseph Viales membre du conseil municipal..) du 22 décembre 1816. « Le conseil municipal d’Autignac… convoqué par Mr Joseph GELY maire, d’après l’ordre exprès de Mr le préfet… ». Il est question de construire une maison presbytérale (un presbytère) place du dehors (actuelle place du 14 juillet), faisant suite à la maison d’Antoine CURE dit Lesprimat. L’emplacement appartient à la commune (Cet emplacement semble être l’actuelle mairie). Cout estimé de la construction : 7960F49. Nouvelle délibération le 4 mai 1817. L’année suivante, lettre signée du sous-secrétaire d’état au département de l’intérieur, en date du 12 février 1818 : « Mr le préfet, j’ai l’honneur de vous prévenir que, par décision de ce jour, j’ai approuvé… le projet… de construction d’un presbytère »

Au moment où la construction du presbytère est projetée, commence la navrante question de la donation de l’église par Mr Cure. Ce débat mobilisera toutes les instances de la hiérarchie administrative et cléricale :

  • Le conseil de fabrique de la paroisse d’Autignac, canton de Murviel, arrondissement de Béziers, département de l’Hérault

A son Excellence le Ministre de l’intérieur

Monseigneur,

La paroisse d’Autignac n’a d’autre église que celle dont Mr CURE juge de Paix de notre canton trouva à propos de la dépouiller en l’an cinq en l’achetant par soumission. Mr CURE a toujours annoncé publiquement qu’il n’avait fait cette acquisition que pour le compte de la commune, aussi le culte catholique y a-t-il continuellement été exercé.

Maintenant, Mr Cure propose de faire à la commune la cession de cette église et de lui en faire titre, mais il y attache des conditions que nous trouvons tout à la fois inconvenantes, onéreuses et improposables.

Sur la communication donnée à la fabrique de cette cession projetée, elle prit le 6 février une délibération qui aurait pu faire quelque sensation à tout autre qu’à Mr CURE mais celui-ci se fondant plus sur son autorité et sur l’influence de Mr le Maire, son beau-frère, dans le conseil municipal, que sur la justice de sa cession, persiste dans les conditions qu’il y a attachées, et infusant la crainte de son autorité dans l’esprit de certains membres de ce conseil, ceux-ci ont fait taire l’intérêt général en flattant l’amour propre de Mr CURE dans la délibération que le conseil municipal a prise le 9 février .

Le Bien public, la dignité des cérémonies augustes de notre Sainte Religion sont les seuls moteurs de nos démarches. La crainte que Mr Cure ne parvint à surprendre la Religion de votre Excellence, a engagé le conseil de fabrique à mettre sous ses yeux les observations ci-jointes.

Nous osons nous flatter qu’éclairée par ces observations et par la délibération du conseil de fabrique du 6 février, votre Excellence rejettera une offre aussi inadmissible et qu’elle autorisera la commune à faire l’achat pur et simple de l’église.

Dans cette attente, aggréez Monseigneur, nous vous en supplions, les vœux que nous faisons pour votre conservation

Nous avons l’honneur d’être avec un profond respect

Monseigneur

De votre Excellence

Les très humbles et très obéissants serviteurs

Signé Pastre, Baluffe, Levère, Pastre


  • 6 février 1815 avant midi… le conseil de fabrique se réunit sur la convocation de Mr Jean François PASTRE président dudit conseil, assemblé dans la sacristie de l’église paroissiale.

En résumé :

  • Mr Cure offre de donner l’église sous certaines conditions

  • Mr Cure a fait placer un banc dans le chœur et une armoire au dessus, au côté gauche de l’autel, il y a environ deux ans

  • ce banc gène les cérémonies et il n’est pas décent que le prêtre se trouve souvent soit en face, soit trop près des personnes de sexe qui occupent ce banc

  • Mr Cure veut que le banc serve pour lui, sa famille et ses descendants à perpétuité

  • Il veut aussi que l’église ne serve qu’à l’exercice du culte

  • Du temps où Mr de Lavit était maire, l’évêque suggérait la construction d’églises

  • Le conseil propose donc que la commune rachète l’église à Mr Cure qui placera son banc à l’endroit de son choix dans la nef

A noter cette phrase qui semble contredire l’affirmation plusieurs fois évoquée selon laquelle l’église aurait été brulée pendant la révolution : « l’église d’Autignac qui au fort de la tempête révolutionnaire avait été préservée de toute aliénation fut vendue le 22 vendémiaire an 5… ».


  • On en apprend un peu plus au fil des correspondances, le banc de la fabrique était au côté gauche de l’autel. Mais, à peine Mr de Lavit, maire, fut-il remplacé par Mr Martin (nouveau maire) beau-frère de Mr Cure que celui-ci fit enlever et reléguer ce banc au fond de la nef (par plusieurs personnes entrées après-diner dans l’église) qu’il remplaça par son propre banc.

L’église est très petite… de la balustrade à l’autel il n’y a que 2 toises et la largeur n’est que de 3 toises… D’un côté de l’autel se trouve le banc du prêtre et des chantres, et de l’autre celui de Mr Cure… si près de l’officiant qu’il est appuyé sur la 1ere des 2 marches de l’autel.


  • du ministère de l’intérieur (ministre des cultes) :

« Administration générale des Cultes Division du culte catholique

Paris, le 7 mai 1815

Monsieur le Préfet, je vous transmets les pièces relatives à l’acquisition de l’ancienne église d’Autignac que se propose de faire la commune, au lieu d’une vente, le propriétaire propose d’en faire donation à la fabrique mais à des conditions que celle-ci trouve trop onéreuses et qui lui font préférer l’acquisition.

Je vous invite à interposer votre médiation pour la conciliation de cette affaire … qu’il en résulte une donation ou une acquisition, de régulariser l’affaire et de m’en adresser les pièces.

Agréez Monsieur le Préfet….. »
Clochemerle ? Difficile de faire simple. Hélas, quelques années plus tard, on va réussir plus fort encore.

Pour le moment, on ne sait comment la difficulté fut surmontée mais, dès 1819, un devis est fait par Jean-Paul ALBERT maitre maçon à Autignac pour exhaussement du clocher (charpente, toiture), construction de 2 fenêtres, achat de quoi soutenir la cloche de l'horloge. Les travaux sont adjugés à Baptiste BOUFFARD.
L'année 1838 une délibération du conseil municipal propose de faire crépir l’extérieur des murailles de l’église et du clocher, de refaire le plancher sur lequel repose l’horloge et enfin de remettre les tuiles qui manquent à la flèche du clocher. Les travaux sont terminés dans l'année.
Décidément, nous avons de gros problèmes avec le clocher car, le 20 décembre 1846, un devis est fait par CHANEAU, architecte de Béziers pour réparation du clocher et pavage d’une rue. Nouveaux travaux réalisés en 1858, par André CAREL maçon à Autignac, sur le clocher, la salle de la mairie et le presbytère. Petite anecdote : il est probable que André CAREL est à l'origine, par son prénom, du "baptême" du quartier neuf appelé quartier St André.
L'année 1847, nous avons une mention qui peut-être ne concerne pas directement l'église : " l’an 1847 et le 17 aout avec autorisation de Monsieur MARTIN vicaire général, secrétaire général de l’évêché, Monseigneur THIBAULT évêque de Montpellier étant à Rome auprès du Saint-Père Pie IX, nous, curé desservant de la succursale d’Autignac avons fait la bénédiction de la chapelle de dame veuve GELY, avec toutes les cérémonies prescrites par le rituel romain ; laquelle chapelle a été dédiée à la Sainte Famille. En foi de ce nous avons dressé le présent acte. Signé FOURNIER"
Pour une journée, la communauté se retrouve au cours de l’entrée solennelle de Monseigneur LECOURTIER (François-Marie-Joseph LE COURTIER évêque de Montpellier de 1861 à 1873) dans l’église lors de la confirmation le 25 avril 1864.L’allocution est de Monsieur Alphonse MARTIN maire :

« Monseigneur

Pax huic domni et omnibus habitantibus in ea ! (1)

Paix dans notre cité, nous vous la demandons

Pour tous les habitants que nous y recevons.

Au devant du prélat dont l’heureuse visite

Fait naître parmi nous un bonheur insolite,

Hâtons nous d’accourir, de quitter le foyer,

Suspendre tout travail, pour nous sanctifier

En ce baume du ciel que le prélat nous donne

A titre de bienfait ou de sainte aumône.

Baume si précieux dont ( )( ) sauveur

Imprime sur nos fronts le sceau du Rédempteur.

Femmes, enfants, vieillards, accourons à la fête

Et devant le prélat, inclinons notre tête.

Au pontife jamais grâce ne fait défaut,

En lui le Saint Esprit souffle toujours d’en haut,

Cet esprit à sept dons : source d’intelligence,

De force, de conseil, piété, de science,

Lesquels dons réunis en faisceau lumineux

Enfantent la sagesse en la crainte de Dieu (2).

Quand Jésus, autrefois, durant sa vie d’apôtre,

Parcourait chaque bourg, comme vous tout le notre,

S’arrêtant sous les murs de la saint cité,

Tout son front tout ruisselant de pleurs fut humecté.

Tant de pleurs, pourquoi donc ? Pour son ingratitude !

Loin de vous, Monseigneur, pareille inquiétude,

Dedans nos murs, l’ingrat n’a jamais eu de prix,

Notre culte en lui consiste en pur mépris.
Arrivant sous nos murs, berceau de nos ancêtres

Vous n’avez parmi nous ni perfides ni traîtres.

Au pieds des saints autels de Marie de Belloc (1)

Nous sommes tous pour Dieu, Saint Martin et Saint Roch,

Patrons de nos aïeux, de ces vieux sanctuaires

Où vous nous confirmez dans la foi de nos pères.

Visitez nos saints lieux dont vous avez fait choix.

Tous nos cœurs réjouis tressaillent à la voix

De ce pontife cher à notre sainte Eglise,

Dont il est l’ornement par sa noble devise : (2)

Intègre et tolérant, écusson le plus beau

Qu’ait pu choisir prélat pour garder son troupeau !

Entrez dans la cité, la foule toute entière

Croit pour vous ne pas être assez hospitalière.

Au sein de la gaieté, le peuple tout content

Dans son excès d’amour, vous offre pour présent :

Des fleurs sur le parcours, des festons et guirlandes
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