Livre de bord








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LIVRE DE BORD




03. VIETNAM, TAIWAN, COREE DU SUD

09/05/00

Déjà à Marseille depuis deux semaines et je n'ai pas vu le temps passer: répondre à mon courrier, préparer mes futurs voyages, revoir la famille et les amis, finir et arranger quelques chansons, mettre à jour différents dossiers, m'occuper de l'association Enfants du Sud, et puis aller au cinéma, tout cela (et le reste) prend du temps…

Vous m'avez compris: je ne m'ennuie pas…
24/05/00

Me voici arrivé à Ho Chi Minh Ville (ex. Saigon, Vietnam) après un vol de 14 heures sans problème, malgré ma sinusite et ma phlébite...

Ici il fait chaud et lourd et j'ai déjà eu droit, entre deux ciels bleus, à une grosse averse de 10 minutes comme on les aime bien à Marseille. Toujours autant de trafic, si ce n'est plus, mais ici c'est comme à chaque fois un dépaysement complet...
30/05/00

Ma première semaine au Vietnam est vite passée... Tout d'abord deux jours à Saigon, puis j'ai pris l'avion pour Da Nang, à 900 km de là. Visite des alentours et surtout du site millénaire de My Son (temples d'origine indienne et/ou indonésienne). Deux jours à Hoi-An, qui demeure pour moi, et c'est mon troisième séjour au Vietnam, la plus belle ville du pays, à tous les niveaux: site magnifique avec ses nombreuses rivières et sa longue plage de sable le long de la mer, architecture unique, restaurants qui vous mijotent des petits plats aux saveurs incomparables, et accueil sympathique partout. Une étape à ne pas rater lorsque vous viendrez ici!

Après une nuit d'enfer recroquevillé dans un minibus, je suis arrivé ce matin à Nha Trang, et j'ai enchaîné par une excursion en bateau pour la journée: c'était bien agréable, malgré la pluie et ma fatigue. Mais l'eau est si claire et les fonds marins si beaux (bien mieux qu'un aquarium!).

Demain je pars pour une semaine en mobylette dans les montagnes à l'ouest, vers la frontière cambodgienne. Patience, patience... vous saurez tout...
04/06/00

Au fait, qu'est-ce qui est petit, mince, plutôt jaune, avec des cheveux noirs et des yeux bridés, et qui baragouine des mots incompréhensibles? ***

Me voici entre la mer de Chine et les Hauts-Plateaux pour une semaine, en cyclomoteur. Après Nha Trang, j'ai dormi une nuit dans le petit village de pécheurs de Doc Let, fort agréable. Puis j'ai rejoint, à 167 km de là et par une belle route, Ban Me Thuot. Me voici depuis hier à Dalat, ville située à 1500 m d'altitude, et construite par les Français. Depuis plusieurs jours le temps était a la pluie, mais ici il fait beau et j'ai redécouvert agréablement les charmes de cette région. Demain, je rejoindrai la côte et la chaleur.

Quand je pense qu'à la suite de mon premier voyage au Vietnam je m'étais juré de ne plus y remettre les pieds (à cause des arnaques surtout). C'est maintenant mon troisième séjour ici et je ne le regrette pas: le pays est réellement magnifique, peu cher malgré la hausse du dollar, et les gens sont si gentils. Comment avons-nous pu combattre contre (mais aussi avec et pour) ce peuple?
*** = 99,99% des Vietnamiens.
11/06/00

Me voici revenu à Saigon, après avoir passé quelques jours à Nha Trang, où j’ai pu de nouveau sortir en mer deux fois, et par beau temps. Cette ville est peut-être la plus touristique du Vietnam sur le plan balnéaire, avec Vung Tau (Cap Saint Jacques): la plage de sable s’étend sur plusieurs kilomètres et l’eau y est propre et suffisamment chaude (27 degrés environ).

Saigon, la fourmilière! Ici plus qu’ailleurs la ville grouille dans tous les sens, c’est à peine si les gens ne se montent pas dessus, tels des fourmis, pour circuler. Touristes, si vous voulez traverser, c’est facile: il suffit de marcher doucement sur la chaussée, en ne regardant ni à droite ni à gauche, les cyclomoteurs sauront (normalement…) vous éviter. Car ici peu de voitures, de bus ou de camions: les cyclomoteurs et les vélos sont rois. On peut monter à trois, quatre, voire cinq ou six (s’il y a des enfants) sur le même cyclo. Pas de priorité respectée, et des règles de conduites vraiment particulières: avant d’enfourcher un cyclo, il vous faudra d'abord bien étudier les coutumes locales de conduite, et ensuite faire comme eux. Si vous vous arrêtez à un carrefour pour tourner à gauche, vous êtes foutus, vous ne passerez jamais, le flot de véhicules venant dans tous les sens étant incessant. Alors ne vous arrêtez pas, rusez… Si ici tout le monde respectait les règles élémentaires de conduite, ce serait la panique, un embouteillage monstre. Si en plus on n’autorisait que deux passagers par cyclo, ce serait encore pire. Et si seulement le dixième des cyclos était remplacé par des voitures, il faudrait plusieurs jours pour traverser la ville!

Utiliser un cyclomoteur est le moyen le plus efficace pour découvrir le pays. Ici le casque n’est pas obligatoire, et c’est bien agréable! Alors qu’en France, patrie des “Droits de l’Homme”, sur ce point (et malheureusement pas seulement sur celui-ci), on ne respecte pas la liberté individuelle de chacun. Ceci dit, à Saigon, circuler en ville n’est pas trop dangereux, mais attention sur les routes! Des bus ou des camions venant dans l’autre sens n’hésiteront pas une seconde à doubler même si vous arrivez en face; deux alternatives: ou vous vous mettez rapidement sur le bas-coté, et ce n’est pas toujours possible, ou vous vous faites écraser! C’est ainsi que cette année encore j’ai pu voir les cadavres d’un couple et d’un enfant sur la route (en plus de multiples accrochages). Donc la vigilance s’impose vraiment à chaque instant!

Nouveau sujet, plus gai, les billards… Je ne connais pas encore tous les pays, mais je pense qu’aucun ne doit battre le Vietnam en nombre de billards par habitant. Il y en a partout, des français, des américains (je parle toujours des billards, pas des habitants). Alors, presque chaque jour, j’essaye de jouer ma petite heure au billard américain, et si je progresse un peu à chaque fois, je me fais quand même toujours battre par les locaux!

Aujourd’hui il faisait un temps idéal: soleil et petit vent rafraîchissant l’atmosphère. Du coup je suis allé avec mes amis vietnamiens au Saigon Water Park et nous avons passé une agréable journée. Ca vaut bien notre Aqua City, et c'est moins cher en plus! (ou plutôt en moins). Du coup, je suis tout revigoré!
15/06/00

Avec plus de 7 millions d'habitants, Saigon grouille et vit, je l'ai déjà dit. Je ne peux me lasser de regarder les gens, les boutiques et petits restaurants composés d'un chariot, de deux tables et de quelques chaises minuscules. La plupart des habitants vivent de petits métiers: vendeurs ambulants de tout et de rien (cigarettes, livres, lunettes, briquets...), moto-taxi; les enfants sont plutôt cireurs de chaussures, vendeurs de billets de loterie ou de chewing-gum, rabatteurs pour les hôtels. Quand ils gagnent 20 francs dans la journée, c'est bien (c'est un peu moins que le salaire d'un fonctionnaire). Il faut dire qu'ici on déjeune bien pour 6 ou 7 francs... Le problème est que toutes les 30 secondes on est sollicité par un mendiant, handicapé, aveugle, vieillard, enfant, jeune mère avec son bébé (quelquefois loué pour la journée), et à force c'est pénible. La drogue commence aussi a faire son apparition parmi les nombreux enfants des rues.

A ce sujet, une association amie, Enfants du monde/Droits de l'Homme, prépare un projet pour le enfants des rues et notamment étudie la possibilité de construire des écoles flottantes (dans certaines régions du pays les écoles doivent être reconstruites tous les ans à cause des inondations et des crues; n'oublions pas que le Vietnam est un pays d'eau, et c'est ce qui fait sa richesse). A suivre...

En ce qui concerne la paperasserie et le pouvoir de la bureaucratie, j'ai enfin trouvé un pays pire que la France, ça réchauffe le coeur de savoir que nous ne sommes pas les derniers dans ce domaine. Remarquez, les Vietnamiens ont été à bonne école pendant la colonisation française!

Je vous ai déjà dit que j'aime bien la cuisine vietnamienne, alors j'ai relevé pour vous, sur les menus, quelques plats que je n'ai pas tous goûtés: salade de pattes désossées de poulets, nourrice de chèvre grillée, tragule (?), mustelide grillée (?), serpent frit, oeuf avec foetus de poussin bien croustillant, et, au nord du pays, steak de chien. Mais on ne trouve pas ici les friandises que j'avais découvertes au Laos: les cafards séchés au soleil pour être croustillants, auxquels il faut bien enlever les pattes avant consommation...

Quelques nouvelles de ma santé, pour ceux que ça intéresse: j'avais quitté Marseille avec une bonne sinusite, que j'ai soignée puis qui est repartie de plus belle. Elle s'est terminée par une laryngite. En plus j'ai deux doigts de la main droite qui fonctionne mal (fourmis, dues sans doute à une mauvaise circulation sanguine). Après deux jours de répit, j'ai dû être hospitalisé hier pour quelques heures juste avant de prendre mon avion pour Taiwan: intoxication alimentaire (la tragule?) ou je ne sais quoi (je m'étais tellement vidé par tous les orifices de mon corps que j'ai du être perfusé par le cou, mes autres veines étant devenues invisibles). Je peux vous dire que je n'en menais pas large et que les trois heures de vol pour Taiwan m'ont parues une éternité. Bon, arrêtez de vous foutre de moi!
16/06/00

Arrivé hier soir à Taiwan, et en bien meilleur état aujourd'hui, j'ai pu découvrir une partie de la capitale de cette seconde Chine, Taipei, 6 millions d'habitants avec la proche banlieue. Taiwan est plus connu sous le nom de Formose, qui lui avait été donné par les conquérants Portugais et qui veut dire: ravissante.

Taipei est une ville très vivante et moderne: pas mal de circulation et de pollution, métro superbe, des temples chinois qui ne désemplissent pas car la ferveur est très grande envers des centaines de dieux différents, des boutiques et des restaurants partout (et beaucoup de Mc Do). Les parfums multiples le long des étals dans les rues et les petits marchés sont alléchants. Sur cent produits alimentaires vendus dans la rue, je n'ai pas été capable d'en reconnaître cinq, c'est vous dire la diversité des aliments et ingrédients qu'on peut y trouver...

Malheureusement il pleut beaucoup en ce moment... Et la vie ici est chère (par exemple 30 US$ une chambre qu'on paierait 7 US$ au Vietnam).
23/06/00

Et bien me voila revenu au Vietnam avec deux jours d’avance et beaucoup de problèmes pour obtenir un visa de ré-entrée (puisqu’il m’a fallu plus d’une journée et demie de démarche à Saigon et deux jours d’attente à Taipei, 70 US$, beaucoup d’angoisse, une très grosse colère au consulat et aucune certitude quant à son obtention, conditionnant aussi mon retour en France, puisque je voyage avec Vietnam Airlines!). Ceci dit mon séjour à Saigon sera de courte durée puisque je repars dès lundi matin pour la Corée du Sud…

Mais revenons à Taiwan, et à mes impressions sur ce pays qui s’appelle aussi “République de Chine”. La plupart de ses 23 millions d’habitants sont d’origine chinoise, ayant fuit le continent lors de la conquête communiste. Mais ils espèrent toujours “récupérer” la Chine un de ces jours. Très peuplé, une des plus fortes densités d’habitants au monde (700 au km2), alors que la plupart de l’île est inhabitable car montagneuse (le plus haut sommet culmine à 3952 m), ce pays est aujourd’hui riche, à peu près comme la France, ce qui explique les prix élevés. Il a su garder toutes ses traditions chinoises, alors qu’en Chine beaucoup ont été interdites par le régime communiste. Dans l’ensemble, si le pays est beau car montagneux et vert, les villes ne sont pas belles (architecture minable) mais agréables et vivantes. Taipei possède un superbe musée regroupant des centaines de milliers de pièces, qui ne peuvent pas être toutes exposées en même temps, provenant de Chine et ayant elles aussi fuit le communisme.

Pour un touriste, il est très difficile de voyager ici en individuel. Si à Taipei même pas mal de nom de rue sont aussi écrits en caractères latins, tout est en chinois hors de la capitale. Et le chinois c’est 50.000 caractères différents à l’origine, dont “seuls” 5000 subsistent aujourd’hui et 2000 sont utilisés couramment. En plus en dehors des grandes villes l’anglais est vraiment peu parlé! Maintenant imaginez-moi au volant de ma petite voiture de location, perdu et essayant de trouver la bonne route: ce fut la galère! Du coup je n’ai jamais trouvé certains sites (j’ai abandonné mes recherches) et en plus, comme il pleuvait abondamment, de nombreuses routes étaient coupées par des éboulis et glissements de terrain importants. J’ai même subi un tremblement de terre de quelques secondes, c’est vous dire. Voilà pourquoi j’ai amputé mon voyage de deux jours…

Ceci dit, malgré la pluie, j’ai pu apprécier certains sites, tel les gorges de Taroko, impressionnantes mais moins belles que nos gorges du Tarn, de l’Ardèche ou du Verdon; la route monte ensuite jusqu’a 3275 mètres, avant de redescendre dans la vallée. Les plages sont quelconques dans l’ensemble, et le coin que j’ai finalement le plus apprécié est le lac de Sun Moon (là-bas j’ai eu droit à une percée désespérée du soleil!)

Ce voyage m’a tout de même permis une bonne vision du pays et de goûter à l’atmosphère agréable de la capitale. Là comme partout dans l’île on ne risque pas de mourir de faim, il y a des restaurants tous les vingt mètres, à croire que les gens ne mangent jamais chez eux!

Ma conclusion est que cette île n’est pas réellement une destination touristique… (vous vous en doutiez, non?)
03/07/00

Aujourd’hui, je suis heureux! Non pas parce que je voyage (si, un peu quand même) mais parce que la France a gagné la coupe d’Europe de football. J’imagine d’ici la liesse dans les rues du pays. Et puis j’ai tellement peu l’occasion d’être fier de la France que pour une fois…

Bon, parlons de mon voyage en Corée du Sud. Grand comme le Portugal, mais peuplé de 47 millions d’habitants (ce qui est beaucoup), voici ce que j’ai retenu de ce pays:

- bien que détruit durant la seconde guerre mondiale et la guerre de Corée, il est riche aujourd’hui, d’un niveau de vie comparable à la France (et donc cher, l’essence est même aux environs de 8 F le litre), grâce à une industrie importante surtout dans les secteurs automobile, informatique et de haute technologie en général. Les marques les plus connues chez nous sont Daewoo, Hyundai, Samsong, Kia, mais il y en a d’autres telles les voitures Tehu ou Atoz. Le gouvernement est aussi très protectionniste (on ne voit circuler par exemple que des voitures coréennes).

- en guerre (froide) depuis des dizaines d’années avec la Corée du Nord (communiste et auparavant soutenue par les soviétiques), la présence militaire y est importante surtout dans le nord (nombreux barrages sur les routes, bases américaines). Mais un début de réconciliation s’amorce entre les deux pays, la Corée du Nord ayant besoin d’aide de la part du Sud (famine importante). Encore une fois le communisme a fait preuve de son incapacité…

- les villes, toutes nouvelles, sont composées d’immenses blocs d’immeubles construits dans la campagne au milieu des rizières, et c’est assez surprenant. Beaucoup de villes comptent plus d’un million d’habitants et Séoul, la capitale entièrement reconstruite après les guerres, en abrite 16 millions avec sa proche banlieue, ce qui en fait la cinquième plus grande ville du monde. Malgré tout, le pays est resté assez rural avec une nature bien préservée: nombreux parcs naturels parmi les paysages montagneux et boises (le plus haut sommet n’atteint toutefois pas 2000 mètres).

- bordé par la Corée du Nord, la Chine et la Russie, et au delà de la mer de Chine par le Japon, il a reçu des influences japonaises (longue occupation du pays par les Japonais) mais surtout chinoise, notamment au niveau religieux. Confucionisme et Bouddhisme sont les principales “religions”, mais un quart de la population est chrétienne, principalement protestante. Les temples bouddhistes sont vraiment magnifiques et d’une architecture unique a ma connaissance qui me fait penser tout a la fois a l’Indonésie et a la Chine. Ils sont la principale attraction touristique du pays (où il y a peu de touristes européens, je n’en ai d’ailleurs pas rencontrés)

- il a abandonné depuis plusieurs siècles l’écriture chinoise au profit d’un nouveau système appelé Hangul qui comporte 24 caractères principaux. Mais chaque lettre étant composée normalement d’un mélange de trois caractères, ça fait pas mal de lettres à connaître tout de même. Pas facile donc de voyager: si la plupart des directions sont indiquées aussi dans notre écriture, par contre aucune indication pour reconnaître les hôtels et les restaurants. C'est dur de trouver une chambre le soir après une journée de route, d’autant plus que malgré le soi-disant haut degré de scolarisation pratiquement personne ne parle anglais… Il me restait quelquefois à dormir dans la voiture que j’avais louée.

- la nourriture, ah, parlons de la nourriture: j’ai essayé à trois reprises les restaurants coréens et je dois avouer que c’est pratiquement immangeable, à part le riz, et encore. Toutes sortes de légumes, ou plutôt de plantes, bizarrement épicées, de poissons au goût de pourri, des oeufs pochés baignant dans un liquide imbuvable (une soupe?) et même des algues en galette (enfin je pense que c’étaient des algues). Après avoir mangé ainsi, j’avais chaque fois mal au coeur durant plusieurs heures. Du coup je n’avais qu’une hantise au moment des repas, c’était de ne pas trouver un fast-food: comme il y a peu de Mc Donald, j’ai essayé le fast-food coréen Lotteria. Et bien c’est très bon: entre autres, hamburgers dont le pain est remplacé par des galettes de riz chaudes, ou hamburger de viande de crevettes. Original et délicieux…

- la population est extrêmement gentille, polie et accueillante, et se mettra en quatre pour vous aider ou vous renseigner. Mais le problème c'est que les gens n’arrivent pas à imaginer, malgré toutes vos mimiques, que vous ne comprenez pas le coréen et si, par exemple, vous leur demandez une direction vous ne vous en sortez plus et vous repartez au bout d’un bon quart d’heure complètement bredouille…

- des chantiers gigantesques sont rencontrés partout, surtout au niveau routier et autoroutier. Les Français travaillent même sur un réseau de TGV qui devra fonctionner avant l’ouverture de la Coupe du Monde de Football en été 2002.

Voila l’aperçu que j’ai eu de la Corée durant mes huit jours de voyage et près de 2500 kilomètres de route. Le beau temps n’a pas été toujours de la partie, c’est la mousson d’été en ce moment, mais je n’ai pas à me plaindre dans l’ensemble, même si j’ai finalement préféré raccourcir mon séjour. En effet je suis revenu au Vietnam cette nuit pour une dernière semaine avant de rentrer en France…
07/07/00

Toujours à Ho Chi Minh City, plus connue sous le nom de Saigon…

Le temps de mousson me laisse malgré tout quelques heures de soleil chaque jour pour me promener en attendant mon retour sur Marseille mardi prochain si tout va bien.

Je ne vous ai pas encore parlé de la dernière grande épidémie qui sévit au Vietnam, comme dans toute l’Asie d’ailleurs: c’est grave et je ne sais pas si l’on peut se soigner lorsqu’on a attrapé cette maladie qui est très nocive pour l’ouie, mais qui peut aussi attaquer le système nerveux (surtout celui des voisins). En tout cas elle fait ici grand bruit; son nom scientifique est “micro magné toscop”, mais nous la connaissons plus couramment sous le nom de “karaoké”. Moi qui ai été trop souvent en contact proche avec elle, je peux vous dire que cette maladie doit être vraiment douloureuse, vu les cris languissants que poussent les malades, et c’est vraiment pénible pour leurs compagnons. J’espère que les chercheurs trouveront rapidement un vaccin efficace contre ce fléau…

Pour revenir à des choses plus sérieuses, le projet d’une première école flottante dans le delta du Mékong, à Ben Tre plus précisément, avance. Si tout se passe bien, l’association “Enfants du Sud” pourrait la financer, si elle trouve assez de fonds (environ 70.000 Francs) afin qu’elle puisse être construite et inaugurée pour février 2001. Elle accueillerait alors environ 200 enfants des rues ou de familles pauvres, les frais de fonctionnement étant ensuite pris en charge par la municipalité.. Et elle servirait aussi d’école témoin et pourrait être alors la première d’une longue série. A suivre…

Je voudrais vous parler aussi d’un autre grand fléau au Vietnam, celui de la corruption (surtout policière). Non, je ne vous en dirai pas plus, car ici les murs ont des oreilles et les ordinateurs des yeux… Mais j’aimerais tellement que ce pays s’en sorte!
09/07/00

A des amis qui me demandaient si tous ces voyages ne me fatiguaient pas, j’ai répondu: non, ce qui me fatigue, c’est de ne pas voyager…
10/07/00

Puisqu'il me reste quelques heures de libre avant mon départ et comme j'aime prendre des risques, je me jette a l'eau et vais finalement vous donner un exemple de la corruption au Vietnam, un exemple parmi des dizaines d’autres qui me sont arrivés durant mes voyages ici, à moi, simple touriste, et qui arrivent quotidiennement aux Vietnamiens.

Le 13 juin, j’ai acheté un cyclomoteur pour me déplacer et j'ai dû faire cet achat au nom d’un ami vietnamien: la marchande me promet alors les papiers et le numéro d’immatriculation pour dans deux semaines environ, et m’explique que je peux en attendant me déplacer sans problème dans Saigon intramuros. Ok… Le cyclo est un Honda de fabrication chinoise, un peu moins costaud qu’un japonais mais surtout beaucoup moins cher. Il coûte tout de même dans les 9000 Francs, car il y a 150 % de taxe !

Entre temps je pars à Taiwan, je reviens, je circule un peu, et voilà que la police m’arrête le 26 juin et me demande les papiers que je n’ai pas encore. En fait ils veulent que je leur donne 150.000 dongs (75 F) de la main à la main, ce que je refuse, car je pense qu’il est anormal et immoral que je participe aux phénomènes de corruption du Vietnam, question de principe. Du coup ils m’embarquent au commissariat et prennent mon cyclo, en échange d’un papier que je ne sais pas lire mais que mon ami signe, car je n’ai pas de temps devant moi et mon avion pour la Corée s’envole une heure après…

Je rentre de Corée quelques jours plus tôt pour résoudre ce problème et le 3 juillet la marchande n’a toujours pas mes papiers, mais me fait comprendre que si je lui donnais un peu plus d’argent cela irait plus vite (alors que j’aurais dû les avoir le 27 juin au plus tard). Je refuse…

Sur ce, je parle de mes problèmes à un ami français qui vit sur place et comprend le vietnamien: il me dit entre autre qu'il est écrit sur le rapport de police que les pneus du cyclo sont vieux, alors qu’ils sont neufs! En plus, j’apprends que je risque de devoir payer une amende de plus de 1000 Francs, au bon vouloir de la police, plus des frais quotidiens de gardiennage…

Mais vous pensez qu’aujourd’hui le problème est résolu ? Mais pas du tout, je suis maintenant sur le point de partir et je n’ai toujours pas récupéré mon cyclo puisque je n’ai toujours pas les papiers ! J’ai chargé mon ami de s’en occuper à ma place, s’il le peut… J’ai fait une sacré affaire, non ?

Ce qui est sûr, c’est que je comprends mieux maintenant pourquoi les Vietnamiens préfèrent donner aux policiers l’argent qu'ils exigent plus ou moins discrètement…Alors, avec ce qui m’est arrivé, je suis en droit de me demander s’il ne vaut finalement pas mieux corrompre la police toute puissante, la douane, et tout ce qui est administration dans ce pays… Et je me pose vraiment des questions sur le fait d’entreprendre une action humanitaire ici…
11/07/00

Extrait de "Leçons paysannes" dans le recueil "Un général à la retraite" de Nguyên Huy Thiêp, 1987.

A mes pieds, une foule compacte de fourmis noires s'affairait autour du cadavre d'une libellule rouge. "C'est incroyable le nombre de fourmis qu'il y a !" m'exclamai-je. "Vois-tu, ça c'est l'image de notre peuple: aussi innombrable, aussi affairé, sans cesse en quête de nourriture alors qu'il en trouve peu. Essaie de déplacer la libellule et tu verras ce qui va se passer." Je fis comme il avait dit. "As-tu remarqué que les fourmis n'ont pas tardé à s'y agglutiner à nouveau?" "Oui." Le professeur continua: "Ainsi se comporte le peuple. Il poursuit le bien-être matériel sans comprendre que c'est précisément là que réside toute l'absurdité de sa vie. Ils naissent, travaillent pour subsister, s'activent, vont et viennent au hasard sans jamais donner un sens à leur existence. Lorsque le peuple se rendra compte qu'il est vain de courir après l'intérêt immédiat, car personne ne lui fera cadeau de rien, lorsqu'il saura qu'on ne lui fait que des promesses en l'air, et que même s'il recevait quelque chose, ce serait totalement dérisoire, alors seulement il finira par comprendre que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Tout bien qu'il obtient doit être le fruit de sa force de travail. Le peuple a besoin d'un idéal plus élevé pour donner un sens véritable à sa vie: c'est le droit de décider de son propre destin, en un mot, c'est la liberté."
12/07/00

Je suis rentré hier matin après une quinzaine d'heures de vol. Ma dernière journée à Saigon fut nostalgique et difficile: il pleuvait à verse, petit déjeuner habituel, œufs au plat, pain et café glacé, regards sur la rue, mendiants de tous âges, femmes avec leur palanche remplie de fruits du pays. Parties de billard, j'ai failli gagner, et puis Karaoké chez mes amis, dur, dur pour les oreilles! Et puis l'insoutenable, l'adolescent, petit cireur de chaussures, avec qui j'avais bavardé plusieurs fois en essayant de l'aider, qui, entraîné par un adulte, se pique à quelques mètres de moi. La drogue commence à faire des ravages ici. Je ne peux rien faire, qu'assister impuissant à cette déchéance. Mafia, police complice… Et ce sont les touristes qui distribuent l'argent aux enfants et qui, sans le savoir, permettent le développement de ce trafic et contribuent à la déchéance et à la mort de ceux qu'ils ont cru aider.

L'enfant me recherchera quelques heures après, pour s'excuser de m'avoir menti, tout penaud. Il m'avait dit qu'il ne se droguait plus, je lui avais acheté quelques jours un nouveau nécessaire de cirage car on lui avait subtilisé le sien (ou l'avait-il vendu?). Des souvenirs du Brésil, que j'avais tant aimé et tant détesté en 1998, me reviennent à la mémoire: là-bas, encore plus, les enfants des rues et la drogue sont omniprésents. J'étais revenu complètement malade de ce voyage, puis m'étais documenté à Marseille sur les drogues et leurs effets. Origine de la création d'Enfants du Sud…

Deux heures après, c'était à mon tour de me piquer à l'aéroport sous les yeux ébahies d'une employée d'un des commerces: en effet je dois maintenant m'injecter dans le ventre une dose d'Innohep avant chaque long voyage en avion, afin d'éviter une embolie, suite à ma phlébite.

Dans l'avion, écouteurs et programme musical en français; Patricia Kaas, avec "Ceux qui n'ont rien": " Laissez-moi chanter pour ceux qui n'ont rien, laissez-moi penser qu'il y a toujours quelqu'un qui cherche à donner quelque chose de bien, qui cherche à couper les cartes du destin…". Je ne connaissais pas cette chanson.

Et aujourd'hui, nostalgie, nostalgie…

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