Tome II le mouvement national-socialiste Chapitre premier








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Adolf Hitler
Mein Kampf

(Mon combat)



BeQ

Adolf Hitler
Mein Kampf

(Mon combat)

traduction intégrale

par J. Gaudefroy-Demombynes et A. Calmettes

(Paris : Nouvelles éditions latines, 192_?)

Tome deuxième

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Polémique et propagande

Volume 3 : version 1.2

Mon combat

(Mein Kampf)

II

Tome II



Le mouvement national-socialiste



Chapitre premier



Opinion philosophique et parti.


Le 24 février 1920 eut lieu le premier grand meeting de notre jeune mouvement. Dans la salle des fêtes du Hofbraühaus, à Munich, les vingt-cinq points de notre programme furent exposés à une foule de près de deux mille hommes, et chacun de ces points reçut une approbation enthousiaste. Ainsi furent livrés au public, pour la première fois, les principes et les directives du combat qui devait nous débarrasser d’un véritable fatras d’idées et d’opinions périmées de tendances obscures ou même nuisibles. Il fallait qu’une puissance nouvelle se manifestât dans le paresseux et lâche monde bourgeois, comme devant la triomphante vague marxiste, pour arrêter au dernier moment le char du destin.

Il était évident que le nouveau mouvement ne pouvait espérer acquérir l’importance et la force nécessaires à cette lutte gigantesque, que s’il réussissait dès le premier jour à éveiller dans le cœur de ses adhérents la conviction sacrée que la vie politique n’en recevrait pas simplement une formule électorale nouvelle, mais qu’elle se trouverait en présence d’une conception philosophique nouvelle d’une importance fondamentale.

Il faut se représenter le misérable ramassis d’idées qui sert normalement à bâcler ce qu’on appelle le « programme d’un parti », puis comment, de temps en temps, celui-ci est fignolé et léché. On doit surtout regarder à la loupe les mobiles des commissions de programme bourgeoises, pour pouvoir estimer à leur valeur ces accouchements programmatiques :

Un souci unique détermine immanquablement, soit l’établissement d’un programme nouveau, soit la modification du précédent : le souci du résultat des prochaines élections. Aussitôt que commence à poindre dans la cervelle de ces artistes de la politique parlementaire le soupçon que le bon peuple veut se révolter et s’échapper des harnais du vieux char des partis, voici qu’ils se mettent à en repeindre le timon. Alors surviennent les observateurs d’étoiles et astrologues des partis, les « gens expérimentés » et les « experts », le plus souvent de vieux parlementaires susceptibles de se remémorer des cas analogues du « temps riche en enseignements de leur apprentissage politique », des cas où la patience de la masse avait rompu les traits ; ils sentent à nouveau se rapprocher de son attelage une menace analogue. Alors ils ont recours aux vieilles recettes, ils constituent une « commission », écoutent partout dans le bon peuple, flairent les articles de presse et reniflent longtemps pour savoir ce qu’aimerait le cher grand public, ce qui lui déplaît et ce qu’il espère. On étudie avec le plus grand soin tout groupe professionnel, toute classe d’employés et on scrute leurs désirs les plus intimes. Alors aussi les « formules » de la dangereuse opposition deviennent d’un coup mûres pour un sérieux examen, et le plus souvent d’ailleurs cette parcelle du trésor de science des vieux partis se révèle tout à fait pitoyable, au grand étonnement de ceux qui l’ont découverte et propagée. Et les commissions se réunissent, procèdent à la révision de l’ancien programme (et ces messieurs changent de convictions tout à fait comme les soldats en campagne changent leurs chemises, quand la précédente est partie en morceaux).

Ils en créent un nouveau dans lequel on donne à chacun ce qui lui revient. Au paysan, on garantit la protection de son agriculture ; à l’industriel, la protection de ses produits ; au consommateur, la protection de ce qu’il achète ; les traitements des instituteurs sont augmentés, les pensions des fonctionnaires sont améliorées, l’État doit faire dans une large mesure des situations aux veuves et orphelins, le trafic doit être favorisé, les tarifs abaissés et même les impôts doivent être, sinon totalement, du moins en grande partie supprimés. Souvent il arrive que l’on a oublié une corporation ou que l’on n’a pas eu connaissance d’une exigence ayant cours dans le peuple. Alors, en toute hâte, on rajoute encore des pièces jusqu’à ce que l’on puisse à bon droit espérer que l’on a de nouveau calmé et pleinement contenté l’armée des petits bourgeois « moyens » et de leurs épouses. Ainsi réconforté, on peut commencer, confiant en Dieu et en l’inébranlable sottise du citoyen électeur, la lutte pour la « réforme » de l’État, comme on dit.

Quand le jour des élections est passé et que les parlementaires ont tenu la dernière de leurs réunions populaires pour cinq ans, de ce dressage de la plèbe ils passent à l’accomplissement de leurs devoirs plus élevés et plus agréables.

La commission du programme se dissout et la lutte pour la forme nouvelle des choses reprend la forme de la lutte pour le bon pain quotidien : c’est-à-dire, pour un député, l’indemnité parlementaire.

Tous les matins, M. le représentant du peuple se rend dans la grande maison et, sinon tout à fait dans l’intérieur, tout au moins dans l’antichambre où se trouvent les listes de présence. Au service du peuple, il y porte son nom, et il reçoit le juste salaire d’une petite indemnité pour ces continuels et harassants efforts.

Après quatre ans, ou bien au cours de semaines critiques, lorsque la dissolution des corporations parlementaires devient de plus en plus menaçante, une irrépressible et impétueuse tendance se manifeste chez ces messieurs. De même que le ver blanc ne peut que se changer en hanneton, de même ces chrysalides parlementaires abandonnent leur grand phalanstère et s’envolent sur leurs ailes neuves vers le bon peuple. Ils parlent de nouveau à leurs électeurs, leur racontent leurs énormes travaux et l’obstination mal intentionnée des autres ; souvent l’inintelligente masse, au lieu d’une reconnaissante approbation, leur lance à la figure des paroles hostiles.

Lorsque cette ingratitude du peuple arrive à un certain degré, un seul moyen peut y remédier : il faut raviver le brillant du parti, le programme a besoin d’être amélioré. La commission renaît et la duperie recommence comme précédemment. Vu la bêtise aussi dure que le granit de notre humanité, il n’y a pas à s’étonner du résultat. Sous la conduite de sa presse, ébloui par le nouveau et séduisant programme, le bétail à voter « bourgeois », aussi bien que prolétarien, revient à l’étable commune et élit à nouveau celui qui l’a déjà trompé.

Ainsi l’homme populaire et candidat des classes laborieuses redevient la chenille parlementaire. Il continue à manger sur la branche de la vie publique, y devient gros et gras, et, quatre ans après, se transforme de nouveau en un brillant papillon.

Il n’y a rien de plus déprimant que d’observer tous ces agissements dans la prosaïque vérité et d’être obligé d’assister à cette tromperie perpétuellement renouvelée. Avec un pareil fond de pourriture intellectuelle, on ne peut vraiment pas trouver, dans le camp bourgeois, la force nécessaire pour mener le combat contre la puissance organisée du marxisme.

D’ailleurs, ces messieurs n’y songent pas sérieusement. Si bornés et si imbéciles que l’on doive reconnaître ces médicastres parlementaires de la race blanche, on ne peut admettre qu’ils songent sérieusement à entrer en lutte, par le moyen d’une démocratie occidentale, contre les théories marxistes. Pour cette théorie en effet, tout le système démocratique n’est, en mettant les choses au mieux, qu’un moyen d’arriver à ses fins : elle l’utilise pour paralyser l’adversaire et se faire le champ libre. Et lorsqu’une partie du marxisme tente présentement, d’ailleurs fort adroitement, de donner l’illusion de son indissoluble attachement aux principes de la démocratie, il convient de ne pas oublier qu’à l’heure critique, ces messieurs ne se souciaient pas plus que d’un fifrelin d’une décision de la majorité selon la conception occidentale de la démocratie.

Aux jours où les parlementaires bourgeois voyaient la garantie de la sécurité du pays dans la monumentale inintelligence du nombre prépondérant, le marxisme, avec une troupe de rôdeurs de bas quartiers, de déserteurs, de bonzes de partis et de littérateurs juifs, s’empara en un tour de main du pouvoir, donnant un soufflet retentissant à cette même démocratie. C’est pourquoi il faut la crédulité d’un des chamanes parlementaires de notre démocratie bourgeoise pour s’imaginer que jamais la brutale résolution des profiteurs ou des suppôts de cette peste mondiale puisse être conjurée par les formules d’exorcisme du parlementarisme occidental.

Le marxisme marchera avec la démocratie aussi longtemps qu’il n’aura pas réussi à se gagner, poursuivant indirectement ses desseins destructeurs, la faveur de l’esprit national qu’il a voué à l’extermination. Mais si, il arrivait à la conviction que, dans le chaudron de sorcières de notre démocratie parlementaire, peut se cuisiner soudainement, quand ce ne serait que dans le corps législatif, une majorité qui s’attaque sérieusement au marxisme, alors le jeu de prestidigitation parlementaire serait bientôt fini. Les porte-drapeaux de l’internationale rouge adresseraient alors, au lieu d’une invocation à la conscience démocratique, un appel enflammé aux masses prolétariennes, et le combat serait d’un seul coup transplanté, de l’atmosphère croupissante des salles de séances des parlements, dans les usines et dans la rue. Ainsi la démocratie serait immédiatement liquidée ; et ce que n’a pu réaliser dans les parlements la souplesse d’esprit de ces apôtres populaires, réussirait avec la rapidité de l’éclair aux pinces et marteaux de forge des masses prolétariennes surexcitées ; exactement comme en automne 1918, elles montreraient d’une façon frappante au monde bourgeois comme il est insensé de penser arrêter la conquête mondiale juive avec les moyens dont dispose la démocratie occidentale.

Comme nous l’avons dit, il faut un esprit crédule pour se lier, en présence d’un tel partenaire, à des règles qui, pour le dernier, ne sont que bluffs, ou ne servent qu’à lui, et qui seront jetées par-dessus bord aussitôt qu’elles ne lui assureront plus d’avantages.

Dans tous les partis bourgeois, la lutte politique se résume en fait à une dispute pour quelques sièges au Parlement, lutte où les principes sont, en cas de besoin, jetés par-dessus bord comme un sac de lest, et leurs programmes s’en ressentent, tout comme leur puissance propre. Il leur manque cette forte attraction magnétique qui ne peut s’exercer sur la masse que par l’emprise de grandes idées, cette force de conviction que donne, seule, la foi absolue en ses principes et la résolution fanatique de les faire triompher. Mais au moment où l’un des partis, muni de toutes les armes d’une conception philosophique, fût-elle mille fois criminelle, marche à l’assaut contre un ordre établi, l’autre en est réduit à la résistance, s’il ne prend la forme d’un nouveau dogme, dogme politique dans le cas présent, et ne remplace les faibles et lâches paroles de défense par le cri de guerre d’une attaque courageuse et brutale. Aussi quand d’aucuns, tout particulièrement les ministres soi-disant nationaux des postes bourgeois, ou le centre bavarois, adressent à notre mouvement l’astucieux reproche de travailler pour une révolution, nous ne pouvons faire qu’une réponse à cette conception politique de quatre sous : certainement, nous tâchons de regagner ce que vous avez, dans votre criminelle bêtise, laissé échapper. Vous avez contribué, par votre maquignonnage parlementaire, à entraîner la nation vers l’abîme ; mais nous allons, par l’établissement d’une nouvelle conception philosophique et l’inébranlable et fanatique défense de ses principes, construire pour notre peuple les degrés par lesquels il pourra un jour s’élever de nouveau vers le temple de la liberté.

Ainsi notre premier soin, au temps de la fondation de notre mouvement, devait être toujours de veiller qu’une troupe formée par les soldats d’une sublime conviction ne devienne une association pour favoriser les intérêts parlementaires.

La première des mesures préventives fut la création d’un programme qui, systématiquement, accusait des tendances de nature, par leur ampleur même, à tenir à distance les esprits débiles et mesquins de nos partis politiques d’aujourd’hui. Combien nous avions raison de juger nécessaires des buts aussi fortement marqués pour notre programme, on le comprend avec évidence au spectacle de la fatale faiblesse qui finit par amener l’écroulement de l’Allemagne.

La connaissance de ces faits devait conduire à une nouvelle conception de l’État, laquelle, à son tour, constitue une partie essentielle de notre nouvelle conception du monde.

* * *

Je me suis déjà, dans le premier volume, expliqué sur le mot völkisch, lorsque j’ai dû poser en fait que ce terme n’a pas une signification assez précise pour qu’on puisse en faire la base d’une communauté d’action et de lutte. Tout ce que l’on peut imaginer de plus essentiellement différent se groupe aujourd’hui sous le pavillon du mot völkisch. Avant donc que de passer aux problèmes et aux buts du Parti ouvrier allemand national-socialiste, je voudrais préciser le sens du mot völkisch, et les rapports qu’il a avec notre mouvement.

Le terme völkisch apparaît aussi peu clairement défini, il peut être interprété d’autant de façons, et servir dans la pratique à des usages presque aussi nombreux que le mot « religieux ». On ne peut guère non plus attacher à ce qualificatif une acception absolument précise, qu’il s’agisse de définition théorique ou d’acception usuelle. Le terme « religieux » ne peut être conçu qu’en rapport avec une forme bien déterminée des réalisations qui sont les siennes. C’est une très belle appréciation, le plus souvent aussi fondée, quand on qualifie la nature d’un homme de « profondément religieuse ». Sans aucun doute, d’aucuns seront-ils satisfaits d’une appréciation aussi universelle ; pour certains même, elle pourra évoquer l’image plus ou moins nette d’un certain état d’âme. Mais la grande masse ne se compose pas seulement des philosophes et des saints. Une pareille idée religieuse tout à fait générale ne fera le plus souvent que rendre à chacun sa liberté de pensée et d’action. Elle ne sera nullement mobile d’actions, comme le devient le sentiment religieux profond, au moment où un dogme précis prend forme dans le monde indéterminé de la métaphysique pure. Certes ce dogme n’est pas un but « en soi », mais un moyen ; mais moyen inévitablement nécessaire pour atteindre le but. Ce but cependant n’est pas purement idéal ; tout au contraire, au fond, il est éminemment pratique. Il faut, en effet, se rendre compte que les idéals les plus hauts correspondent toujours à de profondes nécessités vitales ; tout comme les canons de la beauté la plus parfaite découlent logiquement, en dernière analyse, de l’utilité.

En même temps que la foi aide à élever l’homme au-dessus du niveau d’une vie animale et paisible, elle contribue à raffermir et à assurer son existence. Que l’on enlève à l’humanité actuelle les principes religieux, confirmés par l’éducation, qui sont pratiquement des principes de moralité et de bonnes mœurs ; que l’on supprime cette éducation religieuse sans la remplacer par quelque chose d’équivalent, et on en verra le résultat sous la forme d’un profond ébranlement des bases de sa propre existence. On peut donc poser en axiome que non seulement l’homme vit pour servir l’idéal le plus élevé, mais aussi que cet idéal parfait constitue à son tour pour l’homme une condition de son existence. Ainsi se ferme le cercle.

Naturellement, dans la définition tout à fait générale du mot « religieux » sont incluses des notions ou des convictions fondamentales, par exemple celles de l’immortalité de l’âme, la vie éternelle, l’existence d’un être supérieur, etc. Mais toutes ces pensées, quelque persuasion qu’elles exercent sur l’individu, demeurent soumises à son examen critique et à des alternatives d’acceptations et de refus, jusqu’au jour ou la foi apodictique prend force de loi sur le sentiment et sur la raison. La foi est l’instrument qui bat la brèche et fraie le chemin à la reconnaissance des conceptions religieuses fondamentales.

Sans un dogme précis, la religiosité, avec ses mille formes mal définies, non seulement serait sans valeur pour la vie humaine, mais, en outre, contribuerait sans doute au délabrement général.

Il en est de même du qualificatif völkisch que du terme « religieux ». Lui aussi contient diverses notions fondamentales. Mais bien que de la plus haute importance, elles sont sous une forme si mal définie qu’elles ne s’élèveront pas au-dessus de la valeur d’une simple opinion admise, tant qu’elles ne seront pas envisagées comme principes fondamentaux dans le cadre d’un parti politique. Car la réalisation d’un idéal théorique et de ses conséquences logiques résulte aussi peu du simple sentiment ou du seul fait d’une volonté intérieure des hommes, que la conquête de la liberté ne provient de l’aspiration universelle vers cet état. Non, ce n’est que quand la poussée idéale vers l’indépendance reçoit l’organisation de combat et une puissance militaire que l’ardent désir d’un peuple peut se changer en une magnifique réalité.

Une opinion philosophique a beau être mille fois juste et viser un plus grand bien de l’humanité, elle demeurera sans valeur pratique pour la vie d’un peuple, aussi longtemps que ses principes ne sont pas devenus la bannière d’un mouvement agissant. À son tour, ce mouvement restera simple parti, tant que son action n’aura pas abouti à la victoire de ses idées, et que ses dogmes de parti ne seront pas devenus pour un peuple les lois de base de sa communauté.

Mais lorsqu’une conception abstraite de caractère général doit servir de base à une évolution à venir, alors la condition première est de faire toute lumière sur la nature et sa portée. Ce n’est que sur une telle base que l’on peut créer un mouvement puisant la force nécessaire à la lutte dans l’unité de ses convictions. C’est à partir de concepts généraux que l’on doit bâtir un programme politique et c’est sur la base d’un système philosophique que l’on doit appuyer un dogme politique déterminé. Ce dernier ne doit pas viser un but inaccessible, et s’attacher exclusivement aux idées, mais aussi tenir compte des moyens de lutte qui existent et que l’on peut mettre en œuvre pour leur victoire. À une conception spirituelle théoriquement juste, et qu’il appartient à celui qui trace le programme de mettre en avant, doit donc se joindre la science pratique de l’homme politique.

Ainsi un idéal éternel doit malheureusement, pour servir d’étoile conductrice à l’humanité, accepter les faiblesses de cette même humanité pour ne pas faire naufrage dès le départ à cause de l’imperfection humaine. À celui qui a reçu la révélation, il faut adjoindre celui qui connaît l’âme du peuple, qui extraira du domaine de l’éternelle vérité et de l’idéal ce qui est accessible aux humbles mortels et qui lui fera prendre corps.

Cette transmutation d’un système philosophique idéalement vrai en une communauté politique de foi et de combat nettement définis, organisée rigidement, animée d’une seule croyance et d’une même volonté, voilà le problème essentiel ; toutes les chances de victoire d’une idée reposent entièrement sur l’heureuse solution de ce problème. C’est alors que, de cette armée de millions d’hommes, tous plus ou moins clairement pénétrés de ces vérités, certains même allant peut-être jusqu’à la comprendre en partie, un homme doit sortir qu’anime une puissance d’apôtre. Des idées nébuleuses de grand public, il extrait des principes fermes comme le granit, il mène la lutte pour la vérité unique qu’ils contiennent ; jusqu’à ce que, des vagues agitées du libre monde des idées, émerge le roc solide de l’union de ceux qui communient dans une même croyance et une même volonté.

D’un point de vue universel, la nécessité justifie le droit d’agir ainsi ; le succès justifie le droit de l’individu.

* * *

Si nous essayons de sortir du mot völkisch le sens le plus intime, nous arriverons à la constatation suivante :

La conception philosophique courante aujourd’hui consiste généralement, au point de vue politique, à attribuer à l’État lui-même une force créatrice et civilisatrice. Mais il n’y aurait que faire des conditions préalables de race ; l’État résulterait plutôt des nécessités économiques ou, dans le meilleur cas, du jeu des forces politiques. Cette conception fondamentale conduit logiquement à une méconnaissance des forces primitives liées à la race, et à sous-estimer la valeur de l’individu. Celui qui nie la différence entre les races, en ce qui concerne leur aptitude à engendrer des civilisations, est forcé de se tromper aussi quand il juge les individus. Accepter l’égalité des races entraîne à juger pareillement les peuples et les hommes. Le marxisme international n’est lui-même que la transformation, par le Juif Karl Marx, en une doctrine politique précise d’une conception philosophique générale déjà existante. Sans cet empoisonnement préalable, le succès politique extraordinaire de cette doctrine n’eût pas été possible. Karl Marx fut simplement le seul, dans le marécage d’un monde pourri, à reconnaître avec la sûreté de coup d’œil d’un prophète les matières les plus spécifiquement toxiques ; il s’en empara, et, comme un adepte de la magie noire, les employa à dose massive pour anéantir l’existence indépendante des libres nations de ce monde. T’out ceci d’ailleurs au profit de sa race.

Ainsi la doctrine marxiste est, en résumé, l’essence même du système philosophique aujourd’hui généralement admis. Pour ce motif déjà, toute lutte contre lui de ce que l’on appelle le monde bourgeois est impossible, et même ridicule, car ce monde bourgeois est essentiellement imprégné de ces poisons et rend hommage à une conception philosophique qui, d’une façon générale, ne se distingue de la conception marxiste que par des nuances ou des questions de personnes. Le monde bourgeois est marxiste, mais croit possible la domination de groupes déterminés d’hommes (la bourgeoisie), cependant que le marxisme lui-même vise délibérément à remettre ce monde dans la main des Juifs.

Au contraire, la conception « raciste »1 fait place à la valeur des diverses races primitives de l’humanité. En principe, elle ne voit dans l’État qu’un but qui est le maintien de l’existence des races humaines. Elle ne croit nullement à leur égalité, mais reconnaît au contraire et leur diversité, et leur valeur plus ou moins élevée. Cette connaissance lui confère l’obligation, suivant la volonté éternelle qui gouverne ce monde, de favoriser la victoire du meilleur et du plus fort, d’exiger la subordination des mauvais et des faibles. Elle rend ainsi hommage au principe aristocratique de la nature et croit en la valeur de cette loi jusqu’au dernier degré de l’échelle des êtres. Elle voit non seulement la différence de valeurs des races, mais aussi la diversité de valeurs des individus. De la masse se dévoile pour elle la valeur de la personne, et par cela elle agit comme une puissance organisatrice en présence du marxisme destructeur. Elle croit nécessaire de donner un idéal à l’humanité, car cela lui paraît constituer la condition première pour l’existence de cette humanité. Mais elle ne peut reconnaître le droit d’existence à une éthique quelconque, quand celle-ci présente un danger pour la survie de la race qui défend une éthique plus haute ; car, dans un monde métissé et envahi par la descendance de nègres, toutes les conceptions humaines de beauté et de noblesse, de même que toutes les espérances en un avenir idéal de notre humanité, seraient perdues à jamais.

La culture et la civilisation humaines sont sur ce continent indissolublement liées à l’existence de l’Aryen. Sa disparition ou son amoindrissement feraient descendre sur cette terre les voiles sombres d’une époque de barbarie.

Mais saper l’existence de la civilisation humaine en exterminant ceux qui la détiennent, apparaît comme le plus exécrable des crimes. Celui qui ose porter la main sur la propre image du Seigneur dans sa forme la plus haute, injurie le Créateur et aide à faire perdre le paradis.

La conception raciste répond à la volonté la plus profonde de la nature, quand elle rétablit ce libre jeu des forces qui doit amener le progrès par la sélection. Un jour, ainsi, une humanité meilleure, ayant conquis ce monde, verra s’ouvrir librement à elle tous les domaines de l’activité.

Nous sentons tous que, dans un avenir éloigné, les hommes rencontreront des problèmes que, seul, pourra être appelé à résoudre un maître-peuple de la plus haute race, disposant de tous les moyens et de toutes les ressources du monde entier.

* * *

Bien évidemment, un examen aussi général du contenu abstrait d’une conception philosophique raciste peut mener à mille interprétations. En fait, il n’est pas une de nos jeunes créations politiques qui ne se réclame sur quelque point de cette théorie. Cependant, leur existence simultanée prouve justement la diversité de leurs conceptions. Ainsi, à la philosophie marxiste, dirigée par une organisation centralisée, s’oppose un ramassis de conceptions que l’on peut d’ores et déjà juger peu efficaces en présence du front serré ennemi. On ne remporte pas de victoires avec des armes aussi faibles. C’est seulement quand s’opposera à la conception philosophique internationaliste – dirigée politiquement par le marxisme organisé – le front unique d’une conception philosophique raciste qu’une égale énergie au combat fera se ranger le succès du côté de l’éternelle vérité.

Mais, pour organiser la mise en application d’une conception philosophique, il est tout d’abord indispensable d’en poser une définition précise ; ce que les dogmes représentent pour la foi, les principes fondamentaux du parti le représentent pour un parti politique en formation.

Il faut donc assurer à la conception raciste un instrument de combat, de même que l’organisation de parti marxiste fait le champ libre pour l’internationalisme.

C’est ce but que poursuit le Parti national-socialiste allemand.

Fixer ainsi pour le parti la doctrine raciste est la condition préalable du succès des conceptions racistes. La meilleure preuve en est donnée indirectement par les propres adversaires de ce regroupement du parti. Ceux-là même qui ne se lassent pas d’affirmer que les conceptions racistes ne sont nullement l’apanage d’un seul, mais, au contraire, qu’elles sommeillent ou « vivent » au cœur de Dieu sait combien de millions d’hommes, que ceux-là vérifient donc que la présence effective de ces conceptions n’a jamais pu justement s’opposer en rien au triomphe des conceptions adverses, défendues par un parti politique classique. S’il en était autrement, le peuple allemand aurait déjà nécessairement remporté aujourd’hui une gigantesque victoire, et il ne serait pas sur le bord de l’abîme. Ce qui a assuré le succès des conceptions internationalistes, c’est leur défense par un parti organisé sous forme de sections d’assaut (Sturmabteilung : S. A.). Si les conceptions opposées ont succombé, c’est faute d’un front unique de défense. Ce n’est pas en développant sans limites une théorie générale, mais dans la forme limitée et ramassée d’une organisation politique qu’une conception philosophique peut combattre et triompher.

J’ai donc considéré que ma propre tâche était de dégager de la riche et informe substance d’une conception philosophique générale les idées essentielles, de les mettre sous une forme plus ou moins dogmatique. Ainsi élaguées et clarifiées, elles pourront grouper ceux des hommes qui voudront s’y astreindre. Autrement dit : le Parti national-socialiste des travailleurs allemands tire les caractères essentiels d’une conception raciste de l’univers, il en fait, compte tenu des réalités pratiques de l’époque, du matériel humain et de ses faiblesses, un ensemble doctrinal politique, qui pose dès lors lui-même, en une organisation aussi rigide que possible des grandes masses humaines, les bases du triomphe final de cette conception philosophique.

Chapitre II



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