Note d’intention architecturale








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date de publication22.12.2016
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Note d’intention architecturale

Préambule


Le campus universitaire du Quartier des facultés est construit au cœur d’une zone résidentielle de type pavillonnaire ou petit collectif. Il présente un ensemble bâti contrasté mais dont la vocation institutionnelle et la qualité architecturale sont indéniables. L’ensemble du campus se situe, pour partie en site inscrit, pour partie à proximité d’un monument historique. L’avis de l’Architecte des Bâtiments de France est donc sollicité pour toute demande de permis de construire. Au-delà de cet aspect administratif, la participation de l’Architecte des Bâtiments de France est apparue indispensable au maître d’ouvrage afin de construire ensemble la présente note d’intention architecturale.

Le maître d’ouvrage s’est également adjoint les compétences de plusieurs experts : MM Bruno Fortier et Paul Chemetov, missionnés par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre des ateliers Campus, spécifiquement pour le projet d’Aix-Quartier des Facultés sur les questions de circulation dans le campus et de devenir du bâtiment des lettres et sciences humaines ; Le cabinet Styles Architects (Maurice Culot et Jean-Paul Midant, architectes historiens de l’architecture), missionné par le même ministère pour mener une étude patrimoniale sur 9 campus, dont le volume aixois est annexé à la présente note ; le cabinet d’urbanistes 2DKS, membre du groupement de programmation missionné par l’université.

L’objet de cette note, qui reprend pour partie les études susmentionnées, est de présenter les différents points sur lesquels le maître d’ouvrage, associé à l’Architecte des Bâtiments de France, souhaite attirer l’attention des concepteurs. Elle vient en complément des études de programmation qui détaillent l’ensemble des opérations à mener ainsi que leurs fondements.

Les intentions architecturales partagées


Le contrat de partenariat PPP1-Aix-Quartier des facultés se compose principalement de cinq sous-opérations qui viendront mettre en valeur le patrimoine architectural de l’université. Ces sous-opérations ont des approches conceptuelles différentes qui ont amené le maître d’ouvrage à définir trois groupes architecturaux qui mobilisent des compétences distinctes.

  • Le réaménagement des espaces extérieurs (1), l’aménagement de la « place de la connaissance » et la création du petit restaurant de proximité (2) requièrent des compétences en urbanisme, paysage, urban-design et architecture, ainsi qu’une capacité à créer un lien fédérateur entre les différentes architectures du site.

  • La rénovation de la bibliothèque universitaire de Droit (3) requiert des compétences en rénovation de bâtiments patrimoniaux et en aménagement de bibliothèques.

  • La rénovation du bâtiment principal des lettres et sciences humaines (4) et le cœur de campus (5) requièrent une sensibilité particulière pour les bâtiments des années 60, une expérience en opération universitaire mais également une capacité à créer des espaces intérieurs dynamiques, colorés et pérennes à bas coût.

Le réaménagement des espaces extérieurs

Maillage du campus


En symbiose avec la ville d’Aix-en-Provence, le campus doit être organisé comme une liaison naturelle entre le parc Jourdan au nord et le site des Fenouillères au sud. Les circulations dans le campus seront, de plus, traitées comme des séquences différentes articulées les unes aux autres par des places équipées de fontaines. Leur traitement dialoguera avec les bâtiments qu’elles côtoieront et incitera les usagers du campus à découvrir, dans un effet baroque, la place suivante.

Ces places se présenteront comme autant de centres de vie pouvant accueillir des œuvres d’art monumentales, des expositions temporaires, des petits ouvrages éphémères participant du sentiment d’ébullition créative qui doit habiter le chercheur et l’étudiant.

Organisées autour de fontaines, en déclinaison moderne des places du cœur historique d’Aix-en-Provence, ces espaces ancreront le campus dans son territoire en rappelant que la ville doit sa richesse à ses sources d’eau, et qu’un petit ruisseau, maintenant tubé, coule en bordure de parcelle.

Un soin particulier est attendu de la part des concepteurs quant aux surfaces de cheminement, les plus épurées possibles, compte tenu de la qualité existante des volumes et de l’architecture, et des mises en perspective attendues. Les matériaux employés devront être pérennes et répondre aux objectifs d’usage (notamment résistance au poinçonnement et non-glissance).

Les luminaires extérieurs actuels, très insuffisants et peu esthétiques ne présentent pas de caractère patrimonial. Leur remplacement permettra de mener une réflexion globale sur l’éclairage du site (cheminements et, mise en lumière des points notables).

La conception des espaces extérieurs devra bien évidemment intégrer, outre la mise en lumière, une signalétique et un mobilier urbain extrêmement robuste et adapté aux usages du campus.

Le stationnement des véhicules motorisés


L’université, en devenant université de masse à la fin des années 60, a étonnamment appliqué certains préceptes de la grande distribution, dont le « no parking, no business » de Bernardo Trujilo. Le campus s’est ainsi transformé en un vaste parking. La politique en matière de transports en commun qui doit être mise en œuvre par les collectivités dans le cadre de l’opération Campus permet d’entrevoir une sortie au modèle « tout voiture ».

Le parking, encore nécessaire aujourd’hui, doit céder la place à des cheminements doux, à des lieux d’échanges.

Le renvoi de la fonction véhicule motorisé en bordure de parcelle impose un traitement fin de la liaison avec les parcelles adjacentes. Une partie des places de parking pourrait être semi-couverte pour améliorer le confort des usagers et accroître les espaces verts.

De plus, le parking silo, rendu obligatoire pour maintenir la jauge actuelle cohérente avec le ratio usuel d’un véhicule pour trois personnels universitaires, est un bâtiment qui ne saurait se contenter du traitement fonctionnaliste habituel pour ce type de construction. Un grand effort d’intégration dans le campus (par une végétalisation dense des façades par exemple) est attendu pour ce bâtiment qui doit s’inscrire avec politesse dans l’ensemble très structuré. Son architecture devra être en cohérence avec la logique de rejet du véhicule qui prévaut aussi bien dans le quartier qu’à l’université. Elle doit annoncer et paradoxalement symboliser l’après pétrole.

L’aménagement de la « place de la connaissance » et la création du petit restaurant de proximité

La restauration de la « Place de la connaissance »


La suppression des places de stationnement actuellement implantées sur la place basse de la faculté de Droit laisse la place à de vastes espaces que l’université peut de nouveau exploiter. Situés en terrasse de la roseraie et conformément au projet initial, ces espaces peuvent, en outre, redevenir une vitrine universitaire ouverte sur la Ville. Le plan d’origine est toujours d’actualité :

  • l’alignement de platanes marque le cheminement nord-sud, il crée une zone ombragée particulièrement adaptée à la région,

  • Le petit bassin central créera une source de fraicheur. Agrémenté d’un système de circulation type fontaine, il pourrait même contribuer à l’amélioration sensible de l’acoustique du lieu,

Le concept d’origine n’a pu être exprimé totalement dans le plan masse du fait d’un découpage parcellaire malheureux. L’acquisition récente par la CPA des parcelles jouxtant la roseraie laisse entrevoir la possibilité de prolonger le parapet de la roseraie par un système éventuellement en encorbellement, visible depuis la rue. L’actuelle chicane qui nuit à la lecture de la rotule de la place pourrait ainsi être gommée et la liaison vers le bâtiment des lettres et sciences humaines améliorée.

La place basse créera ainsi une liaison douce entre la bibliothèque de Droit et le petit bâtiment de restauration. Un soin particulier sera apporté à son pavement et à son mobilier.

La création d’un petit bâtiment de restauration


Le petit bâtiment devra être pensé comme une œuvre d’art moderne, une « folie » en dialogue raffiné avec l’architecture néo-classique alentour et magnifiant la rotule de la place. Le choix sera néanmoins laissé aux concepteurs de conserver ou de démolir l’actuel amphithéâtre Boulan, très dégradé.

Rénovation de la bibliothèque universitaire de Droit


Cet édifice, remarquable par son plan, sa fonctionnalité et son style a été labellisé « patrimoine du XXe siècle » en 2006. Actuellement affecté à plusieurs fonctions (restaurant, bibliothèque et service patrimoine), le bâtiment doit être rendu à sa fonction d’origine : la bibliothèque.

Les contraintes d’accessibilité, la liaison avec la place basse (prévue depuis l’origine car l’alignement de platanes se prolonge jusqu’à la façade de la bibliothèque), la volonté de pouvoir ouvrir la bibliothèque côté rue indépendamment du reste du campus, l’évolution des standards de sûreté dans les bibliothèques, les contraintes de sécurité,… sont autant d’éléments qui amènent à réorganiser l’aménagement intérieur de ce bâtiment.

À l’occasion de cette réorganisation, les modifications apportées au fil du temps sur le bâtiment (mezzanine, escaliers, rampe handicapée extérieure…) seront remises en question dans l’optique de retrouver l’esprit d’origine du bâtiment.

À l’exception de la création d’une entrée basse pour le public qui permettra de supprimer la rampe handicapés extérieure, et d’envisager un autre usage du patio, plus tourné vers la bibliothèque, le concepteur s’inscrira dans une dynamique de restauration : respect des parements, clairs de vitrage, couverture, et maintien ou diminution de l’impact visuel des excroissances.

Les emplacements de stationnement polluant la vue de ce bâtiment majeur seront bien évidemment supprimés.

Rénovation du bâtiment principal des Lettres et sciences humaines

Reprise des façades


Les façades du bâtiment sont dans un état de dégradation avancée qui masque aux usagers les qualités du dessin original. Les éléments fondamentaux de ce dessin ne doivent pas être remis en question :

  • les lignes de force et proportions qui le composent

  • le rythme des poteaux créant un ordre monumental serré,

  • la masse du socle sur deux niveaux, coupée par la barre dont le travail sur les nus de façades crée un ordre à la fois vertical (maintien de la trame) et horizontal (changement du thème sur les trois niveaux hauts)

  • l’étage d’attique avec voutains en partie périphérique,

En tout état de cause, le curage des pierres est à prévoir. Selon M. Paul Chemetov, la solution qui consiste à « utiliser de l’enduit ou un parement en pierres sur le même calepinage accentuerait les côtés les plus contestables de ce bâtiment qui allie une écriture architecturale évoquant « le retour à l’ordre » de l’architecture italienne des années 30 et 40 ».

De plus, le calepinage de la façade, réalisé par un caroyage qui suit peu les éléments constructifs ne participe pas, en tout état de cause, de la composition d’ensemble et l’université se range a priori à l’avis de M. Chemetov quant à l’usage d’un parement par enduit.

Des menuiseries en PVC ont remplacé les menuiseries métalliques d’origine, diminuant ainsi le clair de vitre et ajoutant une lourdeur non attendue dans l’élévation. Le remplacement de ces fenêtres par des systèmes plus fins, à stores intégrés, créant une vibration nouvelle mais mesurée de la façade, est attendu.

Valorisation des volumes originaux


Le patio nord, actuellement délaissé, dispose de dimensions magistrales (1600 m², surface sensiblement égale à celle de la cour du Grand Commun du Château de Versailles). Un traitement minéral éventuellement organisé autour d’un point d’eau rendrait à cette composition la force architecturale perdue lors de la construction du bâtiment Portalis qui vient obstruer l’axe visuel ouvert. Dans le même ordre d’idées, un bâtiment récent occupe le patio central d’origine. Il conviendrait de le démolir afin de mettre en valeur la clarté néo classique de la conception d’origine par un aménagement végétal maîtrisé propice à la réflexion. Le patio du sud pourra bénéficier, quant à lui, d’un traitement adapté à la fonction de restauration des personnels et aux échanges informels.

Par ailleurs, l’étroitesse des terrasses, les édicules et gaines qui les encombrent, la nécessité de prévoir des chemins d’entretien poussent à proscrire l’installation de panneaux photovoltaïques et à penser les toitures terrasses, largement visibles depuis les étages et les environs, comme une cinquième façade.

Enfin, l’adjonction d’un volume d’habitation au R+7 au-dessus de l’attique pose un problème formel qui pourrait être résolu par démolition de ce volume.

Restructuration des circulations intérieures et notamment verticales


Les circulations verticales du bâtiment des lettres et sciences humaines sont inadaptées au nombre d’étudiants qu’abrite le bâtiment et participent au caractère involontairement labyrinthique de l’ouvrage. Une restructuration lourde est donc envisagée sur ce point.

Les circulations horizontales souffrent, quant à elles, de leur longueur. La création d’espaces de convivialité ouvrant ponctuellement la circulation sur la façade, alliée à un traitement adapté de la lumière et des parements devrait toutefois suffire à rendre agréables ces espaces qui ont le défaut de n’être que fonctionnels.

Rénovation intérieure


La totalité du bâtiment avait reçu des sols en terrazzo qu’il serait regrettable de démolir à l’occasion de la rénovation souhaitée. Les concepteurs sont invités à s’inspirer dans leurs préconisations d’un tel système constructif, à la fois souple dans sa mise en œuvre et pérenne. Pour autant, la rénovation des espaces intérieurs ne saurait se limiter à une remise à l’état d’origine. Les concepteurs sont fortement invités à proposer des ambiances dynamiques sensuelles et colorées, tout en prenant soin de prescrire des systèmes pérennes low-tech.

Création d’un cœur de campus


Les façades tramées de l’actuelle bibliothèque universitaire de lettres et sciences humaines pourraient requérir un traitement identique à celui qui sera retenu pour le bâtiment principal des LSH de façon à conserver l’homogénéité architecturale qui unit ces deux bâtiments.

Ce bâtiment à base carrée, plus trapu que le bâtiment principal LSH malgré une même trame serrée, a été conçu pour une vie intérieure posée et non une ouverture sur l’extérieur.

Pour autant, ce bâtiment doit devenir l’élément principal du cœur de campus, un outil dynamique de mixité ouvert sur la Ville et sur la professionnalisation.

C’est pourquoi il est demandé aux concepteurs de dynamiser, de faire vibrer (en teinte, brillance ou transparence…) les parties en creux de la façade de façon à accentuer l’élancement des poteaux. Une plus grande latitude d’interprétation de la façade, et notamment du marquage des entrées en rapport avec les places haute et basse sera laissée aux concepteurs.

L’aménagement intérieur sera quant à lui totalement revu. Les concepteurs ont totale latitude à conserver ou non des éléments existants.

Les places haute et basse au nord du bâtiment font partie intégrante du dispositif de cœur de campus. Elles s’approchent en cela de la « place de la connaissance » dont elles partagent les objectifs.

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