De toutes les personnes de 60 ans et plus, présentes dans les établissements entrant dans le champ de l’étude








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date de publication26.03.2017
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Les soins de santé en maisons de retraite, foyers logements

et services de soins de longue durée au niveau national

Dr Patrice Prévost

Dr Claire Vuillemin

Dr Pierre Fender
CNAMTS / DSM - 27 février 2003

A la demande de la mission Marthe, le service médical du régime général d’Assurance Maladie a réalisé en 2001 une enquête évaluant les besoins liés à la perte d’autonomie et, à l’aide du modèle PATHOS, les besoins liés aux pathologies, chez les personnes âgées hébergées dans les maisons de retraite et foyers logements ayant fait l’objet d’une étude budgétaire en 1999, et dans l’ensemble des services de soins de longue durée inclus dans un échantillon représentatif de ce type de structure au niveau national, l’échantillon « Ernest ».

Matériel et méthode
Il s’agit d’une enquête descriptive transversale évaluant, un jour donné, l’état de santé global (la perte d’autonomie est mesurée par le modèle AGGIR et les pathologies décrites par le modèle PATHOS) de toutes les personnes de 60 ans et plus, présentes dans les établissements entrant dans le champ de l’étude.
Ces évaluations ont été réalisées entre juin et août 2001, dans l’ensemble des régions, par les médecins conseils du régime général d’Assurance Maladie ayant reçu une formation aux outils AGGIR et PATHOS, en étroite collaboration avec le personnel soignant des structures (toutes les données saisies sont des données validées par le service médical).
Les établissements concernés par l’étude



MR Maisons de retraite

1 rattachées à un hôpital public avec SCM

2 publiques non rattachées à un hôpital, avec SCM

3 privées à but non lucratif, avec SCM

4 publiques et privées à but non lucratif, sans SCM

5 privées à caractère commercial, sans SCM

FL Logements foyers

6 habilités à l’aide sociale

7 non habilités à l’aide sociale

SLD Services de soins de longue durée

8 tous services de soins de longue durée



Les établissements sélectionnés pour « l’étude Pathos » regroupent la totalité des services de soins de longue durée de cet échantillon Ernest et, en ce qui concerne les maisons de retraite et foyers logements, les seuls établissements pour lesquels l’ensemble des données comptables a pu être traité par la CNAMTS et la mission Marthe en 1999 pour simuler l’effet budgétaire de la réforme, soit 413 établissements au total comportant 29 555 places ou lits en 1999.

Le recueil des données
Il est habituel de distinguer les soins de base (aide aux actes essentiels de la vie et soins d’hygiène) imposés par la perte d’autonomie corporelle et mentale et les soins médicaux et techniques liés aux pathologies. Pour chaque personne de 60 ans et plus présente au moment de l’étude dans les structures sélectionnées, la perte d’autonomie est évaluée par le modèle AGGIR et la polypathologie (constante en gériatrie) par le modèle PATHOS.


  • Le modèle AGGIR (autonomie gérontologique et groupes iso-ressources) permet d’évaluer le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée par l’observation des activités que la personne effectue seule, puis de définir en fonction des activités réalisées, le groupe iso-ressources ou GIR auquel elle appartient [2].




  • Le modèle PATHOS, mis au point en partenariat par le SNGC et le service médical de la CNAMTS, permet d’évaluer les niveaux de soins nécessaires pour la prise en charge de la polypathologie des personnes âgées en établissement ou à domicile [3].


Le modèle consiste à identifier sur un thésaurus de 50 états pathologiques, tous ceux dont souffre la personne le jour de l’évaluation, chaque état pathologique étant qualifié par un profil de soins ou profil de stratégie thérapeutique choisi parmi 12 profils de soins possibles indiquant la « gravité » de la pathologie. A un état pathologique donné ne correspondant qu’un nombre limité de profils plausibles, 240 « couples état pathologique – profil » décrivent l’ensemble des situations pouvant être rencontrées en gériatrie.
Depuis 1999, deux indicateurs synthétiques ont été mis au point, et sont pris en compte dans cette étude : les « Soins Médico-Techniques Importants » et le « Pathos Moyen Pondéré ».(SMTI et PMP)

1/ Les « Soins Médicaux et Techniques Importants » ou SMTI correspondent à la nécessité d’une prise en charge par une structure disposant de moyens matériels et humains suffisants pour assumer correctement et en toute sécurité des pathologies « lourdes » évolutives et/ou instables. Un patient est « SMTI » quand il présente un ou plusieurs couples état pathologique - profil imposant une permanence infirmière 24 heures sur 24 et une surveillance médicale rapprochée pluri-hebdomadaire.
En outre, les populations « SMTI » et « non SMTI » peuvent être subdivisées en « groupes de patients proches » ou GPP [4, 5], exclusifs les uns des autres et rassemblant des personnes ayant des besoins quantitativement et qualitativement comparables.

SMTI :

GPP1 Pronostic vital en jeu au quotidien (profil T1)

GPP2 Prise en charge psychiatrique de crise (profil P1, sans T1)

GPP3 Rééducation intensive SMTI (certains profils R1, sans T1 ou P1)

GPP4 Soins palliatifs (profil M1, quels que soient les profils associés)

GPP5 Les autres situations SMTI

Non SMTI :

GPP6 Les déments susceptibles d’être perturbateurs non SMTI

GPP7 Les mourants non lucides (profil M2)

GPP8 Les pathologies chroniques stabilisées (seuls profils S1 ou S0)

GPP9 Les autres situations non SMTI
Comme le GIR, SMTI et GPP sont des outils d’analyse d’une population et non des critères de prise de décision ou d’orientation pour un individu isolé [6].
2/ Le « Pathos Moyen Pondéré » ou PMP est un indicateur globalisé de charge en soins médicaux et techniques pour une population donnée. Il correspond, dans cette population, à la somme des points de niveaux de soins dans les huit postes de ressources pondérés par un coefficient variable selon les postes, exprimé en moyenne par individu.
Un même GMP peut recouvrir des situations cliniques sensiblement différentes (prédominance locomotrice ou mentale de la perte d’autonomie) mais correspond à des charges en soins de base identiques ne faisant intervenir qu’un seul type de professionnels (les aides soignantes).

En revanche, les soins de santé mesurés par le PMP font appel à de multiples intervenants "résumés" dans les huit postes de soins. C’est-à-dire qu’un même PMP peut être une conjugaison très variable des niveaux de soins nécessaires dans ces huit postes, et ne pas recouvrir les mêmes réalités.
En résumé :

L’intérêt des modèles AGGIR et PATHOS réside dans la possibilité de décrire de façon synthétique l’état de santé d’un individu et/ou d’une population, de caractériser le recrutement d’une structure et de définir pour cette structure, ou tout autre population, les ressources devant être mobilisées, en prenant en compte la perte d’autonomie et l’ensemble des pathologies présentées.
Les logiciels ARGOSS et GALAAD développés en même temps, l’un par le SNGC et l’autre par le service médical de la CNAMTS, intègrent les modèles AGGIR et PATHOS.
L’objet de « l’étude PATHOS » sera donc, dans un premier temps, d’évaluer les besoins de soins techniques liés aux pathologies afin de déterminer si ceux-ci peuvent expliquer la dispersion des dépenses de soins observée, c’est-à-dire de montrer l’intérêt de l’outil pour moduler les dotations pour les soins de santé dans les structures soumises à la réforme de la tarification des EHPAD.

Dans chaque structure, le modèle PATHOS déterminera, au travers du PMP, un besoin en soins médicaux et techniques moyen par individu, le GMP du modèle AGGIR mesurant le besoin moyen en soins de base.

Au-delà du simple aspect économique, l’intérêt descriptif du modèle PATHOS, bien mis en évidence dans les enquêtes antérieures du service médical [4, 5, 8], permettra de réaliser une analyse plus qualitative conduisant à une typologie de ces structures, notamment des services de soins de longue durée dont la redéfinition devait accompagner la réforme de la tarification des EHPAD. Or, il n’existe aucune étude à l’heure actuelle permettant de connaître, en dehors de la perte d’autonomie, la situation clinique et les besoins qui en découlent, des populations prises en charge par ces services sur l'ensemble du territoire national. Cet aspect qualitatif et descriptif passe notamment par les niveaux de soins dans les huit postes de ressources et les concepts de SMTI et de GPP.

Résultats



La population de l’étude

Les 413 structures concernées par l’étude transversale regroupent 28 550 personnes de 60 ans et plus, dont 7 587 en services de soins de longue durée, 19 097 en maisons de retraite et 1 866 dans les foyers logements (tableau 4).

la population de personnes âgées étudiée,

selon les strates
Maisons de retraite MR

1 Publiques rattachées avec SCM

2 Pub. non rattachées avec SCM

3 Privées avec SCM

4 Publiques et privées sans SCM


5 Privées à caractère commercial

Foyers logements FL


6 Habilités à l’aide sociale

7 Non habilités à l’aide sociale

SLD


8 Soins de longue durée


Strates

Etablissements

Personnes âgées




Nombre

Places

Effectif

1

2

3

4

5

6

7

8

54

83

58

33

42

20

11

112

5087

6522

4409

1759

2053

1133

787

7805

4962

6340

4179

1680

1936

1107

759

7587

Total

413

29555

28550



La perte d’autonomie : le modèle AGGIR
La perte d’autonomie des populations, par strate et par type de structure, est mesurée par le GIR Moyen Pondéré calculé à partir de la distribution des groupes iso-ressources (ou GIR) dans ces populations (lors de cette étude, le service médical a validé la distribution des GIR dans toutes les structures).
Le graphique objective la grande dispersion du GMP entre structures au sein d’une même strate, de la strate 1 à la strate 7 concernant les maisons de retraite et foyers logements. En maisons de retraite, le GMP varie de 70 à 900 pour une moyenne de 564 et en foyers logements de 107 à 690 pour une moyenne de 360.




Le GMP est très élevé et plus homogène dans les services de soins de longue durée (strate 8) où, à part un service atypique avec une valeur à 442, il varie de 699 à 968 pour une moyenne de 860.

La polypathologie : le modèle PATHOS
Le PMP mesuré dans notre étude ne peut être comparé qu'aux données issues de la base nationale gériatrique du service médical de 2° génération, intégrant depuis 1999 les études réalisées avec le modèle Pathos, regroupant 37 SLD, 42 maisons de retraite et 5 foyers logements non inclus dans l'étude de 2001






Coupe Pathos 2001

Base nationale Pathos




GMP

PMP

GMP

PMP

MR

FL

SLD

564

360

860

125

96

222

538

332

842

123

80

221


Les deux sources de données donnent des résultats tout à fait comparables dans les trois types de structure (surtout en SLD et maisons de retraite). Dans les deux cas, le PMP est assez homogène dans les établissements médico-sociaux et très dispersé dans les services de soins de longue durée.
Si les SLD sont le seul type de structure statistiquement représentatif a priori dans l'étude Pathos, ces différentes considérations montrent que les résultats observés en EMS peuvent être extrapolés à l'ensemble des maisons de retraite et foyers logements nationaux sans biais majeurs.


Graphique  : distribution du PMP par service, selon les strates (1 à 8)



Le PMP est inférieur à 200 dans 91 % des EMS contre 53 % des SLD .

Sur 30 services où le PMP dépasse 300 points, 5 seulement sont des EMS (moins de 2 % dans ce type de structures) et 25 sont des services de soins de longue durée (plus de 22 % des SLD).
La distribution du PMP par tranches est comparable entre MR et FL (test du Khi², p = 0.37) mais significativement différente (Khi², p < 0.001) entre SLD et EMS (MR + FL).

Les besoins moyens de soins par résident pour la prise en charge des pathologies varient peu entre structures dans les maisons de retraite et les foyers logements où la plus grande partie de la population est en effet « sujette aux pathologies courantes de l’âge ». Ces besoins sont en moyenne plus importants, et surtout plus dispersés en services de soins de longue durée.
Il n’existe pas de lien entre le GMP et le PMP mesurés dans les services En EMS, à part quelques exceptions, le PMP reste assez proche de 116 quel que soit le GMP. En SLD, à GMP identique, le PMP est très variable.

Le GMP, outil d’évaluation des besoins en soins de base liés à la perte d’autonomie, n’est bien évidemment pas un indicateur de charge en soins médico-techniques imposés par les pathologies.



Le PMP, mesurant cette charge en soins médicaux et techniques, objective des besoins assez stables entre structures au sein des maisons de retraite et des foyers logements, les besoins s’avérant par contre très variables entre services de soins de longue durée.


Le PMP, indicateur global synthétique mesurant ces besoins permet une approche plus fine, particulièrement intéressante pour les services de soins de longue durée


  • Le PMP reflète-t-il de façon cohérente, les variations dans la complexité des soins médico-techniques imposés par des populations ayant des problèmes de santé différents ? Des études réalisées sur les personnes âgées hospitalisées en médecine, chirurgie, psychiatrie et en services de soins de suite dans le département du Cher en 2000 et sur l'ensemble des établissements sanitaires de Bretagne en 2002 [8, 5] a permis notamment d'évaluer le PMP dans différents types de services de court séjour et de soins de suite. Ainsi, le PMP est en moyenne à 1285 en services de réanimation, 510 en court séjour médecine, 443 en chirurgie, 305 en soins de suite type convalescence, 450 en soins de suite de type rééducation et 250 en service de psychiatrie adulte.


En théorie, l'ajustement des dotations des établissements, quel que soit leur statut, pourrait donc se faire à partir du GMP déterminant les besoins en soins de base et du PMP évaluant les besoins en soins de santé, en situant chaque structure par rapport à une moyenne pour les deux indicateurs.

Cependant, limiter le modèle PATHOS au seul PMP appauvrit considérablement l’outil et ne permet pas d’évaluer la nature réelle qualitative des besoins, indispensable pour établir un projet d’établissement. Nous avons vu en effet que si la perte d’autonomie ne concerne qu’un type de professionnels (les aides soignantes), les soins de santé font appel à des intervenants multiples "résumés" en huit postes de soins bien analysés dans le modèle PATHOS :Geriatre, psychiatre, infirmière, kiné/ergo, psychologue , biologie, imagerie et médicaments.

La relative homogénéité du PMP en MR et FL confirme l’intérêt macroéconomique de la Do.Mini.C. Le PMP, indicateur global de besoins en soins de santé permet une approche beaucoup plus fine et peut constituer un "outil opérationnel" pour ajuster les dotations pour les soins de santé dans les établissements, surtout dans les services de soins de longue durée.

Cependant un même PMP peut recouvrir, en matière de moyens à mettre en oeuvre et d’organisation des structures, des réalités parfois très différentes. C’est-à-dire que le PMP ne doit jamais être dissocié des éléments qualitatifs apportés par le modèle PATHOS.
Seuls, la distribution des états pathologiques et des profils de stratégie thérapeutique, les effectifs dans certains groupes de patients proches et les niveaux de soins nécessaires dans les huit postes de ressources sont des éléments descriptifs permettant cette approche qualitative.

C’est cet aspect descriptif qualitatif qui va être abordé dans la deuxième partie des résultats de l’étude, dans la définition tout d’abord d’une typologie des services de soins de longue durée puis, à la lumière de cette typologie, dans la description des populations de quelques SLD et EMS, et dans la comparaison de structures ayant le même PMP.

Cette deuxième étape permet de définir une stratégie d’utilisation du modèle PATHOS dans les structures hébergeant des personnes âgées 

Éléments descriptifs du modèle PATHOS
La part de « patients SMTI » (soins médicaux et techniques importants) donne le pourcentage d’individus présentant une ou plusieurs pathologies lourdes, imposant une permanence infirmière et une surveillance médicale rapprochée, dans une population.

Le niveau de soins médico-techniques nécessaires à la prise en charge de l’ensemble des pathologies d’une population est mesuré par le PMP (Pathos Moyen Pondéré, indicateur global synthétique, somme des huit indicateurs de niveaux de soins nécessaires, pondérés, divisée par l’effectif de la population et exprimé en nombre moyen de points par personne).

La part de personnes SMTI et le PMP mesurent tous deux la «gravité» des pathologies présentes dans une population (ces deux indicateurs sont très logiquement corrélés, r = 0.894).


La part de patients SMTI et le PMP sont variables selon les strates et les types de structure


Strates

Structures

GMP

% SMTI

PMP

1

2

3

4

5

6

7

8

54

83

58

33

42

20

11

112

513

584

580

521

629

359

361

860

10.14

9.04

11.34

12.14

7.85

4.69

8.30

26.16

121

115

137

124

131

84

113

222


Types

Structures

GMP

% SMTI

PMP

MR

FL

270

31

564

360

9.96

6.20

125

96

EMS

SLD

301

112

508

860

8.99

26.16

116

222


Dans 46 services sur 413 il n’y a pas de patient SMTI, dont 39 maisons de retraite ou foyers logements. A l’opposé, la part de SMTI dépasse 25 % dans 74 structures dont 49 services de soins de longue durée. Les pathologies sont nettement plus « lourdes » en SLD.
SMTI et PMP sont variables entre services au sein d’un même type de structure, mais ces indicateurs sont beaucoup moins dispersés dans les maisons de retraite et foyers logements que dans les services de soins de longue durée.
La part de SMTI est inférieure à 20 % dans 80 % des EMS (maisons de retraite et foyers logements) et dans 55 % des SLD. La distribution du pourcentage de SMTI est comparable entre MR et FL (test du Khi², p = 0.58) mais significativement différente (Khi², p < 0.001) entre services de soins de longue durée et établissements médico-sociaux (EMS : MR + FL).



Typologie des services de soins de longue durée et analyse des ESM
Le modèle PATHOS permet de caractériser les besoins de soins d’une population au travers des indicateurs de niveaux de soins nécessaires dans huit postes de ressources (gériatre, psychiatre, infirmiers, rééducation, psychothérapie, biologie, imagerie et pharmacie). Une classification ascendante hiérarchique (CAH), réalisée à partir de ces huit indicateurs mesurés dans l’ensemble des services de soins de longue durée inclus dans l’étude, permet de définir des groupes homogènes de services (GHS).
Ce sont en effet les niveaux de soins nécessaires dans les différents postes qui vont distinguer les groupes entre eux.

Les groupes homogènes de services seront également caractérisés par quelques indicateurs non intégrés aux critères définissant la classification : la part de personnes présentant une pathologie "lourde" imposant une permanence infirmière et une surveillance médicale rapprochée (SMTI) et la place des "groupes de patients proches" (GPP) en isolant plus particulièrement parmi les SMTI les personnes relevant d’une rééducation intensive ou de soins palliatifs, et parmi les non SMTI les déments "susceptibles d’être perturbateurs" (GPP 6 : démences diagnostiquées en GIR 2 ou 3 ayant conservé une autonomie locomotrice, ou hors GIR 1 avec des troubles du comportement), population potentielle des "unités Alzheimer" posant des problèmes spécifiques.
Résultats
91 % des EMS ont un PMP inférieur à 200, les affections SMTI (permanence infirmière) ne concernent que 7 % de la population hébergée. Les "déments perturbateurs", clientèle potentielle des unités Alzheimer, imposant une architecture et un projet de soins spécifiques, regroupent 14 % des résidents.

Qu'en est-il de la prise en charge de cette population dans les maisons de retraite et foyers logements ?

Dans 9 % des EMS, où le PMP est supérieur à 200, la part de personnes SMTI à 35 % pose le problème de l'efficacité et de la sécurité des prises en charges, sachant que le pronostic vital est en jeu pour 0.5 % des résidents, qu'une prise en charge psychiatrique de crise en concerne 3 %, une rééducation intensive 5 %, des soins palliatifs 0.5 % et des recherches diagnostiques complexes 5 %… Plus de la moitié de ces pathologies "lourdes" sont entièrement assumées, hors sections de cure médicale, par les professionnels libéraux.
62 services (55 %) de SLD sont assez proches globalement des EMS avec 10 % de patients SMTI (9 % en EMS), des besoins en soins médicaux et/ou en rééducation fonctionnelle parfois supérieurs à ceux des EMS et une proportion variable de déments perturbateurs relevant d'une prise en charge spécifique. Les personnes ne souffrant que d'affections chroniques stabilisées justifiant une surveillance épisodique programmée représentent 40 % de la population de ces services (56 % en EMS). 4 services sont essentiellement des unités dites "Alzheimer" pour démence perturbatrice. En fait, seuls les 19 SLD du GHS 1 sont parfaitement superposables aux 91 % d'établissements médico-sociaux décrits plus loin où le PMP est inférieur à 200.

Dans toutes ces structures la présence de personnes atteintes d’un syndrome démentiel, perturbatrices pour les autres (« déambulance » et/ou troubles du comportement) nécessite une organisation architecturale et sanitaire spécifique avec un réel projet de soins.

50 services (45 %) de SLD ont des profils tout à fait différents avec notamment 41 % de patients SMTI, le recrutement de certains services ressemblant plus ou moins à celui des courts séjours gériatriques (CS) ou des services de soins de suite (SSR). Dans ces structures, un tiers des patients relèvent d'une prise en charge hospitalière (CS ou SSR).
les SLD compensant souvent les déficiences de la filière gériatrique dans les hôpitaux. Le redéfinition des SLD pose le problème de la nécessaire restructuration de la filière gériatrique au sein des établissements sanitaires.

Classification Ascendante Hiérarchique des 112 SLD à partir des niveaux de soins dans les 8 postes de ressssource.

GHS PMP SMTI% Nb
1 91 6.2 19

2 145 17.6 12

3 172 9.7 27

4 231 18.3 4

5 548 68.8 2

6 343 47.6 15

7 245 35.7 18

8 367 69.7 3

9 329 38.8 12

SMTI : % de personnes SMTI dans le groupe de services

Nb : nombre de services dans le groupe

Analyse de 112 services de Long séjour



Les groupes 1 à 3 rassemblent 58 établissements (soit 52 % des SLD) assez proches globalement des EMS, les trois groupes se distinguant par de légères variations dans les besoins : des niveaux faibles partout dans le groupe 1, un peu plus de SMTI dans le groupe 2, besoins en psychothérapie et en rééducation supérieurs dans le groupe 3

La moitié des SLD présentent donc des besoins en soins de santé peu différents de ceux des maisons de retraite et foyers logements (EMS). La présence de 11 % de patients « SMTI » pose le problème de la permanence infirmière, comme dans les EMS où la part de résidents SMTI est de 9 %. Par ailleurs, dans ces 58 SLD, les démences diagnostiquées concernent 60 % des patients dont près d’un tiers sont des « déments dits perturbateurs non SMTI » (17 % de la population versus 11 % en EMS où les perturbateurs représentent 42 % de l’ensemble des démences diagnostiquées, le GIR 1 étant moins présent). Ces patients posent le problème des unités adaptées (des locaux spécifiques et un personnel qualifié) au sein de ces services. Notons enfin que les personnes, non démentes, ne souffrant que de pathologies chroniques stabilisées n’imposant qu’une surveillance épisodique programmée représentent 41 % de la population de ces SLD (versus 56 % en EMS).
le groupe 4 ( 4 SLD) se caractérise par des soins de « psychothérapie » très au-dessus des groupes pré-cédents liée à la démence perturbatrice (près de 30 % de la population, et près de la moitié de l'ensemble des démences diagnostiquées). Dans ce groupe, il existe en outre des états dépressifs ou anxieux et des états psychotiques imposant une prise en charge médicale spécialisée
Les groupes 5 et 6 correspondent à des SLD abritant des populations « lourdes » en terme de soins médico-techniques (52 % de SMTI, 2.5 % de patients pour lesquels le pronostic vital est en jeu, 48 % de patients nécessitant une surveillance médicale pluri-hebdomadaire) très éloignés des populations en EHPA .Les déments y sont présents mais près de la moitié d’entre eux présente une pathologie "lourde" associée.

Les 2 services du groupe 5 (69 % de SMTI) peuvent être assimilés à des services de court séjour gériatrique.

Les 15 SLD du groupe 6 (48 % de SMTI) regroupent un certain nombre de patients à leur place en maison de retraite et plus d’un tiers (33 à 60 %) de patients relevant d’un service hospitalier de type court séjour.

Les groupes 7 à 9 (33 services , près de 30 % des SLD) accueillent des populations variées et illustrent bien la nature des problèmes que posent actuellement les services de soins de longue durée, où la seule considération du PMP est bien insuffisante pour en comprendre le recrutement et en appréhender les besoins.
Le groupe 7 est à ce sujet tout à fait caractéristique : les besoins sont ceux de la moyenne de l’ensemble des SLD. La moitié des patients a sa place en EHPA, 15 % peuvent relever d’une unité de type « Alzheimer », 35 % pourraient bénéficier d’une hospitalisation en soins de suite ou en court séjour (3 % d’entre eux ont un risque vital, 7 % ont besoin d’une rééducation intensive, 12 % une prise en charge psychiatrique de crise, 2 % des soins palliatifs, et tous une permanence infirmière ainsi qu’un suivi médical rapproché
Les groupes 8 et 9 se distinguent du précédent par des soins nécessaires globalement plus importants et par la place de certains postes dans ces besoins .

-Les 3 SLD du groupe 8 sont de petites tailles (moins de 60 lits) et se rapprochent très nettement des services de soins de suite gériatrique pour la majorité de leur population : 70 % des personnes nécessitent une permanence infirmière et une surveillance rapprochée, parmi lesquels 24 % ont besoin d’une rééducation individuelle intensive, 6 % relèvent d’une unité Alzheimer. 25 % seulement des patients relèvent d’un EHPA.
-Les 12 services du groupe 9 se caractérisent par la place qu’y occupent les prises en charge psychiatriques par rapport aux deux groupes précédents. La population comporte 53 % de personnes sans pathologie « lourde », 14 % de déments perturbateurs et 39 % de patients « SMTI » dont 21 % ont besoin d’une rééducation intensive, 19 % une prise en charge psychiatrique de crise et 6 % des soins palliatifs.

En conclusion :
Le modèle AGGIR montre qu'au niveau national 69 % de la population hébergée dans les établissements soumis à la réforme de la tarification sont en GIR 1 à 4, soit près de 450 000 personnes susceptibles de pouvoir bénéficier de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).
Quant au modèle PATHOS, il dénombre au même niveau national dans ces établissements plus de 70 000 patients dont l'état de santé nécessite une surveillance médicale rapprochée et une permanence infirmière (26.2 % SMTI en SLD et 8.9 % en EMS) dont 50 000 en maisons de retraite et en foyers logements. 30 000 personnes environ présentent des escarres et/ou une dénutrition. 31 % de la population souffrent d'un syndrome démentiel diagnostiqué soit 200 000 personnes (dont 149 000 en EMS) parmi lesquelles près de 76 000 "déambulants", clientèle potentielle d'unités dites "Alzheimer", dont 63 000 en maisons de retraite et foyers logements.

Comment sont assumées, dans des structures parfois peu médicalisées ou mal adaptées sur le plan architectural, ces populations particulièrement fragiles ? De telles questions ouvrent de larges perspectives d'avenir aux outils permettant de confronter les besoins réels des populations aux moyens disponibles et aux moyens mis en œuvre. Cette confrontation est indispensable pour mettre en place des actions de régulation appropriées. Ces perspectives ne se limitent pas aux établissements d'hébergement, l'expérience montre en effet que ces outils apportent la même richesse d'informations pour toute structure de prise en charge d'une population de personnes âgées en établissements sanitaires , médico social et également à domicile.




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