Les Deux Coeurs de Louis XVII par Laure de La Chapelle








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Les Deux Coeurs de Louis XVII par Laure de La Chapelle

LES DEUX COEURS DE LOUIS XVII
Etude historique

par Laure de La Chapelle,

Vice Présidente du Cercle d’Etudes Historiques Sur la Question Louis XVII
En préliminaire, afin de vous faciliter la compréhension de ce qui suit, l'auteur vous engage vivement à consulter la page du même site "LA PREUVE". ( voir le site internet du Musée Louis XVII )

AVANT-PROPOS

Peuple , reçois sans murmurer la nouvelle : en l’an 2000, la voix empressée des media, et

accessoirement une nouvelle avancée de la science, ont enterré solennellement le mythe.

On s’assied sur le cercueil, on a enfin trouvé le cadavre, les successeurs peuvent respirer :

Le petit Capet est mort au Temple, c’est son coeur qu’on a tronçonné et analysé, l’erreur est impossible, toute autre expérimentation est superflue, il est même déconseillé de réfléchir davantage.

Nous autres, chercheurs besogneux d’une histoire souvent manipulée, avons pourtant contre vents et marées, repris notre bâton de pèlerin, en abandonnant les patientes découvertes qui levaient peu à peu les épais mystères de la Tour du Temple.

Car, à qui fera-t-on croire que le petit garçon rondouillard, charmeur et insupportable avait pu devenir en quelques mois cet efflanqué galeux, aux dents cariées et à la voix inaudible, dans la chambre duquel soupirent à l’envi Mademoiselle de Bourbon Parme et Madame Chandernagor ?

Il fallait donc quitter la Tour, ce monde où même la facture de l’artisan recelait des pièges, où la peur, le non-dit, et le mensonge étaient de règle, et suivre le destin d’un coeur vagabond.

Mais avions-nous vraiment changé d’univers ? Le mensonge et la manipulation étaient-ils restés aux portes du Temple ? Depuis l’analyse A.D.N. tout s’était-il miraculeusement éclairci ?

Partis avec une âme « fraîche et joyeuse » dans cette quête de la vérité avec, comme seule boussole, la phrase du professeur Cassiman « Il s’agit du coeur d’un parent de Marie-Antoinette, mais c’est aux historiens de démontrer que c’est Louis XVII », nous avons vu les évidences s’effriter, les vérités s’obscurcir, et une fois de plus, comme aurait soupiré Lenôtre, l’histoire de Louis XVII se retourner comme une peau d’anguille.

C’est cette enquête irritante que nous allons vous faire partager, et ce sont des conclusions inattendues que nous allons vous dévoiler. Nous suivrez-vous sur ce chemin ardu ? Ou resterez-vous sur la voie aisée du consensus médiatique, qui a décidé en avril 2000 que « la science avait parlé » ? Peu importe ce qu’elle disait du reste, ou ce qu’on lui faisait dire. Seul comptait l’effet d’annonce et ses retombées sur les promoteurs de cette affaire de coeur, qui ont sans doute cru faire avancer l’Histoire.

CHAPITRE 1

Il n’y a plus d’énigme Louis XVII

Ce fut l’étonnement, assez inégalement partagé d’ailleurs, puisque les radios avaient déjà vendu la mèche et qu’un prince des plus charmants débarquait de la péninsule ibérique pour honorer de sa présence la cérémonie.

Sous les lambris respectables du Musée de l’Histoire de la Médecine, on enterra donc une fois de plus, mais pour l’occasion, avec faste et caméras, le roi Louis XVII. La démonstration scientifique fut bien un peu rapide et les projections sur boiseries complètement déformées. Mais quoi, pour les amateurs peu éclairés que nous étions, cela devait suffire.

Et si le professeur Lucotte, seul auditeur présent spécialiste de biologie moléculaire s’était dit réservé sur ces résultats, dépourvus, selon lui, d’un certain nombre de paramètres mathématiques ; si même la revue Natural Genetics ne pouvait, d’après le professeur Cassiman lui-même, admettre cette expertise, peu importait : nous devions tout croire, puisque la presse avait la foi et nous invitait militairement à la partager.
La science confirme le verdict de l’histoire. Il n’y a plus d’énigme Louis XVII

(Philippe Delorme, 19 avril 2000)

Oui, mais…une pensée impertinente me revint à l’esprit presque aussitôt. Un de mes amis m’avait, par le plus grand des hasards, envoyé peu de temps auparavant un exemplaire de la Revue Rétrospective de 1894, publication dirigée par Paul Cottin.

Et à la première page de ce document, figurait un fac simile photographique du coeur remis en 1895 à don Carlos, duc de Madrid, et représentant l’organe prélevé à l’autopsie du petit Capet par le chirurgien Pelletan : ce coeur précisément dont les magazines nous montrèrent bientôt de superbes reproductions en couleurs et grand format.

Avant même de laisser la parole aux spécialistes, plusieurs différences s’imposaient à première vue :

l L’urne contenant le coeur en 2000 avait été ouverte : le viscère était suspendu en partie basse par un mince fil de fer, alors qu’en 1895, le coeur frôlait le couvercle, et que la suspension était constituée d’un petit cylindre en cuivre.

l Les quinze morceaux de cristal, restes de la première urne Pelletan, avaient disparu.

l Le coeur analysé était plus petit que celui de 1895.

l Et enfin, les deux ventricules, sensiblement égaux en 2000, présentaient cent ans plus tôt des différences radicales : à cette époque, le ventricule gauche était très développé, et le droit aplati et déformé.

Bientôt, l’analyse des témoignages médicaux aux deux époques considérées précisa ces premières constatations :

Le 15 décembre 1999, le docteur Pfeiffer, pratiquant une analyse anatomique au laboratoire d’analyses médicales Thierry Coté, 245 rue Lecourbe à Paris, constatait :

l Que l’échantillon ressemblait à un coeur humain de petite taille, pouvant correspondre au coeur d’un enfant de 5 à 12 ans. Il mesure 6 x 3 x 2 cm et les tissus sont desséchés, contractés et de consistance pétrifiée. La couleur globale est marron…

l La partie pendante de l’aorte fait 2 cm

l La paroi du ventricule droit mesure 1mm d’épaisseur, alors que celle du ventricule gauche est de 2mm. Le lumen de chaque ventricule est large et dilaté.

l On ne peut faire aucune observation sur les valvules, car celles-ci ne sont pas visibles.

Voilà qui est clair et précis.

Revenons en 1895, époque de la remise par M. Edouard Dumont, détenteur du coeur, au comte Urbain de Maillé, représentant en France les intérêts de Don Carlos de Bourbon. Quatre médecins furent convoqués pour examiner le coeur « Pelletan ». Il n’est pas inutile de remarquer que le docteur Jouin, avait été appelé le 22 juin 1895 en qualité de médecin de la famille de Maillé. Que le docteur Chevassus avait répondu à la demande de M. le Comte de Maillé et que le docteur Siredey avait vu le viscère chez M. le comte de Maillé, 24 rue de l’Université, le 29 juin (La Chronique Médicale, 1er novembre 1895).

Venons-en au docteur Martellière qui, lui, ne précise pas son mandant ; par contre, dans son article de la Chronique Médicale, il affirme la vérité de ce qui suit :

Ce coeur est à l’état de dessication absolue, par suite de l’évaporation de l’alcool dans

lequel il a été plongé pendant de longues années et qui a assuré sa conservation.

Il mesure environ 8 centimètres de longueur sur 3 de largeur. Le ventricule gauche,

dont on suit parfaitement la direction des fibres musculaires, forme un bourrelet de

vingt-cinq millimètres d’épaisseur qui constitue la masse principale de l’organe, à

laquelle est accolé le ventricule droit aplati et de moindre épaisseur.

L’aorte, coupée à deux centimètres de son origine, présente une section ovalaire de

quinze millimètres sur sept.

A raison de l’exiguïté du volume des ventricules et de la dimension réduite de l’aorte,

j’estime qu’il n’est pas permis d’attribuer ce coeur à un enfant âgé de plus de dix ans.

Il est superflu de faire remarquer que ce coeur, pourtant complètement desséché, a perdu le tiers de sa hauteur en cent ans, et que les ventricules sont redevenus semblables !

Le docteur Jouin rive le clou :

Dans l’enfance, et à dix ans particulièrement, le coeur gauche est beaucoup plus

développé que le coeur droit quant au système musculaire . Or, cette disposition

caractéristique est absolument évidente sur l’organe examiné.

De fait, si le ventricule gauche mesurait deux centimètres et demi, le ventricule droit n’avait plus qu’un demi centimètre de large.

Que penser des ventricules identiques observés en l’an 2000 ?

Last, but not least, le docteur Jouin ajoute : Les valvules sigmoïdes également sont les valvules d’un enfant.

Il faut supposer qu’à notre époque, le docteur Pfeiffer avait oublié ses lunettes, puisqu’elle précisait (voir plus haut) qu’on ne peut faire aucune observation sur les valvules, car elles ne sont pas visibles.

Au reste, les médecins convoqués par le comte de Maillé assurèrent avec un parfait ensemble que le coeur examiné par eux était bien celui d’un enfant, de 9 à 11 ans pour le docteur Martellière, 8 à 11ans pour le docteur Jouin, d’une dizaine d’années pour le docteur Chevassus et, de 8 à 12 ans pour le docteur Siredey.

Mais déjà cette belle unanimité était battue en brèche dès la publication des certificats des quatre médecins.

La Chronique médicale de novembre 1895 posait immédiatement le problème sous le titre : Le coeur de Louis XVII ( ? ) est-il le coeur d’un enfant ?

Et introduisait l’expertise d’autres spécialistes par la remarque suivante :

Quelle que fût l’assurance des termes de ces certificats, un doute nous est venu : est-il

vraiment si commode, est-il même possible d’arriver à une telle certitude de déductions,

quand on n’a à sa disposition qu’une pièce desséchée, racornie, tour à tour exposée à

l’air libre et plongée dans l’alcool, et qui, de plus, a subi toutes les vicissitudes que l’on

sait ?

Ces doutes , nous les avons soumis à des maîtres anatomistes dont nul ne songera, nous

l’espérons, à récuser l’autorité, et tous, bien qu’interrogés séparément, nous ont fait la

même réponse : il est impossible de déterminer l’âge d’un coeur qui a perdu tout

caractère, toute conformation comme celui dont il s’agit, même en pratiquant des

coupes ;

Il est donc permis de conclure que nos confrères, MM. les Drs Chevassus, Siredey,

Jouin, Martellière, ont été tout au moins imprudents dans leurs téméraires affirmations,

leur bonne foi et leur loyauté demeurant hors de conteste.

A notre demande, M. Marc Sée, membre de l’Académie de Médecine, très versé dans les

questions qui ont trait à l’anatomie, répond en ces termes dépourvus d’ambiguïté.

Je ne crois pas qu’il soit possible, dans les conditions énoncées, de se prononcer sur

l’âge d’un coeur.

Il doit y avoir une différence, à ce point de vue, entre le coeur d’un enfant et celui d’un

vieillard. Mais cette différence est moindre quand on compare des sujets dont l’âge ne

varie que d’une dizaine d’années.

Le professeur Tillaux, lui, pense que la question est insoluble.

Un autre membre éminent du corps médical -désirant garder l’anonymat- mais dont le

chroniqueur dit qu’il a enseigné l’anatomie à des générations d’élèves et qu’il laissera

derrière lui une monumentale oeuvre scientifique, s’exprime en ces termes :

Au début de ma carrière, on se servait encore d’un mélange à parties égales d’alcool et

d’eau qui rétractait considérablement les tissus. Vraisemblablement, c’est le liquide

qu’aura employé Pelletan. Frappé de cet inconvénient, j’ai substitué au mélange hydroalcoolique une solution saturée d’acide arsénieux, additionnée de 1/10 d’alcool. Cette solution est avantageuse, parce qu’elle rétracte à peine les tissus, pour ainsi dire pas du tout

En tout cas, il me paraît impossible de dire qu’un coeur qui a été plongé tour à tour dans

l’alcool et laissé à l’air libre est un coeur d’enfant ou d’adulte.

Voilà ce que disait un éminent anatomiste du traitement de conservation de l’époque révolutionnaire, procédé qu’il avait connu et perfectionné. Il faudra s’en souvenir, car d’aucuns ont pensé et écrit qu’on avait pu « embaumer » les coeurs en 1795 comme au 17ème siècle !

Le coeur de l’Enfant du Temple, ou d’autres coeurs comme, par exemple, celui du premier Dauphin peu de temps auparavant, ont donc subi, selon la consultation que nous venons de citer, un traitement à parties égales d’alcool et d’eau.

C’est s’aventurer beaucoup que d’affirmer, même à notre époque, que le viscère dont on a analysé l’A.D.N. était celui d’un sujet très jeune.

Et pourtant, le docteur Pfeiffer n’a pas hésité à dire que ce coeur était celui d’un enfant de 5 à 12 ans.

Sans mettre en doute ses connaissances sur le procédé de conservation d’un viscère il y a deux cents ans, il me semble que la question reste posée.
CHAPITRE 2

Pelletan : sa personnalité, son histoire

La controverse qui s’éleva en 1895 sur le coeur prélevé par le docteur Philippe Jean Pelletan nous ramène inévitablement à celui qui fut à l’origine de toute l’affaire.

Qui était donc ce médecin, désigné à la mort de l’Enfant du Temple pour pratiquer l’autopsie, conjointement avec ses confrères Dumangin, Lassus et Jeanroy ?

Philippe Jean Pelletan naquit à Paris et fut baptisé en l’église St Jacques de la Boucherie le 5 mai 1747.

Il était fils de Jean Pelletan, maître chirurgien, membre du Collège et de l’Académie Royale de Chirurgie, et de Anne Jeanne Davau, et avait un frère et une soeur, Henri Augustin et Anne Elisabeth, tous deux témoins à son premier mariage en 1777.

Le premier février de l’an 1777, Philippe Jean Pelletan épousait donc en l’église St Séverin à Paris Elisabeth Julie DUBUS ; le contrat de mariage avait été reçu par Me Caiez, le 25 janvier précédent.

Il faut remarquer parmi les témoins au contrat la présence d’Aignan Joseph SIGAUD, sans doute proche parent de Bernard Prosper SIGAUD, également médecin, et qui aurait avoué à Fabre d’Olivet après la Révolution avoir empoisonné l’Enfant du Temple en 1795.

De ce mariage avec Elisabeth Dubus, naquit le 6 janvier 1782, un fils, Pierre Pelletan.

A cette époque, Philippe Jean Pelletan demeurait à Paris, 10 rue St Christophe , actuellement Parvis Notre Dame : c’est une adresse essentielle à noter, car cette maison reviendra après sa mort à son héritier légitime et successeur, son premier fils, Pierre, qui y déposera un coeur après le sac de l’Archevêché en 1830.

Elisabeth Julie DUBUS étant décédée le 6 janvier 1787, Philippe Jean Pelletan se remaria en l’an III avec Denise Françoise VERCUREUR, (Contrat reçu par Me Petit le 28 pluviôse an III), non sans avoir eu entre temps un enfant naturel Gabriel Pelletan, né le 10 janvier 1792, lequel jouera, à part égale avec son demi-frère Pierre, un grand rôle dans cette histoire.

De sa seconde épouse, il eut une fille, Elisabeth Françoise, née le 22 juin 1797, restée célibataire et qui vécut avec son père ; elle habitait avec lui rue St André des Arts et après sa mort qui survint le 22 février 1868, elle fut enterrée également dans la tombe paternelle, au cimetière de Bourg-la-Reine.

Elisabeth Françoise Pelletan fit son testament le 28 janvier 1864, (Déposé chez Me Corrard , notaire à Paris, le 22-02-1868), instituant son demi-frère Gabriel légataire universel de ses biens, dont une maison héritée de sa mère rue de Grenelle Saint Honoré, n° 44. Par ces dispositions singulières, elle déshéritait donc son demi-frère légitime, Pierre Pelletan, avantageant ainsi Gabriel Pelletan, l’enfant naturel de son père.

Philippe Jean Pelletan, domicilié sous la Restauration 41 rue St André des Arts, avait acheté une résidence secondaire à Bourg-la-Reine, où il mourra le 26 septembre 1829 (Scellés après décès du 27 septembre 1829, inventaire dressé par Me Lambert de Sainte Croix les 7 et 8 octobre 1829). Après ces quelques mentions sur sa biographie personnelle, voyons quel fut « l’homme public » Philippe Jean Pelletan, Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, Chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu , Membre

de l’Institut et de l’Académie de Médecine.


Philippe Delorme, dans son livre Louis XVII, la Vérité nous le décrit comme un médecin

consciencieux, dévoué, laborieux, honnête, une victime de la vie, en quelque sorte, ni heureux, ni riche, tout ceci d’après une notice biographique d’Isidore Bourdon, célèbre inconnu de 1863.

Les contemporains en eurent une toute autre idée.

En 1786, il postule pour le poste de professeur de l’Ecole de Santé. Desault est nommé à sa place. Pelletan est très déçu, car c’est un ambitieux. Egalement arriviste, il entend supplanter tous ses collègues et aura de nombreux démêlés avec les uns et les autres, particulièrement avec Dumangin et Dupuytren.

En 1789, il s’enflamme pour les idées de la Révolution, est élu chirurgien-major de la Garde Nationale la même année ; dans l’enthousiasme révolutionnaire, il fait don à l’Assemblée Nationale de sa première année de traitement (in La Dynastie Médicale des Pelletan, Archives du Musée d’Histoire de la Médecine). Par la suite, il sera nommé au grand Hospice de l’Humanité (Hôtel-Dieu). C’est lui qui sera requis pour constater la mort de Marat.

Mallet du Pan, le publiciste suisse bien connu, écrit de lui en 1795 :

C’est un révolutionnaire féroce, qui servait d’espion au Comité de Sûreté Générale. Il formait dans la prison Saint Lazare des listes de victimes à guillotiner.

Autres temps, autre discours sous Bonaparte, Pelletan s’enflamme, mais cette fois pour le héros qui nous gouverne :

- Puis-je oublier l’honneur insigne d’avoir siégé auprès de ce grand homme ? Je l’admirais en silence : aujourd’hui, l’univers célèbre sa gloire et l’humanité entière jouit de ses bienfaits. Puisse son heureuse postérité égaler en nombre les étoiles du firmament…(Préface de la Clinique Chirurgicale. Delorme, op. cit, p.126).

Sous l’Empire, il devient chevalier par lettres patentes du 16 décembre 1810 et chirurgien consultant de l’Empereur ; il est professeur à la Faculté de Médecine, membre de l’Institut et de l’Académie des Sciences, et concourt même à faire nommer Bonaparte membre de cette dernière institution.

Vae Victis ! le vent de l’histoire tourne et Pelletan ne manque pas de le suivre :

Après les Cent Jours, cette inconcevable catastrophe, Napoléon n’est plus qu’un usurpateur extravagant (in La Revue Rétrospective pp. 156 sqq. et 179).

En 1814, les essais de justification de son attitude pendant la période révolutionnaire (Préliminaire de son Mémoire) ne sont guère convaincants, même s’il essaye de se créer à posteriori un personnage de médecin de la nature, préférant toujours les plus malades ou les plus nécessiteux.

A la première Restauration, des erreurs de diagnostic relevées par Dupuytren entravèrent sa carrière : il échoua dans l’opération d’un ostéosarcome le 21 octobre 1814. Plus grave, se présenta en 1815 à l’Hôtel-Dieu un officier russe, assez proche du tsar Alexandre par ses fonctions ; il avait reçu un coup de fourche dans le haut de la cuisse ; Pelletan l’examine, trouve un foyer au-dessus de l’arcade crurale, et prompt à décider, l’ouvre d’un large coup de bistouri. Un large flot de sang inonde et aveugle le chirurgien. Pelletan croyait avoir affaire à l’artère iliaque et nous n’étions pas familiarisés

alors en France avec la ligature des grandes artères (Récit de Lisfranc). Pelletan ne put arriver à arrêter l’hémorragie.

Il avait perdu la tête ; il entassa dans la plaie charpie sur charpie, la poussant jusque dans l’abdomen. Le malade mourut quelques heures après.

Dupuytren raconta l’aventure à sir James Wylie, médecin du tsar Alexandre. On fit une enquête et le 6 septembre 1815, par décision du Conseil Général des Hospices, Pelletan cessait d’être en activité de service à l’Hôtel-Dieu.
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