Les Deux Coeurs de Louis XVII par Laure de La Chapelle








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La saga de Frohsdof :

 

Retour donc en Autriche, où le sort des cœurs est étroitement mêlé aux péripéties de la vie de don Jaime, de sa soeur Béatrice et de ses nièces Massimo.

Sur un site Web (European Royalties-French Royals), une discussion (de 2005 à 2008) animée par le prince Dominic Lieven, nous livre les détails de cette histoire, vue par les yeux d’un fin connaisseur de l’Autriche.

Extraits traduits de l’anglais :

   Don Jaime :

 

Jaime de Bourbon, duc de Madrid, hérita de l’entière propriété de Frohsdorf et de son contenu à la suite du décès de la comtesse de Chambord en 1886. (Don Carlos ne s’y intéressant pas). Il en fit sa résidence en 1909, à la mort de son père, qui fit de lui le chef de la maison royale des Bourbons.

N’étant pas spécialement riche, maintenir les vastes bâtiments, les terres, les collections royales etc…était souvent difficile. Une des premières choses qu’il vendit fut le magnifique service en argent de Charles X, ainsi que la propriété voisine de Katzelsdorf.

Beaucoup de choses furent volées pendant la première guerre mondiale.

 

   Avant la seconde guerre mondiale : Béatrice Massimo :

A sa mort en 1931,il laisse Frohsdorf à Béatrice de Bourbon Massimo. Aussitôt, sa seconde sœur, Bianca d’Autriche, fait un procès à la succession, et après beaucoup de dépenses inutiles, la propriété de Pitten (Katzelsdorf) revient à Bianca.

La bibliothèque du comte de Chambord est vendue par Magg Brothers de Londres en 1935.

En 1937, par Sotheby’s à Londres, un magnifique collier de diamants de Marie Antoinette est vendu par les deux sœurs.

Finalement, en 1938, les tableaux et œuvres d’art sont déménagés de Frohsdorf et vendus par la princesse Massimo. La vente fut un désastre et les prix très bas.

Beaucoup de lots envoyés seulement pour être exposés furent détruits plus tard par le bombardement allemand sur Londres.

   La seconde guerre mondiale et l’invasion russe :

 

La princesse Massimo et ses filles restèrent à Frohsdorf pendant l’Anschluss, mais elles voyaient l’écriture sur le mur (sic : des graffitti nazis ?) et finalement vendirent l’entière propriété à la Poste allemande (German Reich Post) en 1941.

Ce qui restait – pas grand-chose – fut envoyé clandestinement en Italie et à Vienne.

Quand WWII ( la 2ème guerre mondiale, sic) eut pris fin, Béatrice Massimo revint à Frohsdorf . Une partie des terres et quelques bâtiments étaient toujours restés en possession de la princesse.

Malheureusement, l’Autriche fut occupée et le château se trouva dans la zone d’occupation russe .Les soldats russes pillèrent Frohsdorf et beaucoup de restes des possessions Bourbon furent brûlés dans la cour du château, incluant le grand crucifix de la Duchesse d’Angoulême et des portraits du Comte et de la Comtesse de Chambord.

La famille quitta alors l’Autriche pour l’Italie.

Quand la princesse Massimo mourut (en Toscane en 1961) , sa plus jeune fille, la comtesse Bianca Wurmbrand, fit sa résidence dans une grande maison, partie du domaine de Frohsdorf. Elle y mourut en 1999.

La princesse Massimo et ses quatre filles héritèrent de ce qui restait des collections royales françaises. Très peu échappa à la fois aux World Wars, à l’occupation russe et aux ventes à Sotheby’s.

 

   La comtesse Wurmbrand :

 

« Même dans ses dernières années, la comtesse Wurmbrand fut contactée par des gens qui se proclamaient descendants de Louis XVII. En fait, croyant que j’en étais un autre, (Est-ce le prince Lieven lui-même qui parle ? c’est en tout cas un témoin privilégié, qui a correspondu avec la comtesse Wurmbrand pendant des années) au début elle hésita à me rencontrer. Elle avait aussi une profonde aversion pour les Orléans. »

Signé : frohsdorf /10/01/2006.

 

   Le cursus aventureux des deux cœurs :

 

   Que devinrent les deux cœurs, désormais propriété de don Jaime et de sa famille ?

Celui provenant de Pierre Pelletan et trouvé dans sa boîte en plomb en 1830 était sans conteste le cœur du premier Dauphin, Louis Joseph. Retiré de sa boîte pour la vente à Drouot, il avait été mis dans un bocal, apparemment sans signe distinctif, mais plongé dans de l’alcool. Craignait-on les effets de l’air libre sur sa conservation ? Précaution inutile, car il était parfaitement desséché depuis le traitement pratiqué après la mort de Louis Joseph en 1789.

A ce propos, citons les recettes de cuisine de M. Philippe Delorme, qui dans une interview télévisée, préconise la méthode suivante, qu’il baptise « embaumement »:

« Vous prenez un cœur, vous l’ouvrez, et vous le bourrez de benjoin, de cannelle, et autres plantes odoriférantes «  comme un rôti farci » précise-t-il sans sourciller. Oui, mais voilà, le cœur n’est ni un rôti, ni un sandwich,et cette curieuse recette n’a pas réussi à ébranler un médecin légiste (film Canal + 2007) qui précise qu’embaumement signifie conservation et que les plantes n’ont qu’un pouvoir antiseptique.

Autre film, ( de M. Stéphane Bern diffusé le 2 décembre 2007 sur France 2), autre recette, provenant d’un jeune et talentueux paléo-pathologiste . Deux solutions possibles :

Soit : on ouvre les deux ventricules, puis les oreillettes, et on y met des aromates. » Fin de la première recette.( Naturellement, si on s’arrête là, tout est pourri au bout de huit jours.)

Soit : si jamais vous ne voulez pas ouvrir le cœur pour des raisons pratiques (sic. Lesquelles ?)dans ce cas là, vous mettez des aromates tout autour et vous délayez (quoi ? Le cœur ?) dans diverses solutions qui le déshydratent. Ensuite on entoure le cœur de bandages. »

Bref, pour conserver un cœur, il est préférable de le dessécher. Et dans ce cas, comme le soulignait le médecin légiste (film de Canal + 2007)

il est excessivement difficile de conclure à une différence entre les deux cœurs. »

 

   Une urne faite à Vienne :

 

   Pour réduire encore la différence entre les deux cœurs, faute de pouvoir les départager, il fallait les mettre dans le même décor extérieur.

Interrogée par des journalistes dans sa propriété de Frohsdorf, (film Canal+ 2007) la comtesse Wurmbrand actuelle, née Elisabeth Kayhofer, (belle-fille de la comtesse Wurmbrand précédente), fit de la meilleure grâce du monde une révélation à ce sujet :

« Une urne a été faite à Vienne. Tout près d’ici » précisa-t-elle.

Le bocal de la vente à Drouot n’était pas suffisant en effet. A une date indéterminée, on fit donc une réplique de l’urne contenant le cœur de l’enfant du Temple. Et la comtesse Wurmbrand nous apprend que cette urne fut fabriquée à Vienne.

Cette urne veut être la copie exacte de l’originale. Mais un détail très important la distingue : le bas du couvercle n’est pas cerclé de cuivre doré comme la première .Les photographies prises à Saint Denis le révèlent très précisément. A part la fleur de lys dorée servant à ouvrir l’urne, le couvercle est parfaitement transparent. D’autant plus transparent d’ailleurs, que le cristal, très brillant, est visiblement récent.

 

   Le sort des cœurs se sépare à nouveau :

 

Pendant la seconde guerre mondiale, un des cœurs est toujours en Autriche : « La princesse réussit à mettre cette relique à l’abri pendant la dernière guerre, avant que le château ne fût pillé . » (Jean Neuvecelle. France Soir. Article du 6 avril 1975).

Ce cœur échut à la troisième sœur, madame Percy, qui l’emporta à Rome, où elle habitait. Nous l’y retrouverons.

 

   Première tentative pour négocier avec la France. Son échec :

 

   Restée à Vienne jusqu’à l’arrivée des troupes russes, la mère des quatre sœurs Massimo, la princesse Béatrice Massimo, partit pour l’Italie, où elle possédait une charmante villa près de Lucques, en Toscane «  Monte San Quirico » Séparée de son mari depuis 1907, elle y vécut avec sa fille Margherita, comtesse Pagliano, veuve elle-même en 1953.

A la mort de sa mère en 1961, la comtesse Pagliano, fort dépourvue de moyens financiers, chercha à négocier le second cœur, qui avait été emporté par les deux femmes en Toscane.

Une photographie prise en 1968 avec un appareil Kodak ,( dans la chapelle de la villa de Lucca, d’après le rapport qui fut fait à la journaliste du film de Canal+) montre que ce cœur est bien celui de l’Enfant du Temple, retrouvé par Gabriel Pelletan . En effet, l’urne (offerte en 1895 à don Carlos) possède un couvercle cerclé de cuivre doré. C’est donc le contenant original.

Le cœur aurait été photographié par un voisin et ami français, le comte Guy de Villefranche.

Ce cœur sera proposé au musée Carnavalet en 1972 par la comtesse Pagliano, par l’entremise d’Emmanuel de Villefranche. Galliéra, puis Carnavalet refuseront la relique.

Par contre, la photo du cœur est entrée dans les collections des musées de Paris en janvier 1973. (renseignement aimablement donné par Cécile Coutin, conservateur à la BNF)

Le cœur resta donc en Toscane .Nous verrons son sort après la mort de la comtesse Pagliano.

 

   Seconde tentative : un cœur donné à la France :

 

   Retrouvons à Rome madame Percy, qui y avait emmené le cœur provenant de Pierre Pelletan, dans son urne dépourvue de cerclage doré.

Témoignage de Georges Albert Salvan, ancien journaliste à France Presse au Vatican :

« Le cœur devint la propriété de la princesse Nieves Massimo (Madame Percy),

après la seconde guerre mondiale et la vente du château de Frohsdorf à l’Etat autrichien. » (Conférence donnée à la fondation del Duca le 26 octobre 2000)

Georges Albert Salvan devint alors un des personnages principaux de cette affaire. Ayant vu le cœur chez la princesse, il s’y intéressa ; Madame Percy lui confia son intention de le rendre à la France, au début de l’année 1975. (Observons qu’étant une fille cadette, elle avait laissé à sa sœur aînée Pagliano l’initiative de négocier –sans succès- trois ans auparavant, le cœur que celle-ci possédait à Lucques)

Salvan lui suggéra de le donner au président de la République, Valéry Giscard d’Estaing.

« La République, jamais ! «  répliqua-t-elle.

Le secrétaire d’Etat à la Culture, Michel Guy, conseilla l’offrande du cœur au Mémorial de France à Saint Denis, présidé par le duc de Bauffremont.

Cette solution fut agréée par la princesse Nieves, d’un commun accord avec le président du Mémorial.

(Note de G.A.Salvan pour le duc)

Georges Albert Salvan nous décrit ensuite avec complaisance le voyage de ce cœur jusqu’à Paris, dans une valise en carton bourrée de vieux journaux (Film de Canal +)

Ce qu’il omet de nous dire (mais le savait-il ?) c’est que la véritable urne Pelletan, contenant le cœur de l’Enfant du Temple retrouvé par Gabriel Pelletan. avait été offerte à don Carlos dans un superbe coffret en chagrin blanc, orné d’étoiles dorées ; ce coffret, avec son contenu, était resté en possession de sa propriétaire, la comtesse Pagliano.

Le cœur qu’on offrait à la France était donc l’autre viscère, retrouvé par Pierre Pelletan : le cœur de Louis Joseph, le premier Dauphin, suspendu dans une urne récente au couvercle non cerclé, dépourvue de coffret protecteur.

Ce fut toute une affaire pour la transporter à petit prix, sans risquer un accident de parcours !

 

   Un procès-verbal très prudent :

 

   Un an après la cérémonie de remise du cœur à la France, en 1976, un procès-verbal fut publié par le duc de Bauffremont et le Mémorial de France.

Ce jour, jeudi 10 avril 1975, dans la crypte de la basilique Saint Denis : Madame la princesse Marie des Neiges Massimo et Madame la princesse Blanche Massimo, comtesse de Wurmbrand Stuppach, agissant conjointement avec leurs sœurs absentes, Madame la princesse Marguerite Massimo, comtesse Pagliano, et Madame la princesse Fabiola Massimo, baronne Galli Zugaro, toutes quatre filles de S.A.R. Madame la princesse Béatrice de Bourbon, fille elle-même de Charles, chef de la Maison de Bourbon, duc de Madrid, propriétaire de Frohsdorf, ont remis, pour être conservée en ces lieux, à Monsieur le duc de Bauffremont, président du Mémorial de France , assisté du baron Hervé Pinoteau ;

Une urne de cristal contenant le cœur de l’enfant mort au Temple le 8 juin 1795.

Prélevé par le chirurgien Pelletan et provenant de la succession dudit duc de Madrid.

En présence de Son Excellence Monsieur Brouillet, ambassadeur de France, Monsieur Alain Bacquet, directeur de l’Architecture, Monsieur Michel Fleury, des Antiquités historiques de la région parisienne, Monsieur René Duval, architecte des Bâtiments de France, Monsieur Maurice Soucheyre, maire adjoint de Saint Denis. »

Aucune attribution de ce cœur à Louis XVII , ce qui est étonnant, mais honore la prudence des signataires de ce procès-verbal.

Par contre, les quatre sœurs avaient avalisé gaiement la donation d’un des cœurs, sans préciser qu’il en existait un autre, précisément celui prélevé par le chirurgien.

Comment pouvaient-elles choisir entre les deux, avant l’analyse ADN ?

Et la surprise, c’est que l’analyse ADN révéla bien qu’il s’agissait d’un enfant de Marie Antoinette. Mais c’était le cœur du Premier Dauphin., et non celui prélevé en 1795.

 

   Quid du cœur de l’Enfant du Temple ?

 

Que devint cette relique, toujours propriété de la comtesse Pagliano à Lucques (Lucca) ?

Fatiguée, malade, Margherita Pagliano mourut sans doute peu de temps après le procès-verbal (1976) de la remise de l’urne à Saint Denis, puisqu’elle est notée dans ce document comme absente, mais non décédée. Nous n’avons ni le lieu, ni la date exacte de son décès.

Les deux sœurs suivantes, les princesses Fabiola et Nieves Massimo moururent en Italie, la première en 1983, l’autre en 1984.

Seule survivante des quatre filles de la princesse Béatrice de Bourbon Massimo, la comtesse Wurmbrand, mariée à un Autrichien, résidait à Frohsdorf, dont elle avait hérité.

Tout ce que sa sœur aînée avait possédé en Italie fut vendu : villa en Toscane, et souvenirs royaux.

Beaucoup de ces souvenirs furent rassemblés à Frohsdorf et sont maintenant la propriété du comte Wurmbrand.

Qu’advint-il du cœur ?

Relique encombrante, impossible à détruire, mais difficile à protéger, il doit couler des jours paisibles et discrets dans un coffre de banque, comme jadis dans les cartons d’une étude de notaire, selon les propos du docteur Cabanès.
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