Cours N° 1








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UNIVERSITE HASSIBA BENBOU ALI –CHLEF-

DEPARTEMENT DE FRANÇAIS

Module : Courants et concepts linguistique 2 Enseignante : Melle. MEDANE



Niveau : 2éme année 2012-2013

Semestre 2  

Cours N° 1


L'analyse en Constituants Immédiats (ACI)

Introduction :

L’analyse en constituants immédiats (ACI), héritée du linguiste américain Leonard Bloomfield, illustre l’une des principales applications et méthodes de la linguistique distributionnelle. Le mot et le syntagme traités, il s’agit de définir comme structure hiérarchisée la troisième et ultime unité de la syntaxe : la phrase. Celle-ci constitue l’unité maximale de l’analyse linguistique.

L’analyse en constituants immédiats représente la phrase sous la forme d’une structure hiérarchique composée d’éléments successivement emboîtés les uns dans les autres. Elle s’applique sur un corpus de phrases et délimite progressivement à l’aide de la procédure de segmentation et de commutation, les différentes unités constitutives de la phrase. Celle-ci se décompose en syntagmes appelés constituants immédiats, qui à leur tour se divisent en constituants immédiats, syntagmes ou mots, et ainsi de suite jusqu’aux éléments terminaux. L’organisation hiérarchique de la phrase est représentée par diverses formalisations, notamment par un diagramme en branches appelé arbre syntaxique.

Présentation de l'analyse en «constituants immédiats :

Définition: C’est Bloomfield qui a lancé l’expression de "constituants immédiats" (immediats constituents). Ayant observé que pour comprendre la "forme complexe" qu’est l’énoncé:

Poor John ran away «Le pauvre Jean s’est enfui», il ne suffisait pas de reconnaître ses "constituants fondamentaux" que sont, d’après lui, les "cinq morphèmes: poor, John, ran, a- (forme liée apparaissant également dans aground, ashore, aloft, around) et -way " (Bloomfield, 1970, 153), il a précisé qu’il fallait aussi savoir "que les constituants immédiats de Poor John ran away sont les deux formes Poor John et ran away, chacune d’elles constituant à son tour une forme complexe; que les constituants immédiats de ran away sont ran, morphème, et away, forme complexe dont les constituants sont les morphèmes a- et - way; et que les constituants de Poor John sont les morphèmes poor et John. Ce n’est que de cette façon, poursuit Bloomfield (1970, 153) qu’une analyse appropriée (c’est-à-dire une analyse qui tienne compte du sens) conduira aux morphèmes fondamentalement constituants".

A partir de l’exemple fort simple proposé par Bloomfield, on peut dire, en première approximation, que l’analyse en constituants immédiats est une analyse syntaxique qui organise et hiérarchise les uns par rapport aux autres tous les morphèmes qui constituent une phrase, en précisant comment ces morphèmes se combinent entre eux, comment ces combinaisons de morphèmes se combinent à leur tour en combinaisons plus vastes, et comment ces combinaisons plus vastes forment des combinaisons de plus en plus vastes jusqu’à se réunir dans la combinaison ultime et la plus grande, la phrase, qui est donc vraiment conçue comme un tout organisé et hiérarchisé.
Méthode: Les linguistes structuralistes qui ont inventé l’analyse en constituants immédiats se sont presque uniquement efforcés d’élaborer des méthodes qui permettaient de trouver la bonne analyse en constituants immédiats de n’importe quelle phrase. Ils ont même cherché des procédures d’analyse formelles, c’est-à-dire qui ne s’intéressent qu’aux signifiants des constituants et ne font appel à leurs significations que le plus tard possible. Leurs différentes tentatives semblent mettre en œuvre deux types principaux de procédures, suivant le sens dans lequel elles opèrent. Si elles vont de l’énoncé aux morphèmes, elles pratiquent une procédure analytique, qui consiste à segmenter une construction en ses constituants immédiats, puis à segmenter chacun de ces constituants immédiats en leurs propres constituants immédiats, et ainsi de suite jusqu’à ce que les constituants immédiats finalement obtenus soient des constituants ultimes, c’est-à-dire des morphèmes. Mais on peut aussi remonter des morphèmes à l’énoncé et utiliser alors une procédure synthétique, c’est-à-dire une procédure qui regroupe les morphèmes en constructions, puis les constructions en constructions plus larges, et ainsi de suite jusqu’à ce que la construction finalement obtenue soit la construction ultime, c’est-à-dire la phrase à analyser.

Le courant distributionnaliste s’est développé au sein du structuralisme américain issu des travaux de Bloomfield puis Harris. En syntaxe, le principe de distribution consiste, en partant d’un corpus d’énoncés attestés représentatif de la langue, à déterminer les positions qu’un constituant peut occuper au sein de la phrase, ainsi que l’environnement dans lequel il peut figurer. Le fait par exemple que dans un syntagme nominal, un substantif soit procédé d’un déterminant est une observation qui relève de la distribution. Le propos de l’analyse distributionnelle est de rendre compte de l’organisation hiérarchique de la phrase, en l’analysant en sous-ensembles successifs que sont les constituants immédiats, depuis la phrase jusqu’aux morphèmes : nous sommes donc dans le cadre d’une morphosyntaxe. Pour ce faire, la procédure relève d’une double opération de segmentation et de commutation, la possibilité de la seconde venant valider la première.

Soit par exemple la phrase le petit enfant regardait les gâteaux avec envie. Une première tentative de segmentation avec test de substitution au rang immédiatement inférieur à celui de la phrase, montre qu’au groupe le petit enfant, on peut substituer Pierre ou encore Mon ami ; que d’autre part au groupe regardait les gâteaux, on peut substituer dort ou a raté ses examens ; enfin qu’au groupe avec envie, on peut substituer tranquillement ou tous les jours. A ce premier niveau, on constate donc que la phrase peut s’analyser en une somme de trois constituants immédiats : un syntagme nominal le petit enfant, un syntagme verbal regardait les gâteaux et un syntagme prépositionnel avec envie. Par les mêmes procédures, on peut décomposer chacun des syntagmes en unités de rang inférieur, et ainsi de suite, jusqu’aux unités minimales que sont les morphèmes. Ajoutons que part le test de suppression (ou commutation avec l’élément zéro), on identifie les éléments indispensables des constituants ou de la phrase, ce qui permet d’en déterminer le noyau. Ces opérations donnent lieu à des réécritures qui prennent la forme suivante :

P SN1+ SV+ SP

SN1 Dét. + GN

SV V+ SN2

SP Prép.+ N

GN Adj. + N

V Rad.+ Dés.

SN2 Dér.+ N
Cette analyse donne lieu à une représentation graphique qui rend compte de différents niveaux hiérarchiques et des relations de dépendance :

P
SN SV SP
Dét. GN V SN Prép. N
Adj. N Rad. Dés. Dét. N

Le petit enfant regard- -ait les gâteaux avec envie

Représentations de la phrase : Outre la représentation arborescente, diverses formes de schématisation de la phrase ont été utilisées par les linguistes formels.

  • Le linguiste Charles F. Hockett a commencé par proposer d'utiliser une boîte (Boîte Hockett) :

    La fillette regardait le chat

    La fillette

    regardait le chat

    la

    fillette

    Regardait

    le chat

    la

    fill-

    ette

    regard-

    ait

    le

    chat

  • Il est toutefois plus fréquent dans la tradition de N. Chomsky d'utiliser un parenthésage.

[Ph[SN [Dét la] [N fillette]][SV [V regardait] [SN[Dét le] [N chat]]]]

La procédure permet d’identifier des paradigmes de classes distributionnelles, regroupant les éléments pouvant apparaître dans les mêmes contextes, et donc se substituer les uns aux autres. Ces classes se définissent par des caractéristiques qui relèvent de la place et du contexte dans lequel ils peuvent apparaître. Le distributionnalisme n’envisage pas les constituants en termes de spécificités intrinsèque, mais en termes fonctionnels, par le rôle qu’ils occupent dans la phrase, c’est-à-dire par leur place et la relation qu’ils entretiennent avec d’autres constituants de la phrase. En cela, le distributionnalisme est un structuralisme.

Ce type d’analyse possède une forte puissance d’explication. Il rend compte d’un certain nombre d’ambiguïtés syntaxiques, c'est-à-dire des cas pour lesquels des similarités de forme masquent des différences de structure. On peut ainsi évaluer l’efficacité du dispositif par son aptitude à rendre compte d’interprétations syntaxiques différentes par des représentations différentes.
Critiques de méthode :

Ce type d’analyse possède une forte puissance d’explication. Il rend compte d’un certain nombre d’ambiguïtés syntaxiques, c'est-à-dire des cas pour lesquels des similarités de forme masquent des différences de structure. On peut ainsi évaluer l’efficacité du dispositif par son aptitude à rendre compte d’interprétations syntaxiques différentes par des représentations différentes.

Ce model a été vivement critiqué en raison des ambiguïtés syntaxiques qu’il ne permet pas de lever, concernant notamment les points suivants :

  • L’ordre des mots : soient les deux phrases : J’ignore quels dangers redoutaient les soldats et J’ignore quels dangers menaçaient les soldats. Les mêmes classes d’unités ont la même distribution mais la fonction syntaxique de ces unités est différente : dans un cas les soldats est sujet, et quels dangers objet, et inversement dans l’autre.

  • L’interprétation de la fonction complément du non : dans le syntagme Le roman de Paul, l’A.C.I. ne permet pas de distinguer entre un roman écrit par Paul, un roman dont Paul est le héros et un roman possédé par Paul.

  • La transformation passive : L’A.C.I. n’est pas apte de rendre compte de l’équivalence que l’on peut percevoir entre l’enfant regarde le gâteau et le gâteau est regardé par l’enfant.

Conscient des limites du distributionnalisme, Harris a introduit le concept désormais essentiel en linguistique de transformation, opération qui établit des équivalences entre des phrases ou des ensembles de phrases.

Références bibliographiques :

Bloomfield L., 1933, Le langage, Trad. Janik Gazie, (1970), Paris, Payot.

Dubois J. 1973, Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse.

Garde-Tamine J., 1998, La Grammaire. 2. Syntaxe, dans la collection Cursus Lettres, Paris, Armand Colin

Legoffic P., 1993, Grammaire de la phrase française, Paris, Hachette supérieur.

Martinet A. 1960. Elements de linguistique générale. Paris:Armand Colin.

Monneret P., 1999, Exercices de linguistique, dans la collection Premier cycle, Paris, PUF.

Saussure F., 1995, Cours de linguistique générale, Paris, Payot et Rivage.

Souffi G., Van Raemdonck D., 1999, 100 fiches pour comprendre la linguistique, Rosny, Breal.

Soutet O, 1995, Linguistique, Paris, PUF
Sitographie :

http://sites.univ-provence.fr/wclaix/touratier/analyse_en_CI.pdf


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