I satire de la société Française








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titreI satire de la société Française
date de publication02.04.2017
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Les lettres Persanes
MOTTE

Cyril

1°S6

I) Satire de la société Française

Rica est tout d’abord étonné par la hauteur des maisons, lettre XXIV  « les maisons y sont si hautes, qu’on jugerait qu’elles ne sont habitées que par des astrologues », Paris apparait comme une ville désorganisée sans véritable plan d’architecture. Rica trouve que la foule est pressée, lettre XXIV  « depuis un mois que je suis ici, je n’ai encore vu marcher personne. Il n’y a pas de gens au monde qui tirent mieux partie de leurs machines que les français ; ils courent ils volent », Rica caricature les parisiens et contraste avec les orientaux, lettre XXIV  « les voitures lentes d’Asie, le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber en syncope ». Lettre XXIV  «  j'enrage quelquefois comme un chrétien », est le parallèle de « jurer comme un païen », qui signifie blasphémer. Rica trouve que Louis XIV n’est pas un vrai roi, lettre XXIV « Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe ». La France n’a pas de réelles richesses comparées à l’Espagne qui possède d’innombrables mines d’or en Amérique du Sud. Lettre XXIV  « On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre », Rica fait référence à la vente de titre de noblesses ou de grade d’armées pour renflouer les caisses de l’état. Lettre XXIV  « S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux », Louis XIV dévaluait la monnaie pour pouvoir payer ses troupes. Lettre XXIV  « Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits », Louis XIV étai perçu comme un roi thaumaturges, capable de guérir la maladie des écrouelles, Rica se moque véritablement du fanatisme que le peuple approuve au roi. Montesquieu dénonce la cour de Louis XIV, tous ses courtisans qui cherchent à gagner du pouvoir en leurrant le roi, lettre XXIV  « On dit que, pendant qu'il faisait la guerre à ses voisins, qui s'étaient tous ligués contre lui, il avait dans son royaume un nombre innombrable d'ennemis invisibles qui l'entouraient; on ajoute qu'il les a cherchés pendant plus de trente ans, et que, malgré les soins infatigables de certains dervis qui ont sa confiance, il n'en a pu trouver un seul »

II) Une population décroissante

Rhédi s’étonne de la diminution de la population en Italie, lettre CXIII « J'ai resté plus d'un an en Italie, où je n'ai vu que le débris de cette ancienne Italie si fameuse autrefois. Quoique tout le monde habite les villes, elles sont entièrement désertes et dépeuplées: il semble qu'elles ne subsistent encore, que pour marquer le lieu où étaient ces cités puissantes dont l'histoire a tant parlé », l’Italie n’est plus ce qu’elle était autrefois. Rhédi caricature L’état de certains pays, lettre CXIII « La Grèce est si déserte, qu'elle ne contient pas la centième partie de ses anciens habitants. », « L'Espagne, autrefois si remplie, ne fait voir aujourd'hui que des campagnes inhabitées », « La Pologne et la Turquie en Europe n'ont presque plus de peuples ». Le narrateur parle d’une vraie décadence en ce qui concerne la France depuis la période Gauloise, lettre CXIII « la France n'est rien, en comparaison de cette ancienne Gaule dont parle César. ». Rhédi déplore l’extermination des peuples Incas, Mayas et Aztèque en Amérique du Sud, lettre CXIII « On ne saurait trouver dans l'Amérique la deux-centième partie des hommes qui y formaient de si grands empires », par l’Espagne. Personne n’est épargné dans ce dépeuplement, même l’Asie est concernée, lettre CXIII « L'Asie n'est guères en meilleur état. Cette Asie mineure, qui contenait tant de puissantes monarchies, et un nombre si prodigieux de grandes villes, n'en a plus que deux ou trois. Quant à la grande Asie, celle qui est soumise au Turc n'est pas plus pleine, et pour celle qui est sous la domination de nos rois, si on la compare à l'état florissant où elle était autrefois, on verra qu'elle n'a qu'une très petite partie des habitants qui y étaient sans nombre du temps des Xerxès et des Darius ».Les causes de ces dépeuplement sont les mêmes depuis des millénaires : les catastrophes naturelles, les épidémies les maladies. Lettre CXIII « Enfin je parcours la terre, et je n'y trouve que délabrement: je crois la voir sortir des ravages de la peste et de la famine. ». D’après le narrateur la fin est inévitable, les maux qui touchent le Monde ne seront pas résolus, la population ne cessera de décroitre, lettre CXIII « Après un calcul aussi exact qu'il peut l'être dans ces sortes de choses, j'ai trouvé qu'il y a à peine sur la terre la cinquantième partie des hommes qui y étaient du temps de César. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'elle se dépeuple tous les jours; et si cela continue, dans dix siècles, elle ne sera qu'un désert. Voilà, mon cher Usbek, la plus terrible catastrophe qui soit jamais arrivée dans le monde; mais à peine s'en est-on aperçu, parce qu'elle est arrivée insensiblement, et dans le cours d'un grand nombre de siècle; ce qui marque un vice intérieur, un venin secret et caché, une maladie de langueur, qui afflige la nature humaine ».

III) La critique de la religion en Europe

Rica parle du pape comme un gradé militaire dans la lettre XXIX « Le Pape est le chef des Chrétiens », comme si il était un dirigeant. Autrefois la Pape avait un très grand pouvoir, il pouvait excommunier les rois et donc les chasser de leur trône mais avec l’émergence des religions protestantes, lettre XXIX «Il était autrefois redoutable aux princes même: car déposait aussi facilement que nos magnifiques sultans déposent les rois d'Irimette et de Géorgie. Mais on ne le craint plus ». Le Pape, successeur du premier chrétien Saint Pierre devrait vivre dans le strict minimum, au contraire c’est un des hommes le plus riche d’Europe comme le dit Rica dans la lettre XXIX «  Il se dit successeur d'un des premiers Chrétiens, qu'on appelle saint Pierre, et c'est certainement une riche succession: car il a des trésors immenses et un grand pays sous sa domination ». Montesquieu dénonce explicitement le rachat des péchés qui permet à l’Eglise de s’enrichir en rachetant tout type de péchés, il dit alors dans la lettre XXIX  «  De sorte que si l'on ne veut pas faire le Rhamazan; si on ne veut pas s'assujettir aux formalités des mariages; si on veut rompre ses vœux; si on veut se marier contre les défenses de la Loi; quelquefois même, si on veut revenir contre son serment: on va à l'Évêque ou au Pape, qui donne aussitôt la dispense ». Les pays qui sont de religion chrétienne prônent la paix, mais ce sont dans ces pays qu’il y a le plus de révoltes et de guerres de religions, Rica dans la lettre XXIX dit « Aussi puis-je t'assurer qu'il n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui du Christ ». L’Eglise n’est ouverte à aucune réforme et considère d’hérétique tout ceux qui en propose, comme le dit Rica dans la lettre XXIX « Ceux qui mettent au jour quelque proposition nouvelle sont d'abord appelés hérétiques. ». Montesquieu dénonce la France et l’Allemagne, mais il veut spécifier dans la lettre XXIX, que dans certains pays, où l’Inquisition règne, les mesures sont beaucoup plus draconiennes : « Ce que je te dis est bon pour la France et l'Allemagne: car j'ai ouï dire qu'en Espagne et en Portugal il y a de certains dervis qui n'entendent point raillerie, et qui font brûler un homme comme de la paille ». Lettre XXIV  « que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin », le narrateur fait référence à la communion et aux absurditées que le pape profère. Selon l’Eglise, le pain, est le corps du Christ et le vin, le sang du Christ. Lettre XXIV  « Ce sont les femmes qui ont été les motrices de toute cette révolte qui divise toute la cour, tout le royaume et toutes les familles. Cette constitution leur défend de lire un livre que tous les chrétiens disent avoir été apporté du ciel », l’Eglise interdisait aux femmes de lire le texte fondateur.

IV) Différents gouvernements en Europe

Comme le dit Usbek, dans la lettre LXXX  « Depuis que je suis en Europe, mon cher Rhédi, j’ai vu bien des gouvernements : ce n’est pas comme en Asie, où les règles de la politique se trouvent partout les mêmes. », en Europe il y a un grand nombre de gouvernements par rapport aux autres régions du globe. Pour Usbek, le gouvernement le plus parfait est celui où le dirigeant écoute le peuple, lettre LXXX, « J’ai souvent recherché quel était le gouvernement le plus conforme à la raison. Il m’a semblé que le plus parfait est celui qui va à son but à moins de frais ; de sorte que celui qui conduit les hommes de la manière qui convient le plus à leur penchant et à leur inclination, est le plus parfait », où l’autorité n’est pas une nécessitée : « Si, dans un gouvernement doux, le peuple est aussi soumis que dans un gouvernement sévère, le premier est préférable, puisqu’il est plus conforme à la raison, et que la sévérité est un motif étranger », ce n’est pas parce que les peines sont plus lourde que la justice sera mieux respectée  comme le confirme la lettre LXXX « D’ailleurs je ne vois pas que la police, la justice et l’équité soient mieux observées en Turquie, en Perse, chez le Mogol, que dans les républiques de Hollande, de Venise, et dans l’Angleterre même ; je ne vois pas qu’on y commette moins de crimes, et que les hommes, intimidés par la grandeur des châtiments, y soient plus soumis aux lois ». La punition doit toujours être proportionnelle au crime pour Usbek, lettre LXXX « Soit que le gouvernement soit doux, soit qu’il soit cruel, on punit toujours par degrés : on inflige un châtiment plus ou moins grand à un crime plus ou moins grand ». Usbek dit, dans la lettre LXXX, qu’un dirigeant héréditaire est moins en droit de gouverner un pays qu’un dirigeant élu : « je trouve même le prince, qui est la loi même, moins maître que partout ailleurs ». Le narrateur constate qu’il y a des anarchies en Europe, dans la lettre LXXX  « Je vois que, dans ces moments rigoureux, il y a toujours des mouvements tumultueux, où personne n’est le chef, et que, quand une fois l’autorité violente est méprisée, il n’en reste plus assez à personne pour la faire revenir ». Les régimes sont très fragiles en Europe, les révolutions peuvent éclater d’un moment à l’autre et peuvent faire souffrir des milliers de personnes comme le démontre la lettre LXXX  « Qu’il ne faut point que les grands événements y soient préparés par de grandes causes : au contraire, le moindre accident produit une grande révolution, souvent aussi imprévue de ceux qui la font, que de ceux qui la souffrent ». Usbek contraste, à la fin de la lettre LXXX  « Lorsqu’Osman, empereur des Turcs, fut déposé, aucun de ceux qui commirent cet attentat ne songeait à le commettre : ils demandaient seulement en suppliant qu’on leur fit justice sur quelque grief ; une voix, qu’on n’a jamais connue, sortit de la foule par hasard, le nom de Mustapha fut prononcé, et soudain Mustapha fut empereur » avec la Turquie où tout est fait pour que la révolution soit évitée.

V) Problèmes économiques et financiers

Pour Usbek dans la lettre XCVIII, l’enrichissement de personnes créent des inégalités, les plus pauvres veulent toujours prendre la place des riches, « Il n’y a point de pays au monde où la fortune soit si inconstante que dans celui-ci. Il arrive tous les dix ans des révolutions qui précipitent le riche dans la misère et enlèvent le pauvre, avec des ailes rapides, au comble des richesses. Celui-ci est étonné de sa pauvreté ; celui-là l’est de son abondance. Le nouveau riche admire la sagesse de la Providence ; le pauvre, l’aveugle fatalité du destin. ». Selon Usbek dans la lettre XCVIII, il est inacceptable que les riches soient son contrôlées par une chambre, qu’ils doivent tout déclarer sous peine de punition, «  Ils sont à présent dans une situation bien terrible. On vient d’établir une chambre qu’on appelle de justice, parce qu’elle va leur ravir tout leur bien. Ils ne peuvent ni détourner ni cacher leurs effets : car on les oblige de les déclarer au juste, sous peine de la vie. Ainsi on les fait passer par un défilé bien étroit : je veux dire entre la vie et leur argent ». La haine envers les riches et donc le désir de posséder de l’argent est un obstacle à la réussite économique et à la croissance comme le dit le narrateur à la fin de la lettre XCVIII  « je trouve, Ibben, la Providence admirable dans la manière dont elle a distribué les richesses : si elle ne les avait accordées qu’aux gens de bien, on ne les aurait pas assez distinguées de la vertu, et on n’en aurait plus senti tout le néant. Mais, quand on examine qui sont les gens qui en sont les plus chargés, à force de mépriser les riches, on vient enfin à mépriser les richesses. ». Les finances sont très fragiles au début du XVIIIe siècle, personne n’arrive à trouver un système viable et préfère se débarrasser du fardeau comme le dit Rica dans la lettre CXXXVIII « Les ministres se succèdent et se détruisent ici comme les saisons : depuis trois ans, j’ai vu changer quatre fois de système sur les finances ». Rica est conscient, que la refonte de la finance française est un travail incommensurable qui nécessitera des années et il le confirme dans la lettre CXXXVIII « Mais il y a ici bien plus de finesse et de mystère. Il faut que de grands génies travaillent nuit et jour ; qu’ils enfantent sans cesse et avec douleur de nouveaux projets ; qu’ils écoutent les avis d’une infinité de gens qui travaillent pour eux sans en être priés ; qu’ils se retirent et vivent dans le fond d’un cabinet impénétrable aux grands et sacré aux petits ; qu’ils aient toujours la tête remplie de secrets importants, de desseins miraculeux, de systèmes nouveaux, et qu’absorbés dans les méditations, ils soient privés de l’usage de la parole, et quelquefois même de celui de la politesse ». « L’étranger », qui n’est autre que Law a fait devenir les pauvres, riches et les riches pauvres, lettre CXXXVIII « Tous ceux qui étaient riches il y a six mois sont à présent dans la pauvreté, et ceux qui n’avaient pas de pain regorgent de richesses. Jamais ces deux extrémités ne se sont touchées de si près. L’étranger a tourné l’État comme un fripier tourne un habit : il fait paraître dessus ce qui était dessous ; et ce qui était dessus, il le met à l’envers »

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