Résumé : Cette recherche s’intéresse à l’étude du processus de construction de signification d’une expérience culturelle de visite d’un site archéologique.








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Titre : « Exploration du processus de construction de significations d’une expérience culturelle de visite d’un site patrimonial :les sites archéologiques de Carthage en Tunisie. »

Kaouther SAIED –BENRACHED

Professeur des Universités,

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis

Université de Tunis EL Manar, Unité de Recherche ERMA

Mail :benrached.kaouther@yahoo.fr

Najla ADOUANI

Doctorante,

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis

Université de Tunis EL Manar, Unité de Recherche ERMA

Mail :adouani_najla2@yahoo.fr

Titre : « Exploration du processus de construction de significations d’une expérience culturelle de visite d’un site patrimonial :les sites archéologiques de Carthage en Tunisie. »


Résumé :

Cette recherche s’intéresse à l’étude du processus de construction de signification d’une expérience culturelle de visite d’un site archéologique. L’objet est de déterminer les interprétants tels que les construits par les visiteurs en adoptant le modèle théorique de la sémiotique pragmatique de Pierce. Afin de mettre en œuvre les concepts théoriques de ce modèle, nous avons choisi les sites archéologiques de Carthage - Tunisie particulièrement les sites « Les thermes d’Antonin » et «  La colline de Byrsa ». Les résultats issus de 37 entretiens montrent que les visiteurs construisent trois types d’interprétants à leur expérience de visite à savoir les interprétants affectifs, énergétiques et cognitifs. Ces significations sont le résultat « d’un réseau de connexion » de signes perçus et représentés dans l’esprit de l’interprète.
Mots clés : Expérience culturelle, processus de construction de significations, sémiotique pragmatique de PIERCE, signes, interprétants affectifs, énergétique et cognitifs.
Abstract :

This research focuses on study of the constructing meaning’s process from a cultural experience of an archaeological site’s visit. Thus, the purpose of this research is to identify means such as constructed by the visitors during their visits, and that by adopting the theoretical model of PEIRCE’s pragmatic semiotics. To implement the theoretical concepts of this model, we chose the archaeological sites of Carthage in Tunisia mainly the most famous ones, the Antonius’s Baths of and the Byrsa Hill. Our results issued from 37 interviews show that visitors construct three types of meaning to their visit’s experiences which are the emotional, the energetic and the cognitive ones. These meanings are the result of a « network connection » once signs are perceived and represented in the mind of the interpreter.



Keywords: Process of construction meanings, cultural experience, pragmatic semiotics, signs, emotional meaning, energetic meaning, cognitive meaning.


Titre : « Exploration du processus de construction de significations d’une expérience culturelle de visite d’un site patrimonial :les sites archéologiques de Carthage en Tunisie ».

« Les objets qui concernent ce dont la pensée s’occupe sont des signes. Essayer de déchiffrer les signes et de descendre jusqu’au sens même, c’est comme essayer de peler un oignon ou de descendre jusqu’à l’oignon même. »

Charles Sanders Peirce

Introduction

Les institutions culturelles sont confrontées à un consommateur plus affectif « émiettant » son comportement en fonction des circonstances, oscillant entre l’individualisme et la recherche du renforcement d’un lien social au sein de groupes ou de communautés. L’éclectisme (HETZEL, 1996), l’hédonisme, l’esthétisation de la consommation (GODEY, 1998), la recherche d’expériences partagées, de sensations, d’émotions et de sens sont des phénomènes occultés durant la période moderne, mais qui, désormais, sont pris en compte dans le comportement postmoderne des publics de la culture où la passion a tendance à se substituer à la raison.

La consommation post-moderne conduit à des comportements très éclectiques (HETZEL, 1996), en effet, chaque visiteur adopte l’une ou l’autre de ces stratégies comportementales en fonction des variables qui ne sont réduites au champ socio-démographique.

Il émerge de nouvelles logiques de consommation qui sont caractérisées par les dimensions de rêve, d’imaginaire, de plaisir et de fête où le consommateur vit de plus en plus des expériences différentes à travers des logiques de consommation que nous pouvons qualifier d’éducative, d’esthétique et de recherche de sens ( LAHIRE, 2004).

Ainsi, nous ne faisons pas appel à la raison des consommateurs mais nous les plongeons dans l’univers de leurs perceptions et de leurs passions, nous ne stimulons pas leur objectivité mais plutôt leur subjectivité. Les consommateurs n’achètent pas uniquement les produits pour ce qu’ils font (la perspective utilitaire), mais aussi et parfois surtout pour ce qu’ils signifient (la perspective symbolique),(Vargo et Lush (2004), Heilbrunn (2005))

Dans ses travaux, BAUDRILLARD J. (1970), affirmait que la consommation est devenue une activité de production de signification et un champ d’échanges symboliques .En effet, les consommateurs ne consomment pas les produits, mais, au contraire, ils consomment le sens de ces produits. Il y a incorporation des significations sous la forme d’expérience c'est-à-dire de mises en scène de l’individu où l’accent est mis sur le sensualisme et l’importance du vécu.

Selon BOURDIEU (1979) la perception et l’interprétation d’une œuvre ou d’un produit culturel nécessitent seulement une connaissance et une maîtrise des codes, donc une compétence artistique.

Cependant, GOURDON (1982) défend la thèse que dans l’évaluation d’une expérience culturelle, il ne s’agit pas de parler en terme de vrai ou de faux sens, de perception adéquate, mais en terme de plénitude de sens éprouvé par le sentiment, l’affectif et la sensibilité.

Dans notre recherche nous adoptons la thèse de GOURDON, en soutenant que le sens ne préexiste pas à une manifestation ou une pratique culturelle, c’est à travers l’objet culturel que le spectateur vit une expérience à laquelle il donne un sens.

Ainsi, nous nous interrogeons sur le processus de construction de significations au cours d’une expérience culturelle telle que l’expérience de visite d’un site archéologique.

Pour répondre à ce questionnement, nous présenterons dans ce qui suit, le cadre conceptuel de la recherche, la méthodologie poursuivie et les principaux résultats de la recherche.
Le cadre conceptuel
L’expérience de visite du patrimoine : Objet d’étude sémiotique
Le patrimoine est défini à la fois par une réalité physique factuelle et par une valeur symbolique, selon KAISER B. le patrimoine est un objet chargé de symboles. Ainsi, l'offre patrimoniale est caractérisée par un aspect matériel, le support physique du monument, du vestige ou de l'emblème, et un aspect idéal, le message. Au départ c’est une offre d'un "support" qui ne produit, a priori, qu'un seul service, le droit de regard ou, à la limite, le droit de visite mais au cours de cette visite, le visiteur s’engage dans une expérience de consommation culturelle riche de sens et de symboles.

Selon LADWEIN R. (2003), les années 80-90 ont vu l’incorporation des significations sous forme de recherche de production d’expérience et nous assistons à l'émergence d'un individu qui est producteur du sens qu'il va donner à sa propre "consommation" (MOORMAN et RUST, 1999).

Bien qu’un produit culturel demeure constant dans un sens objectif, sa perception ou son interprétation par le lecteur est soumise à une variance interpersonnelle car tout individu vit une réaction intellectuelle et émotionnelle différente.

BAUDRILLARD (1972) affirme que la consommation culturelle est une activité de manipulation systématique de signes, afin de devenir objet de consommation, il faut que l’objet devienne signe. Il analyse la dimension symbolique de l’expérience culturelle et il envisage l’acte de consommation comme un acte relevant d’un système de signe s’intégrant à la vie sociale. Il s’intéresse à la signification de la consommation et considère le processus de consommation comme un processus de signification et de consommation au même temps qu’un processus de signification et de différentiation sociale. Selon lui le mode de consommation est déterminé par le groupe social d’appartenance et se traduit par un système de signe objet. Les produits étant abstrait sont consommés pour ce qu’il représentent et non pour eux-mêmes en tant qu’objets. Il pense ainsi que la discrimination passe de possession pure et simple, à l’organisation et à la pratique sociale en rapport avec les objets, il substitue à ces derniers le rapport valeur signe /valeur d’échange symbolique qui sont des relations signifiant à signifié au rapport valeur d’échange /valeur d’usage.

Les produits culturels sont porteurs de sens de façon intrinsèque et la sémiotique peut aider à préciser les signes émis par le produit et les significations produites.
Le processus de construction de significations : Application de la sémiotique de PEIRCE
Les origines de la sémiotique remontent à l'ère présocratique quand HIPPOCRATE indiquait que les symptômes manifestés par le corps représentent des messages, des états physiques et mentaux. ARISTOTE (384-322 av.J.C.) est le fondateur qui a cherché à expliciter les lois de la pensée mais il fallait toutefois attendre le 19 ème siècle pour voir se dégager les propositions modernes de la théorie dans le domaine des sciences de la signification.

Ainsi, deux penseurs ont joué un rôle déterminant dans la formulation théorique de la signification qui sont FERDINAND DE SAUSSURE (1857_1913) et CHARLES SANDERS PEIRCE (1839_1914). Ils ont développé deux théories basées sur des approches relativement différentes mais qui trouvent néanmoins un point commun, un point central de la sémiotique qui est le signe.

PEIRCE est le créateur de la sémiotique américaine, il avait choisi le chemin opposé de la sémiotique structurale en refusant l'exclusion du champ perceptif et en partant au contraire de l'exploration systématique de la perception. Son approche est fondée sur le principe qu'il exprime dés 1868 selon lequel que « nous n'avons pas le pouvoir de penser sans signes », l'objectif de sa théorie sémiotique est de réaliser une analyse des produits de la pensée qui ne se situe pas dans une perspective psychologique mais dans le cadre général de la logique.

La sémiotique de PEIRCE est qualifiée de sémiotique pragmatique, c'est en donnant la première théorie explicite du signe et du sens depuis la fin de la philosophie classique que PEIRCE s'oppose au positivisme et affirme sa conviction que la pensée et la cognition n'opèrent qu'à l'intérieur d'un champ sémiotique.

Selon PEIRCE S.C. (1935), la phénoménologie ou la phanéroscopie est « la description de la totalité collective de tout ce qui est présent à l'esprit, sans se préoccuper du tout de ce qu'il corresponde ou non à une chose réelle ».
La conception peircienne du signe
PEIRCE( 1935) s'est intéressé à décrire la relation entre le signe et ceux qui les interprètent. Le signe représente tout ce qui signifie quelque chose son objet à quelqu'un son interprète dans un rapport son contexte. Ainsi, tout comme DE SAUSSURE, PEIRCE explique les systèmes de signes en termes de relations, mais à sa différence, il introduit une relation triadique entre le "representamen" qui est l'aspect matériel du signe directement accessible, l'objet et l'interprétant ou le contenu.

Le signe est en relation avec son objet par l'intermédiaire d'un acquis antérieur que PEIRCE désigne par le vocable "interprétant". L'architecture du signe peircien est constituée par un système relationnel tridimensionnel, composé de trois éléments en relation triadique où le troisième, l'interprétant, fait la réunion des deux premiers.
La SEMIOSIS de PEIRCE
La sémiosis est le processus sémiotique qui se déroule dans l'esprit de l'interprète, il débute avec la perception du signe et se termine avec la présence à son esprit de l'objet du signe.

Il est constitué de trois étapes qui sont la perception du signe, la représentation du signe-objet et la production de significations.

La perception sémiotique du signe
Le concept de la perception est celui qui distingue la sémiotique de PEIRCE de celle de la sémiologie de DE SAUSSURE et celle de HJEMSLEV.

La perception est un processus de sélection et d’arrangement des effets des stimuli, elle est la juxtaposition d’un percept et d’un jugement perceptuel. Le jugement perceptuel produit une structure relationnelle des éléments sélectionnés dans le percept global.

Selon PEIRCE le signe perçu est de trois types:
- Le qualisigne est un signe qui agit en qualité des sentiments, ainsi la connexion du signe à son objet se fait par référence aux émotions. Il consiste aussi aux qualités sensorielles tels que les sons, les couleurs, les odeurs, les touchers, les goûts, les formes etc.

- Le sinsigne est un signe qui agit de manière donnée en fonction d’une utilisation spatiale temporelle précise, la connexion du signe à son objet se fait par action réaction dans le monde physique ou réel. Il correspond aux « faits réels in actu » ou aux événements physiques et mentaux liés aux actions et réactions.
- Le légisigne est un signe qui agit de manière conventionnelle, ainsi tout signe conventionnel est un légisigne, il correspond aux pensées médiatrices, aux habitus, ou à la loi. En effet, la connexion du signe à son objet se fait par une loi explicite ou sous forme implicite tels que l’habitus, l’idéologie ou l’institué.

La représentation du signe -objet

Les signes perçus vont permettre de construire dans l’esprit de l’interprète des représentations relatives à l’objet d’analyse. Ainsi, en fonction de la nature de relation du signe avec l’objet à savoir de similarité, de ressemblance et de convention, nous distinguons l’icône, l’indice, et le symbole.

-L’icône est un signe qui posséderait le caractère qui le rend signifiant même si son objet n’existait pas, exemple, un trait de crayon représentant une ligne géométrique.
-L’indice est un signe qui perdrait immédiatement le caractère qui en fait un signe si son objet était supprimé mais ne perdrait pas ce caractère s’il n’avait pas d’interprétant, exemple un moulage avec un trou de balle dedans comme signe d’un coup de feu car dans le coup de feu il n’y aurait pas eu de trou mais il y a un trou là que quelqu’un a eu l’idée d’attribuer à un coup de feu ou non.
-Le symbole est un signe qui renvoie à l’objet par une convention érigée en loi, une règle sociale ou une habitude, il perdrait le caractère qui en fait un signe s’il n’avait pas d’interprétant. Le symbole signifie par des caractères propres choisis ou imposés à une communauté sociale.
L’interprétation et la production de significations

- L’interprétant affectif est l’aboutissement du processus de signification qui ne fait appel qu’à des qualités de sentiments présentes dans le signe. Le sens qui se dégage du signe constitue une instance de l’objet pris pour son apparence et considérée comme certaine dans l’esprit de l’apprenant.

De plus, si le signe produit un effet au delà du sentiment il le produit par le moyen de l’interprétant affectif à l’issu de la première étape, a ce stade un effet est produit en cascade de l’interprétant affectif implique un effort physique ou mental de la part de l’apprenant qui doit déployer une certaine énergie afin de produire cet interprétant. PEIRCE appelle ce moment l’interprétant énergétique.
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