A flat, fat, growing urban experiment








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I’ve heard about…©

(a flat, fat, growing urban experiment)



Rumeurs
J’ai entendu parler d’une chose qui ne se constitue qu’au travers de scénarios hétérogènes, multiples et contradictoires, d’une chose qui refuse l’idée même qu’une prévision puisse être émise quant à sa forme de croissance, quant à la détermination de son futur.

Une chose informe qui se greffe sur un tissu existant, une chose qui ne cherche pas un point de fuite pour justifier de son existence mais accepte de palpiter, de s’immerger dans un état vibratoire, “ici et maintenant”.
Cette chose enchevêtrée, entrelacée, semble être une ville, non, plutôt un fragment de ville.
L’immunité dont bénéficient ses habitants est due au fait qu’ils sont à la fois vecteurs et protecteurs de cette complexité.
La multiplicité d’expériences et de formes qui s’y enchevêtrent n’a d’égal que l’apparente simplicité de ses mécanismes.
La forme urbaine ne dépend plus de décisions arbitraires, ni du contrôle de son émergence par quelques-uns, mais de l’ensemble des contingences individuelles. Elle intègre à la fois les prémisses, les conséquences, et l’ensemble des perturbations induites, dans un jeu de renvois réciproques. Les lois sont consubstantielles au lieu, sans effort de mémoire.
Les stimuli qui ont concouru à l’émergence de “I’ve heard about” sont multiples et se renouvellent sans cesse. Son existence est inextricablement liée à la fin des grands récits, à la reconnaissance objective des transformations climatiques, à la suspicion de toute morale fût-elle écologiste, à la vibration des phénomènes sociaux et à l’urgence de renouveler les mécanismes démocratiques. La fiction y est le principe de réalité : ce que vous avez devant vos yeux est conforme à la vérité de la condition urbaine de “I’ve heard about”.
Quelle loi morale ou quel contrat social pourraient nous soustraire à cette réalité ? Nous empêcher d’y vivre ou nous en protéger ?

Le protocole “I’ve heard about”, à l’opposé, n’annule pas le risque d’être au monde. Les habitants se nourrissent d’un temps présent, non différé, un temps qui alimente directement la forme de la structure territoriale.
“I’ve heard about” s’élabore aussi à partir des angoisses et des états de stress, elle n’est pas un refuge contre quelques menaces, elle n’est pas un lieu d’insulation, d’isolation mais reste ouverte à toutes les transactions. C’est une zone franche et libre, produite pour que nous puissions revivre ce qui a été à l’origine de son acte fondateur, pour nous puissions vivre avec, et pouvoir répéter l’expérience du commencement.

Les formes de vie y sont imbriquées, faites d’invaginations et de complexités nouées. Sa croissance est artificielle et synthétique, en rien redevable au chaos ou à la nature informe. Elle s’appuie sur des procédures bien réelles qui génèrent les substances et les modes opératoires de son évolution.

La sphère publique y est partout comme un organisme palpitant dans lequel plusieurs postulats contradictoires se confrontent les uns aux autres et pourtant restent vrais. Les rumeurs et les scénarios qui portent les germes de ses mutations futures y négocient avec le temps vibratoire de nouveaux territoires.

Il est impossible de nommer tous les éléments qui la composent ou de l’appréhender dans sa totalité parce qu’elle est la chose du plus grand nombre, de la multitude. Seuls des fragments peuvent en être extraits.

Le monde est terrifiant quand il est déchiffrable, lorsqu’il s’accroche à un semblant de prévisibilité, lorsqu’il cherche à préserver une unité factice. Dans “I’ve heard about”, c’est ce qui se définit en creux, qui devient garant de sa lisibilité, de sa fragilité sociale et territoriale, et de son indétermination.
Protocole territorial

État courant validé par l’e-impulsion 25792-45-34
Préalable :

La structure urbaine “I’ve heard about” est un organisme habitable. Elle s’élabore sur des scénarios adaptatifs, transitoires dont l’incertitude est le mode opératoire. Elle s’écrit à partir de scripts de croissance, d’algorithmes ouverts, qui restent perméables non seulement aux énonciations humaines en temps réel (individualismes, modes relationnels, conflictuels, transactionnels…), mais aussi aux données plus discrètes telles les émissions chimiques de ceux qui l’empruntent. Cette biostructure devient la partie visible des contingences humaines et de leurs négociations en temps réel. Ses modes d’émergence font que sa fabrication ne peut être déléguée à une puissance politique qui en nierait les procédures d’échange et en dessinerait les contours par anticipation, par mnemosys ou par contrainte.
Schémas génératifs
1. Entropies
1.0 La structure habitable est la résultante d’un « mouvement en train de se faire ». C’est un paysage adaptatif, un biotropisme basé sur des processus de croissance locale, eux-mêmes en évolution. Ce principe est générique.
1.1 La fonction première de la biostructure est d’abriter. Sa fonction seconde est de ne pas anticiper mais de réagir.
1.1.1 La biostructure est un organisme réceptif aux aléas humains, elle en est la terminaison nerveuse.
1.2 L’engin constructeur dénommé Viab est constitutif de la structure elle-même. Il en sécrète le paysage, il s’y loge, il s’y déplace. Il est le vecteur de l’autodétermination politique et territoriale sur un mode double : variabilité / viabilité.
1.2.1 Le Viab génère la structure réticulée selon un modèle procédural issu du Contour Crafting / voir [Procédures].
1.2.2 La croissance de la structure réticulée se fait sur le mode de l’accrétion locale et ponctuelle, sans planification préalable, mais en tenant compte de la viabilité, c’est-à-dire des contraintes structurelles de toute nature / voir [Procédures].
1.2.3 À un instant donné, l’algorithme constructif est le même pour tous les engins présents dans la biostructure. Chaque Viab procède selon cet algorithme, mais en fonction de données, de requêtes et de perturbations locales, par nature variables.
1.2.3.1 La variabilité du Viab est issue du script qui le pilote, ce script est lui-même soumis à un reparamétrage ininterrompu défini en [1.4].
1.3 La forme émise est incertaine, voire imprévisible. Elle est l’antidote politique aux modes d’anticipation qui font de l’espace un système de contrôle social / voir [Substances affectives].
1.3.1 Par conséquent, la nature du processus est indéterministe.
1.3.2 L’espace impliqué dans la construction étant indéterminé, il est supposé inachevé, a contrario voir [5.2 / 5.2.1].
1.4 L’algorithme constructif est sensible à deux types de données, ou “inputs” : externes et internes.

Les inputs externes sont constitués : de la morphologie urbaine préexistante, de modes d’accessibilité, des limites structurelles, de l’apport en lumière naturelle, des dimensionnements et épaisseurs des alvéoles habitables, de l’ensemble des paramètres du biotope local…

Les inputs internes sont de deux types:

1) chimique: empathie physiologique, sécrétions endocriniennes, émissions corporelles, prépsychismes, voir [Aliénation volontaire].

2) électronique: individualisme, implications personnelles, subjectivités, (réseau informationnel et décisionnel), voir [Biopolitique].
1.4.1 L’alchimie de ces différents inputs, telle que réalisée par l’algorithme constructif, détermine l’action du Viab. Cette miscibilité des données est à l’origine du “corps collectif”.
1.5 L’algorithme est en “open source”, sa variabilité est le fruit d’expériences, de partages et de négociations (voir [4.5].)
1.6 La biostructure se développe sans éradication des tissus préexistants. Ni patrimonialisation ni tabula rasa. Elle se comporte comme une greffe, voire un parasite. Elle opère dans des zones préalablement urbanisées, s’infiltrant dans les interstices, dans les lieux et les milieux…
1.7 La biostructure est “régionalisée”. L’algorithme constructif tient compte de l’apport en matière première comme variable constructive, et se trouve directement dépendant des qualités physiques des substances employées.
2. Bio-Résidents
2.0 Les droits du résident sont engagés et validés par le fait de sa seule présence dans la biostructure.

Ce principe est générique.
2.0.1 Par conséquent, la nature du pacte est territoriale.
2.0.2 Le résident peut se réapproprier un espace, l’étendre et le transformer, éventuellement le détruire.
2.1 Le résident de la biostructure accepte que ses requêtes (croissance, transformation, réparation...) soient soumises à l’influence des stimuli chimiques de la multitude.
2.2 Le protocole d’échange entre le résident et la biostructure est librement renouvelable, sa résiliation est conditionnée par son simple départ.
2.3 Le fait d’habiter vaut propriété.
2.4 Pendant la durée du séjour, les règles [1] à [8] prévalent pour tous.
2.5 Mode d’emploi et protocole d’emménagement : voir [6] et [procédures].
3. Aliénation volontaire
3.0 Le résident accepte d’intégrer un corps social déterminé par un partage informationnel physiologique.
3.1 Ces stimuli prépsychiques constituent le deuxième input, de type interne.
3.1.1 Ces stimuli, issus des sécrétions chimiques de la multitude des corps, “affectent” la logique constructive du Viab. Ils sont les vecteurs de sa réalité partagée.
3.2 La “récolte” s’opère par l’intermédiaire de nanocapteurs dispersés dans l’enceinte de la biostructure et inhalés par les résidents. Le mode de fonctionnement de ces capteurs chimiques [NP] est décrit /voir [Procédures].
3.2.1 La durée de vie des nanocapteurs est de 24 heures. Ce délai écoulé, ils se désactivent et sont évacués par l’organisme.
3.2.2 L’anonymat des données chimiques est un principe générique.
3.3 Le visiteur de la biostructure, du seul fait qu’il transite par son atmosphère, en perturbe l’équilibre.
3.4 Le résident de la biostructure est un agent qui compose un mode d’organisation politique réticulaire. L’équilibre instable qui en résulte induit un mode social qui fait de la négociation de mitoyenneté un préalable et un mouvement.
3.5 Le comportement induit est assimilable à une intelligence collective dite en essaim.

Voir [Procédures].
3.6 L’interface territoriale avec les résidents, le Viab, infuse, fusionne et contractualise cette biochimie politique.
4. biopolitique
4.0 La structure sociale est conforme à la structure territoriale.
4.1 L’individualisme créatif est un principe générique.
4.2 La cohabitation ne se fonde pas sur des principes statiques mais sur une interaction permanente entre les résidents, les non-résidents et la biostructure.

4.3 Nul ne peut s’opposer à l’arrivée d’un nouveau résident et à la croissance résultante.

Ce principe est générique.
4.3.1 De même, nul ne peut s’opposer au départ volontaire d’un résident, ou invoquer une règle de ce protocole contre un résident ou un groupe de résidents pour justifier de son / leur départ.
4.4 Chaque résident est libre de choisir son degré de participation et d’implication dans la vie et la croissance de la biostructure.
4.5 Le résident a accès aux données qui conditionnent l’évolution de la biostructure dans tous ses aspects sociaux. Il peut émettre une proposition de modification au niveau local, métalocal et global, et la soumettre à la multitude via les réseaux électroniques qui irriguent la structure.
4.5.1 Accéder aux données, c’est de fait interagir sur la structure, et être comptabilisé statistiquement.
4.5.1.1 Il n’y a pas de conditions préalables d’accès à la base de données.
4.5.1.2 La base de données est une interface réactive : à la fois base de consultation des propositions émises, récepteur des impulsions individuelles (feedback) et zone de visibilité des croissances induites.
4.5.2 L’ensemble des impulsions résultantes est transmis au Viab.
4.5.3 Cet ensemble constitue la scénarisation morphologique de la cité.
4.6 L’énonciation d’une proposition individuelle, via les réseaux, est ponctuelle et volontaire, elle ne relève pas d’un programme préétabli.
4.6.1 Dans une proposition, les éléments d’une situation sont pour ainsi dire rassemblés à titre d’essai / voir [Substances affectives]. C’est un outil spéculatif…
4.6.2 Une proposition peut être soumise sur les réseaux de la biostructure sur un mode anonyme, la collecte des impulsions individuelles, sous forme électronique, est un principe générique.
4.6.3 La proposition est un outil opératif. Elle ne peut s’appliquer que sur un mode dynamique, qui pose le mouvement l’expérience sociale comme un préalable.
4.6.4 La proposition est un outil biopolitique. Elle ne peut se formuler au travers d’une énonciation qui introduirait une délégation de pouvoir, sous quelque forme que ce soit. Ce principe est générique.
4.7 La collecte des impulsions permet de juger à la fois de la pertinence de la proposition et de proposer son adoption ou son rejet. Il ne s’agit pas d’un mécanisme binaire. L’absence d’impulsion (feedback) par plus d’un tiers des résidents rend caduc la proposition.
4.7.1 Néanmoins il ne peut y avoir de propositions définitivement invalidées. Leur reformulation s’inscrit comme une renégociation légitime avec la biostructure.
4.8 Toute proposition pourra être présentée simultanément sous deux formes, l’une constitutive et pérenne, l’autre expérimentale et temporaire.
4.8.1 Toute proposition écartée dans sa version constitutive mais validée temporairement pourra être mise en œuvre expérimentalement sur une période qui devra être précisée dans la proposition elle-même. Au terme de l’expérience, la biostructure sera à nouveau consultée.
4.8.2 Un groupe de résidents peut choisir de mettre en pratique une Expérience validée. Cela justifie par là même une croissance spécifique.
4.8.3 Dans ce cas et uniquement dans ce cas, l’Expérience et les “rhizomes” ainsi construits ne peuvent être invalidés que par les résidents de ceux-ci.
4.8.3.1 Cela est vrai si ces “rhizomes” ne dérogent à aucun des principes génériques.
4.8.3.2 L’idée même de “rhizome” est à étendre au-delà de sa physicalité propre.
4.9 Une proposition remettant en cause l’un des principes génériques / voir Open Source [5.2.1] / doit, pour être adoptée, compte tenu de la modification sociale et territoriale qu’elle suggère, être revalidée par deux fois, et ceci dans les mêmes conditions d’énonciations que la proposition initiale.
4.10 Une proposition, pour être validée doit être partagée à un temps (t) par une majorité relative localisée.
4.10.1 Une majorité relative localisée est constituée d’un groupe de n résidents vivant en mitoyenneté.
4.10.2 La structure dans son ensemble ainsi que ses sous-ensembles est par nature une suite de majorités relatives localisées.
5. Open source
5.0 L’open source est un outil politique et géographique.
5.0.1 Pour rappel, le comportement constructif du Viab est soumis à l’algorithme de croissance, lui-même résultant de la miscibilité des deux inputs : les stimuli chimiques et électroniques. / voir [Entropies].
5.1 Tout résident peut accéder au code source lors de son établissement dans la biostructure. Le code source contient les règles opératives : processus de croissance et règles de transaction. Les principes génériques ne peuvent être modifiés que dans les conditions restrictives définies au point [4.9].
5.1.1 La connaissance du code source du Viab permet de déjouer les pièges qu’il sous-tend par son existence même / voir [Anomalies 8.0].
5.1.2 La modification du code source, dans le cadre des transactions prévues, passe par une proposition électronique. La mise en oeuvre des modifications du code ainsi décidées est la seule forme de reprogrammation subie par le Viab.
5.1.3 Toutes les règles opératives, quelque soit leur nature, ne peuvent être comprises que comme variables (environnementales, sociales, constructives), modifiables par proposition collective, validées électroniquement et perturbées chimiquement / voir [Aliénation Volontaire].
5.2 Une reprogrammation du Viab qui contredit ce principe ou l’un des principes génériques met en cause la structure même de la société.
5.2.1 Si cette hypothèse est mise en œuvre, le Viab perd sa fonction constructive et réparatrice. Il se désactive et devient résidu de la structure.
5.2.2 Les résidents peuvent, néanmoins et suite à une désactivation prolongée, réinitialiser les paramètres du Viab. Par ce choix, ils réintègrent le protocole “I’ve heard about”.
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