Le diagnostic comme étape préalable à toute intervention de réhabilitation ou d’entretien








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date de publication11.07.2017
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Le diagnostic comme étape préalable à toute intervention de réhabilitation ou d’entretien

Traditionnellement les matériaux de construction étaient recherchés dans la nature, à proximité du lieu de la construction, notamment la pierre, le sable, la terre et le bois. Tous ces matériaux sont sensibles à l’action de l’eau et des autres facteurs climatiques.
Durant toute l’histoire de la construction on assiste à des travaux de réhabilitation et d’entretien des constructions, effectués par les propriétaires ou leurs représentants (architecte, maître maçon, charpentier,…) afin d’adapter le bâti aux conditions de vie du moment. Avec l’apparition de nouveaux matériaux au début du XXème siècle et avec les interventions agressives de construction ou de reconstruction, la construction peut perdre ses caractéristiques d’origine, porteuses de toutes ses valeurs historiques, architecturales et culturelles. Une bonne intervention doit maintenir en bon état l’ouvrage architectural tout en en conservant sa valeur existante, Elle s’effectue suivant un programme établit après plusieurs opérations de diagnostic général des désordres.
Une vision d’ensemble est toutefois indispensable pour réaliser des travaux cohérents et conformes aux objectifs fixés et tout projet de réhabilitation ou d’entretien exige des travaux préalables qui permettent d’avoir une bonne connaissance du bâtiment et de ses éléments constructifs.

Cette méthodologie ou diagnostic nécessite une démarche logique, allant de la simple observation visuelle des désordres jusqu’au diagnostic détaillé qui permet d’élaborer le concept de réhabilitation ou d’entretien et leur suivi pendant et après l’exécution.
Les étapes à suivre en tout processus de diagnostic sont :

- Le pré-diagnostic, qui consiste à faire une première évaluation de l’état du bâtiment et de définir, lors de la première visite, les aspects du travail pour des études pluridisciplinaires

- Les études pluridisciplinaires, qui récoltent toutes les informations des tests et analyses des désordres dans le bâtiment. Elles serviront de guide pour une future intervention.

- Le diagnostic, qui consiste à analyser les informations des études pluridisciplinaires et déterminer les besoins d’intervention en réhabilitation ou entretien. Ce programme définit les travaux de réparation et de consolidation des structures existantes et d’amélioration de tous les éléments dégradés.
Le prédiagnostic

Lors de la première visite du bâtiment et d’après des observations visuelles des désordres, de leur emplacement, de leur nature et de leur dimension, on peut estimer l’état de conservation de l’édifice. Cette estimation est l’étape de prédiagnostic qui permet de classer le bâtiment selon son état de dégradation. En effet, un édifice qui a perdu sa stabilité structurelle ne peut être habitable qu’après une intervention de reconstruction complète. Cependant, la maison qui est toujours habitée et qui souffre de quelques désordres fera seulement l’objet de travaux d’entretien, pour contribuer à améliorer la qualité de vie et le confort à ces habitants. Pour cela, des études pluridisciplinaires de l’état de ces structures permettent d’élaborer un diagnostic qui identifie l’origine de l’affectation de la maison et précise les urgences relatives d’intervention.
Les études pluridisciplinaires

Plus on connaît le bâtiment, mieux on peut réussir son entretien ou sa réhabilitation. Comprendre permet de livrer des hypothèses sur la nature des désordres et d’enrichir la recherche historique afin de choisir le concept convenable d’entretien ou de réhabilitation et d’offrir non seulement la solution économique et technique mais aussi conservatrice du patrimoine bâti.

Les études pluridisciplinaires consistent à fournir tous les résultats des études et des différentes analyses qui nous permettent de récolter toutes les informations nécessaires à la constitution du diagnostic. Elles comprennent l’étude historique et documentaire, l’étude socio-économique, le relevé architectural, l’inspection détaillée du bâtiment, l’analyse constructive et structurelle, les essais « in situ » et en laboratoire.
L’étude historique et documentaire

Le processus du diagnostic commence par l’établissement de l’étude historique du bâtiment concerné. Il s’agit de collecter :

- Les textes et les récits qui décrivent l’architecture de l’ouvrage, sa composition en plan, son usage, le nombre d’étages, ses matériaux constitutifs, la description de son environnement, etc.

- Les documents graphiques anciens (plans, coupes, élévations, plan cadastral, etc.), ils sont disponibles à la municipalité ou au service foncier. Les photos anciennes de l’intérieur ou de l’extérieur de la construction, qui nous permettent de vérifier son état à cette date. Les dessins (croquis, aquarelle, au crayon, etc.), les anciennes vues aériennes des villes et des villages où pourra apparaître la construction sur les photos de la région.

Cette recherche pourra aboutir à l’identification de l’originalité de la construction, sa transformation et son évolution, facteurs qui composent aujourd’hui son espace architectural. En effet, la maison dans son profil actuel est le résultat d’un changement continuel des habitants et des usages, l’espace résidentiel présente aujourd’hui les traces des différentes interventions (dont son état d’origine).
L’étude socio-économique

Dans le cas de l’Art Nouveau, nombre de bâtiments ont vus leur usage transformé, une fois en musée, l’autre fois en bâtiment de service, public ou privé… Souvent, ces transformations sont suivies de modifications inhérentes aux nouveaux usages, qui sont indispensables à identifier.

Dans certains cas, la maison est habitée par des gens qui n’ont pas les moyens économiques, ou le niveau technique pour l’entretenir. Il n’est pas rare de trouver des maisons toujours habitées par la même famille, celle-ci ayant fait des travaux d’amélioration au fur et à mesure que ses revenus le lui ont permis. Ainsi, le bâtiment subit des désordres dus au manque d’entretien et aux rajouts de constructions ou installations contemporaines inadaptées avec l’ensemble original.
Le relevé graphique

Le relevé n’est pas uniquement une opération de mesurage correct d’un bâtiment accompagnée de sa représentation graphique, mais aussi une opération qui doit représenter toute la problématique du bâti pour mieux la comprendre et l’analyser. On distingue plusieurs types de relevé : le relevé architectural, le relevé des désordres, le relevé technique qui décrit les matériaux utilisés et leurs techniques de mise en oeuvre, les différentes installations et les abords de l’édifice.
Le relevé architectural

Il consiste à représenter par des dessins l’oeuvre architecturale existante afin de comprendre sa composition, ses dimensions, ses proportions et son tracé géométrique, son mode de construction, son développement historique et sa valeur esthétique et fonctionnelle.

C’est une opération scientifique qui exige une série d’enquêtes allant de la lecture du concept original de sa construction en passant par toutes les interventions d’entretien ou de réhabilitation jusqu’à l’interprétation de son actuel aspect formel et spatial.

Le dessin de ce relevé doit être capable de transmettre les informations avec le plus de clarté, de précision, de légende, d’explication et de notes possibles. A minima ce relevé doit produire des plans, en coupes, en élévations et si possible en trois dimensions par des vues en perspective ou en axonométrie.

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Le relevé des désordres

Il consiste à présenter les déformations et les dégradations. Les murs et les planchers sont le support de ces désordres, ils portent le schéma qui indique par simple observation la nature et l’ampleur des fissures. Celles-ci permettant de mieux comprendre les origines des déformations et les causes de la dégradation. Ce relevé permet d’obtenir un ensemble complet de données précisant les lésions, les fissures, l’aplomb ou le gonflement des murs, les traces d’humidité et des salissures, etc., indiquant leur emplacement, leur sens et leur dimension. Ces données quantitatives et qualitatives permettent de vérifier l’état de stabilité et de dégradation de la construction à la date de son relevé.
Le relevé des matériaux utilisés et les techniques de leur mise en œuvre

Il consiste à relever les matériaux constructifs du bâtiment : leur nature, leur dimension, leur propriété physique et mécanique, leur état de conservation après son vieillissement et son exposition aux facteurs de dégradation (climat, pollution, mouvement de structure, etc.).

Ce relevé indique aussi les matériaux utilisés dans les différentes étapes d’intervention. Leurs techniques de mise en oeuvre reflètent les compétences du savoir-faire de chaque étape d’entretien ou de réhabilitation et l’influence des matériaux nouveaux sur la construction originale. L’utilisation du béton a montré après un siècle, le danger qu’apporte ce matériau à la structure ancienne en pierre. On observe parfois l’affectation de celle-ci par les matériaux d’entretien qui n’ont pas les mêmes propriétés physiques ou mécaniques.
Le relevé des différentes installations

Depuis la construction de sa maison l’habitant ne cesse de modifier le programme de cette maison et de l’adapter à ses besoins de confort. Ce relevé consiste à discerner les constructions et les installations parasites à la construction originale. L’analyse de ce relevé conduit à présenter l’influence physique et esthétique des rajouts à la maison traditionnelle.
Le relevé des abords de la maison

Il consiste à relever la situation de la maison par rapport à son environnement et permet de préciser l’effet de ce dernier sur l’état de conservation du bâti. Il présente la proximité éventuelle des industries et de leurs conséquences (fumée, pollution de l’air, pluies acides, etc.), de la mer (degré d’humidité, concentration de sels, etc.), et des réseaux routiers, chemin de fer, aéroport (vibrations, pollution, bruit, etc.).
L’inspection des désordres dans le bâtiment

La plupart des désordres sont inspectés par observation visuelle. En effet, un oeil formé pourra détecter l’origine des désordres d’après la forme, la nature des déformations et leurs évolutions. Une démarche systématique contribue à faciliter l’inspection en allant de l’observation générale à celle la plus détaillée, en utilisant des appareils de mesure très précis. Cette démarche commence par l’inspection :

- Des façades qui permettent de connaître les caractéristiques constructives des différentes étapes de construction et leurs influences sur la conservation et la stabilité de la structure ancienne.

- Des propriétés des matériaux constitutifs (pierre, terre, bois, métal, mortier de chaux ou de terre, structure en bois, etc.), de leur dimensionnement (mur à double parement, simple, épaisseur et hauteur des murs, etc.) et de leur mise en oeuvre (pierres posées sur un lit de mortier de chaux, maçonnerie de pierre hourdée d’un liant de chaux, pierre en boutisse, mur de terre avec armature en bois, enduit de chaux ou de terre, etc.).

- De l’état de la couverture et de son système constructif (voûte, plancher en bois, charpente en bois, etc.), ainsi que l’inspection de l’état des canalisations d’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées. Cette inspection comprendra la vérification de leurs capacités, de leur inclinaison et de leur raccordement au réseau public.

- Des nouvelles installations et de influence sur le support ancien (réseau électrique et sanitaire, antennes et paraboles, nouveaux matériaux de constructions).

- Des conditions de confort à l’intérieur de la maison, hygrométrie (humidité relative de l’air, teneur en eau, niveau de la nappe phréatique, etc.) et acoustique (proximité de routes, chemin de fer, usines, etc.).
L’analyse constructive et structurelle

Dans l’objectif d’identifier les désordres structurels dans le bâtiment ancien, une série d’inspections doivent être réalisée.

La plupart des anomalies sont inspectées par simple observation visuelle ce qui permet lors de la première visite du bâtiment de voir les déformations portées sur les murs de façades, sur les murs intérieurs, ainsi que sur la terrasse.

Quand on a un doute sur un problème structurel actif, il faut appliquer des instruments de mesure afin de vérifier les déformations à chaque saison et détecter les mouvements pour pouvoir en déduire l’origine et suivre leur évolution après réparation des désordres.

L’analyse systématique ou le diagnostic des altérations nécessite une démarche au cours de laquelle on évalue la stabilité générale du bâtiment et l’état de conservation de ses matériaux constitutifs.
- Essais « in situ »

La méthode d’inspection visuelle, pourra être complétée par un monitoring continu à l’aide de plusieurs instruments de mesures non destructifs « in situ ». Les différentes contraintes qui agissent sur la structure ancienne seront évaluées par calcul des descentes des charges et par la détermination des efforts dynamiques qui expliquent la localisation, le sens et la grandeur des déformations.
- Essais en laboratoire

En laboratoire les propriétés physiques et mécaniques des matériaux de construction pourront être analysées sur des échantillons prélevés par micro-carottages. Cette méthode permet de définir la résistance à la compression et à la flexion, la porosité du matériau, la profondeur des altérations et la mesure de la perméabilité (hygrométrie, teneur en eau, condensation). D’autres examens pourront être faits au laboratoire pour identifier les salissures et la nature des altérations.
Les outils d’inspection

Dans le cas des mesures simples effectuées par un architecte avec l’aide d’un maître maçon, les principaux outils à utiliser seront :
1- pour les représentations de l’information :

- Une tablette de dessin, papier calque indéformable, papier millimétré, crayon, gomme, stylo de plusieurs couleurs, etc.

- Fiches d’inspection, support graphique de plans, coupes et élévations pour marquer les différents désordres et les minutes prises sur chantier.

- Un appareil photographique (numérique de préférence).
2- pour le relevé architectural

- Un fleximètre de 5 m, un décamètre de 50 m en ruban de tissu invariable, un mètre télescopique, un mètre laser.

- Un niveau à eau, un niveau manuel, un niveau optique ou laser, un fil à plomb.
3- pour faciliter l’observation

- Une lampe protégée et alimentée par une rallonge de fil électrique.

- Une loupe.

- Un escabeau, une échelle, une lancelle ou technique d’escalade.
4- pour la prise d’échantillons

- Un marteau, un stylet en acier, un scléromètre, ciseau, etc.

- Des sachets en plastique pour les échantillons et des étiquettes adhésives pour les référencer.
5- pour la détection des fissures et de l’humidité

- Une jauge pour mesurer et faire le suivi des mouvements des fissures.

- Un hygromètre pour mesurer la teneur en eau dans la maçonnerie.

- Un termo-hygromètre pour mesurer la température et l’humidité relative de l’air.

- Des réactifs qui déterminent la nature des sels se trouvant cristallisé à la surface des pierres ou de l’enduit de chaux lors d’une réaction chimique.
Les matériaux constitutifs de la construction peuvent être soumis à de nombreux essais qui contribuent à préciser la nature des altérations et leur origine. Dans un bâtiment classé de grande valeur historique, il est plus économique (à long terme) et techniquement plus scientifique de soumettre l’ensemble bâti à un système de mesure, de tests et d’analyses continuelles et précises qui permettent d’évaluer les mouvements minimes de la structure à n’importe quel moment. Mais dans des maisons plus simples, on doit chercher le procédé le plus simple pour faire le diagnostic nécessaire à l’identification des altérations de ses matériaux.

Dans ce sens l’observation visuelle, le savoir-faire et l’expérience dans le domaine de la construction, peuvent réduire largement les tests et les analyses fastidieuses. Cependant, il est nécessaire, en cas de doute, de procéder à des essais plus développés.
Le diagnostic

L’analyse de toutes les informations récoltées contribue à élaborer un bon diagnostic qui permet de déterminer toutes les causes des désordres et définir les remèdes appropriés. Selon la valeur de la dégradation détectée lors des études pluridisciplinaires, il sera décidé de la nature de l’intervention : réhabilitation ou d’entretien, des délais d’exécution et des intervenants (propriétaire, architecte, expert, etc.).
Rappel : L’exemple de la fiche exercée à Barcelone et à Bruxelles

Cette fiche à pour objectif de réaliser une estimation et une appréciation rapide sur l'état d'entretien d'un édifice. Il s'agit d'identifier les principaux éléments constructifs, de les décrire puis de vérifier qu'ils remplissent correctement leur fonction. Les données sont recueillies lors d'une inspection visuelle générale de l'édifice. Les fiches jouent le rôle d'un guide de référence, d'un canevas de travail. Le check-list suivant est proposé à titre indicatif :

1 - La Structure

Verticale : Evaluer les fondations, les aplombs, les fissures, ou les autres lésions, autant des poteaux / piliers que des murs et parements porteurs. Identifier les types de matériaux et leurs pathologies apparentes.

Horizontale : Evaluer la flexion des poutres et des planchers, la solidité des arcs et des voûtes, la présence de fissures, de pourrissement, d'insectes, d'effritement dans le bois, la brique ou la céramique.

2 - La Couverture

Vérifier si elle remplit convenablement ses fonctions d'imperméabilisation et de protection, sans égouttement, infiltration ou pont thermique. Vérifier également la surface extérieure, les décollements ou porosités éventuelles, ainsi que le mal fonctionnement éventuel du système d'évacuation des eaux (gouttières et conduits engorgés, encrottés, rouillés…)

3 - La Façade

Evaluer les différents éléments de la façade, tout d'abord pour l'ensemble sur un plan structurel et sécuritaire: il s'agit alors de déterminer les risques de décollement, puis de chutes sur la voie publique. Ensuite, détailler l'état et évaluer la condition des éléments séparés : structure, balcons et volumes, corniches et passées de toiture, garde corps et appuis de fenêtres (vérifier les fixations et le degré de détérioration), revêtements et décors (mauvaise fixation, décollement, porosité, usure, moisissure, pollution…), menuiseries (fixation et état, insectes...).

4 - Intérieurs

Evaluer le degré de détérioration et les conditions de confort : Acoustique, thermique et sur le plan de l'humidité (infiltrations, condensation et remontées capillaires).

5 – Installations

Vérifier l'état des éléments de protection des différentes installations (conditions de sécurité) : eau, gaz, électricité et évacuation des eaux usées.
Remarque complémentaire : 3 niveaux d’urgence sont généralement retenus pour les différents travaux identifiés :

  1. Les travaux nécessaires pour assurer une accessibilité et une sécurité maximales. (en urgence, à court terme, sur le long terme)

  2. Les travaux nécessaires pour la préservation du bâtiment (en urgence, à court terme, sur le long terme)

  3. Une attention particulière, nécessaire dans le cadre et l’ambition d’un entretien durable.


L’entretien périodique la seule garantie pour la construction

Les bâtiments sont soumis à un processus permanent de dégradation physique à cause de leur usage et sous l’action de l’environnement extérieur. Les bâtiments, malgré leur aspect vraiment solide, et leurs différents composants sont très sensibles à l’action des facteurs climatiques (du soleil, de la pluie, du froid ou la chaleur) et de toutes les autres actions naturelles. L’action des usagers est aussi l’une des causes de la détérioration progressive des différents éléments.
La nécessité de l’entretien

Les besoins et les activités pour lesquels l’architecture est conçue sont en constante évolution et il est normal que de temps en temps elle soit soumise à des travaux de réhabilitation et d’entretien afin de répondre et de s’adapter aux exigences de chaque moment découlant des mentalités, des habitudes, des modes ou des exigences techniques ou légales, que ce soit sur les aspects de production, d’usage ou de confort. Quand nous parlons d’entretien ou de maintenance, nous parlons de l’action la plus importante pour la conservation et la mise à jour de notre architecture traditionnelle.

Il s’agit de l’ensemble des interventions périodiques et fréquentes qui assurent au fil du temps la protection et l’adéquation de la construction aux activités abritées. Nous devons distinguer deux choses : les travaux d’entretien courant, dont le but est la sauvegarde de la capacité fonctionnelle minimale, et les travaux de modernisation qui cherchent à adapter la construction aux exigences de l’usage (quelquefois changé) et du confort moderne qui sont en évolution constante.
L’entretien aujourd’hui

Depuis sa construction, la maison a toujours été l’objet des travaux d’entretien effectués par les propriétaires eux-mêmes ou par leurs représentants, le maître maçon et les autres artisans de la construction.

Déjà au XV siècle, le sculpteur et architecte italien Il Filarete dans son « Traité d’architecture » disait : « Toi tu pourrais me dire: le bâtiment ne devient pas malade et mort comme l’homme. Et moi je te dis oui : il devient malade quant il ne mange pas, c’est à dire il n’est pas entretenu, et il se dégrade à fur et mesure de la même façon que l’homme quant il n’a pas rien à manger et il tombe mort. »

Dans ces dernières années l’importance que les propriétaires accordent à l’entretien de leurs anciennes maisons est en perpétuelle évolution. Ceci est dû à plusieurs raisons :

- La prise de conscience des propriétaires sur la nécessité d’entretenir quotidiennement leurs maisons au lieu d’être obligés de procéder à de lourds travaux au bout de quelques années.

- Maintenir le bon fonctionnement des différentes installations afin d’assurer la sécurité et l’hygiène des habitants.

- L’attachement du propriétaire à sa maison et à sa valeur patrimoniale et sa responsabilité de la protéger contre les facteurs climatiques qui endommagent les éléments de sa structure.
Le rôle du propriétaire

Le propriétaire ou l’occupant est la première personne qui est censée détecter les anomalies dans sa construction. Vu ses faibles moyens d’intervenir pour des travaux importants d’entretien, il peut éventuellement participer à l’élaboration d’un bon diagnostic qui précise le type d’intervention et la qualité de la main d’oeuvre qui doit réaliser les travaux.

Des travaux de maintenance courants pourront être réalisés par le propriétaire ou l’occupant lui-même comme les travaux de nettoyage, de petite réparation de menuiserie ou de ferronnerie, de réfection de l’enduit et le damage des terrasses en terre, les badigeon de chaux ou de terre, le remplacement de quelques pierres altérées, etc.

Dans des travaux plus importants, le propriétaire doit faire intervenir un expert pour résoudre un problème spécifique ou pour une évaluation globale de l’état de conservation des structures.

Par contre, la gestion des bâtiments Art Nouveau exige des connaissances et des méthodes d’entretien spécifiques. En effet, il ne s’agit pas uniquement des travaux de réparation ponctuelle mais d’opération complète de gestion tout en profitant au maximum de leur fonction et en préservant toujours leur valeur historique et culturelle.
Le guide de maintenance

Pour un diagnostic efficace, il est nécessaire de regrouper toutes les informations qui contribuent à mieux connaître le bâtiment afin de créer un cahier technique et une banque de données qui permettront de définir un programme de maintenance. Ce programme, ou guide de maintenance, permettra à la fois de constater les risques et les défauts de la construction et de planifier les travaux d’entretien préventif ou correctif. Ce programme sera un guide de maintenance régulier à consulter avant toute intervention sur le bâtiment.

L’objectif de ce guide est de :

- Assurer la maintenance d’un bâtiment afin de prévenir sa dégradation.

- Faciliter l’opération d’un futur diagnostic.

- Mieux connaître les matériaux constructifs et leur durée de vie, le système structurel et les techniques anciennes de mise en oeuvre.

- Faciliter le suivi d’une ou des opérations quotidiennes de maintenance.
Le guide de maintenance sera l’outil de travail et le document qui porte toutes les informations techniques et historiques de l’usage, des dégradations détectées à partir d’une observation visuelle des désordres et des interventions de maintenance effectuées sur le bâtiment et l’identification de l’intervenant (propriétaire, expert, ouvrier, etc.).

Ce dossier permet de vérifier l’état des structures, d’organiser un calendrier des travaux de maintenance périodique et de planifier les travaux de conservation préventive.
L’entretien préventif

Connaissant la nature et la durée de vie des matériaux constituant la construction, on peut réaliser des interventions régulières de maintenance permettant de réduire les dégradations et de maintenir autant que possible le patrimoine bâti en bon état.

Les visites périodiques d’inspection permettent la détection des désordres pathologiques ou structuraux dans la construction avant qu’ils ne s’aggravent. Ainsi, la maintenance préventive limite les dégâts et les grandes dépenses des interventions lourdes de réhabilitation ou d’entretien.

Après les travaux de réhabilitation, un programme d’entretien sera établi indiquant un calendrier pour ces inspections périodiques, le nettoyage des matériaux constructifs et le contrôle des structures. En conservation préventive, ce plan note pour les usagers des renseignements pour bien connaître leur maison et ses éléments constitutifs et de prendre précautions dans des situations particulières, aux structures fragiles qui pourront être endommagées lors d’une mauvaise utilisation.

Une vision d’ensemble est toutefois indispensable pour réaliser des travaux cohérents et conformes aux objectifs fixés. Il n’est pas facile de déterminer à priori qui doit exécuter telle ou telle opération d’entretien, il est nécessaire de sélectionner la main d’oeuvre la plus qualifiée dans les arts de bâtir traditionnels pour entamer certains travaux de maintenance qui demandent une expertise spécialisée.

L’objectif de ce programme est d’intervenir dans un édifice ancien tout en respectant sa valeur historique et architecturale.

Un bon entretien doit maintenir en bon état le bâtiment tout en conservant sa valeur architecturale et patrimoniale.
Les différents niveaux d’entretien

- Le bon usage

Le bon usage constitue le premier moyen de réduire l’entretien prévu et de prolonger la durée de vie de la construction. Il s’agit uniquement de bien la connaître et de l’utiliser intelligemment.

Des conseils simples pourront nous aider dans ce sens :

Ne claquer pas les portes, ventiler bien tous les matins, fermer les fenêtres avant l’orage, utiliser des produits convenables de nettoyage, etc.

- La maintenance

Les différents éléments constitutifs d’une maison vieillissent différemment et chacun d’eux à des caractéristiques et des cycles de vie qui lui sont propres : l’acier peut rouiller ou le bois peut pourrir. Cependant, leurs protections doivent être entretenues, réparés et renouvelés à certaines échéances.

La maintenance de certains équipements doit être confiée à des professionnels, tel est le cas des chaudières, du ramonage des cheminées, du nettoyage des couvertures, etc.

- La réparation

Quelle que soit la qualité de l’usage et celle de la maintenance, une panne est toujours possible. Le dépannage peut être simple, comme le remplacement d’un fusible ou nécessiter l’intervention d’un spécialiste.

La réparation consiste à remettre l’ouvrage en état : soit d’un équipement, soit de la corrosion d’un métal, soit de tuile cassée ou de siphon bouché.

- La rénovation

En dépit d’une maintenance consciencieuse et malgré des réparations effectuées en temps utile, il arrive un moment où l’usure et le temps exigent la rénovation. Il faut alors procéder au remplacement de certains éléments ou de certains ouvrages. C’est une décision qui doit rester très exceptionnelle dans le cadre de l’Art Nouveau.
Remarques et principes généraux

  • Le contrôle du mouvement des fissures est toujours recommandé.

  • Le langage des fissures permet aux experts de comprendre l’origine des désordres structurels.

  • Pour l’analyse de l’humidité, il convient d’utiliser différentes sortes d’hygromètres.

  • Le relevé graphique est indispensable à un bon diagnostic.

  • Pour réaliser un bon diagnostic, une bonne connaissance des techniques de construction anciennes est indispensable.

  • La disparition des revêtements de protection est souvent à l’origine des problèmes structurels.

  • Avant de décider de toute intervention, il s’agit d’identifier l’origine des désordres.

  • Un bon équipement de travail est indispensable pour l’expert en charge du diagnostic.

  • Les travaux ordinaires d’entretien sont toujours nécessaires.

Rappel Monumentwatch : Douze règles aux propriétaires, pour un entretien efficace
1 Maintenez la toiture en bonne condition
2 Débloquez des gouttières obstruées et réparez toutes les fissures
3 Remplissez des lézardes et des joints mal fixés
4 Protégez des constructions de bois contre l'humidité
5 Peignez régulièrement tous les composants en fer
6 Protégez le bâtiment contre des animaux nuisibles
7 Evitez les mousses et les plantes
8 Aérez toutes les pièces
9 Contrôlez régulièrement toutes les installations techniques
10 Faites inspecter le paratonnerre chaque année
11 Evitez l'usage intensif du bâtiment
12 Gardez toutes les pièces du bâtiment bien accessibles






«L’entretien de l’Art Nouveau », Formation n°3 - Ljubljana – du 13 au 17 Septembre 2004

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