Recherches philosophiques








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[Cornelius DE PAUW]
RECHERCHES

PHILOSOPHIQUES

SUR LES ÉGYPTIENS

ET LES CHINOIS




à partir de :

RECHERCHES PHILOSOPHIQUES

SUR LES ÉGYPTIENS ET LES CHINOIS
par l'auteur des Recherches sur les Amériquains

[Cornelius de Pauw (1739-1799)]

Decker, Imprimeur du Roi, Berlin, 1773. Deux tomes, 348 et 346 pages.

Édition en mode texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

mai 2014

TABLE DES MATIÈRES

Première partie

Section I. Discours préliminaire.

Section II. De la condition des femmes chez les Égyptiens & les Chinois. De l'état de la population chez ces deux peuples.

Section III. Du régime diététique des Égyptiens & de la manière de se nourrir des Chinois.

Deuxième partie

Section IV. De l'état de la peinture & de la sculpture chez les Égyptiens & les Chinois & tous les Orientaux en général.

Section V. Considérations sur l'état de la chimie chez les Égyptiens & les Chinois.

Section VI. Considérations sur l'état de l'architecture chez les Égyptiens & les Chinois.

Troisième partie

Section VII. De la religion des Égyptiens.

Section VIII. De la religion des Chinois.

Section IX. Du gouvernement des Égyptiens.

Section X. Considérations sur le gouvernement des Chinois.

PREMIÈRE PARTIE

SECTION I

Discours préliminaire

@

p1.001 J'examinerai, dans cet ouvrage, en quoi les anciens Égyptiens ont ressemblé aux Chinois modernes & en quoi ils en ont différé.

Pour bien approfondir toutes ces choses, j'entrerai dans de grandes discussions ; car si l'on voulait toujours s'en tenir aux apparences on risquerait de rester toujours dans l'illusion.

Les conformités, qu'on croit quelquefois découvrir entre deux peuples fort éloignés, peuvent tromper extrêmement ceux qui, au lieu de faire là-dessus des recherches, font des systèmes.

On trouvera ici un grand nombre d'observations, bien propres à nous faire connaître les mœurs, les usages, & même la constitution physique, & les maladies des deux nations très singulières à tous égards ; mais qu'on connaît beaucoup moins, dans ce dix-huitième p1.002 siècle, que l'on serait tenté de le croire. Ce qui provient des obstacles qu'on rencontre en étudiant les monuments de l'Égypte, & les relations de la Chine, où rien n'est plus commun que les contradictions ; & c'est un bonheur que les voyageurs se soient contredits eux-mêmes ; sans quoi il ne serait pas si aisé de les convaincre qu'ils nous en ont imposé. Ces contradictions doivent surtout être imputées à leur peu de capacité à décrire les arts, les métiers, la manière de se nourrir, & tous ces objets essentiels par lesquels les véritables philosophes cherchent à connaître les nations.

Ce qui a paru mériter une attention particulière, c'est le système que les Égyptiens avaient formé sur les aliments : en développant, par le secours de l'histoire naturelle, toutes les parties de leur régime diététique, je me suis d'abord aperçu qu'on n'en avait jamais eu la moindre connaissance à la Chine ; de sorte que, si les Chinois pratiquent aujourd'hui l'incubation artificielle des œufs, c'est par un pur hasard, qu'ils ressemblent de ce côté-là aux habitants de l'ancienne Égypte, où l'incubation artificielle était, pour ainsi dire, liée au régime de la classe sacerdotale. Mais ce qui a paru mériter une attention encore plus grande, c'est l'enchaînement de toutes les causes physiques & morales, qui ont tenu les sciences & les beaux-arts dans une éternelle enfance parmi les Chinois. Quand ils parlent de leur antiquité, ils disent que le secret de tailler & de polir le marbre leur est connu depuis plus de quatre mille ans ; & cependant ils n'ont jamais fait une belle statue ; il y a aussi très longtemps sans doute, qu'ils manient le pinceau, ils le manient même tous les jours : cependant leurs peintres ne me paraissent pas encore avoir égalé leurs sculpteurs. p1.003 Au reste, le peu de progrès, qu'ils ont fait dans ces arts, ne les rend pas inférieurs aux autres peuples de l'Asie méridionale & de l'Afrique ; mais ce qui les rend inférieurs à tous les peuples policés, c'est leur ignorance dans l'astronomie. Les Japonais, les Indous, les Persans & les Turcs font au moins des almanachs sans le secours des étrangers : mais les Chinois, qui croient avoir observé les astres depuis tant de siècles, ne sont pas encore de nos jours en état de composer un bon almanach. Ce qu'il y a de triste, c'est qu'il leur est souvent arrivé, & qu'il leur arrivera probablement encore fort souvent, de faire, par une fausse intercalation, l'année de treize mois, lorsqu'elle devait être de douze. On en eut un exemple mémorable en 1670, & personne dans toute l'étendue de l'empire, ne s'aperçut de l'erreur, hormis quelques Européens, qui se trouvaient à Pékin par hasard, & qui y acquirent la réputation d'être de grands philosophes, parce qu'ils prouvèrent si clairement, qu'il s'était glissé dans l'année courante un mois surnuméraire, qu'on se détermina à le retrancher, & à punir du dernier supplice le malheureux calculateur, qui avait inséré cette petite faute dans ses éphémérides ; c'était joindre la cruauté la plus atroce à l'ignorance la plus grossière. Car enfin un astrologue, qui avait fait l'année de treize mois, ne méritait pas d'avoir la tête coupée. La nouvelle édition de quarante-cinq-mille tangsio, ou calendriers plus corrects, dont on envoya trois mille dans chaque province, suffisait pour réparer le mal autant qu'il pouvait l'être.

Il y avait plus de deux cents ans alors, que des hommes, qu'on a pris pour des Arabes, & qui n'étaient tout au plus que des mahométans nés à la Chine, remplissaient le tribunal des p1.004 Mathématiques, si l'on peut donner ce nom à une espèce d'académie composée de mahométans. Cependant les Chinois, malgré leur insupportable orgueil, s'étaient adressés à ces prétendus Arabes pour obtenir d'eux des calendriers ; sans quoi ils n'eussent pas su, à 20 ou 30 jours près, quand ils avaient le nouvel an, ou la fête des lanternes, & ils ne sauraient pas encore, s'ils ne payaient un jésuite allemand nommé Hallerstein, qui calcule pour eux, qui leur prédit les éclipses, & qui est enfin président de ce tribunal des Mathématiques, où depuis l'expulsion des Tartares Mongols, on n'a pas vu d'assesseur en état de comprendre une proposition d'Euclide.

On dira qu'il est étonnant, que le père Verbiest, qui a occupé, il y a si longtemps, le même emploi qu'occupe aujourd'hui le père Hallerstein, n'ait pu instruire quelques jeunes Chinois au moins dans les premiers éléments de l'astronomie. Mais il faut que cela ne soit pas si aisé qu'on se l'imagine, ni peut-être même possible. Je sais qu'on a soupçonné les jésuites d'entretenir les Chinois dans leur ignorance, pour perpétuer leur crédit à la cour de Pékin ; mais la vérité est, que le père Verbiest n'avait point précisément toute l'habileté qu'on lui suppose ; puisqu'il s'est trompé en prenant la latitude de Pékin, & cette erreur a été insérée dans les mémoires de l'Académie des Sciences de Paris, où il a bien fallu la corriger depuis.

Il faut observer ici que le père Gaubil a fait de grands efforts pour convaincre les savants de l'Europe, que les anciens Chinois étaient très éclairés, mais que leurs descendants insensiblement abrutis, sont tombés dans la nuit de l'ignorance 1 ; ce qui est non seulement faux, p1.005 mais même impossible. Si les astronomes, qui vivaient sous la dynastie des Hans, eussent déterminé dans leurs écrits la véritable figure de la Terre, nous ne verrions point quelques années après, d'autres astronomes chinois, qui devaient avoir ces écrits-là sous les yeux, soutenir opiniâtrement que la terre est carrée : aussi en 1505 n'avaient-ils aucune idée ni de la longitude, ni de la latitude des villes de leur pays : car quand on fait la Terre carrée, on se perd dans tant d'absurdités, qu'il ne serait pas aisé de les compter toutes.

C'est réellement se moquer du monde, de vouloir qu'un tel peuple ait été en état d'écrire ses Annales l'astrolabe à la main, & de vérifier, comme disent des enthousiastes, l'histoire de la Terre par l'histoire du Ciel.

Sous la dynastie des Mongols, il passa à la Chine quelques savants de Balk, que l'on y appela pour faire des almanachs, tout comme les jésuites y ont été appelés de nos jours pour le même objet : or ce sont ces savants-là, qui ont vraisemblablement calculé après coup quelques observations & quelques éclipses, que les Chinois ont insérées dans les nouvelles éditions de leurs livres : car on n'ignore pas qu'ils sont souvent obligés de faire de nouvelles éditions à cause de la mauvaise qualité du papier qu'ils emploient, & qui se gâte encore plus tôt sous leur climat qu'en Europe, quelque précaution qu'ils prennent de le musquer pour en éloigner les teignes & les vers. Mais soit que les Chinois n'aient pas compris les calculs qu'on avait fait pour eux, soit qu'ils les aient mal traduits, il est certain que la plupart des éclipses se sont trouvées fausses ; & on sait que M. Cassini, en examinant l'observation d'un solstice d'hiver, très célèbre dans les fastes de la Chine, y a p1.006 découvert une erreur de plus de quatre-cent-quatre-vingt-dix-sept ans 2.

Ce sont ces mêmes hommes de la Bactriane, dont je viens de parler, qui ont indubitablement fabriqué pour les Chinois quelques instruments & des globes, dont les Chinois n'ont jamais été en état de se servir ; & loin que ces secours aient contribué à les instruire, ils n'ont contribué qu'à les précipiter dans l'erreur la plus singulière dont on ait jamais ouï parler chez aucun peuple du monde : j'expliquerai plus amplement tout ceci dans une autre section, où, en parlant de l'architecture, je ferai mention des prétendus observatoires de Pékin & de Nankin.

Il serait à souhaiter sans doute, que l'opinion la plus commune qu'on a des Chinois en Europe, fût bien fondée ; on croit que n'ayant pu réussir dans les sciences qui dépendent immédiatement du génie, ils ont dirigé tous leurs efforts vers une science qui dépend uniquement de la raison, c'est-à-dire, la morale : on ose nous assurer qu'ils ont porté la morale à un degré de perfection où il n'a jamais été possible d'atteindre en Europe : mais je suis fâché de n'avoir pu découvrir, après tant de recherches, la moindre trace de cette philosophie si sublime ; & cependant je ne crois pas avoir manqué absolument de pénétration en un point si essentiel.

Ce n'est point dans le meurtre des enfants, tel qu'on le voit commettre tous les jours dans toutes les villes de la Chine depuis Canton jusqu'à Pékin, que peuvent consister les progrès p1.007 de la morale ; ils ne consistent pas non plus dans la fureur de châtrer des milliers de garçons par an, ce qui révolta même, au temps de la conquête, les Tartares Mandhuis, que nous nommons assez improprement Mantcheoux. Il est bien certain, sans parler ici de la polygamie, qu'on ne découvre point les véritables notions du droit naturel dans l'esclavage domestique, tel qu'il est établi à la Chine, où l'on réduit tant d'hommes nés libres à la condition des bêtes : car les Chinois peuvent, tout comme les Nègres, vendre leurs enfants ; & jamais leurs législateurs n'ont eu la moindre idée des bornes du pouvoir paternel : on verra, à la vérité, dans le cours de cet ouvrage, que c'est là un écueil qu'aucun législateur de l'antiquité n'a su éviter : mais il s'en faut de beaucoup que l'erreur générale des législateurs de l'antiquité puisse justifier les Chinois, qu'on ne doit, par conséquent, pas comparer aux peuples de l'Europe, qui ont détruit chez eux l'esclavage & découvert les véritables bornes du pouvoir paternel : ce qui est le chef-d'œuvre de la législation.

Il ne reste donc après tout ceci que l'extrême bonne foi des marchands chinois, qui sont assurément de grands moralistes ; puisqu'ils écrivent à l'entrée de toutes leurs boutiques Pou-Hou, c'est-à-dire : ici on ne trompe personne. Ce qu'ils n'auraient point pensé à écrire, s'ils n'avaient été très résolus d'avance de tromper tout le monde : aussi les enfants mêmes savent, qu'ils ont de fausses aunes & qu'ils ont encore de fausses balances : si on les leur ôtait aujourd'hui, ils en feraient demain de nouvelles. On n'a pu jusqu'à présent concevoir en Europe pourquoi les marchands de la Chine sont si fripons, ni pourquoi il y a un nombre si prodigieux de p1.008 voleurs, qui dévastent de temps en temps les provinces ; cependant ces choses, qu'on croirait avoir entre elles le rapport le plus intime, proviennent de causes différentes.

Quant aux lettrés de ce pays-là, il doit paraître un peu étrange qu'ils se laissent croître les ongles, de peur qu'on ne les prenne pour des laboureurs : cependant ils ne sont pas assez savants à beaucoup près, pour vouloir être si nobles. Serait-ce bien dans les vrais principes de la morale qu'ils auraient trouvé que la Terre déshonore ceux qui la cultivent ? On dira que ceci contraste extrêmement avec cette cérémonie où l'empereur laboure lui-même : oui sans doute cela contraste aux yeux des Européens, qui ont une idée très fausse de cette cérémonie-là. Partout où l'empereur de la Chine passe, il faut bien, sous peine de mort, se renfermer dans sa maison de peur de le voir ; & cette défense ne se lève pas, comme on l'a cru, le jour du labourage, où l'on étale, en présence de quelques courtisans, tant de faste, on y dore tellement les cornes des bœufs & la flèche de la charrue, que cet appareil est encore au nombre des causes qui déterminent les lettrés ou ceux qu'on appelle ainsi, à ne se pas couper les ongles. Quand ensuite de tels hommes parlent de défricher les terres, on n'a nulle confiance en leurs maximes : aussi y a-t-il à la Chine bien des terres incultes, qui ne seront défrichées de longtemps, & c'est une fureur des faiseurs de Relations, de vouloir qu'il n'y ait pas dans toute l'étendue de cet empire, un pouce de terrain, qui ne soit mis en valeur, tandis que dans l'intérieur des provinces il n'y a presque aucune ombre de culture ; ce qui produit ces famines si fréquentes & ces malheurs dont je parlerai ; car il ne s'agit pas p1.009 du tout dans cet ouvrage, de l'opinion que quelques Européens ont de la Chine ; mais il s'agit d'y citer des faits.

D'un autre côté les lettrés sont assez généralement soupçonnés d'avoir supposé des histoires & des livres, même sous le nom de Confucius, auquel on attribue des écrits qu'il n'a pu lire : & il faut bien croire pour son honneur, que le Tchun-Sieou ou le Printemps & l'Automne, qu'on lui a attribué, n'est pas de lui. C'est une misérable petite chronique des rois de Lou, où on ne doit chercher ni l'esprit philosophique, ni le style, ni la manière des grands historiens grecs ou latins, ni même de nos grands historiens modernes : il n'y a rien de tout cela. Je ne dis point que ce serait un crime de supposer un traité de morale sous le nom de Socrate ou de Théophraste : car si les maximes en sont bonnes, il importe très peu de savoir qui les a dictées. Mais il n'en est pas ainsi des monuments historiques : ceux qui les altèrent, sont aussi coupables que s'ils altéraient un titre.

Au reste, ce n'est point mon idée de vouloir insinuer ici avec quelques savants, que toute les Annales de la Chine antérieures à notre ère sont des pièces fabriquées. J'ose même mettre en fait qu'on raisonne très mal, lorsqu'on dit que les historiens de la Chine ont été des menteurs, parce que les astronomes de la Chine ont été des ignorants qui ont fait leurs preuves ; puisqu'une histoire, quelle qu'elle soit, n'a pas besoin d'être vérifiée par des observations astronomiques : j'ose encore mettre en fait, que les observations peuvent être fausses, sans que l'histoire où on les a insérées, cesse d'être véritable. Mézerai, qui était versé à peu près dans ses matières autant que les Chinois le sont, a p1.010 décrit une éclipse, laquelle a été examinée de nos jours, & il s'est trouvé qu'elle n'a pu arriver de la manière dont elle est décrite ; d'où il résulte que Mézerai s'est trompé uniquement touchant cette éclipse-là : car on sait bien que les autres faits, qu'il rapporte, sont à peu près vrais. Ainsi cette méthode, qu'on a cru si propre à nous conduire à l'évidence, n'est propre qu'à nous jeter dans l'incertitude : car dans quelle incertitude ne tomberions-nous point, si nous voulions faire dépendre la vérité d'un fait historique de l'habilité plus ou moins grande d'un astronome, & surtout d'un astronome chinois.

Ce n'est donc point parce que les Annales de la Chine contiennent des observations très mal faites, qu'on peut absolument suspecter le témoignage des historiens. Mais il y a un autre point bien plus essentiel, sur lequel il n'est pas également facile de les excuser. Tout ce qu'ils disent, par exemple, du développement des arts & des métiers est assurément un amas grossier de fictions. Dans ces historiens toutes les découvertes se font comme par enchantement, & se succèdent avec une rapidité inconcevable : ce qu'il y a de pis, c'est que toutes ces découvertes sont encore attribuées à des princes : tandis que nous savons que les princes ne font jamais de découvertes ou que très rarement. C'est l'empereur Fo-hi, qui invente l'almanach & les filets à pêcher, qu'il eût été plus raisonnable de faire inventer par un astrologue & par un pêcheur. C'est l'empereur Chung-nung, qui invente toute la médecine ; en un jour il apprend les caractères de soixante plantes venimeuses, & en un jour il apprend les vertus de soixante plantes médicinales, tandis que les Chinois n'ont pas encore aujourd'hui la moindre idée d'un vrai p1.011 système de botanique. C'est enfin l'empereur Hoangti, qui invente l'art de filer la laine, & c'est l'impératrice sa femme qui invente l'art de filer la soie : ensuite cet homme découvre en moins d'un instant tous les procédés de la métallurgie ; ce qui a donné lieu à l'exagérateur Martini d'en faire un alchimiste : mais c'est là une particularité que j'examinerai ailleurs dans un article séparé, dont le but est de rechercher pourquoi les Égyptiens & les Chinois ont été également accusés d'avoir travaillé à l'alchimie, quelque peu croyable que cela paraisse. Au reste, on voit par tout ceci, que l'on a dû faire à la Chine, en un laps de trois ou quatre siècles, plus de découvertes que les hommes n'en ont pu faire naturellement en trois ou quatre mille ans ; c'est qui est aussi faux, que cela est absurde.

Il y a, comme on sait, dans ce pays-là des sectateurs de Laokium, que les jésuites ont eu tort d'accuser d'être à la fois athées, sorciers & idolâtres : or ces sectateurs de Laokium sont fort portés à admettre une longue suite de siècles antérieurs à Fo-hi, soit qu'ils aient considéré que les inventions relatives aux arts & aux métiers, ne sauraient être renfermées dans un cercle si étroit, soit qu'ils aient quelque penchant pour le système de la transmigration des âmes : car je trouve que tous les peuples, qui croient la transmigration des âmes, font le monde beaucoup plus ancien que ceux qui ne la croient pas, comme on le voit par la prodigieuse période des Thibétains & des Indous, qu'on soupçonne avoir été portée à la Chine, où elle a donné lieu d'imaginer ce que le prince Ulug Beig, neveu de l'empereur Tamerlan, appelle l'
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