Notes sur l’histoire de l’écriture du texte par Roland Fichet texte à venir








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Animal



De Roland Fichet

Mise en scène Frédéric Fisbach


Du 16 mars au 10 avril 2005

Théâtre National de la Colline

15 rue Malte Brun 75020 Paris / www.colline.fr

Renseignements : 01 44 62 52 00

SOMMAIRE
I – Le texte



  1. Ceux qui ne sont pas aimés – Présentation de la pièce par l’auteur – Octobre 2003

  2. Entretien avec Roland Fichet pour le journal du théâtre de Vidy

Lausanne – janvier/mars 2005

  1. Notes sur l’histoire de l’écriture du texte par Roland Fichet – texte à venir



II- La mise en scène p 6


  1. Notes d’intention - Frédéric Fisbach – Février 2003

  2. Animal en Afrique – Notes d’intention par Kouam Tawa – Octobre 2003

I – Le texte

1. Ceux qui ne sont pas aimés – Roland Fichet – octobre 2004


Victor Kalonec revient en Afrique. Au volant de son pick-up blanc il entre dans la concession qu’il a abandonnée. Remis sur pied, il revient vers sa famille africaine : Willi l’albinos, Nil le bâtard, Iche la jeune amante blanche et Fricaine la compagne, la femme avec laquelle il a tout bâti. Kalonec revient chercher Willi, le chanteur. Il veut faire de Willi l’albinos-qui-chante une star, sa star africaine des nuits de Paris.

Kalonec avance dans la cour de son exploitation dévastée : BOIS PEAUX ANIMAUX. Willi est parti. Les autres, les trois qui sont restés, Fricaine en tête, ont tué tous les animaux. Ils ont construit un mur. Ce mur de briques, de squelettes, de peaux, de cadavres est une sorte de tombeau qui s’élève entre eux et la forêt. Il est bordé par un ravin.

Kalonec appelle Willi. Il ne veut pas mourir sans le chant de Willi. Le choc violent du retour de Kalonec oblige Fricaine Iche et Nil à reprendre le chemin de la parole. Une parole brisée, une parole d’après la catastrophe. Eux aussi, eux particulièrement, sont saisis et secoués par le manque que creusent en eux le départ de Willi et la mort des animaux.

Fricaine, Nil et Iche précipitent Kalonec dans le ravin. Ils tentent de se débarrasser de cette sorte de bête blanche qui les a exilés d’eux-mêmes, de faire pour de bon le deuil de cette histoire.

Ils veulent s’arracher à leur cimetière. Ils se préparent à s’enfoncer dans la forêt vers Willi, vers le fleuve. Mais on ne se débarrasse pas comme ça du Blanc et de l’Animal. Kalonec remonte du ravin poursuivi par une chienne, par Chienne. Deux fantômes sont là qui eux aussi font partie de la famille, de la tribu errante. Pour fêter le départ, Nil dynamite le mur que vient de faire revivre Chienne. Elle a ouvert une brèche dans le visible, branché Iche sur des flux secrets.

Tout le monde maintenant roule à travers la forêt vers le fleuve. Leur parvient parfois le chant de Willi. Ils le découvrent blotti dans un hamac tendu entre deux arbres, très haut dans le ciel au-dessus du fleuve. À quelques dizaines de mètres des berges du fleuve les bûcherons-mercenaires armés de tronçonneuses abattent la forêt arbre par arbre.

Ces êtres en déshérence ont-ils sous leurs yeux leur sauveur, leur âme, leur cible ? Dans un vacarme d’abeilles et de tronçonneuses, dans le bouleversement intime d’une nature magnifique blessée à mort, la tribu Kalonec se plonge en vain dans le fleuve. Pas de renaissance. Willi est inaccessible, séparé, passé de l’autre côté. Ne reste que le pont à franchir, le pont qui donne accès à la ville, aux portes, à l’aéroport.

Parvenus à l’aéroport Charles de Gaulle, ils cherchent refuge dans une cabine de verre, cabine téléphonique de démonstration, ultra-moderne. Ils s’y entassent. Ils échouent là, exposés dans une cabine de verre, petit précipité d’histoire. Ils sont mémoire. Ils sont présence du présent. Offerts au regard glissant d’une humanité en transit. Sidérés. Naturalisés, comme on dit des animaux immobilisés pour l’éternité.

Ces corps enchevêtrés ne sont-ils pas aussi les corps divins et sacrifiés de ceux qui ne sont pas aimés ?

2. Entretien avec Roland Fichet pour le journal du théâtre de Vidy Lausanne – janvier/mars 2005

Auteur dramatique fécond, directeur de compagnie, metteur en scène, concepteur de projets : Roland Fichet développe une pratique du théâtre sans demi-mesure. L’engagement est multiple, passionné. Avec Animal, donné en création au bord de l’eau avant de sillonner la France, le public lausannois découvrira cet écrivain. D’une langue très travaillée, musicale, la pièce raconte l’ultime voyage d’une sorte de tribu. Nous sommes quelque part en Afrique, après la Catastrophe, parmi des survivants qui vont égarer leurs derniers rêves au bord des routes. C’est Frédéric Fisbach, futur artiste associé Festival d’Avignon en 2007, qui façonnera le passage de l’écrit à la scène. Mais, en attendant, la parole est à l’auteur.
Comment présenteriez-vous votre compagnie ?
– Cette compagnie que j’ai créée en Bretagne s’appelle le Théâtre de Folle Pensée. Elle met en scène des pièces d’auteurs vivants et pas uniquement les miennes. Ce qui a été le plus marquant dans les années 1990-2000 a été une série de créations appelées Naissances, qui ont charrié des textes d’auteurs français et étrangers. Pendant un peu plus de dix ans, nous avons donc créé des événements autour de pièces contemporaines. Certains écrivains ont accompagné ce parcours de manière très présente, notamment Jean-Marie Piemme. Avec d’autres, on fait un bout de route ensemble, on se sépare, on se retrouve. C’est le cas, par exemple, avec Noëlle Renaude, Philippe Minyana ou Michel Azama. La question de base est une question simple, qui concerne tout le théâtre, mais que nous avons essayé d’aborder plus spécifiquement à partir des écritures d’aujourd’hui : comment lève-t-on la matière d’une page pour la mettre sur une scène ? Comment, à partir de formes d’aujourd’hui, souvent éclatées, explosées, qui fonctionnent sur des principes qui ne sont pas toujours indexés aux canons classiques, comment répondre par des formes théâtrales à ces propositions écrites, y compris dans le rapport aux architectures, aux différents types de public ? A l’intérieur de cette structure, je suis l’architecte des principes de travail et j’appelle des metteurs en scène à y rentrer. Parmi eux, il y a eu, notamment, Robert Cantarella, Annie Lucas, Julie Brochen ou Stanislas Nordey. Si on veut vraiment être attentif à ce qui se passe dans une pièce de théâtre d’aujourd’hui, il faut la laisser venir, avec éventuellement des propositions qui déplacent les réflexes habituels du théâtre, c’est-à-dire les comportements vis-à-vis des acteurs, des espaces ou des publics.
C’est donc un travail que vous poursuivez ?
– Folle Pensée est un moyen de poursuivre un chantier continu, qu’on retrouve régulièrement, qui nous place dans une situation de réflexion permanente sur ce qui s’écrit. L’avantage, pour moi, est d’être en dialogue avec les écritures contemporaines, un dialogue assez concret. Aujourd’hui, notre travail s’articule autour de deux axes. D’une part, j’ai constitué un groupe de jeunes auteurs. D’autre part, toute une activité s’est développée en Afrique, en essayant de mélanger des personnes d’origines très diverses. Depuis quelques années, nous créons donc des spectacles en France et en Afrique, avec des équipes mixtes.
D’où vient cette relation privilégiée avec l’Afrique ?
– Je me sens Africain pour plein de raisons, liées à mon enfance, ma famille… Ma famille est très enracinée dans la ruralité bretonne, mais elle a essaimé dans plusieurs endroits du monde, dont l’Afrique. Il y a des missionnaires, mais pas uniquement ! Deux des frères de mon père étaient bouchers, l’un au Cameroun, l’autre en Haute-Volta ! Etre en relation avec l’Afrique, pour nous, n’avait donc rien d’exceptionnel. Dès l’enfance, toute une imprégnation s’opérait. Et puis les Bretons sont un peu les Africains de la France ! Enfin, on pourrait continuer longtemps sur ce thème ! La question fondamentale est : comment être très proche de soi en allant le plus loin possible ! Et personnellement, je ne vois pas comment on peut faire du théâtre ou écrire sans faire ce type de mouvement. Dans ma pièce, Animal, il y a un personnage est apparu qui s’appelle Fricaine, alors qu’à l’origine, la pièce se déroulait en Bretagne. Je me suis dit, bon, puisque ce personnage s’appelle Fricaine, il faut aller en Afrique… De toute façon, je voulais y aller depuis longtemps !
Animal se ressent très fortement de cette rencontre avec l’Afrique.
– Oui. Quelqu’un me faisait remarquer que j’étais rentré pour la première fois d’Afrique le 11 septembre 2001, qui est date tout de même inscrite dans les mémoires, et que j’ai terminé Animal le 11 septembre 2004 ! Pour ce qui est de la présence de l’Afrique dans mon écriture, je dirais que c’est peut-être d’abord une question de langue, de voix, de son. Le résultat n’a évidemment rien à voir avec ce qu’on entend dans les régions rurales de Bretagne ou dans les cafés de Paris. Ce n’est pas non plus la langue de l’Afrique francophone, c’est encore autre chose, mais qui entend tout ça.
Une langue que vous avez inventée ?
– Une langue que j’invente, pour cette pièce, mais qui entend beaucoup de rumeurs, en particulier l’extraordinaire émotion de ces gens-là, qui fait qu’ils peuvent crier, hurler, murmurer, gémir, qu’on a une chose en rapport avec l’animal. L’animal ne parle pas tout à fait, mais il gémit, il aboie, il grogne, il miaule, il piaule, il caquète. Il y a donc du son. Le son animal suffirait sans doute pour du théâtre. J’y ai pensé, d’ailleurs : faire une pièce avec uniquement du son animal. D’autant plus que je viens d’un pays où il y a des femmes, connues de l’ethnopsychiatrie, qu’on appelle les aboyeuses ! Ce son-là, cette matérialité du son, et du son qui prend sens, elle est très présente chez tout le monde, d’autant plus lorsqu’il y a une espèce de débordement émotionnel. On se met à crier parce qu’on est furieux, qu’on a peur, qu’on veut retenir quelqu’un. Tout ça m’importe. Il y a un corps humain qui est dans le son. Il s’agit de voir comment les gens sonnent le mot, comment ils le respirent, comment ça butte, comment ça coule. Dans Animal, mes personnages sont traversés par le chagrin. Ils ne sont pas aimés. Mais ils sont pleins de vitalité. Ils défendent leur peau à chaque mot. Chaque mot est une conquête, un petit jet de lumière dans leur chagrin extraordinaire. Cette histoire de langue, de mots, d’émotion est très forte en Afrique. Ce côté-là est pour moi fondamental. J’ai mis quatre ans à écrire Animal, parce que chaque phrase est une partition sonore. Ce n’est pas seulement une histoire. L’histoire est profondément traduite dans le rapport aux mots et aux phrases des personnages.
Est-ce l’histoire qui génère cette langue, ou l’inverse ?
– Indécidable ! Il faudrait parler de comment tout ça s’écrit. Je suis lieu de passage, avec un tamis le plus fin et le plus singulier possible, mais je ne suis jamais que lieu de passage. C’est pourquoi, aussi, je suis parti en Afrique entendre le heurt des mots, les rires énormes, être dans la chaleur humaine, la survie, l’incroyable vitalité que donne la survie, cette espèce d’endroit de bascule où on ne sait pas si on sera mort demain. Pour revenir à la question, est-ce l’histoire qui fait la langue ou la langue qui fait l’histoire, en réalité le moment le plus intéressant, pour moi, est dans l’indécidable. En tout cas, il ne s’agit pas d’explications sur quelque chose. Humblement, j’essaie de traduire ce que je perçois et pas de faire une thèse.
Cette pièce, Animal, représente-t-elle une étape charnière dans votre œuvre ?
– Certainement. C’est une étape très importante, par l’ampleur que je lui ai donnée, par le temps que j’y ai passé, par le fait que je l’ai reprise plusieurs fois. Je travaille aussi avec un metteur en scène qui a une grande visibilité, qui prend son temps, qui est un type extraordinaire, avec une écoute du texte d’une qualité rare. J’ai donc été libéré par cette relation. J’ai sans doute pu m’aventurer plus loin que précédemment. Le sens que produit la pièce m’importe, mais la langue dégage aussi du sens qui m’échappe. Il y a un va-et-vient entre les deux. Je dirais donc que c’est bel et bien une rupture, mais comme il est naturel qu’il y ait des ruptures, parce qu’on travaille toujours un peu contre ce qu’on a fait avant. C’est aussi un rassemblement de choses que j’ai faites en petit, puisque j’ai beaucoup travaillé sur des formes brèves, avec la recherche d’un équilibre intime entre le sens et le son. Là, j’ai eu la possibilité de le développer en majeur.
Alors est-ce plutôt un aboutissement !
– Peut-être, oui ! Je ne me satisfais jamais d’une position qui serait une position qui n’assumerait pas l’intensité de cette contradiction initiale : être à la fois en vie et au bord de la mort, être à la fois menacé et dans la vitalité. La notion de catastrophe, qui est au cœur d’Animal, je l’ai ressentie de façon très puissante ces dernières années. Elle provoque une espèce de réaction de l’humain. La catastrophe a eu lieu, mais cette situation est intimement liée avec une pulsion de vie. On se rend compte de ça : on passe au travers, on n’en ressort pas indemne, mais on vit quand même !
Propos recueillis par René Zahnd

Lectures :

Tous les textes de Roland Fichet sont publiés aux éditions Théâtrales : Animal, 2005 ; Terres promises, 2000 ; Quoi l’amour, 1999 ; Petites comédies rurales, 1998 ; Suzanne, 1993 ; La Chute de l’ange rebelle, 1990 ; Plage de la libération, 1988 ; De la paille pour mémoire, 1985


II - Mise en scène

3. Notes d'intention – Frédéric Fisbach – Février 2003



Une aventure qui a pris son temps


Il y a plus de deux ans maintenant, Roland Fichet m'a lu une pièce : Ça va.

Il y eut trois autres lectures par la suite, qui ont vu la pièce changer de titre, de lieu, gagner un personnage (Chienne) et, surtout, affirmer son caractère épique, déjà perceptible, mais largement amplifié par l’apparition, en regard des dialogues, d’un récit qui devient la trame, ou plutôt la toile dans laquelle ils se prennent.

Ainsi, j’ai vu la pièce se métamorphoser, changer radicalement de structure et sortir des frontières… Très tôt, j'ai vu dans ces deux écritures – dialogue/récit - la possibilité d’aborder les rapports entre un chœur et des protagonistes. L’apparition de l’Afrique - non seulement d’un territoire, mais aussi de l’Autre - n’a fait que renforcer mon désir de mettre en scène le texte.

Aussi, j'ai poussé Roland à aller au bout de l’écriture d’Animal sans se soucier de rien d’autre. J’y trouvais tout ce qui permet à un projet de gagner la dimension d’une aventure où il y a à apprendre et à désirer, où l'on puisse prendre la parole, mesurer le prix du théâtre.

"La parole est malade"


A une époque, on s'accordait à penser que la parole était malade. Aujourd’hui, cette évidence semble oubliée et l’entretien de la parole est abandonné par ceux-là mêmes qui en ont la charge : elle gît dans le langage mort des communicants, au premier rang desquels se trouvent les représentants du corps politique.

Une anecdote. J’étais dans un commissariat pour payer une amende. Devant moi, un policier en civil râlait parce qu’on lui avait mis une contravention. Tout en lui indiquant le moyen de « la faire sauter », un autre policier lui disait qu’il y avait eu du changement et que la loi s’appliquait à tout le monde. (Cette tirade était-elle destinée aux quidams qui, contravention en main, venaient, obéissants, s’acquitter de l’amende ?) Le policier en civil s'est alors retourné vers moi et m'a dit : « L’intégrité c’est ce qu’on vend au public ». Ce n'est pas le cynisme de la phrase qui m’a choqué - il y a belle lurette que je ne me fais plus d’illusions à ce sujet – mais un tout petit glissement sémantique: les citoyens devenaient le « public ». C’est mon métier de le relever et d’essayer d’entretenir le vocabulaire, le mot, la parole.

Pourra-t-on encore - mais n’est-ce pas déjà trop tard ? - donner sa parole, si l’on abandonne son entretien, si l’on déserte le territoire de la langue au profit des communicants? Et si la communication était la part congrue des visées du langage ?

Les personnages d’Animal savent qu’ils sont malades ; ils parlent comme des malades, comme nous ; mais leur parole est captive d’une autre, civilisée, policée, lessivée, qui résonne peu. C’est ce récit « autour », ce commentaire, qui sera pris en charge par le chœur.

La Catastrophe a déjà eu lieu, elle nous laisse sur le flanc et pourtant ça remue encore, ça vit encore !


Si la Catastrophe était déjà arrivée, que ferions-nous ? Et puisqu'elle a déjà eu lieu, que faisons-nous ? Recommençons à penser le commun !

Une autre anecdote. Nous étions, avec Roland Fichet et des acteurs africains, dans une camionnette entre Saint-Brieuc et Binic. Les acteurs se sont mis à chanter les chansons qu’ils avaient appris, petits, à l’école. Pendant vingt minutes ils ont enchaîné les chansonnettes ou les poèmes, qu'ils concluaient toujours en mentionnant le nom et l’adresse parisienne de l’éditeur du manuel scolaire, éclatant de rire entre chaque texte. Pourtant originaires de quatre pays différents, ils connaissaient tous ces chants qu'un instituteur français leur avait appris. Ils riaient, derrière, et moi j’essayais tant bien que mal de dissimuler mes larmes. Mieux que par n’importe quel discours politique ou historique, j’étais en prise avec l’Histoire, celle de mon pays et de son empire. Ils riaient, je pleurais, et il me semblait qu’ils savaient quelque chose de la vie que j’ignorais… Une vitalité, malgré tout, une vitalité tant qu’on n'est pas mort, même si la vie est précaire, dangereuse.

Roland a su traduire cette vitalité dans Animal.

Après la colonisation, la mort de la Nature, des hommes qui ne pensent plus que par eux-mêmes, pour eux-mêmes, en dehors et au mépris du vivant et de la Nature.

Je crois que le sentiment de la vie nous est donné dans le rapport que nous entretenons avec la Nature. Sorti du cycle de la grande Nature (on élève de la viande sur pied, où sont les animaux ?), l’homme est une espèce tueuse, sans égards. J’assiste comme tout le monde à la mise en coupe réglée de la planète, la Nature s’éteint, et ce mouvement va s’accélérant.

L'’homme est occidentalisé ("libéralisé") avant d'avoir une couleur de peau ou une langue. L’époque a changé depuis Les Nègres de Jean Genet. Il ne suffit plus de souhaiter que les Noirs accèdent à ce qu'ont les Blancs. Pourtant, les colons, les esclaves, sont toujours plus nombreux, rassemblés dans de petits territoires isolés au sein d'une mondialité lisse. La couleur ne suffit plus à déterminer qui est le colon, l’esclave, à qui appartient le capital.

Des hommes considèrent une bonne partie du reste des leurs (l’humanité ?) comme appartenant à cette Nature qu'il faut domestiquer, capitaliser, détruire.

C’est ça, la Catastrophe !


L'odyssée d'une famille


La Catastrophe a eu lieu dans Animal. Les personnages en sont les acteurs pathétiques. Nous les prenons à la toute fin de leur parcours, dans leur dernier voyage, qui va les mener de la vieille concession coloniale, située au cœur de la forêt, à l’aéroport Charles de Gaulle, où ils mourront doucement, essayant de téléphoner et de jouir d’une dernière extase improbable.

Que le fils meurre avec le père et la femme avec la jeune fille ! Le désir de vivre brûle, le désir se manifeste, se fait entendre jusqu’au dernier souffle !

Le Père, le « responsable », l’increvable, que le fils n’arrivera pas à tuer…

Le Fils raté, qui vit dans l’ombre du père, revanchard et puceau…

Fricaine, la femme, l’amante, la mère qui n’a pas pu se déprendre de cet homme, qui a tout renié pour lui… Il ne lui reste plus qu’à aller au bout de la logique coloniale : tout détruire, tuer tous les animaux, pour rien, et construire un mur… un mur de plus, qui contribue à la Catastrophe

Iche, la jeune femme, elle aussi amante du père, l’idiote, la perdue…

Will, l’élu invisible, le fils que le père se choisit, le nègre albinos, le Chant, que le père rêve de ramener en France pour en faire une star des plateaux télé, un chanteur, et décrocher le gros lot …(le corps, la voix de l’indigène qui font fantasmer l’occident, l’excitent)

Chienne, qui revient du royaume des morts et va les accompagner dans leur dernier voyage. La chienne battue à mort pour rien, pour passer ses nerfs, revient en one-woman pour faire son show…

La sacrifiée revient, fantôme grotesque et bouffon, pour annoncer le départ. Le mouvement est impulsé par l’explosion finale, qui les modifie, un peu…ils ont tous la même couleur !

L’élan est donné, ils s’embarquent, et en route vers « l’élu » qui habite au milieu des eaux, une terre d’après le déluge, une renaissance possible ? Ratage ! C’est pas pour cette fois ! D’où va-t-on repartir alors ? Arrivés au pays de cocagne où, d’emblée, on perd le peu qui reste, il n’y a plus qu’à…dormir, mourir peut-être ?

On suit ce quintet improbable (ils n’ont que des souvenirs de rapports ; il ne leur reste que le deal).

Ce n’est pas la faute des pères, c’est celle des hommes qui ont lâché les femmes, les fils, la vie !

Cet homme rencontre cette femme dans la forêt. Ils s’aiment, elle le suit et se perd par amour… une vieille histoire renversée.

Une histoire d’amour, non pas trahie, ni déçue, mais outrée jusqu’à la perte de soi, de son origine.

La pièce de Roland Fichet est délicate en ce sens qu’elle ne renonce pas à reprendre les vieux mythes, les vieux fantasmes et les idées reçues, et à essayer, à partir de là, de penser un monde possible au risque de l’incompréhension, de la polémique. Ce n’est pas une parole communicante, mais une parole d’homme qui ne se simplifie ni ne se résume. Elle réclame un face-à-face, une confrontation des corps, de la présence. Elle n’apporte aucune réponse, elle vient soutenir la question.

La vitalité de la langue


Une vitalité - je ne dis pas : un espoir - gît dans la langue. Rares sont ceux qui savent la raviver. Dans Animal, Roland Fichet y réussit. Il poursuit ses recherches sur l’oralité en les poussant très loin. Oralité : non pas le retour à un langage brûlé du quotidien, mais la volonté d’exalter le plaisir de dire. Cette exaltation naît non seulement de l'acte de nommer, mais aussi de la « musique » de la langue, qui la fait résonner bien au-delà de sa signification.

Celle-ci ne doit pas être instrumentalisée, mais jouée, interprétée. Seul le rapport sensible et incertain aux mots peut nous aider à fonder notre existence. Il n’y a que dans ce rapport poétique que le mot entraîne l’action (l’agir). Réduire la langue à la communication, c'est l’évider, l’empêcher d’entrer en vibration et la dérouter de sa visée première, celle de ne pas nous laisser tranquilles.

C’est une langue qui ne se révèle que dans un corps-à-corps avec elle, dans l’étreinte. La pièce s’inscrit dans l’Histoire ! Elle ne renonce pas à la fable, aux personnages, à leur caractérisation… C’est une pièce qui raconte !

L'Afrique


La confrontation avec l’Afrique s’imposait. Résolument et avec insistance : il n’y a que l’Autre, l’étranger à soi, qui puisse faire avancer. L’Autre, pas pour le piller, ni même s’en servir, mais pour apprendre avec… vivre !

Nous travaillerons en Afrique, un moment, si possible à l’extérieur. La chaleur, l’humidité de l’air, la sensualité bien particulière qui apparaît quand l’air lui-même est une matière perceptible, à traverser. Je veux que les acteurs fassent cette expérience pour pouvoir en rendre compte sur le plateau.

Je suis de plus en plus attiré par la question de la traduction, sur un plateau, du sentiment que provoque en nous la confrontation avec la Nature. Ce souci est omniprésent dans Animal, et c’est une des raisons qui me poussent à travailler à sa mise en scène.

Je vais constituer une équipe composée d’acteurs de plusieurs pays africains et français. Des « langues françaises », des accents vont venir mettre au travail la pièce, d’autres pratiques de théâtre.

4. La création d’Animal en France s’intègre dans un projet de coopération franco-camerounaise dont le second volet est la création d’Animal en Afrique, dans une mise en scène de Martin Ambara, avec notamment Kouam Tawa et Wakeu Fogaing.
Notes d’intention


« Au cœur du théâtre se joue l’élaboration de la langue,

l’invention de la langue, la ruse des langues

pour lutter contre la langue de bois, contre la langue morte. »



J’ai entendu "Animal" pour la première fois à Saint-Brieuc, à l’Ouest de la France, dans une lecture de l’auteur. C’était en octobre 2002 dans la pièce blanche et bleue de son domicile de la Rue Cordière, mais me revient comme si c’était hier le souvenir de cette soirée doucement froide où la fièvre des derniers moments de la vie d’une famille réchauffait l’atmosphère. Cette première écoute ne m’avait pas permis de saisir les divers contours de la fable, mais m’avait mis au contact d’une langue vivante, neuve, qui frémissait dans mes oreilles comme le grincement d’une cithare mise en tourmente par un vent étourdissant.
J’ai pour la deuxième et pour la troisième fois entendu "Animal" à Batié, à l’Ouest du Cameroun, lors d’un chantier théâtral dirigé par le metteur en scène Frédéric Fisbach. La mise en voix et en mouvement de ce texte animal dans un paysage de campagne - qui par sa solitude et son brouillard évoquait celui sur lequel s’ouvre la pièce - a mis en lumière l’odyssée de cette famille qui quitte sa concession désolée d’Afrique pour aller s’épuiser dans une cabine téléphonique de Roissy, en me révélant la matérialité de cette langue dont le bruissement traduit si bien l’effroi que suscite la vie dans un monde où tout ce qui est animal est enfermé, supprimé, transformé.

J’ai pour les autres fois entendu "Animal" lors des lectures à haute voix avec mes amis Wakeu Fogaing et Martin Ambara, après que nous avons su que nous ferons partie de l’équipe de création de la pièce par le Studio-Théâtre de Vitry. Nous lisions pour nous imprégner de la langue atypique dans laquelle s’exprimaient les personnages et nous préparer à prendre plus tard le taureau par les cornes. Mais au fil de nos lectures, Kalonec, Nil, Iche, Fricaine et Chienne se rapprochaient de nous, se confondaient à nous, devenaient nous. C’est alors que nous avons perçu qu’il y a de fortes résonances entre ce langage et celui que forgent les peuples pour traduire les réalités de leur vie et résister à l’oppression des langues officielles et formes d’expression établies.
C’est de cette découverte qu’est né notre désir de nous approprier l’écriture de notre compagnon de route Roland Fichet - qui a si bien su faire passer l’émotion du langage parlé à travers l’écrit - pour la révéler au public camerounais et africain. L’enjeu de notre travail sera moins d’illustrer le tragique des situations que d’y rechercher « la légèreté grave de la comédie » chère à l’auteur, moins de raconter une histoire de personnages en fin de parcours que de mettre en jeu une langue qui trouve sa condensation esthétique dans le « Qui quoi dans toi glapit comme ça ? » du début de la pièce, moins de présenter ce que cette langue a d’étrange que de retrouver ce qu’elle a de familier, moins de donner à entendre ce qu’elle a de vibrant et de retentissant que de découvrir ce qu’elle produit « d’in-su, d’in-attendu, d’in-entendu ».
Bafoussam, le 30 avril 2004

Kouam Tawa

5. La fureur de l’animal

notes inspirées par les répétitions


Pourquoi Frédéric Fisbach m’a-t-il demandé de venir assister à cette métamorphose : le texte de la pièce absorbé et transfiguré par l’animal humain, par l’animal-qui-parle, par l’animal sur scène ? La pièce est écrite. Jamais Frédéric Fisbach ne met en doute une phrase ou une scène, ne me demande la moindre modification. Je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour sentir monter en moi un autre livre. Je décide de regarder cela : le processus physique qui va lever les mots, les extraire de la page et en faire autre chose ; de regarder comment les mots prennent corps et quels corps ils prennent sous l’impulsion de ce patient et inspiré sculpteur de voix, de mouvements, de rapports. Au Cameroun pendant quinze jours en décembre, et au Studio-Théâtre de Vitry pendant ce mois de janvier, je regarde comment Frédéric Fisbach articule cette langue pour dresser l’animal dans toute sa fureur. Le tombeau est ouvert mais l’animal s’en arrache pour dire (une dernière fois ?) que la condamnation à mort de tous les êtres vivants est prononcée. Possédé par l’étrange force que donne le meurtre, secoué de rire, l’homme tue l’animal, tue tout ce qui vit. L’homme est un animal et de ce geste il mourra. Le sait-il ? Sans doute mais il s’en fout.
Des corps. Des voix.
Pour mettre en scène Animal Frédéric Fisbach a réuni des corps et des voix ; des corps à la peau noire, des corps à la peau blanche, des maigres et des costauds ; des voix qui ont de la couleur, des accents africains, anglais, allemands, français. La langue heurtée de la pièce respire l’émotion, la secousse, les larmes, le rire, la crise. Frédéric Fisbach cherche dans les voix d’acteurs dont la langue maternelle n’est pas le français une prise singulière sur le rythme de la phrase, sur la matière des mots. Cette prise raconte en elle-même l’exil, la brisure, le remuement intérieur. À l’aéroport de Roissy le 28 novembre je vois pour la première fois Ulrike Barchet, actrice allemande, qui interprétera Iche. À côté d’elle Ese Brume (Le chœur), nigériane, et Mathieu Montanier (Chienne), français. À l’aéroport de Douala les Camerounais Kouam Tawa (dramaturge), Wakeu Fogaing (Nil), et Martin Ambara (Le chœur) attendent les Européens. Je ferai connaissance avec Sophiatou Kossoko (Fricaine), actrice et danseuse d’origine béninoise, à Buéa deux jours plus tard. J’ai rencontré Pierre Laroche (Victor Kalonec), acteur belge, lors des premières lectures de la pièce en octobre aux ateliers Berthier.
Buéa. Cameroun.
Je guette ce que met en jeu ce premier acte de mise en scène : rassembler au Cameroun, au pied d’une montagne-forêt, toute la troupe, acteurs et techniciens. Dès les premiers jours, les acteurs apprivoisent le texte sur l’herbe, des fourmis sous les pieds, contre le tronc d’un manguier imposant, sur un carré couvert de sable, sur une plate-forme en ciment, à l’ombre, en plein soleil, à la tombée de la nuit, sous les étoiles. Frédéric Fisbach ne les lâche jamais, se déplaçant sans cesse d’un acteur à l’autre, dessinant des espaces sur le sol, ouvrant le sens et le son, traduisant les précipités rythmiques et sémantiques, les flux et les rebonds de cette langue. Tout est possible : du murmure au cri. Il faut entendre.
La langue des marges, des rues, des bistrots, des villages perdus de la campagne bretonne, des bourgs francophones d’Afrique est explosée, déréglée, quelquefois même ravagée. S’agit-il de cette langue ? Cette représentation de la langue d’Animal ne convainc pas le metteur en scène. Ce n’est pas ce qu’il perçoit. Il sent dans cette langue composée une consistance d’une autre nature, et aussi une tension qui la soulève : la pulsion de vie, la pulsion animale. Cette pulsion qui fait parler, agir, penser a ses rythmes propres ; elle transmue joie, terreur, désir en mouvements, en danses, en extases… La rage de vivre, ses éclats de voix et ses sauts dans le vide sont liés dans Animal au désastre de la séparation et à la fascination de la mort. Tout à coup à la fin d’une répétition, à Buéa, au Cameroun, tous les acteurs se mettent à aboyer. Des chiens répondent. Une femme, de loin, demande en anglais : est-ce que je peux me joindre à vous ?
Y a-t-il comme une sauvagerie tapie dans la langue ? Au-delà des mots il y a encore de la poésie. Au-delà des mots il y a l’animal.
Intensités.
Le metteur en scène cherche dans le désastre des personnages leur vibration vitale et la traduction de cette vibration en mouvement — oscillations, éruptions, débordements. Il compose la partition des intensités que ce désastre intime génère. Les personnages sont d’abord immergés dans un désastre familial, amoureux, sexuel, et engagent une lutte à mort pour leur survie. Ils ne sont pas les porte-parole du désastre général, ils sont totalement absorbés par la captation de forces susceptibles de les sortir de leur enfer intime, fût-ce au prix d’une destruction sans limites. Comment circulent les forces de vie et de mort ? Est-ce que ces forces s’échangent dans un corps à corps par exemple ou dans un dialogue ?
Frédéric Fisbach : “ Petit à petit le rire caché dans le texte va vous gagner. Les personnages ne sont pas gentils. Aucun de ceux qui parlent dans cette pièce ne s’apitoie. Ils inventent de la vie. À chaque mot ils captent de la vie. Il ne faut jamais perdre ça de vue. ”
À côté d’un fromager, arbre géant dont les racines architecturent une sorte de caverne, Kouam Tawa offre au metteur en scène et à toute la compagnie un point de vue sur cette question. Il raconte une histoire qu’il présente comme récente et véridique. Voici ce qu’il nous dit : “ Un vieillard de mon village, village de l’ouest du Cameroun, reçoit sa fille. Le vieillard est connu pour être un sorcier et soupçonné d’avoir aspiré la vie de membres de sa famille pour nourrir son propre capital vital. Cette jeune femme, inquiétée par la réputation de son père, s’était éloignée de lui. Elle a décidé de partir à l’étranger et vient ce jour-là rendre visite à son père, parce que c’est son père et parce qu’elle s’en va pour longtemps. Le vieil homme offre à manger à sa fille. Elle est prise immédiatement de faiblesse, ne tient plus debout, va mourir. Les voisins avertissent le frère de la jeune fille qui habite un autre village. Le frère n’hésite pas une seconde. Il prend sa machette, il l’affûte pour qu’elle soit bien coupante et se précipite chez son père. Tout le village est rassemblé et le vieux se désole : “ Quel malheur ! Je ne sais pas ce qui arrive à ta sœur, elle est tombée subitement malade. ” Le fils dit à son père : “ Tu ne sais pas ce qui arrive à ma sœur ? ” et vlan, il lui donne un coup de machette dans le dos, puis un deuxième. Alors le vieux attrape au chevet de son lit des racines liées par une fibre. Il les délie. La jeune fille retrouve ses forces en quelques heures et le vieux meurt. ”
L’animal : ce qui en nous ne parle pas ?
La forêt est là. Elle nous frôle. C’est une forêt-montagne. Le mont-Cameroun, masse imposante juste au-dessus de nous, apparaît et disparaît dans la brume. Le mercredi 8 décembre nous allons à la rencontre de la montagne et de la forêt. Nous nous enfonçons sous les arbres.
La boucherie de Buéa, boucherie en plein air, de la viande en grande quantité sur un comptoir de vingt mètres, une balance à poids, des pieds de vache (dans la pièce Fricaine menace Kalonec avec un pied de vache). De jeunes bouchers découpent la viande avec des machettes. Grands mouvements de bras. D’autres grillent des têtes et des pattes sur un feu.
Médée-Jason.
En janvier au Studio-Théâtre de Vitry Frédéric Fisbach construit la scène qui met aux prises Fricaine et Kalonec au moment de son retour, de sa réapparition sur la concession. M’apparaît alors dans le jeu de Sophiatou Kossoko et Pierre Laroche la puissance de l’amour qui a uni Fricaine et Kalonec. Leur amour féroce leur a donné la force de bâtir, de dompter, de dominer. Ils se sont fait grâce à leur union une place au soleil. Cet amour s’est retourné en rage, folie, soif de destruction. “ Ce qui nous était le plus cher je l’ai détruit parce que tu nous as trahi ” pourrait, comme Médée, dire Fricaine. Je n’ai jamais pensé à Médée et Jason pendant que j’écrivais cette scène. Aux répétitions ça me saute aux yeux.
Tout ce mois de janvier les répétitions continuent de se dérouler au Studio-Théâtre de Vitry. Dans quinze jours nous rejoindrons Vidy-Lausanne pour une dernière période de répétitions de trois semaines. Nous avons rendez-vous avec le public le 22 février.
Roland Fichet

Studio-Théâtre de Vitry

le 18 janvier 2005

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